Chapitre 10

Première falsification : 250 soldats français et Dayot ramenant Pigneau de Béhaine au Viêt Nam

Chương 10

Xuyên tạc thứ nhất: 250 lính Pháp và Dayot lái tầu đưa Bá Đa Lộc về Việt Nam

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

L'Introduction de Sainte-Croix

Maybon ne se contente pas de réimprimer la Relation de Bissachère avec ce qu'elle falsifie de Quang Trung et de Gia Long, et ce qu'elle outrage du peuple vietnamien, comme nous l'avons vu au chapitre 9 : il fait encore entrer dans ce livre deux textes « inédits », l'Avant-Propos et l'Introduction de Sainte-Croix, écrits pour présenter la Relation Bissachère ; mais Sainte-Croix ayant renoncé ensuite à faire imprimer la relation à part, ces deux pièces sont restées aux Archives du ministère des Affaires étrangères de France. Cette Introduction avait déjà été consultée et utilisée par quelques auteurs avant Maybon, sans qu'ils en donnent jamais la provenance. C'est en 1920, lorsque Maybon la publie et la présente comme un « document de valeur », qu'elle devient officiellement un « document historique », que ceux qui viennent après — Taboulet — l'amplifient et la répandent, et que Tạ Chí Đại Trường la reprend à son tour dans Lịch sử nội chiến ở Việt Nam (« Histoire de la guerre civile au Viêt Nam »).

L'Introduction de Sainte-Croix est courte, 28 pages à peine, mais elle contient des déformations considérables de l'histoire, et ces inventions sont devenues des « vérités » après plus d'un siècle de large diffusion, aujourd'hui surtout sur Internet, jusque dans le Wikipédia vietnamien.

Dans l'Avant-Propos, Sainte-Croix explique comment il s'est procuré les matériaux de cette Introduction :

« Dès mon séjour à Manille, j'ai souhaité avoir des informations sur les conquêtes récentes du roi de Cochinchine, le Tonkin et le Cambodge, pays fort peu connus (…) Je n'ai reçu que des notions très imparfaites de MM. d'Ayot1, mandarins de Cochinchine, qui pendant la guerre avaient parcouru une partie du Cambodge avec l'armée cochinchinoise. Il fallut attendre le mois d'août 1807 et l'arrivée à Macao, où je me trouvais alors, de M. de La Bissachère, missionnaire dans ces contrées depuis dix-huit ans. Je lui demandai d'écrire un précis sur le Tonkin, et il voulut bien rédiger les notes qu'on va lire »2.

Ce que Sainte-Croix appelle le précis sur le Tonkin n'est autre que la Relation Bissachère ; et d'après ces lignes, c'est lui qui a « demandé » à Bissachère de l'écrire, contrairement à ce que note Maybon : Bissachère aurait rencontré Sainte-Croix à Macao et lui aurait remis une relation déjà écrite. Second point, que Sainte-Croix établit : les frères Dayot ne lui ont donné que des « notions très imparfaites » sur la Cochinchine, et c'est pourquoi il a dû « demander » à Bissachère d'écrire son précis. Sainte-Croix poursuit :

« Pour que le lecteur comprenne bien, en lisant le précis de Bissachère, j'écris cette Introduction d'après ce que j'ai appris de MM. Dayot : les événements survenus en Cochinchine depuis que le jeune roi, chassé de son pays, fut conduit par Mgr Pigneau de Béhaine à la cour de France pour y demander du secours*, jusqu'à aujourd'hui »3.*

Deux points méritent l'attention :

1- Ce que Sainte-Croix veut dire : comme MM. Dayot (mandarins en Cochinchine) ne connaissent pas bien les affaires de Cochinchine, j'ai dû prier M. Bissachère (missionnaire au Nord) d'écrire le précis ; et pour que le lecteur comprenne le précis, j'écris cette Introduction en m'appuyant sur les informations de MM. Dayot ! Raisonnement circulaire, et comique.

2- Une erreur grave : « le jeune roi, chassé de son pays, fut conduit par Mgr Pigneau de Béhaine à la cour de France pour y demander du secours » — Sainte-Croix a confondu le prince Cảnh avec Nguyễn Ánh.

On croit d'abord à une petite erreur, comme en commet un étranger qui écrit sur l'histoire du Viêt Nam. Mais le cas est bien plus grave, car dans toute l'Introduction, Sainte-Croix va tenir le roi Gia Long pour l'élève de Pigneau de Béhaine, et cette erreur sera « officialisée » en vérité selon un enchaînement que nous exposerons peu à peu ci-dessous.

Voici en quels termes Maybon présente l'Introduction de Sainte-Croix :

« Les Avant-propos et Introduction de Renouard de Sainte-Croix sont entièrement inédits ; à quelques erreurs près, ils contiennent sur l'histoire du Viêt Nam des informations d'autant plus précieuses qu'elles viennent de Jean-Marie Dayot, officier français qui servit efficacement le prince annamite dès le début de la guerre contre les rebelles »4.

Ces mots respectueux de Maybon emportent la confiance du lecteur. Il a minimisé à l'extrême les énormes erreurs de Sainte-Croix en parlant de quelques erreurs ; il en a bien annoté quelques-unes… mais il laisse passer toutes les bévues monumentales qui découlent de la confusion de Nguyễn Ánh avec le prince Cảnh, et tout ce que Sainte-Croix écrit de faux ou salit délibérément chez Gia Long. Bien plus, il se sert de ces falsifications, ou du résultat des méprises de Sainte-Croix, dans sa fameuse histoire, l'Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820), imprimée la même année, 1920.

Autre point notable : cette Introduction, Sainte-Croix l'écrit d'après le récit de Dayot, ou l'invente lui-même, car ce qu'il y met ne se trouve pour ainsi dire pas dans la Relation Bissachère.

Voici les principales falsifications de l'histoire que contient l'Introduction de Sainte-Croix :

Première falsification : 250 soldats français et Dayot ramenant Pigneau de Béhaine au Viêt Nam

Sainte-Croix commence par raconter que Pigneau de Béhaine emmena Nguyễn Ánh en France pour y demander du secours, que le roi de France accorda deux corvettes armées de 18 canons et portant 800 hommes, mais qu'arrivés en Inde ils rencontrèrent un obstacle :

« Pour exécuter l'ordre du roi de France, M. de Cossigny, alors gouverneur général aux Indes, fournit deux corvettes qui n'appartenaient pas à la marine royale et ne pouvaient porter que 250 hommes ; il confia l'une à son parent, le jeune d'Ayot [Dayot], qui contribua pour beaucoup au succès du prince [Nguyễn Ánh], et l'autre à M. de Marigny ou Martigny, avec mission de se mettre aux ordres du roi de Cochinchine, qui revenait de France avec M. Pigneau de Béhaine »5.

Ce passage renferme quatre erreurs :

1- Cossigny avait alors quitté la charge de gouverneur général ; Conway l'avait remplacé.

2- Conway n'a rien fourni du tout à Pigneau de Béhaine, Louis XVI ayant ordonné d'abandonner le traité de Versailles.

3- Pigneau de Béhaine est revenu les mains vides, sans aucun navire pour l'accompagner ; deux lettres qu'il écrit à Létondal, procureur de la maison de Macao, le disent. La première, de juillet 1789 : « Je viens d'arriver en Cochinchine… je reviens sans les secours que le roi de France avait consenti à donner au roi de Cochinchine »6. Et la seconde, du 17 août 1789 : « Je reviens avec une seule frégate, qui doit repartir aussitôt pour Manille »7.

4- Pigneau de Béhaine est revenu avec le prince Cảnh, et non avec Nguyễn Ánh.

Cette Introduction est le premier texte à parler de « Dayot pilotant le navire qui ramène Pigneau de Béhaine au Viêt Nam », tout au contraire de ce que Pigneau de Béhaine a écrit lui-même. On peut donc supposer que Dayot a inventé la chose pour « établir » qu'il fut le premier à suivre l'évêque et à venir au secours de Nguyễn Ánh.

Les chiffres de « 2 corvettes » et de « 250 soldats » sont sans le moindre fondement ; sans doute inventés eux aussi par Dayot.

Maybon s'est servi de ces informations sans fondement, et particulièrement de celle-ci : Dayot pilotant le navire qui ramène Pigneau de Béhaine au Viêt Nam ; et il cherchera à « démontrer » que c'est Pigneau de Béhaine qui a trouvé l'argent, levé des soldats, acheté navires, armes et munitions pour secourir Nguyễn Ánh. Les 250 soldats deviendront plus tard, sous d'autres plumes, des hommes « levés aux frais de Pigneau de Béhaine, qui acheta deux navires pour aller au secours de Gia Long ». Nous éclaircirons ces points au chapitre 14, Maybon.

Telle est la première falsification de l'Introduction de Sainte-Croix, devenue plus tard « vérité historique ».

Deuxième falsification : Pigneau de Béhaine reprend Gia Định

Poursuivant son roman, Sainte-Croix raconte (nous résumons) : « Quand Nguyễn Ánh [il confond toujours le prince Cảnh avec Nguyễn Ánh] rentra à Saigon avec “deux vaisseaux de guerre français et 250 soldats”, les Tây Sơn avaient occupé tout le Sud [en réalité, quand Pigneau de Béhaine ramena le prince Cảnh à Saigon en juillet 1789, le roi Nguyễn avait achevé de pacifier le Sud], Pigneau de Béhaine et Nguyễn Ánh durent combattre les Tây Sơn pour reprendre Gia Định ; mais les Tây Sơn étaient forts, ils chassèrent Nguyễn Ánh du Sud, et Nguyễn Ánh s'enfuit au Siam pour y demander secours. Les Tây Sơn proposèrent au roi de Siam de leur vendre Nguyễn Ánh à haut prix, c'est-à-dire de lui céder plusieurs provinces du Sud ».

C'est ici qu'apparaît le rôle de « sauveur » de Pigneau de Béhaine. Sainte-Croix écrit :

« Le jeune roi, averti de cette perfidie par ses espions [la vente de sa personne aux Tây Sơn par le Siam], mais sans assez d'expérience ni de lumières dans des circonstances si délicates, consulta secrètement M. Pigneau de Béhaine (…) Mgr Pigneau de Béhaine, dans cette situation désespérée, eut le conseil intrépide de rassembler les sampans qui restaient et d'attaquer sur-le-champ la capitale où résidaient les Tây Sơn : surpris, ils n'auraient pas le temps de se préparer contre un dessein aussi extraordinaire.

Le roi de Cochinchine exécuta habilement ce plan : il s'échappa de la cour de Siam sous prétexte d'aller passer en revue ses sampans et ses corvettes, puis mit brusquement à la voile et s'empara de Saigon, où résidaient les chefs Tây Sơn, presque sans rencontrer de résistance ; le chef des rebelles, qui ne s'attendait pas à cette “visite”, n'avait auprès de lui que quelques gardes, ses soldats étant rentrés dans leurs villages — chose fréquente en Cochinchine en temps de paix »8.

