Chapitre 15
Le savant Cadière
Chương 15
Học giả Cadière
Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français
Le savant Cadière et le Bulletin des Amis du Vieux Huế
Le père Léopold Cadière, rédacteur en chef du Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH), est l'un des savants français les plus en vue parmi ceux qui, au début du XXᵉ siècle, à Hanoï, étudiaient l'histoire et la culture vietnamiennes. Des travaux comme Le mur de Đồng Hới, imprimé au Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient (BEFEO), nº 6, 1906 (p. 87-254), ou Le quartier des Arènes — Jean de la Croix et les premiers Jésuites, BAVH, 1924, IV (p. 307-332), ont fait son nom et son autorité, et valu au Bulletin des Amis du Vieux Huế le respect des Vietnamiens, par ses études sur Huê et sur tout ce qui touche à l'ancienne capitale, dans son devenir culturel et historique.
Sur les Français venus au secours de Gia Long, Cadière commence par le recueil Les documents relatifs à l'époque de Gia Long, imprimé au BEFEO, nº 12, 1912. C'est un recueil de pièces originales, d'une valeur réelle, qui rassemble des lettres de missionnaires et de soldats français écrites en ce temps-là, et qu'il a lui-même réunies.
De 1917 à 1926, le savant Cadière fait paraître au Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH) la série Les Français au service de Gia Long, écrite pour l'essentiel par lui-même, avec quelques articles d'Henri Cosserat et d'André Salles.
La même année 1917, Henri Cosserat, agent commercial, donne les Notes biographiques sur les Français au service de Gia Long, BAVH, 1917, III, p. 165-206 : autre étude sérieuse, quoique pleine de lacunes. Cosserat écarte ce que Faure a inventé ou porté aux nues outre mesure, et ne garde que ce qui peut se croire.
André Salles, inspecteur des colonies en retraite, fait imprimer au BAVH, 1923, I, un dossier complet, Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille, qu'il a lui-même rassemblé auprès des descendants de Chaigneau. André Salles est celui qui a suivi les activités de Phan Văn Trường en France et cherché à abattre le groupe des « Patriotes annamites », dont nous avons eu l'occasion de parler assez longuement dans notre Nhân Văn Giai Phẩm và vấn đề Nguyễn Ái Quốc (« Nhân Văn Giai Phẩm et la question de Nguyễn Ái Quốc »). Salles a en outre réuni des pièces sur Philippe Vannier (BAVH, 1935, II) et sur Laurent Barisy (BAVH, 1939, III), que Cosserat a présentées et fait imprimer après sa mort.
En 1926, Cadière donne deux autres recueils de pièces originales, dans la série Les Français au service de Gia Long :
Nguyễn Ánh et la Mission, BAVH, 1926, I, qui rassemble les lettres écrites de 1783 à 1789 par Nguyễn Ánh à la Société des Missions étrangères pour demander des nouvelles de son fils, pendant tout le temps que le prince Cảnh passa en France, dont il ne recevait rien.
Leur correspondance, 31 lettres de militaires français, imprimées au BAVH, 1926, IV, dont elles tiennent tout le volume. Ce sont ces lettres qui nous permettent d'établir le degré d'instruction de ces soldats français qu'on a élevés au rang d'ingénieurs et d'architectes.
Il faut compter en outre les travaux estimables d'autres auteurs sur le règne de Gia Long : celui de Sogny, chef de la Sûreté de l'Annam (Chef de la Sureté de l'Annam), intitulé Les associés de gauche et de droite au culte du Thế Miếu (BAVH, 1914, II), qui traduit les tablettes des grands généraux et des grands dignitaires honorés au Thế Miếu. Celui de Võ Tá Liêm, d'abord tá lý puis ministre de la Guerre, intitulé Capitale de Thuận Hoá (BAVH, 1916, III), sur l'histoire de la construction de la capitale de Huê, dont Gia Long est l'auteur. Celui du colonel Ardant du Pisq, Les fortifications de la citadelle de Huế (BAVH, 1924, III), qui établit une fois de plus que la citadelle de Huê est l'ouvrage du roi Gia Long. Et tout le volume du BAVH, 1933, I, consacré à La citadelle de Huế, dirigé par Cosserat, qui en écrit la présentation, et qui établit encore une fois que c'est le roi Gia Long qui a présidé à la construction de la citadelle de Huê.
De ces séries d'études, on peut tirer les deux remarques suivantes :
1- Le Bulletin des Amis du Vieux Huế, dirigé par Cadière, a fait un grand effort pour retrouver la trace des soldats français venus au Viêt Nam à la fin du XVIIIᵉ siècle. À côté du savant, il y a eu André Salles, inspecteur des colonies, qui, une fois en retraite, est allé chercher en France les descendants de Chaigneau, de Vannier et de Barisy, pour obtenir les papiers touchant leurs ancêtres et leur postérité. Salles, malgré des raisonnements à sens unique, a tout de même fourni des témoignages dignes de foi : ce ne sont pas des « documents montés de toutes pièces » comme ceux de Bissachère ou de Sainte-Croix, ni des affirmations sans fondement comme celles de Faure…
2- Parallèlement à la série de Cadière et de Salles, il y a eu d'autres études honnêtes, qui vont à l'encontre de l'entreprise de déformation de l'histoire : sur la capitale de Huê, par exemple, outre l'article de Võ Tá Liêm, ceux d'Ardant du Pisq et de Cosserat… réfutent la prétention que les Français auraient eu la moindre part à la construction de la citadelle de Huê.
Nous relevons le titre de tous les articles touchant la question de Gia Long parus au Bulletin des Amis du Vieux Huế dans l'appendice 1, à la fin de ce chapitre.
Le savant Cadière
Le savant Léopold Cadière s'en tient à l'écriture d'un chercheur pour retrouver la trace des Français sur la terre de Huê, dans la série Les Français au service de Gia Long. Le premier article établit l'emplacement de la demeure de Chaigneau ; le deuxième retrouve le tombeau de de Forçant ; au troisième, il rassemble, traduit et commente les ordres de service et les brevets que le roi leur a donnés, avec un dessein profond : les élever au rang de la noblesse, entendue à l'occidentale, digne du rôle de « fondateurs » qu'ils auraient tenu auprès des Nguyễn. Cadière veut « prouver » que le roi Gia Long lui-même avait reconnu leurs très grands services, qu'il les avait grandement récompensés et portés à un rang élevé dans la noblesse.
De ces hommes, c'est Chaigneau dont les descendants ont gardé le plus de pièces, et André Salles, ancien inspecteur des colonies, est descendu à Lorient, où Chaigneau et Vannier s'étaient établis à leur retour en France, pour les retrouver. Michel Đức, fils de Chaigneau, a écrit d'autre part ses Souvenirs de Huế (Paris, 1867), quarante-sept ans après ce retour, avec l'intention d'embellir le passé et d'exalter son père. Grâce à ces pièces d'appoint, et parce que le savant lui-même a copié quantité de lettres de militaires français et de missionnaires touchant cette époque, sa contribution, du côté du rassemblement des documents, est fort précieuse. Cadière a retrouvé l'emplacement de la demeure de Chaigneau à Huê avec une exactitude qui force le respect.
Revenons au troisième article de la série Les Français au service de Gia Long : Cadière y traduit et commente les charges de ces Français, à commencer par Pigneau de Béhaine. Le trait piquant est que le savant indique l'origine du nom que le Thực lục donne à l'évêque, Bách-Đa-Lộc (qu'on peut lire Bá), et qu'il l'explique ainsi :
« Nous avons ici le nom de l'évêque d'Adran écrit en caractères chinois. Les trois caractères employés donnent en sino-vietnamien Bách-Đa-Lộc, et se lisent en chinois Pe-to-lou ; ce sont les caractères dont les Chinois se servent pour transcrire Pierre, sous sa forme latine Pétrus, qui se prononce Petrous, ou sous sa forme portugaise Pedro (…) L'évêque d'Adran était donc appelé par les Vietnamiens de son nom de baptême, Pierre. Dans les maisons religieuses du Nord, Pierre se dit Phê-rô, et dans le Sud Vê-rô (…) Mais Vê-rô est un mot du peuple, qui n'a pas assez de dignité et ne peut s'écrire dans un texte officiel, lequel emploie d'ordinaire les caractères chinois : c'est pourquoi l'on a employé Bách-Đa-Lộc »1.
Et dans les pages où il explique et traduit les appellations de l'évêque, c'est encore le savant Cadière qui explique le plus clairement :
« Le mot Grand Maître dont on se sert pour désigner l'évêque se dit en vietnamien Thầy Cả, « Maître Grand ». Aujourd'hui [au début du XXᵉ siècle] ce mot sert à désigner les prêtres ; mais Gia Long et la cour l'employaient sans doute pour désigner l'évêque, et le roi, en lui parlant, l'appelait « Maître », ce qui en vietnamien devait être : Thầy »2.
Sur les soldats français, Cadière traduit aussi leurs charges en français, mais il y a là quelques difficultés, que nous résumons ainsi :
Ces Français étaient tous des soldats, des soldats de deuxième et de première classe déserteurs ; mais en entrant au service de Gia Long, soit qu'ils aient menti sur leur qualité, soit pour quelque autre raison, ils reçurent le brevet de cai đội (officier du septième degré) le 29 juin 1790, c'est-à-dire le commandement de quarante à cinquante soldats ; ce fut le cas de Vannier, Dayot, Barisy, Isle-Sellé, Lebrun, Despiaux, Guillon, Guilloux, dont Louvet a retrouvé les brevets.
Olivier de Puymanel, lui, s'était engagé plus tôt et s'était distingué dans l'artillerie : en juillet-août 1792, il passa de cai đội à vệ uý (tòng tam phẩm, c'est-à-dire assimilé au troisième degré), commandant de la garde d'arrière du Thần Sách, par nomination directe. En juin 1795, Puymanel partit pour Macao, revint, remplit encore quelques missions pour le roi, et mourut en 1799 à Malacca. Vannier, Chaigneau et de Forçant ne furent élevés qu'en juillet 1801 au rang de cai cơ (quatrième degré), et en juin 1802 à celui de chưởng cơ (tòng nhị phẩm, assimilé au deuxième degré). Ce sont les trois qui restèrent dans l'armée et qui eurent les charges les plus hautes. De Forçant mourut en 1811 ; Chaigneau et Vannier épousèrent tous deux des Vietnamiennes, eurent beaucoup d'enfants et demeurèrent au pays, où ils vécurent dans l'aisance, mais sans qu'on leur donnât de troupes à commander ni de navire de classe à diriger. Ce sont eux qui servirent le plus longtemps Gia Long.
Mais quand Cadière traduit en français les titres de ces militaires, il y a difficulté. Ainsi de leurs brevets de cai đội, dont Louvet a recueilli quelques-uns et qu'il a imprimés dans sa Cochinchine religieuse, aux Pièces justificatives, p. 532-565, avec d'autres documents, dès 1885. Les brevets imprimés dans le livre de Louvet sont traduits en français, mais les charges y restent en vietnamien : ainsi celui de Dayot porte Khâm sai Cai đội quản chiến tầu nhị chích trí lược hầu ; celui de Vannier, Cai đội chấn thanh hầu, etc.
Comme on l'a dit, parce qu'ils avaient menti en se disant officiers de l'armée française, le roi leur donna une charge équivalente à celle de cai đội, le dernier échelon de la hiérarchie militaire, celui du septième degré (auxquels on ajouta plus tard le huitième et le neuvième). S'il fallait chercher en français un mot équivalent pour traduire leurs brevets, sans doute vaudrait-il mieux employer chevalier. Mais Cadière, lui, traduit marquis (il traduit directement le mot hầu de Trí lược hầu, de Chấn thanh hầu…). Trí Lược Hầu devient sous sa plume Marquis de Trí Lược, ou Marquis au Jugement rempli de Prudence.
Traduire ainsi fait difficulté, car ces titres n'ont pas du tout le même sens en France et au Viêt Nam. Du côté français, la noblesse se range dans cet ordre : duc, marquis, comte, vicomte, baron, chevalier ; nous traduisons : công, hầu, bá, tử, nam, hiệp sĩ. Mais la société vietnamienne n'a pas de classe nobiliaire héréditaire à la manière de l'Occident. Les mandarins qui administrent sont choisis par les concours. Quant à la lignée du roi, hormis une pension et quelques habits que le roi lui donne, elle n'a aucun pouvoir ; elle vit d'ordinaire pauvrement, et il lui est même parfois interdit de fréquenter les mandarins de trop près, pour éviter les influences fâcheuses. Voilà la différence profonde entre les deux sociétés d'Europe et d'Asie sous la féodalité. En France, elle a eu pour conséquence la révolution de 1789 : la noblesse menait grand train dans le luxe et la frivolité quand le peuple affamé n'avait pas de pain, et c'est pourquoi il s'est soulevé. Chez nous, une telle révolte ne pouvait avoir lieu, parce que la cour n'était pas fastueuse — il suffit de comparer la pauvreté du palais de Huê au palais de Versailles pour le voir aussitôt —, parce que les mandarins étaient d'ordinaire intègres et vivaient selon la morale confucéenne, et que tel d'entre eux, grand dignitaire toute sa vie, n'avait pas même une maison convenable : ainsi de Trịnh Hoài Đức, de Nguyễn Tri Phương, de Phan Thanh Giản, de Hoàng Diệu, etc.
Du côté vietnamien, il y a bien les titres de công et de hầu, mais ils ne s'entendent pas au sens nobiliaire de la France : ils sont réservés aux officiers. Quant à l'ordre des mandarins, il se range par degrés : premier, deuxième, troisième, quatrième… jusqu'au neuvième.
Aussi, quand Cadière traduit par Marquis le titre de ces cai đội, provoque-t-il un profond malentendu : un Français entend par Marquis (hầu tước) le deuxième rang de la haute noblesse après le Duc (công tước), ce qui, rapporté à nos usages, correspondrait au deuxième degré de la cour du côté militaire, c'est-à-dire à un chưởng dinh, à un thống chế…
Le mieux serait donc de laisser Trí lược hầu tel quel, comme Louvet, avec une note s'il le faut ; et si l'on veut traduire en français, de chercher un échelon équivalent : le cai đội est du septième degré, il faut donc traduire Chevalier, qui est de même le dernier échelon de l'échelle nobiliaire.
Nous ne pensons pas que le savant Cadière l'ait fait exprès, et traduire ainsi n'est pas non plus une faute. Mais ensuite, lui et bien d'autres ont abusé de ce titre de Marquis, tout au long de la série Les Français au service de Gia Long et dans d'autres articles : partout où figurait la moindre charge, dans les brevets, les édits, les ordres de service, on l'a traduit et retraduit, imprimé et réimprimé, écrit et récrit, avec un orgueil et un plaisir qui passent la mesure, sur des numéros et des numéros du Bulletin des Amis du Vieux Huế ; à peu près comme si, au lieu d'écrire Võ Tánh, nous nous mettions à psalmodier longuement : Khâm sai chưởng Hậu quân, Bình Tây tham thặng đại tướng quân, Dực vận công thần, đặc tiến phụ quốc thượng tướng quân, thượng trụ quốc, thái uý, quốc công, de son nom posthume Trung Liệt, voilà.
En somme, le travail du savant Cadière consiste à bâtir un socle noble et considérable à Pigneau de Béhaine et à ces Français, par les titres, les demeures, les papiers laissés, les portraits, les costumes, les brevets, les tablettes, etc. — Chaigneau et Vannier surtout, les deux qui ont vécu le plus longtemps à Huê, tout au long du règne de Gia Long et jusque dans les premières années de Minh Mạng. Le travail de Cadière et de Salles tient plus de la recherche que de la propagande, comme chez Maybon ; il va plus au fond, et son effet est plus discret et plus profond. Voilà le premier visage du savant Cadière.
Cadière prononce un discours devant le maréchal Joffre
Le père Cadière a un second visage, qui apparaît en clair dans un texte bref, ramassé, où son point de vue est exposé nettement et tout entier : le discours d'accueil au maréchal Joffre, imprimé sous un titre très modeste, « Notes sur le corps du génie annamite », au Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH, 1921, p. 283-288). Si l'on n'y prend garde, on peut aisément le passer, à cause de ce titre sans éclat, « Notes sur le corps du génie annamite ». C'est pourtant un manifeste de la plus haute importance : il reflète la position du savant Cadière, et par elle celle du Bulletin des Amis du Vieux Huế, sur la fin que ce bulletin s'assigne.
Ce discours fut prononcé devant le maréchal Joffre, à l'occasion de son voyage en Indochine et de sa visite à la société des Amis du Vieux Huế, le 3 janvier 1922.
Joseph Joffre (1852-1931), sorti de Polytechnique, officier du génie, spécialiste des fortifications, fut envoyé au Tonkin en 1885. Il gagna ses premiers lauriers en 1887, alors capitaine du génie sous les ordres du colonel Brissard, à l'attaque du retranchement de Ba Đình, tenu par Đinh Công Tráng (1842-1887). Ba Đình (Thanh Hoá) était l'une des places les plus importantes des troupes du Cần Vương, ceinte d'une solide haie de bambous et d'un fossé hérissé de pieux. Le rempart était de terre, large de 400 m, long de 1 200 m, haut de 3 m, sa base large de 8 à 10 m. Sur le dessus, on avait disposé des paniers de bambou remplis de terre pétrie de paille, en laissant des intervalles qui servaient de meurtrières pour poser les armes. À l'intérieur, un réseau de fossés permettait de transporter les vivres et les munitions. C'était exactement le modèle de nos propres retranchements, tout autre que les places fortes d'Occident.
En 1914, Joffre gagne la bataille de la Marne, sauve Paris et devient le héros de la France dans la Première Guerre mondiale. Il part de France en novembre 1921 pour un tour du monde, va d'abord aux États-Unis et arrive au Viêt Nam le 1ᵉʳ janvier 1922 ; avant de gagner Hanoï, il passe par Ba Đình, où il s'était illustré.
Le discours parut au Bulletin des Amis du Vieux Huế (1921, p. 283-288), et le maréchal Joffre visita la société des Amis du Vieux Huế le 3 janvier 1922 : il a donc sans doute été imprimé avant d'être prononcé, à moins que le numéro de 1921 ne soit paru en 1922.
La série d'études sur les Français — commencée au BAVH en 1917 par un article de Cadière et close en 1939 par les papiers posthumes de Salles — s'étend sur vingt-deux ans. 1921 est l'année où Cadière donne les grandes lignes de cette entreprise, et son discours devant le maréchal Joffre peut se tenir pour la « vue d'ensemble » : il en fixe les traits principaux et présente les sujets et les fins d'un long travail auquel plusieurs ont contribué.
Le discours a pour objet d'établir les services rendus par les Français à Nguyễn Ánh pour la restauration des Nguyễn, particulièrement dans le domaine du génie et des fortifications, où le maréchal est une étoile de première grandeur. Cadière y exalte Puymanel comme un héros du génie, avec l'arrière-pensée de le comparer au maréchal Joffre. C'est en raison de cette importance que nous le donnons tout entier, et que nous en imprimons le texte français original dans l'appendice 2, à la fin de ce chapitre.
Le discours du savant Cadière
Note du traducteur. Ce que Thụy Khuê traduit ici en vietnamien, c'est le français de Cadière, qu'elle reproduit en appendice à la fin du chapitre. La version française rend donc au discours le texte même de Cadière, mot pour mot — orthographe et coquilles de 1921 comprises —, avec ses notes, ses mises en relief à elle, en gras, et ses crochets. L'appendice, qui n'aurait plus fait que réimprimer ce texte, renvoie à ce qu'on lira ci-dessous. C'est la sixième Note du traducteur du livre, après celles des chapitres 1, 8, 11, 12 et 14.
Monsieur le Maréchal,
Notre Société s'est proposée, lors de sa fondation, en novembre 1913, d'étudier le passé de la Capitale de l'Annam et de rechercher tous les souvenirs, tant indigènes qu'européens, qui concernent Huế.
Parmi ces souvenirs, ceux qui nous sont le plus chers, à nous Français, sont ceux qui nous rappellent les officiers venus, à la fin du XVIIIᵉ siècle et au commencement du XIXᵉ, au secours de Gia-Long, et qui ont aidé ce prince à reconquérir son royaume.
