Chapitre 14

Maybon « prouve » que Pigneau de Béhaine avait des fonds

Chương 14

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc có tài trợ

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

Maybon et son Histoire moderne du pays d'Annam

Deux savants français ont laissé sur la culture vietnamienne des travaux estimables : Maybon et Cadière ; par malheur, ce sont aussi ceux qui, avec le plus de finesse et de profondeur, ont cherché à remplacer l'œuvre d'unification et de fondation accomplie par Gia Long, ses généraux, ses soldats et ses dignitaires, par les services de Pigneau de Béhaine (Bá Đa Lộc) et des « officiers » français.

Maybon et Cadière ont travaillé de concert, et avec efficacité, à donner au mythe des services de Pigneau de Béhaine, serviteur méritant de la fondation du royaume, et de ceux des Français venus aider Gia Long, une base faite de « pièces » et d'« arguments ». Dans une conférence intitulée Une Histoire moderne du pays d'Annam, prononcée à l'île de la Réunion le 20 avril 19201, Cadière célèbre l'ouvrage de Maybon en ces termes :

« L'un de nos confrères, M. Charles B. Maybon, directeur de l'école française municipale de Shanghai, vient de faire imprimer, sous le titre ci-dessus, un ouvrage de tout premier ordre ; c'est par lui qu'il a soutenu de haute lutte son doctorat ès lettres. Les membres de l'Association des Amis du Vieux Huế y trouveront un résumé essentiel de toutes les données de l'histoire du pays d'Annam pour la période que l'auteur s'est fixée, des indications méthodiques et détaillées sur toutes les sources, indigènes aussi bien qu'européennes, qui sont le fondement de cette histoire, et enfin quantité de détails d'importance touchant les événements qui ont eu Huê pour théâtre, et, par là même, une mine abondante pour des recherches particulières. Pour toutes ces raisons, cet ouvrage remarquable méritait d'être présenté »2.

Une présentation aussi chaleureuse, sous la plume d'un savant réputé pour sa prudence, nous obligeait à lire. Le livre a pour titre complet : Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820), étude sur les premiers rapports des Européens et des Annamites et sur l'établissement de la dynastie annamite des Nguyễn3.

Le titre dit assez le contenu : l'ouvrage se partage en deux, mais la seconde partie l'emporte sur la première. Et dans cette seconde partie, l'établissement de la dynastie des Nguyễn, la période où Gia Long fonde son règne est l'essentiel ; deux portraits s'y détachent, celui de Gia Long et celui de Pigneau de Béhaine. Maybon a donné deux chapitres à Pigneau de Béhaine, et Cadière observe justement : « le portrait de Pigneau est plus travaillé, et tracé avec plus d'affection ».

Le savant religieux poursuit : « Je conseille au lecteur français, curieux du passé annamite et fier de ce que nous avons réalisé ici, de lire le chapitre intitulé "Concours apporté par l'évêque au prétendant" : la psychologie la plus pénétrante s'y allie à la plus sage et à la plus habile utilisation des textes »4.

Il nous a donc fallu lire de près ce précieux chapitre : d'abord pour comprendre ce qu'est la psychologie la plus pénétrante alliée à la plus sage et à la plus habile utilisation des textes. Ensuite pour montrer au lecteur vietnamien, lui aussi fort curieux du passé annamite, ce que donne l'alliance de « la psychologie la plus pénétrante » et de « la plus sage et de la plus habile utilisation des textes » dans l'ouvrage de Maybon.

Au chapitre 5, Qui a sauvé Nguyễn Ánh de la traque de Nguyễn Huệ, nous avons déjà exposé comment l'historien Maybon usait de « la plus sage et de la plus habile utilisation des textes » pour « prouver » que Pigneau de Béhaine avait « sauvé Nguyễn Ánh de la mort » en septembre-octobre 1777. Nous n'y reviendrons pas ici : nous nous en tiendrons aux deux sujets principaux du chapitre Concours apporté par l'évêque au prétendant, à savoir :

1- Comment Maybon « prouve »-t-il que Pigneau de Béhaine « trouva de lui-même des fonds pour Nguyễn Ánh » ?

2- Sur quelles preuves Maybon « prouve »-t-il que Pigneau de Béhaine « combattit en personne les Tây Sơn à Diên Khánh en 1794 » ?

3- Il est encore un sujet dans ce livre, celui où Maybon « prouve l'éclatant fait d'armes de Dayot à la bataille de Thị Nại en 1792 » : il sera traité au chapitre 19, Jean-Marie Dayot.

Avant d'aller plus loin, nous demandons qu'on nous pardonne d'entrer dans le détail, parfois jusqu'à l'excès, d'un raisonnement — de quoi agacer le lecteur, mais il le faut pour mettre au jour un système de sophismes organisé, qui repose sur l'omission ou la dissimulation des documents originaux au profit de « documents » montés de toutes pièces, mensongers, fabriqués, afin d'effacer la vérité historique et de lui substituer une « autre histoire ». C'est aussi une façon de disséquer les procédés de l'historien Maybon dans son Histoire moderne du pays d'Annam.

Louis XVI annule le traité de Versailles

Avant de disséquer la manière d'écrire l'histoire du savant Maybon, et pour que le lecteur suive plus aisément, il nous faut exposer clairement comment le gouvernement français en vint à annuler le traité d'assistance de Versailles.

  • Le 28 novembre 1787, le traité d'assistance est signé à Versailles entre l'évêque Pigneau de Béhaine et le comte de Montmorin, ministre des Affaires étrangères du roi Louis XVI.

  • Le 2 décembre 1787, le ministre de la Marine (le maréchal de Castries) adresse au gouverneur général français aux Indes (le comte de Conway, arrivé à Pondichéry en septembre 1787) et au chevalier d'Entrecasteaux (gouverneur général français de l'Ile de France, c'est-à-dire l'île Maurice) une lettre d'ordre semblable : ce sont les deux hommes chargés de mettre en marche le corps expéditionnaire depuis ces deux points vers le Viêt Nam. Voici l'ordre envoyé à de Conway :

Le 2 décembre 1787

« Le roi, Monsieur, s'étant déterminé à accorder des secours au prince de la Cochinchine, pour qui l'évêque d'Adran était venu en France les réclamer de sa bonté, c'est sur vous que Sa Majesté a arrêté son choix pour commander l'expédition et diriger l'établissement qui doit en être la suite. Ses intentions vous sont clairement manifestées par les Instructions, ci-jointes, dont l'une est ostensible, selon l'usage que votre prudence vous suggérera d'en faire, l'autre secrète. Cette dernière vous laisse maitre de ne point entreprendre l'opération ou de la retarder, d'après votre opinon personnelle, les documents que vous aurez reçus, ou ceux que vous pourrez recevoir, tant sur la facilité du succès que sur les avantages de l'établissement projeté. Une telle marque de confiance de Sa Majesté vous prouve combien elle se repose sur vos lumières et sur votre zèle »5.

Le 18 mai 1788, Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh arrivent à Pondichéry. De Conway refuse de faire mouvement, puisque Louis XVI lui a laissé toute liberté de décider : n'attaquer que si la victoire est facile.

De Conway s'informe, recueille sur la Cochinchine des renseignements entièrement faux, juge ce pays sans intérêt — les Anglais, les Hollandais n'ont pas daigné s'en emparer —, et l'expédition sans profit aucun pour la France ; nous y reviendrons plus bas.

Mais Pigneau de Béhaine ignore absolument que Louis XVI a laissé à de Conway le soin de décider d'attaquer ou non ; il croit toujours que la marche des troupes n'est que retardée, et retardée parce que Conway lui est hostile. Aussi, d'une part, l'évêque écrit-il au ministre des Affaires étrangères de Montmorin pour dénoncer les atermoiements de de Conway et le supplier d'intervenir ; d'autre part, il écrit à de Conway pour demander à rentrer le premier en Cochinchine, afin de :

  • Faire savoir à Nguyễn Ánh que le prince est arrivé sain et sauf, mais que l'envoi des renforts est retardé faute de mousson favorable.

  • Observer la situation et arrêter le plan du débarquement.

  • Persuader Nguyễn Ánh de passer à Pondichéry, pour, d'un côté, faire pression sur de Conway et le contraindre à décider l'envoi des troupes, et, de l'autre, obtenir de Nguyễn Ánh qu'il guide les Français vers les passes où débarquer, car lui-même n'en sait rien, et de Conway l'a rudement pressé de questions là-dessus.

Ce que fit Pigneau de Béhaine se lit dans les lettres qui suivent :

1- Dans une lettre du 20 mai 1788 adressée à un correspondant dont le nom n'est pas donné, mais que le contenu fait reconnaître pour le comte de Montmorin, ministre et signataire du traité de Versailles, Pigneau de Béhaine écrit :

« Il m'a fallu bien de la peine pour décider M. de Conway à envoyer au roi de Cochinchine les nouvelles que je souhaitais, à savoir : le retour du prince en bonne santé, le succès du voyage, les raisons qui empêchent les secours du roi de France d'arriver cette année, et enfin le temps et les moyens qu'on emploiera pour les faire parvenir au roi de Cochinchine l'année prochaine.

J'ai proposé à M. de Conway d'y aller moi-même [en Cochinchine], mais il n'y a pas consenti. J'ai dû me résoudre à envoyer par le vaisseau un prêtre cochinchinois6 en qui le roi a confiance, avec des interprètes du pays »7.

Telle est la première lettre d'alarme ; Pigneau de Béhaine en écrira bien d'autres, dénonçant les « obstructions » de de Conway, qu'il juge très dommageables à la France. De Conway répond à toutes ces attaques par cette phrase : « Je ne fais qu'exécuter les ordres du roi », ce qui met l'évêque hors de lui.

Dans la lettre du 14 juin 1788 à de Conway, après avoir reproché au comte de chercher par tous les moyens à retarder l'ordre du roi de France, Pigneau de Béhaine écrit :

« Au nom du Roi et comme son envoyé auprès du roi de Cochinchine, je demande les moyens de poursuivre ma route sur la frégate qui m'a amené de France jusqu'ici, afin d'aller moi-même sur les lieux [les reconnaître] et d'assurer la marche des troupes l'année prochaine. Pour des raisons que vous comprenez aussi, il conviendrait d'y joindre une corvette, mais ce point est laissé à votre prudence : je ne demande que la Dryade. Monsieur le Comte, si vous accordez ce que j'ai l'honneur de vous proposer, alors, pour qu'ils y ajoutent foi, veuillez m'écrire un acte signé de vous, déclarant qu'il vous est impossible d'exécuter cette année l'ordre du roi [de France], et que c'est pour cela que vous m'envoyez en avant examiner toutes choses et chercher le roi de Cochinchine, pour l'amener ici s'il se peut.

Monsieur le Comte, c'est là le dernier moyen qui soit en mon pouvoir. Je dois m'en saisir en hâte, pour l'honneur de Sa Majesté et pour l'intérêt de notre pays. Si vous avez des raisons de refuser, vous êtes trop juste pour ne pas me les faire connaître par écrit. Vous savez aussi bien que moi qu'il me faut rendre compte de tout à la Cour [de France] et attester que je n'ai rien négligé pour répondre à la confiance qu'elle a mise en moi. »8

Pigneau de Béhaine dit d'abord pourquoi il veut rentrer en Cochinchine sur la Dryade, et demande, si faire se peut, que de Conway envoie un second navire avec lui, pour qu'il aille en personne organiser le débarquement et ramener Nguyễn Ánh à Pondichéry. Puis il menace de Conway : si celui-ci ne le fait pas, qu'il écrive au moins noir sur blanc pourquoi il ne le fait pas. Mais de Conway, ayant décidé de ne pas faire mouvement, ne veut pas non plus faire venir Nguyễn Ánh à Pondichéry.

2- Dans la lettre du 11 juillet 1788 à de Conway, Pigneau de Béhaine fait valoir qu'envoyer les troupes en 1788 est désormais trop tardif — en juillet, la mousson n'est plus favorable, il faut attendre l'année suivante ; aussi supplie-t-il Conway, une fois de plus, de le laisser partir en avant pour expliquer ce retard à la cour de Cochinchine :

« De mon côté, après un exemple de cette nature, je ne croirais plus pouvoir me justifier auprès de la Cour [de Cochinchine], si je laissais à d'autres des soins que je peux seul prendre avec sureté. Je me croirais d'ailleurs indigne de la confiance dont le roi [de Cochinchine] a bien voulu m'honorer, si j'osais préférer ma tranquillité [à Pondichéry] à un voyage pénible pour moi à la vérité, mais devenu nécessaire pour le bien de son service.

C'est pour cette raison, Monsieur le Comte, que je renouvelle les demandes que j'ai déjà eu l'honneur de vous faire dans ma première lettre, et que j'ose vous prier de ne plus différer à vous décider.

Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile »9.

La phrase « je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile » s'éclaire par celle qui précède : je ne croirais plus pouvoir me justifier auprès de la Cour [de Cochinchine], si je laissais à d'autres des soins que je peux seul prendre avec sureté.

C'est-à-dire : Pigneau de Béhaine demande à rentrer en Cochinchine pour se justifier devant la cour. De quoi il doit se justifier, et comment, c'est la lettre du 16 juillet 1788 à de Montmorin qui le dit ; il y expose le péril : si la France ne débarque pas tout de suite, les Portugais et les Anglais n'hésiteront pas à le faire, et la France perdra tous ses droits et sa colonie en Cochinchine. Il lui faut donc rentrer en personne au Viêt Nam pour persuader la cour de Cochinchine d'attendre les renforts du gouvernement français et de ne se donner à aucune autre puissance. Il écrit :

« Sa réponse [de de Conway], comme si la chose passait ma compétence, est toujours la même : il n'obéit qu'aux ordres du roi et ne peut rien me révéler de plus.

J'ai insisté de toutes mes forces : que s'il faisait peu de cas de mes propositions, il ne pourrait exécuter fidèlement les ordres du roi ; que les Portugais, qui ont déjà fait leur cour au roi de Cochinchine, pouvaient y porter des troupes avant nous, et les Anglais de même ; que le roi, qui m'attend depuis si longtemps sans nouvelles, se découragera et se donnera au premier groupe qui viendra le secourir. Il faut donc que je parte en avant, pour dire au roi tout ce que la cour de France a consenti et que le prince est revenu sain et sauf… mais il m'a répondu, bref comme la fois précédente : je n'obéis qu'aux ordres du roi. »10 Pigneau de Béhaine supplie ensuite de Montmorin, dès réception de cette lettre, de vouloir bien lui renvoyer l'ordre du roi et celui du ministre ; il propose en même temps, si la cour veut encore exécuter l'expédition, qu'elle en change le chef, de Conway étant incapable ; et il conclut : si la cour ne veut pas exécuter le traité signé, qu'elle envoie de nouveaux ordres et fasse ramener le prince dans son pays ; quant à lui, il ne peut plus retourner dans ce pays-là, il demande à rentrer en France11.

Quatre jours après cette lettre de Pigneau de Béhaine au ministre des Affaires étrangères, le 20 juillet 1788, de Conway adresse au maréchal de Castries, ministre de la Marine, une longue lettre où il raconte : quand il a rencontré Pigneau de Béhaine à Paris, il croyait au projet d'expédition et se réjouissait de voir que « le roi allait avoir une Colonie nouvelle ». Dès son arrivée à Pondichéry [en septembre 1787], il s'est informé de la Cochinchine, et il a appris qu'on avait envoyé le capitaine de vaisseau de Richery, à bord de la flûte Castries, reconnaître la situation ; mais Richery n'a servi à rien, n'a rien fait, il a seulement commercé en Chine, et, sous prétexte de vents contraires et d'équipage malade, n'a pu revenir à Pondichéry. De sorte qu'on ne sait pas où est le roi de Cochinchine ; il semble qu'il n'ait rien et ne puisse rien, et l'on ne sait même pas s'il y a encore un roi. Dans le traité, M. l'évêque déclare que ce pays cédera à la France Côn Đảo et l'île de Hội An [Cù Lao Chàm] ; mais d'après le rapport de M. d'Après, Côn Đảo n'a que quelques centaines de forçats évadés, c'est un lieu infect, les Anglais l'ont occupé quelques années puis abandonné ; quant à Cù Lao Chàm, j'ai demandé au sieur évêque ce qu'il en était, il m'a dit qu'on y pouvait cultiver le riz ; je lui ai demandé ce qu'il y avait sur la terre ferme en face, il m'a dit qu'elle était abandonnée parce qu'on fuyait les troupes du Nord (les Tây Sơn). Voilà donc les terres qu'on cédera à la France : une île abominable où personne n'ose vivre et une île déserte en face d'une terre ferme déserte elle aussi, et quant au roi de Cochinchine, on ne sait où il erre… Le pays d'Annam n'a aucune ressource digne de ce nom, le climat en est mauvais, quatre mois de pluie par an, le commerce nul, et il faudrait lever des troupes pour aller s'en emparer… Quel profit peut-on tirer de la promesse d'un roi qui n'a rien entre les mains ? Le Portugal, l'Espagne, la Hollande, l'Angleterre s'emparent de leurs colonies : personne ne signe de traité. Si le pays viêt était si riche, pourquoi les Anglais, les Hollandais ne s'en sont-ils pas emparés ? etc. Les ordres que j'ai reçus prouvent que la cour n'a rien décidé de l'expédition, et voilà que M. l'évêque déclare en hâte qu'il partira sous peu, sans navire, sans moyen de transport, sans vivres, sans argent, sans rien…12

Cette lettre est sans doute l'une des raisons principales qui décidèrent Louis XVI à abandonner le traité de Versailles. À la fin, le 15 août 1788, de Conway consent tout de même à envoyer de Pondichéry vers la Cochinchine les deux navires Dryade et Pandour, commandés par de Kersaint et de Préville, pour reconnaître la situation ; mais il refuse absolument que Pigneau de Béhaine parte avec eux. Bien plus, de Conway ordonne aux deux capitaines de n'aller qu'en espions, pour recueillir des nouvelles et lever la carte des côtes du pays d'Annam, et, s'ils rencontrent Nguyễn Ánh, de ne le ramener à Pondichéry sous aucun prétexte.

Le 28 août 1788, de Conway écrit au ministre de la Marine de La Luzerne :

« M. l'évêque d'Adran voulait monter sur la Dryade pour diriger le voyage et amener ici le roi de Cochinchine. J'ai expliqué à ce prélat que sa présence ici était très nécessaire à l'expédition, et que je ne pouvais accéder à sa demande. J'ai également ordonné à M. de Kersaint de ne ramener ici le roi de Cochinchine sous aucun prétexte »13.

En novembre 1788, Louis XVI décide d'abandonner tout à fait l'expédition.

Voici le rapport du ministre de la Marine de La Luzerne à Louis XVI, avec la signature du roi et le mot « approuvé » de sa main.

Le 16 novembre 1788,

« L'intention de Sa Majesté, en conseil, est d'envoyer un aviso porter à M. de Conway l'ordre de renoncer à l'occupation de la Cochinchine, de renvoyer le prince et sa suite où ils voudront, et de laisser l'évêque d'Adran revenir en France, comme il l'a demandé, si l'expédition n'a pas lieu.

Toute réflexion faite, j'ai demandé à Sa Majesté d'envoyer une copie de cet ordre par voie de terre, et une autre par un vaisseau marchand allant aux Indes. L'ordre est bref et pacifique : il n'y a donc pas de danger qu'il soit intercepté en route. Il suffit qu'une copie parvienne à Pondichéry avant la saison où l'on peut appareiller pour la Cochinchine. Sa Majesté évitera ainsi de grandes dépenses, et nous garderons l'aviso pour porter l'ordre d'évacuer les Indes, avec le détail des réformes à faire une fois ce but atteint. »

Ordre de M. de Vaires14

« Par ordre du roi, je défends absolument à M. de Conway de faire marcher les troupes sur la Cochinchine. »

Ordre de M. de Vaires

« Il faut répondre poliment à l'évêque d'Adran, et lui faire savoir que l'état présent des choses et les nouvelles reçues ont décidé le roi à abandonner l'expédition de Cochinchine. »

Lettre du ministre de La Luzerne à l'évêque Pigneau de Béhaine :

Versailles, le 16 avril 1789,

« Monsieur, j'ai eu l'honneur de recevoir la lettre que vous m'avez écrite le 28 août [1788] touchant les retards apportés aux moyens d'exécuter l'expédition de Cochinchine. Je ne puis que [vous] renouveler la lettre que je vous ai écrite pour vous annoncer que cette expédition ne pouvait avoir lieu. J'autorisais M. le comte de Conway à vous fournir les moyens de revenir en France, si vous préfériez ce parti ».15

Le 15 mars 1789, de Conway écrit une lettre où le destinataire n'est pas nommé — sans doute un ministre — et dénonce derechef les inventions de Pigneau de Béhaine : car d'après le rapport de de Kersaint, qui vient de rentrer, Côn Đảo est un lieu infect et Cù Lao Chàm une île déserte, et personne ne gaspillerait son argent à une telle expédition16.

Le 18 mars 1789, Pigneau de Béhaine écrit à de Conway une très longue lettre, de Virampatnam (où il réside, près de Pondichéry), pour lui donner les nouvelles les plus fraîches : le roi Nguyễn est aujourd'hui maître de cinq trấn — Saigon, Đồng Nai (Biên Hoà), Mỹ Tho (Định Tường), Long Hồ (Vĩnh Long) — et de Hà Tiên, qui a toujours dépendu des seigneurs Nguyễn. Le roi a une armée de soixante à quatre-vingt mille hommes, une cinquantaine de galères de guerre, deux vaisseaux et de quatre à cinq cents bâtiments de guerre. Les vivres abondent, on y produit beaucoup de riz. Par mégarde, de Kersaint a manqué le rendez-vous fixé avec Hồ Văn Nghị et n'a pu recevoir les paquets que le roi Nguyễn lui adressait, où se trouvait une lettre de remerciement du roi Nguyễn à Louis XVI… Selon lui, le roi n'a plus besoin aujourd'hui que d'un détachement français, si petit soit-il, pour la montre, afin de rassurer le peuple. Il suffit donc que de Conway envoie une frégate, une corvette, quelque trois cents hommes, cinquante artilleurs, cinquante soldats noirs et six pièces de campagne avec leurs munitions. Enfin, une fois de plus, Pigneau de Béhaine supplie de Conway :

« Monsieur le Comte, j'ai rempli mon devoir envers la cour de France et envers le roi de Cochinchine ; je vous en conjure, pour l'honneur et pour l'intérêt du roi, et surtout pour que notre pays n'ait pas la honte de manquer de parole à un prince étranger qui s'en est entièrement remis à l'engagement du roi, je vous prie de ne pas refuser ce que je viens de demander au nom de ce prince… Si vous consentez à envoyer ce petit détachement, nos démêlés tomberont dans l'oubli… »17

Le 15 juin 1789, Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh s'embarquent sur la Méduse pour Gia Định.