À lire ce passage, on devine que Sainte-Croix a entendu Bissachère ou Dayot raconter à peu près deux choses — Nguyễn Ánh ramenant ses troupes du Siam pour reprendre Gia Định, en 1787 (Pigneau de Béhaine et le prince Cảnh étaient alors encore en France), et la bataille de Thị Nại, en 1792 (Nguyễn Ánh attaquant Quy Nhơn par surprise) — et qu'il y a brodé pour aboutir à cette conclusion : « le premier fait d'armes de Nguyễn Ánh fut dirigé par Pigneau de Béhaine : attaque soudaine et foudroyante contre la capitale, et prise de Saigon où régnait le roi Tây Sơn » !

On ne trouve pas la moindre note de l'historien Maybon sur ces « petites erreurs ».

Tout inventé qu'il soit, le mythe de « Pigneau de Béhaine prenant la tête des troupes pour reprendre Gia Định » sera largement répandu. Alexis Faure en particulier, écrivant en 1891 son Monseigneur Pigneau de Béhaine, s'appuie sur ce point pour élever Pigneau de Béhaine au rang de généralissime, portant l'étendard en tête et reprenant Gia Định ; et Faure le fait ministre de la Guerre dès 1780, comparant son rôle auprès de Nguyễn Ánh à celui de Richelieu auprès de Louis XIII9.

Telle est la deuxième falsification de l'Introduction de Sainte-Croix ; elle sera le point de départ de tous les raisonnements qui font de Pigneau de Béhaine un conseiller militaire commandant directement l'armée de Nguyễn Ánh.

Troisième falsification : Puymanel ingénieur en chef

Après avoir peint Pigneau de Béhaine en généralissime commandant l'armée de Nguyễn Ánh à la prise de Gia Định, Sainte-Croix présente le second personnage d'importance, Olivier de Puymanel, en ces lignes :

« … Vers ce temps-là, M. Olivier, Français, vint offrir ses services et devint ingénieur en chef*.*

Jeune homme de haute ambition et de connaissances étendues, garde marine sur l'un des vaisseaux de la Compagnie française qui touchèrent la Cochinchine en route pour la Chine, apprenant que le roi était en guerre et avait besoin d'Européens, il quitta son bord pour venir le servir, et fut agréé. Le roi n'eut pas à s'en repentir car, outre une parfaite connaissance de la construction des places fortes et de l'art militaire, M. Olivier avait la probité et l'activité, les deux qualités premières d'un chef d'armée.

Les victoires du roi de Cochinchine lui sont en partie dues : il a levé les plans des citadelles et créé plusieurs arsenaux*.*

Il fut élevé aux dignités du premier rang, ingénieur commandant en chef à la tête des arsenaux et commandant d'un corps de 3 000 gardes du roi qu'il forma et instruisit à l'européenne*. Mais il prit ensuite ce service en dégoût, faute d'être bien traité, et parce que les grands mandarins en usaient mal avec les Français au service du roi, comme je l'expliquerai plus loin.*

L'action des Français au service du roi de Cochinchine, jointe aux canons et aux fusils donnés par la France*, n'a pas peu contribué à ce que le roi redevînt peu à peu maître de son pays en un temps assez court. M. Olivier fortifia les postes de tranchées garnies de canons servis à l'européenne, et cette manière de combattre, toute nouvelle en Cochinchine, épouvantait les Tây Sơn, qui fuyaient chaque fois qu'ils rencontraient les troupes du roi : ils ne pouvaient résister à la vigueur du feu que dirigeait M. Olivier, et se laissaient souvent entraîner dans des fossés dont cette nation n'a aucune idée »10.*

C'est le passage capital sur lequel s'appuieront ensuite tous les auteurs, français et vietnamiens, pour porter Puymanel au premier rang dans tous les domaines : construction des citadelles, des ouvrages de défense et des villes, fonte des canons, organisation et instruction de l'armée…

Quand il déserte et met le pied à Hà Tiên, Puymanel n'est qu'un simple soldat, qui écrit encore mal le français. Alors, quand donc Puymanel a-t-il fait ses études d'ingénieur ? Dans quelle école d'officiers a-t-il appris le métier des armes ? Et il serait devenu ingénieur en chef à peine engagé au service de Nguyễn Ánh ? À la tête de quels arsenaux ? Commandant de quel corps d'armée ? Et il aurait pu être en même temps ingénieur en chef des arsenaux, bâtir les ouvrages de défense, commander la garde du roi, instruire l'armée, diriger les batailles… ?

Telle est la troisième falsification de l'Introduction de Sainte-Croix ; elle sera citée et enflée jusqu'à porter Puymanel au deuxième rang, après Pigneau de Béhaine. Nous ferons la lumière sur ces choses aux chapitres 12, Le mythe de Le Brun et de Puymanel, et 21, Olivier de Puymanel.

Quatrième falsification : Dayot à la tête de la marine

Après avoir fait de Puymanel le maître de toutes les branches de l'armée de terre, Sainte-Croix élève Dayot au rang de chef de la marine :

« Le roi de Cochinchine donne beaucoup d'attention à sa marine : il assiste à tous les travaux des arsenaux que dirige M. Olivier comme à ceux des chantiers de construction que dirige M. Dayot. M. Dayot est l'âme et le chef de la marine. Il transporte les vivres à la suite de l'armée le long des côtes ; et lorsque l'ennemi paraît, sa manœuvre et la vigueur du feu de ses vaisseaux le mettent en fuite. Le roi oblige les mandarins à obéir aux ordres de ces chefs européens, ce qui les fait haïr »11.

N'oublions pas que ces lignes, Sainte-Croix les copie sur le récit de Dayot. D'où l'exaltation de Puymanel qui précède : il eût été malséant que Dayot se vantât d'emblée lui-même ; il élève donc Puymanel avant de s'élever. Toujours d'après Sainte-Croix, Jean-Marie Dayot, après quelque temps passé en Cochinchine, fit venir son frère Félix au service du roi : « Félix Dayot est un jeune homme de talent. Tous deux ont construit nombre de vaisseaux pour le roi et levé la carte des côtes du Viêt Nam, fort utile à la marine »12.

Telle est la quatrième falsification de l'Introduction de Sainte-Croix. Les savants Maybon et Cadière en useront jusqu'au bout pour célébrer l'« œuvre » des frères Dayot. Mais dans son article sur Vannier, André Salles soutient au contraire que c'est Vannier qui fut le « maître de la marine vietnamienne »13. Nous voilà donc avec deux maîtres de la marine !

Nous exposerons ces questions en détail au chapitre 19, sur Jean-Marie Dayot ; disons seulement ici l'essentiel. La première mission des frères Dayot était d'acheter et de vendre des fournitures à l'étranger pour Nguyễn Ánh, mais Dayot n'acheva que le premier voyage, aux Philippines. Au suivant, en 1792, il détourna les fonds et fut chassé ; le roi se ravisa pourtant, et au lieu de le chasser le passa au convoi des vivres. Se déplaçant à la suite de l'armée, Dayot demanda au roi les moyens de lever la carte des côtes de la Cochinchine. En 1795, ayant fait naufrage, il fut condamné et dut s'enfuir aux Philippines ; il y rencontra Sainte-Croix, à qui il remit ces cartes pour qu'il les envoyât au ministère de la Marine française. L'armée française se servira de ces cartes pour attaquer notre pays en 1862. Dayot a bien mérité de la France ; mais pour le Viêt Nam, c'est un traître : il a profité de la confiance du roi pour lever la carte des côtes du Centre et du Sud et l'offrir au roi de France.

Jean-Marie Dayot a raconté ses « services » à Sainte-Croix, qui les a consignés. Ces « services », Maybon et les historiens coloniaux les ont portés au pinacle. Tạ Chí Đại Trường a suivi, et exalte à son tour : « Dayot était l'âme et le chef de la marine des Nguyễn, comme l'a dit le missionnaire La Bissachère »14, alors que la phrase est en réalité de Sainte-Croix. Puis M. Tạ emploie plusieurs pages à célébrer les « mérites » de Dayot, de Puymanel et des Français15.

Cinquième falsification : l'affaire du naufrage de Dayot

En 1795, il y a de nouveau une affaire de départ de Pigneau de Béhaine et des Français — la seconde —, liée à deux événements : le mémoire par lequel Trần Đại Luật demande au roi la tête de Pigneau de Béhaine, et le naufrage causé par Dayot, sa condamnation et sa fuite. Du mémoire de Trần Đại Luật nous parlerons au chapitre 19 ; il ne sera question ici que du naufrage du navire Đồng Nai, que Dayot commandait. Les missionnaires Lavoué et Le Labousse le racontent ainsi :

1- Le missionnaire Lavoué, dans une longue lettre du 27 avril 1795 à M. Létondal, écrit ceci sur le naufrage de Dayot :

« Le roi vient de s'emporter contre les Européens à son service, et vient d'en faire jeter deux en prison : M. Dayot et son premier maître16, qui ont laissé le navire faire naufrage et se briser gravement ; on a rapporté au roi qu'il n'était plus utilisable, ce qui l'a mis dans une violente colère et lui a fait, dans le premier mouvement, accabler d'injures les Européens venus le servir ; il s'est ensuite ravisé, et sans doute se ravise-t-il encore, car ses affaires vont de mal en pis [il s'agit des combats contre Trần Quang Diệu] »17.

2- La lettre que Le Labousse écrit à Saigon le 22 juin 1795 à Létondal apprend ceci : « … Le roi est dans l'embarras… Tous les Européens s'en vont. Je crains que ce ne soit là notre commencement… Monseigneur [Pigneau de Béhaine] a déjà fait préparer un bon navire… Vous verrez arriver à Macao MM. Olivier et Dayot. Dayot a dû s'enfuir de son vaisseau au moment où il se rendait au port de Saint Jacques*. Cette évasion sera une lourde perte pour le roi »18.*

En somme : tandis que Trần Quang Diệu pressait vivement le siège de la citadelle de Diên Khánh et que le roi se préparait à sortir pour la dégager, Dayot fit naufrage, fut arrêté, s'enfuit à Vũng Tầu, fut poursuivi, se rendit, puis parvint à s'échapper encore sur le navire d'Olivier, jusqu'à Macao, et de là aux Philippines.