Nous avons réuni aujourd'hui quelques documents, qui prouvent l'influence exercée par ces Français, nos devanciers, à la cour d'Annam. Cette influence est un fait indéniable. Un de nos collègues, M. Maybon, la résume dans les termes suivants :
« Il est incontestable qu'ils ont contribué, dans une très large mesure, aux victoires de Gia-Long. Sans parler de la part qu'ils prirent à d'importantes opérations, comme la destruction de la flotte Tây-Sơn en 1792, et à celles qui aboutirent à la prise de Huế, en 1801, on ne peut qu'admirer l'œuvre d'organisation qu'ils réalisèrent dans des conditions fort peu favorables : ils ont construit une marine européenne et formé des équipages ; ils ont instruit les soldats, introduit dans l'armée la discipline, établi des cadres ; ils ont fondu des canons, appris aux Annamites l'usage des bombes, créé une artillerie de campagne dont la mobilité frappait les Tây-Sơn de stupeur ; ils ont élevé des citadelles »3.
En un mot, Monsieur le Maréchal, ils ont fait en Annam ce que vous avez fait pour nous en France, pendant les longues années du début de la guerre, et ici comme là-bas, la victoire est venue récompenser tant d'efforts.
Cette influence s'est exercée de plusieurs façons. Elle a été personnelle et directe ; elle a été indirecte. Je ne retiendrai ici que ce qui est de nature à intéresser plus particulièrement l'officier du Génie, je veux parler de la défense des places.
Tout d'abord, voyons les hommes qui ont exercé cette influence. Les trouvailles heureuses d'un de nos collaborateurs les plus zélés et les plus avertis, M. A. Salles, ancien Inspecteur des Colonies, me mettent à même de vous donner la primeur des portraits des trois plus illustres soutiens de Gia-Long : J. B. Chaigneau, Ph. Vannier, et Jean-Marie Dayot. Ces portraits, récemment découverts par notre collègue dans les familles des descendants de ces officiers, seront publiés par les Amis du Vieux Huế, en même temps que de nombreux documents et des notes sur les familles des Français venus au service de Gia-Long.
L'influence exercée par les Français dans le royaume annamite a été personnelle et directe, ai-je dit.
Il y a eu d'abord un travail de formation technique, et, chose curieuse, c'est un évêque — il est vrai qu'il domine toute cette époque, aussi bien par son activité et son génie que par son patriotisme [français] éclairé et par ses vertus — c'est un évêque, Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran, qui a joué en cela le rôle initial. Un auteur contemporain nous dit : « Il a traduit pour son élève (c'est de Gia-Long qu'il s'agit) plusieurs ouvrages français en Cochinchinois, principalement sur la tactique et les fortifications, et il en a fait sans contredit le Cochinchinois de ses états le plus instruit et le plus capable »4. C'est Dayot qui avait donné ces renseignements à Renouard de Sainte-Croix. Quelques vingt ans plus tard, en 1819, Vannier et Chaigneau donnaient les mêmes indications à un voyageur anglais qui parut à Huế : « [L'évêque d'Adran] traduisit dans la langue du pays [le chữ nôm] les articles les plus utiles de l'Encyclopédie, et composa dans le même idiome [le chữ nôm] différents traités à l'usage de l'Empereur »5.
Là sans doute se bornait l'œuvre de l'évêque d'Adran : il fournissait les manuels d'étude. Toutes les explications techniques devaient être réservées aux spécialistes : Chaigneau, Vannier, qui parlaient annamite, mais surtout à Olivier.
Nous aimerions pouvoir vous montrer, Monsieur le Maréchal, la collection de ces ouvrages relatifs à l'art de la construction et de la défense des places, traduits en annamite par l'évêque d'Adran. Peut-être, un jour, les retrouvera-t-on dans des archives du Palais ou des Ministères. Nous pouvons aujourd'hui vous en montrer un spécimen, conservé au Nội-Các. C'est la « Carte militaire [comprenant] toutes les principales parties d'une place fortifiée, avec toutes les pièces d'artillerie qui [servent à l'attaque et à la défense] d'une place dressée sur les mémoires du Maréchal de Vauban par J. E. Duhamel, ingénieur du Roi, 1773 ». Cette carte porte en caractères chinois ou parfois en caractères démotiques les noms des pièces dessinées. Elle est très rare, et la Bibliothèque nationale ne la possédait pas. Elle fut un des manuels qui servirent à la formation de Gia-Long ; un de ces manuels dont un missionnaire de l'époque, M. Le Labousse, écrivait : « Gia-Long a dans son palais plusieurs ouvrages français qui traitent de construction, de fortification, etc. Il les feuillette continuellement pour en voir les planches et tâcher de les imiter »6, un de ces manuels qui servirent à la formation du corps d'ingénieurs annamites que nous allons mentioner ; c'est d'après les figures et les plans contenus sur cette carte que furent élevées toutes les citadelles du Tonkin et de l'Annam.
À ce travail d'éducation militaire, s'ajouta un travail de construction. C'est Olivier de Puymanel, arrivé l'un des premiers en Cochinchine, en 1788, qui, à peine âgé de 20 ans, mais « joignant beaucoup de valeur et d'activité à une parfaite connaissance des fortifications et de l'art militaire », joua, sous ce point de vue, le premier rôle. « Il fut élevé au premier grade comme chef ingénieur à la tête des arsenaux »7. Son titre annamite était celui de Vệ-Úy traduit par « colonel », dans les troupes Thần-Sách ou de l'Artillerie et du Génie. D'après les Annales de Gia-Long, il commença la construction de la citadelle de Saigon en mars-avril 1790. C'était un ouvage de forme octogonale, et les murs, en pierres de Biên-Hòa percés de huit portes, avaient 6 mètres de hauteur8. Il fut peut-être aidé dans ce travail par un Français, Le Brun. Il existe en effet un « Plan de la ville de Saigon fortifiée en 1790 par le colonel V. Olivier. Réduit du grand plan levé en 1795 par ordre du Roy de la Cochinchine par Le Brun, ingénieur »9. Nous n'avons pas ce plan, malheureusement, dans notre bibliothèque.
Vers 1793, « le Roi engagea M. Olivier, officier français, à lui faire une ville à l'européenne dans une des provinces nouvellement conquises. Elle était à peine achevée lorsque les rebelles y accoururent au nombre de quarante mille hommes, résolus de l'escalader mais leurs efforts furent inutiles »10. Le missionnaire qui nous donne ce renseignement subit le siège, ainsi que l'évêque d'Adran, lequel avait accompagné là le prince Cảnh, général en chef des troupes fidèles. Il nous apprend que le siège dura 24 jours, vers la fin d'avril 1794, et que les ennemis envoyèrent plus de neuf cent soixante boulets. Neuf cent soixante boulets en 24 jours ! C'était une guerre en dentelles, en comparaison des pluies d'obus que vous avez vues [pendant la Première Guerre mondiale], Monsieur le Maréchal.
Je citerai encore un passage d'un auteur contemporain qui montre les services rendus à la dynastie des Nguyễn par cet officier du Génie de 20 ans : « M. Olivier fortifiait les postes de l'armée par de bons retranchements garnis de canons manœuvrés à l'europénne, et cette manière si nouvelle en Cochinchine de faire la guerre, rendit les Tây-Sơns extrêment timides étant battus toutes les fois qu'ils se présentaient devant les troupes du Roy, et ne pouvant soutenir la supériorité des feux dirigés par M. Olivier et souvent attirés et arrêtés par des fortifications dont ces peuples n'avaient aucune idée »11.
Est-ce que ces travaux de notre compatriote [Olivier] subsistent encore ? Hélas, je crains que tout ait disparu.
Pour la citadelle de Saigon, c'est un fait absolument certain : la mission anglaise de Crawfurd passa à Saigon en 1822, et son médecin, Finlayson, nous dit : « La forteresse a été construite depuis peu d'années, sur les principes de la fortification européenne. Elle est munie d'un glacis dans les règles, d'un fossé plein d'eau, d'un haut rempart, et commande la contrée environnante. Elle est de forme carrée et chacun des côtés a environ un demi-mille de longueur. Mais elle n'est pas encore achevée ; on n'a pas encore fait d'embrasures ni monté de canons sur les murs. Le zig-zag est fort court, et le passage de l'entrée principale est en droite ligne ; les portes sont belles et ornées dans le style chinois »12.
Cette citadelle inachevée, de forme carrée, n'est pas la citadelle de forme octogonale bâtie par Olivier. Bien plus, pendant la révolte de Lê-Văn-Khôi qui souleva, en 1833-34, toute la Basse-Cochinchine, Minh-Mạng fut obligé de prendre d'assaut la citadelle de Saigon. La fit-il démolir ? Toujours est-il que le Recueil général d'administration place en 1836 la construction d'une citadelle à Saigon13. Peut-être ne s'agit-il que d'une restauration. Tout fut démoli après l'occupation française.
Je ne saurais dire s'il existe encore à Nha-Trang des vestiges de la citadelle élevée par Olivier. Le Recueil général d'administration place en 1814, 13ᵉ année de Gia-Long, la construction de la citadelle de Khánh-Hòa14. S'agit-il d'une reconstruction totale à un autre endroit, ou au même endroit après démolition, les données me manquent actuellement pour répondre à cette question.
Les citadelles qui jalonnent actuellement le pays annamite ont été construites, d'après le Recueil général d'Administration, à partir de l'avènement de Gia-Long, et s'étagent de 1804 à 1844.
Nous avons, sous Gia-Long :
Thanh-Hóa où vous êtes illustré, Monsieur le Maréchal, en 1804.
Huế en 1805.
Quảng-Ngãi et Hải-Dương en 1807.
Thái-Nguyên et Vĩnh-Long en 1813.
Khánh-Hoà en 1814.
Bình-Định en 1817.
Sous Minh-Mạng :
Hưng-Hóa en 1821.
Sơn-Tây en 1822.
Quảng-Bình et Ninh-Bình en 1823.
Bắc-Ninh et Cao-Bằng en 1824.
Định-Tường en 1824.
Quảng-Yên en 1827.
Nghệ-An en 1831.
Hưng-Yên en 1832.
Nam-Định, Hà-Tĩnh et Quảng-Nam en 1833.
An-Giang, Châu-Đốc, Hà-Tiên et Lạng-Sơn en 1834.
Hanoi, en 1835.
Gia-Định (Saigon), en 1836.
Phú-Yên, Bình-Thuận et Quảng-Trị en 1837.
Biên-Hòa en 1838.
Enfin, sous Thiệu-Trị :
Tuyên-Quang en 1844.
Je [Cadière] crois que nous pouvons affirmer, bien qu'aucun document précis ne nous l'indique, que les citadelles construites sous Gia-Long, et principalement la citadelle de Huế l'ont été sous la haute direction des officiers français qui étaient alors encore au service du roi d'Annam : Chaigneau, Vannier, de Forsant. Mais ils étaient déjà secondés par un service du Génie purement annamite, qu'ils avaient formé, ou qu'Olivier avait formé. C'est ce service, sur lequel nous sommes encore fort mal renseignés, mais sur lequel les archives des Ministères de la Guerre et des Travaux publics doivent renfermer de précieux documents, c'est ce service qui a élevé toutes les citadelles bâties sous Minh-Mạng et Thiệu-Trị. Il serait intéressant qu'un spécialiste étudie un jour, sur le terrain même et à l'aide des plans, l'œuvre du service annamite du Génie, et qu'il examine si les élèves ont suivi comme il faut les indications de leurs instructeurs français, s'ils les ont abandonnées, par ignorance ou oubli, ou si, faisant preuve d'initiative, ils les ont modifiées suivant les circonstances du terrain ou les besoins du moment.
Mais une conclusion ressort de tout ce que j'ai dit, c'est que tous les travaux de fortification qui existent en pays annamite, sont à proprement parler l'œuvre des Français, soit d'une façon directe et effective, soit d'une façon indirecte, par la formation d'un corps d'ingénieurs annamites.
Vous êtes venu au Tonkin et en Annam comme officier du Génie, Monsieur le Maréchal, vous y avez construit des ouvrages militaires, vous y avez combattu avec courage et avec gloire. J'espère que cette résurrection, trop brève à mon gré, de ceux qui vous ont précédé ici, qui se sont battu, qui ont construit, qui ont formé des élèves, vous aura été agréable.
L. Cadière
Rédacteur en chef du BAVH
Il y a de quoi être atterré à lire ce discours. On comprend mal qu'un homme d'un savoir aussi étendu, ayant la conscience professionnelle d'un savant, comme le père rédacteur en chef du Bulletin des Amis du Vieux Huế, ait pu écrire une chose pareille. Sans même s'arrêter à l'esprit colonial, hautain, méprisant pour les Vietnamiens, qui recouvre tout le texte, parlons des fautes énormes qu'un travail scientifique ne saurait comporter, et que nous allons analyser point par point.
Cadière « établit » les grands services rendus par les Français
Cela s'ouvre par une affirmation sans preuve : les officiers venus, à la fin du XVIIIᵉ siècle et au commencement du XIXᵉ, au secours de Gia-Long, et qui ont aidé ce prince à reconquérir son royaume. Puis vient aussitôt le passage « fameux » de Maybon, cité partout : « Il est incontestable qu'ils ont contribué, dans une très large mesure, aux victoires de Gia-Long (…) ils ont construit une marine européenne et formé des équipages ; ils ont instruit les soldats, introduit dans l'armée la discipline, établi des cadres ; ils ont fondu des canons, appris aux Annamites l'usage des bombes, créé une artillerie de campagne dont la mobilité frappait les Tây-Sơn de stupeur ; ils ont élevé des citadelles »15.
Les dires de Maybon, comme nous l'avons montré, ne sont que des affirmations sans preuve, tirées des « renseignements » de Sainte-Croix, eux-mêmes venus du récit de Dayot. Or Dayot était un homme convaincu d'avoir détourné des fonds et fait couler un navire, condamné, contraint de fuir, qui s'est exalté lui-même et a exalté Puymanel, et qui a sali Nguyễn Ánh pour se disculper. Il nous suffira de citer de nouveau les mots de Sainte-Croix dans son Introduction pour voir jusqu'où les deux savants Maybon et Cadière ont « plagié » Sainte-Croix :
« … M. Olivier, Français, vint offrir ses services et devint ingénieur en chef. (…) Les victoires du roi de Cochinchine lui sont en partie dues : il a levé les plans des citadelles et créé plusieurs arsenaux. Il fut élevé au premier grade, chef ingénieur à la tête des arsenaux et commandant d'un corps de 3 000 gardes du roi qu'il forma et instruisit à l'européenne. (…) L'action des Français au service du roi de Cochinchine, jointe aux canons et aux armes que la France lui donna, ne contribua pas peu à ce que le roi redevînt peu à peu maître de son pays en un temps assez court. « M. Olivier fortifiait les postes de l'armée par de bons retranchements garnis de canons manœuvrés à l'europénne, et cette manière si nouvelle en Cochinchine de faire la guerre, rendit les Tây-Sơns extrêment timides étant battus toutes les fois qu'ils se présentaient devant les troupes du Roy, et ne pouvant soutenir la supériorité des feux dirigés par M. Olivier et souvent attirés et arrêtés par des fortifications dont ces peuples n'avaient aucune idée »16.
Maybon et Cadière abusent des mots de Sainte-Croix sous des formes diverses : tantôt en détachant une phrase pour l'employer à part, tantôt en les rassemblant pour en faire l'idée maîtresse d'un texte, comme dans ce discours.
Après avoir cité l'appréciation de Maybon comme une idée directrice, Cadière circonscrit le terrain où le discours va porter : l'« influence » des Français sur la cour de Gia Long, et par elle sur le peuple vietnamien. Quelle influence ? Il écrit : « Cette influence s'est exercée de plusieurs façons. Elle a été personnelle et directe ; elle a été indirecte. Je ne retiendrai ici que ce qui est de nature à intéresser plus particulièrement l'officier du Génie, je veux parler de la défense des places. »
Il vient de circonscrire son terrain une fois de plus : il ne parlera que de la défense des places, parce que c'est le domaine et le fait d'armes du maréchal Joffre. L'étoile que Cadière veut présenter aujourd'hui au maréchal, quand celui-ci vient sur cette terre de Huê, est un héros, un devancier du maréchal : Olivier de Puymanel !
Et c'est aussi une occasion rare, pour le savant, d'honorer un héros par un autre. Mais avant de faire valoir les services de Puymanel, il lui faut parler du chef suprême de ces desseins et de cette influence.
Cadière « prouve » que Pigneau de Béhaine « traduisait des livres » pour Gia Long
Honorer Puymanel, c'est nécessairement honorer le « fondateur » de cette œuvre imposante : l'évêque Pigneau de Béhaine.
D'après le père Cadière, l'évêque domine toute cette époque, « aussi bien par son activité et son génie que par son patriotisme [français] éclairé et par ses vertus ». Et il cite « un auteur contemporain » : « Il a traduit pour son élève (c'est de Gia-Long qu'il s'agit) plusieurs ouvrages français en Cochinchinois, principalement sur la tactique et les fortifications »17. Cet auteur « contemporain » n'est autre que Sainte-Croix ! Et le père Cadière de confier avec fierté : « C'est Dayot qui avait donné ces renseignements à Renouard de Sainte-Croix. » Puis il insiste : « Quelques vingt ans plus tard, en 1819, Vannier et Chaigneau donnaient les mêmes indications à un voyageur anglais qui parut à Huế : « [L'évêque d'Adran] traduisit dans la langue du pays [le chữ nôm] les articles les plus utiles de l'Encyclopédie, et composa dans le même idiome [le chữ nôm] différents traités à l'usage de l'Empereur. » »
Gia Long ne fut jamais l'élève de Pigneau de Béhaine !
Nous savons de reste que c'est parce que Sainte-Croix a confondu Nguyễn Ánh avec le prince Cảnh qu'il a écrit cette phrase : « Il a traduit pour son élève (c'est de Gia-Long qu'il s'agit) plusieurs ouvrages français en Cochinchinois, principalement sur la tactique et les fortifications. » Mais quand bien même on accepterait la confusion, la phrase de Sainte-Croix resterait absurde : le prince Cảnh a suivi Pigneau de Béhaine dès l'âge de trois ans ; qu'aurait donc eu à faire l'évêque de traduire des livres français en vietnamien pour que le prince les lise ? Et voilà le père Cadière qui recopie cette phrase absurde et se vante que c'est Dayot qui l'a apprise à Sainte-Croix ! Quel était donc le niveau de Sainte-Croix, et celui de ceux qui l'ont recopié ?
Après avoir « prouvé » par une phrase aussi absurde, le savant produit une seconde « preuve » : les propos de Vannier et de Chaigneau à un voyageur anglais venu à Huê : « [L'évêque d'Adran] traduisit dans la langue du pays [le chữ nôm] les articles les plus utiles de l'Encyclopédie, et composa dans le même idiome [le chữ nôm] différents traités à l'usage de l'Empereur », qu'il dit tirés des Annales maritimes et Coloniales de 1823.
Nous croyons que, d'où qu'elle vienne, cette phrase ne fait que recopier Barrow, l'Anglais venu en Cochinchine en 1793 (Vannier et Chaigneau n'étaient pas encore au Viêt Nam), dans son A Voyage to Cochinchina, imprimé en 1806, page 229. Barrow écrit :
« L'évêque d'Adran traduisit encore en caractères chinois une étude de stratégie à l'usage de l'armée. » Et : « Grâce à l'évêque d'Adran, qui traduisit en caractères chinois quelques articles de l'Encyclopédie, il a connu les sciences et les arts de l'Occident, et il s'est attaché particulièrement à l'art de la navigation et à la construction des navires. » Nous avons traduit ce passage au chapitre 6 : Portrait du roi Gia Long, et nous l'avons commenté ainsi :
« Quant au fait que l'évêque d'Adran traduisit en caractères chinois une étude de stratégie à l'usage de l'armée, on ne sait où Barrow l'a pris, car nulle part ailleurs il n'en est question (…) Quant à la phrase « l'évêque d'Adran traduisit en caractères chinois quelques articles de l'Encyclopédie », elle a pu être tirée du testament de Pigneau de Béhaine, rédigé par Le Labousse : « Monseigneur fit don au roi (…) de quatre volumes de l'Encyclopédie… » (Launay, III, p. 384) — c'est le seul endroit où il soit question de l'Encyclopédie, et Le Labousse lui-même ne dit rien d'une traduction, non plus que le Sử ký Đại Nam Việt. Mais cette phrase de Barrow sera elle aussi recopiée et amplifiée plus tard par Faure, Maybon et tous ceux qui exaltent Pigneau de Béhaine. »
Et le savant Cadière ne fait pas exception à la règle.
Après avoir « prouvé » que Pigneau de Béhaine « traduisait des livres » et qu'il fournissait les manuels d'étude, le savant déclare hardiment :
« Nous aimerions pouvoir vous montrer, Monsieur le Maréchal, la collection de ces ouvrages relatifs à l'art de la construction et de la défense des places, traduits en annamite par l'évêque d'Adran. »
On ne sait plus, ici, si Pigneau de Béhaine a « traduit » l'Encyclopédie et les livres de stratégie en chinois ou dans notre langue. Nous nous rappelons la plainte de Faure : les livres traduits par l'évêque ont été cachés, et l'étendard d'avant-garde sous lequel l'évêque aurait mené les troupes contre les Tây Sơn, qui donc l'a pris ? Mais Faure pouvait écrire de telles sottises ; du savant Cadière, on attendait plus de prudence.
