Chapitre 9

Bissachère, l'ancêtre de la falsification de l'histoire

Chương 9

Bissachère, thủy tổ việc bóp méo lịch sử

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

La Relation Bissachère, ancêtre de la falsification de l'histoire

L'historien Charles B. Maybon et le père Léopold Cadière sont les deux hommes à qui revient le premier mérite d'avoir « bâti la carrière » des Français venus au secours de Gia Long. Cadière rassemble les documents, les pièces, les lettres, les traces, traduit les brevets et les titres, établit les lieux de résidence, les sépultures… de ces Français ; Maybon récrit cette période de l'histoire. Les recherches du savant Cadière, rédacteur en chef, et des auteurs du Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH) sur ces personnages sont d'une minutie extrême : on va chercher le moindre détail de la vie de Chaigneau pour l'éclairer et le mettre en scène comme un grand dignitaire, tenant un rôle capital sous le règne de Gia Long.

Pour Maybon, l'ouvrage central est cette histoire fameuse intitulée Histoire moderne du pays d'Annam (1592-1820), étude sur les premiers rapports des Européens et des Annamites et sur l'établissement de la dynastie annamite des Nguyễn1. La partie la plus importante en est faite des chapitres consacrés à la période où Gia Long fonde sa dynastie. Et pour étayer ses raisonnements d'historien, Maybon fait imprimer La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de Mr de La Bissachère, en abrégé la Relation Bissachère, avec des intentions bien nettes :

1- Réfuter ce que Barrow et Montyon ont écrit sur Gia Long, en critiquant durement ces deux auteurs.

2- S'appuyer sur ce que Bissachère et Sainte-Croix ont écrit dans la Relation Bissachère pour établir la « vérité » sur les « grands services » de Pigneau de Béhaine et des « officiers » français venus au secours de Gia Long — services que le Thực lục et le Liệt truyện auraient, Maybon les en accuse, délibérément passés sous silence.

3- Présenter les pièces et conduire le raisonnement de façon « scientifique », afin que le lecteur et les chercheurs reçoivent ce qu'il écrit comme des « vérités définitives », qu'ils y fassent écho ou le recopient sans avoir à poser de question.

Le sérieux du Bulletin des Amis du Vieux Huế (BAVH) et du Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient (BEFEO), et les travaux d'une valeur réelle dont ces deux savants avaient la charge, ont largement cautionné leurs falsifications de l'histoire.

Quant aux Vietnamiens, après plus d'un siècle de domination française, ils ont perdu toute confiance dans leur propre pensée, toute capacité de faire leurs affaires eux-mêmes ; ils s'en remettent à autrui, et ce que font les étrangers, les Européens, les Français surtout, leur paraît toujours meilleur que ce que nous faisons. Voilà pourquoi, depuis cent ans, il n'a pas paru un seul article pour battre en brèche les fabrications grossières des plumes coloniales sur cette période, ni une seule histoire du pays qui pût remplacer celle de Trần Trọng Kim. Et c'est là, outre la honte d'avoir perdu son pays, la honte morale d'un peuple.

La Relation Bissachère2, que Charles B. Maybon a établie, présentée et annotée, est, parce qu'elle est attachée au nom de l'historien Maybon, abondamment citée, y compris par des savants réputés.

L'édition de Maybon, imprimée en 1920, est la troisième : elle vient donc assez tard. Pourquoi, alors, certaines des choses écrites dans ce livre ont-elles eu une influence si profonde bien avant 1920 ? Parce que, comme nous l'avons dit au chapitre 7 (Montyon), plus d'un siècle auparavant, en 1810, Sainte-Croix avait fait imprimer une première fois la Relation Bissachère, sans nom d'auteur, dans son livre Voyage commercial et politique aux Indes Orientales… Les calomnies « à sensation, à faire frémir » que Bissachère a écrites contre Gia Long dans sa Relation circulent donc depuis 1810, soit cent ans avant Maybon, et plus de deux siècles avant nous.

Maybon a réimprimé ces ordures en 1920 pour trois raisons.

Première : rétablir le nom de l'auteur de cette Relation, qui est Bissachère et non Sainte-Croix.

Deuxième : donner ce que Sainte-Croix a écrit dans son Introduction comme un témoignage d'un autre ordre, ajouté, encore inédit. L'Introduction de Sainte-Croix avance sur Gia Long d'autres « informations » extravagantes et enfle les « services » des « officiers » français, choses qui ne sont pas dans la Relation de Bissachère.

Troisième : Bissachère comme Sainte-Croix vénèrent Pigneau de Béhaine et exaltent l'œuvre des « officiers » français dans la reconquête du trône par Gia Long ; c'est le point essentiel que Maybon veut établir dans son Histoire moderne du pays d'Annam, pour glorifier les services rendus par les Français dans l'unification du Viêt Nam par Gia Long.

Bissachère, l'ancêtre de la falsification de l'histoire

Qui est Bissachère ?

Pierre-Jacques Lemonnier de La Bissachère est né vers 1764 à Angers. Études de théologie. Entré à la Société des Missions étrangères de Paris. En mars 1790, il quitte Lorient pour le Tonkin, où il exerce dans la région du Nghệ An. D'après la notice biographique rédigée par Maybon : en 1795, la religion du Christ est persécutée au Nghệ An et il doit se cacher. En 1798 et en 1799, de nouvelles persécutions l'obligent à vivre terré, dans la misère. En 1800, la situation s'améliore et Bissachère revient au Nghệ An. Quand Gia Long monte vers le Nord et arrive au Nghệ An, au début de juillet 1802, l'évêque de Castorie [La Mothe] et La Bissachère viennent le saluer. En 1806, Bissachère tombe malade et doit rentrer à Macao ; c'est là que, l'année suivante, il rencontre l'officier de cavalerie Renouard de Sainte-Croix et lui remet le manuscrit de sa Relation, avant de gagner l'Angleterre comme réfugié [après la révolution de 1789, les missionnaires français durent se réfugier en Angleterre]. À Londres, où il vit difficilement, Bissachère rencontre le baron de Montyon, réfugié politique venu de France ; sans doute se sont-ils entretenus de cette Relation. En 1815, la France revient à la monarchie, Louis XVIII monte sur le trône, Bissachère rentre en France et devient l'expert du gouvernement français pour les affaires d'Extrême-Orient, et du Viêt Nam en particulier. Il meurt en 18303.

Pendant le séjour de Bissachère au Nord, l'évêque qui administre le diocèse du Tonkin de 1773 à 1823 est Jean Labartette, né le 31 janvier 1744 à Ainhoa, dans le sud des Pyrénées ; parti en mission le 29 novembre 1773, élevé à l'épiscopat en 1774, il meurt à Cổ Vưu, dans le Quảng Trị, le 6 août 18234. Les lettres qu'il adresse à la Société des Missions étrangères permettent de se faire une idée générale de la situation : entre 1773 et 1785, la religion chrétienne est en sûreté au Nord. Tout change lorsque Nguyễn Huệ s'empare de Phú Xuân, en 1786 : Nguyễn Huệ n'aime pas les religions en général, il renvoie les bonzes chez eux, aux rizières et à l'armée, ferme les pagodes et les églises, et donne l'ordre de rechercher et d'arrêter les missionnaires.

Quand Bissachère arrive au Tonkin en 1790, le roi Quang Trung a fini de chasser les troupes des Qing et a repris toutes les terres du Nord ; à cette date, Phượng Hoàng Trung Đô, au Nghệ An, est également achevée. Bissachère se trouve alors dans la région du Nghệ An : il a certainement subi la rigueur du règne de Quang Trung.

Félix Renouard de Sainte-Croix (1767-1840)

Le second à contribuer à cette falsification de l'histoire est Félix Renouard de Sainte-Croix : le mal que font les vingt-huit pages de son Introduction, réimprimée par Maybon, égale celui de Bissachère, quand il ne le dépasse pas.

Sainte-Croix, à qui Bissachère confia les pages de sa relation, est un ancien officier de cavalerie ; il passe en Asie avec l'escadre du général Decaen5 et arrive à Pondichéry en juillet 1803. Il reste un an en Inde, puis est envoyé aux Philippines, et revient à Macao à la fin de 1806. Il gagne ensuite le Guangdong, passant au large de Đà Nẵng sans y faire escale. C'est à Macao que Sainte-Croix rencontre Bissachère et en reçoit, en 1807, le manuscrit de sa relation.

Trois ans plus tard, Sainte-Croix fait imprimer un ouvrage intitulé Voyage commercial et politique aux Indes Orientales, aux Iles Philippines, à la Chine, avec des Notions sur la Cochinchine et le Tonkin pendant les années 1803, 1804, 1805, 1806 et 18076.

L'ouvrage comprend trois volumes, écrits sous la forme de quatre-vingts lettres à un ami, où Sainte-Croix rapporte ce qu'il a observé en cinq ans d'Asie. La dernière lettre, faussement datée de Đà Nẵng le 25 décembre 1807 [Sainte-Croix n'est pas entré à Đà Nẵng, il n'a fait que passer au large], porte le titre Notions préliminaires sur la Cochinchine et le Tonkin (p. 221-289) et traite de la situation du pays ; et c'est précisément la Relation Bissachère, corrigée, remaniée, mais sans nom d'auteur : on dit seulement qu'elle est d'un missionnaire ayant vécu de longues années au Viêt Nam.

La Relation Bissachère, imprimée par Sainte-Croix en 1810 à Paris, sera la source d'où sont parties, il y a plus de deux siècles, les informations qui salissent Quang Trung, Gia Long et le peuple vietnamien.

Maybon et la Relation Bissachère

Vers 1920, Maybon trouve dans les archives diplomatiques françaises un manuscrit qui comprend :

  • Un Avant-propos non signé, de Sainte-Croix (4 pages).

  • Une Introduction non signée (28 pages), de Sainte-Croix également.

  • Un texte intitulé Récit abrégé de quelques circonstances de la conquête du Tonkin par le prince annamite connu sous le nom de Gia Long, écrit par Bissachère (17 pages).

  • Une relation intitulée Des Notions sur le Tonkin, de Bissachère (49 pages).

  • Deux documents (le manifeste de Quang Trung, et des informations sur le Tonkin).

Maybon rassemble tous ces textes et les imprime dans la Relation Bissachère, qu'il établit, présente et annote lui-même. Il énonce clairement son but dans l'Introduction placée en tête du livre : « Cette réimpression offre trois avantages. Le premier : rendre au livre la forme que son auteur lui avait donnée. Le texte est en outre accompagné des notes de Renouard de Sainte-Croix, supprimées lors de la première impression. Enfin, l'Avant-Propos et l'Introduction de Sainte-Croix, entièrement inédits, à quelques erreurs près, contiennent sur l'histoire du Viêt Nam des informations d'autant plus précieuses qu'elles viennent de Jean-Marie Dayot, officier français qui servit efficacement le prince annamite dès le début de la guerre contre les rebelles »7.

Cette phrase de Maybon — « à quelques erreurs près, contiennent sur l'histoire du Viêt Nam des informations d'autant plus précieuses qu'elles viennent de Jean-Marie Dayot » — le montre : s'il fait grand cas de l'Introduction de Sainte-Croix, c'est parce que Sainte-Croix l'a écrite sous la dictée de Dayot.

Sur Dayot, on se reportera au chapitre 19 ; quelques lignes suffiront ici. Dayot est l'un de ces soldats français venus au secours de Gia Long ; le roi lui fit confiance et le chargea d'aller acheter des armes à l'étranger. En 1792, il détourne les fonds au cours d'une de ces expéditions, est chassé, mais obtient de rester. En 1795, il fait naufrage, est condamné à mort, s'enfuit pour de bon et va vivre aux Philippines ; c'est là qu'il rencontre Sainte-Croix et lui raconte ce que celui-ci écrira dans cette Introduction.

La Relation Bissachère se divise en trois parties :

1- L'Introduction de Maybon (p. 5-69), soixante-quatre pages, plus du tiers du volume, sur les raisons de cette édition et sur les deux impressions antérieures, celle de Sainte-Croix (1810) et celle de Montyon (1811). L'ossature : attaquer et démolir les ouvrages de Barrow et de Montyon, et exalter l'œuvre de Dayot.

2- L'Avant-Propos, deux pages, et l'Introduction de Sainte-Croix, vingt-huit pages (p. 73-103).

3- La Relation de Bissachère, soixante-six pages (p. 105-172).

Les termes respectueux dont Maybon use dans son Introduction pour présenter la Relation de Bissachère et l'Introduction de Sainte-Croix feront que tout le monde se servira de ce livre comme d'un document digne de foi. De plus, le volume contient deux Introduction, l'une de Maybon, l'autre de Sainte-Croix, ce qui prête à confusion : ceux qui le citent ne distinguent généralement pas quel passage est de Maybon et quel passage est de Sainte-Croix, et se contentent d'écrire : Bissachère, ou Maybon.

Les calomnies de Bissachère contre Quang Trung et Gia Long dans sa Relation, et l'enflure que Sainte-Croix donne, dans son Introduction, au rôle de Pigneau de Béhaine et des soldats français, réimprimées par Maybon sans une note, deviendront la « vérité ».

C'est pourquoi il nous a paru nécessaire de « présenter à nouveau » la Relation Bissachère, en deux temps :

  • ce qu'a écrit Bissachère, dans le présent chapitre ;

  • ce qu'a écrit Sainte-Croix, dans le chapitre 10, qui suit.