Dans l'Introduction, Sainte-Croix commence par faire savoir que Dayot s'en est allé par « ressentiment » :

« MM. Dayot et Olivier sont partis après huit ans de service sans avoir rien reçu, quoique la chose [les récompenser] ne fût pas difficile. Les mécontentements que le roi et les mandarins ont causés à M. Dayot l'ont fait partir. Il ne reste plus aujourd'hui que trois ou quatre Français à son service, MM. Vannier,… sans biens, avec le seul titre de mandarin, et comme les autres Européens sans cesse en butte à la jalousie des mandarins, qui envient leurs talents et que le roi écoute »19. Cette phrase reflète une part de la vérité : après 1795, il ne reste plus que trois ou quatre Français. Ces soldats français étaient venus y chercher fortune ; ne l'ayant pas trouvée, déçus, ils sont partis. Mais quand il en vient au naufrage de Dayot, Sainte-Croix écrit tout autre chose que ce que racontent les missionnaires :

« Et voici ce qui a blessé les Français :

M. Dayot, comme je l'ai dit, avait rendu au roi des services importants ; tout dévoué au roi et jouissant de sa confiance, il était jalousé des mandarins. Il s'opposait à ce qu'ils prissent des pots-de-vin sur ceux qui apportaient le bois [à vendre] pour la construction des navires. Dayot en informa le roi ; ayant perdu là un profit gras, ils cherchèrent par tous les moyens à l'abattre. Ils s'y prirent à plusieurs reprises, sans succès. Un jour que Dayot n'était pas à bord de son navire, un orage survint : le vent le coucha sur l'eau et le renversa. Le roi, qui préparait sa campagne, fut fort contrarié de cette perte ; les mandarins en profitèrent pour lui représenter que le navire avait coulé par la négligence de Dayot, lequel voulait retarder la campagne ; Dayot fut mis à la cangue, et il eût été exécuté sur-le-champ si ses amis n'avaient trouvé le moyen de l'en empêcher. Par malheur, Mgr Pigneau de Béhaine était absent. Dayot resta quatre jours à la cangue, le roi refusant d'entendre les demandes de grâce. L'évêque, enfin de retour, réprimanda le roi et lui dit que cette manière d'agir ferait à jamais horreur aux Français, et qu'elle pouvait lui nuire beaucoup. Le roi, qui vénérait toujours l'évêque, l'écouta et fit aussitôt relâcher Dayot.

Le roi fit venir Dayot pour lui expliquer qu'il s'était trompé et qu'il réparerait sa faute ; mais il était trop tard. Dayot ne pouvait passer là-dessus ; au reste, ces calomnies se reproduiraient et se répéteraient : il resta encore quelques mois, puis les deux frères demandèrent leur congé, afin que le roi ne pût le leur refuser. Quelque temps après, le roi connut le crime des mandarins et les fit tous exécuter*.*

Tous les Français ressentirent vivement le châtiment absurde infligé à leur chef et à leur compatriote ; M. Olivier, songeant que la chose pourrait un jour lui arriver à lui aussi, tout favorisé qu'il fût, demanda également son congé. Il avait servi de tout son cœur, il avait fait maintes campagnes victorieuses, et le roi ne lui avait accordé aucun bien.

Quand [Olivier] eut fait connaître son dessein au roi, celui-ci, voyant cette perte, lui dit que jusqu'ici certains obstacles l'avaient empêché de lui donner une part de ses biens, mais qu'il allait y pourvoir ; Olivier insista, car il connaissait son extrême avarice et jugeait que le roi feignait seulement de vouloir le retenir. Le roi lui dit alors : “Si j'étais ton roi, je pourrais te contraindre, comme un sujet, à rester et t'interdire de partir ; mais tu ne l'es pas, et je ne puis pas plus m'opposer à ton projet que je ne puis être ingrat et oublier ce que tu as fait pour moi ; ainsi je te donne un petit navire, pour que tu puisses transporter l'arec que tu achèteras dans les magasins*. Je te donne aussi le droit d'entrer dans tous mes ports et d'en sortir pour y commercer, sans avoir à payer aucune taxe”20. M. Olivier porta sur ce navire de l'arec jusqu'à Macao, et en tira en tout 3 000 quan. Il revint au Cambodge avec le même navire, chargé des marchandises propres à ce pays, prit la dysenterie en entrant au port, et mourut peu après »21.*

Le récit que Sainte-Croix fait du naufrage de Dayot montre ceci :

  • Si le capitaine Dayot a fait naufrage, ce n'est pas par sa faute, mais par celle de mandarins corrompus et jaloux des Français ! Cette manière de se disculper est assez commune, et ne mérite pas qu'on s'y arrête. Ce qui mérite attention, ce sont les informations suivantes :

  • Dayot a failli être décapité pour avoir fait naufrage.

  • D'après le récit de Sainte-Croix, Monseigneur était absent lors de l'arrestation de Dayot ; à son retour, il « gronda » le roi, qui en eut « honte » et relâcha Dayot sur-le-champ. En écrivant ces lignes inventées, Sainte-Croix ignorait que la vie de Monseigneur ne tenait alors elle-même qu'à un fil, Trần Đại Luật ayant présenté un mémoire qui demandait au roi la tête de Pigneau de Béhaine (voir chapitre 19), coupable d'avoir introduit une religion qui bouleversait la morale et l'ordre (en interdisant aux chrétiens le culte des ancêtres).

  • D'après la lettre de Le Labousse, Dayot s'enfuit à Vũng Tầu, fut repris, s'enfuit une seconde fois, et parvint enfin à gagner Macao.

  • Toujours d'après la lettre de Le Labousse, Olivier de Puymanel partit pour Macao avec les frères Dayot. Mais il revint ensuite, d'où le dialogue d'Olivier avec le roi que Sainte-Croix rapporte plus haut.

L'histoire de Dayot injustement condamné sera la cinquième falsification du texte de Sainte-Croix, et bien des gens la recopieront.

Sixième falsification : Pigneau de Béhaine, maître de Nguyễn Ánh

D'un bout à l'autre de l'Introduction, Sainte-Croix confond le prince Cảnh avec Nguyễn Ánh, ce qui lui fait écrire des phrases comme celles-ci :

  • « Le jeune roi de Cochinchine [Nguyễn Ánh], que son père avant de mourir avait confié à l'évêque, en le chargeant d'être son maître et de le conduire »22.

  • « Ces Français, à qui ce prince devait tant, mais dont les services ne furent pas payés comme ils le méritaient, surtout après la mort de Mgr Pigneau de Béhaine, ce maître tout-puissant sur son filleul »23.

Sainte-Croix raconte ensuite les histoires imaginaires du « maître Pigneau de Béhaine instruisant Nguyễn Ánh » :

« … [Monseigneur] l'avait tenu sur les fonts, protégé, et conduit en France, jeune prince, pour y demander du secours ; Monseigneur se borna au rôle d'un homme d'âge, enseignant au roi son élève les principes généraux de la morale (…) il traduisit pour son élève nombre de livres français en chữ nôm [Cochinchinois], principalement des livres de stratégie et de construction des citadelles (…) ce prince avait des connaissances générales en matière de sciences et lisait sans cesse les livres que l'évêque avait traduits ; il voulait s'instruire à l'égal des Européens.

Pour l'évêque qui avait instruit le roi (…) le roi le tenait pour un second père et l'appelait Thượng Sư [Grande Maîre]. On peut croire que, s'il [l'évêque] avait vécu, il n'eût pas laissé le roi massacrer barbarement les chefs Tây Sơn lorsqu'il monta sur le trône. Il vivait à la cour de son élève, y jouissait des mêmes prérogatives que le roi, siégeait à l'égal du roi*, et s'il ne venait pas à la cour, le roi allait le voir chez lui, surtout dans les derniers temps, quand il fut malade*24* »*.

La confusion de Sainte-Croix, qu'on croyait d'abord sans conséquence, en entraîne peu à peu de désastreuses, comme le passage qu'on vient de lire : il tient purement et simplement le roi Gia Long pour l'élève de Pigneau de Béhaine !

La question de savoir si Pigneau de Béhaine a traduit ou non des livres pour le roi Nguyễn sera abordée au chapitre 15, sur Cadière ; il ne sera question ici que de l'erreur : Pigneau de Béhaine n'était pas le maître de Gia Long.

Il faut d'abord y remettre les choses au clair : Pigneau de Béhaine a accompagné, gardé et instruit le prince Cảnh de trois à neuf ans (de 1783 à 1789) ; Cảnh, naturellement, savait mieux le français que le vietnamien — à quoi bon, dès lors, que Pigneau de Béhaine traduisît des livres français en vietnamien pour que le prince les lût ? Gia Long n'a pas oublié ce bienfait : il a toujours traité l'évêque avec égard, et faisait appeler par son fils Pigneau de Béhaine du titre respectueux de Thượng Sư. Thượng Sư est aussi le mot des documents officiels. Le roi, lui, appelait ordinairement Pigneau de Béhaine Thầy, maître. Le mot Thầy a ici deux sens : d'abord, le roi parlait comme aurait parlé son fils ; ensuite, les Nguyễn avaient coutume d'appeler leurs grands dignitaires Thầy, coutume qui s'est maintenue jusqu'au temps de Bảo Đại, lequel appelait encore ses ministres Thầy.

Gia Long respectait Pigneau de Béhaine parce qu'il avait gardé son fils et lui avait servi de maître, et parce que c'était un lettré que le roi honorait à l'égal d'un grand dignitaire. Quand il ramena le prince Cảnh à Saigon, Pigneau de Béhaine occupa la charge de précepteur ; mais il y avait à côté de lui d'autres maîtres — Lê Quang Định, Trịnh Hoài Đức, Ngô Tòng Châu… —, tous savants de ce temps-là. Cependant les Français qui écrivent là-dessus l'ignorent, ou le veulent ignorer : pour eux, il n'y eut jamais que Pigneau de Béhaine comme maître du prince.

En 1794, quand le roi Nguyễn envoya le prince Cảnh, âgé de treize ans, gouverner Diên Khánh pour y apprendre le métier des armes et celui du gouvernement, ses maîtres durent le suivre, en même temps que les grands généraux Phạm Văn Nhơn, Tống Phước Đạm, Mạc Văn Tô, Nguyễn Đức Thành et Nguyễn Huỳnh Đức, qui l'escortaient pour garder la place. Mais pour les Français, c'est encore Pigneau de Béhaine « à lui seul » qui « garde la citadelle », qui « dirige le tir des canons », etc. — et Tạ Chí Đại Trường recopie.

La méprise qui fait de Pigneau de Béhaine le maître de Gia Long sera la sixième falsification de Sainte-Croix ; bien des gens l'enfleront et la répandront, et elle deviendra une « vérité historique ».