Pour asseoir son raisonnement, quelques lignes plus loin, Cadière cite Le Labousse :
« Un missionnaire de l'époque, M. Le Labousse, écrivait : « Gia-Long a dans son palais plusieurs ouvrages français qui traitent de construction, de fortification, etc. Il les feuillette continuellement pour en voir les planches et tâcher de les imiter » »18. Cette phrase a une autre version, imprimée dans Taboulet : « Il y a dans son palais quantité de livres d'architecture et de fortification. Le roi en feuillette souvent les planches et s'efforce de les imiter, sans avoir besoin de lire les explications françaises, qu'il ne peut comprendre »19. Ni l'une ni l'autre n'établissent que Pigneau de Béhaine ait traduit des livres de fortification ; celle qu'imprime Taboulet montre au contraire que l'évêque n'a pas traduit pour Gia Long de livres sur les citadelles, car s'il l'avait fait, le missionnaire Le Labousse n'aurait pas écrit cela.
Dans une lettre du 12 juillet 1796 à M. Boiret, Le Labousse écrit :
« Bien que les bienfaits de Monseigneur lui aient gagné le cœur de beaucoup de mandarins, il n'est jamais allé chez aucun d'eux pendant les sept années qu'il a passées dans ce pays. De tout ce long temps, il n'est pas allé dix fois au palais du roi. Les deux ou trois premières années, il allait saluer le roi au premier jour de l'an ; et depuis plus de deux ans, il n'y est allé qu'une seule fois, tout dernièrement, pour ne pas rompre [les relations]. »20
Dans une autre lettre, adressée à la Société des Missions étrangères de Paris et écrite du Bình Khang en 1801, sur la mort du père Hồ Văn Nghị, Le Labousse écrit : « Le roi, dans ses plus grandes détresses, eut le bonheur de l'avoir [Nghị] auprès de lui pour lui fournir le plus nécessaire. Aussi le roi l'aimait-il beaucoup. Et c'est encore par lui que Monseigneur, pour tout ce qu'il avait à faire parvenir à la cour, passait toujours. »21
Ces lignes établissent que Pigneau de Béhaine n'était pas aussi proche du roi qu'on l'a brodé. Après que Trần Đại Luật eut présenté en 1795 un mémoire demandant « la tête de Pigneau de Béhaine », l'évêque devint plus circonspect encore. Ainsi l'évêque « traduisant des livres », « écrivant des lettres », faisant office de « conseiller » du roi en toute chose, ne peut pas se soutenir, si l'évêque ne voyait le roi qu'une fois l'an ou moins. Sa charge se bornait à ceci : il était l'un des maîtres du prince Cảnh.
Le Sử ký Đại Nam Việt écrit à sa manière fruste : « Comme le roi ne connaissait pas l'écriture d'Occident, il devait prier les mandarins de lui expliquer chaque chose. Surtout les feuilles où étaient dessinées les figures des armes et les manières d'élever des remparts, de bâtir des citadelles et de construire des navires, ou d'autres choses semblables : le roi les regardait fort attentivement. Au reste, quantité de livres et de cartes achetés en Occident, il les étudiait avec application et les comprenait presque tous »22.
Gia Long, outre les familiers de confiance qui savaient le français, comme Trần Văn Học, Hồ Văn Nghị…, avait encore quantité d'autres interprètes pour traduire au besoin. Pour l'architecture, outre Tôn Thất Hội, Trần Văn Học, Nguyễn Văn Khiêm, Vũ Viết Bảo…, qui élevèrent les citadelles de Gia Định et de Diên Khánh dans la première période, il y eut dans la seconde Nguyễn Văn Yến, Đỗ Phúc Thạnh, Nguyễn Học, Nguyễn Thông, Trương Viết Suý…, qui levèrent les plans et bâtirent la citadelle de Huê, le rempart de Trấn Ninh, etc., sans compter les gouverneurs, également versés dans les lettres et dans les armes, qui furent aussi les ingénieurs des remparts octogonaux, hexagonaux et quadrangulaires du Sud, comme Nguyễn Cửu Đàm (rempart de Bán Bích), Nguyễn Văn Xuân (postes de Tân Châu et de Châu Giang), Lưu Phước Tường (poste de Châu Đốc, trấn de Vĩnh Thanh)…, que Trịnh Hoài Đức a consignés dans le Gia Định thành thông chí (« Description détaillée de la citadelle de Gia Định »).
La « carte-manuel » qui aurait appris à Gia Long à bâtir des citadelles
Après avoir « prouvé » que Pigneau de Béhaine avait traduit l'Encyclopédie et les « traités de construction des citadelles » pour le roi, Cadière présente au maréchal la « preuve originale » que voici :
« Nous pouvons aujourd'hui vous en montrer un spécimen, conservé au Nội-Các. C'est la « Carte militaire (comprenant) toutes les principales parties d'une place fortifiée, avec toutes les pièces d'artillerie qui (servent à l'attaque et à la défense) d'une place dressée sur les mémoires du Maréchal de Vauban par J. E. Duhamel, ingénieur du Roi [de France], 1773 ». Cette carte porte en caractères chinois ou parfois en caractères démotiques les noms des pièces dessinées. Elle est très rare, et la Bibliothèque nationale ne la possédait pas. Elle fut un des manuels qui servirent à la formation de Gia-Long, un de ces manuels dont un missionnaire de l'époque, M. Le Labousse, écrivait : « Gia-Long a dans son palais plusieurs ouvrages français qui traitent de construction, de fortification, etc. Il les feuillette continuellement pour en voir les planches et tâcher de les imiter » (Nouvelles lettres édifiantes, tome VIII, p. 187). C'est elle, l'un de ces manuels qui servirent à la formation du corps d'ingénieurs annamites que nous allons mentioner. C'est d'après les figures et les plans contenus sur cette carte que furent élevées toutes les citadelles du Tonkin et de l'Annam. »
En somme, le savant Cadière a trouvé au Nội Các (la bibliothèque royale de Huê) une carte dressée par Duhamel, ingénieur du roi Louis XV, représentant une place fortifiée bâtie en 1773, en France, selon la manière du maréchal de Vauban. Cette carte porte des annotations en caractères chinois et quelques caractères nôm ; et il conclut sur-le-champ : elle est un des manuels qui servirent à la formation de Gia-Long ! Bien plus, elle est encore un de ces manuels dont parle Le Labousse : « Il y a dans son palais quantité de livres d'architecture et de fortification. Le roi en feuillette souvent les planches et s'efforce de les imiter. » Et elle est justement le manuel qui servit à la formation du corps d'ingénieurs annamites. Car : c'est d'après les figures et les plans contenus sur cette carte que furent élevées toutes les citadelles du Tonkin et de l'Annam.
Raisonnement d'une superbe inouïe : une seule carte, d'un Français nommé Duhamel, représentant un ouvrage à la Vauban bâti en 1773 en France, aurait eu des effets aussi prodigieux : manuel de formation de Gia Long, manuel d'instruction du corps des ingénieurs annamites, et modèle de toutes les citadelles bâties dans ce pays qu'est le Viêt Nam !
Ce raisonnement superbe témoigne d'une légèreté sans exemple :
1- D'une carte de place fortifiée bâtie en 1773 en France à la Vauban, trouvée dans la bibliothèque du Nội Các de Huê avant 1922, que sait-on ? À qui était-elle ? À Gia Long, à Minh Mạng, à Thiệu Trị, à Tự Đức, ou aux mandarins du ministère des Travaux publics ? Et l'on ose trancher : elle est un des manuels qui servirent à la formation de Gia-Long !
2- Entre la carte de place fortifiée de 1773 de Duhamel et la phrase de Le Labousse — « Il y a dans son palais quantité de livres d'architecture et de fortification. Le roi en feuillette souvent les planches et s'efforce de les imiter » —, quel lien y a-t-il, pour ranger cette carte parmi les manuels que l'évêque aurait traduits en nôm pour que le roi les lise ?
3- Que M. Duhamel ait bâti une place à la Vauban en France en 1773, qu'est-ce que cela a à voir avec le soldat de deuxième classe Puymanel, arrivé en Cochinchine en 1788, pour en tirer la conclusion que toutes les citadelles du Viêt Nam sont faites à la Vauban ? Qu'elles ont toutes été bâties par l'« ingénieur Puymanel » ou par ses « élèves » ?
Monsieur le savant, en écrivant cela, avez-vous cherché à savoir quand et dans quelle école l'« ingénieur Puymanel » avait appris le métier d'ingénieur et d'architecte, pour être en état de bâtir une citadelle ? Et d'instruire des élèves ?
Quiconque a étudié le génie ou l'architecture sait que bâtir une citadelle, à l'orientale comme à l'occidentale, n'est pas assez facile pour qu'un soldat de deuxième classe sans instruction comme Puymanel en soit capable. Que Gia Long ait appris par lui-même est une chose ; mais il y avait auprès du roi un groupe de spécialistes instruits et compétents pour l'aider ; les grands architectes de Gia Long étaient d'ordinaire des gouverneurs, également versés dans les lettres et dans les armes.
4- Ne s'appuyer que sur une carte de place fortifiée à la Vauban trouvée au Nội Các pour conclure qu'elle servit à la formation du corps d'ingénieurs annamites, et que « c'est d'après les figures et les plans contenus sur cette carte que furent élevées toutes les citadelles du Tonkin et de l'Annam », c'est vraiment faire trop peu de cas du métier d'ingénieur et d'architecte.
Cadière « établit » que Puymanel a bâti la citadelle de Gia Định
Que Cadière se soit appuyé sur le propos en l'air de Lavoué — « le roi… engagea M. Olivier… à lui faire une ville à l'européenne » — pour « établir » qu'Olivier avait bâti la citadelle de Diên Khánh, et que d'autres se soient appuyés sur la même phrase pour désigner celle de Saigon, nous en avons parlé en détail au chapitre 12 : il n'y a pas à y revenir.
Nous attirons ici l'attention du lecteur sur une autre « affirmation » du savant Cadière, fort étrange :
« D'après les Annales de Gia-Long, il [Puymanel] commença la construction de la citadelle de Saigon en mars-avril 1790. C'était un ouvage de forme octogonale, et les murs, en pierres de Biên-Hòa percés de huit portes, avaient 6 mètres de hauteur (Đại Nam thật lục đệ nhứt kỷ, livre IV, folio 31). Il fut peut-être aidé dans ce travail par un Français, Le Brun. Il existe en effet un « Plan de la ville de Saigon fortifiée en 1790 par le colonel V. Olivier. Réduit du grand plan levé en 1795 par ordre du Roy de la Cochinchine par Le Brun, ingénieur » (Schreiner, Abrégé de l'Histoire d'Annam, p. 104, note 1). Nous n'avons pas ce plan, malheureusement, dans notre bibliothèque. »
C'est Nguyễn Quốc Trị qui, le premier, a relevé cette phrase : « D'après les Annales de Gia-Long, il commença la construction de la citadelle de Saigon en mars-avril 1790. » Car tous ceux qui se sont enquis de la construction de la citadelle de Gia Định ont passé le Thực lục « au microscope » sans y trouver cette phrase « immortelle ». Il y a donc deux possibilités :
Le savant Cadière aurait écrit vite et se serait trompé ? Difficile à croire. Car lui et M. Maybon se plaignent maintes fois de ce que le Thực lục passe sous silence les services de Puymanel et de Dayot.
Le savant Cadière aurait trouvé que les « pièces » qu'il produisait sur les services de Puymanel ne convainquaient pas assez, et il lui aurait fallu glisser cette phrase pour montrer que le Thực lục écrivait de même ? Sans doute. Il écrit ensuite : « Il fut peut-être aidé dans ce travail par un Français, Le Brun. » Puis il ajoute cette phrase, produite par M. Schreiner : « Il existe en effet un "Plan de la ville de Saigon fortifiée en 1790 par le colonel V. Olivier. Réduit du grand plan levé en 1795 par ordre du Roy de la Cochinchine par Le Brun, ingénieur". »
C'est-à-dire que Cadière ne croit pas beaucoup aux services de l'« ingénieur » Le Brun, bien qu'il croie à l'existence d'un grand plan de Saigon levé par l'« ingénieur », plan que M. Schreiner a recueilli. Quant à Taboulet, il s'appuie sur des « preuves » de cette sorte pour élever Le Brun au rang de premier architecte-urbaniste de Sài Gòn. Nous voilà perplexes : ne sachant plus si M. Le Brun était ingénieur, ou architecte, ou s'il avait fait les deux écoles.
Le savant Cadière réserve toute sa sympathie au « colonel Olivier », et pour établir les services du « colonel », il n'hésite pas à écrire ces lignes montées de toutes pièces : « Le Thực lục consigne qu'Olivier a bâti la citadelle de Gia Định. »
Mais le pire est que le savant s'approprie toutes les autres citadelles, bâties après celle de Gia Định, comme l'ouvrage direct ou indirect d'Olivier de Puymanel. Y compris son affirmation que la capitale de Huê et toutes les citadelles de ce pays ont été bâties par Puymanel et par les Français.
Cadière dénombre 31 citadelles, tirées du Khâm định Đại Nam hội điển sự lệ (le Hội điển), pour la plupart bâties sous Minh Mạng, et il dit qu'elles sont l'ouvrage d'ingénieurs français ou d'hommes formés par les Français. Le plus remarquable est qu'à l'époque de Gia Long, il ne restait plus que Chaigneau et Vannier, marins de métier, qui n'entendaient rien à la construction, et qu'il leur donne pourtant la « haute direction » de la construction de la citadelle de Huê : « et principalement la citadelle de Huế l'ont été sous la haute direction des officiers français qui étaient alors encore au service du roi d'Annam : Chaigneau, Vannier, de Forsant », pour affirmer ensuite : « c'est ce service qui a élevé toutes les citadelles bâties sous Minh-Mạng et Thiệu-Trị ». Ce n'est pas tout : il demande encore aux chercheurs français d'« examiner si les élèves ont suivi comme il faut les indications de leurs instructeurs français, s'ils les ont abandonnées, par ignorance ou oubli ». Pour en venir à cette conclusion :
« Tous les travaux de fortification qui existent en pays annamite, sont à proprement parler l'œuvre des Français, soit d'une façon directe et effective, soit d'une façon indirecte, par la formation d'un corps d'ingénieurs annamites. »
Ce passage aura vraiment contribué à ensevelir le mérite du savant Cadière.
Car si le Thực lục ne dit pas qui a bâti la citadelle de Gia Định, sur Huê, en revanche, il est fort clair :
« Le jour Ất Tỵ, on bâtit la capitale. Le roi, jugeant l'empire pacifié, voulut agrandir la capitale pour en faire le lieu où les quatre points cardinaux viendraient à la cour. Il se rendit donc à la commune de Kim Long, puis à l'est jusqu'à celle de Thanh Hà, et examina partout la disposition des lieux. Il ordonna au commissaire aux citadelles Nguyễn Văn Yến d'aller sur les quatre faces extérieures de l'ancienne capitale de Phú Xuân mesurer et planter les jalons de l'agrandissement. Le roi fixa lui-même la manière dont la citadelle serait bâtie, ordonna au ministère des Rites de choisir un jour faste pour sacrifier au Ciel et à la Terre et annoncer l'ouverture des travaux, envoya les troupes ouvrir les routes et remuer la terre, et chargea Phạm Văn Nhơn, Lê Chất et Nguyễn Văn Khiêm de surveiller les travaux. Il fut alloué aux soldats un quan de monnaie et une phương de riz par mois. Les habitants des huit communes de Phú Xuân, Vạn Xuân, Diễn Phái, An Vân, An Hoà, An Mỹ, An Bảo et Thế Lại dont les rizières et les terres se trouvaient prises dans l'agrandissement furent remboursés au prix porté sur leurs actes… »23
Le Bulletin des Amis du Vieux Huế, 1916, nº III (p. 277-288), dont le savant était lui-même le rédacteur en chef, avait pourtant imprimé une étude de Võ Liêm, d'abord tá lý puis élevé à la charge de ministre de la Guerre, intitulée La Capitale de Thuận Hoá (Huế), où l'auteur démontre clairement et en détail l'histoire de la citadelle de Huê, ouvrage du roi Gia Long. Il écrit :
« Au troisième mois de la troisième année du règne, 1804, l'Empereur en personne examina les lieux depuis le territoire du village de Kim Long jusqu'à celui de Thanh Hà, pour agrandir et relever la capitale. Il ordonna au commissaire aux citadelles Nguyễn Văn Yến de planter des pieux hors de l'ancienne enceinte pour marquer les limites du palais. L'Empereur mesura de sa propre main les dimensions nécessaires à la construction des murailles »24.
Le lieutenant-colonel Ardant du Pisq, dans Les fortifications de la citadelle de Huế, imprimé au BAVH, 1924, III, p. 221-247, après avoir cité la phrase de Michel Đức, fils de Chaigneau — « La citadelle de Huê, d'architecture Vauban, dont la construction fut dirigée par des Français, ressemble fort, du dehors, à une place de guerre d'Occident, à cela près que ses larges portes surmontées de toits à la chinoise détrompent l'étranger dès qu'il approche » (Souvenirs de Huế, Paris, 1867, p. 144) —, pose aussitôt la question : qui a levé le plan de cette citadelle ? Serait-ce Olivier de Puymanel ? Après avoir passé en revue les auteurs qui, comme Bastide ou Faure, exaltent les services de Puymanel, il écrit : Olivier est mort en 1799, et les travaux de la citadelle de Huê n'ont commencé qu'en 1805. Puis il réfute la thèse selon laquelle les Français auraient bâti la citadelle de Huê, avant d'entrer dans le détail du choix du site par Gia Long, de la disposition du terrain, de la géomancie, du creusement des canaux, de la construction des ponts, pour tout l'ensemble architectural de la capitale.
Dans le numéro du BAVH de 1933, I et II, consacré à la capitale de Huê, Cosserat insiste une fois de plus sur ce point. Après avoir recopié la note de Võ Liêm, tirée du Hội điển, sur l'organisation du ministère des Travaux publics sous Gia Long et sous Minh Mạng, pour expliquer les attributions du commissaire aux citadelles dans la construction des places fortes, Cosserat souligne :
« … On remarque que sous Gia Long et sous Minh Mạng les mandarins de ce ministère [des Travaux publics] — le commissaire aux citadelles Nguyễn Văn Yến, le commissaire aux citadelles Đỗ Phúc Thạnh, comme le sous-chef d'escouade Nguyễn Học, les chefs d'escouade Nguyễn Thông et Trương Viết Suý — furent désignés par le roi pour lever les plans, comme ceux de la construction de la capitale de Thuận Hoá (Huê), ou du rempart de Trấn Ninh, etc. »
Les deux extraits que je viens de citer sont, comme on le voit, absolument précis, et ne permettent à personne de penser que des Européens aient mis la main à la construction de la citadelle de Huê. (…)
La citadelle de Huê, comme toutes les autres citadelles bâties ensuite dans ce royaume, est aujourd'hui, sans nul doute possible, une production entièrement vietnamienne, exécutée tout entière sous le contrôle et la direction de Vietnamiens. »25
Ceux qui tiennent encore la citadelle de Huê pour l'ouvrage d'« officiers français » n'ont qu'à lire Võ Liêm, Ardant du Pisq et Cosserat dans le Bulletin des Amis du Vieux Huế.
Mais on lit peu Võ Liêm, Ardant du Pisq et Cosserat, qui ne sont pas des auteurs « célèbres ». On lit et l'on croit le savant Cadière.
Et c'est cette dernière tromperie du savant que l'on recopiera, avant de l'accoupler au mot de Vauban, pour établir que toutes les citadelles vietnamiennes bâties au XIXᵉ siècle sont l'ouvrage des Français, et toutes faites à la Vauban !
Le père et savant Cadière prononce son discours devant le maréchal Joffre, officier du génie véritable, sorti de Polytechnique, l'école qui forme les premiers ingénieurs de France, après deux années supplémentaires dans une école d'application. Il veut hausser Puymanel, un homme sans instruction, au niveau du maréchal Joffre, héros national de la France dans la Première Guerre mondiale, qui s'était distingué à l'attaque du retranchement de Ba Đình de Đinh Công Tráng (1842-1887) en 1887. Il compare le maréchal Joffre à Puymanel pour faire entrer aisément Puymanel dans l'histoire, comme celui qui aurait bâti toutes les citadelles « à la Vauban » du Viêt Nam.