Le contenu de la Relation Bissachère

La Relation de Bissachère se divise en deux parties :

La première (p. 105-122), intitulée Récit abrégé de quelques circonstances de la conquête du Tonkin par le ci-devant Roy de Cochinchine Ngu-Yen-Anh qui aujourd'hui porte le titre d'empereur Gia Long : quelques mots sur Nguyễn Ánh et sur les causes de son succès — le secours de l'Occident, et principalement de Pigneau de Béhaine. Un résumé de la bataille de Trấn Ninh et du courage de Bùi Thị Xuân. La description du châtiment que Gia Long inflige aux Tây Sơn.

La seconde (p. 123-172), intitulée Notions sur le Tonquin : elle s'ouvre sur l'origine du mot Tonquin — d'après lui, c'est Nước Nam qu'il faudrait écrire (p. 123-124) —, puis vient le corps du texte, que nous résumons ainsi.

Le procès de Gia Long : il opprime le peuple, l'écrase de corvées et d'impôts, bâtit des citadelles, applique des châtiments barbares, envoie les gens chercher dans les forêts les produits du pays ; les mandarins sont corrompus et s'enrichissent sur les taxes ; le régime est un régime de surveillance, où les mouchards sont grassement payés. Une fois les remparts achevés, les mandarins s'engraissent tandis que le peuple meurt de faim et vend ses enfants pour survivre. La langue du Nord est agréable, celle du Sud est grossière, etc. Tous ces passages seront cités par nombre d'auteurs pour « prouver » l'« incapacité » de Gia Long.

Sur l'« histoire » du Tonkin : Bissachère décrit l'humiliation de l'investiture reçue de la Chine — le roi vietnamien doit s'agenouiller devant l'envoyé porteur de l'édit de la cour céleste (p. 131). Les troupes de Quang Trung sont une bande de brigands qui massacrent et pillent la population (p. 132). La religion au Tonkin n'est qu'un ramassis d'esprits égarés qui adorent les génies et sacrifient aux démons (Idolâtrie). Le peuple est superstitieux, envoûté par les sorciers, possédé par les esprits… (p. 134-135).

Sur Gia Long, Bissachère avance que « Gia Long est athée, il n'a d'autre dieu que lui-même et que son ventre », et qu'il ne respecte que Confucius (p. 137). La mère et la sœur cadette du roi croient aux démons (p. 138). Bissachère continue de s'en prendre aux croyances des Vietnamiens, mais il montre qu'il n'entend rien à leur culture : il mêle l'histoire de Liễu Hạnh à celle des fantômes qui font tanguer les barques, etc. (p. 140). Il raconte la misère où se trouve la religion du Christ (p. 141). Les mandarins sont corrompus et rançonnent (p. 143). Les crimes. La coutume du village. Les lois. Les soldats. L'organisation des villages (p. 148). « En haut on opprime ceux d'en bas, le gros poisson mange le petit » (p. 152). La terre du Nord est plus fertile que celle de Chine (p. 154), elle a des minerais (p. 155). Gia Long est haï du peuple du Nord (p. 156). Description des corps d'éléphants de guerre (p. 157). Les Vietnamiens méprisent les Chinois et les appellent « Ngô chó », chiens de Ngô (p. 157). Les Vietnamiens rampent devant leurs supérieurs. L'usage de s'agenouiller. La manière de s'asseoir pour manger : natte du haut, natte du bas, selon le rang (p. 159). La place de la femme dans la famille. La polygamie (p. 160-161). Les mariages, la dot et les parures, le vêtement (p. 162-163). « Il est interdit [au peuple] de couvrir sa maison de tuiles, sauf pour le temple des ancêtres du roi » (p. 166). Les Vietnamiens n'encouragent pas les arts (p. 167). Les plaines sont parmi les plus fertiles du monde et les mines y sont aussi nombreuses qu'au Pérou (p. 167). Les gens du Nord ont la parole facile et belle : chez eux la bouche supplée aux bras et aux jambes (p. 168). Ils mangent le poisson avec le riz (p. 170). Les habits de cérémonie sont beaux, semblables à ceux d'un chœur de bénédictins (p. 170). Ils mangent toutes les viandes, y compris celle du chien, et jusqu'aux vers à soie ; ils mangent le placenta des animaux, se soignent avec celui des accouchées, et mangent tous les vers qui sortent de la terre (les rươi) (p. 171-172).

Bissachère est peu lettré et n'a pas l'habitude d'écrire ; il raconte sans ordre, ses phrases traînent, il écrit ce qui lui vient. Maybon a eu beau corriger et remettre le texte en ordre, bien des passages restent embarrassés et obscurs.

Le point le plus remarquable : Bissachère est un religieux, mais sans doute parce qu'il a dû vivre caché dans des conditions difficiles, il écrit sur le Viêt Nam avec une haine indescriptible ; il n'en voit que les côtés vils, méprisables, répugnants, et n'a guère de respect ni de sympathie.

Sans même parler de ce qui lui manque en fait d'histoire, de culture et de religion vietnamiennes et orientales, sa manière de raconter est parfois difficile à comprendre, à cause de sa ponctuation. Il écrit par exemple, en ouverture : « Ngu-yen-anh, quoique né en Cochinchine, est d'origine tonkinoise et descend de grands mandarins de la cour : depuis vingt-cinq ans environ, fuyant les Tây Sơn qui lui avaient ravi le trône, il errait sur les côtes du roi de Siam, où des missionnaires européens le nourrirent quelques mois. Mais il fut bientôt accueilli par les gens de Đồng Nai, au Cambodge, la Cochinchine et le Tonkin étant occupés par les Tây Sơn ; il demeura dans cette contrée, sous le titre de Chúa, et attaqua avec le secours de quelques vaisseaux occidentaux dont les Tây Sơn avaient grand-peur ; d'un côté, Nguyễn Ánh avait l'avantage sur mer, ses canons et son artillerie d'Europe portant plus loin que les canons et l'artillerie du Tonkin8. »

Cette phrase montre que Bissachère ne connaît pas bien Nguyễn Ánh, qu'il ignore la géographie du pays, et qu'il n'avance que des affirmations sans preuve, du genre : Nguyễn Ánh « fut nourri quelques mois par des missionnaires européens », « avec le secours de quelques vaisseaux occidentaux dont les Tây Sơn avaient grand-peur », « il avait l'avantage sur mer, ses canons et son artillerie d'Europe portant plus loin que les canons et l'artillerie du Tonkin ». Mais ces propos en l'air seront recopiés bien des fois, et deviendront la « vérité historique ».

Sur l'attaque de Phú Xuân par Nguyễn Ánh en 1801, Bissachère écrit : « Il fut aussi encouragé par l'avis de quelques Européens qui rapportaient que c'était là un des plans de feu Monseigneur Pigneau de Béhaine : profiter des vents favorables [la mousson] pour porter toutes ses forces devant la capitale de la Cochinchine, où le jeune roi Cảnh Thịnh se tenait avec peu de troupes… » Cette phrase sera elle aussi recopiée par tous ceux qui écriront sur Pigneau de Béhaine, de Faure à Maybon…, pour soutenir que la manœuvre de Nguyễn Ánh, qui attaque avec la mousson, lui a été « enseignée » par Pigneau de Béhaine ; et quand le roi attaque Phú Xuân en 1801, suivant le plan de campagne de Đặng Đức Siêu, Maybon reprend encore cette idée de Bissachère pour conclure : c'était l'exécution du plan de feu l'évêque Pigneau de Béhaine !

Pourquoi un texte aussi plein d'erreurs a-t-il été défendu et présenté avec tant d'ardeur par un historien de la taille de Maybon ? Parce que c'est le premier texte (dès 1810) à dire que Nguyễn Ánh a bâti son œuvre grâce aux navires et aux armes des Européens, et grâce à Pigneau de Béhaine, son conseiller militaire.

Comme on l'a dit plus haut, la Relation de Bissachère se divise en deux parties ; la première est très courte, mais c'est elle qui porte à l'histoire de notre peuple le tort le plus grand, en salissant Quang Trung et Gia Long et en rabaissant le Viêt Nam au rang d'un peuple sauvage et sans lois. Il faut savoir comment Bissachère a écrit ces lignes-là.

Le dénigrement de Quang Trung

Sur la levée des troupes de Quang Trung et sa marche vers le Nord contre les Qing, Bissachère écrit ceci : « Quang Trung, qui se trouvait en Cochinchine, apprit que les troupes chinoises étaient entrées ; il courut au Nord avec quelques centaines de soldats, marchant jour et nuit, ramassant en chemin tous ceux qui pouvaient porter une arme, pillant les vivres des villages qu'il traversait, faisant trancher la tête à qui n'obéissait pas, brûlant la maison de qui ne livrait pas riz, buffles et porcs pour nourrir l'armée ; souvent emporté par la colère ou pris de fureur, il faisait tuer devant lui les hommes et les chevaux qui ne pouvaient suivre. Il approcha du camp des Chinois avec une troupe épuisée, éclopée par la longueur du chemin, plus morte que vive, qui n'effrayait guère l'ennemi ; il attaqua et tua quelque 40 000 hommes le jour même de son arrivée ; ceux qui échappèrent s'enfuirent dans les forêts et y périrent aussi. Il n'en resta que très peu pour courir en Chine porter la nouvelle de la défaite »9.

Cette phrase montre le niveau puéril de celui qui l'écrit : car si Quang Trung était vraiment ce « chef de bande », cet « assassin », cet « incendiaire », ce « fou » ; s'il n'avait que quelques centaines de soldats et des hommes pris et contraints de le suivre ; si sa troupe était « épuisée, éclopée », « plus morte que vive » — comment aurait-il pu attaquer les Chinois et en tuer « 40 000 le jour même de son arrivée » ? Mais l'étrange n'est pas la sottise ni la boiterie de ce raisonnement : c'est que l'historien docteur Maybon, qui a établi et annoté cette relation, ait imprimé de pareils raisonnements sans une ligne de note, comme s'il s'agissait d'une vérité historique digne de foi !

Sur la grande victoire de Quang Trung contre les troupes des Qing, les historiographes de la dynastie des Nguyễn, auteurs du Liệt truyện, notent assez clairement le départ de l'armée, la manière de lever les hommes, le détail des batailles : on trouvera difficilement, chez les plumes venues après, un récit aussi complet et aussi ramassé. L'objectivité des historiographes des Nguyễn quand ils écrivent sur Quang Trung « le rebelle », comme leur admiration silencieuse quand ils écrivent sur le courage de Bùi Thị Xuân, cette « générale rebelle » qui résista à Gia Long jusqu'au bout, sont choses que bien des historiens venus après n'ont pas eues. Au nom de la « neutralité » de l'historien, ceux-là prennent un ton ironique, parfois venimeux, à l'égard de Gia Long ; ou bien, jugeant que les historiographes des Nguyễn flattaient leur souverain, ils acceptent ou justifient les sophismes des historiens coloniaux, et trahissent indirectement la vérité, trahissent leur peuple sans le savoir.

Sur la levée des troupes de Quang Trung contre les Qing, le Liệt truyện écrit, court et clair : « Le 29ᵉ jour du 11ᵉ mois lunaire [26 décembre 1788], il arriva au Nghệ An, y campa plus de dix jours, y leva de nouveaux soldats parmi le peuple du Nghệ An, un homme sur trois inscrits, divisa ses troupes du Thuận et du Quảng en quatre doanh — Tiền, Hậu, Tả et Hữu —, les recrues du Nghệ An formant le Trung quân ; l'armée victorieuse comptait plus de cent mille hommes et plusieurs centaines d'éléphants de guerre ; il passa sa grande armée en revue au camp de la province. Huệ monta lui-même sur un éléphant et sortit du camp pour haranguer ses soldats, puis donna l'ordre de se mettre en marche. Le 20ᵉ jour du 12ᵉ mois [15 janvier 1789], il atteignit le mont Tam Điệp »10.

Le dénigrement de Gia Long

Salir Quang Trung ne suffit pas : Bissachère réserve encore à Gia Long un morceau de roman fantastique sur le châtiment des Tây Sơn, après l'unification du pays. Plein d'admiration pour Bùi Thị Xuân, il a écrit sur son courage et sa vaillance des lignes pleines de ferveur [avec des détails faux : il raconte par exemple que Bùi Thị Xuân avait rassemblé 300 000 hommes ! Et Maybon a justifié ce chiffre monstrueusement faux : ce n'est pas la faute de Bissachère, il n'a fait que suivre une chanson populaire11 !]. Il « décrit » ensuite Gia Long outrageant les crânes des rois Tây Sơn, et Bùi Thị Xuân et sa fille livrées au supplice de l'éléphant, avec ce préambule : « Le Roy Gia Long étant arrivé à la Capitale de la Cochinchine s'y reposa pendant deux mois ou environ. Ensuite il s'occupa du supplice de ses prisonniers; un de mes gens que j'avais envoyé à la cour, pour m'obtenir une permission du roy et qui fut porté sur la liste de ceux qui pouvoient entrer au palais et se tenir devant Sa Majesté pendant un mois, se trouva de service le jour de l'éxécution, et il la vit tout entière depuis le commencement jusqu'à la fin. A son retour il m'en a fait le récit, je ne puis m'en rappeler aujourd'hui toutes les circonstances qui d'ailleurs sont extrêmement dégoutantes, je ne rapporterai dont ce que je me souviens, ou ce qui m'a frappé le plus du récit qui m'en a été fait et qui depuis a été publique dans tous les états du roy de Cochinchine »12.

Sept points, dans ce passage, méritent l'attention :

1- L'exécution que Bissachère décrit ensuite, il ne l'a pas vue de ses yeux : elle lui a été racontée par son domestique.

2- Ce « domestique », il l'envoie à la cour pour demander la permission du roi, ou pour en obtenir un permis (une permission du roy) — mais pour quoi faire, il ne le dit pas.

3- Pourquoi le « domestique » d'un missionnaire sans fonction particulière à la cour aurait-il eu le droit d'entrer au palais et de se tenir devant le roi pendant un mois ?