Septième falsification : le « portrait » de Gia Long

Sous l'influence de Bissachère et de Dayot, Sainte-Croix ne peut résister au plaisir de salir Gia Long ; mais il va jusqu'à outrager les Orientaux eux-mêmes :

« Le caractère du roi de Cochinchine a du bon et du mauvais, de la sensibilité et de la cruauté ; il a plus de connaissances qu'aucun de ses courtisans, mais, comme tous les Asiatiques, il croit savoir beaucoup quand il ne sait pas grand-chose. Il fait montre de courage et de sang-froid, suivant le conseil de M. Olivier. Les avantages qu'il a remportés sur l'ennemi ne sont en réalité que des cruautés : les Tây Sơn massacrés en un éclair, et peu de sang versé du sien, grâce aux canons servis par les Français. J'ai entendu dire par des témoins oculaires que la plus grande bataille n'a pas duré plus de cinq minutes de combat*, car dès que l'ennemi commence à se débander, le carnage devient effroyable et rien ne l'arrête ;* selon la tradition orientale, le vaincu se laisse tuer tout à loisir par le vainqueur, sans résister : la plupart jettent leurs armes pour fuir plus vite, ils ne connaissent pas l'art de la retraite, ce qui rend les champs de bataille de ce pays plus dangereux et plus sanglants après l'action que pendant »25.

Ces divagations montrent le mépris et la haine de Sainte-Croix pour les Asiatiques. Il est fâcheux que l'historien Maybon n'ait pas eu une note sur ces extravagances. Sainte-Croix poursuit :

« On peut dire que, dans ce pays, lui seul [Gia Long] est riche, tandis que toutes les races soumises à son gouvernement sont dans la dernière misère : les petits mandarins les pressurent comme on ne l'a jamais vu, puis les grands mandarins pillent et pressurent les petits, et le roi finit par faire trancher la tête aux grands pour s'approprier l'argent et les biens qu'ils ont gagnés illégalement. Les exécutions se succèdent sans fin, et l'on continue de faire de même. Il semble que le vol soit le don naturel de tous les peuples d'Asie, et particulièrement des Chinois et des Vietnamiens.

« On assure que le roi a de grands trésors, et beaucoup d'or en lingots enfoui. Il aime l'argent comptant ; il paie ses mandarins en monnaie de cuivre et de zinc tirée du trésor, jamais en argent. Les mandarins européens reçoivent 150 quan par mois pour leur dépense de maison, pour leurs femmes, leurs serviteurs ou les soldats de service, fort nombreux chez les mandarins ».

« Pour faire mieux connaître l'avarice du roi de Cochinchine, je [Sainte-Croix] dois rapporter ici deux traits que tout le monde sait :

Ce prince à la chinoise a une monnaie de cuivre, frappée en cuivre pur, pour acheter et pour payer ses soldats ; mais il y met du casin [on ne sait quelle matière], ce qui la rend cassante comme du verre : par cette fraude il gagne des sommes incalculables [Sainte-Croix confond la monnaie de cuivre et la monnaie de zinc].

Ce prince si puissant et si riche donne à son cuisinier une demi-sapèque par jour pour aller au marché. Le cuisinier y va avec des soldats, rafle tout ce qui lui plaît sans rien payer, et les soldats en font autant ; les marchands n'osent se plaindre. En un mot, la table du roi est chargée des mets les plus délicats, et tous volés au peuple »26.

Nous nous dispenserons de commenter. Ces « informations » — le roi payant les Européens en monnaie de zinc, et les payant en exploiteur — seront recopiées par Taboulet. Quant à l'histoire du roi Gia Long envoyant son cuisinier voler au marché, les historiens français en ont sans doute eu quelque honte : on ne les voit pas la répandre.

On comprend, arrivé là, pourquoi l'historien Maybon a fait imprimer l'Introduction de Sainte-Croix : il avait besoin de s'appuyer sur ces informations mensongères pour établir les mérites de Pigneau de Béhaine et des Français au secours de Gia Long.

L'Introduction de Sainte-Croix, du temps qu'elle était encore aux archives du ministère des Affaires étrangères avec la Relation Bissachère, avait déjà servi à des hommes comme Trương Vĩnh Ký dans son Cours d'histoire annamite, 1875 ; Louis-Eugène Louvet dans La Cochinchine religieuse, 1885 ; Alexis Faure dans Monseigneur Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran, 1891 ; Silvestre dans Politique française dans l'Indochine, Annales de l'École des sciences politiques, 1896 ; Charles Gosselin dans L'Empire d'Annam, 1904… Elle est la source de deux mythes : Pigneau de Béhaine premier des serviteurs méritants, et Puymanel et Dayot ancêtres de l'art militaire et de la construction des citadelles au Viêt Nam.

Quand Maybon écrivit son Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820), il avait examiné quantité de documents européens et vietnamiens — Barrow, Montyon, le Thực lục, le Liệt truyện… — sans y trouver trace de ces « services » ; il lui fallut donc faire imprimer ce qu'avaient écrit Sainte-Croix et Bissachère pour prouver que ce qu'il avançait avait déjà été écrit, plus d'un siècle auparavant, par ceux qui l'avaient précédé.

Pour conclure, résumons deux choses au sujet de Sainte-Croix :

  • Sainte-Croix, confondant Nguyễn Ánh avec le prince Cảnh, a fait de Pigneau de Béhaine le maître du roi Gia Long, l'homme qui « dirigeait » la cour, siégeait à l'égal du roi, était craint du roi et se faisait obéir de lui en tout. Et c'est sur ce « portrait » que Faure s'appuiera pour décrire Pigneau de Béhaine comme un Richelieu tout-puissant auprès de Gia Long.

  • Sainte-Croix s'est fondé sur le récit de Dayot, un homme que Gia Long avait condamné et qui avait dû fuir, pour salir Gia Long et avancer des informations à sa propre gloire, faisant de Dayot le chef de la marine et, avec Puymanel, les fondateurs de la fonte des canons, de la construction navale et de l'édification des citadelles au Viêt Nam.


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  1. Les deux frères Dayot vivaient alors à Manille. ↩︎

  2. Sainte-Croix, Avant-propos, Relation Bissachère, p. 73. ↩︎

  3. Sainte-Croix, Avant-Propos, Relation Bissachère, p. 74. ↩︎

  4. Maybon, Relation Bissachère, Introduction, p. 6-7. ↩︎

  5. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 77-78. ↩︎

  6. Launay, III, p. 209. ↩︎

  7. Launay, III, p. 210. ↩︎

  8. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 80-81. ↩︎

  9. Faure, Monseigneur Pigneau de Béhaine, p. 220. Faure emploie nombre d'« informations » qui figurent dans l'Introduction de Sainte-Croix, mais il les donne en note comme tirées du Mémoire sur la Cochinchine, par de la Bissachère, 1807, aux Archives des Affaires étrangères (Faure, Pigneau de Béhaine, p. 216, note 2). On peut donc comprendre que Faure avait lu l'Introduction de Sainte-Croix et la Relation Bissachère avant d'écrire son Pigneau de Béhaine, soit trente ans avant Maybon. Et le dommage que Faure a fait à l'histoire commence en 1891, année où paraît son Pigneau de Béhaine. ↩︎

  10. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 82-83. ↩︎

  11. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 83. ↩︎

  12. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 84. ↩︎

  13. Bulletin des Amis du Vieux Huế, 1935, II, p. 155. ↩︎

  14. Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, p. 204. ↩︎

  15. Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, p. 231-237. ↩︎

  16. Le texte français porte « son premier maître », qui rend sans doute phó cai đội : Dayot étant cai đội, il s'agit vraisemblablement de Guillon, alors phó cai đội sous ses ordres (voir chapitre 17). ↩︎

  17. Launay, III, p. 302. ↩︎

  18. Documents relatifs à l'époque de Gia Long, pièces réunies par Cadière, Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, nº 12, 1912, p. 35. ↩︎

  19. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 85. ↩︎

  20. Note de Sainte-Croix : le droit d'entrée en Cochinchine est de 3 000 đồng pour toute espèce de navire, grand ou petit. ↩︎

  21. Traduit en abrégé d'après Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 85-89. ↩︎

  22. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 76. ↩︎

  23. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 85. ↩︎

  24. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 91-92. ↩︎

  25. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 93-94. ↩︎

  26. Sainte-Croix, Introduction, Relation Bissachère, p. 94-95-96. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Bài Introduction của Sainte-Croix

Maybon không chỉ cho in lại bản Ký sự của Bissachère với nội dung xuyên tạc Quang Trung, Gia Long, phỉ báng dân Việt, như chúng ta đã thấy trong chương 9, ông còn đưa vào cuốn sách này hai văn bản "inédits" (chưa đăng ở đâu cả) là bài Avant-Propos (Tựa) và Introduction (Nhập đề) của Ste-Croix, viết để giới thiệu Ký sự Bissachère, nhưng sau ông bỏ ý định in riêng tập ký sự, cho nên chúng vẫn nằm trong Văn khố Bộ ngoại giao Pháp. Bài Introduction này đã được một số người tham khảo và sử dụng trước Maybon, nhưng không đề xuất xứ. Đến năm 1920, khi Maybon cho xuất bản và giới thiệu như những "tài liệu giá trị", chúng mới chính thức trở thành "tài liệu lịch sử" và được những người đi sau như Taboulet, khuếch trương, phổ biến và Tạ Trí Đại Trường tiếp nối, dùng trong cuốn Lịch sử nội chiến ở Việt Nam.

Bài Introduction của Ste-Croix chỉ ngắn có 28 trang, nhưng chứa đựng những bóp méo lịch sử quan trọng và những điều dựng đứng này đã trở thành "sự thực" sau hơn một thế kỷ được truyền bá rộng rãi, nhất là ngày nay trên Internet, kể cả Wikipédia tiếng Việt.

Trong bài Avant-Propos, Ste-Croix giải thích tại sao ông có được những tài liệu để viết bài Introduction này:

"Từ những ngày ở Manille, tôi đã muốn có những thông tin về các cuộc chinh phục mới đây của vua Nam Hà, là Bắc Hà và Cao Miên là nước mà rất ít người biết (...) Tôi chỉ nhận được những ý niệm rất thiếu sót (notions très imparfaites) của các ông D'Ayot1, quan ở Nam Hà, trong chiến tranh đã đi một phần nước Cao Miên với quân đội Nam Hà. Phải đến tháng 8/1807, ông de La Bissachère, giáo sĩ ở vùng này 18 năm, tới Macao, lúc tôi đang ở đó. Tôi yêu cầu ông viết một bài yếu lược về Bắc Hà (un précis sur le Tonkin) và ông đã vui lòng viết những dòng ghi chép mà chúng ta sẽ đọc sau đây"2.