Le 14 juillet 1789, ils arrivent à Vũng Tầu.

Le 5 octobre 1789, Pigneau de Béhaine écrit au comte de Vaires, intendant général des Colonies, pour lui raconter : quand je suis parti demander du secours en France, Nguyễn Ánh se cachait encore au Siam ; mais à mon retour, Nguyễn Ánh avait repris par ses propres forces la presque totalité de ses terres. Je regrette bien que la France ait laissé passer une occasion en or de s'établir au pays d'Annam, etc.

Voilà, pièces en main, tout le voyage de Pigneau de Béhaine en quête de secours ; et là-dedans, une phrase qu'il écrivit à de Conway :

« Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile ».

Elle sera citée par Maybon, à qui il donnera un sens tout autre, pour « prouver » que Pigneau de Béhaine avait des fonds de quoi mener l'expédition, à défaut du gouvernement français.

Maybon « prouve » que Pigneau de Béhaine avait des fonds

Maybon ne dit pas un mot de tous les documents et de toutes les lettres que nous venons de traduire largement — non qu'il les ignore, mais parce qu'il veut bâtir un autre mythe, à partir du Pigneau de Béhaine de Faure (dont il affecte pourtant de faire peu de cas, Faure produisant parfois des textes qui ne servent pas Pigneau de Béhaine).

Ce mythe consiste pour l'essentiel à établir que Pigneau de Béhaine eut la « première part » dans l'œuvre de Gia Long. Outre le « bienfait d'avoir sauvé sa vie », dont il a été question au chapitre 5, Maybon n'hésite pas à se servir des documents de Faure et de ceux de de Guignes que Faure a réimprimés pour « prouver » qu'après le refus de l'expédition par le roi de France, Pigneau de Béhaine fournit à Nguyễn Ánh des navires et des armes, et combattit lui-même les Tây Sơn. Pour cela, Maybon use toujours du même procédé : le découpage des textes. Il ouvre ainsi le chapitre Concours apporté par l'évêque au prétendant :

« Pigneau n'était pas sans avoir, pour sa bonne part, contribué au relèvement de la situation de Nguyễn Ánh : on se rappelle que, dès le début de son séjour à Pondichéry, au cours d'une conversation sans doute assez vive, il avait dit à Conway en présence de Saint-Riveul, "que lui, évêque d'Adran, ferait seul la révolution". Plus tard, le 11/7/1788, écrivant au général pour réitérer sa demande d'être envoyé en Cochinchine, il disait : "Si vous consentez à me laisser partir… je vous ferai part des ressources que j'ai seul pour rendre ce voyage utile". Il n'aurait pas tenu un tel langage s'il n'avait pas eu par devers lui des moyens assurés de contribuer à l'expédition, quels étaient ces moyens ?

Il avait reçu à son départ de France, en remboursement de ses avances, 30.000 livres du ministère [des Affaires étrangères]. L'évêque avait dépensé de ces fonds pour l'entretien du prince, au delà de 40.000 livres, en sus des sommes que lui avait remises Nguyễn Ánh. Le maréchal de Castries lui avait fait remettre 4.000 écus pour les dépenses du prince à Paris ; mais pour le voyage de retour, et les autres besoins, Pigneau n'avait "plus aucune ressource" (…)

Mais cette somme [30.000 livres], jointe à quelques biens qui lui étaient propres, ne pouvait suffire à couvrir une expédition de cette importance… »18. Maybon énumère ensuite les autres « ressources » de Pigneau de Béhaine, dont il sera question plus bas.

Les paroles de Pigneau de Béhaine que Maybon cite là sont tirées de la lettre du 11 juillet 1788 à de Conway, que nous avons traduite plus haut. La voici :

« Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile ». Maybon la raccourcit ainsi : « Si vous consentez à me laisser partir… je vous ferai part des ressources que j'ai seul pour rendre ce voyage utile ». Puis il ajoute la phrase qui suit : « Il n'aurait pas tenu un tel langage s'il n'avait pas eu par devers lui des moyens assurés de contribuer à l'expédition, quels étaient ces moyens ? » Et le voilà qui refixe au mot ressources le sens de fonds. Ce que Maybon veut ici, c'est mettre dans la bouche de Pigneau de Béhaine deux phrases dont le sens est :

  • « Si vous refusez de faire mouvement, moi, Pigneau de Béhaine, je puis faire cette révolution à moi seul. »

- « Si vous me laissez rentrer en Cochinchine, je vous ferai connaître les fonds qui me sont propres pour financer l'expédition. »

En vérité, Pigneau de Béhaine n'a jamais rien dit de tel.

Maybon a pris des paroles de Pigneau de Béhaine dans un tout autre contexte, il les a transportées ici, et il les a tournées vers le sens qu'il voulait.

Sur la première : « que lui, évêque d'Adran, ferait seul la révolution », le mot révolution ne convient pas ici. Pigneau de Béhaine employait les mots avec une grande exactitude ; on ne sait donc pas si l'évêque a prononcé ce mot-là pour désigner l'« expédition », ou s'il en a dit un autre que Saint-Riveul a remplacé par celui-ci, et que Maybon rattache équivoquement à l'affaire de l'expédition.

Sur la seconde : « Si vous consentez à me laisser partir… je vous ferai part des ressources que j'ai seul pour rendre ce voyage utile », Maybon a purement et simplement usé d'un tour de passe-passe pour abuser le lecteur qui ne connaît pas la situation — celle que nous venons de voir en pleine lumière.

La phrase entière de Pigneau de Béhaine est celle-ci : « Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile ».

Le mot ressources n'a ici que le sens d'expédients : Pigneau de Béhaine désigne par là la justification qu'il présentera à la cour du Viêt Nam sur le retard des secours français, le conseil qu'il lui donnera de patienter et de ne pas accepter l'aide des Portugais ni des Anglais, et en même temps le moyen d'attirer Nguyễn Ánh à Pondichéry pour que le roi conduise lui-même le corps expéditionnaire français au Viêt Nam.

Voilà ce que Pigneau de Béhaine s'efforçait de faire pour servir le roi de France et les intérêts de la France, comme il le dit dans ses lettres. Insistons encore une fois : le mot ressources, dans le contexte de cette phrase, ne signifie qu'expédient, que stratagème, et non fonds, ni biens, ni argent.

Mais Maybon a retranché tout le contexte que Pigneau de Béhaine expose dans ses lettres précédentes, il n'a cité que la dernière phrase — « Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile » —, puis il en a changé le sens en « Si vous consentez à me laisser partir… je vous ferai part des ressources que j'ai seul pour rendre ce voyage utile », en la plaçant dans un tout autre cadre de signification, pour orienter le lecteur vers l'envoi du corps expéditionnaire : « si vous refusez d'envoyer les troupes, j'aurai des fonds à moi pour le faire » ! L'historien a usé des documents avec une déloyauté qui passe l'imagination.

Tout tient au mot ressources. Il a exploité la polysémie de ce mot — moyens, revenus, expédients… —, et il a découpé dans la lettre de Pigneau de Béhaine une phrase où ressources signifie expédients, pour la coller ailleurs et contraindre le lecteur à entendre ressources au sens d'argent dépensé pour l'expédition ; ce qui ne se trouve nulle part dans la lettre de Pigneau de Béhaine.

Faute d'avoir trouvé la moindre preuve digne de foi que Pigneau de Béhaine disposât de fonds pour l'expédition, Maybon a bien dû recourir à un tel artifice.

Maybon « prouve » que Pigneau de Béhaine « trouva de lui-même » des fonds

Que Louis XVI ait annulé le traité de Versailles de 1787 est chose établie, chacun le sait. Mais les plumes coloniales ont ensuite lancé une autre nouvelle : Pigneau de Béhaine se serait débrouillé pour trouver des fonds, acheter des vaisseaux, des munitions, des armes, et lever des soldats pour aider Nguyễn Ánh. Cherchons donc comment cette « nouvelle » s'établit chez l'historien Maybon.

  • D'abord, le journal de traversée de la Méduse (le navire sur lequel Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh rentrèrent au Viêt Nam), relevé par Alexis Faure, donne les noms de ceux qui débarquèrent à Vũng Tầu :

« Débarqués à Saint-Jacques [Vũng Tầu] le 28/7/1789 : le prince de Cochinchine et son cousin, l'évêque d'Adran, Paul, Gilles, Barthélemy et Nam, gardes du prince, Boisserant, Pillon, Tarin, Leblanc, missionnaires, Gérard, Le Tousse (Mathieu), cuisiniers, Fransique, Bonaventure, Isidore, domestiques de Monseigneur »19. La suite qui accompagne le prince et l'évêque compte donc quinze personnes en tout : un cousin, quatre gardes du prince, quatre missionnaires, deux cuisiniers et trois domestiques de l'évêque. Outre ce renseignement de Faure, on dispose de sources directes : les lettres de l'évêque Pigneau de Béhaine et du missionnaire Langenois. Trois lettres méritent attention :

1- Lettre du 12 août 1789, de Langenois à Létondal, procureur de la maison de Macao :

« Monseigneur et le petit de dix ans sont arrivés à la cour de Bến Nghé [Gia Định] le 29 juillet ; je suis moi-même monté de Sa Đéc le 5 août pour voir Monseigneur et les quatre nouveaux missionnaires revenus avec lui, dont j'emmènerai M. Jacques Pilon, quarante-six ans, Normand, de Coutances, dès que j'aurai le papier pour passer la douane de Cochinchine. »20

2- Lettre de Pigneau de Béhaine à Létondal, juillet 1789 (sans quantième) :

« Je viens d'arriver en Cochinchine,… je suis revenu sans les secours que le roi de France avait accordés à celui de Cochinchine ; mais j'ai confiance que la divine Providence en aura ainsi disposé… J'attends, sous peu de jours, des vaisseaux marchands de Pondichéry, qui, s'ils arrivent, suppléeront aisément aux vaisseaux de guerre… Le roi sera dispensé de leur accorder du terrain, il en sera quitte pour leur payer les dépenses qu'ils auront pu faire et leur donner des gratifications »21.

Les termes de cette lettre sont un peu obscurs, car le père Launay ne l'a pas imprimée en entier. Nous pouvons néanmoins en saisir l'essentiel :

  • L'évêque revient les mains vides. La France n'a rien donné.

  • Il attend les vaisseaux marchands de Pondichéry, qui « suppléeront aisément aux vaisseaux de guerre ». Que veut dire cette phrase ? Pourquoi des vaisseaux marchands pourraient-ils « suppléer » à des vaisseaux de guerre ?

Si l'on relit la lettre du 18 mars 1789 à de Conway, citée plus haut, écrite avant son retour en Cochinchine, on y trouve un passage qui donne à entendre ceci : Nguyễn Ánh n'a plus besoin aujourd'hui que d'un détachement français, si petit soit-il, pour la montre (pour en imposer, pour donner le change à l'adversaire, pour faire croire que Nguyễn Ánh a les Occidentaux avec lui) et rassurer le peuple ; c'est pourquoi Pigneau de Béhaine supplie de Conway de n'envoyer qu'une frégate, une corvette, quelque trois cents hommes, cinquante artilleurs, cinquante soldats noirs et six pièces de campagne avec leurs munitions, ce qui suffira. Alors le sens de la phrase devient clair : ces vaisseaux marchands venus de Pondichéry tiendront équivoquement lieu des vaisseaux de guerre français venus faire la parade, et de la sorte « le roi sera dispensé de leur accorder du terrain », et « il en sera quitte pour leur payer les dépenses qu'ils auront pu faire et leur donner des gratifications ». Si tel est bien le sens de cette phrase, Pigneau de Béhaine avait vraiment du cœur pour Gia Long.

3- La lettre suivante de Pigneau de Béhaine nous le fait mieux comprendre encore. Dans celle du 17 août 1789 à Létondal, on lit ce passage :

« (…) Le prince et moi avons été reçus avec toutes les marques de joie et de satisfaction que le roi pouvait donner. Tout ce qui s'est passé ce jour-là parle assez, il n'y a rien à y ajouter. Le roi, la reine mère, la reine, la famille royale, en un mot toute la cour, ont montré une joie indicible de nous revoir.

La seule chose qui pût tempérer cette joie extrême est que je suis revenu avec une seule frégate, et qu'elle doit repartir aussitôt pour Manille. (…)

Toute la cour est tombée des nues devant cette conduite [du roi de France], et plusieurs mandarins m'ont fait part de leur inquiétude. Le roi, quoiqu'il voie clairement la situation, ne paraît pas très inquiet ; je crains qu'il ne se fie trop à sa force, mais sans le secours des Occidentaux il essuiera encore des revers. La force de son infanterie et de sa marine est vraiment grande pour ce pays, surtout si l'on considère la rapidité avec laquelle il l'a formée ; le peuple néanmoins reste épouvanté, et il ne se rassurera qu'en voyant des troupes étrangères venir au secours de l'armée du roi. Si les vaisseaux marchands de l'Ile de France et de Pondichéry arrivent, comme nous l'espérons, il y a tout lieu de croire que le roi reprendra sans peine le reste de son territoire ; mais s'ils ne viennent pas, non plus que tant d'autres choses que nous espérons, Dieu seul sait ce qu'il adviendra quand le roi en viendra aux mains avec les rebelles. Je remets cette affaire à vos prières [Létondal] et à celles de vos proches. Après tout ce qui a été tenté, je ne sais plus que la remettre entre les mains de Dieu »22.

Les paroles de Pigneau de Béhaine établissent encore ceci :

  • L'évêque est revenu sur un seul navire, et ce navire doit partir aussitôt pour les Philippines.

  • Toute la cour s'inquiète de voir que la France n'exécute pas le traité.

  • Seul le roi ne laisse rien paraître de son inquiétude, parce qu'il se fie à la force de son armée.

  • Mais le peuple reste « épouvanté » (il craint Quang Trung) et souhaite le secours de troupes étrangères.

  • « Si les vaisseaux marchands de l'Ile de France et de Pondichéry arrivent, comme nous l'espérons » : cette phrase ruine tous les raisonnements qui veulent que Pigneau de Béhaine ait déboursé son argent ou quêté des fonds pour acheter des armes à Nguyễn Ánh ; car s'il avait acheté des armes, il n'aurait pas eu à espérer la venue de ces vaisseaux marchands : ces vaisseaux devraient nécessairement venir à Saigon livrer leur cargaison.

- La phrase suivante est plus significative encore : « mais s'ils ne viennent pas, non plus que tant d'autres choses que nous espérons » — preuve que « la relâche de ces vaisseaux marchands à Saigon » n'était qu'un de ses vœux, comme tant d'autres. Pourquoi ?

- Parce qu'il croyait, comme il l'avait écrit dans la première lettre, que ces vaisseaux marchands « suppléeraient » aux vaisseaux de guerre, c'est-à-dire qu'ils tromperaient le peuple aussi bien que les Tây Sơn : le peuple, voyant des navires étrangers « venus au secours », reprendrait courage, et les Tây Sơn, voyant arriver des navires occidentaux, seraient saisis d'effroi ! Pigneau de Béhaine y croyait absolument : à l'automne 1791, voyant Quang Trung maître du Laos et prêt à marcher sur le Sud, il eut si peur qu'il voulut s'en aller en emmenant tous les Français ; dans sa lettre à Létondal du 14 septembre 1791, il fait à Nguyễn Ánh ce reproche :

« … Le roi n'a pas su profiter de l'occasion qu'il avait de battre ses ennemis ; il leur a donné le temps de revenir de leur frayeur et de s'assurer que tout ce qu'on disait du secours des Européens n'était que chimères »23. Cette phrase prouve que tout le monde savait que le secours de la France était chimère.

  • Dernière phrase : « Après tout ce qui a été tenté, je ne sais plus que la remettre entre les mains de Dieu » — elle prouve la profonde déception de l'évêque.

Voilà ce que l'évêque Pigneau de Béhaine a écrit de sa main, et qui confirme : il est revenu les mains vides, sans navire, sans armes, sans soldats levés.

Mais l'historien Maybon n'y consent pas : il entend « prouver » le contraire, à savoir que l'évêque non seulement trouva des fonds pour acheter des armes, mais mena encore toute une campagne pour que des navires étrangers vinssent fournir des armes à Nguyễn Ánh !

Maybon « expose » les sources de financement de Pigneau de Béhaine

Après avoir « prouvé » que Pigneau de Béhaine avait ces ressources sous la main, et que c'est pour cela qu'il osa déclarer « hardiment » : « Si vous refusez de faire mouvement, moi, Pigneau de Béhaine, je puis faire cette révolution à moi seul » et « Si vous me laissez rentrer en Cochinchine, je vous ferai connaître les fonds qui me sont propres pour financer l'expédition », Maybon énumère quelques-unes des « principales sources de financement » de Pigneau de Béhaine :

1- Première source de financement : les négociants « patriotes »

Maybon établit que les âmes charitables et patriotes de l'Ile de France déboursèrent leur argent pour aider l'évêque Pigneau de Béhaine, et voici sa preuve :

« On peut lire dans le mémoire présenté à l'Assemblée nationale le 2/12/1790 par les habitants de l'île [l'Ile de France] que si, en 1787, le ministère [des Affaires étrangères et de la Marine] avait décidé de laisser l'Ile de France préparer l'envoi du corps expéditionnaire en Cochinchine, "on eût trouvé dans cette île les volontaires, les Cafres, les escadres et les munitions nécessaires à cette importante expédition". Et les auteurs de ce mémoire affirment encore : "Plusieurs négociants patriotes [français] de cette colonie avaient offert à l'évêque d'Adran toutes leurs ressources pour l'aider dans l'exécution d'un projet qui serait devenu si avantageux à la nation"24. Maybon nomme ensuite deux hommes puissants et fortunés, connus de Pigneau de Béhaine, qui deviendront plus tard députés : Charpentier de Cossigny à l'Ile de France et Louis Monneron à Pondichéry.

Quelques remarques sur ce passage :

  • Ceux que Maybon appelle les habitants de l'île ne sont en réalité que vingt-quatre colons ; car les habitants de l'île — ceux qu'on nomme indigènes — n'avaient aucun droit d'adresser une requête à l'Assemblée nationale française pour se plaindre d'avoir perdu leur pitance au pays d'Annam, cette « colonie future », par la faute d'un Louis XVI qui n'avait pas su comprendre son temps.

  • Seize mois après la prise de la Bastille (14/7/1789) et le renversement de Louis XVI, le 2 décembre 1790, ces vingt-quatre colons envoient enfin une requête accusant Louis XVI d'avoir abandonné l'expédition alors que tout était prêt — c'est-à-dire qu'on avait les volontaires en nombre suffisant, y compris les soldats noirs, l'escadre au complet et les munitions nécessaires, et que les âmes charitables avaient déjà fait don de tous leurs biens à l'évêque Pigneau de Béhaine —, et d'avoir « sottement » laissé échapper une campagne si avantageuse à la France ! Frapper ainsi Louis XVI, cela s'appelle frapper après coup, c'est-à-dire revenir sur une affaire passée : il n'y a pas là de quoi se glorifier. Mais le point important est cette phrase : « les âmes charitables avaient déjà fait don de tous leurs biens à l'évêque Pigneau de Béhaine ». Elle est fort suspecte, pour les raisons que voici :

1- Le 28 novembre 1787, le traité de Versailles est signé.

2- Le 2 décembre 1787, Louis XVI décide d'annuler le traité de Versailles.

3- Le 27 décembre 1787, Pigneau de Béhaine quitte le port de Lorient pour le Viêt Nam, sur la Dryade, sans rien savoir de l'ordre secret du roi de France.

4- Quand le navire arrive à l'Ile de France, Pigneau de Béhaine doit tenir l'expédition secrète (secret militaire), et il ignore toujours tout de l'ordre secret que le roi de France a envoyé à Conway. Pour lui, tout marche à souhait. Il n'a donc aucune raison — et il ne le pouvait pas — d'aller quêter de l'argent auprès des « âmes charitables et patriotes » françaises de l'Ile de France, ni d'en recevoir « tous leurs biens » pour cette expédition (du moment que la chose était secrète). Ce raisonnement est à la fois sans fondement et fâcheux pour la réputation de Pigneau de Béhaine, qui était un religieux.

5- Le 18 mai 1788, le navire arrive à Pondichéry. Si, tout le temps de son séjour à Pondichéry, la dispute avec de Conway est si vive, c'est que Pigneau de Béhaine ignore toujours que le roi de France a laissé à Conway le soin de décider. C'est parce que de Conway l'a fait venir à « l'état-major » pour l'« interroger » sur la manière d'attaquer et sur le lieu du débarquement, et qu'il n'a su répondre, qu'il a demandé à rentrer le premier en Cochinchine afin de persuader Nguyễn Ánh de passer lui-même à Pondichéry. À travers tout cela, Pigneau de Béhaine croit « bonnement » que tout vient de la malveillance de Conway ; aussi, dans les lettres qu'il échange avec Montmorin et avec les ministres de la Marine successifs, ne dénonce-t-il que l'obstination de Conway, persuadé que le gouvernement français exécutera l'expédition. C'est à la dernière minute, en recevant la lettre de La Luzerne, ministre de la Marine, écrite à Versailles le 16 avril 1789, qu'il apprend que la décision vient du gouvernement français : « … cette expédition ne pouvait avoir lieu. J'autorisais M. le comte de Conway à vous fournir les moyens de revenir en France, si vous préfériez ce parti »25. Pigneau de Béhaine n'apprend la nouvelle qu'un peu plus de deux semaines avant son retour en Cochinchine (le 15 juin 1789, Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh s'embarquent sur la Méduse, et le 14 juillet 1789 ils arrivent à Vũng Tầu).