4- Admettons qu'il ait eu l'autorisation de servir le roi pendant un mois. Pourquoi le roi partagerait-il ses serviteurs avec un missionnaire ? Et avec celui-là surtout, qui vivait encore peu auparavant caché dans les forêts.

5- L'évêque Labartette lui-même, qui administrait le diocèse du Tonkin (l'équivalent de Mgr Pigneau de Béhaine dans le Sud), devait vivre caché : quand Gia Long prit Phú Xuân, il n'osa pas se présenter. D'après Barisy13, le roi le chargea d'aller chercher ce chef des chrétiens ; et pour l'évêque Labartette, être mandé par le roi était une grande faveur. Comment un missionnaire inconnu comme Bissachère aurait-il pu « avoir des relations » avec le roi, et à plus forte raison envoyer un domestique à la cour lui demander ceci ou cela ?

6- Bissachère ne comprend rien au cérémonial de la cour, ou bien il écrit exprès pour éblouir les Français, comme si la cour du Viêt Nam était un lieu ouvert à tout venant, où chacun entre à sa guise. Il aurait eu assez de « crédit » pour envoyer un « domestique » au palais. Il ignore que les envoyés des grandes puissances, Angleterre et France, qui demandaient audience, n'étaient pas même reçus par le roi.

7- L'exécution ne pouvait pas avoir lieu à l'intérieur du palais, comme le raconte le « domestique ». On exécutait hors les murs.

Ces sept points montrent que Bissachère invente pour faire valoir son importance.

Bissachère « décrit » ensuite l'exécution en ces termes :

« La première chose dont on gratifia le jeune roi Tây Sơn [Cảnh Thịnh] fut de lui faire voir un spectacle douloureux : on exhuma les corps de son père et de sa mère, morts depuis dix ou douze ans, et ceux de ses proches. Les ossements du père et de la mère [le roi Quang Trung et la reine] furent replacés dans l'ordre du corps, puis décapités dans les formes, pour les couvrir de honte et, suivant la superstition de ce pays, afin que [les âmes de] ces restes ne pussent plus attirer bonheur et faveur sur leur descendance. On mit ensuite tous les ossements des Tây Sơn dans une grande corbeille, on fit uriner les soldats dessus, on les broya en poudre, puis on les versa dans une autre corbeille, pour que le jeune roi Tây Sơn le vît et en eût le cœur déchiré.

On servit au roi un repas magnifique, selon l'usage du pays à l'égard des condamnés à mort ; le plus jeune de ses frères, plus courageux, le vit manger et lui en fit reproche : comme la table où l'on avait posé les mets portait les marques de la royauté, il dit : « Notre maison ne manque pas de tables : fallait-il que tu manges à une table empruntée ? » ; après le repas, on lui enfonça un chiffon dans la bouche, à lui et à plusieurs autres, de peur qu'il ne maudît encore le nouveau roi [Gia Long], puis on attacha ses quatre membres à quatre éléphants pour l'écarteler. Les éléphants lui avaient déjà arraché la cuisse avec les tendons qu'il tournait encore la tête vers la corbeille où étaient les os de son père et de sa mère. Les exécuteurs, avec un instrument qu'on ne saurait imaginer en Europe, partagèrent en quatre les parties qui tenaient encore ensemble et, avec la cuisse détachée, en firent cinq quartiers de chair, qu'ils exposèrent sur les cinq marchés les plus fréquentés de la ville, chacun au sommet d'un poteau très haut, gardés jour et nuit ; quiconque y toucherait serait lourdement puni. On attendit qu'ils pourrissent ou que les corbeaux les eussent entièrement dévorés.

Quant au fameux général Thiên Phô [le thiếu phó Trần Quang Diệu], respecté et pleuré de sa famille et de tous ceux qui le connaissaient, la veille de sa mort ou le jour même, il demanda au roi, en fils pieux, la grâce de sa vieille mère de quatre-vingts ans, qui ne pouvait nuire à personne, et il l'obtint ; il eut la tête tranchée. Il avait une fille de quinze ans, tout à fait charmante ; quand elle vit le grand éléphant se dresser et s'avancer sur elle pour la frapper, elle poussa vers sa mère un cri déchirant : « Ma mère, sauvez-moi ! » Sa mère, celle qui avait commandé les armées, lui répondit : « Je ne puis pas même me sauver moi-même, comment te sauverais-je ? Il te faut mourir comme ton père et comme toute la famille, plutôt que de vivre dans la honte parmi ces gens-là… » Beaucoup, parmi les spectateurs, auraient voulu sauver la jeune fille ; ils durent détourner le visage pour ne pas la voir deux fois lancée en l'air par l'éléphant, et retomber sur les deux défenses, qui la transpercèrent.

Quand vint le tour de l'héroïne, c'est-à-dire de la femme du Thiếu phó, elle marcha fièrement au-devant de l'éléphant pour l'exciter. Comme elle approchait, on lui cria de s'agenouiller pour que la bête pût la frapper plus aisément ; elle refusa de s'agenouiller et continua d'avancer ; on raconte que l'animal, tout excité qu'il fût, dut y être forcé pour la jeter en l'air, car il avait reconnu en elle l'un de ses anciens maîtres ; avant le supplice, cette femme courageuse s'était fait porter en prison quantité de pièces de soie pour s'en envelopper les jambes et le corps jusqu'à la poitrine, afin de n'être pas exposée nue pendant son supplice.

Les exécuteurs pour avoir dit-on son courage, mangèrent son coeur, son foie, ses poumons et ses bras potelés, elle avait causé tant de peur aux soldats et même à leur Chef à l'escalade de la muraille [de Trấn Ninh] qu'on livra ses membres à la voracité de ces cannibales. Au Tonquin, la chair humaine se mange crue en buvant du vin (mais on n'en mange que dans de semblables occasions »14.

Dans les années de grande famine, on en vint à manger de la chair humaine : Nguyễn Khoa Chiêm le raconte dans le Nam triều công nghiệp diễn chí (« Récit des hauts faits de la cour du Sud »), et les lettres de l'évêque Labartette rapportent des familles entières qui s'empoisonnaient, ou une mère qui mangea son nourrisson… Mais personne n'a jamais écrit ce qu'écrit Bissachère : Au Tonquin, la chair humaine se mange crue en buvant du vin !

Maybon réimprime de pareilles lignes sans une note. Imaginons le cas inverse : un auteur vietnamien racontant que les Français mangent de la chair humaine en buvant du vin, et des savants comme Hoàng Xuân Hãn ou Đào Duy Anh réimprimant cela sans une note — que penseraient les Français du niveau des savants vietnamiens ?

Revenons à ce que Bissachère écrit ici. Sur l'exhumation du tombeau de Quang Trung et de la reine, le Thực lục note en deux endroits :

  • En décembre 1801 (11ᵉ mois de l'année Canh Thân) : « On détruisit le tombeau du Tây Sơn Nguyễn Huệ, on fendit le cercueil, on exposa le corps, on ficha la tête au marché. Ses fils, ses filles, ses parents, ses officiers, trente et une personnes, subirent tous le lăng trì et eurent le corps taillé en pièces. »

  • Le 6 décembre 1802 (jour Giáp Tuất, 11ᵉ mois de l'année Nhâm Tuất), à la cérémonie de hiến phù (la présentation des prisonniers) : « on pila les ossements de Nguyễn Văn Nhạc et de Nguyễn Văn Huệ et on les jeta ; quant aux crânes de Nhạc et de Huệ, on les enferma à la Maison des objets extérieurs »15.

En somme : en décembre 1801, on ouvre la tombe, on expose le corps, on fiche la tête au bout d'une pique. Un an plus tard, en décembre 1802, à la cérémonie de hiến phù, on pile les ossements et on enferme les crânes. Où serait donc le corps qu'on aurait exhumé sous les yeux de Quang Toản et de ses frères ?

Nous n'aurions pas à nous arrêter à ces fabrications grossières si elles n'avaient eu de si larges effets. Mais ce que Bissachère écrit du châtiment des Tây Sơn par Gia Long, Sainte-Croix l'imprime intégralement en 1810 ; Montyon le résume et l'imprime en 1811. Maybon réédite la Relation Bissachère en 1920. Taboulet en cite le passage de l'exécution en 1955, dans La Geste française en Indochine, tome II, p. 265-266. D'après Nguyễn Quốc Trị, Hoàng Xuân Hãn en a lui aussi traduit des extraits d'après Montyon, pour condamner Gia Long. Quant à la scène de Bùi Thị Xuân et de sa fille livrées « au supplice de l'éléphant », l'auteur Quỳnh Cư la reprend tout entière dans son roman historique Đô đốc Bùi Thị Xuân16 — sauf le passage sur les mangeurs de chair humaine ! On mesure par là les effets désastreux de Bissachère.

L'arrestation et la mise à mort de la famille Tây Sơn par Gia Long, le Thực lục les note en donnant le nom de chacun, et nous les avons citées au chapitre 3, Résumé de l'histoire. Nous ne reprenons ici que les passages du Thực lục sur l'exécution : « Au 11ᵉ mois [de l'année Nhâm Tuất, soit décembre 1802] eut lieu la cérémonie de proclamation des faits d'armes. Le jour Quý Dậu [30 novembre 1802] on sacrifia au Ciel, à la Terre et aux génies. Le jour Giáp Tuất [1ᵉʳ décembre 1802] on célébra le hiến phù au Temple ancestral.

On ordonna à Nguyễn Văn Khiêm, đô thống chế de la place Túc Trực, et à Nguyễn Đăng Hựu, tham tri du ministère de la Justice, de conduire Nguyễn Quang Toản et ses frères Quang Duy, Quang Thiệu et Quang Bàn hors de la porte de la ville, et de les condamner au lăng trì : écartelés par cinq éléphants (on attache cinq éléphants à la tête, aux deux bras et aux deux jambes, et on les fait tirer : c'est un supplice extrême) ; on pila les ossements de Nguyễn Văn Nhạc et de Nguyễn Văn Huệ et on les jeta ; quant aux crânes de Nhạc et de Huệ, on les enferma à la Maison des objets extérieurs17 (en la 2ᵉ année de Minh Mạng, on les transféra dans une prison, sous clef à perpétuité). Quant à leurs gens, Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng et les autres, tous furent châtiés selon toute la rigueur de la loi et leurs têtes fichées pour l'instruction de chacun »18.

L'édit qui suit est plus précis encore : « Le 6 de ce mois [6/11 lunaire, soit le 30 novembre 1802] on sacrifia au Ciel et à la Terre ; le 7 [7/11 lunaire, soit le 1ᵉʳ décembre 1802] on présenta les offrandes au Temple ancestral et l'on célébra le hiến phù ; Nguyễn Quang Toản et les siens — le thái tể rebelle Quang Duy, le généralissime Quang Thiệu, le gouverneur Quang Bàn, le thiếu phó Trần Quang Diệu, le tư đồ Võ Văn Dũng, le tư mã Nguyễn Văn Tứ, l'intendant Nguyễn Văn Thận, le đô ngu Nguyễn Văn Giáp, le général en chef Lê Văn Hưng, ainsi que les chefs de leur bande — ont tous été arrêtés et emprisonnés, tous mis à mort, et leurs têtes fichées pour l'instruction du peuple. Nhạc et Huệ, que le Ciel avait déjà tués, ont eux aussi été dépecés et leurs os broyés, pour venger le Temple des ancêtres et l'autel du Sol et des Moissons, et laver l'affront fait aux génies et aux hommes »19.

On le voit : les quatre plus coupables sont les quatre fils du roi Quang Trung, écartelés par les éléphants — Gia Long venge le massacre de sa famille par les Tây Sơn et la profanation des tombeaux des seigneurs Nguyễn. Quant aux grands généraux, Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng…, et aux chefs de leur bande, ils sont décapités et leurs têtes fichées. Bùi Thị Xuân, comme nous l'avons déjà noté au chapitre 3, Résumé de l'histoire, ne figure pas dans le Thực lục parmi les généraux pris, et son nom ne paraît pas davantage dans la liste des généraux exécutés. Le Liệt truyện écrit : « Quang Diệu descendit de Quy Hợp sur Hương Sơn (Nghệ An) ; apprenant que le Nghệ An était tombé, il passa par Thanh Chương et franchit la rivière Thanh Long ; ceux qui le suivaient se dispersèrent peu à peu. Diệu et sa femme Thị Xuân furent pris vivants par les troupes royales »20. Comme le Liệt truyện veut raconter une histoire, il se peut que son auteur ait « déduit » que Bùi Thị Xuân avait été prise avec Trần Quang Diệu ; mais qu'on lise attentivement le Thực lục et le Liệt truyện sur les derniers moments de Trần Quang Diệu, ramenant ses troupes de Quy Nhơn, franchissant les cols et les torrents, obligé de se garder de tous côtés des poursuites des Nguyễn : quand il est pris, généraux et soldats sont à bout de forces et hors d'état de résister. Il est donc bien difficile qu'il ait retrouvé sa femme, et Bùi Thị Xuân, eût-elle voulu chercher son mari, n'aurait pas su où le prendre ; d'autant que le Thực lục, qui ne consigne que des faits établis, ne dit rien de cette rencontre. La capture de Bùi Thị Xuân reste donc, elle aussi, une question d'histoire en suspens.

L'Extrême-Orient a pour les hommes de valeur un respect que des esprits bornés comme Bissachère ne peuvent comprendre : les bons généraux, une fois pris, se voyaient d'ordinaire proposer de se rallier, et on ne les exécutait que s'ils refusaient. Pendant la guerre civile, des généraux de Nguyễn Ánh passèrent aux Tây Sơn, et réciproquement. Trần Quang Diệu, entrant dans la citadelle de Bình Định, pleura devant la dépouille de Võ Tánh et fit à ce héros des Nguyễn, qui s'était donné la mort, des funérailles solennelles. Bùi Thị Xuân, dont la vaillance a été décrite avec admiration par les historiographes des Nguyễn, aurait certainement eu quelques lignes dans le Thực lục ou dans le Liệt truyện si elle avait été exécutée.