Bài mà Ste-Croix gọi là bài Yếu lược về Bắc Hà chính là Ký sự Bissachère, và theo những lời trên đây là do Ste-Croix "yêu cầu" Bissachère viết, trái với điều Maybon ghi: Bissachère gặp Ste-Croix ở Macao và trao cho Ste-Croix bản Ký sự đã viết. Điểm thứ nhì, Ste-Croix xác định: Anh em Dayot chỉ cho ông những "khái niệm rất thiếu sót" về Nam Hà, cho nên ông ta mới phải "yêu cầu" Bissachère viết bản Yếu lược. Ste-Croix viết tiếp:

"Để độc giả hiểu rõ, khi đọc bài yếu lược của Bissachère, tôi viết bài "Introduction" này theo những gì tôi học được từ các ông Dayot, những biến cố xẩy ra ở Nam Hà từ khi vị vua trẻ bị đuổi khỏi đất nước của mình và được Đức Giám Mục Bá Đa Lộc dẫn đến triều đình Pháp xin cầu viện*, cho tới bây giờ"3.*

Có hai điểm đáng chú ý:

1- Ý Ste-Croix muốn nói: Vì các ông Dayot (làm quan ở Nam Hà) không biết rõ việc Nam Hà cho nên tôi phải nhờ ông Bissachère (giáo sĩ ở Bắc) viết bài Yếu lược, và để độc giả hiểu bài Yếu lược, tôi viết bài Introduction này dựa vào những thông tin của các ông Dayot! Một lập luận luẩn quẩn, khôi hài.

2- Một sai lầm trầm trọng: "vị vua trẻ bị đuổi khỏi đất nước của mình và được Đức Giám Mục Bá Đa Lộc dẫn đến triều đình Pháp xin cầu viện", Ste-Croix đã lầm Hoàng tử Cảnh với Nguyễn Ánh.

Thoạt tiên, ta tưởng chỉ là một lỗi nhỏ khi người ngoại quốc viết về lịch sử Việt Nam. Nhưng trường hợp này trầm trọng hơn nhiều bởi vì, trong toàn bài Introduction**, Ste-Croix sẽ coi vua Gia Long là học trò của Bá Đa Lộc**, và sự sai lầm sẽ được "chính thức hoá" thành sự thực theo một tiến trình mà chúng tôi sẽ trình bầy dần dần dưới đây.

Bài Introduction của Ste-Croix được Maybon giới thiệu bằng những lời lẽ như sau:

"Hai bài Avant-propos và Introduction của Renouard de Sainte-Croix đều hoàn toàn chưa in ở đâu cả, trừ vài lầm lỗi, nó chứa đựng những thông tin về lịch sử Việt Nam, lại càng thêm quý giá, vì đến từ Jean-Marie Dayot, một sĩ quan Pháp đã phục vụ đắc lực cho ông hoàng An Nam từ đầu cuộc chiến chống ngụy quân"4.

Những lời trân trọng này của Maybon khiến độc giả tin tưởng. Ông đã cực tiểu hoá những lầm lỗi kếch sù của Ste-Croix, bằng cách nói có vài lầm lỗi (quelques erreurs), ông cũng có chú thích vài lần những lầm lỗi ấy... nhưng ông bỏ qua tất cả những nhầm lẫn kếch sù, hậu quả của sự nhầm Nguyễn Ánh với Hoàng tử Cảnh, và những điều Ste-Croix viết sai hoặc cố tình bôi nhọ Gia Long. Không những thế, ông còn sử dụng những lời xuyên tạc, hoặc kết quả những lầm lẫn của Ste-Croix trong bộ sử nổi tiếng Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820) (Lịch sử hiện đại nước Nam (1592-1820) của ông, cùng in năm 1920.

Điểm đáng chú ý nữa: bài Introduction này, Ste-Croix viết theo lời kể của Dayot hoặc tự sáng tác ra, bởi vì những gì ông viết hầu như không có trong Ký sự Bissachère.

Sau đây là những điểm xuyên tạc lịch sử quan trọng trong bài Introduction của Ste-Croix:

Xuyên tạc thứ nhất: 250 lính Pháp và Dayot lái tầu đưa Bá Đa Lộc về Việt Nam

Mở đầu Ste-Croix thuật chuyện Bá Đa Lộc đem Nguyễn Ánh sang Pháp cầu viện được Pháp hoàng chấp nhận cho 2 tiểu hạm (corvettes), trang bị 18 đại bác và 800 lính, nhưng đến Ấn Độ gặp trở ngại:

"Để thi hành lệnh của vua Pháp, Ô. de Cossigny, toàn quyền ở Ấn Độ lúc ấy cấp cho hai tiểu hạm, không thuộc hải quân hoàng gia và chỉ chở được 250 người; một tầu ông giao cho người bà con là thanh niên d'Ayot [Dayot] điều khiển, và đã góp phần lớn vào sự thành công của ông hoàng [Nguyễn Ánh], còn tầu kia do Ô. de Marigny hay Martigny cai quản với nhiệm vụ theo lệnh của vua Nam Hà ở Pháp về với ông Bá Đa Lộc*"5.*

Đoạn này có bốn điểm sai:

1- Cossigny lúc đó đã thôi chức toàn quyền, Conway lên thay.

2- Conway không cấp gì cho Bá Đa Lộc cả vì Louis XVI đã ra lệnh bỏ hiệp ước Versailles.

3- Bá Đa Lộc về tay không, không có tầu nào đi cùng; theo 2 thư ông viết cho Létondal, quản thủ tu viện Macao, thư đầu, tháng 7/1789 có câu: "Tôi vừa về tới Nam Hà.... tôi về không có sự cứu trợ mà vua Pháp đã thuận giúp vua Nam Hà"6. Và thư thứ nhì, viết ngày 17/8/1789, có câu: "Tôi về với độc một chiếc trung hạm (une seule frégate) nó lại phải lập tức đi Manille ngay"7.

4- Bá Đa Lộc về với Hoàng tử Cảnh chứ không phải với Nguyễn Ánh.

Bài Introduction này là văn bản đầu tiên nói đến việc "Dayot lái tầu về Việt Nam cùng với Bá Đa Lộc", trái hẳn với những điều do Bá Đa Lộc viết ra. Vậy ta có thể đoán rằng Dayot đã bịa ra điều này để "xác định" mình là người đầu tiên theo vị giám mục về giúp Nguyễn Ánh.

Con số "2 corvettes" và "250 lính" hoàn toàn vô căn cứ, có lẽ cũng do Dayot bịa ra.

Maybon đã sử dụng những thông tin vô căn cứ này, đặc biệt ở điểm: Dayot lái tầu về VN cùng với Bá Đa Lộc, và ông sẽ tìm cách "chứng minh" rằng chính Bá Đa Lộc đã xoay tiền mộ lính, mua tầu và vũ khí đạn được giúp Nguyễn Ánh. Con số 250 người lính, sau này sẽ được người ta quy thành "do Bá Đa Lộc bỏ tiền ra mộ và mua 2 chiếc tầu về giúp Gia Long". Chúng tôi sẽ nói rõ hơn những điểm này trong chương 14, Maybon.

Đó là sự xuyên tạc thứ nhất, trong bài Introduction của Ste- Croix, sau này trở thành "sự thực lịch sử".

Xuyên tạc thứ hai: Bá Đa Lộc chiếm lại Gia Định

Tiếp tục câu chuyện hoang tưởng, Ste-Croix kể rằng (tóm tắt): "Khi Nguyễn Ánh [vẫn lầm Hoàng tử Cảnh với Nguyễn Ánh] về tới Sài Gòn với "hai tầu chiến Pháp và 250 người lính" thì quân Tây Sơn đã chiếm hết miền Nam [thực ra khi Bá Đa Lộc đem Hoàng tử Cảnh về Sài Gòn tháng 7/1789, thì Nguyễn Vương đã bình định xong miền Nam], Bá Đa Lộc và Nguyễn Ánh phải đánh nhau với Tây Sơn để chiếm lại Gia Định, nhưng quân Tây Sơn mạnh, đuổi Nguyễn Ánh khỏi miền Nam, Nguyễn Ánh chạy sang Xiêm cầu cứu. Tây Sơn đề nghị với vua Xiêm nếu bán Nguyễn Ánh cho họ, thì họ sẽ trả giá cao, tức là họ sẽ nhường cho Xiêm nhiều tỉnh miền Nam".

Tới đây vai trò "cứu tinh" của Bá Đa Lộc hiện ra, Ste-Croix viết:

"Nhà vua trẻ nhờ do thám biết được sự phản trắc này [việc Xiêm bán ông cho Tây Sơn], nhưng không đủ kinh nghiệm và sáng suốt trong những trường hợp tế nhị, mới bí mật hỏi ý ông Bá Đa Lộc (...) Đức Giám Mục Bá Đa Lộc, trong hoàn cảnh tuyệt vọng này, có lời khuyên ngoan cường là nên tập hợp những thuyền tam bản còn lại, tấn công ngay vào Kinh đô Tây Sơn đóng, vì bất ngờ, họ sẽ không kịp chuẩn bị đối phó, trước một dự tính phi thường như thế.

Vua Nam Hà khôn khéo thi hành kế hoạch này, ông trốn khỏi triều đình Xiêm, lấy cớ đi duyệt những thuyền tam bản và tiểu hạm rồi bất ngờ dong thẳng buồm về chiếm được Sài Gòn là nơi các lãnh tụ Tây Sơn ngự trú, hầu như không có sự kháng cự nào; lãnh tụ ngụy không ngờ đến sự "thăm viếng" này, chỉ có mấy người gác bên mình, còn lính tráng thì đã về quê- việc này thường thấy ở Nam Hà trong thời bình"8.

Đọc đoạn trên đây, chúng ta có thể đoán rằng Ste-Croix nghe Bissachère hay Dayot kể lỗ mỗ về hai việc: Nguyễn Ánh rút quân từ Xiêm về chiếm lại Gia Định, năm 1787 (lúc ấy Bá Đa Lộc và Hoàng tử Cảnh còn ở Pháp) và trận Thị Nại, 1792 (Nguyễn Ánh chớp nhoáng tấn công Quy Nhơn) rồi thêm thắt vào, để đi đến kết luận: "chiến công đầu tiên của Nguyễn Ánh là do Bá Đa Lộc chỉ đạo: tấn công bất ngờ và chớp nhoáng vào kinh đô, chiếm được Sài Gòn nơi vua Tây Sơn đang ngự trị"!

Tuyệt nhiên không thấy sử gia Maybon chú thích gì về những "sai lầm nhỏ" này.

Dù bịa đặt hoàn toàn như thế, nhưng huyền thoại "Bá Đa Lộc cầm quân chiếm lại Gia Định" của Ste-Croix sẽ được truyền bá rộng rãi. Đặc biệt Alexis Faure khi viết cuốn Monseigneur Pigneau de Béhaine (Bá Đa Lộc), 1891, đã dựa vào điểm này để tâng Bá Đa Lộc lên hàng nguyên soái, cầm cờ lệnh đi đầu, chiếm lại Gia Định, và Faure đã thượng phong Bá Đa Lộc làm Bộ trưởng bộ chiến tranh, từ năm 1780, ví vai trò Bá Đa Lộc bên cạnh Nguyễn Ánh như de Richelieu bên cạnh Louis XIII9.