Mal informé de la situation et par trop présomptueux, Pigneau de Béhaine, tout le temps que dura sa querelle avec Conway, de mai 1788 à juin 1789, resta persuadé qu'il finirait par l'emporter. Il n'avait aucune expérience politique ni militaire, et ce sont ses rapports « mensongers » au roi de France sur l'état « déplorable » des troupes Tây Sơn, sur la facilité qu'il y aurait à prendre Đà Nẵng et Quy Nhơn comme on retourne la main, qui lui firent tort. En janvier 1789, Quang Trung avait en un éclair écrasé deux cent mille soldats des Qing ; dans ces conditions, si les troupes françaises avaient débarqué avec deux ou trois navires et moins de mille cinq cents hommes, elles risquaient d'être englouties. Sans compter que n'amener que deux vaisseaux « pour la montre » et un peu plus de trois cents hommes eût été proprement risible devant l'armée déchaînée de Quang Trung. Mais Pigneau de Béhaine n'était pas seul à ne rien comprendre à la situation : de Conway fit pis encore, en se trompant du tout au tout sur la position stratégique des deux îles, Côn Lôn et Cù Lao Chàm — l'une fait face aux embouchures par où les fleuves de Saigon se jettent à la mer, c'est la porte qui commande le passage des navires entrant et sortant de la mer de Chine ; l'autre est un port stratégique où les navires font relâche avant de gagner la Chine et les pays du Nord, comme Barrow l'avait bien vu. À une époque où la voie maritime était le moyen de communication le plus efficace, la position stratégique de ces deux îles était indiscutable. De Conway, au surplus, ne comprenait rien à la situation du Viêt Nam, ni à la force navale de Nguyễn Ánh et de Quang Trung. La morgue des Français les mène parfois à des situations qu'ils n'attendaient pas.

Revenons au raisonnement de Maybon : Pigneau de Béhaine ne pouvait pas demander aux âmes charitables de l'Ile de France de payer pour l'expédition, puisque c'est à la dernière minute, avant de s'embarquer à Pondichéry pour le Viêt Nam, qu'il apprit l'ordre du gouvernement français annulant l'expédition. C'est pourquoi le motif que Maybon avance — les âmes charitables et patriotes de l'Ile de France offrant à Pigneau de Béhaine tous leurs biens — est irrecevable. Après la source de financement des « âmes charitables et patriotes », Maybon en produit une deuxième : le trésor de Nguyễn Ánh.

2- Deuxième source de financement : le trésor de Nguyễn Ánh

Et comme l'historien Maybon lui-même ne paraît pas très convaincu par sa « source de financement des âmes charitables et patriotes », il n'hésite pas à en énumérer d'autres :

« Une autre ressource [de financement] assurée, sur laquelle l'évêque d'Adran pouvait compter, était le trésor de Nguyễn Ánh lui-même et [le fait que] le roi pouvait emprunter. Il est fort possible que le roi ait acheté des armes et loué des navires, soit en échangeant des marchandises, soit en payant comptant, soit en promettant de payer plus tard. C'est ainsi qu'on trouve au Thực lục l'ordre d'acheter chaque année cent mille livres de sucre aux producteurs vietnamiens, denrée destinée à être échangée contre les armes fournies par les Français »26.

Maybon veut parler de ce passage du Thực lục, l'ordre d'acheter du sucre en poudre, en novembre-décembre 1789 : « Ordre fut donné au dinh de Trấn Biên d'acheter du sucre en poudre, à raison de cent mille cân par an ; pour cent cân de sucre, dix quan étaient versés d'avance comme prix du travail. Au jour de la livraison à l'État, un supplément était accordé selon le cours du marché, afin d'avoir de quoi échanger avec les gens d'Occident contre des armes. »27

Que Nguyễn Ánh ait fait porter du riz et d'autres produits à l'étranger pour les vendre et acheter avec cet argent des armes et du matériel de guerre, on le verra tout au long au chapitre 20, La politique extérieure du roi Gia Long. Ici, M. Maybon ne connaît encore que le sucre en poudre. Ce qui nous étonne en lisant ces lignes, c'est que l'historien, à court de documents pour prouver que Pigneau de Béhaine déboursa son argent pour aider Nguyễn Ánh, ait dû emprunter le « trésor » de Nguyễn Ánh et en faire une « source de financement » de Pigneau de Béhaine. Cette histoire de trésor, Maybon la copie de l'Introduction de Sainte-Croix, qu'il a lui-même réimprimée dans la Relation Bissachère : « On assure que le roi possède de vastes trésors, où sont enfouis quantité de lingots d'or »28.

Bref, que l'historien Maybon fasse entrer ces deux affaires — le sucre en poudre et le trésor — dans la « liste » des ressources dont Pigneau de Béhaine aurait disposé pour aider Nguyễn Ánh, voilà qui marque un vrai dénuement.

Maybon « prouve » les réussites de Pigneau de Béhaine

Après avoir énuméré les « sources de financement » de Pigneau de Béhaine, Maybon en vient à ses « réussites » : de la page 269 à la page 279 de l'Histoire moderne du pays d'Annam, il suit entièrement le chapitre 17 du Pigneau de Béhaine de Faure, sans en indiquer la provenance, ou en ne l'indiquant qu'en passant. Faure, de son côté, s'appuie sur les « renseignements » de de Guignes ; entre les mains de Maybon, ces renseignements de glane deviennent ceci :

« Quelle qu'en fût la source, l'action de l'évêque eut des effets visibles dès 1788. La Dryade, partie de Pondichéry le 15/8 avec le Pandour, s'arrêta à Poulo-Condor pour y débarquer Paul Nghị avec quelques Annamites, et y laissa aussi 1000 fusils achetés pour Nguyễn Ánh (d'après Faure, p. 199). En décembre, pendant que la Dryade mouillait à Macao (du 13 au 29), l'agent du roi [de France] à Canton, M. de Guignes, fils du célèbre orientaliste, écrivait au ministre [des Affaires étrangères] que le succès de Nguyễn Ánh tenait "aux nombreux navires qu'il a achetés", et il ajoutait : "L'arrivée des seuls vaisseaux marchands suffit à arrêter les rebelles et à leur faire peur". Plus tard, le même agent envoya au ministre des renseignements plus circonstanciés : "Les Portugais de Macao, profitant de la mousson, ont envoyé en Cochinchine huit ou neuf navires de tailles diverses… ces navires portaient des marchandises et des munitions. Deux vaisseaux de l'Ile de France, chargés d'armes et des choses nécessaires au roi de ce pays, ont aussi relâché ; le grand navire Garonne… est également passé en Cochinchine et y est resté quelques jours… Quant à l'autre, peut-être la Robuste, peut-être est-il resté à Vũng Tầu… on sait que la Garonne, en allant au Siam, a vendu deux de ses canons à des mandarins annamites venus là… Plusieurs autres navires ont relâché à Vũng Tầu en juin et en juillet ; ce sont, semble-t-il, le Moyse et le Capitaine Cook… Le St-Esprit, commandé par Jean-Marie Dayot… est allé de conserve aux Philippines pour y acheter des armes et des vivres, puis de là à Macao, où Dayot devait acheter deux navires portugais pour les ramener à Vũng Tầu. En 1790, Dayot fut encore envoyé une fois aux Philippines avec deux navires qu'il avait mission de réparer, et il reçut aussi l'ordre d'acheter du soufre… »29

Maybon continue encore sur plusieurs pages à énumérer des « réussites » de ce genre au compte de Pigneau de Béhaine. Bref, avec des « il semble », des « il se peut », des « on dit »…, Maybon a porté au registre des « services » de Pigneau de Béhaine le nom de tous les navires qui pouvaient relâcher en Cochinchine, qui pouvaient transporter des armes, qui pouvaient en vendre à Nguyễn Ánh. Ce passage résume le chapitre 17 de Faure (Pigneau de Béhaine, p. 193-210). Les deux auteurs veulent dire la même chose : tout navire français (et portugais) qui a relâché en Cochinchine y portait des armes pour Nguyễn Ánh, et le devait aux « démarches » de Pigneau de Béhaine, qui les aurait fait venir au secours de l'entreprise de Nguyễn Ánh, ou leur aurait fait porter des armes à lui vendre. Maybon copie Faure, mais fait comme s'il tenait son information d'une autre source, plus digne de foi, lorsqu'il écrit : « l'agent du roi à Canton, M. de Guignes, fils du célèbre orientaliste, écrivait au ministre… ». C'est toujours l'agent de Guignes, que nous connaissons depuis le chapitre 12, Le mythe de Le Brun et de Puymanel bâtisseurs des citadelles de Gia Định et de Diên Khánh. Faure avait élevé de Guignes au rang de Consul ; ici Maybon le fait agent du roi, et le dit fils du célèbre orientaliste, comme pour garantir la valeur du personnage. Mais un agent du roi qui envoie régulièrement des rapports au ministère des Affaires étrangères, autant que nous sachions, reste un espion. Et les renseignements de cet espion, cités plus haut par Maybon, ne sauraient prouver que Monseigneur Pigneau de Béhaine avait le pouvoir d'ordonner aux navires français et portugais du Pacifique et de l'océan Indien de porter armes et vivres au Viêt Nam pour aider Nguyễn Ánh !

Quant à la phrase : « La Dryade, partie de Pondichéry le 15/8 avec le Pandour, s'arrêta à Poulo-Condor pour y débarquer Paul Nghị avec quelques Annamites, et y laissa aussi 1000 fusils achetés pour Nguyễn Ánh », rappelons ceci : ces deux navires sont précisément ceux que de Conway envoya reconnaître la situation en Cochinchine le 15 août 1788, dans l'état d'extrême tension entre de Conway et Pigneau de Béhaine dont il a été question plus haut ; s'ils ont porté 1000 fusils achetés pour Nguyễn Ánh, ce ne peuvent être que des fusils achetés par Hồ Văn Nghị à la Compagnie française des Indes pour Nguyễn Ánh, car l'évêque Pigneau de Béhaine ne pouvait pas tromper la surveillance de de Conway et envoyer en fraude des armes « au secours » du roi de Cochinchine, alors qu'il lui était sévèrement interdit de monter lui-même sur ce navire pour rentrer en Cochinchine.

Maybon « prouve » que Pigneau de Béhaine ramena des navires et des armes

Sans égard à ce que l'évêque Pigneau de Béhaine écrit dans les deux lettres de juillet 1789 citées plus haut — qu'il est rentré les mains vides, sur un seul navire (la Méduse), lequel devait repartir aussitôt pour les Philippines —, Maybon « récrit l'histoire » ainsi :

« C'est la Méduse, commandée par le capitaine de vaisseau Rosily, qui ramena l'évêque d'Adran et le prince Cảnh en Cochinchine (juin-juillet 1789), et elle semble avoir contribué au ravitaillement des troupes de Nguyễn Ánh.

Dans ce voyage, la frégate semble avoir eu 2 navires d'escorte — Renouard de Sainte-Croix affirme que 2 corvettes lui ouvraient la route. Chaigneau, qui a vécu avec les témoins de ces événements, écrivait trente ans plus tard : "Le fidèle prélat revint de France sans troupes, mais aux Indes il décida deux navires français à le suivre pour soutenir ses desseins. Il vint se présenter au seigneur avec cette poignée d'hommes courageux." »30

Et dans la note 4 de la page 271, Maybon écrit : « Presque tous les auteurs en parlent [des 2 navires d'escorte], en termes un peu différents, principalement Louvet et Bouillevaux ; Louvet écrit : "L'évêque d'Adran arma deux navires marchands, il acheta des armes et des munitions et débarqua en Cochinchine dans les premières semaines de 1789. Le comte de Conway, malgré son opposition, ne put refuser de fournir à l'évêque un vaisseau pour le porter, lui et sa suite" (Louvet, ouvrage cité, p. 427-428), et Bouillevaux écrit : "Il (Conway) aurait, paraît-il, fait escorter le prélat et les deux navires marchands par le bâtiment de l'État la Méduse" (Bouillevaux, ouvrage cité, p. 393, note 1). Ce renseignement vient sans doute des Archives des Missions étrangères »31.

Comme nous connaissons maintenant toute l'affaire par la plume de Pigneau de Béhaine lui-même, nous comprenons que les plumes coloniales ont soudé le retour de Pigneau de Béhaine au Viêt Nam à l'envoi des deux navires Dryade et Pandour, commandés par de Kersaint et de Préville, que de Conway dépêcha en Cochinchine le 15 août 1788 pour reconnaître la situation, mais sans permettre à Pigneau de Béhaine de partir avec eux ; et l'on donne ces deux navires pour l'escorte de Pigneau de Béhaine. Ou bien l'on prend la demande que Pigneau de Béhaine formule dans sa lettre du 18 mars 1789 à de Conway — envoyer deux navires avec trois cents hommes… « pour la montre », afin d'effrayer les Tây Sơn — et l'on en fait un fait accompli.

Mais le plus remarquable est la manière de travailler de l'historien Maybon, celui que Cadière loue pour « la plus sage et la plus habile utilisation des textes » : il écarte le document original écrit par Pigneau de Béhaine pour se servir des renseignements sans fondement de Sainte-Croix, de Chaigneau (qui n'était pas encore arrivé au Viêt Nam en 1789), et surtout de l'invention pure et simple du père Louvet : « L'évêque Pigneau de Béhaine acheta des armes et des munitions et débarqua en Cochinchine au début de janvier 1789 ». Seul le père Bouillevaux, grâce à ces deux mots, paraît-il, bénéficie de circonstances atténuantes. L'historien Maybon souligne encore que ce renseignement vient sans doute des Archives des Missions étrangères : c'est-à-dire qu'il se sert du nom de la Société des Missions étrangères pour cautionner des nouvelles fausses.

Maybon « prouve » que la Compagnie française des Indes ravitailla Nguyễn Ánh

Après avoir « prouvé » que Pigneau de Béhaine « ramena des navires et des armes pour aider Nguyễn Ánh », Maybon se sert des « informations » de de Guignes pour poursuivre :

« La Méduse relâcha à Vũng Tầu du 24/7 au 4/8 [1789], y laissant les 2 navires qu'elle convoyait ; puis la Méduse s'arrêta aux Philippines (du 4/9 au 13/12), et de là gagna Macao "pour y prendre les vivres que je [de Guignes] lui avais tenus en réserve", dit de Guignes. La Compagnie des Indes, à Canton, peut-être s'intéressait-elle elle aussi au sort du prince qui reprenait son trône, et contribuait-elle à l'œuvre de l'évêque. De fait, M. Lavoué écrit le 10/10/1790 de Chantaboun : "Il semble que la Compagnie [française des Indes] se charge de ravitailler le roi pour l'aider à reprendre son trône".

La Méduse, en quittant Macao, revint à Vũng Tầu le 27/1/1790 ; elle y demeura près de trois semaines (jusqu'au 17/2), et une relâche aussi longue peut s'expliquer par un déchargement, celui de quelque matériel important. Notons encore que Théodore Lebrun, qui avait quitté le navire en arrivant à Macao, se retrouve en Cochinchine au milieu de 1790, et qu'à la fin de cette année-là des navires européens assez nombreux se rassemblaient sur la rivière de Saigon. C'est M. Lavoué lui-même qui le dit dans la lettre citée plus haut : "le bruit court qu'il y a en ce moment devant cette ville quatorze ou quinze vaisseaux" ; et il [Lavoué] ajoute : "si cela est vrai, il semble que la Compagnie française des Indes ait envoyé des renforts au roi". Le même missionnaire écrit ailleurs que "ces vaisseaux sont français et portugais", etc. »32

Toujours avec ses il semble, ses il se peut…, Maybon glane et raccorde des faits sans lien entre eux, puis en tire des conséquences : la Méduse passant à Macao prendre « les vivres que de Guignes lui avait tenus en réserve », d'où il faut sous-entendre [que ces vivres allaient à Nguyễn Ánh] ; puis la phrase de Lavoué, où la Compagnie française des Indes « semble » ravitailler elle aussi le roi de Cochinchine ; puis la Méduse revenant mouiller à Vũng Tầu près de trois semaines [sans doute pour décharger du matériel important] ; puis Le Brun arrivant en Cochinchine au milieu de 1790 ; puis les nombreux navires européens rassemblés à Saigon, etc. — le tout pour « prouver » que toutes ces traversées « ravitaillaient » Nguyễn Ánh. Et il conclut :

« À défaut — et le défaut s'explique — d'informations précises et circonstanciées, force nous est de relever sommairement, dans les années 1789, 1790, 1791, un grand nombre d'indices qui montrent un mouvement considérable de navires entre l'Ile de France et la mer de Chine, dont le but manifeste était de ravitailler Nguyễn Ánh »33.

Après s'être servi de « ressources imaginaires » et du « trésor de Nguyễn Ánh » pour « acheter les armes du ravitaillement » du roi de Cochinchine, voilà maintenant Maybon qui se sert du relevé, dressé par Faure, des navires français en activité dans l'océan Indien et la mer de Chine entre 1785 et 1790, pour « prouver » qu'il y eut un grand mouvement de navires français de l'Ile de France vers la mer de Chine, à seule fin de ravitailler Nguyễn Ánh !

Maybon « prouve » que Pigneau de Béhaine combattit les Tây Sơn à Diên Khánh

Un autre point, assez extraordinaire, est celui où Maybon « prouve » que Monseigneur Pigneau de Béhaine prit part en personne aux combats. Ce n'est pas lui qui l'a « découvert » : il ne fait que redire l'idée de Faure, en y joignant un « témoin » et des « arguments ».

Maybon écrit : « Il [Pigneau de Béhaine] prit personnellement part aux combats. On le voit, en 1794, accompagner le prince Cảnh à Nha Trang et se battre contre les rebelles ; en 1797, il était monté sur la flotte de Nguyễn Ánh… »34

Pour le prouver, il produit, dans la note 1 de la page 280, le document suivant :

« … dans une lettre, M. Le Labousse écrit que "l'on avait placé sur les murs de la citadelle de Diên Khánh un certain nombre de canons de bois peint pour effrayer l'ennemi". »

Cette phrase est tirée d'une note de Cadière, ainsi conçue : « Dans une lettre de M. Le Labousse du 12/7/1796, il est dit que l'on plaça sur les murs de la citadelle de Diên Khánh un certain nombre de "canons de bois peint" que l'évêque d'Adran y avait fait mettre pour effrayer l'ennemi. Quant aux vrais canons, ils s'y trouvaient aussi, mais, sur le conseil de l'évêque d'Adran, on ne s'en servit pas »35.

La note de Cadière est vraiment étrange : Pigneau de Béhaine fait poser de faux canons pour effrayer les Tây Sơn, et il interdit de se servir des vrais. Nous avons cherché cette lettre de Le Labousse : elle n'est réimprimée nulle part. Launay imprime deux autres lettres de Le Labousse écrites le même jour, où cette phrase ne figure pas. Pourquoi Cadière n'a-t-il pas fait imprimer cette lettre en entier dans ses Les documents relatifs…, et s'est-il borné à en « rapporter » une phrase brève, en note ?

Le plus étrange est que Maybon se serve de cette phrase pour « prouver » que l'évêque Pigneau de Béhaine dirigea réellement et en personne la défense de la citadelle de Diên Khánh !

Tạ Chí Đại Trường, comme à l'ordinaire, copie les historiens coloniaux, Maybon en particulier, et il y ajoute assez pour en faire tout un chapitre intitulé Les secours de Pigneau de Béhaine36 — inutile de le récrire ici. Mais un point mérite attention : voici comment il « décrit la défense de la citadelle de Diên Khánh par Pigneau de Béhaine » :

« Le 2 mai, l'infanterie de Hưng et cinquante éléphants étaient déjà entrés au Bình Khang et cernaient étroitement la citadelle de Diên Khánh sur trois faces. À l'intérieur, la défense était tenue par Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh, avec la recommandation que Nguyễn Ánh leur avait faite en partant sur l'importance de cette place : "Je me consume nuit et jour, il m'en a coûté bien de l'amertume pour obtenir ce peu de terre."

Sept mille hommes à l'intérieur contre quarante mille au dehors. Sur les murs, Pigneau de Béhaine fit poser encore quantité de faux canons pour donner le change. Les troupes de Diệu, au dehors, tirèrent au canon sans effet, et durent élever un rempart de terre tout autour »37.

Voir déjà le savant Cadière produire une phrase de lettre aussi saugrenue, qu'il donne pour du père Le Labousse — l'évêque Pigneau de Béhaine fait poser de faux canons et interdit de se servir des vrais —, avait de quoi stupéfier. Voir ensuite l'historien Maybon recopier cette idée et s'en servir comme d'une preuve que « l'évêque commandait la bataille » stupéfie davantage. Mais avec Tạ Chí Đại Trường, cela passe l'imagination : Gia Long confie la citadelle de Diên Khánh à un religieux et à un enfant de treize ans pour tenir tête à Trần Quang Diệu. Et les troupes de Trần Quang Diệu tirent sur de faux canons « sans effet », si bien qu'elles doivent élever un rempart de terre tout autour !

En écrivant ces lignes inconsidérées, Maybon, Cadière et les autres ignoraient, ou passaient sciemment sous silence, la lettre du missionnaire Lavoué à Létondal, procureur de la maison de Macao, du 27 avril 1795, qui ruine tous les propos donnant l'évêque Pigneau de Béhaine pour un combattant de Diên Khánh :

« Monseigneur [Pigneau de Béhaine] s'est-il battu ? Monseigneur aurait-il osé agir contre les ordres du Saint-Père [le pape] ? Ceux qui connaissent bien Monseigneur ne sauraient tenir la chose pour croyable, et ils ont raison. Non, Monseigneur d'Adran ne s'est point battu. Le roi l'a instamment prié d'accompagner le prince à Nha Trang, région nouvellement conquise, pour y garder la citadelle. Sa Majesté a ajouté : "Si tu ne pars pas avec lui, il oubliera ce que tu lui as enseigné et se perdra à coup sûr. Je l'envoie parce que je sais que son nom inspirera le respect et obligera tous les mandarins à se montrer braves, à mourir plutôt que de l'abandonner. Sans lui, mes serviteurs prendraient la fuite à la seule nouvelle de l'arrivée des Tây Sơn" »38.