Bissachère tient notre pays pour un pays de sauvages, de mangeurs d'hommes, sans lois d'aucune sorte : il écrit donc ce qu'il veut. Il souffre en outre de la manie de se faire valoir et de se vanter, et cela se voit dans le livre de Montyon. Voici ce que Bissachère dit à Montyon, et que celui-ci a consigné dans la préface de son ouvrage : « M. Bissachère a vécu dix-huit ans au Tonkin et en Cochinchine, il a parcouru presque tout ce pays et les pays voisins ; il entend et parle la langue [vietnamienne] et il a été en relation avec toutes les classes de la population. Père véritable, confident et conseiller des chrétiens, assez nombreux dans cette contrée, il a fréquenté les premiers personnages de l'État, il s'est trouvé souvent en compagnie des mandarins, il a lui-même un brevet de mandarin ; par ordre de la cour, il avait des Tonkinois attachés à son service particulier ; il a été plusieurs fois admis en présence de l'Empereur. »21

Bissachère arrive au Nghệ An en 1790, sous le règne de Quang Trung, puis doit se terrer au fil des persécutions de 1795, 1798 et 1799, sous le règne de Cảnh Thịnh, comme Maybon le note lui-même dans sa notice biographique. De qui donc Bissachère fut-il le mandarin, et quand ? Plusieurs fois admis en présence de l'Empereur — de quel empereur ? De Quang Trung ou de Quang Toản ?

Même ce que raconte Maybon — que lors de la marche de Gia Long vers le Nord, à son passage au Nghệ An, l'évêque de Castorie [La Mothe] et La Bissachère vinrent le saluer — n'a rien de certain : à ce moment-là, leur supérieur, l'évêque Labartette, se cachait encore, ne sachant pas quelle attitude Gia Long aurait à l'égard de la religion. Ce n'est qu'après que Gia Long, par égard pour Pigneau de Béhaine, eut envoyé Barisy le chercher, que l'évêque Labartette osa se montrer. Admettons que Bissachère ait pu rencontrer Gia Long en 1802 au Nghệ An. En 1806, il rentre à Macao. Entre 1802 et 1806, quels « services » aurait-il rendus pour devenir mandarin à la cour de Gia Long et être plusieurs fois admis en présence de l'Empereur ? On ne voit pas Maybon régler ces questions.

La peine de mort au Viêt Nam

Puisque Bissachère raconte que Bùi Thị Xuân et sa fille furent livrées « au supplice de l'éléphant », examinons les formes d'exécution que connaît le droit vietnamien. Sur la peine de mort sous les Lê, Phan Huy Chú écrit :

« La peine de mort (mettre à mort) comporte trois degrés (de giảo et trảm jusqu'à lăng trì, cela fait trois degrés. Giảo et trảm comptent pour un degré, khiêu et lăng trì comptent chacun pour un degré, avec des ajouts et des retranchements) :

1- Giảo (la strangulation) et trảm (la décapitation).

2- Khiêu (la décapitation avec exposition de la tête).

3- Lăng trì (couper les membres, découper les chairs, faire mourir peu à peu).

Examen : la règle des cinq peines, avant les Sui (589-618), était : mặc (la marque de caractères au visage), giảo, trảm, khiêu, liệt (l'écartèlement) (…) Sous les Sui elle fut refaite (…) : la peine de mort n'eut plus que deux degrés, giảo et trảm ; on supprima les supplices cruels — đánh tiên (le fouet de cuir ou de fer), l'exposition de la tête, l'écartèlement du corps. Les Tang (618-907) firent de même (…), et la règle des âges suivants ne changea plus (…) Sous les Yuan (1206-1368) on ajouta le supplice du lăng trì, que les âges précédents appelaient « oa ». Auparavant, ce supplice, bien qu'employé en dehors de la loi, ne servait qu'à châtier les criminels les plus révoltants, et n'était pas inscrit au code des peines. C'est sous les Yuan qu'il paraît au code, et la loi de notre dynastie des Lê s'y est conformée. »22

Sur la peine de mort sous les Nguyễn, le Khâm định Đại Nam hội điển sự lệ, en abrégé le Hội điển, note :

Il y a cinq peines : 1- la bastonnade au rotin ; 2- la bastonnade au trượng, le gros bâton ; 3- đồ, la servitude pénale ; 4- lưu, l'exil ; 5- la peine de mort.

La peine de mort se divise à son tour en cinq espèces :

« Il y a la peine de giảo, la peine de trảm, et les peines de lăng trì, de cưu thủ et de lục thi. Si le crime est trop grave, la sentence s'exécute aussitôt, sans attendre la session de révision des jugements ; pour les autres peines, on attend le terme d'automne pour exécuter la sentence »23.

Giảo, c'est la strangulation ; trảm, la décapitation ; lăng trì, le découpage des chairs morceau par morceau ; cưu thủ, la décapitation suivie de l'exposition de la tête ; lục thi, le hachage du corps.

Gia Long a donc ajouté la peine de lục thi, le hachage du corps, lorsqu'il fit exécuter les Tây Sơn, et il appliqua les trois supplices suivants :

Aux fils de Quang Trung — Quang Toản, Quang Duy, Quang Thiệu, Quang Bàn : « condamnés au lăng trì, écartelés par cinq éléphants (on attache cinq éléphants à la tête, aux deux bras et aux deux jambes, et on les fait tirer : c'est un supplice extrême), on pila les ossements de Nguyễn Văn Nhạc et de Nguyễn Văn Huệ et on les jeta » ; « Quant à leurs gens, Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng et les autres furent châtiés selon toute la rigueur de la loi et leurs têtes fichées pour l'instruction de chacun »24 — c'est-à-dire :

  • Lăng trì : appliqué aux fils de Quang Trung, mais sans découper les chairs morceau par morceau : on les fit écarteler par les éléphants.

  • Lục thi : les ossements de Quang Trung et de la reine broyés.

  • Cưu thủ : les grands généraux Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng, etc., décapités et leurs têtes fichées.

Rien n'est dit de Bùi Thị Xuân. Si elle avait été mise à mort, elle l'eût été comme les grands généraux, c'est-à-dire décapitée, et non comme les fils du roi Quang Trung.

La loi de Gia Long, dans le Hội điển, ne mentionne pas le supplice de l'éléphant. Et dans les codes antérieurs, depuis les Lê en remontant jusqu'aux Sui de Chine, on ne trouve pas davantage cette forme d'exécution. Les fils du roi Quang Trung furent condamnés au lăng trì (le découpage des chairs morceau par morceau) ; sans doute Gia Long jugea-t-il ce supplice trop cruel, et le remplaça-t-il par l'écartèlement par les éléphants. Ce dernier n'est pas inscrit dans la loi, mais on voit ici qu'il tient lieu de lăng trì. Bùi Thị Xuân n'était qu'un général des Tây Sơn : prise, elle n'aurait pas pu être punie plus durement que son mari, c'est-à-dire au même rang que les fils du roi Quang Trung.

Voilà les preuves que ce qu'écrit Bissachère est sans fondement25.


Le 11 novembre 1789, le docteur Joseph-Ignace Guillotin, député, réclame l'égalité devant la mort. Le 1ᵉʳ décembre 1789, il déclare : « La décapitation, par le simple effet d'un mécanisme. » En 1791, le code pénal porte : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée. » Mais Guillotin n'est pas l'inventeur de la machine : c'est Antoine Louis, ancien chirurgien militaire, qui reçoit l'ordre de la concevoir. Le 17 avril 1792, on l'essaie à l'hôpital de Bicêtre sur trois cadavres. La machine est posée sur une estrade, l'échafaud. Malgré ses protestations, c'est le nom de Guillotin qu'on donnera à la machine : la guillotine. La France entre dans la Terreur : Louis XVI monte à l'échafaud le 21 janvier 1793, place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), la reine Marie-Antoinette le 16 octobre 1793. Pendant la Terreur (1792-1794), le nombre de ceux qui passèrent sous la guillotine est estimé entre 16 000 et 17 000 ; le nombre total des personnes tuées, à quelque 100 000.

© Copyright Thuy Khue 2015


  1. Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, Librairie Plon, Paris, 1920. ↩︎

  2. Titre complet : La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de Mr de La Bissachère, Champion, Paris, 1920. ↩︎

  3. D'après la notice biographique de Bissachère rédigée par Maybon dans son Introduction, Relation Bissachère, p. 5. ↩︎

  4. Launay, III, p. 12. ↩︎

  5. Decaen était chargé de recevoir les colonies françaises d'Asie que l'Angleterre rendait après le traité d'Amiens du 27 mars 1802. ↩︎

  6. Aux Archives du droit français, Imprimerie Crapelet, Paris, 1810. ↩︎

  7. Maybon, Relation Bissachère, Introduction, p. 6-7. ↩︎

  8. Relation Bissachère, p. 106-107. ↩︎

  9. Relation Bissachère, p. 132-133. ↩︎

  10. Liệt truyện, II, Nguyễn Văn Huệ, p. 548. ↩︎

  11. Maybon, Relation Bissachère, p. 110, note 1. ↩︎

  12. Texte original de Bissachère, repris ici mot pour mot : « Le Roy Gia Long étant arrivé à la Capitale de la Cochinchine s'y reposa pendant deux mois ou environ. Ensuite il s'occupa du supplice de ses prisonniers; un de mes gens que j'avais envoyé à la cour, pour m'obtenir une permission du roy et qui fut porté sur la liste de ceux qui pouvoient entrer au palais et se tenir devant Sa Majesté pendant un mois, se trouva de service le jour de l'éxécution, et il la vit tout entière depuis le commencement jusqu'à la fin. A son retour il m'en a fait le récit, je ne puis m'en rappeler aujourd'hui toutes les circonstances qui d'ailleurs sont extrêmement dégoutantes, je ne rapporterai dont ce que je me souviens, ou ce qui m'a frappé le plus du récit qui m'en a été fait et qui depuis a été publique dans tous les états du roy de Cochinchine » (Relation Bissachère, p. 117-118). ↩︎

  13. Lettre de Barisy à M. Marchini, du 15 juillet 1801 (Launay, III, p. 423). ↩︎

  14. Texte original français de la dernière phrase, repris ici mot pour mot : « Les exécuteurs pour avoir dit-on son courage, mangèrent son coeur, son foie, ses poumons et ses bras potelés, elle avait causé tant de peur aux soldats et même à leur Chef à l'escalade de la muraille qu'on livra ses membres à la voracité de ces cannibales. Au Tonquin, la chair humaine se mange crue en buvant du vin (mais on n'en mange que dans de semblables occasions » (Relation Bissachère, p. 121). ↩︎

  15. Thực lục, I, p. 473 et 531. ↩︎

  16. Éditions Phụ Nữ, 1985. ↩︎

  17. C'est-à-dire le Ngoại đồ gia, rebaptisé ensuite Vũ khổ. ↩︎

  18. Thực lục, I, p. 531. ↩︎

  19. Thực lục, I, p. 532-533. ↩︎

  20. Liệt truyện, II, p. 570. ↩︎

  21. Montyon, I, Introduction, p. 7-8. ↩︎

  22. Phan Huy Chú, Lịch triều hiến chương loại chí (« Monographies classées des institutions des dynasties successives »), tome II, Hình luật chí, p. 306. ↩︎

  23. Khâm định Đại Nam hội điển sự lệ, traduit par Trần Huy Hân, tome 11, p. 19. ↩︎

  24. Thực lục, I, p. 531. ↩︎

  25. La peine de mort en France : il n'est pas inutile de rappeler à Bissachère ce qu'était la peine de mort en France. Avant la révolution de 1789, on exécutait ainsi : la potence, le bûcher, la roue, l'écartèlement (par les chevaux), la décapitation étant réservée aux nobles. La roue, le bûcher et l'écartèlement par les chevaux sont plus cruels encore que l'écartèlement par les éléphants. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Ký sự Bissachère, thuỷ tổ sự bóp méo lịch sử

Sử gia Charles B. Maybon và linh mục Léopold Cadière là hai người có công đầu trong việc "xây dựng sự nghiệp" những người Pháp đến giúp Gia Long. Cadière sưu tầm tài liệu, văn bản, thư từ, dấu vết, dịch văn bằng, tước vị, xác định nơi cư ngụ, mộ phần... của những người Pháp, Maybon viết lại giai đoạn lịch sử này. Sự nghiên cứu của học giả chủ bút Cadière và các tác giả trong tập san Đô Thành Hiếu Cổ (Bulletin des Amis du Vieux Huế, BAVH) về những nhân vật này thực cặn kẽ, ví dụ: tìm kiếm từng chi tiết nhỏ trong đời sống Chaigneau để chiếu tỏ lên, thượng diễn ông như một vị đại thần, có vai trò chủ yếu trong triều đại Gia Long.

Về phần Maybon, tác phẩm nòng cốt của ông là bộ sử thời danh, tựa đề Histoire moderne du pays d'Annam, (1592-1820), étude sur les premiers rapports des Européens et des Annamites et sur l'établissement de la dynastie annamite des Nguyễn (Lịch sử hiện đại nước Nam (1592-1820), khảo luận về những giao tiếp đầu tiên giữa người Âu với người An Nam và về sự xây dựng triều đại An Nam nhà Nguyễn)1. Phần quan trọng nhất trong bộ sử này là những chương viết về giai đoạn Gia Long dựng nghiệp. Và để hậu thuẫn cho những lập luận sử học của mình, Maybon cho in cuốn La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de Mr de La Bissachère (Ký sự về Bắc Hà và Nam Hà của ông de La Bissachère), gọi tắt là Ký sự Bissachère, với những chủ đích rõ ràng:

1- Bác bỏ những điều Barrow và Montyon viết về Gia Long bằng cách phê phán gắt gao hai tác giả này.

