Chapitre 8

Chronologie des événements

Chương 8

Lịch trình diễn biến sự việc

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

Le manifeste du roi Quang Trung

Après l'écrasement des troupes des Qing en 1789, le prestige de Quang Trung est éclatant ; mais la brouille entre les frères, ouverte en 1787, a laissé sa marque. Le pays est coupé en deux : Nguyễn Huệ tient de Phú Xuân vers le Nord, Nguyễn Nhạc du Quảng Nam jusqu'à Quy Nhơn. Les terres de Phú Yên, de Khánh Hoà et de Bình Thuận appartiennent en principe à Nguyễn Nhạc, mais restent une zone de litige permanent. Nguyễn Ánh tient le Sud. Ils se disent « trois pays ».

Du côté de Nguyễn Ánh, la pacification du Sud est achevée, l'administration et l'armée sont solides. Le plan de guerre est arrêté lui aussi : on ne se battra pas sans relâche, on se battra selon la mousson — profiter du vent pour porter la flotte à l'attaque et prendre du terrain, y laisser des troupes et des généraux pour le garder ; le vent tombé, rentrer à Gia Định et faire cultiver les soldats en attendant l'année suivante. Cette politique — se battre quand l'ennemi est là, renvoyer les soldats aux rizières quand on cesse de se battre — remonte aux Tang ; chez nous, tous les règnes l'ont plus ou moins pratiquée, et elle n'a pas été « enseignée » par Pigneau de Béhaine, comme l'écrit Faure et comme le recopient ceux qui viennent après lui.

Du côté de Quang Trung, la stratégie est claire elle aussi. Après sa victoire sur les Qing, il sonde le Nord, à la fois pour entretenir la paix et pour réclamer les terres du Guangdong et du Guangxi. À l'intérieur, il bâtit sa capitale de Phượng Hoàng au Nghệ An, sur le territoire de Vinh aujourd'hui, pour tenir à égale distance le Sud et le Nord. Lê Duy Chi, frère de Chiêu Thống, s'étant lié aux troupes du Laos, Quang Trung envoie Trần Quang Diệu châtier Vientiane et s'empare du Laos. Il attaque ensuite vers le Cambodge et la Cochinchine, mais, arrêté par les obstacles, change de stratégie et retire ses troupes ; il s'allie aux bâtiments de guerre des pirates Tề Ngôi et attaque par mer. Après que Nguyễn Ánh eut anéanti d'un coup, en juillet-août 1792, la marine de Nguyễn Nhạc à Thị Nại, Quang Trung décide de raser le Sud : il fait proclamer un manifeste au peuple des deux régions du Quảng Ngãi et de Quy Nhơn, avant de faire passer son armée droit à travers les terres de Nguyễn Nhạc pour attaquer Gia Định. Le manifeste de Quang Trung que nous présentons ci-dessous se place dans ce contexte.

Chronologie des événements

Les événements se succèdent dans l'ordre suivant :

  • En juin 1791, Quang Trung envoie Trần Quang Diệu et Nguyễn Văn Uyên châtier le Laos ; le roi du Laos, battu, s'enfuit au Siam. En octobre 1791, Vientiane est prise.

  • En septembre 1791, Pigneau de Béhaine, sachant d'avance que Quang Trung va attaquer le Sud, cherche par tous les moyens à s'en aller en entraînant les Français avec lui, et calcule qu'ainsi le parti est bon des deux côtés : gagner les bonnes grâces de Quang Trung si Quang Trung l'emporte, et se mettre à l'abri de la guerre en attendant que tout soit fini, pour se ranger ensuite du côté du vainqueur. Nguyễn Ánh autorise Pigneau de Béhaine à rentrer en France, mais Pigneau ne part pas.

  • En février 1792, Quang Trung mène environ trente mille hommes par la route du Laos pour attaquer le Cambodge, arrive à la frontière khmèro-vietnamienne, puis se retire.

  • En avril-mai 1792 (3ᵉ mois lunaire), le roi de Siam fait porter une lettre demandant à Nguyễn Ánh de l'aider à « venger » le roi du Laos. Nguyễn Ánh apprend que Nguyễn Huệ met en mouvement de deux à trois cent mille hommes de marine et d'infanterie : l'infanterie doit passer par la montagne et par le Laos pour attaquer le Cambodge et prendre Saigon à revers ; la marine doit entrer par la passe de Hà Tiên et remonter sur Long Xuyên et Kiên Giang, pour prendre Saigon de front1.

  • En juin 1792, les soldats français, ou bien manquent à la discipline, comme Dayot, et sont chassés par Nguyễn Ánh, ou bien veulent eux-mêmes s'en aller. Pigneau de Béhaine demande à partir une seconde fois. Nguyễn Ánh le retient.

  • En juin-juillet 1792, 5ᵉ mois lunaire, Nguyễn Huệ s'allie aux pirates Tề Ngôi et porte ses bâtiments de guerre sur Bình Khang et Bình Thuận, qu'il ravage.

  • En juillet-août 1792, 6ᵉ mois lunaire, averti par ses espions que Nguyễn Nhạc rassemble ses bâtiments de guerre à la passe de Thị Nại pour attaquer le Sud, Nguyễn Ánh prend les devants : il porte sa marine sur Thị Nại et anéantit les forces navales de Nguyễn Nhạc, pendant que celui-ci est à la chasse.

  • La bataille de Thị Nại de 1792, première grande victoire de Nguyễn Ánh, met Quang Trung en fureur : il décide de « balayer Gia Định ».

  • Le 27 août 1792, Quang Trung fait proclamer aux mandarins, aux soldats et au peuple des deux régions du Quảng Ngãi et de Quy Nhơn un manifeste leur enjoignant de préparer le passage de sa grande armée, qui va châtier Gia Định et « raser » le Sud jusqu'à la frontière du Siam.

  • Le 16 septembre 1792, Quang Trung meurt.

Quang Trung bâtit Phượng Hoàng Trung Đô

Après sa victoire sur les Qing, Nguyễn Huệ décide de fonder une grande œuvre, et d'abord d'établir une capitale à lui : ni Phú Xuân, qui est aux seigneurs Nguyễn, ni Thăng Long, qui est aux rois Lê. Nguyễn Huệ choisit les terres du Nghệ An, au milieu, pour y établir sa capitale du Centre.

De quand date, chez Nguyễn Huệ, le projet d'établir sa cour au Nghệ An ? D'après Hoàng Xuân Hãn, dans La Sơn Phu Tử2, l'affaire tient à Nguyễn Thiếp. Nguyễn Huệ invite trois fois le maître à venir l'aider :

La première fois, par une lettre du 5 février 1787 (18/12 de la 9ᵉ année de Thái Đức) (Nguyễn Hữu Chỉnh venait alors d'abattre Trịnh Bồng, avait été fait duc de Bằng et gouvernait au Nord). Le maître refuse. En mai 1787 (4ᵉ mois lunaire), Nguyễn Nhạc se proclame empereur à Quy Nhơn et fait de Nguyễn Huệ le roi Bắc Bình, établi à Phú Xuân. Les frères Tây Sơn se brouillent. Huệ met le siège devant Quy Nhơn et prend lui-même le titre de roi Chính Bình ; il envoie Vũ Văn Nhậm prendre le Nghệ An. Nguyễn Hữu Chỉnh accapare le pouvoir au Nord. Huệ, furieux, se prépare à prendre le Tonkin.

La deuxième fois, Huệ écrit le 21 septembre 1787 (10/8 de la 10ᵉ année de Thái Đức) pour presser La Sơn Phu Tử Nguyễn Thiếp. Le maître refuse.

La troisième lettre, écrite le 23 octobre 1787 (13/9 lunaire), est pressante et serrée dans son raisonnement. Le maître refuse encore.

Trois mois après cette troisième lettre, Huệ envoie Nhậm attaquer Chỉnh. En janvier 1788 (12ᵉ mois lunaire), Chỉnh est battu et mis à mort. Nhậm s'établit à Thăng Long.

En mai 1788 (4ᵉ mois lunaire), apprenant que Nhậm veut se rendre indépendant, Huệ monte à Thăng Long et le fait mettre à mort.

Sur la route du Nord, Huệ établit son quartier général au mont Nghiã Liệt, près du débarcadère de Phù Thạch, et écrit le 23 avril 1788 [18/3 lunaire] pour inviter le maître à le rencontrer. Les paroles du maître pendant l'entrevue ne font qu'accroître son admiration. Et c'est dans cette entrevue même que Huệ prie le maître d'examiner pour lui la géomancie, afin de trouver une terre où fonder sa capitale au Nghệ An.

Fin juin 1788 [5ᵉ mois lunaire], Nguyễn Huệ, rentré au Nghệ An, ne voit toujours pas venir le choix du maître ; il lui écrit une lettre de reproche, où se lit ceci : « … il appartient au maître d'en juger de son œil exercé. Qu'il choisisse au plus tôt et qu'il remette l'affaire au gouverneur Thận, pour que le palais s'élève vite. Le terme fixé est de trois mois, afin que le char impérial puisse s'y rendre commodément. Que le maître ne tarde donc plus et ne refuse plus de regarder. » Dans sa réponse, aujourd'hui perdue, Nguyễn Thiếp dissuade Nguyễn Huệ d'établir sa capitale au Nghệ An, de peur d'accabler le peuple. Dix jours plus tard, Huệ lui répond, le 22 juillet 1788 [19/6 lunaire], et l'on y lit : « Cet avis est comme un bon remède : il s'accorde tout à fait à ma pensée. Mais nous venons à peine de prendre le pays et les cœurs commencent seulement à se rallier. Si l'on ne prend pas la terre du Nghệ An pour tenir constamment le haut pays, où trouver de quoi maîtriser le dedans et le dehors ? Le maître l'a certainement déjà bien vu. »

Le 5 août 1788 [4/7 lunaire], le gouverneur Thận écrit de nouveau pour le presser et lui fait connaître le projet d'élever un palais d'étape à Phù Thạch ; le maître ne répond pas. Deux mois plus tard, Nguyễn Huệ lui écrit une lettre de reproche : « Bien des fois nous avons importuné le Maître pour qu'il examine la terre. Les lieux de ce pays où les monts et les fleuves nouent leur vertu, le Maître les a considérés et reconnus avec attention ; et pourtant, depuis longtemps, nous ne voyons pas venir de réponse. »