Lavoué en rajoute peut-être un peu : Nguyễn Ánh n'a sans doute pas dit que ses généraux prendraient la fuite à l'arrivée des Tây Sơn, car c'étaient de grands généraux qui avaient de l'autorité, comme Phạm Văn Nhơn et Tống Phước Đạm.

Que le roi envoie le Đông cung, le prince héritier, garder la citadelle de Diên Khánh est dans l'usage des Nguyễn, hérité du temps des seigneurs : on préparait l'héritier du trône en lui donnant l'expérience de la guerre et du gouvernement, et c'est pourquoi les seigneurs donnaient d'ordinaire à leur fils aîné le gouvernement du Quảng Nam avant qu'il montât sur le trône. Ainsi du seigneur Hiền, Nguyễn Phước Tần (1648-1687), qui, alors qu'il était encore Dũng Lễ Hầu, battit les Hollandais en 1644 dans la baie de Đà Nẵng. Gia Long continue cette tradition : il envoie le prince héritier Cảnh garder Diên Khánh à treize ans, et, quand il part attaquer Quy Nhơn en 1800, il emmène Minh Mạng, qui n'en avait alors que neuf.

Pour ce qui est de la citadelle de Diên Khánh, le roi y envoya le prince héritier Cảnh commander deux fois :

1- La première fois, de décembre 1793 à août 1794 : Cảnh n'avait que treize ans.

2- En novembre-décembre 1798, le roi fait de Cảnh, dix-huit ans, un général, à la tête des officiers et des soldats de la place de l'aile gauche et de la garde d'avant du Thần Sách, et l'envoie garder Diên Khánh une seconde fois. Il a pour appui Pigneau de Béhaine, Tống Viết Phước et Nguyễn Công Thái. Tống Viết Phước, d'un naturel emporté, insulta Pigneau de Béhaine dans un mouvement de colère et fut rappelé à Gia Định pour y être réprimandé. De novembre-décembre 1798 à mai 1799, le front de Diên Khánh reste calme, la pression se reportant sur Quy Nhơn. Võ Tánh finit par emporter Quy Nhơn. Tống Viết Phước fut tué au combat. Pigneau de Béhaine mourut à Quy Nhơn le 9 octobre 1799, après trois mois de choléra.

La partie décisive du front de Diên Khánh se joue lors du premier commandement de Cảnh, à treize ans (de décembre 1793 à août 1794), avec ses maîtres — Pigneau de Béhaine, Trịnh Hoài Đức, Ngô Tòng Châu — et ses généraux : Phạm Văn Nhơn (lieutenant général de l'aile gauche), Tống Phước Đạm (contrôleur de la place du centre), Mạc Văn Tô, Nguyễn Đức Thành. En février 1794, le chưởng dinh Nguyễn Huỳnh Đức demande à rester à Diên Khánh pour aider le prince héritier. Le roi Nguyễn envoie encore Nguyễn Văn Khiêm, phó vệ uý de la garde de faction de l'armée du Thần Sách, à Diên Khánh, pour assister le prince héritier39. Ainsi Cảnh, treize ans, garde Diên Khánh, poste avancé, avec tout un état-major de trois grands généraux — Phạm Văn Nhơn, Tống Phước Đạm, Nguyễn Huỳnh Đức — et pour maîtres l'évêque Pigneau de Béhaine et les deux lettrés Trịnh Hoài Đức et Ngô Tòng Châu. Ce n'est qu'au moment où le roi décide d'aller lui-même au secours de Diên Khánh qu'il rappelle Nguyễn Huỳnh Đức pour garder Gia Định.

Parmi les grands généraux restés dans la citadelle de Diên Khánh avec le prince héritier, Phạm Văn Nhơn était son maître pour les choses de la guerre, et Tống Phước Đạm un vieux général plein de ressources, parent maternel du prince héritier (c'est lui qui avait présenté le plan de quitter le Siam et de revenir prendre la Cochinchine quand les frères Tây Sơn se divisèrent, et qui monta la manœuvre de contre-espionnage séparant Phạm Văn Tham de Nguyễn Lữ, en 1787). Le Thực lục porte au mérite du général Tống Phước Đạm l'aide efficace qu'il apporta au prince héritier dans la défense de la citadelle de Diên Khánh40.

Cadière excepté, les auteurs coloniaux qui écrivent sur cette période « ne daignent pas connaître » l'ensemble des forces du roi Nguyễn : ils font comme si elles n'existaient pas, et élèvent Pigneau de Béhaine au rang de généralissime commandant et défendant la citadelle de Diên Khánh, avec des « preuves » risibles, contre la lettre du père Lavoué du 27 avril 1795, qui établit que l'évêque ne prit aucune part au combat.

Maybon fait le compte des services de Pigneau de Béhaine

Après avoir achevé tout son « raisonnement » sur les services de Pigneau de Béhaine et des officiers français, Maybon en fait le « compte » dans les lignes que voici :

« Le rôle de cette poignée d'hommes courageux, faute des informations qu'on souhaiterait, ne peut être déterminé dans le détail. Mais il est indéniable qu'ils ont grandement contribué à la victoire de Nguyễn Ánh. Sans compter leur part dans des batailles décisives comme la destruction de la flotte des Tây Sơn en 1792 et celles qui menèrent à la prise de Huê en 1801. On ne peut qu'admirer l'œuvre qu'ils ont accomplie dans des conditions si peu favorables : ils ont créé une marine à l'occidentale et formé les équipages ; ils ont instruit l'armée, y ont introduit la discipline, y ont établi des cadres ; ils ont fondu des canons, appris aux Annamites l'usage des bombes, ils ont créé une artillerie mobile dont les déplacements terrifiaient les Tây Sơn ; ils ont bâti des citadelles. »41

Ces lignes à la louange des « services » des « officiers » français sont entièrement copiées de Sainte-Croix et de Faure, comme nous l'avons exposé aux chapitres précédents. Il n'y a rien là de Maybon : nous n'avons donc pas à nous donner la peine de les analyser ni de les critiquer. Porter au premier rang quelques soldats français, simples soldats de première et de deuxième classe, presque sans instruction, écrivant mal leur propre langue, et leur faire fonder et commander toute l'armée et bâtir toutes les citadelles de Gia Long et du Viêt Nam, avec de tels « documents », voilà qui ne laisse pas d'inquiéter le chercheur sérieux sur le niveau scientifique et sur la conscience intellectuelle des chercheurs coloniaux.

Lisons enfin les lignes que Maybon écrit sur les services de Pigneau de Béhaine :

« Il n'est plus permis d'en douter : ceux qui ont le plus efficacement contribué à la conquête du trône, Olivier, Dayot, Vannier, Chaigneau, n'ont agi que sous son impulsion et sous sa direction [de Pigneau de Béhaine] ; il les réunissait en conseil pour régler les questions militaires et trouver la solution des problèmes qui leur étaient confiés. Il a de plus traduit en cochinchinois, à ce qu'on raconte, des ouvrages sur l'art de la guerre, et il a formé l'esprit du roi de façon à le rendre capable de comprendre l'essentiel des méthodes occidentales. Enfin, il prit personnellement part aux combats. On le voit en 1794 accompagner le prince Cảnh à Nha Trang et se battre contre les rebelles ; en 1797, il est sur la flotte de Nguyễn Ánh ; en 1799… »

Après avoir énuméré encore toute une page durant les services de Pigneau de Béhaine, il dresse la liste des faiblesses de Nguyễn Ánh : « une indolence native », « des tergiversations, des hésitations », « le goût du repos », « le contentement de régner sur Saigon », « la crainte du danger dans l'attaque », etc. — heureusement que l'évêque veillait et poursuivait sans relâche « le but qu'il s'était fixé, remettre le prince sur le trône de ses ancêtres ».

Et il achève par ce portrait d'ensemble de Pigneau de Béhaine :

« Pigneau ne se contentait pas du rôle de chef, il s'occupait aussi du détail ; on connaît la lettre de Nguyễn Ánh à Louis XVI : il est clair que l'évêque en fut l'instigateur, pour ne pas dire le rédacteur ; et dans d'autres cas, il paraît non moins clair qu'il fut l'habile conseiller des rapports avec les représentants des nations européennes dans la mer des Indes et dans celle de Chine, avec les gouvernements de Macao, des Philippines, du Bengale ; de la lettre au roi d'Angleterre à celle au roi de Danemark, tout porte la marque de son génie.

Être une sorte de ministre de la Guerre et de ministre des Affaires étrangères du roi, et, en toute occasion, son ami et son protecteur dévoué, habile, ferme : tel fut le rôle de l'illustre prélat auprès du roi, celui qui l'a conduit au trône du plus puissant État de l'est de la péninsule indochinoise »42.

Ce passage non plus n'est pas de lui : l'historien Maybon recopie encore les affirmations sans preuve de Faure, du genre : « L'évêque Pigneau de Béhaine négociait directement avec les puissances étrangères, organisait les flottes et les armées, conduisait ou commandait de grands corps de troupes », « dans les conseils de guerre, Monseigneur siégeait toujours à côté du roi et sur le même rang », « L'évêque… fit de Dayot le commandant de la marine avec le grade de capitaine de vaisseau », « Olivier était chef d'état major général de l'armée sous la direction de Monseigneur43 », etc.

Mais Faure n'osait pas encore dire que Pigneau de Béhaine écrivait jusqu'aux lettres du roi Gia Long, ni écrire une phrase aussi souverainement insultante que celle-ci : Pigneau de Béhaine a formé l'esprit du roi de façon à le rendre capable de comprendre l'essentiel des méthodes occidentales.

Si cet historien de renom avait lu de près les documents, il n'aurait pas pu écrire des lignes aussi effrontément fabriquées. Dans la lettre de Pigneau de Béhaine à Conway, écrite de Virampatnam le 18 mars 1789, dont nous avons parlé plus haut, on lit :

« Par suite d'un malentendu sur le lieu du rendez-vous, le père Paul [Hồ Văn Nghị], prêtre vietnamien, n'a pu remettre au chevalier de Kersaint, capitaine de la Dryade, les paquets que le roi m'envoyait, à savoir :

1- Une lettre de remerciement du roi au roi de France.

2- Une autre lettre pour le prince son fils, qui est ici… »44

Cette lettre, Pigneau de Béhaine l'écrit le 18 mars 1789, alors qu'il est encore aux Indes ; il ne rentrera au Viêt Nam que quatre mois plus tard (il arrive à Vũng Tầu le 14 juillet 1789) — et il y parle déjà de la lettre de remerciement du roi Gia Long au roi de France. Le « génie » de Pigneau de Béhaine pouvait-il donc « écrire la lettre à la place » du roi Gia Long, alors qu'il était encore en terre indienne ?

Quant aux lettres du roi Gia Long au roi d'Angleterre et au roi de Danemark, nous les traduirons intégralement au chapitre 20, La politique extérieure du roi Gia Long : Gia Long aurait-il donc demandé à Pigneau de Béhaine d'écrire en français les lettres destinées au roi d'Angleterre et au roi de Danemark ? Maybon ignore un usage qui remonte au temps des seigneurs Nguyễn : dans les relations avec l'étranger, le seigneur employait les caractères chinois, et la chancellerie du pays destinataire avait quelqu'un pour les traduire dans sa langue.

De tels « documents », un tel raisonnement, une telle arrogance et une telle condescendance font comprendre au lecteur ce qu'est la manière de l'auteur de l'Histoire moderne du pays d'Annam, qui lui a valu le grade de docteur et que Cadière a jugée remarquable. C'est là, semble-t-il, le fond de ce que les savants coloniaux entendaient par « civiliser » le peuple vietnamien.


Note du traducteur. La source imprime ici, après le séparateur, le français original de deux passages que l'extraction a tronqués en note : la fin de la lettre de Pigneau de Béhaine à de Conway du 11 juillet 1788 (note 9) et la suite du texte de Maybon (note 18). La version française ayant rendu ces deux textes au corps du chapitre, mot pour mot, ils ne sont pas réimprimés une seconde fois : on les lira ci-dessus. C'est la cinquième Note du traducteur du livre, après celles des chapitres 1, 8, 11 et 12.

© Copyright Thuy Khue 2015


  1. Et imprimée au Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH), 1920, I, p. 177-181. ↩︎

  2. Cadière, Une Histoire moderne du pays d'Annam, BAVH, 1920, I, p. 177. ↩︎

  3. Librairie Plon, Paris, 1920. ↩︎

  4. Cadière, BAVH, 1920, I, p. 180. ↩︎

  5. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps (Launay, III, p. 197-198). ↩︎

  6. C'est-à-dire Hồ Văn Nghị, venu à Pondichéry attendre des nouvelles de Pigneau de Béhaine et du prince Cảnh. ↩︎

  7. Launay, III, p. 180. ↩︎

  8. Launay, III, p. 183. ↩︎

  9. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps (Launay, III, p. 188). ↩︎

  10. Launay, III, p. 188. ↩︎

  11. Launay, III, p. 188-189. ↩︎

  12. Launay, III, p. 189-190. ↩︎

  13. Launay, III, p. 192. ↩︎

  14. M. de Vaires était Intendant général des Colonies. ↩︎

  15. Launay, III, p. 198-199. ↩︎

  16. Launay, III, p. 194. ↩︎

  17. Launay, III, p. 194-196. ↩︎

  18. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps, sauf le dernier paragraphe, dont la source ne donne que le vietnamien (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 267-268). ↩︎

  19. Faure, Pigneau de Béhaine, Pièces justificatives, 4ᵉ — La Méduse, p. 243. ↩︎

  20. Launay, III, p. 210. ↩︎

  21. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps (Launay, III, p. 209). ↩︎

  22. Launay, III, p. 210. ↩︎

  23. Launay, III, p. 294. Texte original de Pigneau de Béhaine, repris ici mot pour mot dans le corps, comme au chapitre 8. ↩︎

  24. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 268). ↩︎

  25. Texte original français, repris ici mot pour mot dans le corps (Launay, III, p. 199). ↩︎

  26. Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 268-269. ↩︎

  27. Thực lục, I, p. 253. ↩︎

  28. Sainte-Croix, Relation Bissachère, p. 94. ↩︎

  29. Maybon, p. 269-270. ↩︎

  30. Maybon, p. 271-272. ↩︎

  31. Maybon, note 4, p. 271. ↩︎

  32. Maybon, ouvrage cité, p. 272-273. ↩︎

  33. Maybon, p. 273. ↩︎

  34. Maybon, p. 280. ↩︎

  35. Cadière, Les documents relatifs à l'époque de Gia Long, p. 34, note 1. ↩︎

  36. Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, p. 200-208. ↩︎

  37. Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, p. 279. ↩︎

  38. Launay, III, p. 286-287. ↩︎

  39. Thực lục, I, p. 302, 305. ↩︎

  40. Thực lục, I, p. 314. ↩︎

  41. Maybon, ouvrage cité, p. 279. ↩︎

  42. Maybon, p. 279-283. ↩︎

  43. Faure, Pigneau de Béhaine, chapitres 17 et 18. ↩︎

  44. Launay, III, p. 195. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Maybon và cuốn Histoire moderne du pays d'Annam

Hai vị học giả Pháp có những công trình nghiên cứu văn hoá Việt đáng trọng là Maybon và Cadière; tiếc thay, cũng lại là những người, đã tế nhị và sâu sắc, tìm cách thay thế công lao thống nhất và dựng nước của Gia Long cùng tướng sĩ, quần thần, bằng công trạng của Bá Đa Lộc và những "sĩ quan" Pháp.

Maybon và Cadière đã cộng tác đắc lực với nhau để tạo cho huyền thoại công trạng "khai quốc công thần" của Bá Đa Lộc và những người Pháp đến giúp Gia Long, một cơ sở có "chứng từ" và "biện luận". Trong bài diễn văn tựa đề Une Histoire moderne du pays d'Annam (Một cuốn lịch sử hiện đại nước Nam), đọc tại đảo Réunion ngày 20/4/19201, Cadière ca tụng tác phẩm của Maybon bằng những hàng:

"Một trong những đồng nghiệp của chúng tôi, ông Charles B. Maybon, Giám đốc trường Pháp của thị xã, ở Thượng Hải, vừa cho in, dưới cái tựa trên đây, một tác phẩm quan trọng hàng đầu; qua tác phẩm này, ông đã phấn đấu cam go để đoạt chức tiến sĩ văn chương. Các thành viên trong Hội Đô Thành Hiếu Cổ sẽ tìm thấy một tóm lược cốt yếu tất cả những dữ kiện thuộc về lịch sử nước Nam trong thời kỳ mà tác giả hoạch định, những chỉ dẫn có phương pháp và chi tiết trên tất cả mọi tư liệu, cả về phiá bản xứ cũng như Âu Châu, làm nền cho lịch sử này, và sau cùng, một số chi tiết lớn lao liên quan tới những biến cố đã lấy Huế làm đất diễn, và, do dó, là một kho dồi dào phong phú cho những nghiên cứu đặc thù. Vì tất cả những lý do đó, tác phẩm kiệt xuất này xứng đáng được giới thiệu"2.

Một lời giới thiệu nhiệt liệt đề cao như thế, ở một học giả nổi tiếng là thận trọng như Cadière, buộc chúng ta phải đọc. Cuốn sách có tựa đề đầy đủ là: Histoire moderne du pays d'Annam, (1592-1820), étude sur les premiers rapports des Européens et des Annamites et sur l'établissement de la dynastie annamite des Nguyễn (Lịch sử hiện đại nước Nam (1592-1820), khảo luận về những giao tiếp đầu tiên giữa người Âu và người An Nam và về sự xây dựng triều đại An Nam nhà Nguyễn)3.

Tên sách đã nói rõ nội dung: tác phẩm chia làm hai phần, nhưng phần sau quan trọng hơn phần đầu. Và trong phần hai "sự xây dựng triều đại nhà Nguyễn", giai đoạn Gia Long dựng nghiệp là chủ yếu, nổi bật chân dung hai người: Gia Long và Bá Đa Lộc, Maybon đã dành cho Bá Đa Lộc hai chương và đúng như nhận xét của Cadière: "chân dung Bá Đa Lộc được viết kỹ hơn, với niềm thân quý hơn".

Linh mục học giả viết tiếp: "Tôi khuyên độc giả Pháp, những người hiếu kỳ muốn biết về quá khứ An Nam và hãnh diện về những gì chúng ta đã làm được ở đây, nên đọc chương tựa đề: "Concours apporté par l'évêque au prétendant" (Sự hỗ trợ của vị giám mục cho người chiếm lại ngôi báu): một tâm lý học sâu sắc nhất liên kết với sự sử dụng văn bản một cách khôn khéo và uyên bác nhất (la psychologie la plus pénétrante s'y allie à la plus sage et à la plus habile utilisation des textes)4.

Vì vậy, chúng tôi đã phải đọc kỹ chương sách quý hóa này, thứ nhất là để hiểu thế nào là một tâm lý học sâu sắc nhất liên kết với sự sử dụng văn bản một cách khôn khéo và uyên bác nhất. Và thứ hai là để giới thiệu đến độc giả Việt Nam, cũng hiếu kỳ muốn biết về quá khứ An Nam lắm, thế nào là sự liên kết "một tâm lý học sâu sắc nhất" với "sự sử dụng văn bản một cách khôn khéo và uyên bác nhất", trong tác phẩm của Maybon.

Trong chương 5, Ai cứu Nguyễn Ánh khỏi sự lùng bắt của Nguyễn Huệ, chúng tôi cũng đã trình bầy phương pháp "sử dụng văn bản một cách khôn ngoan và khéo léo" của sử gia Maybon để "chứng minh" Bá Đa Lộc đã "cứu Nguyễn Ánh thoát chết" tháng 9-10/1777, như thế nào. Ở đây, không trở lại vấn đề này nữa, mà sẽ xoay vào hai đề tài chính của chương Concours apporté par l'évêque au prétendant (Sự hỗ trợ của giám mục cho người muốn chiếm lại ngôi báu) đó là:

1*-* Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc "tự tìm những nguồn tài trợ cho Nguyễn Ánh" như thế nào?

2*-* Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc "trực tiếp đánh nhau với Tây Sơn ở Diên Khánh năm 1794" bằng những chứng cớ gì?

3- Còn một đề tài nữa trong sách này là Maybon "chứng minh chiến công lừng lẫy của Dayot trong trận Thị Nại 1792", sẽ được trình bầy trong chương 19, Jean-Marie Dayot.

Trước khi đi xa hơn, chúng tôi mong được thứ lỗi việc đi vào chi tiết, đôi khi quá sâu, của một lập luận, rất dễ khiến độc giả bực mình, nhưng cần thiết để vạch trần hệ thống ngụy biện có tổ chức, dựa trên sự lờ đi hoặc che giấu những tư liệu gốc bằng thứ "tư liệu" dựng đứng, man trá, bịa đặt, để xoá sự thực lịch sử và thay thế vào đó một "lịch sử khác". Cũng là một cách mổ xẻ thủ pháp của sử gia Maybon trong cuốn Histoire moderne du pays d'Annam.

Louis XVI bãi bỏ hiệp định Versailles

Trước khi mổ xẻ thủ pháp viết sử của học giả Maybon, để độc giả dễ dàng theo dõi, chúng tôi cần nói rõ tiến trình chính phủ Pháp bãi bỏ hiệp định cầu viện Versailles.

  • Ngày 28/11/1787, hiệp ước cầu viện được ký kết ở Versailles giữa giám mục Bá Đa Lộc và Bá tước de Montmorin, Bộ trưởng Ngoại giao của vua Louis XVI.