2- Dựa vào những điều Bissachère và Ste-Croix, viết trong Ký sự Bissachère, để thiết lập "sự thực" về "công trạng lớn lao" của Bá Đa Lộc và những "sĩ quan" Pháp đến giúp Gia Long, mà Maybon tố cáo Thực Lục và Liệt Truyện đã cố tình bỏ qua.

3- Dùng cách trình bầy chứng từ và lập luận "khoa học", để người đọc và giới nghiên cứu tiếp nhận những điều ông viết như những "sự thực cuối cùng", để họ phụ hoạ hoặc chép lại mà không cần đặt câu hỏi.

Tính cách nghiêm túc của tập san Đô Thành Hiếu Cổ (BAVH) và tập san Trường Viễn Đông Bác Cổ (Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême Orient, BEFEO), với những thành tựu đích thực giá trị mà hai vị học giả này phụ trách, đã bảo lãnh rộng rãi cho những điều họ xuyên tạc lịch sử.

Về phần người Việt, sau hơn thế kỷ bị Pháp đô hộ, đã mất hết bản tính tự cường về tư tưởng, không còn khả năng làm lấy việc của mình, trở thành ỷ lại, cái gì người ngoài, người Âu, nhất là người Pháp làm, đều hơn ta cả. Đó là lý do giải thích tại sao, trong một trăm năm qua, đã không có lấy một bài viết nào đả phá những sự bịa đặt thô thiển của những ngòi bút thực dân về giai đoạn này, cũng không có bộ sử nào khả dĩ có thể thay thế được bộ sử của Trần Trọng Kim. Và đó cũng là cái nhục tinh thần của một dân tộc, ngoài cái nhục mất nước.

Cuốn Ký sự Bissachère2 do Charles B. Maybon trình bầy, viết lời giới thiệu và chú thích, vì gắn bó với tên tuổi sử gia Maybon, nên được nhiều người trích dẫn, kể cả các học giả nổi tiếng.

Bản Maybon in năm 1920, là bản thứ ba, tức là ra đời khá chậm, nhưng tại sao một số điều viết trong sách này lại có ảnh hưởng rất sâu, từ trước năm 1920? Bởi vì, như chúng tôi đã nói trong chương 7 (Montyon), cách đấy hơn một thế kỷ, năm 1810, Sainte-Croix đã cho in lần đầu bản Ký sự Bissachère mà không đề tên tác giả, trong cuốn sách của ông "Voyage commercial et politique aux Indes Orientales..." (Hành trình thương mại và chính trị ở Đông Ấn...). Vì vậy, những sự bôi nhọ Gia Long có tính cách "giật gân, kinh dị" do Bissachère viết ra trong bản Ký sự đã được truyền đi từ 1810, tức là cách Maybon một trăm năm, và cách chúng ta hơn hai thế kỷ.

Maybon cho in lại những điều nhơ nhuốc này, năm 1920, vì ba lý do:

Thứ nhất: xác định lại tên tác giả Ký sự này là Bissachère chứ không phải Sainte-Croix.

Thứ nhì: giới thiệu những điều Sainte-Croix viết trong bài Introduction (Nhập đề) như một loại chứng khác, thêm vào, chưa hề in ở đâu. Bài Introduction của Sainte-Croix đưa ra những "thông tin" quái đản khác về Gia Long và thổi phồng "công trạng" của các "sĩ quan" Pháp, không có trong Ký sự Bissachère.

Thứ ba: Cả Bissachère lẫn Sainte-Croix đều tôn sùng Bá Đa Lộc và đề cao sự nghiệp các "sĩ quan" Pháp, trong việc giúp Gia Long lấy lại ngai vàng, đó là điểm quan yếu mà Maybon muốn xác định trong bộ sử Histoire moderne du pays d'Annam để vinh danh công trạng của người Pháp trong việc Gia Long thống nhất nước Việt.

Bissachère, thủy tổ việc bóp méo lịch sử

Bissachère là ai?

Pierre-Jacques Lemonnier de La Bissachère sinh khoảng 1764 tại Angers. Học đạo. Gia nhập hội Thừa Sai Hải Ngoại Paris. Tháng 3/1790, ông rời Orient, sang Bắc Hà hoạt động ở vùng Nghệ An. Theo tiểu sử Maybon soạn: năm 1795, đạo chúa ở vùng Nghệ An bị đàn áp, ông phải trốn tránh. Năm 1798, 1799, có những đàn áp mới, Bissachère phải sống chui nhủi khổ cực. Tới 1800, tình hình khá hơn, Bissachère trở lại Nghệ An. Khi Gia Long đánh ra Bắc, đầu tháng 7/1802 đến Nghệ An, Giám Mục Castorie [La Mothe] và La Bissachère đến chào. Năm 1806, Bissachère bị bệnh, phải trở về Macao, tại đây, năm sau, ông gặp và trao cho viên sĩ quan kỵ binh Renouard de Sainte-Croix, tập bản thảo Ký sự của ông, trước khi về Anh tỵ nạn [Hội thừa sai Pháp sau cách mạng 1789 phải chạy sang Anh]. Tại Luân Đôn, sinh sống khó khăn, Bissachère gặp Nam tước de Montyon ở Pháp sang tỵ nạn chính trị; có lẽ họ đã trao đổi với nhau về cuốn Ký sự này. Năm 1815, Pháp trở lại chế độ vương triều, Louis XVIII lên ngôi, Bissachère về Pháp, trở thành chuyên gia của chính phủ Pháp về tình hình Á Đông, đặc biệt Việt Nam. Ông mất năm 18303.

Trong thời gian Bissachère ở Bắc, vị giám mục cai quản địa phận Bắc Hà từ 1773 đến 1823 là Jean Labartette, ông sinh ngày 31/1/1744 ở Ainhoa, miền nam Pyrénées; ngày 29/11/1773 đi truyền giáo, được thăng giám mục năm 1774 và mất ở Cổ-Vưu, thuộc Quảng Trị ngày 6/8/18234. Theo thư từ ông viết về hội truyền giáo, ta có thể biết đại lược tình hình: trong khoảng 1773-1785: đạo Gia Tô ở Bắc được an toàn. Từ khi Nguyễn Huệ chiếm được Phú Xuân, năm 1786, mọi sự thay đổi: Nguyễn Huệ không thích đạo giáo nói chung, buộc các sư sãi về nhà, làm ruộng, đi lính, đóng cửa chùa chiền, giáo đường và cho lệnh tìm bắt giáo sĩ.

Khi Bissachère đến Bắc Hà năm 1790, vua Quang Trung đã đuổi xong quân Thanh và thu phục toàn thể đất Bắc; thời điểm này Phượng Hoàng Trung Đô ở Nghệ An cũng đã xây xong. Lúc đó Bissachère ở vùng Nghệ An, chắc chắn phải chịu sự hà khắc dưới thời Quang Trung.

Félix Renouard de Sainte-Croix (1767-1840)

Người thứ nhì đóng góp vào sự xuyên tạc lịch sử là Félix Renouard de Sainte-Croix, sự tác hại của những điều ông viết trong bài Introduction (Nhập đề) dài 28 trang, được Maybon in lại, tương đương hay tệ hơn Bissachère.

Sainte-Croix, người được Bissachère phó thác những dòng ký sự của mình, là cựu sĩ quan kỵ binh, sang Á Châu theo hạm đội của tướng Decaen5, đến Pondichéry tháng 7/1803. Ở lại Ấn Độ một năm, rồi được chuyển sang Phi Luật Tân, và trở về Macao cuối 1806. Sau đó sang Quảng Đông, đi qua Đà Nẵng nhưng không ghé lại. Sainte-Croix gặp Bissachère ở Macao và được Bissachère trao bản thảo tập ký sự*,* năm 1807.

Ba năm sau, Ste-Croix cho in bộ sách nhan đề: "Voyage commercial et politique aux Indes Orientales, aux Iles Philippines, à la Chine, avec des Notions sur la Cochinchine et le Tonkin pendant les années 1803, 1804, 1805, 1806 et 1807" (Hành trình thương mại và chính trị ở Đông Ấn, Phi Luật Tân, Trung Hoa, với những khái niệm về Nam kỳ và Bắc kỳ trong những năm 1803, 1804, 1805, 1806 et 1807)6.

Bộ sách này gồm ba tập, viết dưới hình thức 80 lá thư gửi bạn, kể lại những điều Ste-Croix ghi nhận trong năm năm ở Á Châu. Lá thư chót, trá đề Đà Nẵng ngày 25/12/1807 [vì Ste-Croix không vào Đà Nẵng, chỉ đi tầu qua] tựa đề Notions préliminaires sur la Cochinchine et le Tonkin (Khái niệm sơ bộ về Nam Hà và Bắc Hà) (t. 221-289), viết về tình hình nước Nam; và đó chính là Ký sự Bissachère, được sửa đổi, sắp xếp lại, nhưng không đề tên tác giả, chỉ nói là của một giáo sĩ đã sống ở Việt Nam nhiều năm.

Ký sự Bissachère do Ste-Croix in năm 1810, ở Paris, sẽ là nguồn phát xuất những thông tin bôi nhọ Quang Trung, Gia Long và dân tộc Việt, cách đây hơn hai thế kỷ.

Maybon và Ký sự Bissachère

Khoảng 1920, Maybon tìm thấy trong văn khố ngoại giao Pháp, một tập bản thảo gồm có:

  • Một bài Avant-propos (Tựa) không ký tên, của Sainte-Croix (4 trang).

  • Một bài Introduction (Nhập đề) không ký tên (28 trang) cũng của Ste-Croix.

  • Một bài tựa đề: Récit abrégé de quelques circonstances de la conquête du Tonkin par le prince annamite connu sous le nom de Gia Long (Bài tóm lược vài cảnh đánh chiếm Bắc Hà của ông hoàng nước Nam tên là Gia Long) do Bissachère viết (17 trang).

  • Một bài ký sự tựa đề Des Notions sur le Tonkin (Những khái niệm về Bắc Hà) của Bissachère (49 trang).

  • Hai tư liệu (Hịch Quang Trung và Những thông tin về Bắc Hà).

Maybon thu thập tất cả những văn bản này và in trong cuốn Ký sự Bissachère, do chính ông trình bầy, viết lời giới thiệu và chú thích. Ông nói rõ mục đích trong bài Introduction ở đầu sách: "Có ba điều bổ ích trong việc in lại sách này: Thứ nhất, trả lại cho cuốn sách dạng thức ban đầu mà tác giả viết. Văn bản còn kèm theo những chú thích của Renouard de Sainte-Croix, đã bị bỏ đi trong lần in lần đầu. Sau cùng, hai bài "Avant-Propos" và "Introduction" của Sainte-Croix hoàn toàn "inédits", chưa in ở đâu, trừ vài lầm lỗi, chứa đựng những thông tin về lịch sử Việt Nam, lại càng quý giá hơn nữa, vì đến từ Jean-Marie Dayot, một sĩ quan Pháp đã phục vụ đắc lực cho ông hoàng An Nam từ đầu cuộc chiến chống phiến loạn"7.

Câu của Maybon "trừ vài lầm lỗi, chứa đựng những thông tin về lịch sử Việt Nam, lại càng quý giá hơn nữa, vì đến từ Jean-Marie Dayot" chứng tỏ: Maybon đánh giá cao bài Introduction của Sainte-Croix vì bài này Ste-Croix viết theo lời Dayot thuật lại.

Về Dayot, xin xem chương 19, ở đây chỉ sơ lược vài dòng: Dayot, là một trong những người lính Pháp đến giúp Gia Long, được vua tin dùng, giao việc đi mua khí giới ở nước ngoài. Năm 1792, Dayot phạm tội thâm thủng ngân quỹ trong một chuyến đi, bị đuổi, nhưng xin ở lại. 1795, Dayot làm đắm tầu, bị xử tử, trốn đi luôn, sống ở Phi Luật Tân, tại đây, gặp Ste-Croix và kể những điều mà Ste-Croix viết trong bài Introduction này.

Cuốn Ký sự Bissachère chia làm ba phần:

1- Bài Introduction của Maybon (t. 5-69), dài 64 trang, hơn 1/3 tập sách, viết về lý do in cuốn sách lần này và mô tả hai ấn phẩm in trước của Sainte-Croix (1810) và của Montyon (1811). Sườn chính: đả kích và triệt hạ tác phẩm của Barrow và Montyon và vinh thăng sự nghiệp Dayot.

2- Bài Avant-Propos, 2 trang và bài Introduction của Ste-Croix, 28 trang (t. 73-103).

3- Ký sự Bissachère, 66 trang (t. 105-172).

Vì những lời lẽ trân trọng của Maybon trong bài Introduction khi giới thiệu Ký sự Bissachère và bài Introduction của Ste-Croix, cho nên cuốn sách này sẽ được mọi người sử dụng như những tư liệu đáng tin cậy. Ngoài ra, trong sách có tới 2 bài Introduction, một của Maybon và một của Ste-Croix, gây lầm lẫn, khiến những người trích dẫn, thường không phân biệt: đoạn nào do Maybon viết, đoạn nào do Ste-Croix viết, chỉ vắn tắt ghi: Bissachère hoặc Maybon.

Những sự bội nhọ Quang Trung và Gia Long của Bissachère trong bài Ký sự và những sự thổi phồng vai trò Bá Đa Lộc và những người lính Pháp của Sainte-Croix trong bài Introduction, được Maybon in lại mà không chú thích sẽ trở thành "sự thực".