Si Nguyễn Thiếp tarde à répondre, c'est qu'il espère encore en secret voir le Nord revenir aux Lê et ne veut pas que Nguyễn Huệ abandonne Phú Xuân ; la capitale de Phù Thạch, sur la rivière Lam, au pied du mont Nghiã Liệt, ne se fera donc pas. Mais Nguyễn Huệ tient bon dans son dessein d'établir sa capitale au Nghệ An, cette fois à Yên Trường, c'est-à-dire Vĩnh aujourd'hui (que l'on lit ordinairement Vinh, à tort) ; dans sa lettre du 2 octobre 1788 (3/9 de la 11ᵉ année de Thái Đức) à La Sơn Phu Tử, Nguyễn Huệ en écrit clairement la raison : « Aujourd'hui, la capitale de Phú Xuân est d'accès malaisé. Gouverner le Tonkin de si loin est fort difficile. Les dignitaires de la cour ont délibéré et jugé que seule une capitale au Nghệ An mettrait les distances en balance, permettrait de maîtriser le Sud au-dedans et le Nord au-dehors, et ferait que les gens des quatre horizons pussent y venir porter plainte et s'en retourner commodément (…)

Je me souviens qu'au retour de la dernière expédition, au passage du Hoành Sơn, j'avais fait déployer la carte. J'ai vu qu'au district de Chân Lộc, à la commune de Yên Trường, le site est vaste et l'air clair et vif : on peut le choisir pour y bâtir la capitale nouvelle. C'est vraiment une belle terre où fixer la capitale. »

En 1789, après sa grande victoire sur les Qing, Quang Trung décide d'élever son palais au mont Dũng Quyết, c'est-à-dire Phượng Hoàng Trung Đô. Ngô Thì Chí écrit : « Voyant que le Nghệ An se trouve au milieu du pays et que les routes y mènent de partout à distance égale, il fit lever quantité d'ouvriers pour transporter le bois, la pierre, la brique et la tuile, aménager les palais, élever les tours et les temples, et fermer une enceinte au-dedans. Dans la citadelle furent bâtis le pavillon du Long Lâu, à trois étages, et le palais du Thái Hoà, à deux corps de bâtiment, où se tiendraient les audiences et les félicitations : on l'appela la citadelle de Chung khính Phượng hoàng. »3

Phượng Hoàng est le nom du mont Quyết, ou Dũng Quyết, qui borde aujourd'hui la route de Vinh à Bến Thuỷ. Hoàng Xuân Hãn écrit : « On peut tenir pour assuré que la capitale du Centre de Phượng Hoàng se trouvait entre le mont Mèo (le mont Kỳ Lân) et le mont Quyết. Dans cette citadelle on avait bâti un pavillon à trois étages ; tout autour, des postes ; sur la montagne, un magasin à riz. À la fin des Tây Sơn, le pavillon s'écroula ; le gouverneur Thận le fit démolir pour en prendre le bois et en construire des bâtiments de guerre. »

« La position de la citadelle est très facile à défendre. Devant, la rivière Cồn Mộc et la rivière Lam ; sur le côté, le mont Quyết : autant de fossés et de murailles que la nature a faits.

Au milieu de la citadelle subsistent la trace de l'enceinte intérieure et les soubassements des bâtiments. Il y a surtout, au nord, un terre-plein à trois degrés dont les Nguyễn firent plus tard l'autel du Sol et des Moissons. C'est là, sans doute, que Quang Trung tenait sa cour lorsqu'il séjournait au Nghệ An.

Bien qu'on l'appelle capitale du Centre, la citadelle de Phượng Hoàng est petite : la muraille sud n'a que 300 mètres environ, la muraille ouest 450 mètres, et le terre-plein lui-même n'a que 20 mètres en tous sens. »4.

Le livre La Sơn Phu Tử, page 245, donne le plan de Phượng Hoàng Trung Đô ; dans un angle est dessinée la forme de Vĩnh Thành (l'ancienne citadelle de Vinh), un hexagone à angles saillants. Ce genre de tracé, les Français se l'attribuent d'ordinaire et l'appellent citadelle « Vauban ». Mais Vĩnh Thành est antérieure à l'époque de Quang Trung : on ne voit donc pas comment les Français auraient pu introduire ce modèle de citadelle « Vauban ». Ce sont là des questions qu'il nous faut poser, et auxquelles il faut trouver réponse, si nous voulons comprendre l'architecture des citadelles au Viêt Nam.

Quang Trung s'empare du Laos

Après l'écrasement des troupes des Qing et la construction de Phượng Hoàng Trung Đô au Nghệ An, en 1789, Quang Trung détruit les débris de l'armée de Lê Duy Chi, frère de Lê Chiêu Thống, et châtie Vientiane.

Sur cette affaire, le Liệt truyện écrit :

« Auparavant, l'empereur Chiêu Thống étant passé chez les Qing, son frère Duy Chi occupa les régions de Tuyên Quang et de Cao Bằng, s'appuya sur les chefs indigènes [chefs des Thổ] Nùng Phúc Tấn et Hoàng Văn Đồng, se lia aux bandes Mán de Vientiane et de Trấn Ninh, Trịnh Cao et Quy Hợp, et forma le dessein de forcer la citadelle du Nghệ An. Huệ chargea le gouverneur du Nghệ An, Nguyễn [Trần] Quang Diệu, comme grand commandant général, et le đô đốc Nguyễn Văn Uyên, de mener 5 000 hommes d'élite par la route du haut pays du Nghệ An et d'attaquer. Au 6ᵉ mois [lunaire, juillet 1791], ils prirent Trấn Ninh et détruisirent Trịnh Cao et Quy Hợp. Au 10ᵉ mois [lunaire, novembre 1791], le souverain de Vientiane abandonna sa citadelle et s'enfuit ; on prit ses éléphants, ses chevaux, ses gongs et ses tambours, on le poursuivit au loin jusqu'à la frontière du Siam, on trancha la tête de son général de gauche, Phan Dung, et de son général de droite, Phan Siêu, puis on ramena les troupes à Bảo Lạc. Lê Duy Chi, Phúc Tấn et Văn Đồng, hors d'état de résister, périrent tous. »5

La prise de Vientiane par Quang Trung ébranle tout le bloc du Siam, du Laos, du Cambodge et de la Cochinchine. Le Thực lục, en avril-mai 1792 (3ᵉ mois lunaire), note :

« Le royaume de Siam fit porter une lettre demandant qu'on l'aidât de nos troupes pour attaquer les rebelles Tây Sơn par la route du haut pays. Les rebelles Tây Sơn s'étaient d'abord attiré la haine du royaume de Vientiane, puis avaient mené leurs troupes contre lui : Vientiane fut lourdement battu. Le roi de Siam, voulant venger Vientiane, nous demanda notre aide militaire et exigea que nous donnions Long Xuyên et Kiên Giang à Mạc Công Bính, et Ba Xắc au Chân Lạp. Le roi fit écrire cette réponse :

« Depuis que Nous avons repris Gia Định, Nous nous agitons en un même lieu, ne trouvant plus de goût à manger ni de calme à dormir, tant Nous préoccupe la vengeance du pays, qui n'est pas encore accomplie. Nous apprenons aujourd'hui que le rebelle Nguyễn Văn Huệ a levé au Hà Bắc plus de deux à trois cent mille hommes et forme le dessein de lancer une grande armée de terre et de mer pour venir piller. L'infanterie doit d'abord attaquer les peuples Man du haut pays, marcher sur Phnom Penh, puis se retourner pour attaquer Saigon par-derrière. La marine doit entrer par Côn Lôn, forcer Hà Tiên, prendre la route de Long Xuyên et de Kiên Giang pour attaquer Saigon de front. S'il l'emporte, il attaquera jusqu'au Siam. Ce n'est pas seulement Notre vengeance particulière, c'est aussi celle du royaume de Siam. Le parti à prendre aujourd'hui est que Nous portions Nos troupes de terre et de mer sur Quy Nhơn, tandis que le roi porterait le gros de ses forces sur le Nghệ An. Si le rebelle tient le Nghệ An, le roi attaquera de front et Nous par-derrière ; s'il tient Phú Xuân, le roi le harcèlera par-derrière et Nous attaquerons de front : pris par la tête et par la queue, le rebelle n'aura plus où aller. Quant à Long Xuyên et à Kiên Giang (…) Mạc Công Bính est encore jeune et ne peut porter les affaires militaires (…) et si Nous ne donnons pas la terre de Ba Xắc au Chân Lạp, c'est que… »6.

À lire cet échange entre le roi de Siam et Nguyễn Ánh, on voit que le roi de Siam veut obtenir d'Ánh qu'il joigne ses forces aux siennes pour « venger » le Chân Lạp, mais qu'il en profite pour « réclamer » du même coup Long Xuyên, Kiên Giang et Ba Thắc — et qu'Ánh répond tout net qu'il ne « rendra » rien. Le projet d'« alliance » des trois pays contre Quang Trung montre pourtant à quel point la situation était critique.

Pigneau de Béhaine se prépare à partir avant l'attaque de Quang Trung sur le Sud

Au moment le plus pressant, Pigneau de Béhaine et les « officiers » français songent à s'en aller. Chez Pigneau de Béhaine en particulier, le projet date de 1791. Dans une lettre à M. Létondal du 14 septembre 1791, il écrit :

« … Le roi n'a pas su profiter de l'occasion qu'il avait de battre ses ennemis ; il leur a donné le temps de revenir de leur frayeur et de s'assurer que tout ce qu'on disait du secours des Européens n'était que chimères7. Il a imposé au peuple des taxes et des corvées écrasantes, et le peuple, aujourd'hui menacé par la famine, paraît souhaiter le retour des Tây Sơn. Dans l'état présent des choses, si les Tây Sơn se décident à attaquer, le roi pourra difficilement leur tenir tête.

Je n'ai pas besoin de vous le dire, vous pouvez prévoir vous-même ce qui arrivera si le roi doit une fois de plus fuir son pays. Et avec quelle violence les Tây Sơn se vengeront sur la tête des fidèles et des missionnaires, si je m'obstine à rester ici jusqu'à la dernière minute ! Au contraire, si je pars avant que l'événement se produise, tous les Français me suivront : j'y vois le moyen d'apaiser la colère des Tây Sơn et de les obliger à louer ma conduite. Tout mon souci, ou plutôt mon plus grand souci, a toujours été d'obtenir du roi qu'il consente à mon retrait, au moins pour un temps. Je voudrais aller à Macao, à Manille, ou même passer au Siam, pour attendre l'issue [des événements], quitte à revenir ensuite à la mission, ou à l'aider de quelque manière que ce soit ; mais je ne puis le dire tout net au prince, de peur de le blesser, ce qui porterait le plus grand tort à la mission au cas où il gagnerait la guerre. Le seul parti que je pouvais prendre, et que j'ai pris, est de lui demander de rentrer en France pour y régler mes affaires. Le roi l'a permis très aisément, car les Portugais lui avaient appris la Révolution française et il comprend pourquoi je suis obligé de rentrer. Mais ce qui l'a décidé tout à fait, c'est qu'il veut envoyer un navire acheter ce dont il a besoin, et qu'il ne peut le faire sans l'assentiment des dignitaires de la cour. Ils paraissent avoir décidé de me laisser partir fin novembre ou début décembre, sur le navire doublé de cuivre que le roi vient d'acheter à M. Gombra. Ce navire marche bien, il sera de retour ici dans les dix-huit mois. En tout état de cause, je désire fort revenir ici pour ne pas perdre mes relations avec ce pays et pour mourir la croix à la main, si Dieu en dispose ainsi. Si vif que soit mon désir, je puis encore rencontrer de grandes difficultés ; quoi qu'il en soit, je m'efforce de ne faire que ce que je crois bon pour la mission (…) Je laisse M. Liot à la tête de la mission (…) J'ordonnerai trois religieux, peut-être quatre. J'estime qu'il serait imprudent d'envoyer ici des missionnaires avant de savoir ce qui va se passer d'ici au mois de mars prochain [3/1792]. Je crains fort de ne pas pouvoir partir à temps, avant que le malheur ne frappe le roi, s'il doit arriver. »8.