  • Ngày 2/12/ 1787, Bộ trưởng Hải quân (Thống chế de Castries) gửi cho Toàn quyền Pháp ở Ần Độ (Bá tước de Conway, đến Pondichéry tháng 9/1787) và cho Hiệp sĩ d'Entrecasteaux (Toàn quyền Pháp ở Ille de France, tức Ile Maurice, một lệnh thư tương tự), đó là hai người có trọng trách điều động đoàn quân viễn chinh từ hai nơi này sang Việt Nam. Lệnh gửi de Conway như sau:

Ngày 2/12/1787

"Thưa ông, vua đã quyết định trợ giúp vua Nam Hà, kẻ được giám mục Adran về Pháp cầu vua nhân từ cứu giúp. Hoàng Thượng quyết định giao cho ông chỉ huy cuộc viễn chinh và cai quản việc thiết lập thuộc địa sau đó. Ý người rất rõ qua Chỉ dụ đính kèm: Một, công khai, tùy ông, thận trọng mà áp dụng, một, bí mật. Chỉ thị bí mật cho ông toàn quyền làm chủ, bỏ hẳn việc tiến quân hay làm chậm lại*, tuỳ theo ý kiến riêng của ông, tùy theo những thông tin tài liệu mà ông đã và sẽ nhận được, cả về mặt chiến thắng dễ dàng, lẫn mặt những lợi điểm thiết lập thuộc địa đã trù liệu. Điều này chứng tỏ Hoàng Thượng hết sức tin cậy vào sự sáng suốt và hết lòng của ông"5.*

Ngày 18/5/1788, Bá Đa Lộc và Hoàng tử Cảnh về tới Pondichéry. De Conway không chịu xuất quân, bởi Louis XVI đã cho ông toàn quyền quyết định: thắng dễ dàng mới đánh.

De Conway dò thám tình hình, lượm những thông tin hoàn toàn sai lạc về Nam Hà, cho rằng đất này vô bổ, Anh, Hoà Lan không thèm chiếm, cuộc viễn chinh không mang lại lợi lộc gì cho nước Pháp, việc này sẽ nói rõ hơn ở dưới.

Nhưng Bá Đa Lộc không hề biết Louis XVI đã cho de Conway toàn quyền quyết định đánh hay đừng, mà vẫn tin rằng sự tiến quân chỉ bị chậm trễ, vì Conway chống ông, cho nên, một mặt giám mục viết thư tố cáo hành động trì trệ của de Conway với Bộ Trưởng Ngoại Giao de Montmorin, và khẩn khoản xin Bộ trưởng can thiệp; một mặt ông viết thư cho de Conway, xin được về Nam Hà trước, để:

  • Báo cho Nguyễn Ánh biết là hoàng tử đã về tới nơi an toàn nhưng việc gửi viện binh bị chậm trễ vì không thuận gió mùa.

  • Quan sát tình hình và hoạch định chương trình đổ bộ.

  • Thuyết phục Nguyễn Ánh sang Pondichéry, để, một mặt, làm áp lực trên de Conway, buộc ông ta phải quyết định gửi quân, và thứ hai, nhờ Nguyễn Ánh dẫn đường cho quân Pháp đổ bộ vào các cửa biển, vì ông không biết gì cả, ông đã bị de Conway hoạnh hoẹ dữ dội về việc này.

Hành động của Bá Đa Lộc được phản ảnh trong các thư ông viết, sau đây:

1- Trong thư ngày 20/5/1788 gửi một người, không ghi rõ tên, nhưng qua nội dung thì biết đó là bá tước de Montmorin, Bộ trưởng, người đã ký hiệp ước Versailles, Bá Đa Lộc viết:

"Tôi phải cực nhọc lắm mới làm ông de Conway quyết định gửi cho vua Nam Hà những tin tức mà tôi muốn, đó là: hoàng tử trở về bình an khoẻ mạnh, sự thành công của chuyến đi, lý do khiến cho viện trợ của Pháp hoàng không gửi kịp năm nay, và sau cùng, là thời gian và phương tiện sẽ dồn vào để gửi viện trợ cho vua Nam Hà năm tới.

Tôi đã đề nghị với ông de Conway, là để tôi thân hành đi [Nam Hà] nhưng ông ấy không thuận. Tôi đành phải gửi theo chiến hạm, một giáo sĩ Nam Hà6 được nhà vua tin cậy, cùng với những người thông ngôn bản xứ"7.

Đó là thư báo động đầu tiên, Bá Đa Lộc còn gửi nhiều thư nữa, tố cáo sự "phá đám" của de Conway mà ông cho rất bất lợi cho nước Pháp. De Conway trả lời tất cả những tấn công của Bá bằng câu: "Tôi chỉ thi hành mệnh lệnh của vua", khiến vị giám mục càng điên tiết.

Trong thư viết ngày 14/6/1788, cho de Conway, sau khi trách Bá Tước tìm hết cách chậm trễ lệnh vua Pháp, Bá Đa Lộc viết:

"Nhân danh Vua và là Khâm sai của Người bên vua Nam Hà, tôi đòi hỏi những phương tiện để có thể tiếp tục con đường trên chiếc trung hạm (frégate) đã đưa tôi từ Pháp về đây, để tôi thân hành về lại các nơi [thị sát] và bảo đảm cho cuộc tiến binh trong năm tới*. Vì những lý do ông cũng hiểu, ta nên thêm vào một tiểu hạm (corvette) nữa, nhưng điểm này để ông thận trọng quyết định, tôi chỉ đòi hỏi một chiếc tầu Dryade. Thưa Bá Tước, nếu ông chấp nhận những điều tôi hân hạnh đề nghị với ông, để cho họ tin, thì xin ông viết cho một văn bản ký tên, tuyên bố rằng ông không thể thi hành lệnh của vua* [Pháp] trong năm nay, cho nên mới cử tôi thân hành về trước xem xét mọi việc, và tìm vua Nam Hà, nếu được, dẫn ông ấy sang đây.

Thưa Bá Tước, đó là phương tiện cuối cùng trong thẩm quyền của tôi. Tôi phải vội vàng nắm lấy vì danh dự của Hoàng Thượng và vì quyền lợi của nước nhà. Nếu ông có những lý do để từ chối, thì ông, một người quá công bằng, không thể không cho tôi biết bằng văn bản. Ông cũng rõ việc tôi phải trình báo mọi sự với Triều đình [Pháp] và bảo đảm rằng tôi đã không sơ xuất trong việc đáp ứng lòng tin mà Triều đình dành cho tôi."8

Trước hết, Bá Đa Lộc nói lý do muốn về Nam Hà, trên tầu Dryade, và nếu có thể, yêu cầu de Conway gửi thêm một chiếc tầu nữa về cùng, để ông thân hành lo việc tổ chức cho cuộc đổ bộ, và đón Nguyễn Ánh sang Pondichéry. Sau đó, ông đe dọa de Conway, nếu không làm thì cũng phải viết rõ trên giấy trắng mực đen vì lý do gì mà không làm. Nhưng de Conway, đã quyết định không xuất quân, nên không muốn đón Nguyễn Ánh sang Pondichéry.

2- Trong thư viết ngày 11/7/1788*,* gửi de Conway, Bá Đa Lộc nói việc gửi quân trong năm 1788, tới tháng 7 là quá trễ, vì gió mùa không còn thuận nữa, phải đợi năm sau, vì vậy, ông lại khẩn khoản xin Conway, lần nữa, cho ông về trước, để giải thích với triều đình Nam Hà sự chậm trễ này:

"Về phần tôi, sau bài học kinh nghiệm kiểu này, nếu tôi để cho người khác đi thay*,* tôi không tin là họ có thể biện minh được trước Triều đình [Nam Hà] mà chỉ có tôi mới chắc chắn làm được*. Ngoài ra, tôi thấy mình không xứng đáng với trọng trách mà vua* [Nam Hà] giao phó, nếu tôi bình thản ở yên nơi này [Pondichéry], thay vì đi một chuyến, quả thực sẽ vất vả cho tôi, nhưng cần thiết cho sự phục vụ nhà vua.

Vì lẽ đó, thưa ông Bá Tước, một lần nữa tôi xin ông chấp nhận những điều mà tôi đã hân hạnh trình bầy với ông trong lá thư đầu, dám mong ông đừng chần chờ quyết định nữa.

Nếu ông bằng lòng để tôi đi Nam Hà với những phương tiện và mục đích mà tôi đã hân hạnh trình bầy với ông, tôi sẽ cho ông biết những mưu kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích" 9.

Câu: "tôi sẽ cho ông biết những mưu kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích", được rõ nghiã qua câu viết ở trên: nếu tôi để cho người khác đi thay*,* tôi không tin là họ có thể biện minh được trước Triều đình [Nam Hà] mà chỉ có tôi mới chắc chắn làm được*.*

Tức là: Bá Đa Lộc xin về Nam Hà để biện minh trước triểu đình. Biện minh về việc gì và như thế nào, thì phải đọc lá thư ông viết cho de Montmorin ngày 16/7/1788, trong đó ông nói rõ, nguy cơ: nếu Pháp không đổ bộ ngay thì Bồ và Anh sẽ không ngần ngại làm việc này, như thế Pháp sẽ mất hết quyền lợi và thuộc điạ ở Nam Hà. Vì vậy, ông phải đích thân về Việt Nam, thuyết phục triều đình Nam Hà nên đợi viện binh của chính phủ Pháp, đừng theo bất cứ nước nào, ông viết:

"Câu trả lời của ông ta [de Conway], như thể việc này vượt quá thẩm quyền của tôi, luôn luôn là: Ông ta chỉ tuân theo lệnh vua và không thể tiết lộ gì thêm cho tôi biết.

Tôi đã hết sức nài nỉ, rằng nếu ông ta coi thường những điều tôi đề nghị, thì ông ta sẽ không thể thi hành đúng lệnh của vua, rằng người Bồ Đào Nha, đã từng ve vãn vua Nam Hà, có thể đem quân đến trước chúng ta cũng như người Anh, rằng nhà vua đã đợi tôi quá lâu mà không có tin tức gì, sẽ nản chí, sẽ đi theo bất cứ nhóm nào đến giúp đầu tiên. Vì vậy tôi cần phải về trước, để nói với nhà vua tất cả những thoả thuận của triều đình Pháp và việc hoàng tử đã trở về bình an... nhưng ông ấy vẫn trả lời vắn tắt như lần trước: tôi chỉ tuân theo lệnh vua."10 Sau đó Bá Đa Lộc nài nỉ de Montmorin, khi nhận được thư này, vui lòng gửi lại lệnh vua và lệnh ông bộ trưởng; đồng thời đề nghị nếu triều đình vẫn còn muốn thi hành cuộc viễn chinh thì nên thay đổi người chỉ huy vì sự bất tài của de Conway, và ông kết luận: nếu triều đình không muốn thi hành hiệp ước đã ký thì xin gửi lại lệnh mới và đưa hoàng tử về nước, còn về phần ông, ông không thể trở về nước này được nữa, ông xin được trở về Pháp11.

Bốn ngày sau khi Bá Đa Lộc gửi cho de Montmorin, Bộ Trưởng Ngoại Giao lá thư trên đây, ngày 20/7/1788 de Conway gởi cho Thống chế de Castries, Bộ Trưởng Hải Quân một thư dài, trong đó ông kể: khi gặp Bá Đa Lộc ở Paris, ông đã tin tưởng vào chương trình viễn chinh, và vui mừng thấy "vua sắp có một Thuộc điạ mới". Ngay khi đến Pondichéry, [tháng 9/1787] ông đã tìm hiểu tin tức về Nam Hà, mới biết người ta đã gửi đại úy thủy quân de Richery điều khiển chiến hạm vận tải Castries đi dò thám tình hình, nhưng Richery vô tích sự, chẳng làm gì cả, chỉ đi buôn bán ở Tầu và lấy cớ không thuận gió, thuỷ thủ ốm đau, không trở lại Pondichéry được. Vì thế không biết vua Nam Hà ở đâu, hình như ông ta chẳng có gì và cũng không làm được gì, mà không biết có còn ông vua này hay không. Trong hoà ước thì ông Bá kê khai là nước này sẽ nhượng cho Pháp Côn Đảo và đảo Hội An [Cù Lao Chàm]; nhưng theo báo cáo của ông d'Après: Côn Đảo chỉ có vài trăm tù vượt ngục, ô uế, người Anh chiếm mấy năm rồi bỏ, còn Cù Lao Chàm, tôi hỏi ông giám mục thế nào, ông ấy bảo có thể trồng luá, tôi hỏi đảo ấy đối diện với đất liền có gì, thì ông ấy bảo bỏ hoang vì chạy quân Bắc (Tây Sơn). Đất sẽ nhượng cho Pháp là như thế đấy: một cái đảo gớm ghiếc không ai dám ở và một hòn đảo hoang đối diện với vùng đất liền cũng hoang nốt, còn vua Nam Hà thì không biết vất vưởng ở đâu... Nước Nam chẳng có nguồn lợi gì đáng kể, thời tiết xấu, một năm bốn tháng mưa, buôn bán chẳng có gì, mà đáng phải cất quân đi đánh... Nguồn lợi nào có thể cung cấp cho ta trên lời hứa của một ông vua tay trắng. Các nước Bồ Đào Nha, Tây Ban Nha, Hoà Lan, Anh, đều đánh chiếm thuộc địa chứ không ai ký kết hoà ước gì cả. Nếu nước Việt nhiều tài nguyên như thế tại sao Anh, Hoà Lan không chiếm, vv... Những lệnh mà tôi nhận được chứng tỏ triều đình chưa quyết định gì về vụ viễn chinh, vậy mà ông giám mục vội vàng tuyên bố sẽ khởi hành nay mai, dù chưa có tầu, không có phương tiện chuyên chở, không có lương thực, tiền bạc, gì cả...12

Lá thư này có lẽ là một trong lý do chính khiến Louis XVI quyết định bỏ hiệp ước Versailles. Cuối cùng, ngày 15/8/1788, de Conway cũng bằng lòng gửi hai tầu Dryade và Pandour do de Kersaint và de Prévillle điều khiển, từ Pondichéry về Nam Hà để thám thính tình hình, nhưng nhất định không cho Bá Đa Lộc đi theo. Không những thế de Conway còn ra lệnh cho hai thuyền trưởng chỉ đi với nhiệm vụ gián điệp thăm dò tin tức và vẽ bản đồ bờ biển nước Nam, nếu gặp Nguyễn Ánh, thì tuyệt đối không được dẫn về Pondichéry.

Ngày 28/8/1788, de Conway viết cho Bộ trưởng Hải quân de La Luzerne:

"Ông Giám mục Adran muốn lên tầu Dryade để chỉ huy chuyến đi và mang vua Nam Hà về đây. Tôi giải thích với vị giám mục này rằng sự hiện diện của ông ta ở đây rất cần thiết cho cuộc viễn chinh, và tôi không thể chấp nhận việc ông xin. Tôi cũng đã ra lệnh cho ông de Kersaint tuyệt đối không được dẫn vua Nam Hà về đây vì bất cứ lý do gì"13.

Tháng 11/1788, Louis XVI quyết định bỏ hẳn cuộc viễn chinh.

Sau đây là bản phúc trình của Bộ trưởng Hải quân de La Luzerne lên Louis XVI, kèm theo chữ ký của nhà vua và câu "chuẩn y" do vua viết tay.

Ngày 16/11/1788,

"Ý chỉ của Hoàng Thượng trong buổi họp nội các, là gửi một tầu chở khẩn thư (aviso) ra lệnh cho ông de Conway bãi bỏ việc thôn tính Nam Hà, gửi hoàng tử và đoàn tuỳ tùng về nơi họ muốn, và cho giám mục Adran trở lại Pháp, như ông ta đã xin, nếu cuộc viễn chinh không xẩy ra.

Sau khi suy nghĩ kỹ, tôi đã xin Hoàng thượng cho gửi bản sao lệnh này bằng đường bộ, và gửi một bản theo tầu buôn đến Ấn Độ. Lệnh này ngắn và mang tính hoà bình, vậy không nguy hiểm nếu bị chặn ở dọc đường. Chỉ cần một bản tới được Pondichéry trước mùa có thể nhổ neo đi Nam Hà. Hoàng thượng sẽ tránh được những tổn phí lớn lao, và ta giữ chiếc tầu chở khẩn thư (aviso) lại để chở lệnh triệt thoái khỏi Ấn Độ cùng với chi tiết những cải tổ phải làm khi mục đích này đã đạt."

Lệnh của ông de Vaires14

"Theo lệnh vua, tôi triệt để truyền lệnh cho ông de Conway không được tiến quân sang Nam Hà".

Lệnh của ông de Vaires

"Phải trả lời lịch sự giám mục Adran, và thông báo cho ông ấy biết rằng tình trạng hiện nay và những tin tức nhận được đã khiến vua quyết định bỏ cuộc viễn chinh Nam Hà."

Thư của Bộ trưởng de la Luzerne gửi giám mục Bá Đa Lộc:

Versailles ngày 16/4/1789,

"Thưa ông, tôi đã hân hạnh nhận được thư ông viết ngày 28/8 [1788] liên quan đến những chậm trễ trong phương sách thi hành cuộc viễn chinh ở Nam Hà. Tôi chỉ có thể [gửi ông] trở lại lá thư tôi đã viết cho ông báo tin cuộc viễn chinh đã bãi bỏ. Tôi cho phép bá tước de Conway cung cấp cho ông những phương tiện để trở về Pháp, nếu ông muốn".15

Ngày 15/3/1789, de Conway viết một thư không đề rõ tên người nhận, chắc là một Bộ trưởng, lại tố cáo Bá Đa Lộc nói bịa, vì theo báo cáo của de Kersaint vừa trở về, xác định Côn Đảo ô uế, Cù Lam Chàm đảo hoang, không ai phí tiền làm cuộc viễn chinh như thế16.

Ngày 18/3/1789, Bá Đa Lộc viết cho de Conway một lá thư rất dài, từ Virampatman (nơi ông ở, gần Pondichéry), trong đó ông báo cho de Conway biết những thông tin mới nhất: Nguyễn Vương hiện đã làm chủ 5 trấn: Sài Gòn, Đồng Nai (Biên Hoà), Mỹ Tho (Định Tường), Long Hồ (Vĩnh Long) và Hà Tiên luôn luôn phụ thuộc vào chúa Nguyễn. Vương có một quân đội từ 60 đến 80 ngàn người, khoảng 50 tầu chiến ga-le, 2 đại hạm (vaisseaux), và từ 4 đến 5 trăm chiến thuyền. Lương thực dồi dào, sản xuất nhiều gạo. Vì bất cẩn, de Kersaint đã không đúng hẹn với Hồ Văn Nghị để nhận bưu kiện mà Nguyễn Vương gửi cho ông, trong có thư Nguyễn Vương gửi Louis XVI để cám ơn ... Theo ông, hiện nay Vương chỉ cần Pháp gửi bất cứ một phân đội nhỏ nào về làm cảnh, để yên lòng dân. Vậy de Conway chỉ cần gửi một trung hạm (frégate), một tiểu hạm (corvette) và khoảng 300 quân, 50 pháo binh, 50 lính da đen và 6 khẩu đại bác dã chiến với đạn dược là đủ. Sau cùng, một lần nữa, Bá Đa Lộc nải nỉ de Conway:

"Thưa ông Bá tước, tôi đã hoàn thành trách nhiệm của tôi đối với triều đình Pháp và vua Nam Hà, tôi van xin ông, vì danh dự và lợi ích của vua, nhất là không thể để cho nước ta phải mang cái nhục thất hứa với một ông hoàng ngoại quốc đã hoàn toàn đặt lòng tin vào lời vua cam kết, tôi xin ông đừng từ chối những điều mà tôi, nhân danh ông hoàng, vừa đòi hỏi... Nếu ông chấp nhận gửi binh đội nhỏ này, thì những xích mích giữa chúng ta sẽ rơi vào quên lãng... "17

Ngày 15/6/1789, Bá Đa Lộc và hoàng tử Cảnh lên tầu Méduse về Gia Định.

Ngày 14/7/ 1789 về tới Vũng Tầu.

Ngày 5/10/1789, Bá Đa Lộc viết thư cho Bá tước de Vaires, Tổng quản thuộc điạ, kể: khi tôi sang Pháp cầu viện, Nguyễn Ánh còn lẩn tránh ở Xiêm, nhưng khi tôi trở về, Nguyễn Ánh đã tự lực chiếm lại được gần hết đất đai của mình. Tôi rất tiếc nước Pháp đã bỏ lỡ cơ hội bằng vàng để có mặt ở nước Nam, vv...

Trên đây là hành trình cầu viện của Bá Đa Lộc, qua các chứng liệu lịch sử, và trong đó có một câu, Bá Đa Lộc viết trong thư gửi de Conway:

"Nếu ông bằng lòng để tôi đi Nam Hà với những phương tiện và mục đích mà tôi đã hân hạnh trình bầy với ông, tôi sẽ cho ông biết những mưu kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích".

Sẽ được Maybon trích dẫn, và cho nó một ý nghiã khác hẳn để "chứng minh" rằng: Bá Đa Lộc có những nguồn tài trợ để thực hiện cuộc viễn chinh, nếu chính phủ Pháp không làm.

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc có tài trợ

Maybon không nhắc tới tất cả những tài liệu, thư từ, mà chúng tôi vừa trích dịch rộng rãi ở trên, không phải vì ông không biết, mà vì ông muốn dựng nên một huyền thoại khác, dựa trên cuốn Bá Đa Lộc của Faure (tuy ông vẫn tỏ ý coi thường Faure, vì đôi khi Faure đưa ra những văn bản không có lợi cho Bá Đa Lộc).

Huyền thoại này chủ yếu xác định Bá Đa Lộc có "công đầu" trong sự nghiệp của Gia Long, ngoài "ơn cứu tử", đã nói đến trong chương 5, Maybon không ngần ngại dùng tài liệu của Faure và của de Guignes do Faure in lại, để "chứng minh" rằng: sau khi vua Pháp từ chối cuộc viễn chinh, Bá Đa Lộc đã cung cấp thuyền tàu và khí giới cho Nguyễn Ánh, và trực tiếp đánh nhau với Tây Sơn. Để làm việc này, Maybon vẫn dùng thủ pháp cắt xén các tài liệu. Mở đầu chương Concours apporté par l'évêque au prétendant (Sự hỗ trợ của vị giám mục cho người chiếm lại ngôi báu), ông viết:

"Bá Đa Lộc đã đắc lực góp phần vào sự phục hồi địa vị của Nguyễn Ánh: ta còn nhớ, ngay khi mới đến Pondichéry, trong một cuộc cãi vã, vị giám mục đã nói với Conway, trước mặt Saint-Riveul rằng "một mình tôi, giám mục Adran, tôi cũng có thể làm cuộc cách mạng". Sau đó, ngày 11/7/1788, viết thư cho ông tướng [de Conway] để xin một lần nữa, được gửi về Nam Hà, ông [Bá] nói: "Nếu ông bằng lòng cho tôi đi... tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn (ressources) của riêng tôi, để làm cho chuyến đi này hữu ích". Nếu không có trước mắt những tài sản (moyens) bảo đảm góp phần vào cuộc viễn chinh, thì vị giám mục đã không nói những lời như thế; những tài sản đó là gì?