Vì vậy chúng tôi thấy cần phải "giới thiệu lại" cuốn Ký Sự Bissachère làm hai phần:

  • Phần Bissachère viết, trong chương này.

  • Phần Sainte -Croix viết, trong chương 10, kế tiếp.

Nội dung Ký sự Bissachère

Ký sự Bissachère chia làm 2 phần:

Phần đầu (t.105-122) tựa đề: Récit abrégé de quelques circonstances de la conquête du Tonkin par le ci-devant Roy de Cochinchine Ngu-Yen-Anh qui aujourd'hui porte le titre d'empereur Gia Long (Tóm lược vài cảnh chinh phục Bắc Hà của nhà vua -trước đây là vua Nam Hà- bây giờ mang danh hiệu hoàng đế Gia Long): Nói sơ lược về Nguyễn Ánh và nguyên nhân thành công: Nhờ sự giúp đỡ của Tây phương, chủ yếu là Bá Đa Lộc. Lược thuật trận Trấn Ninh và sự can đảm của Bùi Thị Xuân. Mô tả việc Gia Long trừng phạt Tây Sơn.

Phần thứ hai (t.123-172), tựa đề: Notions sur le Tonquin (Những khái niệm về Bắc Hà): Mở đầu, nói qua về nguồn gốc chữ Tonquin, theo ông phải viết là Nước Nam mới đúng (t. 123-124), tiếp theo là phần nội dung, xin tóm tắt như sau:

Kể tội Gia Long đàn áp dân chúng, sưu cao thuế nặng, xây thành đài, dùng hình phạt dã man, bắt dân vào rừng rú tìm lâm sản, quan lại tham nhũng, làm giầu trên thuế má, chế độ rình rập, mật thám được trả lương cao. Sau khi xây dựng xong thành quách, quan lại vinh thân phì gia, dân chết đói phải bán con để sống. Tiếng Bắc nghe hay, tiếng Nam thô lỗ vv... Tất cả những đoạn này sẽ được nhiều tác giả trích dẫn để "chứng minh" sự "bất tài" của Gia Long.

Về "lịch sử" Bắc Hà: Bissachère mô tả sự nhục nhã trong việc nhận lễ tấn phong của Trung Hoa: vua Việt phải quỳ gối trước sứ giả mang thánh chỉ của thiên triều (t. 131). Quân Quang Trung là một bọn thổ phỉ, tàn sát, cướp bóc dân chúng (t. 132). Tôn giáo ở Bắc Hà toàn một bọn mê muội, sùng bái quỷ thần, thờ cúng ma quỷ (Idolâtrie). Quần chúng mê tín dị đoan, bị các thầy pháp mê hoặc, bị ma làm... (t. 134-135).

Về Gia Long, Bissachère cho rằng "Gia Long vô thần, không có thần nào khác ngoài ông và bụng ông", Gia Long chỉ kính trọng Khổng tử (t. 137). Mẹ và em gái vua đều tin ma quỷ (t. 138). Bissachère tiếp tục chỉ trích tín ngưỡng của người Việt nhưng ông tỏ ra không hiểu gì về văn hoá Việt, trộn chuyện Liễu Hạnh với chuyện ma rung thuyền, vv... (t. 140). Ông kể tình hình khốn khổ của đạo Chúa (t. 141). Quan lại tham nhũng, làm tiền (t. 143). Tội ác. Lệ làng. Luật pháp. Binh lính. Tổ chức làng thôn (t. 148). "Trên hà hiếp dưới, cá lớn nuốt cá bé" (t. 152). Đất Bắc mầu mỡ hơn đất Tầu (t. 154), có quặng mỏ (t. 155). Gia Long bị dân Bắc ghét (t. 156). Tả đội voi trận (t. 157). Người Việt khinh ghét người Tầu, gọi là "Ngô chó" (t. 157). Người Việt qụy lụy trước người trên. Tục quỳ. Cách ngồi ăn: chiếu trên, chiếu dưới, tùy theo ngôi thứ (t. 159). Vị trí người phụ nữ trong gia đình. Đa thê (t. 160-161). Cưới hỏi, hồi môn trang sức, y phục (t. 162-163). "Cấm [dân] lợp ngói mái nhà trừ đền thờ tổ tiên của vua" (t. 166). Người Việt không khuyến khích nghệ thuật (t. 167). Đồng bằng thuộc loại phì nhiêu nhất thế giới và mỏ nhiều như ở Pérou (t. 167). Người Bắc khéo nói và nói hay, mồm miệng đỡ chân tay (t. 168). Ăn cá với cơm (t. 170). Lễ phục đẹp, giống như đội hát đồng ca dòng Bénédictine (t. 170). Ăn tất cả các thứ thịt kể cả thịt chó, ăn cả con tầm, ăn nhau các con vật, dùng nhau bà đẻ chữa bệnh, ăn tất cả các loại sâu thoát ra từ đất (rươi) (t. 171-172).

Bissachère là người ít học, không quen viết lách, ông kể chuyện vô trật tự, câu cú lôi thôi, gặp đâu viết đấy. Dù Maybon có sửa chữa và sắp xếp lại văn từ, nhưng vẫn còn nhiều đoạn lủng củng tối nghiã.

Điểm đáng chú ý nhất: Bissachère là người tu hành, nhưng có lẽ vì đã phải sống trong những điều kiện khó khăn trốn tránh, nên ông viết về nước Việt với một lòng thù hận khó tả, chỉ nhìn thấy những khía cạnh xấu xa, đáng khinh bỉ, tởm lợm mà ít có sự tôn trọng, thông cảm.

Chưa nói đến những thiếu thốn kiến thức về lịch sử, văn hoá, tôn giáo Việt Nam và Đông phương, lối kể chuyện của ông đôi khi khó hiểu, vì cách ngắt câu. Thí dụ, mở đầu, ông viết: "Ngu-yen-anh dù sinh ở Nam Hà, nhưng gốc Bắc dòng dõi các quan lớn trong triều: khoảng 25 năm nay, trốn quân Tây Sơn cướp ngôi, lang thang trên bờ biển của vua Xiêm, được các giáo sĩ Âu Châu nuôi nấng trong vài tháng. Nhưng chẳng bao lâu lại được dân Đồng Nai thuộc Cao Miên đón tiếp, cùng với Nam Hà và Bắc Hà bị quân Tây Sơn chiếm đóng; ông ở lại trong vùng này, dưới danh nghiã là Chúa, nhờ sự cứu giúp của vài chiến hạm Tây phương mà quân Tây Sơn rất sợ, tấn công; một mặt, Nguyễn Ánh có lợi thế trên biển nhờ đại bác và hỏa lực Âu Châu bắn xa hơn đại bác và hỏa lực Bắc Hà8.

Câu trên chứng tỏ Bissachère không biết rõ Nguyễn Ánh, không rành địa lý nước Nam, chỉ đưa ra những xác định vô bằng kiểu: Nguyễn Ánh "được các giáo sĩ Âu Châu nuôi nấng trong vài tháng", "nhờ sự cứu giúp của vài chiến hạm Tây phương mà quân Tây Sơn rất sợ", "có lợi thế trên biển nhờ đại bác và hỏa lực Âu Châu bắn xa hơn đại bác và hỏa lực Bắc Hà". Nhưng những lời nói vu vơ này sẽ được người ta chép lại nhiều lần, và sẽ trở thành "sự thực lịch sử".

Về việc Nguyễn Ánh đánh Phú Xuân năm 1801, Bissachère viết: "Ông cũng được khuyến khích bởi ý kiến của vài người Âu kể rằng đó là một trong những kế hoạch của Đức Giám Mục quá cố Bá Đa Lộc*, nhờ thuận gió* [gió mùa] đem toàn lực quân đội đến vây kinh đô Nam Hà, nơi vua trẻ Cảnh Thịnh ở với một ít quân..." Câu này cũng sẽ được những người viết sử về Bá Đa Lộc, từ Faure đến Maybon... chép lại, cho rằng cách đánh thuận theo gió mùa của Nguyễn Ánh là do Bá Đa Lộc "dạy", và khi Vương đánh Phú Xuân năm 1801, theo chiến lược của Đặng Đức Siêu, Maybon vẫn dùng lại ý này của Bissachère, để kết luận: đó là để thực hiện kế hoạch của linh mục quá cố Bá Đa Lộc!

Tại sao một văn bản đầy sai lầm như vậy lại được một sử gia tầm cỡ như Maybon hết sức bênh vực và giới thiệu? Bởi đó là văn bản đầu tiên (từ năm1810) đã nói rằng: Nguyễn Ánh nhờ tầu bè, súng đạn của người Âu, nhờ Bá Đa Lộc làm quân sư, mà dựng nên sự nghiệp.

Như trên đã nói: Ký sự Bissachère chia làm hai phần; phần đầu rất ngắn, nhưng lại chứa đựng những tác hại lớn đối với lịch sử dân tộc, qua sự bôi nhọ Quang Trung, Gia Long và hạ thấp Việt Nam như một dân tộc mọi rợ, không có luật pháp. Chúng ta nên biết Bissachère viết những dòng bôi nhọ ấy như thế nào.

Sự bôi nhọ Quang Trung

Về việc Quang Trung mộ binh ra Bắc đánh quân Thanh, Bissachère viết như sau: "Quang Trung đang ở Nam Hà, hay tin quân Tầu đã sang, chạy vội ra Bắc với vài trăm lính, đi ngày đêm, lượm trên đường tất cả những kẻ có thể cầm được khí giới, cướp lương thực trong các làng mạc đi qua, chặt đầu kẻ nào không theo lệnh, đốt nhà kẻ nào không hiến gạo, trâu, lợn cho quân ăn, thường nổi cơn giận hoặc lên cơn điên, hay ra lệnh giết ngay trước mặt ông những người, ngựa không bước kịp theo*. Ông ta tiến gần đến trại quân Tầu với* đoàn quân mỏi mệt, què cụt vì đường xa, dở sống dở chết*, chẳng làm khiếp sợ quân địch; ông ta tấn công và giết khoảng 40.000 người ngay hôm mới đến, những kẻ thoát được trốn vào rừng rồi cũng chết. Chỉ còn lại rất ít chạy về Tầu báo tin thua trận"9.*

Câu này chứng tỏ trình độ ấu trĩ của người viết: bởi nếu Quang Trung thực sự là "tướng cướp", "giết người", "đốt nhà", "điên khùng", như thế, với vài trăm lính và những người bị bắt, bị cưỡng bách đi theo, như thế, "mỏi mệt, què cụt", "dở sống dở chết", như thế, làm sao có thể tấn công quân Tàu và giết được "40.000 người ngay hôm mới đến", như thế? Nhưng điều lạ không phải cái chỗ ngu xuẩn, què cụt, trong lập luận này, mà là ở chỗ sử gia tiến sĩ Maybon, người biên tập và chú giải tập ký sự này, đã cho in những lập luận như thế, mà không có một lời chú thích, như thể đó là một sự thực lịch sử đáng tin cậy!

Về việc vua Quang Trung đại phá quân Thanh, các sử gia triều Nguyễn tác giả Liệt Truyện, ghi khá rõ từ khi Quang Trung xuất quân, cách mộ quân sĩ, chi tiết những trận đánh, khó tìm thấy một ngòi bút sau này viết được đầy đủ và cô đọng như thế. Sự khách quan của các sử gia triều Nguyễn khi viết về "ngụy" Quang Trung cũng như sự khâm phục âm thầm của họ khi viết về sự dũng cảm của Bùi Thị Xuân, "tướng ngụy" đã chống Gia Long đến cùng, là điều mà nhiều người viết sử sau này không có được. Nhân danh sự "trung lập" của một sử gia, họ có giọng mỉa mai, đôi khi cay độc đối với Gia Long; hoặc nghĩ rằng các sử gia triều Nguyễn tâng bốc nhà vua, nên họ đã chấp nhận, hoặc biện hộ cho sự ngụy biện của các sử gia thuộc địa, gián tiếp phản bội sự thực, phản bội dân tộc mà không biết.

Việc Quang Trung mộ binh đánh quân Thanh, Liệt Truyện viết ngắn gọn và rõ ràng như sau: "Ngày 29 tháng 11 ÂL [26/12/1788] đến Nghệ An đóng quân ở lại hơn 10 ngày*,* chọn thêm dân Nghệ An, cứ ba đinh lấy một, chia thân binh Thuận, Quảng làm 4 doanh Tiền, Hậu, Tả, Hữu mà tân binh ở Nghệ An là Trung Quân, quân đắc thắng có hơn 10 vạn người, voi chiến hàng trăm thớt, duyệt đại binh ở trấn doanh. Huệ thân cưỡi voi ra ngoài doanh để uỷ lạo quân lính, bèn hạ lệnh tiến quân đi. Đến ngày 20 tháng 12 [15/1/1789] đến núi Tam Điệp"10.