Cette lettre apprend que, dès septembre 1791, Pigneau de Béhaine connaissait exactement le « programme » de Quang Trung : en mars 1792, il passerait par le Laos pour attaquer la Cochinchine. Elle montre aussi les calculs avisés de l'évêque, et elle réfute les thèses qui font de Pigneau de Béhaine le « chef » placé auprès de Nguyễn Ánh dans la guerre contre les Tây Sơn : non seulement il songeait à partir avant l'attaque de Quang Trung, mais il voulait jouer sur les deux tableaux — trouver le moyen de revenir, la guerre finie, sans avoir rien perdu.

La lettre du missionnaire Le Labousse du 16 juin 1792 dit la force de Quang Trung et la peur de tout le monde. Elle ne porte ni le nom du destinataire ni le lieu où elle est écrite, mais on peut supposer qu'elle vient de Hà Tiên :

« Nous vivons dans une alerte perpétuelle ; la situation incertaine du roi rend notre sort incertain lui aussi. En février dernier [1792], nous avons été obligés de fuir, abandonnant nos ouailles, pour échapper aux mains de l'ennemi [les Tây Sơn]. Ils ont déferlé, environ trente mille hommes, par la route du Laos qu'ils avaient conquis, jusqu'au Cambodge… Mais Dieu a retourné la tempête et nous a laissé un peu de repos ; soit qu'ils aient craint les navires marchands d'Occident, assez nombreux à venir ici, soit que deux armées siamoises leur aient barré l'entrée du Cambodge, ils se sont retirés. Ils sont aujourd'hui maîtres de presque toute la Cochinchine, ont conquis tout le Tonkin et peut-être aussi ce royaume du Laos qu'ils viennent de piller.

Le royaume de Cochinchine est ravagé par la guerre depuis vingt ans. Le peuple est dans la dernière misère : écrasé de constructions, accablé d'impôts, déchiré par la faim, exterminé par la guerre — voilà son sort. L'an dernier, une famine a fait un très grand nombre de morts. La Cochinchine est dans une situation désespérée ; ceux qui suivent le roi sont bien malheureux, mais ceux qui suivent les rebelles le sont plus encore. »9

Sur le « grand fléau Quang Trung », Ngô Thì Chí emprunte les paroles d'une dame du palais s'adressant à la mère de Chiêu Thống pour exprimer sa propre pensée : « [Sun Shiyi] ne sait pas que Nguyễn Huệ est un héros vieilli sous le harnais, féroce et habile à mener des troupes. Voyez-le sortir au Nord, entrer au Sud : c'est un dieu qui paraît, un démon qui disparaît, nul ne peut le deviner. Il a pris Nguyễn Hữu Chỉnh comme on prend un enfant, il a tué Vũ Văn Nhậm comme on tue un porc, et personne n'ose plus le regarder en face. À entendre ses ordres, chacun perd l'âme et le souffle, et le craint plus que la foudre. Je crains bien qu'il ne ressorte d'un jour à l'autre : le gouverneur général Sun a déjà de quoi s'inquiéter au-dedans, comment lui tiendrait-il tête ? »10. Ces paroles du Hoàng Lê nhất thống chí prouvent à quel point les lettrés du Tonkin craignaient Quang Trung.

Devant un tel « fléau », les « officiers » français devaient chercher à s'échapper ; et, l'occasion se présentant d'« obtenir » de Nguyễn Ánh qu'il les chassât, après l'affaire des détournements de Dayot, ils sont partis presque tous. D'après la lettre de Le Labousse du 17 juin 1792 à Létondal, procureur de la maison de Macao, l'affaire s'est passée ainsi : « Le voyage malheureux que Dayot a fait de Macao à Manille et le désordre extrême de ses comptes ont dégoûté le roi ; excédé, il n'a plus rien voulu dire : il a fait chasser non seulement les matelots, mais tous les officiers, et qui veut partir part, on ne retient personne »11.

La lettre de Lavoué à Létondal, écrite de Lái Thiêu le 16 juin 1792, dit la même chose : « Le roi, mécontent des Français, les a tous fait chasser dans les premiers jours de mai [1792] ; ou bien ce sont les Français qui, mécontents du roi, ont demandé à partir et l'ont obtenu sur-le-champ »12.

En somme, ces « officiers » venus se battre pour Nguyễn Ánh ont tous eu, au moment de la plus grande épouvante, la « chance » d'avoir un motif d'être chassés, et donc de pouvoir s'en aller.

Quant à Pigneau de Béhaine, il écrit dans sa lettre du 20 juin 1792 à M. Boiret : « Depuis deux ans, je cherche le moyen de sortir de cette région [la Cochinchine] pour monter au Nord [au Tonkin] sacrer les évêques de ces diocèses, et mon coadjuteur avant tout. Le roi ne l'a jamais permis. Il m'a donc fallu presser la fin de cette affaire et, pour tirer le roi de sa torpeur, j'ai demandé deux fois à rentrer en Europe. Il a cherché plusieurs fois à me retenir et m'a promis de faire plus vite »13. Ces mots prouvent que, « depuis deux ans, Pigneau voulait sortir de cette région » — c'est-à-dire que, depuis son retour à Gia Định avec le prince Cảnh, Pigneau de Béhaine voulait déjà quitter la Cochinchine.

La lettre de Le Labousse à Boiret, du 20 juin 1792, précise bien des détails : « Vous savez peut-être que Monseigneur d'Adran comptait rentrer en France l'an dernier ; le navire était prêt, et voilà que Dieu, admirablement, a tout empêché. À l'heure où j'écris, on prépare de la même façon le navire français le Saint-Esprit pour un pareil voyage ; mais nous espérons que le même Dieu qui a défait le premier départ défera aussi le second. »

Et Le Labousse poursuit, dans la même lettre : « Puisque Monseigneur veut partir, il nous faut préparer notre fuite avec lui, car nous ne pouvons rester quand l'ennemi viendra. Notre projet est, et sera, s'il le faut absolument, de fuir vers le golfe de Siam ; d'y attendre le vent favorable pour faire voile vers Manille, et de là revenir au Tonkin, à Huê, ou en quelque endroit de Cochinchine qui nous ouvrirait sa porte. Les bons franciscains portugais de Manille nous ont promis de nous recueillir. C'est notre confrère M. Boisserand qui sera le pilote… Il étudie les cartes, etc., et se procure des instruments de navigation »14.

Ces lettres font assez bien connaître l'état des Français d'alors : ils avaient trop peur de Quang Trung, tous voulaient partir. Mais le parti des missionnaires ne voulait partir que le temps que les deux camps se battraient ; après quoi ils reviendraient continuer d'évangéliser, que Quang Trung ou Gia Long l'emportât. Les « officiers », eux, débauchés, buveurs et joueurs, ont été chassés par Nguyễn Ánh. Ils tenaient là l'occasion de s'en aller pour de bon sans avoir la honte de passer pour des « lâches ». Finalement pourtant, Nguyễn Ánh se radoucit, se ravisa et pressa Pigneau de Béhaine de rester (nous y reviendrons plus précisément).

On peut comprendre ici pourquoi l'évêque est resté : c'est que Pigneau de Béhaine ne faisait que menacer. Il ne pouvait pas rentrer en France vers 1791-1792, la France étant alors en pleine Terreur, qui épurait la noblesse et le clergé. Et Nguyễn Ánh avait besoin de la présence de Pigneau de Béhaine pour deux raisons : pour faire savoir partout que des Français l'aidaient toujours ; et parce qu'il ne pouvait pas laisser partir Pigneau de Béhaine, l'évêque pouvant fort bien chercher à gagner le Nord auprès de Quang Trung, auquel cas il n'était pas exclu qu'il lui livrât tout ce qu'il savait de Nguyễn Ánh pour se faire valoir.

Nguyễn Ánh et la bataille de Thị Nại de 1792

Dans cette effervescence, Nguyễn Ánh apprend par ses espions que Nguyễn Nhạc rassemble force bâtiments de guerre à Thị Nại pour descendre attaquer le Sud. D'après le Thực lục, dès février 1792 (1ᵉʳ mois de l'année Nhâm Tý), Nguyễn Ánh brûlait lui aussi d'impatience et avait arrêté sa stratégie contre les Tây Sơn :

« Le roi, ardent à combattre les rebelles, dit à ses généraux : "La force des rebelles est aujourd'hui à son plein, et nos troupes viennent seulement de se rassembler : nous ne pouvons pas saisir sur-le-champ la mort de l'ennemi. Mais tant que la vengeance du pays n'est pas accomplie, un jour de plus est un jour de souci. Ne pas se battre cette année, ne pas se battre l'an prochain, laisser les rebelles en repos : ce n'est pas là un bon plan. Mieux vaut multiplier les ruses pour les tromper et frapper vite pour les épuiser. Chaque année, à la saison des vents, la marine avancera par la mer et frappera où elle trouvera une ouverture. L'infanterie partira du Bình Thuận et du Bình Khang [Khánh Hoà], avançant de proche en proche : un district pris, on y élèvera une citadelle ; un canton pris, on y établira un poste, pour servir de rempart à Gia Định. Ainsi la force des rebelles se divisera, leur puissance faiblira, et l'on pourra prendre l'empire."

À partir de cette année-là, dès que soufflait le vent du sud on faisait sortir les troupes contre les rebelles : le vent portant, on avançait ; le vent tombé, on rentrait. Au départ, tous les soldats étaient rassemblés ; au retour, ils se dispersaient dans les rizières. Nos troupes ne se fatiguaient pas d'un long campement et ne coûtaient pas à rester assises à manger, tandis que les rebelles Tây Sơn devaient courir de tous côtés pour y faire face, sans avoir le loisir de former un plan. »15

Du côté de Quang Trung, le Laos conquis, au printemps de 1792, il mène 30 000 hommes à travers le Laos et attaque le Cambodge pour entrer dans le Sud. Mais pourquoi arrête-t-il ses troupes à la frontière khmèro-vietnamienne au lieu de pousser sur Gia Định ? D'après la lettre du 16 juin 1792 de Le Labousse16, ce serait parce qu'il voyait à Gia Định beaucoup de navires marchands européens et s'en défiait, ou parce que les troupes siamoises le prenaient à revers. L'hypothèse tient mal : à lire le manifeste de Quang Trung ci-dessous, il ne fait aucun cas de ces Européens « aux yeux verts », et les Siamois le craignaient plus que le tigre depuis l'affaire de Rạch Gầm et de Xoài Mút.