Trước khi rời Pháp, ông đã nhận được 30.000 livres của Bộ [Ngoại Giao] bồi thường tiền ông ứng ra tiêu cho hoàng tử, hết hơn 40.000 livres, ngoài số tiền Nguyễn Ánh đưa cho ông. Thống Chế de Castries cấp cho ông 4000 écus để tiêu cho hoàng tử ở Paris, còn chuyến về và những chi tiêu khác, Bá Đa Lộc không có nguồn lợi nào (...)

Nhưng số tiền [30.000 livres] này, cộng thêm vài tài sản riêng của ông, cũng không đủ để chi cho cuộc viễn chinh quan trọng này... "18. Sau đó, Maybon kể đến các "nguồn lợi" khác của Bá Đa Lộc, sẽ nói đến ở dưới.

Lời Bá Đa Lộc được Maybon dẫn trên đây, rút trong thư Bá Đa Lộc viết cho de Conway ngày 11/7/1788, mà chúng tôi đã trích dịch ở trên. Đó là câu:

"Nếu ông bằng lòng để tôi đi Nam Hà với những phương tiện và mục đích mà tôi đã hân hạnh trình bầy với ông, tôi sẽ cho ông biết những mưu kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích". Maybon cắt ngắn thành: "Nếu ông bằng lòng cho tôi đi... tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn (des ressources) của riêng tôi, để làm cho chuyến đi này hữu ích". Rồi ông viết thêm câu kế tiếp: "Nếu không có trước mắt những tài sản bảo đảm góp phần vào cuộc viễn chinh, thì vị giám mục đã không nói những lời như thế; những tài sản đó là gì?". Để ông xác định lại nghiã nguồn vốn của chữ ressources. Mục đích của Maybon ở đây, là đưa vào miệng Bá Đa Lộc hai câu nói đại ý:

  • "Nếu ông không chịu xuất quân, thì tôi, Bá Đa Lộc, tôi cũng có thể làm được cuộc cách mạng này một mình".

- "Nếu ông để cho tôi về Nam Hà tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn riêng của tôi để tài trợ cho cuộc viễn chinh".

Sự thực, Bá Đa Lộc không hề nói như vậy.

Maybon đã trích lời Bá Đa Lộc, trong một bối cảnh khác hẳn, rồi đem vào đây, và hướng nó về cái nghiã mà ông muốn.

Về câu nói đầu: "một mình tôi, giám mục Adran, tôi cũng có thể làm cuộc cách mạng", chữ cách mạng (révolution) ở đây không thích hợp, Bá Đa Lộc là người dùng chữ rất chính xác, vì vậy, chữ này không biết có phải vị giám mục nói ra để chỉ chuyện "viễn chinh" hay là Bá nói một chữ khác nhưng Saint-Riveul thay bằng chữ này và Maybon nhập nhằng gán vào câu chuyện viễn chinh.

Về câu thứ nhì: "Nếu ông bằng lòng cho tôi đi... tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn của riêng tôi, để làm cho chuyến đi này hữu ích" thì Maybon đã hoàn toàn dùng xảo thuật để bịp người đọc không hiểu rõ tình thế, mà chúng ta đã thấy quá rõ ở trên.

Lời đầy đủ của Bá Đa Lộc là: Nếu ông bằng lòng để tôi đi Nam Hà với những phương tiện và mục đích mà tôi đã hân hạnh trình bầy với ông, tôi sẽ cho ông biết những mưu kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích".

Chữ des ressources ở đây chỉ có nghiã là những mưu kế, Bá Đa Lộc dùng để chỉ sự biện minh trước triều đình Việt, về việc Pháp viện quân chậm trễ và khuyên triều đình gắng chờ, đừng nhận sự trợ giúp của Bồ và Anh, đồng thời tìm cách kéo Nguyễn Ánh sang Pondichéry, để nhà vua trực tiếp dẫn quân viễn chinh Pháp về Việt Nam.

Đó là điều Bá Đa Lộc cố gắng làm để phụng sự vua Pháp và quyền lợi của nước Pháp như ông đã nói trong thư. Xin nhấn mạnh một lần nữa: chữ ressources trong bối cảnh của cây này, chỉ có nghiã là kế, là mưu kế, chứ không có nghiã là nguồn vốn, hay của cải, tiền bạc.

Nhưng Maybon đã cắt bỏ tất cả bối cảnh câu chuyện mà Bá Đa Lộc trình bầy trong các lá thư trước, chỉ trích một câu cuối cùng: Nếu ông bằng lòng để tôi đi Nam Hà với những phương tiện và mục đích mà tôi đã hân hạnh đề nghị với ông, tôi sẽ cho ông biết những kế (des ressources), mà chỉ mình tôi mới có, để làm cho chuyến đi này hữu ích", rồi làm cho nó biến nghiã thành: "Nếu ông bằng lòng cho tôi đi... tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn của riêng tôi, để làm cho chuyến đi này hữu ích", bằng cách đặt nó vào một khung cảnh ngữ nghiã khác, để hướng độc giả về việc gửi quân viễn chinh: "nếu ông không chịu gửi quân viễn chinh, thì tôi sẽ có nguồn vốn riêng để làm việc này"! Sử gia đã sử dụng tư liệu một cách man trá ngoài sức tưởng tượng.

Tất cả là ở chữ ressourses. Ông đã lợi dụng sự đa nghiã của chữ này, có nghiã là phương tiện, là nguồn lợi tức, là mưu kế,..., và ông đã cắt một câu trong lá thư Bá Đa Lộc, có chữ ressourses nghiã là mưu kế, để dán vào chỗ khác, ép độc giả hiểu ressourses theo nghiã tiền bạc chi cho cuộc viễn chinh; hoàn toàn không có trong lời thư của Bá Đa Lộc.

Vì không tìm được chứng cớ gì đáng tin cậy xác định Bá Đa Lộc có những nguồn tài trợ cho cuộc viễn chinh, nên Maybon đành phải dùng thủ đoạn gian dối như vậy.

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc "tự tìm" những nguồn tài trợ

Việc Louis XVI huỷ bỏ hiệp định Versailles 1787 đã rõ, ai cũng biết. Nhưng sau đó, những ngòi bút thuộc địa tung ra một tin khác, là việc Bá Đa Lộc tự xoay sở tìm vốn mua chiến hạm, đạn dược, vũ khí và mộ lính về giúp Nguyễn Ánh. Vậy chúng ta thử tìm xem, ở sử gia Maybon, "nguồn tin" này được thiết lập như thế nào?

  • Trước hết, hải trình của tầu Méduse (tầu Bá Đa Lộc và hoàng tử Cảnh đáp, để về Việt Nam) do Alexis Faure ghi lại, có ghi tên những người lên bờ ở Vũng Tầu:

"Lên bờ ở Saint-Jacques [Vũng Tầu] ngày 28/7/1789: Hoàng tử Nam Hà và người anh/em họ, Giám mục Adran, Paul, Gilles, Barthélemy và Nam, cận vệ của hoàng tử, Boisserant, Pillon, Tarin, Leblanc, giáo sĩ, Gérard, Le Tousse (Mathieu) đầu bếp, Fransique, Bonaventure, Isidore, người hầu Đức Giám Mục19. Tức là phái đoàn tháp tùng hoàng tử và giám mục có tất cả 15 người: một người anh em họ, 4 cận vệ của hoàng tử, 4 giáo sĩ, 2 đầu bếp và 3 người hầu giám mục. Ngoài thông tin này của Faure, còn có những nguồn tin trực tiếp, qua thư từ của giám mục Bá Đa Lộc và của giáo sĩ Langenois. Có 3 lá thư đáng chú ý:

1- Thư viết ngày 12/8/1789, Langenois gửi cho quản sự tu viện Létondal ở Macao:

"Giám Mục và thằng nhỏ 10 tuổi đã về tới triều đình Bến Nghé [Gia Định] ngày 29/7, tôi cũng từ Sadec lên ngày 5/8 để thăm Đức Ông và bốn vị thừa sai mới, về cùng với ngài mà tôi sẽ dẫn M. Jacques Pilon, 46 tuổi, dân Normandie, ở Coutances, một khi có giấy để qua đoan Nam Hà."20

2- Thư của Bá Đa Lộc viết cho Létondal, tháng 7/1789 (không đề ngày):

"Tôi vừa về tới Nam Hà.... tôi về không có sự cứu trợ mà vua Pháp đã ưng thuận giúp vua Nam Hà*; nhưng tôi tin rằng Thượng đế nhiệm màu đã an bài như thế... Tôi đợi ít ngày nữa, nếu những tầu buôn từ Pondichéry đến, sẽ dễ dàng thay thế cho những tầu chiến... Nhà vua sẽ khỏi phải nhượng đất cho họ, và cũng khỏi phải trả họ tiền phí tổn và khỏi phải cho tiền thưởng."*21

Lời lẽ trong thư hơi khó hiểu. Vỉ giáo sĩ Launay đã cắt không in hết lá thư. Tuy nhiên chúng ta vẫn có thể nắm được những ý chính:

  • Vị giám mục về tay không. Pháp không giúp gì cả.

  • Ông đợi tầu buôn ở Pondichéry đến, chúng sẽ "dễ dàng thay thế cho những tầu chiến". Câu này có nghiã gì? Tại sao tầu buôn lại có thể "thay thế" cho tầu chiến?

Nếu đọc lại lá thư Bá Đa Lộc viết cho de Conway ngày 18/3/1789, trước khi về Nam Hà, đã dẫn ở trên, trong có đoạn ngụ ý: Hiện nay Nguyễn Ánh chỉ cần Pháp gửi bất cứ một phân đội nhỏ nào về Nam Hà làm cảnh (để thị uy, trộ bên địch, ra vẻ Nguyễn Ánh có Tây giúp) làm yên lòng dân; nên Bá Đa Lộc khẩn khoản yêu cầu de Conway chỉ gửi một trung hạm (frégate), một tiểu hạm (corvette) và khoảng 300 quân, 50 pháo binh, 50 lính da đen và 6 khẩu đại bác dã chiến với đạn dược là đủ, thì ta hiểu rõ ý nghiã câu này: những tầu buôn từ Pondichéry đến đây, sẽ lập lờ thay thế cho tầu chiến Pháp đến dàn cảnh thị uy, và như thế, thì: "Nhà vua sẽ khỏi phải nhượng đất", và "khỏi phải trả họ tiền phí tổn và khỏi phải cho tiền thưởng." Nếu câu này đúng nghiã như thế, thì quả Bá Đa Lộc cũng có lòng với Gia Long.

3- Đọc lá thư kế tiếp của Bá Đa Lộc ta càng hiểu rõ hơn: Trong thư ngày 17/8/1789, Bá Đa Lộc viết cho Létondal, có đoạn như sau:

" (...) Hoàng tử và tôi được đón rước với tất cả những tín hiệu vui mừng và toại nguyện vua ban. Tất cả mọi việc đã xẩy ra hôm đó đã nói rõ chẳng cần thêm gì nữa. Nhà vua, mẫu hậu, hoàng hậu, hoàng gia, tóm lại, tất cả triều đình đều không tả siết nỗi vui mừng được thấy lại chúng tôi.

Điều duy nhất có thể làm dịu bớt niềm vui tột độ này là tôi về với độc một trung hạm (une seule frégate) và nó lại phải lập tức đi Manille ngay. (...)

Cả triều đình đều ngã ngửa về lối hành xử này [của vua Pháp] và nhiều ông quan đã ngỏ cho tôi biết mối lo ngại. Nhà vua, tuy thấy rõ tình hình, nhưng không có vẻ lo lắng lắm, tôi e rằng ông quá tin vào sức mạnh của ông, nhưng nếu không có sự trợ giúp của người Tây phương, ông sẽ còn trải qua thất bại. Sức mạnh của bộ binh và thuỷ binh của ông thực là lớn lao đối với xứ này, nhất là nếu chúng ta thấy sự nhanh chóng mà ông thành lập nên; tuy nhiên dân chúng vẫn còn kinh hoảng, họ chỉ có thể yên tâm khi thấy quân ngoại quốc đến trợ giúp quân đội nhà vua. Nếu những tầu buôn từ Ile de France và từ Pondichéry đến, như chúng tôi mong đợi*, thì có nhiều hy vọng, nhà vua sẽ dễ dàng thu phục được phần còn lại của lãnh thổ ông*; nhưng nếu sự ấy không đến, như bao nhiêu điều khác mà chúng tôi mong mỏi, thì chỉ có Thượng đế mới biết chuyện gì sẽ xẩy ra khi nhà vua giáp chiến với ngụy quân. Tôi phó thác chuyện này cho ông [Létondal] và những người thân cầu nguyện. Sau tất cả những gì đã vận động, tôi chỉ còn biết gửi gấm việc này trong tay Chúa"22.

Lời Bá Đa Lộc xác định thêm những điểm sau:

  • Vị giám mục về trên độc một chiếc tầu và tầu này phải đi Phi Luật Tân ngay.

  • Tất cả triều đình đều lo ngại vì thấy Pháp không thực hiện hoà ước.

  • Chỉ có nhà vua là không lộ vẻ lo lắng gì vì ông tin vào sức mạnh quân đội của ông.

  • Nhưng dân chúng vẫn còn "kinh hoảng" (sợ Quang Trung), muốn có quân ngoại quốc giúp.

  • "Nếu những tầu buôn từ Ile de France và từ Pondichéry đến, như chúng tôi mong đợi" câu này triệt tiêu tất cả những lập luận cho rằng Bá Đa Lộc bỏ tiền ra hoặc quyên tiền mua vũ khí giúp Nguyễn Ánh, bởi vì, nếu ông đã mua được khí giới, thì ông không phải mong đợi các tầu buôn đến, mà những tầu buôn này bắt buộc phải đến Sài Gòn để giao hàng.

- Câu sau lại càng có ý nghiã hơn nữa "nhưng nếu sự ấy không đến, như bao nhiêu điều khác mà chúng tôi mong mỏi, chứng tỏ "sự các tầu buôn kia ghé Sài Gòn" chỉ là niềm mơ ước của ông như bao nhiêu điều khác. Tại sao?

- Tại vì ông tin rằng, như ông đã viết trong thư đầu, những tầu buôn này sẽ "thay thế" cho tầu chiến, nghiã là sẽ đánh lừa được cả dân chúng lẫn Tây Sơn: dân chúng thấy tàu ngoại quốc "đến giúp" sẽ lên tinh thần và Tây Sơn thấy tầu Tây đến sẽ khiếp sợ! Bá Đa Lộc hoàn toàn tin tưởng ở điều này, bởi vì mùa thu 1791, khi thấy Quang Trung đã chiếm Lào và chuẩn bị đánh miền Nam, ông sợ quá định bỏ đi, kéo theo tất cả những người Pháp, trong thư gửi cho Létondal ngày 14/9/1791, Bá Đa Lộc trách Nguyễn Ánh như sau:

"... Nhà vua đã không biết lợi dụng cơ hội mà ông ta có được để đánh bại kẻ thù, mà lại để chúng có thì giờ hoàn hồn và chúng thấy rõ tất cả những đồn đại về việc người Âu đến giúp chỉ là chuyện hão"23. Câu này chứng tỏ mọi người đều biết việc Pháp giúp là chuyện hão.

  • Câu chót: "Sau tất cả những gì đã vận động tôi chỉ còn biết gửi gấm việc này trong tay Chúa", chứng tỏ nỗi thất vọng sâu xa của vị giám mục.

Đó là những lời do chính giám mục Bá Đa Lộc viết ra, xác nhận: ông về tay không, không tầu, không khí giới, không lính mộ*.*

Nhưng sử gia Maybon không chấp nhận điều đó và ông quyết "chứng minh" ngược lại rằng vị giám mục không những đã tìm được các nguồn tài trợ để mua khí giới mà còn vận động một chiến dịch các tầu bè ngoại quốc đến cung cấp khí giới cho Nguyễn Ánh nữa!

Maybon "trình bày" những nguồn tài trợ của Bá Đa Lộc

Sau khi đã "chứng minh" Bá Đa Lộc có sẵn trong tay các nguồn tài trợ nên mới dám "mạnh dạn" phát biểu: "Nếu ông không chịu xuất quân, thì tôi, Bá Đa Lộc, tôi cũng có thể làm được cuộc cách mạng này một mình" và "Nếu ông để cho tôi về Nam Hà tôi sẽ cho ông biết những nguồn vốn riêng của tôi để tài trợ cho cuộc viễn chinh", Maybon kê khai một số "nguồn tài trợ chính" của Ba Đa Lộc như sau:

1- Nguồn tài trợ thứ nhất: "những nhà buôn "yêu nước"

Maybon xác định những nhà hảo tâm ái quốc ở Ile de France đã bỏ tiền ra giúp Giám mục Bá Đa Lộc bằng chứng cớ sau đây:

"Ta có thể đọc trong bản lược trình, do dân cư ở đảo [Ile de France] đệ trình trước quốc hội ngày 2/12/1790, rằng nếu năm 1787, Bộ [Ngoại Giao và Thuỷ Quân] quyết định để cho Ile de France chuẩn bị gửi quân viễn chinh đi Nam Hà; "thì ta đã tìm được trên đảo này những lính tình nguyện, lính Nam phi (Cafres), những hạm đội và đạn dược cho cuộc viễn chinh quan trọng này". Và các tác giả của bản lược trình này còn xác nhận: "Nhiều nhà buôn ái quốc [Pháp] của vùng thuộc địa này, đã tặng cho giám mục Adran tất cả tài sản của họ để giúp ông trong sự thực hiện một dự án sẽ có lợi cho đất nước như thế"24. Sau đó Maybon kể tên hai người có thế lực và tiền bạc, quen Bá Đa Lộc, sau này sẽ trở thành nghị viên là Charpentier de Cossigny ở Ile de France và Louis Monneron ở Pondichéry.

Xin có mấy nhận xét về trích đoạn trên đây:

  • Những người mà Maybon gọi là dân cư (habitants) ở đảo, thực ra chỉ là 24 vị thực dân; vì dân cư ở đảo (gọi là indigène) chả có quyền gì mà gửi đơn tới quốc hội Pháp, để khiếu nại việc mất miếng ăn ở nước Nam, một "thuộc địa tương lai", vì Louis XVI không thức thời.

  • Sáu tháng sau khi phá ngục Bastille (14/7/1789) và lật đổ Louis XVI, ngày 2/12/1790, 24 vị thực dân này mới gửi đơn tố cáo Louis XVI bỏ cuộc viễn chinh trong lúc tất cả đã chuẩn bị xong, tức là có đủ lính tình nguyện, cả lính da đen, đầy đủ hạm đội và súng đạn cần thiết, lại có các nhà hảo tâm đã tặng hết tài sản cho giám mục Bá Đa Lộc rồi, thế mà lại "ngu muội" bỏ lỡ một chiến dịch lợi hại cho nước Pháp như thế! Đánh Louis XVI như vậy, ta gọi là hồi tố, tức là đánh trở lại một việc đã qua, không vinh hiển gì; nhưng điểm quan trọng là câu này: "các nhà hảo tâm đã tặng hết tài sản cho giám mục Bá Đa Lộc rồi". Câu này thực khả nghi, vì những lẽ sau đây:

1- Ngày 28/11/1787 hiệp ước Versailles được ký kết.

2- Ngày 2/12/1787, Louis XVI quyết định hủy bỏ hiệp định Versailles.

3- Ngày 27/12/1787 Bá Đa Lộc rời hải cảng Lorient về Việt Nam, trên tầu Dryade, không biết gì về mật lệnh của vua Pháp.

4- Khi tầu đến Ile de France, Bá Đa Lộc phải giấu kín việc viễn chinh (bí mật quân sự) và ông vẫn không biết gì về mật lệnh Pháp hoàng gửi Conway. Đối với ông mọi việc đang tiến hành tốt đẹp. Vậy không có lý do gì, và ông cũng không thể, đi xin tiền các nhà "hảo tâm yêu nước" Pháp ở Ile de France và được họ cúng "tất cả tài sản" cho cuộc viễn chinh này (một khi việc này là bí mật). Lập luận này vừa không có cơ sở vừa tai hại cho danh tiếng Bá Đa Lộc, một người tu hành.

5- Ngày 18/5/1788, tầu đến Pondichéry. Trong suốt thời gian ở Pondichéry, sở dĩ có tranh chấp gay gắt với de Conway, vì Bá Đa Lộc vẫn không biết việc Pháp Hoàng đã cho Conway toàn quyền quyết định. Vì de Conway đưa ông ra "bộ tư lệnh" để hỏi "khẩu cung" về việc đánh như thế nào, đổ bộ ở đâu, và ông không trả lời được, do đó mới có việc ông xin về Nam Hà trước để thuyết phục Nguyễn Ánh đích thân sang Pondichéry. Qua tất cả những việc này, Bá Đa Lộc vẫn "hồn nhiên" tin rằng vì Conway xấu bụng, cho nên trong thư từ trao đổi với Montmorin và các Bộ trưởng Hải quân kế tiếp, ông chỉ tố cáo sự ngoan cố của Conway và ông vẫn tin là chính phủ Pháp sẽ thi hành viễn chinh. Đến phút chót, khi Bá Đa Lộc nhận được thư của La Luzerne, Bộ Trưởng Hải quân, viết ngày 16/4/1789, ở Versailles, ông mới biết rõ quyết định này đến từ chính phủ Pháp: "... cuộc viễn chinh đã bãi bỏ. Tôi cho phép bá tước de Conway cung cấp cho ông những phương tiện để trở về Pháp, nếu ông muốn"25. Bá Đa Lộc chỉ biết tin này khoảng hơn hai tuần trước khi ông về Nam Hà (ngày 15/6/1789, Bá Đa Lộc và hoàng tử Cảnh lên tầu Méduse và ngày 14/7/1789 tới Vũng Tầu).