L'influence de Cadière et de Maybon est fort étendue : elle court depuis près de cent ans, relayée par un historien venu après eux, Taboulet, non moins « habile », et elle fait que les chercheurs du Viêt Nam recopient sans douter, sans poser de question.
Le savant Cadière, avec le Bulletin des Amis du Vieux Huế, a contribué à bâtir de fond en comble le mythe des Français venus aider Gia Long à fonder son règne. D'abord par la langue : en traduisant les brevets et les édits, il élève discrètement ces Français au rang de la noblesse, au titre de Marquis, hầu tước. Il retrouve leurs demeures, il honore leur maison par les généalogies enjolivées de Salles. Il compare discrètement Puymanel au maréchal Joffre, ingénieur sorti de la grande école polytechnique. Il présente discrètement Pigneau de Béhaine comme le maître à penser de Gia Long, celui qui aurait introduit au Viêt Nam la culture, le savoir et la technique modernes de l'Occident en « traduisant » l'Encyclopédie et « ces ouvrages relatifs à l'art de la construction et de la défense des places » — dommage que ces « collections » n'aient jamais été retrouvées !
Voilà le grand moyen de Cadière.
Mais le savant use encore de petits moyens :
Il n'hésite pas à répandre une fausse nouvelle : que le Thực lục consigne qu'Olivier a bâti la citadelle de Gia Định ; et il n'hésite pas non plus à affirmer : « … la citadelle de Huế l'ont été sous la haute direction des officiers français : Chaigneau, Vannier, de Forsant », « c'est ce service qui a élevé toutes les citadelles bâties sous Minh-Mạng et Thiệu-Trị ».
Il exige encore des chercheurs français qu'ils « examinent si les élèves ont suivi comme il faut les indications de leurs instructeurs français, s'ils les ont abandonnées, par ignorance ou oubli ».
Enfin il lâche cette conclusion : « Tous les travaux de fortification qui existent en pays annamite, sont à proprement parler l'œuvre des Français, soit d'une façon directe et effective, soit d'une façon indirecte, par la formation d'un corps d'ingénieurs annamites. »
Avec des affirmations aussi superbes et aussi frauduleuses, le savant Cadière a, du côté du cœur, effacé lui-même son nom de la mémoire affectueuse et respectueuse des Vietnamiens.
Du côté de la science, avec les connaissances et les documents qu'il tenait en main, il aurait dû relever les erreurs et les inventions de tout ce qu'avaient écrit les auteurs coloniaux et rétablir la vérité historique ; au lieu de quoi il s'est fait leur complice, et a donné à la falsification de l'histoire une assise plus ferme.
À vrai dire, ces soldats français déserteurs venus au secours de Gia Long n'étaient que de jeunes hommes fuyant un travail rude, mal payé et cruellement traité, à bord des navires de la fin du XVIIIᵉ siècle ; ils couraient l'aventure pour gagner leur vie et, si possible, faire fortune ; ils n'avaient nulle ambition d'« entrer dans l'histoire ». Olivier de Puymanel et ses compagnons sont tous innocents, et il n'y a rien à leur reprocher.
Ce qui est à reprocher, c'est à ceux qui se sont servis d'eux pour donner ensuite à la politique coloniale une juste cause ; et cela est d'autant plus à reprocher que ces gens-là étaient des intellectuels considérés. Mieux que personne, le savant Cadière savait bien que les vérités, même ensevelies et scellées cent ans, mille ans, finissent par trouver quelqu'un pour les exhumer et les ouvrir. Ce que lui et M. Maybon ont fait date de près de cent ans déjà, mais pour les Vietnamiens c'est comme d'hier, et nous, d'une génération à l'autre, nous continuerons à fouiller pour mettre ces vérités au jour.
Appendice 1 : les articles sur Gia Long parus au Bulletin des Amis du Vieux Huế
Sur les sujets touchant Gia Long, le Bulletin des Amis du Vieux Huế rassemble plusieurs auteurs et plusieurs séries d'études :
Sogny : Les associés de gauche et de droite au culte du Thế Miếu, BAVH, 1914, II (p. 119-145).
Võ Tá Liêm : Capitale de Thuận Hoá, BAVH, 1916, III (p. 277-288).
Cadière : Les Français au service de Gia Long : I- La maison de Chaigneau, BAVH, 1917, II (p. 117-164).
Cosserat : Notes biographiques sur les Français au service de Gia Long, BAVH, 1917, III, p. 165-206.
Cadière : Les Français au service de Gia Long : II- Le tombeau de de Forçant, BAVH, 1918, II (p. 59-77).
Cosserat : Les Actes de décès de Chaigneau et de Vannier, BAVH, 1919, IV (p. 495-500).
Cadière : Les Français au service de Gia Long : III- Leurs noms, titres et appelation annamites, BAVH, 1920, I, p. 137-176.
Salles : Les Français au service de Gia Long : IV- Les tombes de J.B. Chaigneau et P. Vannier au cimetier de Lorient, BAVH, 1921, p. 47-57. Cosserat : V- Une fresque de Vannier (BAVH, 1921, p. 239-242).
Cadière : Notes sur le corps du génie annamite (BAVH, 1921, p. 283-288).
Cadière et Cosserat : Les Français au service de Gia Long : VI- La maison de JB. Chaigneau, Consul de France à Huế (BAVH, 1922, I, p. 1-31). Cadière : VII- Les Diplômes et ordres de service de Vannier et de Chaigneau, BAVH, 1922, II, p. 139-180. Salles : VIII- Les diplômes et ordres de service de Vannier et de Chaigneau ; description des documents, BAVH, 1922, III, p. 245-254.
André Salles : Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille, BAVH, 1923, I, tout le volume.
Chaigneau : Notices sur la Cochinchine, BAVH, 1923, II, p. 257-283, recueillies et annotées par Salles, imprimées sous le titre : Le mémoire sur la Cochinchine de Jean-Baptiste Chaigneau, BAVH, 1923, II, p. 253-283.
Lt-Colonel Ardant du Pisq : Les fortifications de la citadelle de Huế, BAVH, 1924, III (p. 221-247).
L. Gaide, Note historique sur Poulo-Condor, BAVH, 1925, II, p. 86-104.
Cadière : Les Français au service de Gia Long : IX- Despiau commercant, BAVH, 1925, III, p. 183-185. Cosserat : X- L'acte de baptême du Colonel Olivier, BAVH, 1925, III, p. 188.
Cadière : Les Français au service de Gia Long : Nguyễn Ánh et la Mission, documents inédits — lettres en nôm de Nguyễn Ánh à la Société des Missions étrangères, BAVH, 1926, I, p. 1-49.
Sogny : Les Plaquettes des dignitaires et des mandarins à la Cour d'Annam, BAVH, 1926, III, p. 233-254.
Cadière : Les grandes figures de l'Empire d'Annam Nguyễn Suyền — documents de Bréda, commentés et annotés par Cadière, BAVH, 1926, III, p. 255-280.
Cadière : Les Français au service de Gia Long : Leur correspondance : 31 lettres de militaires français. BAVH, 1926, IV, tout le volume.
La citadelle de Huế, BAVH, 1933, I, tout le volume.
J.H. Peyssonnaux, Vie, Voyages et Travaux de Pierre Médard Diard, BAVH, 1935, I, tout le volume.
Documents Salles : Philippe Vannier, BAVH, 1935, II, p. 121-191.
Documents Salles : Laurent Barisy, présentés par Cosserat, BAVH, 1939, III, p. 173-236.
Appendice 2 : le discours de Cadière
NOTES SUR LE CORPS DU GÉNIE ANNAMITE26
Note du traducteur. La source imprime ici, en appendice, le texte français original du discours prononcé devant le maréchal Joffre, dont elle donne au corps du chapitre la traduction vietnamienne. La version française ayant rendu ce texte au corps, mot pour mot et avec ses notes, l'appendice n'aurait fait que le réimprimer : on le lira ci-dessus. C'est la sixième Note du traducteur du livre, après celles des chapitres 1, 8, 11, 12 et 14.
© Copyright Thuy Khue 2015
Cadière, Les Français au service de Gia Long : III- Leurs noms, titres et appelation annamites, BAVH, 1920, I, p. 138. ↩︎
Cadière, article cité, p. 142-143. ↩︎
Histoire moderne du pays d'Annam, p. 279. ↩︎
Relation sur le Tonkin et la Cochinchine, de M. de la Bissachère. Introduction de Renouard de Sainte-Croix publiée par M. J. B. Maybon, p. 91. ↩︎
Extrait des Annales maritimes et Coloniales, 1823, tome 2, p. 578. ↩︎
Nouvelles lettres édifiantes, tome VIII, p. 187. ↩︎
La relation sur le Tonkin et la Cochinchine, p. 82. ↩︎
Đại Nam thật lục đệ nhứt kỷ, livre IV, folio 31. ↩︎
D'après Schreiner : Abrégé de l'histoire d'Annam, p. 104, note 1. ↩︎
Documents relatifs à l'époque de Gia-Long, par L. Cadière, p. 31-34. ↩︎
Relation de M. de la Bissachère, p. 83. ↩︎
Voyage de Bengal à Siam et à la Cochinchine, dans Bibliothèque universelle des voyages, 1835, p. 337. ↩︎
Hội điển, livre 209. ↩︎
Hội điển, livre 209. ↩︎
Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 279. ↩︎
Sainte-Croix, Introduction, Bissachère, p. 82-83. ↩︎
Sainte-Croix, Introduction, Relation de Bissachère, p. 91. ↩︎
Le Labousse, lettre du 1ᵉʳ mai 1800, Nouvelles lettres édifiantes, tome VIII, p. 187. ↩︎
Le Labousse, lettre du 14 avril 1800, Taboulet, I, p. 268. ↩︎
Launay, III, p. 309-310. ↩︎
Launay, III, p. 480. ↩︎
Sử ký Đại Nam Việt, p. 57-58. ↩︎
Thực lục, I, p. 552. ↩︎
Võ Liêm, La Capitale de Thuận Hoá (Huế), BAVH, 1916, III, p. 279-280. ↩︎
H. Cosserat, La citadelle de Huế, cartographie, BAVH, 1933, I et II, p. 3-4. ↩︎
Explications données à Monsieur le Maréchal Joffre, lors de sa réception aux Amis du Vieux Hué, le 3 janvier 1922. — Nous publions ces notes uniquement pour prendre date, et annoncer une étude plus approfondie et plus documentée. ↩︎
Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long
Học giả Cadière và tập san Đô Thành Hiếu Cổ
Linh mục Léopold Cadière, chủ bút tập san Đô Thành Hiếu Cổ Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH), là một trong những học giả Pháp nổi bật nhất trong giới nghiên cứu lịch sử và văn hoá Việt đầu thế kỷ XX tại Hà Nội. Những công trình nghiên cứu của ông như: Le mur de Đồng Hới (Luỹ Đồng Hới) in trong tập san Trường Viễn Đông Bác Cổ Bulletin de l'École Française d'Extrême Orient (BEFEO), số 6, 1906, (t. 87-254), hoặc Le quartier des Arènes - Jean de la Croix et les premiers Jésuites (Khu Thợ Đúc - Jean de la Croix và những linh mục dòng Tên đầu tiên), BAVH, 1924, IV, (t. 307-332), đã góp phần xây dựng nên tên tuổi và uy tín của ông và sự kính trọng của người Việt đối với tập san Đô Thành Hiếu Cổ, qua những bài nghiên cứu về Huế và những gì liên quan đến cố đô, trong quá trình văn hoá và lịch sử.
Về đề tài những người Pháp đến giúp Gia Long, Cadière bắt đầu bằng tập tài liệu Les documents relatifs à l'époque de Gia Long (Tài liệu liên quan đến thời Gia Long) in trên BEFEO, số 12, 1912. Đây là tập tài liệu gốc, có giá trị, gồm một số thư từ của các thừa sai và lính Pháp viết trong thời kỳ này, do ông sưu tập.
Từ 1917 đến 1926, học giả Cadière bắt đầu cho đăng trên tập san Đô Thành Hiếu Cổ (BAVH) loạt bài Les français au service de Gia Long (Những người Pháp giúp Gia Long) chủ yếu do ông viết, thêm vài bài của Henri Cosserat và André Salles.
Cùng năm 1917, Henri Cosserat, đại diện thương mại, viết bài: Notes biographiques sur les français au service de Gia Long (Ghi chú về tiểu sử những người Pháp giúp Gia Long), BAVH, 1917, III, t. 165-206, cũng là một bài nghiên cứu nghiêm túc, tuy còn nhiều thiếu sót. Cosserat gạt bỏ những điểm bịa đặt hoặc tôn sùng thái quá của Faure, chỉ giữ lại những điều có thể tin được.
André Salles, thanh tra thuộc địa về hưu, cho in trên BAVH, 1923, I, một hồ sơ đầy đủ về Jean-Baptiste Chaigneau và gia đình do chính ông sưu tầm qua con cháu Chaigenau. André Salles là người đã theo dõi hoạt động của Phan Văn Trường tại Pháp và tìm cách triệt hạ nhóm "Người An Nam Yêu Nước" mà chúng tôi đã có dịp nói đến khá nhiều trong cuốn Nhân Văn Giai Phẩm và vấn đề Nguyễn Ái Quốc. Ngoài ra Salles còn sưu tầm về Philippe Vannier (BAVH, 1935, II) và Laurent Barisy (BAVH, 1939, III), được Cosserat giới thiệu và cho in, sau khi ông mất.
Năm 1926, Cadière đưa ra hai tập tài liệu gốc nữa, trong loạt bài Les français au service de Gia Long:
Nguyễn Ánh et la Mission (Nguyễn Ánh và Hội Thừa Sai), BAVH, 1926, I, tập hợp thư từ Nguyễn Ánh viết từ 1783 đến 1789 gửi Hội Thừa Sai, hỏi tin tức con, trong suốt thời gian Hoàng tử Cảnh sang Pháp, vì ông không nhận được tin tức gì.
Leur correspondance (Thư từ), gồm 31 lá thư của những quân nhân Pháp, in trong BAVH, 1926, IV, cả cuốn. Chính những lá thư này đã giúp chúng ta xác định trình độ học vấn của những người lính Pháp, được tôn lên làm kỹ sư, kiến trúc sư.
Ngoài ra còn phải kể đến những bài nghiên cứu giá trị của các tác giả khác, liên quan đến triều đại Gia Long, như bài của Sogny, chánh mật thám (Chef de la Sureté de l'Annam) tựa đề: Les associés de gauche et de droite au culte du Thế Miếu (Bài vị tả hữu ở Thế miếu) (BAVH, 1914, II), dịch bài vị các đại tướng và đại thần, thờ trong Thế Miếu. Bài của Võ Tá Liêm, trước là Tá Lý sau là Thượng Thư Bộ Binh, tựa đề Capitale de Thuận Hoá (Kinh đô Thuận Hoá) (BAVH, 1916, III), viết về lịch sử xây dựng kinh đô Huế mà Gia Long là tác giả. Bài của Colonel Ardant du Pisq: Les fortifications de la citadelle de Huế (Kinh thành Huế) (BAVH, 1924, III) xác định lại một lần nữa Thành Huế do vua Gia Long thực hiện. Và cả cuốn BAVH, 1933, I, dành cho đề tài La citadele de Huế (Thành Huế), do Cosserat chủ biên và viết bài giới thiệu, lại xác định lại một lần nữa: chính vua Gia Long chủ trì việc xây thành Huế.
Qua những loạt bài nghiên cứu này, ta có thể rút ra hai nhận xét sau đây:
1- Tập san Đô Thành Hiếu Cổ, do Cadière chủ trương, đã có một cố gắng lớn, tìm lại dấu vết của những lính Pháp đã đến Việt Nam cuối thế kỷ XVIII. Bên cạnh vị học giả, còn có André Salles, thanh tra thuộc địa, sau khi về hưu, tìm đến hậu duệ của Chaigneau, Vannier và Barisy ở Pháp, để có những giấy tờ liên quan đến tổ tiên và con cháu của họ. Salles, dù có những suy diễn một chiều, vẫn cung cấp được những chứng từ đáng tin cậy, không phải là thứ "tài liệu dựng đứng" như Bissachère, Ste-Croix hay những xác quyết vô căn cứ như Faure...
2- Đi đôi với loạt bài của Cadière và Salles, còn có những bài nghiên cứu đứng đắn khác đi ngược với chủ trương bóp méo lịch sử, thí dụ, về kinh thành Huế, ngoài bài của Võ Tá Liêm, còn có các bài của Ardant du Pisq, Cosserat. .. bác bỏ luận điệu cho rằng người Pháp có bất cứ một công trạng gì, trong việc xây thành Huế.
Chúng tôi ghi lại tên tất cả những bài viết về vấn đề Gia Long trên tập san Đô Thành Hiếu Cổ trong phần Phụ Lục 1, ở cuối chương này.
Học giả Cadière
Học giả Léopold Cadière tập trung vào lối viết của một nhà nghiên cứu để tìm lại dấu vết những người Pháp trên đất Huế, trong loạt bài Les français au service de Gia Long. Bài đầu tiên ông xác định vị trí dinh cơ của Chaigneau; bài thứ hai tìm lại ngôi mộ của de Forçant, bài thứ ba, ông sưu tầm, dịch và chú giải những chỉ dụ sai phái, văn bằng, vua ban cho họ, với một chủ đích sâu xa: nâng họ lên địa vị quý tộc, hiểu theo nghiã Tây phương, xứng đáng với vai trò "khai quốc" đối với nhà Nguyễn. Cadière muốn "chứng minh" rằng chính vua Gia Long đã nhận thấy công lao rất lớn của họ, đã trọng thưởng và đưa họ lên địa vị cao cấp trong hàng ngũ quý tộc.
Trong số những người này, Chaigneau, được con cháu còn giữ nhiều tư liệu nhất và André Salles, cựu thanh tra thuộc địa, đã xuống Lorient, nơi Chaigneau và Vannier cư ngụ khi trở về Pháp, tìm lại được. Ngoài ra Michel Đức, con trai Chaigneau, cũng viết cuốn Souvenirs de Huế, (Paris, 1867), 47 năm sau khi về Pháp, với ý định làm đẹp quá khứ, vinh thăng cha. Nhờ những tư liệu phụ trợ như vậy và chính bản thân vị học giả cũng sao lục được nhiều thư từ của quân nhân Pháp và các giáo sĩ liên quan đến thời đại này, cho nên cách đóng góp của ông, ở khiá cạnh tập hợp tư liệu, rất đáng quý. Cadière đã tìm lại vị trí dinh cơ của Chaigneau ở Huế với độ chính xác đáng trân trọng.
Trở lại với bài thứ ba trong loạt bài Les français au service de Gia Long, Cadière dịch và chú giải chức vụ, của những người Pháp này, người đầu tiên là Bá Đa Lộc. Điểm lý thú là vị học giả chỉ ra nguồn gốc tên vị giám mục ghi trong Thực Lục là Bách-Đa-Lộc (có thể đọc là Bá) và ông giải thích như sau:
"Chúng ta thấy ở đây tên của Giám mục Adran viết sang chữ Hán. Ba chữ được dùng, bằng từ Hán Việt là Bách-Đa-Lộc, đọc sang tiếng Tầu là Pe-to-lou, những chữ này được người Tầu dùng để phiên âm chữ Pierre, dưới dạng La tinh là Pétrus, đọc là Petrous, hoặc dưới dạng Bồ Đào Nha là Pedro (...) Vậy đức Giám mục Adran được người Việt gọi dưới tên rửa tội, là Pierre. Trong nhà dòng ngoài Bắc, tên Pierre được gọi là Phê-rô, trong Nam gọi là Vê-rô (...) Nhưng Vê-rô là tiếng bình dân, không đủ sang trọng, không thể viết trong văn bản chính thức, thường dùng chữ Hán, cho nên người ta dùng từ Bách-Đa-Lộc"1.
Và trong phần giải thích và dịch những tên gọi đức giám mục, học giả Cadière cũng là người giải thích rõ nhất:
"Chữ Grand Maître mà người ta dùng để gọi đức giám mục, tiếng Việt là Thầy Cả, "Maître Grand". Ngày nay [đầu thế kỷ XX] chữ này dùng để gọi những thầy tu; nhưng có lẽ Gia Long và triều đình dùng để gọi đức giám mục, khi nói chuyện với ông, vua gọi ông là "Maître", chắc tiếng Việt là: Thầy"2.