Le Thực lục, en juin-juillet 1792 [5ᵉ mois lunaire], apprend ceci : « Le rebelle Tây Sơn Nguyễn Văn Huệ s'allia à 40 bâtiments des pirates Tề Ngôi et les fit longer les baies depuis les régions de Khang et de Thuận [Bình Khang et Bình Thuận] vers l'intérieur, pillant la population »17. Quang Trung avait donc abandonné la campagne par le Laos et le Cambodge, et choisi de descendre droit par le Centre.

Du côté de Nguyễn Ánh, de février à juin 1792, on reste sur la défensive : sans doute la rapidité foudroyante de Nguyễn Huệ interdisait-elle de s'aventurer. Ce n'est qu'averti par ses espions que Nguyễn Nhạc accumulait ses bâtiments de guerre à Thị Nại sans se garder qu'il se décide à frapper. Mais avant de faire sortir ses troupes, Nguyễn Ánh, craignant toujours un coup de main de Nguyễn Huệ sur le Sud, prit ses précautions avec grand soin : les généraux Tôn Thất Huy, Võ Tánh et Tống Phước Đạm garderaient Gia Định, Tôn Thất Hội, Vĩnh Long et Định Tường, et Nguyễn Huỳnh Đức, Bà Rịa. La grande armée de Nguyễn Ánh n'attaqua d'ailleurs Thị Nại qu'en un éclair, dix jours, et rentra aussitôt. Les reproches que Pigneau de Béhaine faisait à Nguyễn Ánh — n'avoir pas profité de la victoire pour prendre Quy Nhơn du même coup et pour monter attaquer le Nord (Nguyễn Huệ) —, que les prêtres et les « officiers » français ont écrits et que Maybon et bien d'autres ont repris pour critiquer Nguyễn Ánh, ne comprennent rien à la situation d'alors : Quang Trung était toujours là, et personne ne pouvait lui résister.

Sur la bataille de Thị Nại, en juillet-août 1792 (6ᵉ mois lunaire), le Thực lục note : « Le rebelle Tây Sơn Nguyễn Văn Nhạc avait fait construire quantité de bâtiments de guerre et les tenait à la passe de Thị Nại, dans le dessein d'entrer piller ; les espions en donnèrent avis. Le roi voulut sortir et frapper le premier pour arrêter les rebelles : il ordonna aux généraux et aux soldats des places de Tiên Phong et de Chấn Võ, dépendant du Trung quân, de préparer vivres, fusils et armes selon les règles de la marche, et fixa le jour où l'on éprouverait les bâtiments de guerre au large — navires de grande escadre (c'est-à-dire les grands navires) et navires ô sai (navires légers pour porter les ordres, peints en noir), 128 en tout »18.

Tôn Thất Huy, Võ Tánh et Tống Phước Đạm sont chargés de garder la capitale de Gia Định. Tôn Thất Hội garde Vĩnh Trấn [Vĩnh Long] et Trấn Định [Định Tường], Nguyễn Huỳnh Đức, Bà Rịa.

Le roi Nguyễn fait sortir ses troupes par la passe de Cần Giờ et, le vent portant, va droit à Diên Áo (Vũng Diên) : Nguyễn Văn Thành à l'avant-garde, Phạm Văn Nhơn en second, Nguyễn Văn Trương à l'escorte royale, Nguyễn Văn Nhuận en arrière. « Quand les troupes furent devant la passe de Thị Nại, on fit d'abord débarquer les hommes d'élite pour jeter le feu et brûler le camp naval des rebelles. Nguyễn Văn Trương et Nguyễn Văn Thành, avec les navires Long et Phụng, [chargèrent] droit devant, et le reste des troupes suivit. Le đô đốc rebelle Thành (dont on ignore le nom de famille), voyant fondre sur lui la grande armée, s'enfuit ; nos troupes prirent tous les navires, toutes les barques et toutes les armes (5 grands navires, 30 navires de haute mer, 40 navires d'escorte). On envoya encore rechercher les pirates Tề Ngôi, dont on prit trois bâtiments. Le roi s'établit au marché de Thị Nại, y planta l'étendard qui appelle à la paix, rassura la population et défendit aux soldats de piller. Puis il ordonna la retraite. Cette campagne, du départ des troupes au retour triomphal, ne dura qu'un peu plus de dix jours »19.

Le Thực lục ne dit pas que des Français aient pris part à cette bataille ; il note seulement qu'en juillet-août 1792 (6ᵉ mois lunaire) Olivier de Puymanel fut élevé de cai đội à vệ uý de la garde d'arrière du Thần Sách, par nomination directe. Puymanel appartenait donc au génie et à l'artillerie, c'est-à-dire à l'infanterie ; or, dans cette bataille, Nguyễn Ánh n'employa pas l'infanterie : on peut donc supposer que Puymanel n'y prit pas part. Quant à savoir si Dayot participa à la bataille de Thị Nại de 1792, nous en discuterons au chapitre 19, consacré à Jean-Marie Dayot.

Établir la date de la bataille de Thị Nại, 1792

Le Thực lục consigne les faits par mois et ne donne le jour que pour les affaires très importantes. La bataille de Thị Nại de 1792 y est consignée au 6ᵉ mois lunaire, c'est-à-dire entre le 19 juillet 1792 et le 17 août 1792, et elle a duré dix jours. Mais une lettre de Pigneau de Béhaine peut nous aider à préciser le jour où la bataille de Thị Nại a eu lieu. Cette lettre est réimprimée en deux endroits : dans Montyon II, p. 143, avec le premier passage, mais sans date ; et dans Launay III, p. 284, datée du 18 juillet 1792, et donnée comme une lettre de Mgr Pigneaux à M. Boiret, mais sans le premier passage, celui qui parle de la guerre, et avec quelques phrases de plus à la fin, sans importance. Nous traduisons ici le passage imprimé dans Montyon II qui touche à la bataille de Thị Nại : « … Dans huit jours, le roi ira attaquer Quy Nhơn. Il n'a pas l'intention de prendre cette citadelle : il veut la laisser à Nhạc comme un rempart qui arrête les troupes du Tonkin [Nguyễn Huệ]. Les murailles seront conservées, mais le roi veut tout détruire, pour que Nhạc n'ait plus les moyens de lui nuire ; il pourra ainsi monter attaquer le Tonkin sans avoir à craindre Nhạc, et il n'emmène avec lui que la moitié de son armée. Son infanterie compte 40 Européens, dont l'un a reçu la charge importante de commander 600 soldats ; sa marine a deux bâtiments de guerre occidentaux, pleinement armés. Je crois que, si cette campagne réussit, nous aurons l'occasion d'envoyer des missionnaires au Phú Yên, à Nha Trang, au Bình Khang et au Bình Thuận… »20.

Pigneau de Béhaine parle des préparatifs de Nguyễn Ánh pour aller attaquer Quy Nhơn, et les éléments de la lettre permettent de reconnaître la bataille de Thị Nại de 1792. Selon lui, Nguyễn Ánh n'emmène que la moitié de son armée, ce qui s'accorde au Thực lục : Nguyễn Ánh n'emmena que la marine et les corps de volontaires de la mort. Pigneau de Béhaine apprend encore que l'infanterie de Nguyễn Ánh comptait 40 Européens et un « homme commandant 600 soldats » : celui-là est certainement Puymanel, qui venait d'être élevé au grade de vệ uý de l'armée du Thần Sách. Mais, comme on l'a dit plus haut, Nguyễn Ánh n'emmena pas d'infanterie à Thị Nại : Puymanel n'a donc certainement pas pris part à cette bataille.

Grâce à la date portée sur la lettre dans la version de Launay, nous connaissons le jour exact où le roi Nguyễn partit attaquer Quy Nhơn : la lettre est du 18 juillet 1792 et dit que le roi partira dans huit jours ; Nguyễn Ánh fit donc sortir ses troupes le 26 juillet 1792 et, le Thực lục donnant à la campagne une durée de dix jours, nous pouvons établir que la campagne de Thị Nại commença le 26 juillet 1792 et s'acheva le 5 août 1792.

L'auteur du Sử ký Đại Nam Việt nous donne sur la bataille de Thị Nại d'autres informations, qui méritent attention.

Quand Nguyễn Ánh attaqua Thị Nại, Nguyễn Nhạc était absent, parti à la chasse : « En ce temps-là, le sieur Thái Đức ne se doutait de rien et se croyait en paix et hors d'atteinte ; il était même allé chasser fort loin, et tous ses navires étaient rassemblés dans la passe de Chợ Giã, près de Quy Nhơn. »21

Barrow écrit de même : « Nguyễn Nhạc ne s'attendait pas à cette attaque : ce jour-là, il était allé chasser avec sa cour à trente milles [de Quy Nhơn]. »22. C'est là aussi l'une des principales raisons du succès facile de Nguyễn Ánh.

Le Sử ký Đại Nam Việt raconte que Nguyễn Ánh, ayant fait mettre le feu aux navires des Tây Sơn, se ravisa et fit éteindre l'incendie — ce que l'histoire officielle ne consigne pas —, et il parle surtout du manifeste de Quang Trung, dont l'histoire officielle ne garde absolument aucune trace : « Le sieur Quang Trung, apprenant que son frère avait ainsi été battu, en eut le foie soulevé de colère ; craignant en outre que le sieur Nguyễn Ánh ne vînt l'attaquer à son tour, il rassembla ses soldats et fit apprêter les navires et les barques pour secourir son frère. Voulant aussi enflammer le cœur de ses soldats, il fit proclamer un édit où il rappelait les grandes choses qu'il avait faites et les batailles gagnées jusqu'alors, et où il ajoutait des paroles de mépris pour le sieur Nguyễn Ánh : "Le nommé Chủng (nom de Nguyễn Ánh dans son enfance) se cache tantôt ici tantôt là et supplie les gens d'Occident de venir à son secours. Ni le nommé Chủng ni les gens d'Occident n'y pourront rien, car ils n'ont pas de courage [de cœur] et n'entendent rien au métier des armes ; n'allez donc pas les craindre."

Il dit encore bien d'autres choses fort orgueilleuses, mais il n'eut le temps de rien préparer ; car Quang Trung s'adonnait trop au vin et aux femmes, sa santé se ruina vite, et il mourut d'une tristesse excessive, ou d'un égarement de l'esprit, à quarante-cinq ans seulement »23. D'après le Liệt truyện, Quang Trung mourut à quarante ans.