Sự bôi nhọ Gia Long

Bôi nhọ Quang Trung chưa đủ, Bissachère còn dành cho Gia Long một đoạn tiểu thuyết hoang đường về sự trừng phạt Tây Sơn, sau khi thống nhất đất nước. Cảm phục Bùi Thị Xuân, Bissachère đã viết những dòng hết sức hâm mộ sự can đảm dũng mãnh của bà [với những chi tiết sai lầm, ví dụ: ông kể Bùi Thị Xuân tập hợp được 300.000 quân! Và Maybon đã biện hộ cho con số sai lầm khổng lồ này: không phải lỗi Bisssachère, ông chỉ viết theo một bài dân ca11! Sau đó Bissachère "mô tả" cảnh Gia Long làm nhục sọ các vua Tây Sơn và cảnh mẹ con bà Bùi Thị Xuân bị xử voi dầy với những lời giáo đầu như sau: "Vua Gia Long trở về Kinh đô Nam Hà nghỉ ngơi khoảng hai tháng. Sau đó ông lo việc hành hình tù nhân. Một trong những người đầy tớ mà tôi [Bissachère] gửi vào triều để xin vua cho tôi một giấy phép, ở trong danh sách những người được phép vào cung, đứng trước mặt vua, trong một tháng, y làm việc trong ngày xử tội, nên y nhìn thấy rõ từ đầu đến cuối*. Khi trở về,* y đã kể cho tôi nghe*, hôm nay tôi không nhớ hết tất cả quang cảnh cực kỳ kinh tởm này, tôi chỉ kể lại những điều khủng khiếp nhất mà về sau mọi người trong nước Nam đều biết"*12.

Đoạn văn này có 7 điểm đáng chú ý:

1- Việc Gia Long hành hình mà Bissachère mô tả sau đó, không phải ông được xem tận mắt, mà do người đầy tớ của ông kể lại.

2- Người "đầy tớ" này được ông sai vào triều để xin phép vua hay xin vua một giấy phép (une permission du roi) để làm gì, không thấy viết rõ.

3- Tại sao "người đầy tớ" của một giáo sĩ không có chức vụ gì đặc biệt trong triều, lại được quyền vào cung, đứng trước mặt vua, trong một tháng?

4- Tạm hiểu là y được phép đứng hầu vua trong một tháng. Tại sao nhà vua lại có chung người hầu với một giáo sĩ? Nhất là vị giáo sĩ này, mới đây còn phải sống lẩn lút trong rừng.

5- Ngay cả Giám mục Labartette, người cai quản giáo phận Bắc hà (tương đương với Giám mục Bá Đa Lộc ở trong Nam) cũng phải sống lẩn trốn, khi Gia Long chiếm Phú Xuân không dám ra trình diện. Theo Barisy13, vua đã sai ông đi kiếm vị thủ lãnh đạo Gia Tô này. Theo giám mục Labartette việc được vua vời là một ân huệ lớn. Một giáo sĩ vô danh như Bissachère làm sao có thể "giao thiệp" với vua, chưa nói đến việc gửi đầy tớ vào triều, xin vua việc này việc nọ?

6- Bissachère không hiểu nghi lễ của triều đình, hoặc cố tình viết loè người Pháp rằng triều đình Việt Nam như chỗ không người, ai vào cũng được. Ông có "thế lực" đến độ có quyền gửi "đầy tớ" vào cung. Ông không biết là sứ thần các cường quốc Anh, Pháp đến xin yết kiến, cũng không được vua tiếp.

7- Việc xử tử không thể xẩy ra ở trong cung (palais), như người "đầy tớ" kể lại. Xử tử ở ngoại thành.

Bẩy điểm nói trên, chứng tỏ Bissachère bịa chuyện để phô trương sự quan trọng của mình.

Sau đó, Bissachère "mô tả" cuộc hành hình như sau:

"Việc đầu tiên chiếu cố đến ông vua Tây Sơn trẻ [Cảnh Thịnh] là họ bắt ông mục kích cảnh đau đớn: quật xác cha mẹ chết từ 10, 12 năm, cùng xác những người thân*. Xương cốt cha mẹ* [vua Quang Trung và Hoàng Hậu] được bầy lại rồi chém đầu theo đúng hình thức, làm cho nhục nhã, và theo sự mê tín của nước này, chính là để cho [hương hồn] những hài cốt này không thể phù hộ phúc lộc cho con cháu. Sau đó, họ bỏ tất cả xương cốt Tây Sơn vào một cái thúng lớn, bắt lính đi tiểu lên, rồi nghiền nát thành bột, bỏ sang thúng khác để cho vua trẻ Tây Sơn nhìn thấy mà đau lòng*.*

Cho vua ăn một bữa thật sang trọng, đúng như thủ tục ở đây đối với tử tội; người em út, can đảm hơn, thấy vua ăn, trách, và vì cái bàn để đồ ăn có dấu hiệu vương giả, y nói: "Nhà ta không thiếu gì bàn ăn mà anh phải ăn bàn mượn"; sau bữa, người ta nhét giẻ vào miệng y và nhiều người khác vì sợ y lại nguyền rủa vua mới [Gia Long], rồi buộc tứ chi của y vào bốn con voi để xé xác. Bị voi xé xong đùi và gân cốt rồi, y còn ngoảnh lại nhìn cái thúng đựng xương cốt cha mẹ. Những kẻ hành hình, dùng một thứ dụng cụ mà bên Âu Châu không thể tưởng tượng nổi, chia làm bốn những phần hãy còn dính nhau, cùng với cái đùi đã rời, thành năm phần thịt, đem bầy ở năm chợ đông nhất thành phố, mỗi miếng trên một cột rất cao; được canh gác ngày đêm; kẻ nào xâm phạm sẽ bị tội nặng. Đợi cho thối tha hay bị qụa riả hết.

Còn về ông tướng Thiên Phô nổi tiếng [Thiếu phó Trần Quang Diệu] được gia đình và những ai quen biết kính trọng và thương tiếc, ngày hôm trước hay chính ngày chết, ông đã hiếu thảo xin vua tha chết cho mẹ già 80 tuổi, không thể làm hại ai, và ông được toại nguyện; ông bị chặt đầu, ông có người con gái tuổi 15, hết sức khả ái, khi cô trông thấy con voi lớn sừng sững tiến đến quật cô, cô hét lên một tiếng thất thanh thê thảm về phía mẹ, nói với bà rằng: "Mẹ ơi cứu con với!" Mẹ cô là người đã cầm đầu quân đội, bảo con: "Mẹ cứu thân mẹ còn chưa được làm sao cứu nổi con. Con phải chịu chết như cha và cả gia đình, còn hơn sống nhục với những kẻ này..." Nhiều người xem muốn cứu cô gái, đã phải quay mặt đi để khỏi nhìn thấy cảnh cô bị hai lần voi tung lên trời, rơi xuống trúng hai sừng voi đâm thủng.

Khi đến lượt vị nữ anh hùng, tức vợ của vị Thiếu Phó, bà hiên ngang tiến đến trước voi để kích thích nó. Khi bà đến gần, người ta hét lên bắt bà phải quỳ xuống cho voi dễ quật, nhưng bà không quỳ, bà tiếp tục đi tới; người ta kể rằng, mặc dù con vật bị kích thích mạnh, vẫn phải bắt buộc nó mới ném bà lên, vì nó đã nhận ra bà là một trong những chủ cũ của nó; trước khi bị hành hình, người đàn bà can đảm này đã cho đem vào nhà tù nhiều tấm lụa để quấn chân và thân mình tới ngực, tránh cho thân khỏi bị loã lồ khi chịu cực hình.

Những kẻ hành hình, nghe nói để có can đảm, đã ăn tim, gan, phổi, và cánh tay mập mạp của bà*, vì bà đã làm cho bao nhiêu quân lính sợ hãi, cả tướng của chúng nữa, khi leo tường* [ở Trấn Ninh], họ giao chân tay bà cho sự háu đói của bọn ăn thịt người này. Ở Bắc Hà, thịt người nhắm rượu ăn sống (nhưng người ta chỉ ăn trong những dịp như vậy*)"14.*

Trong những năm có nạn đói khủng khiếp, người ta đã phải ăn đến thịt người, điều này Nguyễn Khoa Chiêm đã kể trong Nam triều công nghiệp diễn chí, hay thư của Giám mục Labartette, kể chuyện cả gia đình uống thuộc độc chết, hoặc có người mẹ ăn thịt con còn bú... Nhưng chưa hề thấy ai viết như Bissachère: Ở Bắc Hà, thịt người nhắm rượu ăn sống!

Maybon cho in lại những dòng như thế này, không một lời chú thích. Chúng ta thử tưởng tượng trường hợp ngược lại: một tác giả Việt Nam kể chuyện người Pháp nhắm rượu vang với thịt người, được các học giả Hoàng Xuân Hãn hay Đào Duy Anh cho in lại mà không chú thích, thì người Pháp sẽ đánh giá trình độ học giả Việt như thế nào?

Trở lại những điều Bissachère viết trên đây: Việc quật mộ Quang Trung và hoàng hậu, Thực Lục ghi ở hai nơi:

  • Tháng 12/1801 (tháng 11 Canh Thân) "Phá huỷ mộ Tây Sơn Nguyễn Huệ, bổ săng, phơi thây, bêu đầu ở chợ. Con trai, con gái, họ hàng và tướng hiệu, 31 người, đều bị lăng trì cắt nát thây".

  • Ngày 6/12/1802 (ngày Giáp Tuất tháng 11 Nhâm Tuất), làm lễ hiến phù (lễ dâng tù binh): "đem hài cốt của Nguyễn Văn Nhạc và Nguyễn Văn Huệ giã nát rồi vứt đi, còn xương đầu lâu của Nhạc và Huệ thì đều giam ở nhà Đồ Ngoại"15.

Tóm lại, tháng 12/1801: quật mồ, phơi thây, bêu đầu. Một năm sau, tháng 12/1802, làm lễ hiến phù: đem xương giã nát và giam đầu lâu vào ngục. Vậy còn đâu xác nữa mà quật lên trước mắt anh em Quang Toản?

Đáng lý chúng ta chẳng cần quan tâm đến những dòng biạ đặt thô thiển này, nếu nó không có tác hại rộng lớn. Nhưng vì, những điều Bissachère viết về việc Gia Long hành hình Tây Sơn, được Sainte-Croix cho in nguyên văn năm 1810, Montyon tóm lược lại, in năm 1811. Maybon tái bản Ký sự Bissachère, năm 1820. Taboulet trích in đoạn hành hình này, năm 1955, trong bộ sách La geste française en Indochine, tập II, t. 265-266. Theo Nguyễn Quốc Trị, thì Hoàng Xuân Hãn cũng trích dịch Montyon, để lên án Gia Long. Riêng cảnh hai mẹ con tướng Bùi Thị Xuân "bị voi dầy" được tác giả Quỳnh Cư mô tả lại toàn bộ trong tiểu thuyết lịch sử "Đô đốc Bùi Thị Xuân"16 trừ đoạn ăn thịt người! Như vậy đủ biết tác dụng tai hại của Bissachère.

Việc Gia Long bắt và giết gia đình Tây Sơn, được Thực Lục ghi rõ tên từng người mà chúng tôi đã trích dẫn trong chương 3, Tóm tắt lịch sử. Ở đây chỉ trích những đoạn Thực Lục viết về việc hành hình: "Tháng 11 [năm Nhâm Tuất, tức tháng 12/1802] làm lễ tuyên cáo võ công. Ngày Quý Dậu [30/11/1802] tế thiên địa thần kỳ. Ngày Giáp Tuất [1/12/1802] hiến phù ở Thái Miếu.

Sai Nguyễn Văn Khiêm là Đô Thống chế dinh Túc Trực. Nguyễn Đăng Hựu là Tham tri hình bộ áp dẫn Nguyễn Quang Toản và em là Quang Duy, Quang Thiệu, Quang Bàn ra ngoài cửa thành, xử án lăng trì cho 5 voi xé xác (dùng 5 con voi chia buộc vào đầu và hai tay hai chân, rồi cho voi xé, đó là một thứ cực hình), đem hài cốt của Nguyễn Văn Nhạc và Nguyễn Văn Huệ giã nát rồi vứt đi, còn xương đầu lâu của Nhạc và Huệ thì đều giam ở nhà Đồ Ngoại17(năm Minh Mệnh thứ hai đổi giam vào ngục thất cấm cố mãi mãi). Còn đồ đảng là bọn Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng đều xử trị hết phép, bêu đầu cho mọi người biết"18.

Bài chiếu ở đoạn sau, viết rõ hơn: "Ngày mồng 6 tháng này [6/11 ÂL, tức ngày 30/11/1802] tế cáo Trời Đất; ngày mồng 7 [7/11 ÂL, tức ngày 1/12/ 1802] yết tế Thái miếu, làm lễ hiến phù, bọn Nguyễn Quang Toản và ngụy thái tể Quang Duy, Nguyên súy Quang Thiệu, Đốc trấn Quang Bàn, Thiếu phó Trần Quang Diệu, Tư đồ Võ Văn Dũng, Tư mã Nguyễn Văn Tứ, Đổng lý Nguyễn Văn Thận, Đô ngu Nguyễn Văn Giáp, Thống tướng Lê Văn Hưng, cùng vời bè lũ đầu sỏ đều đã bắt giam, đều đem giết cả, bêu đầu bảo cho dân chúng. Nhạc Huệ trời đã giết rồi, cũng đem phanh xác tan xương, để trả thù cho Miếu Xã, rửa hận cho thần nhân"19.