Về những người lính Pháp, Cadière cũng dịch các chức vụ của họ sang tiếng Pháp, nhưng có một số vấn đề, chúng tôi xin tóm lược như sau:
Những người Pháp này đều là lính, binh nhì, binh nhất đào ngũ, nhưng khi đầu quân cho Gia Long, họ khai man hay vì một lý do nào khác, được nhận văn bằng Cai đội (quan võ hàng thất phẩm) ngày 29/6/1790, tức là được cai quản khoảng 40-50 người lính; đó là trường hợp của Vannier, Dayot, Barisy, Isle-Sellé, Lebrun, Despiaux, Guillon, Guilloux, mà Louvet đã tìm thấy văn bằng.
Riêng Olivier de Puymanel, đầu quân trước và có lập công trong ngành pháo binh, nên tháng 7-8/1792 được thăng từ Cai đội lên Vệ Uý (tòng tam phẩm, tức là được coi như hàng tam phẩm) ban trực tuyển phong hậu vệ Thần sách. Tháng 6/1795 Puymanel đi Macao rồi lại trở về, làm một số nhiệm vụ khác cho vua, và mất năm 1799, ở Malacca. Vannier, Chaigneau và de Forçanz, đến tháng 7/1801, mới được lên Cai cơ (tứ phẩm) và tháng 6/1802, được thăng Chưởng cơ (tòng nhị phẩm). Đó là ba người ở lại trong quân đội và có chức cao nhất. De Forçanz mất năm 1811, còn Chaigneau và Vannier đều lấy vợ Việt, có nhiều con và ở lại, được hưởng phú quý, nhưng không cho cầm quân và cũng không cho thuyền hiệu để cai quản. Đó là những người làm việc lâu nhất cho Gia Long.
Khi Cadière, dịch tước vị của các quân nhân này sang tiếng Pháp, thì có vấn đề: Thí dụ: Văn bằng Cai đội của họ, một số được Louvet sưu tầm và in trong cuốn La Cochinchine Religieuse, Pièces justificatives (Chứng từ), t. 532- 565, cùng với một số tư liệu khác, từ năm 1885. Những bản in trong sách của Louvet, dịch sang tiếng Pháp, nhưng vẫn để nguyên chức vụ tiếng Việt, ví dụ văn bằng của Dayot ghi: Khâm sai Cai đội quản chiến tầu nhị chích trí lược hầu; của Vannier ghi: Cai đội chấn thanh hầu, vv...
Như trên đã nói, vì khai man là sĩ quan trong quân đội Pháp, nên họ được vua cho chức tương đương Cai đội là ngạch chót trong ngành quan võ, tức là hàng thất phẩm (về sau có thêm bát phẩm, cửu phẩm). Nếu tìm một từ tương đương trong tiếng Pháp để dịch văn bằng của họ sang tiếng Pháp, thì có lẽ nên dùng chữ Chevalier. Nhưng Cadière lại dịch là Marquis (ông trực dịch chữ hầu, trong Trí lược hầu, Chấn thanh hầu...). Trí Lược Hầu được ông dịch là Marquis de Trí Lược hay Marquis au Jugement rempli de Prudence.
Dịch như vậy là có vấn đề, vì ý nghiã các tước này của Pháp và Việt hoàn toàn khác nhau. Phía Pháp, quý tộc được xếp theo thứ tự: duc, marquis, comte, vicomte, baron, chevalier; ta dịch thành: công, hầu, bá, tử, nam, hiệp sĩ. Nhưng trong xã hội Việt không có giai cấp quý tộc cha truyền con nối theo kiểu Tây phương như thế. Các quan cai trị được tuyển chọn qua các khoa thi. Còn dòng dõi nhà vua, ngoài số tiền trợ cấp và vài bộ quần áo vua ban, không có quyền hành gì cả, thường sống thanh bạch, đôi khi còn bị cấm giao du mật thiết với các quan, để tránh ảnh hưởng tai hại. Đó là sự khác biệt sau xa giữa hai xã hội Âu và Á, thời phong kiến. Hậu quả ở Pháp là cuộc cách mạng 1789, vì giới quý tộc ăn chơi xa hoa phù phiếm trong khi dân đói không có bánh mì ăn, nên mới nổi loạn. Ở nước ta không thể có sự nổi loạn như thế, vì triều đình không xa xỉ, so sánh sự thanh bạch của cung điện Huế với cung điện Versailles thì thấy ngay, các quan thường thanh liêm, sống theo đạo nho, đôi khi cả đời làm quan đại thần mà không có một cái nhà tử tế, như trường hợp Trịnh Hoài Đức, Nguyễn Tri Phương, Phan Thanh Giản, Hoàng Diệu, vv...
Phiá Việt cũng có tước công, hầu, nhưng không dùng trong nghiã quý tộc như ở Pháp, chỉ dành cho quan võ. Còn trật tự quan lại Việt xếp theo phẩm: nhất, nhị, tam, tứ... cửu phẩm.
Do đó, khi Cadière dịch tước vị của những Cai đội này thành Marquis, thì ông đã gây hiểu lầm sâu sắc: Người Pháp hiểu Marquis (Hầu tước) là hàng quý tộc cao quý hạng nhì sau Duc (Công tước), nếu so sánh với ta là hàng nhị phẩm trong triều về quan võ, tức là chưởng dinh, thống chế...
Vậy tốt hơn hết, cứ để nguyên Trí lược hầu như Louvet, và viết chú thích nếu cần, còn nếu muốn dịch sang tiếng Pháp, nên tìm một nấc tương đương: Cai đội thuộc hàng thất phẩm, vậy nên dịch là Chevalier, cũng là hạng cuối trong nấc thang quý tộc.
Chúng tôi không nghĩ học giả Cadière cố ý khi dịch như vậy, và ông dịch như vậy cũng không phải là sai. Tuy nhiên sau đó, ông và nhiều người khác đã lạm dụng tước Marquis này, trong suốt loạt bài Les français au service de Gia Long, và trong những bài khác, những văn bằng, những chỉ dụ, sai phái, bất cứ nơi nào có ghi chút chức tước, đều được dịch đi dịch lại, in đi, in lại, viết đi, viết lại, một cách kiêu hãnh và thích thú, quá mức bình thường, trải dài trên nhiều số tập san Đô Thành Hiếu Cổ; đại để như thay vì viết Võ Tánh, chúng ta cứ ngâm nga dài dài: Khâm sai chưởng Hậu quân, Bình Tây tham thặng đại tướng quân, Dực vận công thần, đặc tiến phụ quốc thượng tướng quân, thượng trụ quốc, thái uý, quốc công, tên thụy là Trung Liệt, vậy.
Tóm lại công việc của học giả Cadière, là xây dựng một nền móng cao quý, sang trọng cho Bá Đa Lộc và những người Pháp này, qua tước vị, dinh cơ, di cảo, hình ảnh, trang phục, văn bằng, bài vị, vv... nhất là Chaigneau, Vannier, hai người đã sống ở Huế lâu nhất trong suốt thời kỳ Gia Long trị vì, sang những năm đầu Minh Mạng. Công việc của Cadière và Salles, có tính cách nghiên cứu hơn là tuyên truyền như Maybon, đi vào chiều sâu hơn, nên có tác động kín đáo sâu sắc hơn. Đó là bộ mặt thứ nhất của học giả Cadière.
Cadière đọc diễn văn trước Thống Chế Joffre
Linh mục Cadière còn một bộ mặt thứ nhì, lộ rõ trong một bài viết ngắn, cô đọng, trình bầy rõ ràng và đầy đủ quan điểm của ông; đó là bài diễn văn chào đón thống chế Joffre, được in dưới cái tên rất khiêm nhường là "Notes sur le corps du génie annamite" (Ghi chú về công binh Việt Nam), trong tập san Đô Thành Hiếu Cổ (BAVH, 1921, t. 283-288). Nếu ta không để ý thì có thể bỏ qua dễ dàng vì cái tựa "Notes sur le corps du génie annamite" không ồn ào này. Tuy nhiên, đây là bài tuyên ngôn vô cùng quan trọng, nó phản ảnh lập trường của học giả Cadière và qua đó là lập trường của tập san Đô Thành Hiếu Cổ, về mục đích mà tập san này quy định.
Bài diễn văn này đọc trước Thống Chế Joffre, nhân dịp ông sang Đông Dương và lại thăm hội Đô Thành Hiếu Cổ ngày 3/1/1922.
Joseph Joffre (1852-1931), xuất thân trường Polytechnique, sĩ quan công binh, chuyên về chiến lũy, được gửi đến Bắc Kỳ năm 1885*.* Lập chiến công đầu tiên năm 1887, khi còn là đại úy công binh, dưới quyền đại tá Brissard, trong cuộc tấn công chiến lũy Ba Đình của Đinh Công Tráng (1842-1887). Ba Đình (Thanh Hoá) là một trong những căn cứ quan trọng nhất của quân Cần Vương, có luỹ tre kiên cố và hào cắm chông bao bọc. Thành đất, rộng 400m, dài 1200m, cao 3m, chân rộng từ 8 đến 10m. Mặt thành đặt các rọ tre chứa đất nhào rơm, để các khe hở làm lỗ châu mai đặt súng chiến đấu. Trong thành có hệ thống hào để vận chuyển lương thực và khí giới. Hoàn toàn làm theo mẫu đồn luỹ của ta, khác hẳn đồn lũy Tây phương.
Năm 1914, Joffre thắng trận La Marne, cứu Paris, trở thành anh hùng của Pháp trong đại chiến thứ nhất. Ông khởi hành cuộc viễn du thế giới, từ Pháp tháng 11/1921, đi Hoa Kỳ trước, đến Việt Nam ngày 1/1/1922, trước khi đến Hà Nội, có ghé thăm Ba Đình là nơi ông đã lập chiến công.
Bài diễn văn đăng trên tập san Đô Thành Hiếu Cổ (1921, t. 283-288) và Thống Chế Joffre lại thăm Hội Đô Thành Hiếu Cổ ngày 3/1/1922; vậy có lẽ bài này đã được đăng trước khi đọc, trừ khi tập san BAVH số 1921, ra vào năm 1922.
Lịch trình loạt bài nghiên cứu về những người Pháp -bắt đầu trên tập san BAVH năm 1917, với bài của Cadière và chấm dứt năm 1939, với di cảo của Salles- kéo dài 22 năm. Năm 1921, là năm Cadière đưa ra những nét lớn của hoạt động này và bài diễn văn của ông đọc trước Thống Chế Joffre có thể coi là bài "tổng quan", xác định những nét chính và giới thiệu những đề tài, những mục đích của một công trình nghiên cứu dài hơi do nhiều người đóng góp.
Bài diễn văn có mục đích xác định công trạng những người Pháp giúp Nguyễn Ánh khôi phục lại nhà Nguyễn, đặc biệt trong địa hạt công binh, đồn luỹ mà Thống chế là một ngôi sao sáng. Cadière vinh thăng Puymenel, như một anh hùng công binh, ngầm ý so sánh Puymanel với Thống chế Joffre. Vì sự quan trọng đó mà chúng tôi dịch toàn bài và cho in nguyên văn tiếng Pháp trong phần phụ lục 2, ở cuối chương này.
Bài diễn văn của học giả Cadière
Kính thưa Thống Chế,
Khi được thành lập tháng 11/1913, Hội của chúng tôi đã đặt mục tiêu nghiên cứu quá khứ Kinh đô nước Nam, và tìm hiểu tất cả kỷ niệm của người Âu cũng như người bản xứ về Huế.
Trong số kỷ niệm này, những gì đáng quý nhất đối với người Pháp chúng ta, là những kỷ niệm nhắc nhở tới những vị sĩ quan Pháp đã đến đây vào cuối thế kỷ XVIII, đầu thế kỷ XIX, cứu nguy Gia Long và đã giúp ông hoàng này lấy lại được vương quốc*.*
Hôm nay chúng tôi góp nhặt được một số tài liệu, chứng tỏ ảnh hưởng của những người Pháp, những bậc tiền bối của chúng ta, ở triều đình An Nam. Ảnh hưởng này là điều không thể chối cãi được. Một trong những người bạn đồng song của chúng tôi, ông Maybon, đã tóm tắt ảnh hưởng ấy qua những hàng sau đây:
"Không thể chối cãi được rằng họ đã góp phần rộng lớn vào chiến thắng của Gia Long. Chưa nói đến sự đóng góp của họ vào những chiến công quan trọng, như việc tiêu diệt hạm đội Tây Sơn năm 1792*, và những cuộc hành quân khác dẫn đến chiến thắng Huế, năm 1801, mà ta không thể không khâm phục óc tổ chức của họ trong những điều kiện không mấy thuận lợi: họ đã* xây dựng một ngành hải quân theo lối Tây phương, thành lập các thủy thủ đoàn; huấn luyện quân lính*,* đưa kỷ luật vào quân đội, thành lập cấp chỉ huy; đúc đại bác, dạy cho người Việt cách dùng trái phá, lập đội pháo binh dã chiến mà sự lưu động khiến quân Tây Sơn khiếp sợ; họ đã xây dựng các thành đài*"* (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 279).
Thưa Thống Chế, tóm lại, họ đã làm cho nước Nam những điều mà thống chế đã làm cho nước Pháp chúng ta, trong những năm dài đầu chiến tranh, ở đây, cũng như ở Pháp, chiến thắng đã đến để đền công cho bao cố gắng nhọc nhằn.
Ảnh hưởng này được thể hiện trên nhiều phương diện. Cá nhân, trực tiếp hoặc gián tiếp. Ở đây tôi chỉ xin ghi lại khía cạnh đặc biệt mà vị tướng lãnh công binh như ngài lưu tâm, tôi muốn nói đến sự bảo vệ các đồn luỹ.
Trước hết, chúng ta thử xem những người đã tạo ra cái ảnh hưởng này. May mắn nhờ sự khám phá của một trong những cộng sự viên nhiệt thành nhất và có kiến thức nhất của chúng tôi, ông A. Salles, cựu thanh tra thuộc địa, đã cho phép tôi được trình ngài đọc trước, chân dung của ba người vinh hiển nhất đã giúp Gia Long: J.B. Chaigneau, Ph. Vannier, và Jean-Marie Dayot. Những chân dung này, mới được ông Salles tìm thấy trong gia đình của các vị sĩ quan này, sẽ được tạp chí Đô Thành Hiếu Cổ cho in cùng với nhiều tư liệu khác về gia đình của những người Pháp đến giúp Gia Long.
Như tôi đã nói, ảnh hưởng của những người Pháp trên triều đình An Nam là cá nhân và trực tiếp.
Trước hết là sự huấn luyện kỹ thuật, và điều lạ lùng là do một vị giám mục- đúng là ông đã làm bá chủ giai đoạn này*, bằng hành động, bằng thiên tài, bằng đạo đức cũng như bằng lòng yêu nước* [Pháp] *ngời sáng của ông- đức giám mục Bá Đa Lộc đã giữ vai trò khởi thuỷ. Một tác giả đương thời nói: "*Ông dịch cho học trò ông -tức là Gia Long- nhiều tác phẩm tiếng Pháp sang tiếng Nam (Cochinchinois) chủ yếu là những sách chiến lược và sách xây thành luỹ. Ông dịch [hay] đến nỗi người có học và có khả năng nhất của nước này là nhà vua cũng phải chịu" (Relation de Bissachère, Introduction của Ste-Croix, do Maybon in, trang 91). Chính Dayot đã bảo cho Renouard de Sainte-Croix biết những thông tin này. Khoảng hai mươi năm sau đó, năm 1819, Vannier và Chaigneau cũng cho một người du lịch Anh đến Huế biết rằng: " [Giám mục Adran] dịch sang tiếng nước này [chữ Nôm] những mục từ ích lợi nhất của Bách khoa toàn thư và soạn trong thổ âm này [chữ Nôm] nhiều bản hiệp ước cho Hoàng đế sử dụng". (Trích Annales maritimes et Coloniales, Biên niên hàng hải và thuộc địa, 1823, tome 2, page 578).
Công trạng của giám mục Bá Đa Lộc có lẽ giới hạn ở đó***: Ông cung cấp những sách nền móng cho sự nghiên cứu.*** Tất cả những lý giải kỹ thuật phải dành cho các chuyên viên: Chaigneau, Vannier, nói được tiếng Việt, nhưng nhất là Olivier.
Thưa Thống Chế, chúng tôi mong muốn được trình ngài bộ sưu tập những tác phẩm liên quan đến nghệ thuật xây dựng và bảo vệ thành trì đồn luỹ, do giám mục Bá Đa Lộc dịch sang chữ Nôm*. Có lẽ một ngày nào đó, ta sẽ tìm lại được trong văn khố Hoàng cung hay của các Bộ. Ngày hôm nay, chúng tôi chỉ có thể trình ngài một kiểu mẫu được giữ trong Nội-Các, đó là "Đồ thị quân sự [bao gồm] tất cả các bộ phận chính của một thành đồn, với tất cả các khẩu súng đại bác [để tấn công và phòng thủ] của một chiến lũy do J.E. Duhamel, kỹ sư của Vua, năm 1773, xây theo kỹ thuật xây dựng của Thống Chế Vauban". Bản đồ này ghi bằng chữ Hán, thỉnh thoảng có vài chữ Nôm, tên các bộ phận được vẽ. Thực hiếm, Thư viện quốc gia không có. Nó là một trong những cẩm nang dùng để đào tạo nên Gia Long; là một trong những cẩm nang mà một giáo sĩ thời đó, ông Le Labousse đã viết:"Gia Long có trong cung nhiều sách Pháp viết về việc xây dựng đồn lũy, vv... Ông lật từng trang để xem các đồ bản và tìm cách bắt chước" (Nouvelles lettres édifiantes* [Tân Huấn Thư] Tome VIII, trang 187). Chính nó, là một trong những cẩm nang đã dùng để thiết lập đội ngũ kỹ sư An Nam mà chúng tôi sẽ nói tới. Tất cả các thành luỹ ở Bắc kỳ và ở nước Nam đều xây dựng theo những hình vẽ và những bài bố trên đồ thị đồ này*.*
Thêm vào công việc giáo dục binh bị, còn có giáo dục xây dựng. Chính Olivier de Puymanel, là một trong những người đầu tiên đến Nam Hà, năm 1788, lúc đó chưa đầy 20 tuổi, nhưng đã "kết hợp nhiều giá trị với hoạt động thành một kiến thức hoàn hảo về việc xây chiến luỹ và thuật dụng binh", trên bình diện này Olivier giữ vị trí hàng đầu. "Ông được thăng chức cao nhất là Kỹ sư trưởng các Công binh xưởng" (Relation Bissachère, Introduction, trang 82). Chức vụ của ông tiếng Việt gọi là Vệ Uý, dịch là "Colonel", trong đội quân Thần Sách, tức pháo binh và công binh. Theo chính sử biên niên đời Gia Long, ông bắt đầu xây thành Gia Định tháng 3-4 năm 1790. Thành hình bát giác, tường bằng đá Biên Hoà, trổ tám cửa, cao 6 mét (Đại Nam Thực Lục đệ nhứt kỷ, quyển IV, trang 31). Có lẽ ông được Le Brun một người Pháp giúp. "Quả là có một bản đồ thành Sài Gòn do đại tá Olivier vẽ. Rút nhỏ bản đồ lớn do kỹ sư Le Brun vẽ theo lệnh Vua nước Nam". (Schreiner, Abrégé de l'Histoire d'Annam, page 104, note 1) Rủi thay chúng tôi không có bản đồ này trong thư viện.
Khoảng 1793, "Nhà vua mượn Ô. Olivier, sĩ quan Pháp, xây cho ông một thành phố theo kiểu Tây phương ở một trong những vùng mới chiếm được. Thành phố này vừa xây xong thì bốn mươi ngàn ngụy quân đã đột kích trèo lên nhưng vô hiệu". (Documents relatifs à l'époque de Gia Long, par L. Cadière, pp. 31-34). Vị giáo sĩ cho chúng ta thông tin này cũng bị vây hãm trong thành, cùng với giám mục Bá Đa Lộc tháp tùng Hoàng tử Cảnh, lúc đó thống lĩnh quan quân. Ông cho biết thành bị hãm trong 24 ngày vào khoảng cuối tháng tư 1794, và quân địch bắn hơn chín trăm sáu mươi quả pháo đại bác. Chín trăm sáu mươi phát đại bác trong 24 ngày! Thưa Thống chế, đó là cuộc chiến [của người] quân tử, tuyên chiến trước khi nhất tề xạ kích (guerre en dentelles), nếu so sánh với những trận mưa trái phá mà Thống Chế đã nhận được [trong đệ nhất thế chiến].
Tôi xin kể thêm một đoạn nữa của một tác giả đương thời nói về công trạng của viên sĩ quan công binh 20 tuổi này đối với triều Nguyễn: "Ô. Olivier củng cố đồn lũy bằng những chiến hào tốt có trang bị đại bác điều khiển theo lối Tây phương, cách đánh nhau rất mới này đã làm cho quân Tây Sơn sợ hãi, thua chạy, mỗi lần gặp quân nhà vua vì họ không thể nào chịu được hoả lực vượt trội do ông Olivier điều khiển, nên họ thường bị dụ vào những hào hố và bị chận lại, bởi dân tộc này không có ý niệm gì." (Relation de Bissachère, trang 83).