Đó là sự xuyên tạc thứ hai, trong bài Introduction của Ste-Croix, sẽ là đầu mối cho các lập luận vinh thăng Bá Đa Lộc như một vị quân sư, trực tiếp chỉ huy quân đội Nguyễn Ánh.

Xuyên tạc thứ ba: Puymanel là kỹ sư trưởng

Sau khi vẽ chân dung Bá Đa Lộc, như một vị nguyên soái, chỉ huy quân đội Nguyễn Ánh chiếm Gia Định, Ste-Croix giới thiệu nhân vật quan trọng thứ nhì: Olivier de Puymanel, bằng những hàng như sau:

"... Vào khoảng thời gian này Ô. Olivier, người Pháp, về giúp, trở thành kỹ sư trưởng*.*

Là người trẻ tuổi có cao vọng, có kiến thức sâu rộng, là Chuẩn uý thủy quân (garde marine) trên một trong những tầu của Công ty Pháp ghé Nam Hà, trên đường đến Trung Quốc, hay tin ông vua đang đánh nhau, cần người Âu, đã bỏ tầu đến giúp, được chấp nhận. Nhà vua không tiếc việc này vì, ngoài kiến thức hoàn hảo về việc xây thành trì, và thuật binh bị, Ô. Olivier còn có phẩm hạnh và tháo vát, hai đức tính chính của một vị chỉ huy quân đội.

Những chiến thắng của vua Nam Hà một phần là nhờ ông*, ông đã* vẽ bản đồ các thành quách, đã sáng tạo nhiều công binh xưởng*.*

Ông được thăng tước vị hạng nhất, là Kỹ sư chỉ huy trưởng đứng đầu các công binh xưởng và Tư lệnh một quân đoàn gồm 3000 cấm vệ của vua do ông thành lập và huấn luyện theo kiểu Tây phương*. Nhưng sau ông ghê tởm công việc này vì không được hậu đãi và các đại thần xử tệ với những người Pháp giúp vua mà tôi sẽ giải thích sau.*

Hoạt động của những người Pháp giúp vua Nam Hà đi đôi với những đại bác và súng ống mà nước Pháp cho*, đã góp phần không nhỏ vào việc nhà vua dần dần làm chủ lại xứ sở trong một thời hạn khá ngắn. Ô. Olivier làm kiên cố đồn lũy bằng những chiến hào trang bị súng đại bác điều khiển theo lối Tây phương, và lối đánh nhau này rất mới lạ ở Nam Hà, làm cho quân Tây Sơn khiếp đảm thua chạy mỗi lần gặp quân nhà vua, chúng không thể chống lại hoả lực mạnh mẽ do Ô. Olivier điều khiển và chúng thường bị kéo vào những hào hố mà dân tộc này không có ý niệm gì"10.*

Đây là đoạn văn chủ chốt mà sau này các tác giả Pháp Việt đều dựa vào để vinh thăng Puymanel lên hàng đầu các ngành: Xây dựng thành đài, chiến luỹ, thành phố, đúc súng, tổ chức và huấn luyện quân đội...

Khi mới đào ngũ, đặt chân lên đất Hà Tiên, Puymanel chỉ là binh nhì, viết tiếng Pháp chưa thông. Vậy Puymanel học kỹ sư lúc nào? Học nghề binh ở trường sĩ quan nào? Mà vừa tới đầu quân giúp Nguyễn Ánh đã trở thành Kỹ sư trưởng? Đứng đầu các công binh xưởng nào? Là tư lệnh quân đoàn nào? Mà có thể cùng một lúc, vừa là kỹ sư trưởng các công binh xưởng, vừa xây các đồn luỹ, vừa là Tư lệnh quân cấm vệ, vừa huấn luyện quân đội, vừa điều khiển các trận đánh...

Đó là sự xuyên tạc thứ ba, trong bài Introduction của Ste-Croix, sự xuyên tạc này sẽ được trích dẫn, thổi phồng để đưa Puymanel lên vị trí thứ nhì, sau Bá Đa Lộc. Chúng tôi sẽ làm sáng tỏ những việc này trong các chương 12, Huyền thoại Le Brun và Puymanel và chương 21, Olivier de Puymanel.

Xuyên tạc thứ tư: Dayot lãnh đạo thuỷ quân

Sau khi vinh thăng Puymanel là chúa tể các ngành bộ binh, Ste-Croix đưa Dayot lên hàng chủ soái ngành thuỷ binh:

"Vua Nam Hà rất chú ý đến thuỷ quân, ông có mặt trong tất cả những công trình xây dựng tại các công binh xưởng do ông Olivier điều khiển cũng như ở các xưởng đóng tầu do ông Dayot điều khiển. Ông Dayot là linh hồn và lãnh đạo ngành thủy quân. Ông vận tải lương thực theo quân đi dọc bờ biển, khi thấy địch xuất hiện, nhờ cách điều khiển và nhờ hoả công mạnh của chiến hạm, ông khiến địch phải chạy trốn. Vua bắt các quan phải phục tùng mệnh lệnh của các vị chỉ huy Tây phương này cho nên họ bị ghen ghét "11.

Chúng ta đừng quên rằng, những lời này Ste-Croix chép theo lời Dayot kể lại. Vì thế, mới có sự vinh thăng Puymanel trước đó, bởi vì nếu Dayot tự bốc mình ngay, thì không tiện, nên đã thăng Puymanel trước khi tự thăng mình. Vẫn theo Ste-Croix: sau một thời gian ở Nam Hà, Jean-Marie Dayot đã gọi em là Félix sang giúp vua: "Félix Dayot, là một thanh niên tài ba. Cả hai đã đóng nhiều chiến hạm cho nhà vua và vẽ bản đồ bờ biển VN, rất hữu dụng cho hải quân"12.

Đó là sự xuyên tạc thứ tư trong bài Introduction của Ste-Croix. Sự xuyên tạc này sẽ được các học giả Maybon và Cadière tận dụng để ca tụng "sự nghiệp" anh em Dayot. Nhưng trong bài viết về Vannier, André Salles lại nhất quyết rằng Vannier mới là "chúa tể ngành thủy quân Việt Nam"13. Hoá ra chúng ta có tới hai chúa tể ngành hải quân!

Chúng tôi sẽ trình bầy cặn kẽ những vấn đề này trong chương 19, viết về Jean-Marie Dayot; ở đây chỉ xin nói sơ lược: Nhiệm vụ đầu tiên của anh em Dayot là mua bán vật dụng ở nước ngoài cho Nguyễn Ánh, nhưng Dayot chỉ hoàn tất chuyến đầu, đi Phi Luật Tân. Chuyến sau, Dayot đã thâm lạm ngân quỹ, 1792, bị đuổi đi; nhưng vua nghĩ lại, không đuổi mà chuyển sang đội tải lương. Trong khi di chuyển theo quân, Dayot đã xin vua cấp cho phương tiện để vẽ bản đồ bờ biển nước Nam. Năm 1795, Dayot làm đắm tầu, bị kết án, phải trốn sang Phi Luật Tân, tại đây, Dayot gặp Ste-Croix và trao các bản đồ này cho Ste-Croix gửi về bộ Hải quân Pháp. Quân đội Pháp sẽ dùng những bản đồ này để đánh nước ta năm 1862. Dayot là người có công với nước Pháp, nhưng đối với Việt Nam, là kẻ phản bội: lợi dụng lòng tin của vua để vẽ bản đồ bờ biển miền Trung và Nam dâng cho vua Pháp.

Jean-Marie Dayot đã kể "công trạng" của mình cho Ste-Croix ghi lại. "Công trạng" này được Maybon và các sử gia thuộc địa tung lên. Tạ Chí Đại Trường, rập theo, để vinh thăng: "Dayot là linh hồn và chủ tướng của thủy quân Nguyễn" như Giáo sĩ La Bissachère đã nói"14, thực ra câu này của Ste-Croix. Rồi ông Tạ dùng nhiều trang để ca ngợi "công lao" của Dayot, Puymanel và những người Pháp15.

Xuyên tạc thứ năm: vụ Dayot làm đắm tầu

Năm 1785, lại có vụ Bá Đa Lộc và người Pháp bỏ đi lần thứ nhì, việc này liên quan tới hai sự kiện: Trần Đại Luật dâng sớ xin vua chém đầu Bá Đa Lộc và Dayot làm đắm tầu, bị tội, tìm cách tẩu thoát. Về việc sớ Trần Đại Luật, chúng tôi sẽ nói rõ trong chương 19, ở đây chỉ nói về việc Dayot làm đắm tầu Đồng Nai, mà ông đang cai quản. Việc này được các giáo sĩ Lavoué và Le Labousse kể như sau:

1- Giáo sĩ Lavoué, trong một thư dài viết ngày 27/4/1795, gửi M. Létondal, có đoạn liên quan đến Dayot làm đắm tầu, như sau:

"Nhà vua vừa nổi cơn thịnh nộ với những người Âu giúp vua, và vừa tống giam 2 người trong bọn họ: ông Dayot và viên thượng sĩ hải quân của ông ta16 đã để tầu bị đắm và bị hư hại nặng; người ta đã tâu vua là không thể dùng được nữa, việc này khiến vua nổi trận lôi đình, và thoạt đầu nóng giận, đã chửi rủa thậm tệ bọn người Âu đến giúp; sau đó ông nghĩ lại, và có lẽ ông còn đương nghĩ lại, bởi vì công việc của ông ngày càng xấu đi [chỉ việc đánh nhau với Trần Quang Diệu]".17

2- Thư Le Labousse viết tại Sài Gòn ngày 22/6/1795 gửi Létondal, cho biết: "... Vương đang ở trong thế kẹt. .. Tất cả người Âu bỏ đi. Tôi sợ rằng đó là tiên khởi của chúng ta.... Đức Ông [Bá Đa Lộc] đã sửa soạn một chiếc tầu tốt rồi... Ông sẽ thấy các ông Olivier và Dayot tới Macao. Dayot phải trốn khỏi chiến hạm của mình khi ra hàng ở cảng Saint Jacques*. Sự tẩu thoát này sẽ là tổn thất nặng nề cho nhà vua"18.*

Tóm lại, trong lúc Trần Quang Diệu đang bao vây thành Diên Khánh rất gấp, Vương chuẩn bị xuất quân cứu Diên Khánh, thì Dayot làm đắm tầu, bị bắt, y trốn ra Vũng Tầu, bị truy nã, y ra hàng, sau lại trốn được lên tầu của Olivier đi Macao rồi sang Phi Luật Tân.