Ces lignes montrent que l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt avait lu le manifeste du roi Quang Trung, manifeste que la dynastie des Nguyễn a sans doute détruit.

Le manifeste du roi Quang Trung

Le manifeste du roi Quang Trung est imprimé dans :

  • L'appendice du livre de Montyon (Montyon II, Londres, 1811, p. 138-140).

  • La Relation de La Bissachère (p. 173-176), éditée par Maybon, Paris, 1920.

  • Nouvelles Lettres édifiantes, VII, 1823, p. 225-228.

  • En 1885, Louvet le réimprime dans La Cochinchine religieuse, 1885, I, p. 539-54124

De ces 4 textes, celui de La Bissachère et celui de Montyon sont imprimés les premiers. Celui des Nouvelles Lettres édifiantes vient ensuite, d'après La Bissachère, et celui de Louvet en dernier, d'après les Nouvelles Lettres édifiantes.

La version de La Bissachère porte ce titre :

Manifeste de Quang Trung, Roy de la Haute-Cochinchine et du Tonquin à tous les Mandarins, Soldats et Peuple des provinces de Quang-Gai et de Quin-Hone

(Tiré des Nouvelles des Missions Etrangères de 1802, traduction faite par M. de La Bissachère)

Maybon annote : « Ce manifeste, nous croyons qu'il a été imprimé pour la première fois dans Les Nouvelles des Missions Orientales reçues à Londres par les directeurs des Missions étrangères, années 1793, 1794, 1795, 1796, p. 142 ; sans nom de traducteur. Montyon le réimprime, II, page 30625, les fautes d'orthographe et d'accentuation de la version de La Bissachère y étant corrigées »26.

La version de Montyon porte ce titre :

Manifeste

De Quang Trung, Roi de la Cour de Cochinchine et du Tonkin

A Tous les Mandarins, Soldats et Peuples des Provinces de Quang-Ngai, et de Qui-Nhon

En comparant les deux textes, nous voyons que Montyon n'a pas seulement corrigé l'orthographe et les accents : il a récrit les phrases maladroites, et certaines phrases ne se trouvent pas dans la version de La Bissachère. Quatre hypothèses sont donc possibles :

  • La version de La Bissachère n'est pas traduite par La Bissachère lui-même, dont le français était faible : il n'a fait que recopier la traduction d'un autre, ou l'a traduite avec quelqu'un d'autre.

  • Montyon se sert de la version de La Bissachère, mais en corrige les phrases et les fautes.

  • Montyon dispose d'une autre version, mieux traduite, sans nom de traducteur.

  • Montyon traduit directement sur le texte en caractères chinois de Quang Trung.

La version des Nouvelles Lettres édifiantes VII porte ce titre :

Manifeste de Quang-trung, roi de la haute Cochinchine et du Tong-king, à tous les mandarins, soldats et peuples des provinces de Quang-ngai et de Qui-nhon

Nous nous servons de la version de Montyon, qui a moins de fautes. Ce n'est là que la retraduction d'une traduction, mais on ne peut faire autrement, l'original du roi Quang Trung n'existant sans doute plus.

Note du traducteur. Ce que Thụy Khuê traduit ici en vietnamien, c'est le français de Montyon, qu'elle reproduit en appendice à la fin du chapitre. La version française rend donc au manifeste le texte même de Montyon, mot pour mot — orthographe, ponctuation et coquilles de 1811 comprises —, au lieu de retraduire son vietnamien : la retraduction dont elle parle n'a plus d'objet ici. Les crochets et la note 27 sont les siens. L'appendice, qui n'aurait plus fait que réimprimer ce texte, renvoie à ce qu'on lira ci-dessous.

Manifeste

De Quang Trung, Roi de la Cour de Cochinchine et du Tunkin

A Tous Les Mandarins, Soldats, et peuples des Provinces de Quang-Ngai et de Qui-Nhon

« Vous tous grands et petits, depuis plus de 20 ans ne cessez de subsister par nos bienfaits, nous frères (Tay-son), il est vrai que pendant tout ce temps, si nous avons remporté des victoires dans le nord et dans le sud, nous reconnaissons que nous les devons à l'attachement des peuples de ces deux provinces. C'est là où nos avons trouvé des hommes courageux et des mandarins capables pour former notre cour.

Partout où nous avons porté nos armes, nos ennemis ont été défaits ou dispersés ; partout où nous avons porté nos conquêtes, les Siamois et les cruels Chinois ont été obligés de subir le joug…

Quant aux restes impurs de l'ancienne cour, depuis plus de 30 ans avons-nous jamais vu qu'ils eussent rien fait de bien !… Dans cent combats que nous leur avons livrés, leurs soldats ont été dispersés, leurs généraux mis à mort, la province de Gia-Dinh a été remplie de leurs ossemens. Ce que nous disons ici, vous en avez été les témoins, et si vous ne l'avez vu de vos propres yeux, au moins l'avez-vous entendu de vos oreilles, quel cas faire de ce misérable Chung (Roi actuel régnant) qui s'est enfoui dans les malheureux royaumes d'Europe ? Quant au peuple timide de Gia-Dinh, qui ose aujourd'hui de mettre en mouvement, et lever une armée, pourquoi les craignez-vous tant ? Pourquoi votre cœur est-il saisi d'effroi ? Si leur armée de terre et de mer s'est présentée dans tous vos ports, et s'en est emparée dans un temps où vous ne vous y attendiez pas, le grand empereur [Thái Đức] nous en a déjà fait connaître les raisons par lettres ; et nous avons vu que les mandarins, les soldats et vous tous dans ces deux provinces, n'aviez pas eu le courage de combattre, et que c'est par cette raison plutôt que par leurs talens qu'ils s'étaient emparés de tous les endroits qui sont aujourd'hui en leur possession. Votre armée de terre, s'est enfuie lâchement.

Maintenant, par l'ordre de notre frère empereur, nous préparons nous-mêmes une armée formidable par terre et par mer, et nous allons réduire les ennemis de notre nom avec la même facilité que nous froisserions un morceau de bois pourri ou du bois sec.

Quant à vous tous, ne faites en aucun cas de ces ennemis ; ne les craignez point ; mais seulement ouvrez les yeux et les oreilles pour voir et entendre ce que nous allons faire. Vous verrez que les province de Binh Khang et de Nha Trang qui ne sont que des débris de Gia-Dinh, que la province de Phu-Yen qui a toujours été le centre de la guerre, et qu'enfin depuis la province de Binh-Thuan, jusqu'au Cambodge, toutes d'un seul coup vont rentrer sous notre puissance ; afin que tout le monde sache que nous sommes véritablement frères, et que nous n'avons jamais pu oublier que nous étions du même sang.

Nous vous exhortons tous, grands et petits, de soutenir la famille de l'empereur et de lui rester fidèlement attachés, en attendant que notre armée purifie la province de Gia-Dinh et d'y établisse notre autorité, et les noms de vos deux provinces seront immortels dans nos annales.

Ne soyez pas assez crédules pour ajouter foi à ce qu'ont dit des Européens. Quelle habileté peut avoir cette espèce d'hommes ? Ils ont tous des yeux de serpens verds, et vous ne devez les regarder que comme des cadaves flottans qui nous sont jettés ici par les mers du nord. Qu'y a-t-il là d'extraordinaire pour venir nous parler de vaisseaux de cuivre, et de ballons ?27

Tous les villages qui se trouvent sur les chemins dans vos deux provinces auront soin de faire partout des ponts, afin de faciliter la passges de nos troupes. Aussiôt que cet ordre vous parviendral, vous aurez soin de vous y conformer.

Recevez avec respect ce manifeste ; car tel est notre bon plaisir.

Le 10ème jour de la 7ème lune,

de la 5ème année de Quang Trung »

C'est-à-dire le 27 août 1792.

(Traduction vietnamienne de Thụy Khuê ; texte français de Montyon)

Le 27 août 1792, Quang Trung fait proclamer le manifeste qui doit raser Gia Định. Le 16 septembre 1792, Quang Trung meurt. Le manifeste montre trois choses : la volonté résolue de reprendre le Sud ; l'habileté de Quang Trung ; et la situation politique du moment. Les frères Tây Sơn ne sont pas sortis de leur brouille. Faire passer une armée contre Nguyễn Ánh à travers les deux régions du Quảng Ngãi et de Quy Nhơn, qui sont les terres de Nguyễn Nhạc, n'allait pas de soi : il fallait donc que Nguyễn Huệ fît proclamer un manifeste au préalable, pour :

1 – Montrer qu'il se bat sur l'ordre de son frère. Honorer son frère du titre d'empereur. Lui-même n'est que roi, mais roi régnant sur le Sud comme sur le Nord.

2 – Combattre les rebelles pour son frère. Mais en son propre nom et avec sa propre armée.

3 – Reprocher aux mandarins, aux soldats et au peuple des deux régions du Quảng Ngãi et de Quy Nhơn, qui sont à Nguyễn Nhạc, leur lâcheté, qui a laissé le territoire passer aux mains de Nguyễn Ánh.

4 – Ne pas demander aux soldats et au peuple de ces deux régions de prendre part au combat, sinon en faisant les ponts et les routes.

5 – Appeler Nguyễn Ánh Chủng, son nom d'enfance : c'est une insulte.

6 – Mépriser les Européens et tenir pour vil le fait de les solliciter.

Le manifeste, tout à la fois, remet à leur place et encourage les sujets de Nguyễn Nhạc, injurie Nguyễn Ánh d'avoir eu recours aux Européens, et laisse voir en même temps l'efficacité de la propagande de Nguyễn Ánh : le secours des Européens n'est qu'une légende, il est revenu de France les mains vides, Louis XVI ayant refusé de l'aider ; on a fait courir le bruit que Pigneau de Béhaine avait trouvé lui-même des fonds, mais Pigneau de Béhaine dit lui-même que ce « secours » de la France n'était que « chimères », comme on l'a vu dans la lettre du 14 septembre 1791 citée plus haut.

Le succès de Gia Long tient pour une grande part à la mort de Quang Trung. Si Quang Trung n'était pas mort, on ne sait ce qu'aurait donné la guerre. Même après sa mort, malgré l'inexpérience de Quang Toản et les serviteurs méritants qu'il fit tuer, Trần Quang Diệu tint encore dix ans. C'est assez dire que la victoire sur les Tây Sơn ne fut pas facile. Pigneau de Béhaine, les missionnaires et les « officiers » français reprochaient souvent à Nguyễn Ánh de ne pas frapper fort et de ne pas frapper tout de suite : c'est qu'ils ne comprenaient rien à la force militaire des Tây Sơn.