Những công trình của người đồng bào chúng ta [Olivier], có còn tồn tại không? Than ôi! Tôi sợ rằng tất cả đều đã biến mất.
Thành Sài Gòn, là cái chắc: Bác sĩ Finlayson trong phái đoàn Crawfurd của Anh đến Sài Gòn năm 1822 cho biết: "Thành đã được xây cách đây ít năm, theo lối Tây phương. Thành, có một bờ lũy xiên đúng kiểu, một cái hào đầy nước, một tường thành cao, chế ngự vùng lân cận. Thành hình vuông, mỗi cạnh dài khoảng nửa dặm. Nhưng xây chưa xong, người ta chưa đục lỗ để súng và cũng chưa đặt súng đại bác trên tường*. Đường* [hào] ngoằn ngèo quá ngắn, cửa chính toạ trên trục thẳng; các cửa đều đẹp và trang trí theo kiểu Tầu" (Voyage de Bengal à Siam et à la Cochinchine dans Bibliothèque universelle des voyages, [Chuyến đi từ Bengale tới Xiêm và Nam Hà, trong Tủ sách phổ thông du lịch], 1835, p.337).
Cái thành còn dang dở này, hình vuông, không phải là thành đài hình bát giác do Olivier xây. Hơn nữa, trong khi Lê Văn Khôi khởi loạn, ở cả miền Nam, năm 1833-34 Minh Mạng bắt buộc phải tấn công thành Sài Gòn. Ông ta đã phá nó? Dù sao chăng nữa thì Hội điển, quyển 209, xếp việc xây thành ở Sài Gòn vào năm 1836. Hay chỉ là một sự trùng tu. Tất cả đều đã bị phá sau khi Pháp chiếm.
Tôi không biết nếu ở Nha Trang có còn dấu tích thành do Olivier xây. Hội điển ghi năm 1814, Gia Long thứ 13, xây thành Khánh Hoà (Hội điển, quyển 209). Đó là một thành xây lại ở chỗ khác, hay là cũng ở nguyên chỗ thành cũ đã phá đi, tôi thiếu tài liệu về việc này.
Theo Hội điển (quyển 209) các thành trì rải rác hiện nay trên nước Nam, xây từ khi Gia Long lên ngôi, trải dài từ 1804 đến 1844, gồm có:
Thời Gia Long:
Thanh Hoá, thưa Thống Chế, là nơi ngài đã rạng danh, được xây năm 1804.
Huế, 1805.
Quảng Ngãi và Hải Dương, 1807.
Thái Nguyên và Vĩnh Long 1813.
Khánh Hoà, 1814.
Bình Định, 1817.
Dưới thời Minh Mạng:
Hưng Hoá, 1821.
Sơn Tây, 1822.
Quảng Bình và Ninh Bình, 1823.
Bắc Ninh và Cao Bằng, 1824.
Định Tường, 1824.
Quảng Yên, 1827.
Nghệ An, 1831.
Hưng Yên, 1832.
Nam Định, Hà Tĩnh và Quảng Nam, 1833.
An Giang (Châu Đốc), Hà Tiên và Lạng Sơn, 1834.
Hà Nội, 1835.
Gia Định (Sài Gòn), 1836.
Phú Yên, Bình Thuận và Quảng Trị, 1837.
Biên Hoà, 1838.
Sau cùng, dưới thời Thiệu Trị:
Tuyên Quang, 1844.
Tôi [Cadière] tin rằng chúng ta có thể xác quyết, mặc dù không có một tài liệu chính xác nào minh định, rằng những thành trì xây dựng dưới thời Gia Long, nhất là kinh thành Huế, đều làm dưới sự chỉ đạo tối cao của các sĩ quan Pháp lúc đó đang còn giúp Gia Long như Chaigneau, Vannier, và de Forsant. Nhưng họ đã được đội ngũ công binh người An Nam trợ lực, đội ngũ này do chính họ hoặc do Olivier đào tạo. Hiện nay chúng ta biết rất ít thông tin về đội ngũ này, nhưng chắc văn khố của Bộ Chiến Tranh hay Bộ Công Chánh còn giữ những tư liệu quan trọng, chính đội ngũ này đã xây tất cả các thành trì dưới thời Minh Mạng và Thiệu Trị*. Nếu ngày nào có một chuyên viên nghiên cứu về việc này thì thực là bổ ích, tại chỗ và trên các đồ thị, công trình của đội ngũ công binh An Nam này,* khảo sát xem học trò có theo đúng sự dạy bảo của các thầy Pháp, và nếu bỏ thì tại sao, vì dốt nát hay vì quên, hay là vì muốn chứng tỏ họ có sáng kiến, nên đã thay đổi tùy theo hoàn cảnh đất đai hay sự đòi hỏi của lúc đó.
Một kết luận thoát thai từ tất cả những điều tôi vừa nói, đó là tất cả những thành trì trên nước Nam này, nói rõ ràng chính xác, là tác phẩm của người Pháp, đã trực tiếp thực hiện hoặc gián tiếp bằng cách đào luyện đội ngũ kỹ sư An Nam.
Thưa Thống Chế,
Ngài đến Bắc kỳ và Trung Kỳ, nhân danh một sĩ quan Công binh, ngài đã từng xây dựng những chiến luỹ, đã can đảm và vinh quang chiến đấu. Tôi hy vọng rằng sự làm sống lại, trong giây phút ngắn ngủi, những người đi trước ngài, những người đã chiến đấu, đã xây dựng, đã đào tạo học trò, sẽ làm ngài toại nguyện."
L. Cadière
Chủ bút BAVH
Thực là kinh hoàng khi ta đọc bài diễn văn trên đây. Khó có thể hiểu tại sao một người có kiến thức sâu rộng, có đạo đức nghề nghiệp của một học giả như linh mục chủ bút tập san Đô Thành Hiếu Cổ lại có thể viết một bài như thế. Chưa cần xét đến đầu óc thực dân, cao ngạo, khinh mạn người Việt, bao trùm lên toàn bài, hãy nói đến những lỗi khổng lồ mà một công trình khoa học không thể có, mà chúng tôi xin lần lượt phân tích từng điểm một, sau đây.
Cadière "xác định" công trạng lớn lao của người Pháp
Mở đầu là một xác quyết vô bằng chứng: những vị sĩ quan Pháp đã đến đây vào cuối thế kỷ XVIII, đầu thế kỷ XIX, cứu nguy Gia Long và đã giúp ông hoàng này lấy lại được vương quốc*.* Rồi tới ngay đoạn văn "nổi tiếng" của Maybon, được khắp nơi trích dẫn: "Không thể chối cãi được rằng họ đã góp phần rộng lớn vào chiến thắng của Gia Long (...) Họ đã xây dựng một ngành hải quân theo lối Tây phương, thành lập các thủy thủ đoàn; huấn luyện quân lính, đưa kỷ luật vào quân đội, thành lập cấp chỉ huy; đúc đại bác, dạy cho người Việt cách dùng trái phá, lập đội pháo binh dã chiến mà sự lưu động khiến quân Tây Sơn khiếp sợ; họ đã xây dựng các thành đài"3.
Lời Maybon, như chúng tôi đã trình bày, chỉ là những xác định vô bằng, rút ra từ những "thông tin" của Ste-Croix, qua lời kể của Dayot. Mà Dayot là một kẻ phạm tội thâm lạm ngân quỹ và làm đắm tầu, bị kết án, phải trốn đi, tự vinh thăng mình và Puymanel, và bôi nhọ Nguyễn Ánh, để chạy tội. Chúng tôi chỉ cần trích lại những lời của Ste-Croix trong bài Introduction, sẽ thấy hai vị học giả Maybon và Cadière đã "đạo văn" của Ste- Croix tới mức nào:
"... Olivier, người Pháp, về giúp, trở thành kỹ sư trưởng*.(...) Những* chiến thắng của vua Nam Hà một phần là nhờ ông*, ông đã* vẽ bản đồ các thành quách, đã sáng tạo nhiều công binh xưởng*. Ông được thăng tước vị hạng nhất,* là Kỹ sư chỉ huy trưởng đứng đầu các công binh xưởng và Tư lệnh một quân đoàn gồm 3000 cấm vệ của vua do ông thành lập và huấn luyện theo kiểu Tây phương*.(...) Hoạt động của những người Pháp giúp vua Nam Hà đi đôi với những* đại bác và súng ống mà nước Pháp cho*, đã góp phần không nhỏ vào việc nhà vua dần dần làm chủ lại xứ sở trong một thời hạn khá ngắn.* Ô. Olivier làm kiên cố đồn lũy bằng những chiến hào trang bị súng đại bác điều khiển theo lối Tây phương, và lối đánh nhau này rất mới lạ ở Nam Hà, làm cho quân Tây Sơn khiếp đảm thua chạy mỗi lần gặp quân nhà vua, chúng không thể chống lại hoả lực mạnh mẽ do Ô. Olivier điều khiển và thường bị kéo vào những hào hố mà dân tộc này không có ý niệm gì"4.
Maybon và Cadière lạm dụng lời Ste-Croix dưới nhiều hình thức khác nhau, hoặc xé lẻ từng câu để dùng riêng, hoặc quy tụ thành ý chủ lực cho bài viết, như trường hợp bài diễn văn này.
Sau khi đã trích dẫn nhận định của Maybon như một ý thức chủ đạo, Cadière khoanh tròn điạ hạt mà bài diễn văn đánh vào: đó là "ảnh hưởng" của những người Pháp trên triều đình Gia Long và qua đó là dân tộc Việt Nam. Ảnh hưởng đó như thế nào? Ông viết: "Ảnh hưởng này được thể hiện trên nhiều phương diện. Cá nhân, trực tiếp hoặc gián tiếp. Ở đây tôi chỉ xin ghi lại khía cạnh đặc biệt mà một vị tướng lãnh công binh như ngài lưu tâm, tôi muốn nói đến sự bảo vệ các đồn luỹ."
Ông vừa khoanh tròn địa hạt thêm một lần nữa, chỉ nói đến việc bảo vệ đồn luỹ mà thôi, vì đó là địa hạt và cũng là chiến công của Thống Chế Joffre. Ngôi sao mà Cadière muốn trình diện với Thống Chế hôm nay, khi ngài tới đất Huế này, là một anh hùng, một vị tiền bối của Thống Chế, đó là Olivier de Puymanel!
Và cũng là cơ hội hy hữu để học giả vinh danh một vị anh hùng bằng một vị anh hùng khác. Nhưng trước khi nêu rõ công trạng của Puymanel, ông phải nói đến vị lãnh đạo tối cao của những chương trình và ảnh hưởng này.
Cadière "chứng minh" Bá Đa Lộc "dịch sách" cho Gia Long
Vinh danh Puymanel, thì không thể không vinh danh người "sáng lập" ra sự nghiệp đồ sộ này: tức Đức Giám Mục Bá Đa Lộc.
Theo linh mục Cadière, đức giám mục "đã làm bá chủ giai đoạn này", "bằng hành động, bằng thiên tài, bằng đạo đức cũng như bằng lòng yêu nước [Pháp] ngời sáng của ông". Và ông trích dẫn "một tác giả đương thời" nói*"*: *"*Ông dịch cho học trò ông -tức là Gia Long- nhiều tác phẩm tiếng Pháp sang tiếng Nam (Cochinchinois) chủ yếu là những sách chiến lược và sách xây thành luỹ."5. Tác giả "đương thời" này chính là Ste-Croix! Và linh mục Cadière hãnh diện nhỏ to: "Chính Dayot đã bảo cho Renouard de Sainte-Croix biết những thông tin này". Sau đó ông nhấn mạnh thêm: "Độ hai mươi năm sau đó, năm 1819, Vannier và Chaigneau cũng cho một người du lịch Anh đến Huế biết rằng: "[Giám mục Bá Đa Lộc] dịch sang tiếng nước này [chữ Nôm] những mục từ ích lợi nhất của Tự điển Bách khoa và soạn trong thổ âm này [chữ Nôm] nhiều bản hiệp ước cho Hoàng đế sử dụng".
Gia Long không bao giờ là học trò của Bá Đa Lộc cả!
Chúng ta thừa biết vì Ste-Croix nhầm Nguyễn Ánh với Hoàng tử Cảnh, cho nên y mới viết câu: *"*Ông dịch cho học trò ông -tức là Gia Long- nhiều tác phẩm tiếng Pháp sang tiếng Nam (Cochinchinois) chủ yếu là những sách chiến lược và sách xây thành luỹ." Dù chấp nhận sự lầm lẫn này, thì câu của Ste-Croix vẫn ngớ ngẩn: hoàng tử Cảnh đi theo Bá Đa Lộc từ 3 tuổi, thì cần gì giám mục Bá phải dịch sách tiếng Pháp sang tiếng Việt cho hoàng tử đọc? Thế mà linh mục Cadière chép lại câu văn ngớ ngẩn này và khoe rằng do Dayot mách Ste-Croix mới biết! Vậy trình độ của Ste-Croix như thế nào, và cả những người chép lại Ste-Croix nữa?
Sau khi đã "dẫn chứng" một câu ngớ ngẩn như vậy; học giả đưa ra "chứng" thứ nhì: lời của hai ông Vannier và Chaigneau nói với một du khách người Anh đến Huế: "[Giám mục Bá Đa Lộc] dịch sang tiếng nước này [chữ Nôm] những mục từ ích lợi nhất của Bách khoa toàn thư và soạn trong thổ âm này [chữ Nôm] nhiều bản hiệp ước cho Hoàng đế sử dụng", mà theo vị học giả là trích ở Annales maritimes et Coloniales [Biên niên Hàng hải và thuộc điạ] 1823.
Chúng tôi tin rằng, dù lấy ở đâu, thì câu này cũng chỉ chép lại lời Barrow, người Anh đến Nam Hà năm 1793 (lúc đó các ông Vannier Chaigneau chưa đến Việt Nam), trong cuốn A Voyage to Cochinchina (Chuyến đi Nam Hà), in năm 1806, trang 229, Barrow viết:
"Adran còn dịch sang chữ Hán một bản nghiên cứu chiến lược để dùng trong quân đội". Và: "Nhờ giám mục Adran dịch một số mục từ trong Bách Khoa toàn thư sang chữ Hán, mà ông biết được khoa học và nghệ thuật Âu Châu, đặc biệt ông chú trọng đến thuật hàng hải và thuật đóng tầu". Câu này chúng tôi đã trích dịch trong chương 6: Chân dung vua Gia Long, và đã viết lời bình luận như sau:
"Việc Adran dịch sang chữ Hán một bản nghiên cứu chiến lược để dùng trong quân đội, không biết Barrow lấy ở đâu, vì không thấy nơi nào nói đến (...) Còn câu "giám mục Adran dịch một số mục từ trong Bách Khoa toàn thư sang chữ Hán" có thể đã rút ra từ chúc thư của Bá Đa Lộc do Le Labousse viết: "Đức Cha tặng vua (...) bốn quyển Bách Khoa Toàn Thư*..." (Launay, III, t. 384), đây là nơi duy nhất nói đến Bách Khoa Toàn Thư, chính Le Labousse cũng không nói gì đến việc dịch sách, mà Sử Ký Đại Nam Việt cũng không. Nhưng câu này của Barrow cũng sẽ được Faure, Maybon và những người tôn vinh Bá Đa Lộc chép lại và phóng đại lên sau này".*
Và học giả Cadière cũng không đi ra ngoài thông lệ đó.
Sau khi đã "chứng minh" Bá Đa Lộc "dịch sách", và cung cấp những sách nền móng cho sự nghiên cứu", học giả mạnh dạn tuyên bố:
"Thưa Thống Chế, chúng tôi mong muốn được trình ngài bộ sưu tập những tác phẩm liên quan đến nghệ thuật xây dựng và bảo vệ thành trì đồn luỹ, do giám mục Bá Đa Lộc dịch sang chữ Nôm".
Đến đây thì ta không biết Bá Đa Lộc đã "dịch" Bách Khoa toàn thư và các sách chiến lược sang tiếng Tầu hay tiếng Ta? Chúng tôi lại nhớ đến lời Faure than phiền: sách dịch của Giám mục bị giấu đi và cờ hiệu tiên phong giám mục cầm quân đánh Tây Sơn, cũng bị ai lấy mất? Nhưng Faure có thể viết bậy như vậy, người ta chờ đợi ở học giả Cadière một sự thận trọng hơn.
Để lập luận được vững vàng, vài dòng sau, Cadière trích dẫn Le Labousse:
"Một giáo sĩ thời đó, ông Le Labousse viết: "Gia Long có trong cung nhiều sách Pháp viết về việc xây dựng đồn lũy, vv... Ôn lật từng trang để xem các đồ bản và tìm cách bắt chước."6. Câu này còn một thoại nữa, in trong Taboulet, như sau: "Trong cung có nhiều sách về kiến trúc, thành đài. Nhà vua thường dở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước, khỏi cần đọc những lời giải thích bằng tiếng Pháp vì ông không hiểu được"7. Cả hai thoại đều không xác nhận Bá Đa Lộc dịch sách xây dựng đồn luỹ; riêng thoại in trong sách Taboulet, chứng tỏ giám mục không dịch sách về thành dài cho Gia Long, vì nếu có, giáo sĩ Le Labousse đã không viết như thế.
Trong thư ngày 12/7/1796, gửi M. Boiret, Le Labousse viết:
"Mặc dù những nghiã cử của Đức Giám Mục đã thu phục được lòng nhiều ông quan, nhưng người không bao giờ đến nhà một vị quan nào trong bẩy năm người ở xứ này. Trong suốt thời gian dài này, người đến cung vua, chưa chắc, được 10 lần*. Trong 2, 3 năm đầu, người đến chầu vua ngày mồng một tết, và từ hơn hai năm nay, người chỉ đến một lần sau cùng mới đây, để khỏi bị cắt đứt* [liên lạc]"8.
Trong một thư khác, gửi cho Hội Truyền giáo Paris, viết từ Bình Khang năm 1801, về cái chết của linh mục Hồ Văn Nghị, linh mục Le Labousse viết: "Nhà vua, trong những lúc cùng quẫn nhất, đã may mắn có ông [Nghị] bên mình để cống hiến cho vua những thức cần thiết nhất. Vì vậy vua rất quý mến ông. Và cũng chính ông, mà Đức Giám Mục, bất cứ việc gì gửi tới triều đình, đều nhờ cậy ông*".*9
Những dòng trên đây, chứng tỏ Bá Đa Lộc không gần gũi vua như người ta thêu dệt nên. Sau khi Trần Đại Luật dâng sớ xin "chém đầu Bá Đa Lộc" năm 1795, thì vị giám mục lại càng thận trọng hơn nữa. Vậy, việc giám mục "dịch sách", "viết thư", làm "cố vấn" mọi việc cho vua, không thể có được, nếu một năm hay hơn một năm giám mục mới gặp vua một lần. Chức phận ông giới hạn trong việc: là một trong những thầy dạy Hoàng tử Cảnh.
Sử ký Đại Nam Việt viết một cách nôm na: "Vốn vua chẳng biết chữ bên Tây, nên phải cậy các quan cắt nghiã mọi đều. Nhứt là các tờ đã vẽ hình tượng các khí giái [giới] và những cách đắp lũy xây thành, đóng tầu hay là các đều [điều] khác thể ấy [như thế], thì vua chỉ xem những sự ấy lắm. Vả lại nhiều sách và địa đồ đã mua bên Tây, thì người chăm học mà hiểu hầu hết"10.
Gia Long, ngoài những cận thần tin cẩn thạo tiếng Pháp như Trần Văn Học, Hồ Văn Nghị... còn có nhiều thông ngôn khác, để dịch, nếu cần. Về kiến trúc, ngoài Tôn Thất Hội, Trần Văn Học, Nguyễn Văn Khiêm, Vũ Viết Bảo... đắp thành Gia Định và Diên Khánh trong giai đoạn đầu, đến giai đoạn sau, khi đắp thành Huế có những Nguyễn Văn Yến, Đỗ Phúc Thạnh, Nguyễn Học, Nguyễn Thông, Trương Viết Suý... vẽ bản đồ và kiến trúc thành Huế, lũy Trấn Ninh, vv... chưa kể đến các quan trấn thủ văn võ kiêm toàn, cũng là những kỹ sư đắp các thành lũy bát giác, lục giác, tứ giác ở miền Nam như Nguyễn Cửu Đàm (luỹ Bán Bích), Nguyễn Văn Xuân (đồn Tân Châu, đồn Châu Giang), Lưu Phước Tường (đồn Châu Đốc, trấn Vĩnh Thanh)... được Trịnh Hoài Đức ghi lại trong Gia Định Thành Thông Chí.