Trong bài Introduction, trước hết, Ste-Croix cho biết Dayot bỏ đi vì bị "mếch lòng":

"Các ông Dayot và Olivier bỏ đi sau 8 năm phục vụ mà không được của cải gì, mặc dù việc [trả ơn] ấy không khó. Những chuyện mếch lòng mà vua và các quan gây cho ông Dayot đã khiến ông bỏ đi. Hiện nay chỉ còn 3, 4 người Pháp dưới quyền ở lại, đó là những ông Vannier,... không có của, chỉ có chức quan và như những người Âu khác không ngừng bị bọn quan lại ganh tị tài năng, vua nghe lời họ"19. Câu này phản ảnh một phần sự thật: Sau năm 1795, chỉ còn 3, 4 người Pháp ở lại. Những người lính Pháp đến đây tìm của, nhưng không đạt được sự mong muốn, thất vọng, họ bỏ đi. Nhưng tới đoạn Dayot làm đắm tầu, Ste-Croix viết khác hẳn những điều các giáo sĩ kể:

"Và đây là những gì đã khiến cho người Pháp mếch lòng:

Ông Dayot như tôi đã cho biết, đã làm cho vua những dịch vụ quan trọng, vì hết lòng với vua và được vua tin cậy, nên bị các quan ghen tỵ. Ông chống không cho họ ăn hối lộ những người đem gỗ đến [bán] để đóng tầu. Dayot mách vua, họ mất mối bở nên tìm đủ mọi cách để hạ Dayot. Họ đã ra tay nhiều lần nhưng không thành. Một hôm, Dayot không có mặt trên tàu của mình, trời bão, tầu bị gió thổi xuống nước, lật. Vua đang sửa soạn hành quân, rất bực mình vì sự mất tầu này, các quan bèn lợi dụng, tâu vua là tầu chìm do Dayot bất cẩn muốn làm chậm trễ việc hành quân, Dayot bị đóng gông, đáng lý bị xử tử ngay, nếu các bạn ông không tìm cách chận lại. Không may là Giám Mục Bá Đa Lộc đi vắng. Dayot bị đóng gông 4 ngày, vua không chịu nghe lời xin khoan hồng. Sau cùng, giám mục về quở trách vua, bảo cách hành xử này sẽ làm cho người Pháp ghê tởm mãi mãi và điều đó có thể làm tổn hại rất nhiều cho nhà vua. Vua vẫn tôn kính đức giám mục nên nghe lời và thả ngay Dayot.

Nhà vua gọi Dayot đến để giải thích mình đã lầm, và sẽ sửa lại lỗi nhưng đã quá muộn. Dayot không thể bỏ qua, vả lại những điều gièm pha này sẽ còn xẩy ra, sẽ còn lập lại; Dayot ở thêm vài tháng rồi cả hai anh em xin từ chức để vua không từ chối được. Một thời gian sau vua biết tội của bọn quan lại, đem xử tử hết*.*

Tất cả người Pháp đều thấm thía hình phạt vô lý cho vị chỉ huy và đồng bào của họ; ông Olivier càng nghĩ một ngày nào đó chuyện này cũng có thể xẩy ra cho mình mặc dù ông được ưu đãi, cũng xin từ chức. Dù ông làm việc hết lòng, qua nhiều chiến dịch thắng trận, mà vua không ban cho của cải gì cả.

Khi [Olivier] đã nói rõ dự định với vua, vua thấy sự mất mát này, ông bảo anh rằng: cho đến nay, có một số trở ngại khiến ông chưa thể tặng cho anh một phần của cải, nhưng ông sẽ lo việc này, Olivier cố nài nỉ, vì anh biết tính cực kỳ hà tiện của ông, cho rằng vua chỉ giả vờ để giữ anh lại. Nhà vua bèn nói: "Nếu ta là vua của nhà ngươi, ta có thể bắt buộc nhà ngươi, như một thần dân, ở lại, không cho đi, nhưng ngươi không phải thế và ta cũng không thể chống lại kế hoạch của ngươi, cũng như ta không thể vô ơn, quên những gì nhà ngươi đã làm cho ta, vậy ta cho ngươi một chiếc tầu nhỏ để ngươi có thể chở cau mua ở các cửa hàng*. Ta cũng cho ngươi quyền ra vào tất cả các hải cảng của ta để buôn bán mà không phải trả bất cứ thuế gì"20. Ô. Olivier đem tầu này chở cau tới Macao, bán được cả thảy 3.000 quan tiền. Ông trở lại Cao Miên với tầu này, mang những thứ hàng hoá dùng riêng cho xứ này, rồi bị bệnh kiết lỵ khi vào cảng, và chết ít lâu sau"21.*

Câu chuyện Dayot làm đắm tầu đã được Ste-Croix thuật lại, cho thấy:

  • Người thuyền trưởng Dayot làm đắm tầu, không phải do lỗi ở mình, mà do lỗi các quan lại tham nhũng và ganh tỵ với những người Pháp! Lối chạy tội này khá phổ biến, không đáng chú ý. Điểm đáng chú ý là những thông tin sau đây:

  • Dayot suýt bị chém vì tội làm đắm tầu.

  • Theo lời kể của Ste-Croix thì lúc Dayot bị bắt Đức Giám Mục đi vắng, khi về, ngài "mắng mỏ" nhà vua, khiến vua "xấu hổ" mà tha ngay Dayot. Khi viết những dòng bịa đặt này, Ste-Croix không biết lúc đó tính mạng của Đức Ông cũng đang treo sợi tóc, vì Trần Đại Luật dâng sớ của xin vua chém đầu Bá Đa Lộc (xem chương 19) về tội đem đạo giáo vào làm loạn đạo đức kỷ cương (cấm giáo dân không thờ cúng tổ tiên).

  • Theo thư Le Labousse, Dayot trốn đến Vũng Tầu, rồi bị bắt lại, y trốn thêm lần nữa, mới thoát sang Macao.

  • Vẫn theo thư Le Labousse, Olivier de Puymanel cùng đi Macao với anh em Dayot. Nhưng sau lại quay về, cho nên mới có đoạn Olivier đối thoại với vua, như Ste-Croix viết ở trên.

Câu chuyện Dayot bị kết án oan sẽ là điểm xuyên tạc thứ năm trong văn bản của Ste-Croix được nhiều người chép lại.

Xuyên tạc thứ sáu: Bá Đa Lộc là thầy Nguyễn Ánh

Từ đầu đến cuối bài Introduction, Ste-Croix đều nhầm Hoàng tử Cảnh với Nguyễn Ánh, cho nên đã viết những câu như:

  • "Vị vua trẻ Nam Hà [Nguyễn Ánh], được vua cha trước khi chết, giao phó cho vị giám mục, và căn dặn ông làm thầy chỉ đạo cho"22.

  • "Những người Pháp mà ông hoàng này đã mang ơn nặng, nhưng công lao của họ không được đền bù xứng đáng, nhất là sau cái chết của Giám Mục Bá Đa Lộc, người thầy đầy quyền uy đối với đứa con đỡ đầu"23.

Sau đó Ste-Croix kể những câu chuyện hoang tưởng về "người thầy Bá Đa Lộc dậy Nguyễn Ánh":

"... [Đức Giám Mục] đã đỡ đầu, che chở và đưa ông hoàng trẻ sang Pháp để xin cầu viện, Đức Giám Mục tự hạn chế mình trong địa vị một người có tuổi, dạy cho ông vua học trò những nguyên tắc đại cương của đạo đức (...) ông dịch cho học trò nhiều sách tiếng Pháp sang chữ Nôm [Cochinchinois] chủ yếu là những sách chiến lược và xây dựng thành quách (...) ông hoàng này có kiến thức đại cương về khoa học và luôn luôn đọc những sách mà giám mục dịch ra*, ông muốn học hỏi cho bằng người Âu.*

Đối với vị giám mục đã dạy dỗ nhà vua (...) vua coi ông như người cha thứ nhì và gọi ông là Thượng Sư [Grande Maîre]. Ta có thể tin rằng nếu Người [đức giám mục] còn sống, thì sẽ chẳng để cho nhà vua tàn sát dã man những thủ lãnh Tây Sơn khi lên làm vua. Người sống ở trong triều của học trò, được hưởng những ưu thế như vua, ngồi ngang hàng với vua*, và nếu người không vào triều thì vua đến thăm người tại nhà, nhất là thời gian cuối khi người bị bệnh*24".

Sự lầm lộn của Ste-Croix, lúc đầu, tưởng vô can, nhưng dần dần dẫn đến những hậu quả tai hại như đoạn văn vừa dẫn ở trên: Y hoàn toàn coi vua Gia Long là học trò của Bá Đa Lộc!

Việc Bá Đa Lộc có dịch sách cho Nguyễn Vương hay không sẽ được đề cập đến trong chương 15, viết về Cadière; ở đây chỉ nói về điểm sai lầm: Bá Đa Lộc không phải là thầy dạy Gia Long.

Trước hết, phải nói rõ lại: Bá Đa Lộc đã tháp tùng, trông nom và dậy dỗ Hoàng tử Cảnh từ 3 tuổi đến 9 tuổi (1783 đến 1789), Cảnh tất nhiên thạo tiếng Pháp hơn tiếng Việt, vậy cần gì Bá Đa Lộc phải dịch sách tiếng Pháp sang tiếng Việt cho hoàng tử đọc. Gia Long không quên cái ơn này, nên ông đã luôn luôn đối xử tử tế với vị giám mục, cho con gọi Bá Đa Lộc một cách tôn kính bằng Thượng Sư. Chữ Thượng Sư cũng là chữ dùng trong các văn bản chính thức. Còn nhà vua thường gọi Bá Đa Lộc bằng Thầy. Chữ Thầy ở trong trường hợp này có hai nghiã: thứ nhất, Vua xưng hô theo lối của con và thứ hai: nhà Nguyễn thường có thói quen gọi các đại thần là Thầy, thói quen này còn giữ đến thời vua Bảo Đại, ông vẫn gọi các vị Thượng thư là Thầy.

Bá Đa Lộc được vua Gia Long kính trọng vì đã trông nom và là thầy dậy học con ông, lại là một nhà trí thức mà vua trọng như một vị đại thần. Khi đem hoàng tử Cảnh về lại Sài Gòn, Bá Đa Lộc giữ chức phụ đạo, nhưng bên cạnh ông còn có những thầy khác như Lê Quang Định, Trịnh Hoài Đức, Ngô Tòng Châu... đều là những học giả thời bấy giờ. Tuy nhiên, người Pháp khi viết về việc này, họ không biết hoặc cố ý, chỉ coi như có một mình Bá Đa Lộc là thầy của hoàng tử.