Appendice : Manifeste de Quang Trung

MANIFESTE

De Quang Trung, Roi de la Cour de Cochinchine et du Tunkin,

A Tous Les Mandarins, Soldats, et peuples des Provinces de Quang-Ngai et de Qui-Nhon

Note du traducteur. L'auteur reproduit ici, en appendice, le texte français de Montyon, dont son chapitre donnait la traduction vietnamienne. La version française l'ayant restitué plus haut, à la place de cette traduction, il n'est pas réimprimé une seconde fois : on le lira ci-dessus, mot pour mot tel que Montyon l'imprime, orthographe et coquilles comprises.

Le 10ème jour de la 7ème lune,

de la 5ème année de Quang Trung28


© Copyright Thuy Khue 2015


  1. Thực lục, I, p. 284. ↩︎

  2. Ce passage est écrit d'après Hoàng Xuân Hãn, La Sơn Phu Tử, 1950, réimpression photographique de la collection Tủ sách Việt Nam, Paris, 1983. ↩︎

  3. Hoàng Lê nhất thống chí, p. 322. ↩︎

  4. D'après Hoàng Xuân Hãn, La Sơn Phu Tử, Tủ sách Việt Nam, Paris, 1983, p. 118-147. ↩︎

  5. Liệt truyện, Nguyễn Văn Huệ, II, p. 557. ↩︎

  6. Thực lục, I, p. 284. ↩︎

  7. Texte original de Pigneau de Béhaine, repris ici mot pour mot : leur a donné le temps de revenir de leur frayeur et de s'assurer que tout ce qu'on disait du secours des Européens n'était que chimères. ↩︎

  8. Launay, Histoire de la mission de Cochinchine, III, p. 294. ↩︎

  9. Launay, III, p. 223. ↩︎

  10. Ngô Thì Chí, Hoàng Lê nhất thống chí, p. 301. ↩︎

  11. Launay III, p. 296. ↩︎

  12. Launay III, p. 295. ↩︎

  13. Launay III, p. 297. ↩︎

  14. Launay, III, p. 298. ↩︎

  15. Thực lục, I, p. 283. ↩︎

  16. Launay, III, p. 223. ↩︎

  17. Thực lục, I, p. 286. ↩︎

  18. Thực lục, I, p. 286. ↩︎

  19. Thực lục, I, p. 286-287. ↩︎

  20. Montyon, II, p. 143. ↩︎

  21. Sử ký Đại Nam Việt, p. 58. ↩︎

  22. Barrow II, p. 218. Le mille anglais vaut 1 609 m 31 ; 30 milles font 48 km 279. ↩︎

  23. Sử ký Đại Nam Việt, p. 59-60. ↩︎

  24. La Cochinchine religieuse, I, Leroux, Paris, 1885, p. 539-541. ↩︎

  25. Maybon se sert de l'édition de Paris de Montyon : sa pagination n'est donc pas celle de l'édition de Londres dont nous nous servons. ↩︎

  26. Maybon, La Relation de La Bissachère, p. 174. ↩︎

  27. Le groupe de mots « vaisseaux de cuivre et de ballons », que nous rendons en vietnamien par thuyền đồng và thuyền trường đà, demande explication. Le dictionnaire de l'Académie de 1798 donne du mot ballon le second sens que voici : « Ballon est aussi une sorte de vaisseau à plusieus rames, dont on se sert pour aller sur les fleuves et les mers du pays de Siam ». En ce sens, on peut supposer qu'il s'agit du navire trường đà, dont nous avons parlé au chapitre 7 et que Montyon décrit avec admiration : il a 2 gouvernails, il est fort redoutable, et il va sur les fleuves comme sur la mer. Le navire trường đà est une invention de Đỗ Thanh Nhơn, mais Quang Trung le croyait occidental. Ce mot ballon, Louvet l'a compris au sens d'aérostat et l'a annoté ainsi : Boisserand aurait lâché devant le roi plusieurs aérostats, qui auraient épouvanté les Vietnamiens, et le bruit en serait parvenu aux oreilles des Tây Sơn. C'est entièrement faux : dans sa lettre à Létondal du 21 mai 1791, Boisserand dit seulement qu'il a fait, devant le roi et les mandarins, des expériences sur l'électricité, sur la commotion et sur le pouvoir incendiaire de l'étincelle électrique…, ce qui les a fortement impressionnés (Launay, III, p. 291) ; il ne parle pas d'aérostat. Car ce n'est qu'en 1784 qu'apparaît le premier projet d'aérostat, et en 1794 que naît l'aérostat d'observation militaire. ↩︎

  28. Montyon II, p. 138-140. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Hịch vua Quang Trung

Sau khi đại phá quân Thanh năm 1789, uy thế Quang Trung lừng lẫy, nhưng sự kiện anh em bất hoà từ 1787 vẫn còn hằn vết. Giang sơn chia hai, Nguyễn Huệ giữ từ Phú Xuân ra Bắc, Nguyễn Nhạc từ Quảng Nam tới Quy Nhơn. Đất Phú Yên, Khánh Hoà, Bình Thuận, trên nguyên tắc của Nguyễn Nhạc, nhưng là vùng tranh chấp thường xuyên. Nguyễn Ánh giữ miền Nam. Họ xưng là "ba nước".

Về phía Nguyễn Ánh, sự bình định miền Nam đã xong, cơ sở hành chính và quân đội đã vững. Kế hoạch chiến tranh cũng được vạch rõ: sẽ không đánh liên tục mà đánh theo gió mùa, thuận gió đem tầu thuyền ra tấn công chiếm đất, rồi để quân, tướng, ở lại giữ; hết gió, lại rút về Gia Định, cho quân sĩ làm ruộng, đợi năm sau. Chính sách khi có giặc thì đánh, khi nghỉ đánh thì cho quân về làm ruộng, có từ thời nhà Đường; ở ta, các đời vua đều ít nhiều sử dụng, không phải do Bá Đa Lộc "dạy" như Faure viết, rồi những người sau chép lại.

Về phía Quang Trung, chiến lược cũng rõ ràng, sau khi thắng quân Thanh, Quang Trung thăm dò mặt Bắc, vừa hoà hiếu, vừa có ý đòi lại đất Lưỡng Quảng. Về nội trị, xây dựng kinh đô Phượng Hoàng ở Nghệ An, trên đất Vinh ngày nay, để tiện đường vào Nam ra Bắc. Nhân việc Lê Duy Chi, em Chiêu Thống liên kết với quân Lào, Quang Trung sai Trần Quang Diệu chinh phạt Vạn Tượng, chiếm nước Lào. Sau đó đánh xuống Cao Miên và Nam Hà, nhưng gặp trở ngại, ông thay đổi chiến lược, rút quân về; liên kết với chiến thuyền của giặc biển Tề Ngôi, tấn công mặt bể. Sau khi Nguyễn Ánh tấn công chớp nhoáng tiêu diệt thuỷ quân Nguyễn Nhạc ở Thị Nại tháng 7-8/1792, Quang Trung quyết định san bằng miền Nam, truyền hịch cho dân hai miền Quãng Ngãi và Quy Nhơn, trước khi hành quân thẳng qua đất của Nguyễn Nhạc để đánh vào Gia Định. Bản hịch của Quang Trung mà chúng tôi trình bầy dưới đây, nằm trong bối cảnh đó.

Lịch trình diễn biến sự việc

Lịch trình các sự kiện xẩy ra theo thứ tự thời gian như sau:

  • Tháng 6/1791, Quang Trung sai Trần Quang Diệu và Nguyễn Văn Uyên chinh phạt nước Lào, vua Lào thua chạy sang Xiêm. Tháng 10/1791, chiếm xong Vạn Tượng.

  • Tháng 9/1791, Bá Đa Lộc biết trước tình thế Quang Trung sắp đánh vào Nam, tìm mọi cách bỏ đi, kéo theo người Pháp, với toan tính: làm như thế tiện cả đôi đường: lấy lòng Quang Trung nếu Quang Trung thắng và lánh chiến tranh, đợi xong xuôi, ai thắng thì theo. Nguyễn Ánh cho phép Bá Đa Lộc về Pháp, nhưng rồi Bá không đi.

  • Tháng 2/1792, Quang Trung đem khoảng ba chục ngàn quân, qua đường Lào đánh xuống Cao Miên, tới biên giới Miên Việt, nhưng lại rút về.

  • Tháng 4-5/1792 (tháng 3 ÂL), vua Xiêm sai người đưa thư xin Nguyễn Ánh giúp sức để "báo thù" cho vua Lào. Nguyễn Ánh được tin Nguyễn Huệ điều động hai, ba mươi vạn quân thuỷ bộ, bộ binh theo đường núi qua Lào đánh xuống Cao Miên, chiếm mặt sau Sài Gòn; thuỷ binh vào cửa bể Hà Tiên đánh lên Long Xuyên, Kiên Giang, chiếm mặt trước Sài Gòn1.

  • Tháng 6/1792, những người lính Pháp hoặc phạm kỷ luật như Dayot, bị Nguyễn Ánh đuổi đi, hoặc chính họ muốn bỏ đi. Bá Đa Lộc xin đi lần thứ nhì. Nguyễn Ánh giữ lại.

  • Tháng 6-7/1792, tháng 5 ÂL, Nguyễn Huệ liên kết với giặc biển Tề Ngôi, đem chiến thuyền đánh phá Bình Khang, Bình Thuận.

  • Tháng 7-8/1792, tháng 6 ÂL, được gián điệp cho biết Nguyễn Nhạc tập trung chiến thuyền ở cửa Thị Nại, định đánh vào Nam, Nguyễn Ánh ra tay trước, đem thuỷ binh tấn công Thị Nại, tiêu diệt lực lượng thuỷ binh của Nguyễn Nhạc, trong lúc Nguyễn Nhạc đi săn vắng.

  • Trận Thị Nại 1792, chiến thắng lớn đầu tiên của Nguyễn Ánh, Quang Trung nổi giận, quyết định "quét sạch Gia Định".

  • Ngày 27/8/1792, Quang Trung truyền hịch cho quan, quân, dân hai miền Quảng Ngãi và Qui Nhơn sửa soạn đón đại binh đi qua để chinh phạt Gia Định, "san bằng" miền Nam tới biên giới Xiêm La.

  • Ngày 16/9/1792, Quang Trung băng hà.

Quang Trung xây Phượng Hoàng Trung Đô

Sau chiến thắng quân Thanh, Nguyễn Huệ quyết định dựng nghiệp lớn, việc đầu tiên là thành lập một kinh đô riêng, không phải Phú Xuân thuộc Chúa Nguyễn, cũng không phải Thăng Long, thuộc vua Lê. Nguyễn Huệ chọn đất Nghệ An ở giữa, để lập Trung Đô.