Bản "đồ thị-cẩm nang dạy" Gia Long xây dựng thành trì
Sau khi đã "chứng minh" Bá Đa Lộc dịch Bách Khoa Toàn Thư và những "bộ sách xây dựng thành trì" cho vua, Cadière trình bày trước Thống Chế một "chứng cớ độc đáo" sau đây:
"Ngày hôm nay, chúng tôi chỉ có thể trình ngài một kiểu mẫu được giữ trong Nội-Các, đó là "Đồ thị quân sự (bao gồm) tất cả các bộ phận chính của một thành đồn, với tất cả các khẩu súng đại bác (để tấn công và phòng thủ) của một chiến lũy do J.E. Duhamel, kỹ sư của Vua [Pháp], năm 1773, dựng theo kỹ thuật xây dựng của Thống Chế Vauban". Bản đồ này ghi bằng chữ Hán, thỉnh thoảng có vài chữ Nôm, tên các bộ phận được vẽ. Thực hiếm, Thư viện quốc gia không có. Nó là một trong những cẩm nang dùng để đào tạo nên Gia Long, là một trong những cẩm nang mà một giáo sĩ thời đó, ông Le Labousse đã viết:"Gia Long có trong cung nhiều sách Pháp viết về việc xây dựng đồn lũy, vv... Ông lật từng trang để xem các đồ bản và tìm cách bắt chước" (Nouvelles lettres édifiantes [Tân Huấn Thư] Tome VIII, trang 187). Chính nó, là một trong những cẩm nang đã dùng để thiết lập đội ngũ kỹ sư An Nam mà chúng tôi sẽ nói tới. Tất cả các thành luỹ ở Bắc kỳ và ở nước Nam đều xây dựng theo những hình vẽ và những bài bố trên đồ thị đồ này".
Nói tóm lại, học giả Cadière tìm thấy trong Nội Các (thư viện hoàng gia Huế) một đồ thị do kỹ sư Duhamel của vua Louis XV, vẽ một thành đài, xây năm 1773, tại Pháp, theo kỹ thuật xây dựng của Thống chế Vauban. Bản đồ này có ghi chú chữ Hán và có vài chữ Nôm; ông vội vàng kết luận: Nó chính là một trong những cẩm nang dùng để đào tạo nên Gia Long! Không những thế, nó còn là một trong những cẩm nang được Le Labousse kể: "Trong cung có nhiều sách về kiến trúc, thành đài. Nhà vua thường dở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước". Và nó chính là cẩm nang "đã dùng để thiết lập đội ngũ kỹ sư An Nam". Bởi vì: *"*Tất cả các thành luỹ ở Bắc kỳ và ở nước Nam đều xây dựng theo những hình vẽ và những bài bố trên đồ thị đồ này".
Một lập luận cao ngạo chưa từng thấy: chỉ độc một cái đồ thị, của một ông Tây, tên Duhamel, vẽ một chiến luỹ theo kiểu Vauban xây năm 1773 ở Pháp, mà có tác dụng ghê gớm đến thế: vừa là cẩm nang đào tạo Gia Long, vừa là cẩm nang để giáo dục đội ngũ kỹ sư An Nam, vừa làm mẫu xây tất cả các thành trì ở nước Việt Nam này!
Lập luận cao ngạo này chứng tỏ những hồ đồ chưa từng thấy:
1- Một bản đồ thành đài xây năm 1773 ở Pháp theo lối Vauban, tìm thấy trong thư viện Nội Các Huế, trước năm 1922, thì nào đã biết nó là của ai? Của Gia Long, Minh Mạng, Thiệu Trị, Tự Đức, hay của các quan trong bộ Công? Mà dám quyết đoán: Nó chính là một trong những cẩm nang dùng để đào tạo nên Gia Long!
2- Đồ thị thành đài 1773 của Duhamel, với lời Le Labousse: "Trong cung có nhiều sách về kiến trúc, thành đài. Nhà vua thường dở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước", thì có gì liên lạc với nhau*,* để gộp cái đồ thị này vào danh sách các cẩm nang được đức giám mục dịch sang tiếng Nôm cho vua đọc?
3- Việc ông Duhamel nào đó xây thành Vauban ở Pháp năm 1773, thì dính líu gì đến việc binh nhì Puymanel, đến nước Nam năm 1788, để có thể bạ vào mà kết luận: Tất cả thành đài ở Việt Nam đều làm theo kiểu Vauban? Đều do "kỹ sư Puymanel" xây hoặc "học trò" của ông ấy xây?
Thưa học giả, khi viết những điều đó, học giả có điều tra xem "kỹ sư Puymanel" đã học nghề kỹ sư và kiến trúc sư lúc nào, trường nào, mà có thể xây được thành đài? Và dạy được học trò?
Những ai đã từng học kỹ sư, kiến trúc sư, đều biết việc xây dựng một thành đài, dù theo kiểu Đông hay Tây, đều không dễ lắm, khiến một binh nhì, vô học như Puymanel, có thể làm được. Gia Long tự học là một chuyện, nhưng bên cạnh nhà vua là một nhóm chuyên gia, có học, có chuyên môn, trợ giúp; những nhà kiến trúc lớn của Gia Long, thường là các quan trấn thủ, văn võ kiêm toàn.
4- Chỉ vịn vào một cái bản đồ thành đài kiểu Vauban tìm thấy trong Nội Các, để kết luận: nó dùng để thiết lập đội ngũ kỹ sư An Nam. Và "tất cả các thành luỹ ở Bắc kỳ và ở nước Nam đều xây dựng theo những hình vẽ và những đồ thị trên bản đồ này", thì quả tình học giả coi thường ngành kỹ sư, kiến trúc quá đáng.
Cadière "xác định" Puymanel xây thành Gia Định
Chuyện Cadière dựa vào câu nói bâng quơ của Lavoué: "vua... mượn Ô. Olivier... xây cho ông một thành phố theo lối Tây phương" để "xác định" Olivier xây thành Diên Khánh, và những người khác dựa vào câu này để chỉ thành Sài Gòn, chúng tôi đã nói kỹ trong chương 12, không cần trở lại.
Ở đây xin lưu ý độc giả một "xác định" khác, rất lạ lùng của học giả Cadière:
"Theo chính sử biên niên đời Gia Long, ông [Puymanel] bắt đầu xây thành Gia Định tháng 3-4 năm 1790. Thành hình bát giác, tường bằng đá Biên Hoà, trổ tám cửa, cao 6 mét (Đại Nam Thực Lục đệ nhứt kỷ, quyển IV, trang 31). Có lẽ ông được Le Brun một người Pháp giúp. "Quả là có một bản đồ thành Sài Gòn do đại tá Olivier vẽ. Rút nhỏ bản đồ lớn do kỹ sư Le Brun vẽ theo lệnh Vua nước Nam". (Schreiner, Abrégé de l'Histoire d'Annam, page 104, note 1.) Rủi thay chúng tôi không có bản đồ này trong thư viện".
Nguyễn Quốc Trị là người đầu tiên nhặt ra câu: "Theo chính sử biên niên đời Gia Long, ông bắt đầu xây thành Gia Định tháng 3-4 năm 1790". Vì những ai tìm hiểu việc đắp thành Gia Định, đều đã "soi kính hiển vi" Thực Lục, mà không tìm thấy câu "bất hủ" này. Vậy có hai khả năng:
Học giả Cadière viết vội nên nhầm chăng? Khó tin. Vì ông và ông Maybon nhiều lần than phiền Thực Lục lờ không đả động gì đến công lao của Puymanel, Dayot.
Học giả Cadière thấy những "chứng từ" mà ông đưa ra về công trạng của Puymanel không đủ thuyết phục, nên phải chêm vào câu này, để chứng tỏ Thực Lục cũng viết như thế, chăng? Chắc thế. Sau đó, ông viết: "Có lẽ ông được Le Brun một người Pháp giúp". Rồi thêm vào câu*: "Quả là có một bản đồ thành Sài Gòn do đại tá Olivier vẽ. Rút nhỏ bản đồ lớn do kỹ sư Le Brun vẽ theo lệnh Vua nước Nam"* do ông Schreiner đưa ra.
Tức là Cadière không mấy tin tưởng vào công lao của "kỹ sư" Le Brun, mặc dù ông tin là có bản đồ Sài Gòn lớn do "kỹ sư" vẽ, bản đồ này do ông Schreiner sưu tập. Còn Taboulet, thì dựa vào những "chứng" kiểu này, để thượng Le Brun lên thành "nhà kiến trúc đô thị đầu tiên của Sài Gòn". Chúng ta đâm hoang mang, không biết ông Le Brun là kỹ sư, hay kiến trúc sư, hay ông học cả hai trường kỹ sư và kiến trúc?
Học giả Cadière dành tất cả thiện cảm cho "đại tá Olivier", và để xác định công lao của "đại tá", ông không ngần ngại viết những dòng dựng đứng: "Thực Lục ghi Olivier xây thành Gia Định".
Nhưng điều tệ hại hơn nữa, là sự, học giả nhận vơ tất cả những thành trì khác, xây sau Gia Định đều trực tiếp hay gián tiếp là công lao của Olivier de Puymanel. Kể cả việc ông dámxác định: Kinh đô Huế và tất cả thành trì trên nước Nam này, đều do Puymanel và những người Pháp xây.
Cadière kê khai tên 31 thành trì, rút trong Khâm Định Đại Nam Hội Điển Sự Lệ (Hội Điển), phần lớn xây dưới thời Minh Mạng, và ông bảo đó là sản phẩm của kỹ sư Pháp hoặc do Pháp dạy xây. Đặc biệt nhất, ở thời Gia Long, chỉ còn Chaigneau, Vannier, là thủy thủ chuyên nghiệp, chẳng biết gì đến việc xây dựng, vậy mà ông cho họ quyền "chỉ đạo tối cao" việc xây thành Huế: "nhất là kinh thành Huế, đều làm dưới sự chỉ đạo tối cao của các sĩ quan Pháp lúc đó đang còn giúp Gia Long như Chaigneau, Vannier, và de Forsant", để rồi ông xác định: "chính đội ngũ này đã xây tất cả các thành trì dưới thời Minh Mạng và Thiệu Trị". Chưa hết, ông còn yêu cầu các nhà nghiên cứu Pháp phải: "khảo sát xem học trò có theo đúng sự dạy bảo của các thầy Pháp, và nếu bỏ thì tại sao, vì dốt nát hay vì quên". Để đi đến kết luận:
"Tất cả những thành trì trên nước Nam này, nói chính xác, là tác phẩm của người Pháp, hoặc trực tiếp thực hiện hoặc gián tiếp bằng cách đào luyện đội ngũ kỹ sư An Nam".
Đoạn văn trên đây thực đã góp phần chôn vùi giá trị của học giả Cadière.
Bởi nếu Thực Lục không ghi rõ tên ai xây thành Gia Định, thì về Huế, Thực Lục, ghi rất rõ:
"Ngày Ất Tỵ, xây dựng đô thành. Vua cho rằng thiên hạ đã định, muốn mở rộng đô thành để làm nơi bốn phương chầu hội. Bèn đến xã Kim Long, phía đông đến xã Thanh Hà, xem khắp hình thế các nơi. Sai Giám thành là Nguyễn Văn Yến ra bốn mặt ngoài đô thành cũ Phú Xuân đo cắm để mở rộng thêm. Vua thân định cách thức xây thành*, sắc cho bộ Lễ chọn ngày lành tế trời đất, cáo việc khởi công, phái các quân mở đường sá, làm đất cát, sai bọn Phạm Văn Nhơn, Lê Chất và Nguyễn Văn Khiêm trông coi công việc. Quân nhân mỗi tháng cấp tiền một quan, gạo một phương. Dân cư tám xã Phú Xuân, Vạn Xuân, Diễn Phái, An Vân, An Hoà, An Mỹ, An Bảo, Thế Lại, có ruộng đất bị mở vào thì theo giá văn tự trả tiền lại..."*11
Trên tập san Đô Thành Hiếu Cổ, 1916, số III, (t. 277-288) do chính học giả làm chủ bút, cũng đã đăng bài của nghiên cứu của Võ Liêm, trước làm Tá Lý, rồi thăng Thượng thư bộ Binh, tựa đề La Capitale de Thuận Hoá (Huế) (Kinh đô của Thuận Hoá (Huế), trong đó tác giả đã chứng minh rõ ràng và chi tiết, lịch sử thành Huế, do vua Gia Long thực hiện. Ông viết:
"Vào tháng thứ ba, năm thứ ba của triều đại, 1804, chính Hoàng đế đã khảo sát những nơi chốn từ vùng đất làng Kim Long tới làng Thanh Hà, để mở rộng và dựng lại kinh thành. Ngài hạ lệnh cho vị Giám thành Nguyễn Văn Yến, đóng cọc ra ngoài thành cũ để xác định giới hạn hoàng cung. Hoàng Đế tự tay đo lường các kích thước cần thiết để xây tường thành"12.
Trung tá Ardant du Pisq trong bài Les fortifications de la citadelle de Huế (Kinh thành Huế), in trên BAVH, 1924, III, t. 221-247, sau khi trích câu của Michel Đức, con trai Chaigneau: "Thành Huế, theo kiến trúc Vauban, mà sự xây dựng do những người Pháp điều khiển, bên ngoài rất giống một thành chiến Tây phương, trừ những cửa rộng trên có mái Tầu, làm lạc ảo giác của người ngoại quốc khi đến gần (Souvenirs de Huế, Paris 1867, t. 144)", ông đặt ngay câu hỏi: Ai vẽ đồ thị thành này? Có phải Olivier de Puymanel không? Sau khi đã duyệt qua các tác giả như Bastide, Faure, tâng công Puymanel, ông viết: Olivier mất năm 1799, mà công việc xây thành Huế đến 1805 mới bắt đầu. Tiếp đó, ông đã bác bỏ lập luận cho rằng người Pháp xây thành Huế, trước khi đào sâu việc Gia Long lựa chọn vị trí, bài bố đất đai, phong thủy, khơi sông, đắp cầu, cho toàn bộ hệ thống kiến trúc kinh thành.
Đến số BAVH, 1933, I và II, đặc biệt về kinh đô Huế, Cosserat lại nhấn mạnh một lần nữa về sự kiện này. Sau khi chép lại chú thích của Võ Liêm, rút trong Hội điển, về tổ chức của bộ Công dưới thời Gia Long và Minh Mạng, để giải thích phận sự của Giám thành trong việc xây dựng các thành đài, Cosserat nhấn mạnh:
"... Người ta nhận thấy dưới thời Gia Long và Minh Mạng các quan trong bộ này [Công] như Giám thành Nguyễn Văn Yến, Giám thành Đỗ Phúc Thạnh, cũng như Phó đội Nguyễn Học, Đội trưởng Nguyễn Thông, Trương Viết Suý, đã được vua chỉ định để vẽ bản đồ, như những bản đồ xây kinh đô Thuận Hoá (Huế), bản đồ xây lũy Trấn Ninh, vv..."
Hai trích đoạn mà tôi vừa nêu ra ở trên, như ta thấy, tuyệt đối chính xác và không cho phép bất cứ ai có thể nghĩ rằng có những người Âu nhúng vào việc xây thành Huế. (...)
Thành Huế cũng như tất cả thành đài khác xây sau đó ở vương quốc này, ngày nay không còn nghi ngờ gì nữa, là sản phẩm hoàn toàn Việt Nam, được thực hiện tất cả dưới sự kiểm soát và điều khiển của người Việt Nam".13
Những ai còn cho rằng thành Huế là các "sĩ quan Pháp" xây nên đọc Võ Liêm, Ardant du Pisq và Cosserat trong tập san Đô Thành Hiếu Cổ.
Nhưng người ta ít đọc Võ Liêm, Ardant du Pisq, Cosserat, vì đó là những tác giả không "nổi tiếng". Người ta đọc và tin học giả Cadière.
Chính điểm gian dối cuối cùng này của vị học giả, sẽ được người ta chép lại, rồi ghép với chữ Vauban, để xác định tất cả thành trì Việt Nam xây trong thế kỷ XIX, đều do người Pháp xây, đều làm theo kiểu Vauban cả!
Linh mục học giả Cadière đọc diễn văn trước Thống chế Joffre, một sĩ quan công binh thực thụ, tốt nghiệp trường Polytechnique, là trường đào tạo những kỹ sư hàng đầu của Pháp sau hai năm học thêm ở một trường chuyên ngành. Ông muốn kéo Puymanel, một người không có học, lên ngang hàng với thống chế Joffre, anh hùng dân tộc của Pháp trong thế chiến thứ nhất, có công trong cuộc đánh phá chiến lũy Ba Đình của Đinh Công Tráng (1842-1887) năm 1887. Ông đem Maréchal Joffre so sánh với Puymanel, để dễ dàng đưa Puymanel vào lịch sử, như một người đã xây tất cả các thành đài "kiểu Vauban" ở Việt Nam.
Ảnh hưởng của Cadière và Maybon rất rộng, dàn trải gần 100 năm nay, được tiếp sức bằng một sử gia đến sau là Taboulet "tài ba" không kém, khiến những người nghiên cứu Việt Nam chép lại, không hồ nghi, không đặt vấn đề.
Học giả Cadière, với tập san Đô Thành Hiếu Cổ, đã góp phần xây dựng nên huyền thoại những người Pháp đến giúp Gia Long dựng nghiệp, từ chân tơ kẽ tóc. Trước hết, qua ngôn ngữ, bằng việc dịch các văn bằng, chỉ dụ, ông kín đáo đưa những người Pháp này lên hàng quý tộc, tước vị Hầu tước-Marquis. Ông tìm lại dinh cơ của họ, tôn vinh gia thế của họ qua những thế phả tô vẽ của Salles. Ông kín đáo so sánh Puymanel với Thống chế Joffre, kỹ sư tốt nghiệp trường cao đẳng bách khoa Polytechnique. Ông kín đáo trình bầy Bá Đa Lộc như người thầy tư tưởng của Gia Long, người đã đưa văn hoá, học thuật và kỹ thuật tân tiến của Tây phương vào Việt Nam qua việc "dịch" Bách Khoa Toàn Thư và "dịch những tác phẩm viết về nghệ thuật xây dựng và bảo vệ thành trì đồn luỹ", tiếc rằng những "bộ sách" này, chưa kiếm ra được!
Đó là thượng sách của Cadière.
Nhưng học giả còn dùng cả hạ sách nữa:
Ông không ngần ngại tung tin thất thiệt: Thực Lục ghi Olivier xây thành Gia Định và ông cũng không ngần ngại xác định: "... Kinh thành Huế, làm dưới sự chỉ đạo tối cao của các sĩ quan Pháp: Chaigneau, Vannier, và de Forsant", "chính đội ngũ này đã xây tất cả các thành trì dưới thời Minh Mạng và Thiệu Trị".
Ông còn đòi hỏi các nhà nghiên cứu Pháp phải: "khảo sát xem học trò có theo đúng sự dạy bảo của các thầy Pháp, và nếu bỏ thì tại sao, vì dốt nát hay vì quên".
Sau cùng ông buông một lời kết: "Tất cả những thành trì trên nước Nam này, nói chính xác, là tác phẩm của người Pháp, hoặc trực tiếp thực hiện hoặc gián tiếp bằng cách đào luyện đội ngũ kỹ sư An Nam".
Với những xác định cao ngạo và gian lận như thế, về mặt tình cảm, học giả Cadière đã tự xoá tên mình trong ký ức mến yêu và kính trọng của người Việt.
Về mặt học thuật, với những kiến thức và tư liệu nắm trong tay, đáng lẽ ông phải chỉ ra những sai lầm bịa đặt trong toàn bộ bài viết của những tác giả thực dân để thiết lập lại sự thực lịch sử, thì ông lại tòng phạm với họ, để tạo cho sự xuyên tạc lịch sử có một nền móng vững chắc hơn.
Thực ra, những người lính Pháp đào ngũ đến giúp Gia Long cũng chỉ là những người trẻ tuổi, lẩn trốn công việc nặng nhọc, ít lương và bị đối đãi tàn nhẫn, ở trên các tàu cuối thế kỷ XVIII; họ phiêu lưu tìm cách kiếm ăn và nếu có thể, làm giầu; họ không có tham vọng "đi vào lịch sử". Olivier de Puymanel và các bạn đồng hành đều vô tư, không có gì đáng trách.