Năm 1794, khi Nguyễn Vương sai Hoàng tử Cảnh, mới 13 tuổi, đi trấn thủ Diên Khánh để học nghề binh và nghề cai trị, các thày dạy cũng phải đi theo, cùng với các đại tướng Phạm Văn Nhơn, Tống Phước Đạm, Mạc Văn Tô, Nguyễn Đức Thành, Nguyễn Huỳnh Đức, hộ tống để giữ thành. Nhưng đối với người Pháp cũng vẫn chỉ "một mình" Bá Đa Lộc "giữ thành", "chỉ huy việc bắn đại bác, vv... và Tạ Chí Đại Trường cũng cứ thế chép lại.

Sự lầm lộn, cho Bá Đa Lộc là thầy của Gia Long, sẽ là sự xuyên tạc thứ sáu của Ste-Croix, được nhiều người thổi phồng, phổ biến và trở thành "sự thực lịch sử".

Xuyên tạc thứ bảy: "chân dung" Gia Long

Chịu ảnh hưởng Bissachère và Dayot, Ste-Croix không thể cưỡng lại sự bôi nhọ Gia Long, nhưng Ste-Croix đi đến chỗ phỉ báng cả người Á Đông nữa:

" Tính tình vua nước Nam có tốt lẫn xấu, có sự nhậy cảm lẫn sự hung ác, ông ta có kiến thức hơn bất cứ quần thần nào, nhưng giống như tất cả những người Á Châu khác, ông tưởng mình biết nhiều thực ra ông chẳng biết bao nhiêu. Ông phô trương lòng can đảm và sự điềm tĩnh, theo lời khuyên của ông Olivier. Những thắng lợi mà ông đạt được trên kẻ thù, thực ra chỉ là những sự tàn bạo giết quân Tây Sơn một cách chớp nhoáng, mà ít tốn máu quân của ông, nhờ đại bác do người Pháp điều khiển. Tôi nghe những người thấy tận mắt đồn rằng trận lớn nhất không mất quá 5 phút đánh nhau, bởi khi quân địch bắt đầu tan rã thì sự tàn sát trở thành khủng khiếp, không ai ngăn cản nổi; theo truyền thống Á đông, người thua để cho người thắng chém giết tha hồ mà không chống lại*, phần đông vứt khí giới chạy cho nhanh, họ không biết thuật rút quân, khiến cho trận địa ở nước này trở thành nguy hiểm và đẫm máu, sau khi lâm trận hơn là lúc vào trận"25.*

Những điều hoang tưởng trên đây, chứng tỏ Ste-Croix khinh miệt và căm thù người Á Châu. Tiếc rằng sử gia Maybon không có một lời chú thích nào về những sự loạn ngôn này. Ste- Croix viết tiếp:

"Ta có thể nói rằng: trong nước này chỉ mình ông [Gia Long] là giầu, trong khi tất cả các giống dân dưới sự cai trị của ông đều cực kỳ đói khổ, vì bị các quan nhỏ sách nhiễu chưa từng thấy, rồi quan nhỏ lại bị quan lớn cướp bóc sách nhiễu, và sau cùng nhà vua chém đầu bọn quan lớn để chiếm hữu tiền bạc của cải mà họ đã kiếm chác bất hợp pháp. Những cuộc hành hình xẩy ra luôn luôn, và người ta vẫn làm. Hình như ăn cắp là tính thiên bẩm của tất cả các dân tộc Á Châu, đặc biệt người Tầu và người Việt.

"Người ta quả quyết rằng nhà vua có nhiều kho tàng lớn lao, chôn giấu nhiều vàng thoi. Ông thích dùng tiền mặt, trả lương các quan bằng tiền đồng kẽm, lấy ở kho tàng, mà không bao giờ trả bằng bạc. Những quan người Âu được trả 150 quan một tháng để chi tiêu trong nhà, cho vợ hay người hầu, hay lính hầu rất đông ở các nhà quan".

"Để biết rõ hơn sự hà tiện của vua nước Nam, tôi [Ste-Croix] phải kể ra đây hai chuyện mà ai cũng biết:

Ông hoàng theo lối Tầu này có tiền đồng, đúc bằng đồng ròng, để mua đồ và trả lương lính, nhưng ông bỏ casin [không rõ là chất gì] vào, làm cho nó dễ vỡ như thủy tinh, với cách làm gian lận này ông kiếm chác vô kể [Ste-Croix nhầm tiền đồng với tiền kẽm].

Ông hoàng đầy quyền lực và giầu có này cho người đầu bếp một nửa đồng tiền mỗi ngày để đi chợ. Gã đầu bếp đi chợ với lính, vơ tất cả những thứ mà hắn muốn, không trả tiền, bọn lính cũng làm y như vậy, những người bán hàng không dám than phiền gì cả. Tóm lại, bàn ăn của nhà vua đầy các thứ cao lương mỹ vị mà toàn đồ ăn cướp của dân*"26.*

Miễn phê bình. Những "thông tin": vua trả lương người Âu bằng tiền kẽm và trả một cách "bóc lột" sẽ được Taboulet chép lại. Còn chuyện vua Gia Long sai đầu bếp đi ăn cắp ở chợ, thì có lẽ các sử gia Pháp hơi ngượng, nên không thấy họ phổ biến.

Đến đây chúng ta có thể hiểu tại sao sử gia Maybon cho in bài Introduction của Ste-Croix. Bởi ông cần dựa vào những thông tin thất thiệt này để xác định công trạng của Bá Đa Lộc và những người Pháp giúp Gia Long.

Bài Introduction của Ste-Croix, khi còn ở trong kho lưu trữ bộ Ngoại giao Pháp cùng với Ký sự Bissachère, đã được những người như Trương Vĩnh Ký sử dụng trong Cours d'histoire annamite (Giáo trình lịch sử An Nam), 1875; Louis-Eugène Louvet trong La Cochinchine Religieuse (Đạo giáo ở Nam Kỳ),1885; Alexis Faure trong Monseigneur Pigneau de Béhaine évêque d'Adran (Đức Giám Mục Bá Đa Lộc), 1891; Silvestre trong Politique Française dans L'Indochine (Chính trị Pháp tại Đông Dương), Annales de l'Ecole des Sciences Politiques,1896; Charles Gosselin trong L'Empire d'Annam (Đế Quốc An Nam), 1904... Nó là nguồn gốc hai huyền thoại: Bá Đa Lộc là đệ nhất công thần và Puymanel, Dayot là thủy tổ nền binh bị và xây dựng thành trì tại Việt Nam.

Khi Maybon viết cuốn Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820) (Lịch sử hiện đại nước Nam (1592-1820)), ông đã khảo sát nhiều tài liệu Âu-Việt (Barrow, Montyon, Thực Lục, Liệt Truyện...) đều không thấy nói đến những "công trạng" này, nên ông phải cho in những lời của Ste-Croix và của Bissachère viết để chứng minh những điều ông đưa ra, đã được những người đi trước viết cách đấy hơn một thế kỷ.

Để kết luận, xin tóm tắt hai điều về Ste-Croix:

  • Ste-Croix, vì lầm Nguyễn Ánh với Hoàng tử Cảnh cho nên đã cho Bá Đa Lộc là thầy dạy vua Gia Long, là người "cầm đầu" trong triều, được ngồi ngang hàng với vua, được vua nể sợ, bảo sao vua nghe vậy. Và Faure sẽ dựa vào "chân dung" này để mô tả Bá Đa Lộc như một Richelieu đầy quyền năng bên cạnh Gia Long.

  • Ste-Croix dựa vào lời kể của Dayot, một kẻ bị Gia Long kết tội phải chạy trốn, để bôi nhọ Gia Long và đưa ra những thông tin tự đề cao, biến Dayot thành nhà lãnh đạo thủy quân, cùng với Puymanel, trở thành những nhà sáng lập các ngành đúc súng, đóng tầu, xây dựng thành đài ở Việt Nam.


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  1. Hai anh em Dayot lúc đó đang sống ở Manille. ↩︎

  2. Ste-Croix, Avant-propos, Ký sự Bissachère, t. 73. ↩︎

  3. Ste-Croix, Avant-Propos, Ký sự Bissachère, t. 74. ↩︎

  4. Bài Introduction của Maybon, Ký sự Bissachère, t. 6-7. ↩︎

  5. Bài Introduction của Ste-Croix, Ký sự Bissachère, t. 77-78. ↩︎

  6. Launay III, t. 209. ↩︎

  7. Launay, III, t. 210. ↩︎

  8. Introduction của Ste-Croix, Ký sự Bissachère, t. 80-81. ↩︎

  9. Faure, Monseigneur Pigneau de Béhaine, t. 220. Faure dùng nhiều "thông tin" có trong bài Introduction của Ste-Croix, nhưng chú thích rằng rút từ *Mémoire sur la Cochinchine, par de la Bissachère,*1807, trong Văn Khố Ngoại Giao (Faure, Bá Đa Lộc, t. 216, note 2). Vậy có thể hiểu: Faure đã đọc bài Introduction của Ste-Croix và Ký sự Bissachère, trước khi viết cuốn Bá Đa Lộc, tức là trước Maybon 30 năm. Và tác hại xuyên tạc lịch sử của Faure bắt đầu từ năm 1891, khi cuốn Bá Đa Lộc ra đời. ↩︎

  10. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 82-83. ↩︎

  11. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 83. ↩︎

  12. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 84. ↩︎

  13. BAVH, 1935, II, t. 155. ↩︎

  14. Tạ Chí Đại Trường, Lịch Sử Nội Chiến ở Việt Nam, t. 204. ↩︎

  15. Tạ Chí Đại Trường, Lịch Sử Nội Chiến ở Việt Nam, t. 231-237. ↩︎

  16. Nguyên văn tiếng Pháp: "son premier maître" có lẽ dịch chữ "phó Cai đội", vì Dayot là Cai đội, vậy chắc là Guillon, lúc đó là phó Cai đội ở dưới quyền của Dayot (xem chương17). ↩︎

  17. Launay, III, t. 302. ↩︎

  18. Documents relatifs à l'époque de Gia Long, tài liệu của Cadière, BEFEO, số 12, 1912, t. 35. ↩︎

  19. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère t. 85. ↩︎

  20. Chú thích của Ste-Croix: thuế nhập khẩu vào nước Nam là 3.000 đồng cho tất cả các thứ thuyền tầu lớn nhỏ. ↩︎

  21. Dịch tóm tắt theo Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 85-89. ↩︎

  22. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 76. ↩︎

  23. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 85. ↩︎

  24. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 91-92. ↩︎

  25. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 93- 94. ↩︎

  26. Ste-Croix, Introduction, Ký sự Bissachère, t. 94-95-96. ↩︎