Ý định thành lập triều đình ở Nghệ An đối với Nguyễn Huệ có từ bao giờ? Theo Hoàng Xuân Hãn, trong La Sơn Phu Tử2 việc này liên quan đến Nguyễn Thiếp. Nguyễn Huệ mời phu tử ra giúp, ba lần:

Lần đầu, thư viết ngày 5/2/1787 (18/12 Thái Đức năm thứ 9) (lúc đó Nguyễn Hữu Chỉnh vừa dẹp xong Trịnh Bồng, được phong chức Bằng Quận Công, cầm quyền ở Bắc). Phu tử từ chối. Tháng 5/1787 (tháng 4 ÂL), Nguyễn Nhạc xưng Đế ở Quy Nhơn, phong Nguyễn Huệ làm Bắc Bình Vương đóng ở Phú Xuân. Anh em Tây Sơn bất hoà. Huệ vây Quy Nhơn, tự xưng là Chính Bình Vương; sai Vũ Văn Nhậm ra chiếm Nghệ An. Nguyễn Hữu Chỉnh chuyên quyền ở Bắc. Huệ cả giận, sửa soạn chiếm Bắc Hà.

Lần thứ nhì, Huệ viết thư ngày 21/9/1787 (10/8/Thái Đức năm thứ 10) cầu La Sơn Phu Tử Nguyễn Thiếp. Phu tử từ chối.

Lá thư thứ ba, Huệ viết ngày 23/10/1787 (13/9/ ÂL), lời thắm thiết, lý luận chặt chẽ. Phu tử vẫn từ chối.

Ba tháng sau khi gửi lá thư thứ ba, Huệ sai Nhậm ra đánh Chỉnh. Tháng 1/1788 (tháng 12 ÂL) Chỉnh thua, bị giết. Nhậm đóng ở Thăng Long.

Tháng 5/1788 (tháng 4 ÂL) được tin Nhậm muốn tự lập, Huệ ra Thăng Long giết Nhậm.

Trên đường ra Bắc, Huệ đóng đại doanh ở núi Nghiã Liệt, gần bến Phù Thạch và viết thư ngày 23/4/1788 [18/3 ÂL] mời phu tử ra tiếp kiến. Lời lẽ của phu tử trong buổi hội kiến càng làm cho Huệ khâm phục. Và cũng chính trong cuộc hội kiến này Huệ nhờ phu tử coi địa lý giúp để tìm đất lập đô ở Nghệ An.

Cuối tháng 6/1788 [tháng 5 ÂL], Nguyễn Huệ về đến Nghệ An, vẫn chưa thấy phu tử chọn, bèn viết thư trách, trong có có câu: "... tuỳ phu tử lấy con mắt tinh mà xét định. Sớm sớm chọn lấy, giao cho trấn thủ Thận chóng dựng cung điện. Hẹn trong ba tháng thì xong, để tiện việc giá ngự. Vậy Phu tử chớ để chậm chạp không chịu xem". Trong thư trả lời, nay không còn, Nguyễn Thiếp can Nguyễn Huệ đừng lập đô ở Nghệ An, sợ gây phiền khổ cho dân. Mười ngày sau, Huệ viết thư trả lời, ngày 22/7/1788 [19/6 ÂL], trong có câu: "Lời bàn ấy, như liều thuốc hay, rất xứng với ý ta. Nhưng vì lúc đầu mới lấy được nước, lòng người mới theo. Nếu không lấy đất Nghệ An để thường thường chống thượng du, thì lấy đâu để khống chế trong ngoài. Chắc phu tử đã xét rõ như vậy".

Ngày 5/8/1788 [4/7 ÂL] trấn thủ Thận lại viết thư giục, tỏ việc định xây Hành cung ở Phù Thạch, nhưng phu tử không trả lời. Hai tháng sau Nguyễn Huệ viết thư trách: "Nhiều lần phiền nhờ Tiên Sinh xem đất. Những chỗ núi sông kết phát ở xứ nầy, Tiên sinh đã từng chú ý xét nhận, thế mà đã lâu chưa thấy trả lời".

Nguyễn Thiếp chậm trễ không trả lời, bởi lòng vẫn thầm mong miền Bắc trở về nhà Lê, không muốn Nguyễn Huệ bỏ Phú Xuân, nên việc lập đô ở Phù Thạch, trên sông Lam, dưới chân núi Nghiã Liệt không thành. Nhưng Nguyễn Huệ vẫn kiên trì giữ ý định lập đô ở Nghệ An, lần này ở Yên Trường, tức là Vĩnh bây giờ (thường đọc lầm là Vinh), trong thư viết ngày 2/10/1788 (3/9/Thái Đức năm thứ 11) gửi La Sơn Phu Tử, Nguyễn Huệ viết rõ lý do: "Nay kinh Phú Xuân thì hình thế cách trở. Ở xa trị Bắc Hà, sự thế rất khó khăn. Theo đình thần nghị rằng: chỉ đóng đô ở Nghệ An là độ đường vừa cân, vừa có thể khống chế được trong Nam ngoài Bắc, và sẽ làm cho người tứ phương đến kêu kiện, tiện việc đi về (...)

Nhớ lại buổi hồi loan kỳ trước, lúc qua Hoành Sơn, quả cung đã từng mở xem địa đồ. Thấy ở huyện Chân Lộc, xã Yên Trường, hình thế rộng rãi, khí tượng tươi sáng có thể chọn để xây kinh đô mới. Thực là chỗ đất đẹp để đóng đô vậy."

Năm 1789, sau khi đại thắng quân Thanh, Quang Trung quyết định xây cung điện ở núi Dũng Quyết tức Phượng Hoàng Trung Đô. Ngô Thì Chí viết: "Bởi thấy Nghệ An ở vào giữa nước, đường xá các nơi đến đó cũng vừa bằng nhau, ngài liền bắt rất nhiều thợ thuyền khuân vác gỗ, đá, gạch, ngói để sửa sang cung phủ dựng lâu đền, đắp một vòng thành bên trong. Trong thành dựng toà Long Lâu ba tầng và điện Thái Hoà hai dẫy, làm nơi chầu mừng, gọi là Chung khính Phượng hoàng thành" 3

Phượng Hoàng là tên núi Quyết hay Dũng Quyết ở cạnh đường Vinh đi Bến Thuỷ bây giờ, Hoàng Xuân Hãn viết: "Có thể tin chắc rằng Phượng Hoàng trung đô ở khoảng giữa núi Mèo (núi Kỳ Lân) và núi Quyết. Trong thành ấy có xây lầu ba từng, xung quanh có các đồn, trên núi có kho lúa. Cuối đời Tây Sơn, lầu đổ; trấn thủ Thận phá lấy gỗ đóng chiến thuyền."

"Địa thế thành rất dễ giữ. Phía trước có sông Cồn Mộc và sông Lam, phiá bên có núi Quyết, đều là hào và thành thiên nhiên.

Ở giữa thành, còn dấu thành trong, và nền nhà. Nhất là có nền cao ba bậc ở phần bắc, mà ngày sau, đời Nguyễn dùng làm nền xã tắc. Chắc đó là chỗ Quang Trung ngự triều trong khi tạm nghỉ ở Nghệ An.

Tuy gọi là Trung đô, nhưng thành Phượng hoàng nhỏ, thành nam chỉ dài chừng 300 mét, bức thành tây dài 450 mét, và cái nền cao thì ngang dọc cũng chỉ có chừng 20 mét mà thôi"4.

Trong sách La Sơn Phu Tử, trang 245, có ghi bản đồ Phượng hoàng Trung đô, ở một góc có vẽ hình dạng Vĩnh Thành (thành cổ Vinh), hình lục giác có góc cạnh. Lối thành như thế này, thường được người Pháp vơ vào, gọi là thành "Vauban". Nhưng Vĩnh Thành có từ trước thời Quang Trung, vậy không hiểu kiểu thành "Vauban" này, người Pháp đã đưa vào bằng cách nào? Đó là những câu hỏi chúng ta cần phải đặt ra và tìm lời giải đáp, để hiểu về kiến trúc thành trì ở Việt Nam.

Quang Trung chiếm Lào

Sau khi đại phá quân Thanh, xây Phượng Hoàng Trung Đô ở Nghệ An năm 1789, Quang Trung tiễu trừ tàn quân của Lê Duy Chi, em Lê Chiêu Thống và chinh phạt Vạn Tượng.

Về việc này, Liệt Truyện viết:

"Trước đây, Chiêu Thống đế sang nước Thanh, em là Duy Chi chiếm cứ địa phương Tuyên Quang, Cao Bằng, nương tựa với thổ tù [tù trưởng Thổ] là Nùng Phúc Tấn, Hoàng Văn Đồng, liên kết với các bọn Mán ở Vạn Tượng, Trấn Ninh là Trịnh Cao, Quy Hợp, mưu phá thành Nghệ An. Huệ sai đốc trấn Nghệ An là Nguyễn [Trần] Quang Diệu làm đại tổng quản, đô đốc là Nguyễn Văn Uyên đem 5000 quân tinh binh, theo đường ở miền trên trấn Nghệ An đến đánh. Tháng 6 [ÂL, tháng 7/1791], lấy được Trấn Ninh, diệt được Trịnh Cao, Quy Hợp. Tháng 10 [ÂL, tháng 11/1791], quốc trưởng nước Vạn Tượng bỏ thành chạy, bắt được voi ngựa chiêng, trống, đuổi dài mãi đến địa giới Xiêm La, chém được tướng bên tả là Phan Dung, bên hữu là Phan Siêu, bèn kéo quân về Bảo Lạc. Lê Duy Chi cùng Phúc Tấn, Văn Đồng, thế lực không địch được, đều bị hại."5

Sự kiện Quang Trung chiếm Vạn Tượng làm rung động cả khối Xiêm, Lào, Mên và Nam Hà, Thực Lục, tháng 4-5/1792 (tháng 3 ÂL) ghi:

"Nước Xiêm La đưa thư đến nói xin giúp quân đi theo miền thượng đạo đánh giặc Tây Sơn. Trước là giặc Tây Sơn gây oán với nước Vạn Tượng, lại dẫn quân đến đánh Vạn Tượng, Vạn Tượng thua to. Vua Xiêm muốn báo thù cho Vạn Tượng, xin ta giúp quân và yêu cầu ta đem Long Xuyên, Kiên Giang cho Mạc Công Bính, và đem Ba Xắc cho Chân Lạp. Vua sai viết thư trả lời rằng:

"Quả nhân từ khi lấy lại được Gia Định tới nay, dằn dọc một nơi, ăn không biết ngon, nằm không yên gối, rất lo nghĩ thù nước chưa trả xong. Nay nghe giặc Nguyễn Văn Huệ chọn quân Hà Bắc được hơn hai ba mươi vạn người, mưu cử đại binh thuỷ bộ vào cướp*.* Quân bộ thì trước đánh các dân Man ở miền thượng đạo, tiến đánh Nam Vang, quay lại đánh sau lưng Sài Gòn. Quân thủy thì vào Côn Lôn phá Hà Tiên, theo đường Long Xuyên, Kiên Giang để đánh mặt trước Sài Gòn. Nếu thắng sẽ đánh tới Xiêm. Đó chẳng những là thù riêng của quả nhân, mà cũng là thù của nước Xiêm nữa. Tính kế ngày nay thì quả nhân đem quân thuỷ quân bộ đánh Quy Nhơn, mà vương thì đem trọng binh đánh Nghệ An. Giặc giữ Nghệ An thì vương đánh ngả trước, quả nhân đánh ngả sau; nếu giặc giữ Phú Xuân thì vương quấy rối ở ngả sau, quả nhân đánh ngả trước, đầu đuôi giáp đánh thì giặc không còn đi đâu được nữa. Đến như Long Xuyên và Kiên Giang (...) Mạc Công Bính còn nhỏ, chưa có thể đương việc quân (...) còn đất Ba Xắc không cho Chân Lạp là vì..."6.