Đáng trách là những người đã dùng họ để biện minh cho chính sách thực dân sau đó, có một chính nghĩa; càng đáng trách hơn nữa khi những người đó lại là những trí thức có uy tín. Hơn ai hết, học giả Cadière, biết rõ rằng những sự thực dù có bị chôn giấu, niêm phong, một trăm năm, một ngàn năm, rồi cũng sẽ có người khai quật, mở ra. Việc ông và ông Maybon làm, cách đây gần 100 năm rồi, nhưng đối với người Việt chỉ như mới hôm qua, và chúng tôi, hết thế hệ này đến thế hệ sau, sẽ còn đào bới lại để đưa những sự thực này ra ánh sáng.
Phụ lục 1: Những bài về Gia Long trong tập san Đô Thành Hiếu Cổ
Về đề tài liên quan đến Gia Long, tập san Đô Thành Hiếu Cổ tập hợp nhiều tác giả với những loạt bài nghiên cứu khác nhau, như:
Sogny: Les associés de gauche et de droite au culte du Thế Miếu (Bài vị tả hữu ở Thế miếu), BAVH, 1914, II (t. 119-145).
Võ Tá Liêm: Capitale de Thuận Hoá (Kinh đô Thuận Hoá), BAVH, 1916, III, (t. 277-288).
Cadière: Les français au service de Gia Long: I- La maison de Chaigneau (Nhà Chaigneau), BAVH, 1917, II (t. 117-164).
Cosserat: Notes biographiques sur les français au service de Gia Long (Ghi chú tiểu sử những người Pháp giúp Gia Long), BAVH, 1917, III, t. 165-206).
Cadière: Les français au service de Gia Long: II- Le tombeau de de Forçant (Mộ của de Forçant) BAVH, 1918, II, (t. 59-77).
Cosserat: Les Actes de décès de Chaigneau et de Vannier (Giấy khai tử của Chaigneau và Vannier), BAVH, 1919, IV) (t. 495-500).
Cadière: Les français au service de Gia Long: III- Leurs noms, titres et appelation annamites (Những người Pháp giúp Gia Long, tên, chức vụ và tên Việt), BAVH, 1920, I, t. 137-176.
Salles: Les français au service de Gia Long: IV: Les tombes de JB.Chaigneau et P.Vannier au cimetier de Lorient, BAVH, 1921, t. 47-57). Cosserat: V-Une fresque de Vannier (BAVH, 1921, t. 239- 242).
Cadière: Notes sur le corps du génie annamite (Ghi chú về công binh Việt Nam) (BAVH, 1921, t. 283-288).
Cadière và Cosserat: Les français au service de Gia Long: VI- La maison de JB. Chaigneau, Consul de France à Huế (BAVH, 1922, I, t. 1-31). Cadière: VII-Les Diplômes et ordres de service de Vannier et de Chaigneau, Vannier (Văn bằng và chỉ dụ sai phái Vannier và Chaigneau), BAVH, 1922, II, t. 139-180. Salles: VIII-Les diplômes et ordres de service de Vannier et de Chaigneau; description des documents (mô tả tư liệu) (BAVH, 1922, III, t. 245-254).
André Salles: Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille (JB Chaigneau và gia đình) BAVH, 1923, I, cả quyển.
Chaigneau: Notices sur la Cochinchine (Trình báo về nước Nam), BAVH, 1923, II, t. 257- 283, do Salles sưu tầm, chú giải, in dưới tựa đề: Le mémoire sur la Cochinchine de Jean-Baptiste Chaigneau (Hồi ức của Chaigneau về nước Nam), BAVH, 1923, II, t. 253-283.
Lt-Colonel Ardant du Pisq: Les fortifications de la citadelle de Huế (Kinh thành Huế), BAVH, 1924, III, (t. 221-247).
L.Gaide, Note historique sur Poulo-Condor (Tiểu dẫn lịch sử về Côn Lôn), BAVH, 1925, II, t. 86-104.
Cadière: Les français au service de Gia Long: IX- Despiau commercant (Despiau nhà buôn) BAVH, 1925, III, t. 183-185. Cosserat: X-L'acte de baptême du Colonel Olivier (Giấy rửa tội của đại tá Olivier) BAVH, 1925, III, t. 188).
Cadière: Les français au service de Gia Long: Nguyễn Ánh et la Mission, documents inédits (Nguyễn Ánh và Hội thừa sai, tài liệu chưa in), thư nôm của Nguyễn Ánh gửi hội thừa sai, BAVH, 1926, I, t. 1-49.
Sogny: Les Plaquettes des dignitaires et des mandarins à la Cour d'Annam (Thẻ bài của những vị chức sắc và quan lại nước Nam), BAVH, 1926, III, t. 233-254).
Cadière: Les grandes figures de l'Empire d'Annam Nguyễn Suyền (Những khuôn mặt lớn của đế quốc An Nam) tài liệu của Bréda, Cadière bình luận và chú giải, BAVH, 1926, III, t. 255-280).
Cadière: Les français au service de Gia Long: Leur correspondance (Thư từ): 31 lá thư của những quân nhân Pháp. BAVH, 1926, IV, cả cuốn.
La citadele de Huế (Thành Huế) BAVH, 1933, I, cả cuốn.
J.H. Peyssonnaux, Vie, Voyages et Travaux de Pierre Médard Diard (Cuộc đời, các chuyến đi, và công trình của Pierre-Médard Diard), BAVH, 1935, I, cả cuốn.
Documents Salles: Philippe Vannier, BAVH, 1935, II, t. 121-191
Documents Salles: Laurent Barisy, Cosserat trình bầy, BAVH, 1939, III, t. 173-236.
Phụ lục 2 : Diễn văn của Cadière
NOTES SUR LE CORPS DU GÉNIE ANNAMITE14
Monsieur le Maréchal,
Notre Société s’est proposée, lors de sa fondation, en novembre 1913, d’étudier le passé de la Capitale de l’Annam et de rechercher tous les souvenirs, tant indigènes qu’européens, qui concernent Huế.
Parmi ces souvenirs, ceux qui nous sont le plus chers, à nous Français, sont ceux qui nous rappellent les officiers venus, à la fin du XVIIIe siècle et au commencement du XIXe, au secours de Gia-Long, et qui ont aidé ce prince à reconquérir son royaume.
Nous avons réuni aujourd’hui quelques documents, qui prouvent l’influence exercée par ces Français, nos devanciers, à la cour d’Annam. Cette influence est un fait indéniable. Un de nos collègues, M. Maybon, la résume dans les termes suivants:
"Il est incontestable qu’ils ont contribué, dans une très large mesure, aux victoires de Gia–Long. Sans parler de la part qu’ils prirent à d’importantes opérations, comme la destruction de la flotte Tây-Sơn en 1792, et à celles qui aboutirent à la prise de Huế, en 1801, on ne peut qu’admirer l’oeuvre d’organisation qu’ils réalisèrent dans des conditions fort peu favorables: ils ont construit une marine européenne et formé des équipages; ils ont instruit les soldats, introduit dans l’armée la discipline, établi des cadres; ils ont fondu des canons, appris aux Annamites l’usage des bombes, créé une artillerie de campagne dont la mobilité frappait les Tây-Sơn de stupeur; ils ont élevé des citadelles"15.
En un mot, Monsieur le Maréchal, ils ont fait en Annam ce que vous avez fait pour nous en France, pendant les longues années du début de la guerre, et ici comme là-bas, la victoire est venue récompenser tant d’efforts.
Cette influence s’est exercée de plusieurs façons. Elle a été personnelle et directe; elle a été indirecte. Je ne retiendrai ici que ce qui est de nature à intéresser plus particulièrement l’officier du Génie, je veux parler de la défense des places.
Tout d’abord, voyons les hommes qui ont exercé cette influence. Les trouvailles heureuses d’un de nos collaborateurs les plus zé1és et les plus avertis, M. A. Salles, ancien Inspecteur des Colonies, me mettent à même de vous donner la primeur des portraits des trois plus illustres soutiens de Gia-Long: J. B. Chaigneau, Ph. Vannier, et Jean-Marie Dayot. Ces portraits, récemment découverts par notre collègue dans les familles des descendants de ces officiers, seront publiés par les Amis du Vieux Huế, en même temps que de nombreux documents et des notes sur les familles des Français venus au service de Gia-Long.
L’influence exercée par les Français dans le royaume annamite a été personnelle et directe, ai-je dit.
I1 y a eu d’abord un travail de formation technique, et, chose curieuse, c’est un évêque —il est vrai qu’il domine toute cette époque, aussi bien par son activité et son génie que par son patriotisme éclairé et par ses vertus — c’est un évêque, Mgr. Pigneau de Béhaine, évêque d’Adran, qui a joué en cela le rôle initial. Un auteur contemporain nous dit: "Il a traduit pour son élève (c’est de Gia–Long qu’il s’agit) plusieurs ouvrages français en Cochinchinois, principalement sur la tactique et les fortifications, et il en a fait sans contredit le Cochinchinois de ses états le plus instruit et le plus capable"16. C’est Dayot qui avait donné ces renseignements à Renouard de Sainte-Croix. Quelques vingt ans plus tard, en 1819, Vannier et Chaigneau donnaient les mêmes indications à un voyageur anglais qui parut à Huế: "[L’évêque d’Adran] traduisit dans la langue du pays les articles les plus utiles de l’Encyclopédie, et composa dans le même idiome différents traités à l’usage de l’Empereur"17.
Là sans doute se bornait l’oeuvre de l’évêque d’Adran: il fournissait les manuels d’étude. Toutes les explications techniques devaient être réservées aux spécialistes: Chaigneau, Vannier, qui parlaient annamite, mais surtout à Olivier.
Nous aimerions pouvoir vous montrer, Monsieur le Maréchal, la collection de ces ouvrages relatifs à l’art de la construction et de la défense des places, traduits en annamite par l’évêque d’Adran. Peut-être, un jour, les retrouvera-t-on dans des archives du Palais ou des Ministères. Nous pouvons aujourd’hui vous en montrer un spécimen, conservé au Nội-Các C'est la "Carte militaire [comprenant] toutes les principales parties d’une place fortifiée, avec toutes les pièces d’artillerie qui [servent à l’attaque et à la défense] d’une place dressée sur les mémoires du Maréchal de Vauban par J. E. Duhamel, ingénieur du Roi, 1773". Cette carte porte en caractères chinois ou parfois en caractères démotiques les noms des pièces dessinées. Elle est très rare, et la Bibliothèque nationale ne la possédait pas. Elle fut un des manuels qui servirent à la formation de Gia-Long; un de ces manuels dont un missionnaire de l’époque M. Le Labousse, écrivait: "Gia-Long a dans son palais plusieurs ouvrages français qui traitent de construction, de fortification, etc. Il les feuillette continuellement pour en voir les planches et tâcher de les imiter"18, un de ces manuels qui servirent à la formation du corps d’ingénieurs annamites que nous allons mentioner; c’est d’après les figures et les plans contenus sur cette carte que furent élevées toutes les citadelles du Tonkin et de l’Annam.
A ce travail d’éducation militaire, s’ajouta un travail de construction. C’est Olivier de Puymanel, arrivé l’un des premiers en Cochinchine, en 1788, qui, à peine âgé de 20 ans, mais "joignant beaucoup de valeur et d’activité à une parfaite connaissance des fortifications et de l’art militaire", joua, sous ce point de vue, le premier rôle. "Il fut élevé au premier grade comme chef ingénieur à la tête des arsenaux"19. Son titre annamite était celui de Vệ-Úy traduit par "colonel", dans les troupes Thần-Sách ou de l’Artillerie et du Génie. D’après les Annales de Gia-Long, il commença la construction de la citadelle de Saigon en mars-avril 1790. C’était un ouvage de forme octogonale, et les murs, en pierres de Biên-Hòa percés de huit portes, avaient 6 mètres de hauteur20. Il fut peut-être aidé dans ce travail par un Français, Le Brun. Il existe en effet un "Plan de la ville de Saigon fortifiée en 1790 par le colonel V. Olivier. Réduit du grand plan levé en 1795 par ordre du Roy de la Cochinchine par Le Brun, ingénieur"21. Nous n’avons pas ce plan, malheureusement, dans notre bibliothèque.
Vers 1793, "le Roi engagea M. Olivier, officier français, à lui faire une ville à l’européenne dans une des provinces nouvellement conquises. Elle était à peine achevée lorsque les rebelles y accoururent au nombre de quarante mille hommes, résolus de l’escalader mais leurs efforts furent inutiles"22. Le missionnaire qui nous donne ce renseignement subit le siège, ainsi que l’évêque d’Adran, lequel avait accompagné là le prince Cånh, général en chef des troupes fidèles. Il nous apprend que le siège dura 24 jours, vers 1a fin d’avril 1794, et que les ennemis envoyèrent plus de neuf cent soixante boulets. Neuf cent soixante boulets en 24 jours! C’était une guerre en dentelles, en comparaison des pluies d’obus que vous avez vues, Monsieur le Maréchal.
Je citerai encore un passage d’un auteur contemporain qui montre les services rendus à la dynastie des Nguyễn par cet officier du Génie de 20 ans: "M. Olivier fortifiait les postes de l’armée par de bons retranchements garnis de canons manoeuvrés à l’europénne, et cette manière si nouvelle en Cochinchine de faire la guerre, rendit les Tây-Sơns extrêment timides étant battus toutes les fois qu’ils se présentaient devant les troupes du Roy, et ne pouvant soutenir la supériorité des feux dirigés par M. Olivier et souvent attirés et arrêtés par des fortifications dont ces peuples n’avaient aucune idée"23.
Est-ce que ces travaux de notre compatriote subsistent encore ? Hélas, je crains que tout ait disparu.
Pour la citadelle de Saigon, c’est un fait absolument certain: La mission anglaise de Crawfurd passa à Saigon en 1822, et son médecin, Finlayson, nous dit: "La forteresse a été construite depuis peu d’années, sur les principes de la fortification européenne. Elle est munie d’un glacis dans les règles, d’un fossé plein d’eau, d’un haut rempart, et commande la contrée environnante. Elle est de forme carrée et chacun des côtés a environ un demi-mille de longueur. Mais elle n’est pas encore achevée; on n’a pas encore fait d’embrasures ni monté de canons sur les murs. Le zig-zag est fort court, et le passage de l’entrée principale est en droite ligne; les portes sont belles et ornées dans le style chinois"24. Cette citadelle inachevée, de forme carrée, n’est pas la citadelle de forme octogonale bâtie par Olivier. Bien plus, pendant la révolte de Lê-Văn-Khôi qui souleva, en 1833-34, toute la Basse-Cochinchine, Minh-Mạng fut obligé de prendre d’assaut la citadelle de Saigon. La fit-il démolir? Toujours est-il que le Recueil général d’administration place en 1836 la construction d’une citadelle à Saigon25. Peut-être ne s’agit-il que d’une restauration. Tout fut démoli après l’occupation française.
Je ne saurais dire s’il existe encore à Nha-Trang des vestiges de la citadelle élevée par Olivier. Le Recueil général d’administration place en 1814, 13e année de Gia-Long, la construction de la citadelle de Khánh-Hòa26. S’agit-il d’une reconstruction totale à un autre endroit, ou au même endroit après démolition, les données me manquent actuellement pour répondre à cette question.
Les citadelles qui jalonnent actuellement le pays annamite ont été construites, d’après le Recueil général d’Administration, à partir de l’avènement de Gia-Long, et s’étagent de 1804 à 1844.
Nous avons, sous Gia-Long:
Thanh-Hóa où vous êtes illustré, Monsieur le Maréchal, en 1804.
Huế en 1805.
Quảng-Ngãi et Hải-Dương en 1807.
Thái-Nguyên et Vĩnh-Long en 1813.
Khánh-Hoà en 1814.
Bình-Định en 1817.
Sous Minh-Mạng:
Hưng-Hóa en 1821.
Sơn-Tây en 1822.
Quảng-Bình et Ninh-Bình en 1823.
Bắc-Ninh et Cao-Bằng en 1824.
Định-Tường en 1824.
Quảng-Yên en 1827.
Nghệ-An en 1831.
Hưng-Yên en 1832.
Nam-Định, Hà-Tĩnh et Quảng-Nam en 1833.
An-Giang, Châu-Đốc, Hà-Tiên et Lạng-Sơn en 1834.
Hanoi, en 1835.
Gia-Định (Saigon), en 1836.
Phú-Yên, Bình-Thuận et Quảng-Trị en 1837.
Biên-Hòa en 1838.
Enfin, sous Thiệu-Trị:
Tuyên-Quang en 1844.
Je crois que nous pouvons affirmer, bien qu’aucun document précis ne nous l’indique, que les citadelles construites sous Gia-Long, et principalement la citadelle de Huế l’ont été sous la haute direction des officiers français qui étaient alors encore au service du roi d'Annam: Chaigneau, Vannier, de Forsant. Mais ils étaient déjà secondés par un service du Génie purement annamite, qu’ils avaient formé, ou qu’Olivier avait formé. C’est ce service, sur lequel nous sommes encore fort mal renseignés, mais sur lequel les archives des Ministères de la Guerre et des Travaux publics doivent renfermer de précieux documents, c’est ce service qui a élevé toutes les citadelles bâties sous Minh-Mạng et Thiệu-Trị. Il serait intéressant qu’un spécialiste étudie un jour, sur le terrain même et à l’aide des plans, l’oeuvre du service annamite du Génie, et qu’il examine si les élèves ont suivi comme il faut les indications de leurs instructeurs français, s’ils les ont abandonnées, par ignorance ou oubli, ou si, faisant preuve d’initiative, ils les ont modifiées suivant les circonstances du terrain ou les besoins du moment.
Mais une conclusion ressort de tout ce que j’ai dit, c’est que tous les travaux de fortification qui existent en pays annamite, sont à proprement parler l’oeuvre des Français, soit d’une façon directe et effective, soit d’une façon indirecte, par la formation d’un corps d’ingénieurs annamites.
Vous êtes venu au Tonkin et en Annam comme officier du Génie, Monsieur le Maréchal, vous y avez construit des ouvrages militaires, vous y avez combattu avec courage et avec gloire. J’espère que cette résurrection, trop brève à mon gré, de ceux qui vous ont précédé ici, qui se sont battu, qui ont construit, qui ont formé des é1èves, vous aura été agréable.
L. CARDIÈRE.
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Cadière, Les français au service de Gia Long: III- Leurs noms, titres et appelation annamites (Những người Pháp giúp Gia Long: III, Tên, chức vụ và tên Việt), BAVH, 1920, I, t. 138. ↩︎
Cadière, bđd, t. 142-143. ↩︎
Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 279. ↩︎
Ste-Croix, Introduction, Bissachère, t. 82-83. ↩︎
Ste-Croix, Introduction, Relation de Bissachère, t. 91. ↩︎
Le Labousse, thư ngày 1/5/1800, Nouvelles lettres édifiantes (Tân Huấn Thư), Tome VIII, t. 187. ↩︎
Le Labousse thư ngày 14/4/1800, Taboulet I, t. 268. ↩︎
Launay, III, t. 309-310. ↩︎
Launay, III, t. 480. ↩︎
Sử Ký Đại Nam Việt, t. 57-58. ↩︎
TL, I, t. 552. ↩︎
Võ Liêm, La Capitale de Thuận Hoá (Huế), BAVH, 1916, III, t. 279-280. ↩︎
H. Cosserat, La citadelle de Huế, cartographie, BAVH, 1933, I và II, t. 3-4. ↩︎
Explications données à Monsieur le Maréchal Joffre, lors de sa réception aux Amis du Vieux Hué, le 3 janvier 1922. — Nous publions ces notes uniquement pour prendre date, et annoncer une étude plus approfondie et plus documentée. ↩︎
Histoire moderne du pays d’Annam, p. 279. ↩︎
Relation sur le Tonkin et la Cochinchine, de M. de 1a Bissachère. Introduction de Renouard de Ste-Croix publiée par M. J. B. Maybon, p. 91. ↩︎
Extrait des Annales maritimes et Coloniales, 1823, tome 2, p. 578. ↩︎
Nouvelles lettres édifiantes, tome VIII, p. 187. ↩︎
La relation sur le Tonkin et la Cochinchine. p. 82. ↩︎
Đại-Nam thật lục đệ nhứt kỷ livre IV, folio 31. ↩︎
D’après Schreiner : Abrégé de l’histoire d’Annam, p. 104, note 1. ↩︎
Documents relatifs à l’époque de Gia-Long, par L. Cadière, pp. 31-34. ↩︎
Relation de M. de la Bissachère, p. 83. ↩︎
Voyage de Bengal à Siam et à la Cochinchine, dans Bibliothèque universelle des voyages, 1835 p. 337. ↩︎
Hội-điển livre 209. ↩︎
Hội-điển livre 209. ↩︎