Vì không thông thạo tình hình và quá chủ quan, nên Ba Đa Lộc, trong thời gian tranh chấp với Conway, từ tháng 5/1788 đến tháng 6/1789, vẫn đinh ninh cuối cùng mình sẽ thắng. Bá Đa Lộc không có kinh nghiệm về chính trị và quân sự, chính báo cáo "láo" của ông với vua Pháp về tình hình "tồi tệ" của quân Tây Sơn, về sự chiếm Đà Nẵng và Qui Nhơn dễ như trở bàn tay, đã làm hại ông. Tháng Giêng 1789, Quang Trung đã chớp nhoáng phá tan 200.000 quân Thanh, trong hoàn cảnh này, nếu quân Pháp đổ bộ với 2, 3, chiếc tầu và chưa đầy 1500 lính, thì có nguy cơ bị nuốt chửng. Chưa kể nếu chỉ lại đem có hai chiếc chiến hạm "làm cảnh" và hơn 300 lính, thì thực nực cười, trước quân đội vũ bão của Quang Trung. Nhưng không chỉ mình Bá Đa Lộc không hiểu tình thế, de Conway còn tồi tệ hơn, đã đánh giá hoàn toàn sai lầm về vị trí chiến lược của hai hải đảo: Côn Lôn và Cù Lao Chàm, một, đối diện với các cửa sông từ Sài Gòn đổ ra biển, là cửa ngõ chặn các thuyền bè ra vào biển Đông; một, là hải cảng chiến lược cho các tầu đỗ nghỉ trước khi sang Trung Hoa và các nước miền bắc, như Barrow đã nhìn thấy. Ở thời điểm mà đường biển là phương tiện giao thông hữu hiệu nhất, vị trí chiến lược của hai đảo này không thể chối cãi được. Ngoài ra de Conway lại cũng không hiểu gì về tinh hình Việt Nam, về sức mạnh thuỷ binh của Nguyễn Ánh và Quang Trung. Sự cao ngạo của người Pháp, đôi khi đưa họ đến những tình huống không ngờ.

Trở về với lập luận của Maybon: Bá Đa Lộc không thể xin các nhà hảo tâm ở Ile de France bỏ tiền ra giúp cuộc viễn chinh, vì cho đến phút chót, trước khi lên tầu ở Pondichéry về Việt Nam, ông mới biết lệnh bãi bỏ viễn chinh của chính phủ Pháp. Đó là lý do khiến cho cái cớ Maybon đưa ra về sự Bá Đa Lộc được các nhà hảo tâm ái quốc ở Ile de France cúng cho tất cả tài sản của họ là không thể chấp nhận được. Sau nguồn tài trợ của "các nhà hảo tâm yêu nước", Maybon đưa ra nguồn tài trợ thứ nhì: kho tàng của Nguyễn Ánh.

2- Nguồn tài trợ thứ nhì: Kho tàng của Nguyễn Ánh

Rồi dường như chính sử gia Maybon cũng không tin lắm ở "nguồn tài trợ của những nhà hảo tâm yêu nước", nên ông không ngần ngại kê khai tiếp những "nguồn tài trợ" khác, khi viết:

"Một nguồn [tài trợ] chắc chắn nữa, mà giám mục Adran có thể trông cậy được là kho tàng của chính Nguyễn Ánh và [sự kiện] nhà vua có thể vay mượn được. Rất có thể nhà vua mua được khí giới và thuê tầu, hoặc bằng cách đổi hàng hoá hay trả bằng tiền, hoặc hứa hẹn sẽ trả sau. Vì vậy, ta thấy trong Thực Lục lệnh mua mỗi năm một trăm nghìn livres đường ở những nhà sản xuất Việt, thực phẩm này dùng để đổi lấy vũ khí do người Pháp cung cấp26.

Maybon muốn nhắc đến câu này trong Thực Lục: lệnh mua đường cát vào tháng 11-12/1789, Thực Lục ghi: "Sai dinh Trấn Biên đặt mua đường cát, mỗi năm 10 vạn cân làm hạn, cứ số đường 100 cân thì phát trước tiền công cho 10 quan. Đến ngày nộp đường cho nhà nước thì theo giá chợ mà cấp thêm, để sẵn mà đổi cho người Tây Dương lấy đồ binh khí."27

Việc Nguyễn Ánh sai người chở gạo và các sản phẩm khác ra ngoại quốc bán để lấy tiền mua khí giới và vật dụng chiến tranh, chúng ta sẽ thấy toàn bộ trong chương 20, Chính sách đối ngoại của vua Gia Long. Ở đây ông Maybon mới chỉ biết có mảng đường cát. Điều làm cho chúng ta ngạc nhiên khi đọc những hàng này, là vị sử gia, vì túng tài liệu chứng minh Bá Đa Lộc bỏ tiền ra giúp Nguyễn Ánh, đã phải mượn tạm "kho tàng" của Nguyễn Ánh để làm "nguồn tài trợ" cho Bá Đa Lộc. Câu chuyện kho tàng này, Maybon chép trong bài Introduction của Ste-Croix, do chính ông cho in lại trong cuốn Ký sự Bissachère: "Người ta quả quyết rằng nhà vua có nhiều kho tàng lớn lao, chôn giấu nhiều vàng thoi"28.

Tóm lại, sử gia Maybon đưa hai chuyện đường cát và kho tàng này vào "danh sách" các nguồn tài trợ của Bá Đa Lộc giúp Nguyễn Ánh thì thực là cùng quẫn.

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc đạt những thành tựu

Sau khi kê khai các "nguồn tài trợ" của Bá Đa Lộc, Maybon kể đến những "thành tựu" của Bá Đa Lộc, từ trang 269 đến trang 279, trong cuốn Histoire moderne du pays d'Annam (Lịch sử hiện đại nước Nam), ông hoàn toàn phỏng theo chương 17 trong cuốn Bá Đa Lộc của Faure, mà không đề xuất xứ, hoặc chỉ đề thoáng qua. Bản thân Faure lại dựa vào "thông tin" của de Guignes; khi đến tay Maybon, những thông tin cóp nhặt này sẽ trở thành:

"Dù từ nguồn tài trợ nào đi chăng nữa, thì sự vận động của đức giám mục đã có hiệu quả trông thấy từ năm 1788. Tầu Dryade, đi từ Pondichéry ngày 15/8 cùng với tầu Pandour, dừng ở Poulo-Condor cho Paul Nghị xuống với vài người An Nam, cũng để lại 1000 khẩu súng trường mua cho Nguyễn Ánh (theo Faure, t. 199). Vào tháng 12, cùng thời gian tầu Dryade đậu ở Macao (từ 13 đến 29), "vị đại lý [agent] của vua [Pháp] ở Quảng Đông, ông de Guignes, con trai nhà Đông phương học nổi tiếng, viết cho ông Bộ trưởng [ngoại giao], quy định sự thành công của Nguyễn Ánh là "nhờ nhiều tầu ông ta đã mua" và ông viết thêm: "Chỉ những tầu buôn đến cũng đủ ngăn chặn ngụy quân và làm chúng sợ hãi". Sau đó, vẫn ông agent này gửi cho ông bộ trưởng những thông tin chi tiết hơn: "Những người Bồ ở Macao, thuận theo gió mùa, gửi tám chín tầu lớn nhỏ khác nhau cho Nam Hà... những tầu này chở hàng hoá và súng đạn. Hai hải hạm từ Ile de France, chở súng và những thứ cần thiết cho vua vùng này, cũng ghé bến; tầu lớn Garonne... cũng ghé qua Nam Hà và ở lại đó mấy ngày... Còn tàu kia, có lẽ là Robuste, có lẽ đã ở lại Vũng Tầu... người ta biết rằng tầu Garonne khi đi sang Xiêm đã bán hai trong số đại bác của tầu cho những ông quan An Nam đến đây... Nhiều tầu khác cũng ghé đến Vũng Tầu trong tháng 6 và 7; đó là, hình như, tầu Moyse và Capitaine Cook...Tầu St-Esprit, do Jean-Marie Dayot. .. cũng đi cùng tới Phi Luật Tân để mua súng ống lương thực, rồi từ đó sang Macao nơi Dayot phải mua hai tầu Bồ để đưa về Vũng Tầu. Trong năm 1790, Dayot cũng lại được gửi một lần nữa đi Phi Luật Tân với hai tầu mà anh có nhiệm vụ sửa chữa, và anh cũng được lệnh mua lưu huỳnh... 29

Maybon còn tiếp tục viết thêm nhiều trang kê khai những loại "thành tựu" như thế của Bá Đá Lộc. Tóm lại, với những "hình như", "có thể", "nghe nói"... Maybon đã đưa tên tất cả tầu bè có thể ghé Nam Hà, có thể chở súng đạn, có thể bán cho Nguyễn Ánh... vào danh sách "công lao" của Bá Đa Lộc. Đoạn văn này Maybon tóm tắt chương 17 của Faure (Bá Đa Lộc, t. 193- 210). Cả hai tác giả đều muốn nói rằng: tất cả những tầu Pháp (và tầu Bồ) nào ghé qua Nam Hà, cũng chở khí giới cho Nguyễn Ánh và cũng do công của Bá Đa Lộc "vận động" để họ đến giúp Nguyễn Ánh dựng nghiệp, hoặc chở khí giới bán cho Nguyễn Ánh. Maybon chép Faure, nhưng làm như mình lấy tin ở một nguồn khác, đáng tin cậy hơn, khi ông viết: "vị đại lý của vua ở Quảng Đông, ông de Guignes, con trai nhà Đông phương học nổi tiếng, viết cho ông Bộ trưởng...". Vẫn là agent de Guignes, mà ta đã biết trong chương 12, Huyền thoại Le Brun và Puymanel xây thành Gia Định và Diên Khánh. De Guignes được Faure thăng lên hàng lãnh sự, và ở đây Maybon phong làm agent du roi tức là đại lý của vua, và thêm con trai nhà Đông phương học nổi tiếng, như để bảo đảm giá trị cho nhân vật này. Nhưng một đại lý của vua viết báo cáo thường xuyên về Bộ Ngoại Giao, theo chỗ chúng tôi biết, vẫn chỉ là gián điệp. Và những thông tin của điệp viên này được Maybon trích dẫn ở trên, không thể chứng minh được rằng Đức Giám Mục Bá Đa Lộc, đã có quyền sai khiến những tầu Pháp và Bồ, trên Thái Bình và Ấn Độ Dương, phải chở khí giới, lương thực đến Việt Nam giúp Nguyễn Ánh!

Còn về câu: "Tầu Dryade, đi từ Pondichéry ngày 15/8 cùng với tầu Pandour, dừng ở Poulo-Condor cho Paul Nghị xuống với vài người An Nam, cũng để lại 1000 khẩu súng trường mua cho Nguyễn Ánh", thì xin nhắc lại rằng: Hai tầu này chính là tầu de Conway gửi đi do thám tình hình Nam Hà ngày 15/8/1788, trong tình trạng cực kỳ căng thẳng giữa de Conway và Bá Đa Lộc, đã nói đến ở trên; nếu có chở 1000 khẩu súng trường mua cho Nguyễn Ánh, thì phải là súng của Hồ Văn Nghị mua của công ty Pháp Ấn cho Nguyễn Ánh, chứ giám mục Bá Đa Lộc, không thể qua mắt de Conway, gửi súng lậu trái phép "viện trợ" cho vua Nam Hà, khi mà chính bản thân ông muốn về Nam Hà trên chuyến tầu đó cũng bị de Conway cấm ngặt.

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc đem tầu và khí giới về

Bất chấp những điều giám mục Bá Đa Lộc viết trong hai thư tháng 7/1789, đã dẫn ở trên, rằng ông về tay không, trên độc một chiết tầu (Méduse) và nó lại phải đi Phi Luật Tân ngay; Maybon "viết lại lịch sử" như sau:

"Chính tầu Méduse, dưới sự điều khiển của hải quân đại tá Rosily, đã đưa giám mục Adran và Hoàng tử Cảnh về Nam Hà (tháng 6-7 1789) hình như đã góp phần vào việc tiếp tế cho nghiã quân của Nguyễn Ánh.

Trong chuyến đi này, hình như chiếc trung hạm (frégate) có 2 tầu hộ tống - Renouard de Ste-Croix xác định là có 2 tiểu hạm (corvette) dẫn đường. Chaigneau, đã sống với những người chứng kiến việc này, 30 năm sau viết: "Vị chủ giáo trung thành từ Pháp trở về không có quân theo, nhưng ở Ấn Độ, ông đã quyết định cho hai tầu Pháp theo ông để trợ lực những toan tính của ông. Ông đã về trình diện chúa với nhóm người can đảm đếm trên đầu ngón tay này."30

Và ở note số 4, trang 271, Maybon viết: "Hầu hết các tác giả đều nói về điều này [2 tầu hộ tống], lời lẽ khác nhau chút ít, chủ yếu là Louvet và Bouillevaux; Louvet viết:"Giám mục Adran trang bị hai tầu buôn, ông mua vũ khí và đạn dược và đổ bộ lên Nam Hà trong những tuần lễ đầu tiên năm 1789*. Bá tước de Conway, mặc dầu chống đối, cũng không thể từ chối không cấp cho giám mục một chiến hạm, để chở vị giám mục và đoàn tuỳ tùng"* (Louvet, sđd, t. 427-428), còn Bouillevaux viết: "Ông (Conway) dường như đã cho hộ tống vị chủ giáo và hai tầu buôn bằng tầu nhà nước Méduse (Bouillevaux, sđd, t. 393, note 1). Thông tin này chắc lấy ở Văn khố Hội Thừa sai Ngoại quốc"31.

Vì chúng ta đã biết rõ đầu đuôi mọi chuyện qua ngòi bút của Bá Đa Lộc trực tiếp kể lại ở trên, mới hiểu những ngòi bút thuộc địa đã ghép việc Bá Đa Lộc trở về Việt Nam với việc hai chiếc tầu Dryade và Pandour do de Kersaint và de Prévillle điều khiển, được de Conway gửi về Nam Hà ngày 15/8/1788, để thám thính tình hình, nhưng không cho Bá Đa Lộc đi theo; và bảo đó là hai chiếc tầu tháp tùng Bá Đa Lộc. Hoặc có kẻ lại lấy lời yêu cầu của Bá Đa Lộc trong thư viết cho de Conway ngày 18/3/1789, đòi nên gửi hai chiếc tầu với 300 quân... về "làm cảnh" để hù doạ Tây Sơn... làm chuyện thật.

Nhưng đặc biệt nhất là lối làm việc của sử gia Maybon, người được Cadière khen là "sự sử dụng văn bản một cách khôn khéo và uyên bác nhất", tức là ông đã bác bỏ văn bản gốc do Bá Đa Lộc viết, để dùng những thông tin vô căn cứ của Ste-Croix, Chaigneau (năm 1789 chưa đến Việt Nam) và nhất là lời bịa đặt hoàn toàn của giáo sĩ Louvet: "Giám mục Bá Đa Lộc, mua vũ khí đạn dược và đổ bộ lên Nam Hà đầu tháng giêng năm 1789". Riêng giáo sĩ Bouillevaux, nhờ hai chữ dường như, được hưởng trường hợp giảm khinh. Sử gia Maybon còn nhấn mạnh rằng: thông tin này chắc lấy ở Văn khố Hội thừa sai ngoại quốc, tức là ông đã dùng tên Hội thừa sai để bảo trợ cho những nguồn tin thất thiệt.

Maybon "chứng minh" Công ty Pháp Ấn tiếp viện cho Nguyễn Ánh

Sau khi "chứng minh" Bá Đa Lộc "đem tầu và khí giới về giúp Nguyễn Ánh", Maybon dùng "nguồn tin" của de Guignes để viết tiếp:

"Tầu Méduse ghé bến Vũng Tầu từ 24/7 đến 4/8 [1789], và để lại đấy 2 tầu mà nó đi kèm; sau đó Méduse dừng lại ở Phi Luật Tân (từ 4/9 đến 13/12) rồi từ đó đi Macao "để lấy những lương thực mà tôi [de Guignes] đã dự trữ sẵn cho nó" de Guignes nói như thế. Công ty Ấn Độ ở Quảng Đông có lẽ *cũng quan tâm tới tình trạng của ông hoàng đang chiếm lại ngai vàng và góp phần vào công trình của vị giám mục. Thực vậy, M. Lavoué viết ngày 10/10/1790 từ Chantaboun: "*Hình như Công ty [Pháp Ấn] đảm nhận việc tiếp tế cho nhà vua để giúp ông ta lấy lại ngai vàng".

Tầu Méduse, khi rời Macao, lại quay về Vũng Tầu, ngày 27/1/1790; đỗ ở đấy gần ba tuần lễ (tới 17/2) và sự cập bến lâu như vậy có thể giải thích là để dỡ hàng, một thứ vật liệu gì quan trọng*. Ghi chú thêm rằng, Théodore Lebrun, khi đến Macao đã bỏ tầu, lại thấy có mặt ở Nam Hà giữa năm 1790 và cuối năm này, những hạm đội Âu Châu, khá đông, tụ tập ở sông Sài Gòn. Chính M. Lavoué, đã nói điều này trong lá thư vừa dẫn ở trên: "quần chúng đồn rằng hiện giờ trước thành phố này có đến 14, 15 chiến hạm" và ông* [Lavoué] còn nói thêm: "nếu điều đó đúng, thì hình như Công ty Pháp Ấn đã gửi viện binh cho nhà vua*". Vẫn vị giáo sĩ này, viết ở chỗ khác rằng: "những chiến hạm này của Pháp và Bồ Đào Nha" vv...* 32

Vẫn với những hình như, có thể... Maybon lượm lặt và móc nối những sự kiện không liên hệ với nhau, rồi suy diễn ra, như việc tầu Méduse ghé Macao lấy "lương thực mà de Guignes dự trữ sẵn", để ngầm xác định [lương thực này viện trợ cho Nguyễn Ánh] rồi việc Lavoué viết: Công ty Pháp Ấn "hình như" cũng tiếp tế cho vua Nam Hà; đến việc tầu Méduse quay lại Vũng Tầu đỗ gần ba tuần [chắc để dỡ vật liệu quan trọng], việc Le Brun đến Nam Hà giữa năm 1790, việc có nhiều tầu Âu Châu tụ họp ở Sài Gòn, vv... để "chứng minh": tất cả những chuyến tầu này đều "tiếp tế" cho Nguyễn Ánh. Và ông kết luận:

"Trong sự thiếu vắng -có thể giải thích được- những thông tin chính xác và đầy đủ chi tiết, ta đành phải ước lược liệt kê, trong khoảng những năm 1789, 1790, 1791, một số lớn những dấu hiệu cho thấy có một chuyển động đáng kể nhiều tầu giữa Ile de France và biển Đông, mà mục đích hiển nhiên là để tiếp tế cho Nguyễn Ánh*"33.*

Sau khi đã dùng những "nguồn tài trợ tưởng tượng" và dùng "kho tàng của Nguyễn Ánh" để "mua vũ khí tiếp tế" cho vua Nam Hà, bây giờ Maybon lại dùng bản thống kê tên những tầu Pháp hoạt động trong vùng Ấn Độ Dương và biển Đông, thời kỳ 1785-1790, của Faure để "chứng minh" rằng có nhiều chuyển động của tàu Pháp từ Ile de France tới biển Đông, với mục đích tiếp tế cho Nguyễn Ánh!

Maybon "chứng minh" Bá Đa Lộc đánh Tây Sơn ở Diên Khánh

Một điểm khá ly kỳ nữa là việc Maybon "chứng minh" Đức Giám Mục Bá Đa Lộc đã trực tiếp tham chiến. Điểm này không phải ông "khám phá" ra mà ông cũng chỉ diễn lại ý của Faure, kèm theo "nhân chứng" và "biện luận".

Maybon viết: "Ông [Bá] đã đích thân tham dự vào những trận đánh. Người ta thấy ông, năm 1794, tháp tùng Hoàng tử Cảnh ra Nha Trang và đánh nhau với quân nguỵ, năm 1797, đã lên hạm đội của Nguyễn Ánh..."34

Để chứng minh cho điều này, trong note số 1, trang 280, ông đưa ra tài liệu sau đây:

"...trong một lá thư ông Le Labousse viết rằng: "trên tường thành Diên Khánh người ta đã gắn "một số đại bác bằng gỗ sơn để dọa kẻ thù".

Câu này rút ra từ một chú thích của Cadière, như sau: "Trong một thư của M. Le Labousse ngày 12/7/1796, có nói trên tường thành Diên Khánh, người ta đặt một số "đại bác bằng gỗ sơn" mà Giám Mục Adran đã cho đặt ở đó để làm cho kẻ thù sợ. Còn súng thật, cũng ở đó, nhưng theo lời khuyên của giám mục Adran, không dùng".35

Câu chú thích của Cadière thật là kỳ dị: Bá Đa Lộc đặt súng giả để cho Tây Sơn sợ, còn súng thật thì không cho dùng. Chúng tôi bèn tìm lại lá thư này của Le Labousse, thì không thấy ở đâu in lại cả: Launay in hai lá thư khác của Le Labousse viết cùng ngày, không hề có câu này. Tại sao Cadière không cho in toàn bộ lá thư ấy trong tập Les documents relatifs... của ông, mà chỉ "thuật" lại một câu ngắn gọn trong chú thích như thế?

Kỳ lạ nhất là Maybon dùng câu ấy để "chứng minh" giám mục Bá Đa Lộc thực sự điều khiển trực tiếp việc giữ thành Diên Khánh!