Xem như vậy, bốn người có tội nặng nhất là bốn con vua Quang Trung bị voi xé xác: Gia Long báo oán sự Tây Sơn giết gia đình mình, đào mả các chúa Nguyễn. Còn các đại tướng Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng... cùng với bè lũ đầu sỏ, đều bị chém bêu đầu. Bùi Thị Xuân, như chúng tôi đã nhắc đến trong chương 3, Tóm tắt lịch sử, không thấy Thực Lục ghi tên bà trong số những vị tướng bị bắt, cũng không thấy tên bà trong danh sách các tướng bị hành hình. Liệt Truyện viết: "Quang Diệu từ Quy Hợp xuống Hương Sơn (Nghệ An), nghe thấy Nghệ An đã phá, bèn qua Thanh Chương sang sông Thanh Long, những người đi theo dần dần tản đi cả. Diệu và vợ là Thị Xuân đều bị quan quân bắt sống"20. Vì Liệt Truyện muốn kể một câu chuyện cho nên có thể tác giả đã "suy ra" việc Bùi Thị Xuân bị bắt cùng với Trần Quang Diệu; nhưng nếu đọc kỹ Thực Lục và Liệt Truyện về giai đoạn cuối cùng của Trần Quang Diệu, cầm quân từ Qui Nhơn về, lội đèo vượt suối, luôn luôn phải phòng bị quân Nguyễn truy kích mọi ngả; khi bị bắt, cả quân tướng đều hoàn toàn kiệt sức không còn chống nổi nữa. Như vậy thì khó có thể ông gặp được vợ, mà bà Bùi Thị Xuân có muốn đi tìm chồng cũng không biết đâu mà kiếm; nhất là Thực Lục chuyên chép những dữ kiện xác thực, không ghi việc này. Cho nên việc bắt được Bùi Thị Xuân hay không cũng còn là một nghi vấn lịch sử.

Á Đông có sự kính trọng nhân tài mà những người thiển cận như Bissachère không thể hiểu được: các tướng tài khi bị bắt thường được dụ hàng, nếu không theo mới xử tử. Trong thời gian nội chiến, có những tướng của Nguyễn Ánh sang hàng Tây Sơn và ngược lại. Trần Quang Diệu vào thành Bình Định, khóc trước thi hài Võ Tánh, làm lễ chôn cất vị anh hùng của nhà Nguyễn, tử tiết, rất trọng thể. Bà Bùi Thị Xuân thực quả cảm đã được sử thần triều Nguyễn mô tả với sự nể phục, nếu bà bị xử tử, chắc chắn đã có vài dòng trong Thực Lục hoặc Liệt Truyện.

Bissachère coi nước ta là man di mọi rợ, ăn thịt người, không có luật pháp gì cả, nên ông muốn viết sao thì viết. Ngoài ra ông còn mắc thêm bệnh phô trương và khoác lác, ta có thể thấy sự này trong sách của Montyon. Đây là những điều Bissachère nói với Montyon và được Montyon ghi lại trong bài tựa sách của ông: "Ông Bissachère đã sống 18 năm ở Bắc Hà và Nam Hà, đã đi hầu hết khắp nơi trên nước này và các nước lân cận; ông nghe và nói được tiếng [Việt] và đã có quan hệ với tất cả mọi tầng lớp dân chúng ở đây. Là vị cha thực tế, tâm giao, cố vấn của giáo dân, khá nhiều trong xứ này, ông giao thiệp với những nhân vật hàng đầu của quốc gia, ông thường hội họp với các quan, chính ông cũng có văn bằng làm quan; theo lệnh triều đình, ông có những người Bắc phục dịch riêng cho ông; nhiều lần ông được bệ kiến Hoàng đế."21

Bissachère đến Nghệ An năm 1790, khi Quang Trung trị vì, rồi phải trốn chui trốn nhủi qua các đợt đán áp đạo giáo năm 1795, 1798, 1799, dưới triều Cảnh Thịnh, như Maybon ghi trong tiểu sử Bissachère. Vậy Bissachère làm quan với ai, vào lúc nào? Nhiều lần bệ kiến Hoàng đế, Hoàng đế nào? Quang Trung hay Quang Toản?

Ngay cả việc Maybon kể: khi Gia Long hành quân ra Bắc qua Nghệ An, Giám Mục Castorie [La Mothe] và La Bissachère đến chào, cũng chẳng có gì là chắc chắn, vì lúc ấy, bề trên của các ông là Giám Mục Labartette còn đi trốn, vì chưa biết thái độ của Gia Long đối với đạo như thế nào. Đến khi Gia Long, vị tình với Bá Đa Lộc mà sai Barisy đi tìm, giám mục Labartette mới dám ra. Tạm cho là Bissachère có thể đã gặp Gia Long năm 1802 ở Nghệ An. Năm 1806, Bissachère về Macao. Trong thời gian ở giữa 1802 đến 1806, Bissachère đã lập được những "công trạng" gì để thành quan trong triều Gia Long và được nhiều lần bệ kiến Hoàng đế? Không thấy Maybon giải quyết những vấn đề này.

Tội tử hình ở Việt Nam

Nhân việc Bissachère kể hai mẹ con bà Bùi Thị Xuân bị xử "voi dầy". Chúng ta thử xem lại các loại hành hình trong luật pháp Việt Nam. Về tội xử tử, đời Lê, Phan Huy Chú viết:

"Tử hình (giết chết) có ba bực (từ giảo, trảm đến lăng trì gồm làm ba bực. Giảo với trảm kể là một bực, khiêu và lăng trì kể riêng là 2 bực, có thêm bớt):

1- Giảo (thắt cổ) và trảm (chém đầu).

2- Khiêu (chém bêu đầu).

3- Lăng trì (chặt chân tay, xẻo thịt, làm cho chết dần).

Xét: Phép ngũ hình, từ trước đời Tuỳ (589-618) là: mặc (thích chữ vào mặt), giảo, trảm, khiêu, liệt (xé xác) (...) Đến nhà Tuỳ mới định lại (...), tử hình còn hai bực: giảo, trảm; bỏ những hình tàn khốc, đánh tiên (đánh roi da hoặc sắt), bêu đầu, xé thây. Nhà Đường (618-907) cũng theo như thế (...) thành phép đời sau không thay đổi (...) Đến đời Nguyên (1206-1368) lại đặt thêm hình lăng trì, tức đời trước gọi là "oa". Đời trước hình này dầu có dùng ở ngoài pháp luật, nhưng chỉ là để xử trị những kẻ ác nghịch cực nặng, không ghi vào hình thư. Đến đời nhà Nguyên mới thấy ở hình thư mà luật triều Lê ta cũng nhân theo đó."22

Tội xử tử đời Nguyễn, theo Khâm Định Đại Nam Hội Điển Sự Lệ, tức Hội Điển ghi:

Có 5 tội hình: 1- Tội đánh roi. 2- Tội đánh trượng. 3- Tội đồ. 4- Tội lưu. 5- Tội xử tử.

Tội xử tử lại chia làm 5 loại như sau:

"Có tội giảo, tội trảm và tội lăng trì, cưu thủ, lục thi. Nếu kẻ nào tội ác quá nặng, thì đem thi hành ngay, không phải đợi đến kỳ xét án; còn các tội khác đều đợi đến hạn mùa thu mới đem thi hành án"23.

Giảo là thắt cổ, trảm là chém đầu, lăng trì là xẻo từng miếng thịt, cưu thủ là chém rồi lấy đầu đem bêu, lục thi là băm xác ra.

Như vậy, Gia Long cho thêm tội lục thi là băm xác khi xử tử Tây Sơn, và ông đã áp dụng ba loại cực hình sau đây:

Đối với các con của Quang Trung: Quang Toản, Quang Duy, Quang Thiệu, Quang Bàn "xử án lăng trì cho 5 voi xé xác (dùng 5 con voi chia buộc vào đầu và hai tay hai chân, rồi cho voi xé, đó là một thứ cực hình), đem hài cốt của Nguyễn Văn Nhạc và Nguyễn Văn Huệ giã nát rồi vứt đi" "Còn đồ đảng là bọn Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng đều xử trị hết phép, bêu đầu cho mọi người biết."24, tức là:

  • Lăng trì: xử các con Quang Trung, nhưng không cắt từng miếng thịt, mà cho voi xé xác.

  • Lục thi: nghiền hài cốt Quang Trung và Hoàng hậu.

  • Cưu thủ: chém bêu đầu các đại tướng Trần Quang Diệu, Võ Văn Dũng, vv...

Không nói gì đến Bùi Thị Xuân. Nếu bà bị tử hình, thì cũng ở trong trường hợp của các đại tướng, tức là chém đầu, không thể ở trong trường hợp xử các con vua Quang Trung.

Luật Gia Long trong Hội Điển không ghi cực hình voi dầy. Và trong các hình luật trước, từ đời Lê ngược lên đến nhà Tuỳ bên Tầu, cũng đều không thấy ghi lối xử tử này. Các con vua Quang Trung bị kết án lăng trì (xẻo từng miếng thịt) nhưng có lẽ Gia Long thấy hình phạt này quá tàn ác, nên thay thế bằng voi xé xác. Cực hình voi xé xác không ghi trong luật, nhưng trường hợp này cho thấy tương đương như lăng trì. Bà Bùi Thị Xuân chỉ là tướng Tây Sơn, nếu bị bắt, không thể bị xử nặng hơn chồng, nghiã là ngang hàng với các con vua Quang Trung.

Đó là những chứng cớ cho thấy những điều Bisschère viết ra là không có cơ sở25.


Ngày 11/11/1789, bác sĩ Joseph-Ignace Guillotin, nghị viên, đòi sự công bằng trước cái chết. 1/12/1789, ông tuyên bố: "Chém, dưới hình thức đơn giản máy móc". 1791, luật hình ghi: "Mọi án tử hình đều chém". Nhưng Guillotin không phải là người sáng tạo ra máy chém. Antoine Louis, nguyên bác sĩ quân y, được lệnh sáng tạo máy chém. 17/4/1792, thử máy ở bệnh viện Bicêtre trên ba xác người. Máy được đặt trên bệ cao, gọi là échafaud (đoạn đầu đài). Mặc dù có sự phản đối của ông, người ta vẫn lấy Guillotin làm tên máy chém: La Guillotine. Pháp bước vào giai đoạn Kinh Hoàng (La Terreur): Vua Louis XVI lên đoạn đầu đài ngày 21/1/1793 tại quảng trường La Révolution (nay là Concorde), hoàng hậu Marie Antoinette ngày 16/10/1793. Trong thời Kinh hoàng (1792-1794), số người lên máy chém ước lượng 16.000 đến 17.000; tổng cộng số người bị giết khoảng 100.000.

© Copyright Thuy Khue 2015


  1. Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, nxb Librairie Plon, Paris, 1920. ↩︎

  2. Tên đầy đủ: La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de Mr de La Bissachère*,* nxb Champion, Paris, 1920. ↩︎

  3. Theo tiểu sử Bissachère do Maybon soạn trong bài Introduction, Ký sự Bissachère, t. 5. ↩︎

  4. Launay III, t. 12. ↩︎

  5. Decaen có nhiệm vụ tiếp nhận các thuộc địa Pháp ở Á Châu được Anh trả lại sau hiệp định Amiens 27/3/1802. ↩︎

  6. Aux Archives du droit français, Imprimerie Crapelet, Paris, 1810. ↩︎

  7. Maybon, Ký sự Bissachère, Introduction, t. 6-7. ↩︎

  8. Ký sự Bissachère, t. 106-107. ↩︎

  9. Ký sự Bissachère, t.132-133. ↩︎

  10. Liệt Truyện, II, Nguyễn Văn Huệ, t. 548. ↩︎

  11. Maybon, Ký sự Bissachère, t. 110, note 1. ↩︎

  12. Nguyên văn: "Le Roy Gia Long étant arrivé à la Capitale de la Cochinchine s'y reposa pendant deux mois ou environ. Ensuite il s'occupa du supplice de ses prisonniers; un de mes gens que j'avais envoyé à la cour, pour m'obtenir une permission du roy et qui fut porté sur la liste de ceux qui pouvoient entrer au palais et se tenir devant Sa Majesté pendant un mois, se trouva de service le jour de l'éxécution, et il la vit tout entière depuis le commencement jusqu'à la fin. A son retour il m'en a fait le récit, je ne puis m'en rappeler aujourd'hui toutes les circonstances qui d'ailleurs sont extrêmement dégoutantes, je ne rapporterai dont ce que je me souviens, ou ce qui m'a frappé le plus du récit qui m'en a été fait et qui depuis a été publique dans tous les états du roy de Cochinchine" (Ký sự Bissachère, t. 117-118). ↩︎

  13. Thư Barisy gửi M. Marchini, ngày 15/7/1801 (Launay, III, t. 423). ↩︎

  14. Nguyên văn tiếng Pháp câu cuối: "Les exécuteurs pour avoir dit-on son courage, mangèrent son coeur, son foie, ses poumons et ses bras potelés, elle avait causé tant de peur aux soldats et même à leur Chef à l'escalade de la muraille qu'on livra ses membres à la voracité de ces cannibales. Au Tonquin, la chair humaine se mange crue en buvant du vin (mais on n'en mange que dans de semblables occasions" (Ký sự Bissachère, t. 121). ↩︎

  15. TL. I, t. 473 và 531. ↩︎

  16. Nxb Phụ Nữ, 1985. ↩︎

  17. Tức Ngoại đồ gia, sau đổi là Vũ khổ. ↩︎

  18. TL, I, t. 531. ↩︎

  19. TL, I, t. 532-533. ↩︎

  20. LT, II, t. 570. ↩︎

  21. Montyon I, Introduction, t.7-8. ↩︎

  22. Phan Huy Chú, Lịch Triều Hiến Chương Loại Chí, Tập II, Hình Luật Chí, t. 306. ↩︎

  23. Khâm Định Đại Nam Hội Điển Sử Lệ, Trần Huy Hân dịch, tập 11, t. 19. ↩︎

  24. TL, I, t. 531. ↩︎

  25. Án tử hình ở Pháp: Cũng nên nhắc lại cho Bissachère biết về án tử hình ở Pháp: trước cách mạng 1789, có những cách xử tử sau đây: la potence (treo cổ), le bucher (đốt), la roue (nghiền xay bánh xe), l'écartèlement (xé xác bằng ngựa), còn décapitation (chém) chỉ dành cho quý tộc. Sự nghiền xay bằng bánh xe, sự đốt cháy và ngựa xé xác còn độc ác hơn bị voi xé xác. ↩︎