Tạ Chí Đại Trường, như thường lệ, vẫn chép các sử gia thuộc địa, đặc biệt Maybon và thêm thắt vào thành cả một chương tựa đề "Tiếp viện của Bá Đa Lộc"36 không cần viết lại ở đây. Nhưng có một điểm đáng chú ý, ông "tả việc Bá Đa Lộc giữ thành Diên Khánh"như sau:

"Ngày 2-5 đã có bộ binh Hưng và 50 voi vào Bình Khang vây kín ba mặt thành Diên Khánh. Bên trong chống giữ là Bá Đa Lộc và Hoàng tử Cảnh, với lời dặn dò của Nguyễn Ánh lúc ra đi nhắc nhở sự quan trọng của ngôi thành: "Ta đêm ngày hao mòn, từng phải cay đắng mới được chút đất này đó".

Bẩy ngàn quân bên trong chống với 40.000 quân bên ngoài. Trên thành, Bá Đa Lộc cho đặt thêm nhiều đại bác giả làm nghi binh. Quân Diệu ở ngoài bắn đại bác vào không hiệu quả mới đắp lũy đất vây quanh"37.

Ta đã kinh ngạc khi thấy học giả Cadière đưa ra một lời thư "dớ dẩn" bảo của linh mục Le Labousse viết rằng: giám mục Bá Đa Lộc sai đặt đại bác giả, còn đại bác thật không cho dùng. Lại càng kinh ngạc hơn khi thấy sử gia Maybon chép lại ý này và dùng làm chứng, cho sự "đức giám mục chỉ huy trận đánh". Nhưng đến Tạ Chí Đại Trường thì ngoài sức tưởng tượng: Gia Long giao thành Diên Khánh cho một ông thầy tu và một đứa nhỏ 13 tuổi chống với Trần Quang Diệu. Và quân Trần Quang Diệu bắn vào đại bác giả mà "không hiệu quả" đành phải xây thành đất vây quanh!

Khi viết những dòng hồ đồ trên, Maybon, Cadière và những người khác, đã không biết, hoặc cố ý lờ đi lá thư của giáo sĩ Lavoué gửi Letondal, quản thủ tu viện Macao, ngày 27/4/1795, bác bỏ tất cả những luận điệu cho rằng giám mục Bá Đa Lộc đã đánh trận Diên Khánh:

"Đức ông [Bá Đa Lộc] có đánh nhau không? Đức ông có dám hành động trái với lệnh Đức Thánh Cha [Giáo hoàng] không? Những kẻ biết rõ Đức ông không thể nào chấp nhận đó là điều tin được và họ có lý. Không, Đức giám mục Adran không đánh nhau gì hết. Nhà vua đã khẩn khoản nài nỉ Đức ông tháp tùng hoàng tử ra Nha Trang, vùng mới chiếm được, để giữ thành. Hoàng thượng nói thêm: "Nếu ngươi không đi với nó, thì nó sẽ quên những điều ngươi dạy và chắc chắn sẽ hư hỏng cả. Ta gửi nó đi bởi vì ta biết tên nó sẽ tạo sự kính nể, bắt buộc tất cả các quan phải can đảm, thà chịu chết chứ không bỏ nó. Nếu không có nó, thì bọn bầy tôi của ta sẽ bỏ chạy ngay khi nghe tin quân Tây Sơn đến"38.

Lavoué viết có lẽ hơi thêm thắt, Nguyễn Ánh chắc không nói là các tướng bỏ chạy khi quân Tây Sơn đến, vì đó là các đại tướng có uy tín như Phạm Văn Nhơn, Tống Phước Đạm.

Việc vua sai Đông cung đi trấn thành Diên Khánh nằm trong thông lệ của nhà Nguyễn có từ thời các chúa ngày trước: chuẩn bị cho người nối ngôi có kinh nghiệm chiến đấu và cai trị, vì vậy, các chúa thường cho thế tử làm trấn thủ Quảng Nam, trước khi lên kế vị. Như trường hợp chúa Hiền Nguyễn Phước Tần (1648-1687) khi còn là Dũng Lễ Hầu, đã chiến thắng quân Hoà Lan, năm 1644, ở vịnh Đà Nẵng. Gia Long tiếp tục truyền thồng này, bắt đông cung Cảnh đi trấn Diên Khánh ở tuổi 13, và khi đi đánh Quy Nhơn năm 1800, dẫn Minh Mạng lúc ấy mới 9 tuổi đi theo.

Về thành Diên Khánh: vua sai đông cung Cảnh trấn thủ Diên Khánh hai 2 lần:

1- Lần đầu, từ tháng 12/1793 đến tháng 8/1794, Cảnh mới 13 tuổi.

2- Tháng 11-12/1798 vua sai Cảnh, 18 tuổi, làm tướng, thống lĩnh tướng sĩ dinh Tả quân và vệ tiền quân Thần Sách, đến giữ Diên Khánh, lần thứ nhì. Có Bá Đa Lộc, Tống Viết Phước và Nguyễn Công Thái, hậu thuẫn. Tống Viết Phước tính nóng, lúc giận, xỉ nhục Bá Đa Lộc, bị gọi về Gia Định quở phạt. Từ tháng 11-12/1798 đến tháng 5/1799, mặt trận Diên Khánh yên tĩnh, áp lực dồn về Quy Nhơn. Cuối cùng, Võ Tánh hạ được Quy Nhơn. Tống Viết Phước tử trận. Bá Đa Lộc mất ở Quy Nhơn ngày 9/10/1799 sau ba tháng bị bệnh dịch tả.

Mặt trận Diên Khánh, phần quyết liệt, xẩy ra khi Cảnh trấn thủ Diên Khánh lần đầu lúc 13 tuổi (từ tháng 12/1793 đến tháng 8/1794) cùng với các thầy học: Bá Đa Lộc, Trịnh Hoài Đức, Ngô Tòng Châu và các tướng: Phạm Văn Nhơn (Phó tướng Tả quân), Tống Phước Đạm (Giám quân Trung dinh), Mạc Văn Tô, Nguyễn Đức Thành. Tháng 2/1794, Chưởng dinh Nguyễn Huỳnh Đức, xin ở lại Diên Khánh giúp Đông cung. Nguyễn Vương còn sai Nguyễn Văn Khiêm, phó Vệ uý vệ túc trực quân Thần Sách đến Diên Khánh phò Đông Cung39. Như vậy, Cảnh, 13 tuổi, trấn Diên Khánh, vị trí địa đầu, với một bộ tổng tư lệnh quân đội gồm 3 đại tướng: Phạm Văn Nhơn, Tống Phước Đạm, Nguyễn Huỳnh Đức và các thầy dạy là giám mục Bá Đa Lộc và hai học giả Trịnh Hoài Đức và Ngô Tòng Châu. Đến khi vua quyết định thân chinh cứu Diên Khánh, mới gọi Nguyễn Huỳnh Đức về trấn Gia Định.

Trong số các đại tướng ở lại trong thành Diên Khánh với Đông cung, có Phạm Văn Nhơn là thầy dậy về binh bị, và Tống Phước Đạm là một vị tướng lão thành, mưu lược, họ ngoại của Đông cung (chính ông đã dâng chiến lược bỏ Xiêm, trở lại chiếm Nam Hà, khi anh em Tây Sơn bất hoà, và làm kế phản gián, chia rẽ Phạm Văn Tham và Nguyễn Lữ, năm 1787). Thực Lục ghi công tướng Tống Phước Đạm giúp Đông cung đắc lực trong việc giữ thành Diên Khánh40.

Ngoại trừ Cadière, các tác giả thực dân khi viết về giai đoạn này, thường "không thèm biết" đến toàn bộ lực lượng đại binh của Nguyễn Vương, coi như không có, tôn Bá Đa Lộc lên làm đại nguyên soái, chỉ huy, giữ thành Diên Khánh, với những "chứng cớ" khôi hài, đi ngược lại với lá thư của linh mục Lavoué ngày 27/4/1795, xác định vị giám mục không hề tham dự vào cuộc chiến.

Maybon tổng kết công lao Bá Đa Lộc

Sau khi đã hoàn thành xong toàn bộ "lập luận" về công trạng của Bá Đa Lộc và các sĩ quan Pháp. Maybon "tổng kết" công trạng này bằng những hàng sau đây:

"Vai trò của nhóm người can đảm đếm trên đầu ngón tay này, trong sự thiếu vắng thông tin mong đợi, không thể xác định được một cách chi tiết. Nhưng không thể chối cãi được rằng họ đã góp phần lớn lao vào chiến thắng của Nguyễn Ánh. Ấy là chưa kể đến phần của họ trong những trận đánh quan trọng như trận tiêu diệt hạm đội của Tây Sơn năm 1792 và những trận dẫn đến chiến thắng Huế năm 1801. Người ta không khỏi khâm phục công trình kiến tạo mà họ đã thực hiện trong những điều kiện không mấy thuận lợi: họ đã xây dựng một nền hải quân theo lối Tây phương và thành lập đội ngũ thủy binh; họ đã huấn luyện quân đội, họ đã đưa kỷ luật vào quân đội, thành lập những cấp chỉ huy; họ đã đúc đại bác, dạy cho người An Nam cách dùng trái phá, họ đã tạo ra đội ngũ pháo binh lưu động mà sự di chuyển đã khiến quân Tây Sơn khiếp viá; họ đã xây dựng những thành đài"41.

Những dòng ca tụng "công trạng" của những "sĩ quan" Pháp này hoàn toàn chép lại Ste-Croix và Faure mà chúng tôi đã trình bầy trong các chương trước. Không có gì của Maybon cả, cho nên chúng ta không cần bận tâm phân tích và phê bình. Việc đưa vài người lính Pháp, binh nhất, binh nhì, gần như vô học, viết chữ Pháp chưa thạo, lên địa vị hàng đầu, đã thành lập và chỉ huy toàn bộ quân đội và xây dựng các thành trì của Gia Long và nước Việt Nam như thế, với những "chứng từ" như thế, khiến người nghiên cứu đứng đắn không khỏi e ngại trình độ học thuật và lương tri trí thức của giới nghiên cứu thuộc điạ.

Cuối cùng chúng ta thử đọc những hàng Maybon viết về công lao của Bá Đa Lộc:

"Không còn nghi ngờ gì nữa, những người góp phần hữu hiệu nhất vào cuộc chinh phục ngai vàng, Olivier, Dayot, Vannier, Chaigneau, đã chỉ hành động dưới sự thúc đẩy và điều khiển của ông [Bá Đa Lộc]; ông đã quy tụ họ thành ban cố vấn để giải quyết những vấn đế quân sự và tìm giải pháp cho các vần đề được giao phó. Ngoài ra, ông còn dịch sang tiếng Nam, người ta thường kể như thế, những tác phẩm về thuật chiến đấu và ông uốn nắn đầu óc nhà vua làm cho ông ta có đủ khả năng để hiểu điểm cốt yếu trong những phương pháp Tây phương. Sau cùng, ông đích thân dự vào những trận đánh. Người ta thấy năm 1794 ông đi kèm Hoàng tử Cảnh ra Nha Trang và ông chiến đấu chống quân nguỵ; năm 1797, ông ở trên hạm đội của Nguyễn Ánh; năm 1799..."

Sau khi tiếp tục kể lể công trạng của Bá Đa Lộc cả trang nữa, ông liệt kê những nhược điểm của Nguyễn Ánh: "tính uể oải bẩm sinh", "luẩn quẩn, do dự", "thích an nhàn", "thoả mãn với việc trị vì Sài Gòn", "sợ hiểm nguy trong việc tấn công", vv... may nhờ đức giám mục cảnh giác, kiên trì theo đuổi "mục đích đã vạch sẵn là đưa ông hoàng trở lại ngai vàng của tiền nhân".

Và sau cùng ông vẽ chân dung tổng quát của Bá Đa Lộc như sau:

"Pigneau không chỉ thỏa mãn với vai trò lãnh đạo, ông còn quan tâm đến cả những chi tiết; ta đã biết lá thư của Nguyễn Ánh viết cho Louis XVI, rõ ràng Giám Mục là người cổ xuý, nếu không muốn nói là người viết lá thư này; còn những trường hợp khác, dường như lại rõ ràng ông làm cố vấn khôn khéo cho mối liên hệ với đại diện các nước Âu Châu trong biển Ấn Độ và Trung Hoa, với những chính quyền Macao, Phi Luật Tân, Bengale; từ thư gửi vua Anh đến vua Đan Mạch cũng mang dấu ấn thiên tài của ông.

Làm một thứ Bộ trưởng Chiến tranh kiêm Bộ trưởng Ngoại giao của nhà vua và trong tất cả mọi trường hợp, là bạn và là người hết lòng che chở, khôn khéo, cứng rắn, đó là vai trò của vị chủ giáo trứ danh bên cạnh nhà vua, là người đã dẫn dắt ông ta tới ngai vàng một nước hùng mạnh nhất miền đông bán đảo Hoa Ấn"42.

Đoạn này, cũng vẫn không phải của ông, sử gia Maybon vẫn chép lại những xác định vô bằng cớ của Faure, đại loại như: "Đức giám mục Bá Đa Lộc trực tiếp thương lượng với các cường quốc bên ngoài, tổ chức các hạm đội và quân đội, lãnh đạo hoặc chỉ huy những đoàn quân lớn", "trong những hội đồng chiến tranh" đức cha luôn luôn ngồi cạnh và ngang hàng với vua"."Đức giám mục... cho Dayot làm tư lệnh hải quân với chức vụ hải quân đại tá". "Olivier là Tổng Tham Mưu Trưởng quân đội dưới quyền điều khiển của Đức Cha.43" vv...

Nhưng Faure chưa dám nói rằng: Bá Đa Lộc viết cả thư từ cho vua Gia Long, cũng như không dám viết mộc câu xúc phạm tột điểm, như: ông Bá uốn nắn đầu óc nhà vua làm cho ông ta có đủ khả năng để hiểu điểm cốt yếu trong những phương pháp Tây phương.

Nếu vị sử gia thời danh này đọc kỹ tài liệu thì ông đã không thể viết những dòng bịa đặt trắng trợn như thế: Trong thư Bá Đa Lộc viết cho Conway, từ Virampatnam ngày 18/3/1789, mà chúng tôi đã nói đến ở trên, có câu:

"Vì một sự hiểu nhầm về chỗ hẹn, nên cha Paul [Hồ Văn Nghị] giáo sĩ người Việt, đã không thể đưa cho hiệp sĩ de Kersaint, thuyền trưởng tầu Dryade, những gói đồ mà nhà vua gửi cho tôi, gồm có:

1- Một thư cám ơn của nhà vua gửi cho vua Pháp.

2- Một lá thư khác gửi cho hoàng tử, con ông ở đây... "44

Lá thư này Bá Đa Lộc viết ngày 18/3/1789, khi còn ở Ấn Độ, bốn tháng sau ông mới về tới Việt Nam (ông đến Vũng Tầu ngày 14/7/1789), mà ông đã nói đến lá thư vua Gia Long viết cám ơn Pháp hoàng. Vậy có thể nào "thiên tài" Bá Đa Lộc "viết thư hộ" vua Gia Long, khi ông còn ở trên đất Ấn Độ hay không?

Còn các thư vua Gia Long viết cho vua Anh, vua Đan Mạch, chúng tôi sẽ dịch toàn bộ trong chương 20, Chính sách đối ngoại của vua Gia Long, không lẽ Gia Long lại nhờ Bá Đa Lộc viết thư bằng tiếng Pháp để gửi cho vua Anh và vua Đan Mạch? Maybon không biết một truyền thống có từ thời các chúa Nguyễn, là khi giao dịch với nước ngoài, chúa dùng chữ Hán, rồi văn phòng nước ấy sẽ có người dịch sang tiếng của họ.

Những "chứng từ" như thế, với lối suy diễn như thế, hách dịch và trịch thượng như thế, làm người đọc hiểu rõ phong cách của tác giả Histoire moderne du pays d'Annam, đoạt học vị tiến sĩ và tác phẩm được Cadière đánh giá là kiệt xuất. Dường như đó là thực chất nội dung "giáo hoá" dân Việt của các vị học giả thực dân.


C'est pour cette raison, Monsieur le Comte, que je renouvelle les demandes que j'ai déjà eu l'honneur de vous faire dans ma première lettre, et que j'ose vous prier de ne plus différer à vous décider.

Si vous consentez à me laisser partir pour la Cochinchine avec les moyens et pour la fin que j'ai eu l'honneur de vous proposer, je vous ferai part alors des ressources que j'ai seul, pour rendre ce voyage utile" (Launay, III, t. 188).

Il avait reçu à son départ de France, en remboursement de ses avances, 30.000 livres du ministère. L'évêque avait dépensé de ces fonds pour l'entretien du prince, au delà de 40.000 livres, en sus des sommes que lui avait remises Nguyễn Ánh. Le maréchal de Castries lui avait fait remettre 4.000 écus pour les dépenses du prince à Paris; mais pour le voyage de retour, et les autres besoins, Pigneau n'avait "plus aucune ressource". (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 267-268).

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  1. Và in trên tập san Đô Thành Hiếu Cổ, BAVH, 1920, I, t. 177-181. ↩︎

  2. Cadière, Une Histoire moderne du pays d'Annam, BAVH, 1920, I*,* t. 177. ↩︎

  3. Librairie Plon, Paris, 1920. ↩︎

  4. Cadière, BAVH, 1920, I*,* t. 180. ↩︎

  5. Nguyên văn: "Le roi, Monsieur, s'étant déterminé à accorder des secours au prince de la Cochinchine, pour qui l'évêque d'Adran était venu en France les réclamer de sa bonté, c'est sur vous que Sa Majesté a arrêté son choix pour commander l'expédition et diriger l'établissement qui doit en être la suite. Ses intentions vous sont clairement manifestées par les Instructions, ci- jointes, dont l'une est ostensible, selon l'usage que votre prudence vous suggérera d'en faire, l'autre secrète. Cette dernière vous laisse maitre de ne point entreprendre l'opération ou de la retarder, d'après votre opinon personnelle, les documents que vous aurez reçus, ou ceux que vous pourrez recevoir, tant sur la facilité du succès que sur les avantages de l'établissement projeté. Une telle marque de confiance de Sa Majesté vous prouve combien elle se repose sur vos lumières et sur votre zèle" (Launay, III, t.197-198). ↩︎

  6. Tức Hồ Văn Nghị đã tới Pondichéry để chờ tin Bá Đa Lộc và hoàng tử Cảnh. ↩︎

  7. Launay, III, t. 180. ↩︎

  8. Launay, III, t. 183. ↩︎

  9. Nguyên văn: "De mon côté, après un exemple de cette nature, je ne croirais plus pouvoir me justifier auprès de la Cour, si je laissais à d'autres des soins que je peux seul prendre avec sureté. Je me croirais d'ailleurs indigne de la confiance dont le roi a bien voulu m'honorer, si j'osais préférer ma tranquillité à un voyage pénible pour moi à la vérité, mais devenu nécessaire pour le bien de son service. ↩︎

  10. Launay, III, t. 188. ↩︎

  11. Launay, III, t.188-189. ↩︎

  12. Launay, III, t.189-190. ↩︎

  13. Launay, III, t.192. ↩︎

  14. Ông de Vaires là Tổng quản Thuộc Điạ (Intendant général des Colonies). ↩︎

  15. Launay, III, t.198-199. ↩︎

  16. Launay III, t.194. ↩︎

  17. Launay, III, t.194-196. ↩︎

  18. Nguyên văn: "Pigneau n'était pas sans avoir, pour sa bonne part, contribué au relèvement de la situation de Nguyễn Ánh: on se rappelle que, dès le début de son séjour à Pondichéry, au cours d'une conversation sans doute assez vive, il avait dit à Conway en présence de Saint-Riveul, "que lui, évêque d'Adran, ferait seul la révolution". Plus tard, le 11/7/1788, écrivant au général pour réitérer sa demande d'être envoyé en Cochinchine, il disait: "Si vous consentez à me laisser partir... je vous ferai part des ressources que j'ai seul pour rendre ce voyage utile". Il n'aurait pas tenu un tel langage s'il n'avait pas eu par devers lui des moyens assurés de contribuer à l'expédition, quels étaient ces moyens? ↩︎

  19. Faure, Bá Đa Lộc, Pièces justificatives, 4e-La Méduse, t. 243. ↩︎

  20. Launay, III, t. 210. ↩︎

  21. Nguyên văn: "Je viens d'arriver en Cochinchine,... je suis revenu sans les secours que le roi de France avait accordés à celui de Cochinchine; mais j'ai confiance que la divine Providence en aura ainsi disposé... J'attends, sous peu de jours, des vaisseaux marchands de Pondichéry, qui, s'ils arrivent, suppléeront aisément aux vaisseaux de guerre... Le roi sera dispensé de leur accorder du terrain, il en sera quitte pour leur payer les dépenses qu'ils auront pu faire et leur donner des gratifications" (Launay III, t. 209). ↩︎

  22. Launay, III, t. 210. ↩︎

  23. Launay, III, t. 294. ↩︎

  24. Nguyên văn: Plusieurs négociants patriotes de cette colonie avaient offert à l'évêque d'Adran toutes leurs ressources pour l'aider dans l'exécution d'un projet qui serait devenu si avantageux à la nation (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 268). ↩︎

  25. Nguyên văn*: "...cette expédition ne pouvait avoir lieu. J'autorisais M. le comte de Conway à vous fournir les moyens de revenir en France, si vous préfériez ce parti".* (Launay, III, t. 199). ↩︎

  26. Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 268-269. ↩︎

  27. TL, I. t. 253. ↩︎

  28. Ste- Croix, Relation Bissachère, t. 94. ↩︎

  29. Maybon, t. 269-270. ↩︎

  30. Maybon, t. 271-272. ↩︎

  31. Maybon, note 4, t. 271. ↩︎

  32. Maybon, sđd, t. 272-273. ↩︎

  33. Maybon, t. 273. ↩︎

  34. Maybon, t. 280. ↩︎

  35. Cadière, Les documents relatifs à l'époque de Gia Long, t. 34, note 1. ↩︎

  36. Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 200- 208. ↩︎

  37. Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 279. ↩︎

  38. Launay, III, t. 286-287. ↩︎

  39. TL, I, t. 302, 305. ↩︎

  40. TL, I, t. 314. ↩︎

  41. Maybon, sđd, t. 279. ↩︎

  42. Maybon, t. 279-283. ↩︎

  43. Faure, Bá Đa Lộc, Chương 17 và 18. ↩︎

  44. Launay, III, t. 195. ↩︎