Xem thư đối đáp giữa vua Xiêm và Nguyễn Ánh, ta thấy vua Xiêm muốn cầu Ánh chung sức để "trả thù" cho Chân Lạp, nhưng nhân tiện lại "đòi" luôn cả Long Xuyên, Kiên Giang, và Ba Thắc, và Ánh trả lời thẳng là không "trả". Tuy nhiên kế "liên minh" ba nước chống Quang Trung, cho thấy tình hình nguy ngập là nhường nào.

Bá Đa Lộc chuẩn bị bỏ đi trước khi Quang Trung đánhmiền Nam

Trong lúc tình hình hết sức khẩn cấp, Bá Đa Lộc và những "sĩ quan" Pháp tính chuyện bỏ đi. Dự định này, riêng về phiá Bá Đa Lộc, đã có từ năm 1791. Trong thư gửi cho M. Létondal ngày 14/9/1791, ông viết:

"... Nhà vua đã không biết lợi dụng cơ hội mà ông ta có được để đánh bại kẻ thù, mà lại để chúng có thì giờ hoàn hồn và chúng thấy rõ tất cả những đồn đại về việc người Âu đến giúp chỉ là chuyện hão7. Ông ta đã bắt dân đóng thuế và làm dịch vụ nặng nề, và lúc này, dân chúng bị nạn đói đe dọa nên họ có vẻ mong quân Tây Sơn trở lại. Trong tình trạng hiện thời, nếu chúng quả quyết tấn công, thì nhà vua khó có thể đương đầu lại đầu được*.*

Tôi không cần nói, ông cũng có thể thấy trước, điều gì sẽ xẩy ra nếu nhà vua lại phải bỏ xứ chạy lần nữa. Và quân Tây Sơn sẽ kịch liệt báo thù như thế nào lên đầu giáo dân và giáo sĩ, nếu tôi cứ khăng khăng ở lại đây đến phút chót? Ngược lại, nếu tôi bỏ đi trước khi sự biến xẩy ra, tất cả người Pháp đều sẽ đi theo tôi, tôi thấy đó là phương tiện làm cho Tây Sơn nguôi giận, và buộc họ phải khen ngợi cách ứng xử của tôi. Tất cả lo lắng của tôi, đúng hơn, lo lắng lớn nhất của tôi luôn luôn là làm sao nhà vua chấp nhận cho tôi rút lui, ít nhất trong một thời gian. Tôi muốn đi Macao, Manille, ngay cả qua Xiêm, để đợi biến cố [ngã ngũ], rồi sẵn sàng trở về hội truyền giáo sau*, hay là có thể giúp đỡ hội bằng bất cứ cách nào, nhưng tôi không thể nói thẳng với ông Hoàng,* sợ làm phật lòng ông ấy, và như vậy sẽ gây mối hại lớn nhất cho hội truyền giáo, trong trường hợp ông ta thắng trận*. Con đường duy nhất mà tôi có thể chọn và tôi đã làm là xin với ông ấy cho trở về Pháp để thu xếp công việc. Nhà vua cho phép rất dễ dàng bởi vì, ông đã được những người Bồ cho biết tin về Cách mạng Pháp, và ông hiểu tại sao tôi bắt buộc phải quay về. Nhưng điều làm cho ông ấy dứt khoát quyết định, chính là vì ông muốn gửi một chiếc tầu đi mua những thứ ông cần, và việc này ông không thể làm nếu không có sự ưng thuận của đình thần. Và dường như họ đã quyết định cho tôi được phép đi vào cuối tháng 11 đầu tháng 12, trên* chiếc tầu đồng mà vua vừa mua của ông Gombra. Tầu này chạy tốt, sẽ trở lại đây trong vòng 18 tháng. Trong mọi trường hợp, tôi rất muốn trở lại đây để không mất những mối liên lạc với đất nước này và để chết với thánh giá trên tay, nếu được Thượng đế an bài. Mặc dù tôi hết sức mong muốn, nhưng tôi vẫn có thể gặp nhiều khó khăn lớn; dầu sao chăng nữa, tôi cố gắng chỉ làm những điều mà tôi tin rằng tốt cho hội truyền giáo (...) Tôi để ông Liot ở lại cai quản hội truyền giáo (...) Tôi sẽ tấn phong cho ba tu sĩ, hoặc có thể bốn. Tôi cho rằng, điều bất cẩn là nếu gửi giáo sĩ đến đây mà chưa biết rõ việc gì sẽ xẩy ra từ đây đến tháng ba sang năm [3/1972]. Tôi rất sợ không đi kịp trước khi tai họa xẩy ra cho nhà vua, nếu như có sự ấy"8.

Lá thư này cho biết từ tháng 9/1791, Bá Đa Lộc đã biết rõ "chương trình" của Quang Trung: tháng 3/1792 sẽ đi đường Lào đánh xuống Nam Hà. Cũng cho thấy những tính toán khôn ngoan của vị giám mục, và phản bác những luận điệu tôn Bá Đa Lộc là "lãnh tụ" bên cạnh Nguyễn Ánh trong cuộc chiến đánh Tây Sơn: Không những ông Bá tính bỏ đi trước khi Quang Trung tấn công, mà còn muốn bắt cá hai tay: làm sao có thể quay về, khi cuộc chiến chấm dứt, mà không bị thiệt hại gì.

Lá thư của giáo sĩ Le Labousse viết ngày 16/6/1792, nói lên sức mạnh của Quang Trung và sự sợ hãi của tất cả mọi người. Thư này không đề rõ tên người nhận, và cũng không đề nơi viết, nhưng có thể đoán là Hà Tiên:

"Chúng tôi luôn luôn sống trong tình trạng thường trực báo động; tình thế bấp bênh của nhà vua làm cho số phận của chúng tôi cũng bấp bênh theo. Trong tháng 2 [1792] vừa rồi, chúng tôi bắt buộc phải đi trốn, bỏ rơi con chiên, để thoát khỏi tay kẻ thù [Tây Sơn]. Chúng tràn vào khoảng ba chục ngàn quân, qua đường Lào mà chúng đã chiến thắng, tới Cao Miên... Nhưng Thượng đế đã đảo ngược bão tố, cho chúng tôi chút yên thân; hoặc vì chúng sợ những tầu buôn Tây phương đến đây khá nhiều; hoặc vì chúng bị hai đạo quân Xiêm chận lại không cho vào Cao Miên, nên chúng đã rút lui. Giờ đây chúng làm chủ gần hết Nam Hà, chinh phục tất cả Bắc Hà và có lẽ cả nước Lào mà chúng vừa cướp bóc.

Vương quốc Nam Hà bị chiến tranh tàn phá từ 20 năm nay. Dân chúng rất lầm than, bị những công trình xây dựng đè nát, thuế nặng, đói khát xâu xé, chiến tranh tận diệt, số phận họ như thế đó. Năm rồi trải qua một nạn đói rất nhiều người chết. Nam Hà trong tình trạng tuyệt vọng; những kẻ theo vua thật khốn khổ; nhưng những kẻ theo ngụy còn khổ hơn."9

Về "đại họa Quang Trung", Ngô Thì Chí mượn lời một cung nữ nói với mẹ Chiêu Thống để diễn tả ý mình: "[Tôn Sĩ Nghị] không biết Nguyễn Huệ là bậc anh hùng lão thủ hung tợn và giỏi cầm quân. Coi y ra Bắc vào Nam, thật là thần xuất quỷ nhập, không ai có thể dò biết. Y bắt Nguyễn Hữu Chỉnh như bắt trẻ con, giết Vũ Văn Nhậm như giết con lợn, không một người nào còn dám trông thẳng vào mặt. Nghe lệnh của y, ai cũng mất cả hồn viá, sợ hơn sấm sét. E rằng bất nhật y sẽ lại ra, quân Tôn tổng đốc còn có cái lo bên trong, địch làm sao nổi"10. Những lời trên đây trong Hoàng Lê Nhất Thống Chí, chứng tỏ nhân sĩ Bắc Hà sợ Quang Trung như thế nào.

Trước một "đại họa" như thế, các "sĩ quan" Pháp phải tìm đường tẩu thoát, lại nhân cơ hội "được" Nguyễn Ánh đuổi đi, sau vụ Dayot thâm lạm ngân quỹ, nên họ bỏ đi gần hết. Theo thư của Le Labousse viết ngày 17/6/1792 cho Létondal, quản thủ tu viện Macao, vụ việc như sau: "Chuyến đi xui xẻo từ Macao sang Manille của Dayot và sổ sách cực kỳ thâm lạm của anh ta đã làm cho vua ghê tởm, bực quá không thèm nói gì thêm, vua sai đuổi hết không chỉ các lính thủy, mà tất cả sĩ quan, ai muốn đi thì đi, không giữ*"11.*

Thư Lavoué viết cho Létondal từ Lái Thiêu ngày 16/6/1792, cũng một ý như thế: "Nhà vua bất bình với những người Pháp, cho đuổi tất cả trong những ngày đầu tháng năm [1792]; hay là những người Pháp, bất bình với vua, xin đi và được chấp nhận ngay lập tức"12.

Tóm lại, những "sĩ quan" đến đánh giúp Nguyễn Ánh, trong lúc kinh hoàng nhất, đều "may mắn" có lý do bị đuổi, để được bỏ đi.

Về phần Bá Đa Lộc, trong thư ngày 20/6/1792 gửi M. Boiret, ông viết: "Từ hai năm nay, tôi tìm cách thoát ra khỏi vùng này [Nam Hà] để ra Bắc [Tonkin] tấn phong cho các giám mục địa phận này, nhất là vị trợ lý của tôi. Nhà vua đã không bao giờ cho phép. Vì vậy, tôi phải khẩn thiết chấm dứt công việc, và để đánh thức nhà vua khỏi trạng thái hôn mê, tôi đã hai lần xin về Âu Châu. Ông đã nhiều lần tìm cách giữ tôi lại và đã hứa là sẽ cố gắng làm nhanh hơn"13. Những lời này chứng tỏ "từ hai năm nay, Bá đã muốn thoát khỏi vùng này" tức là từ khi đem hoàng tử Cảnh trở về Gia Định, Bá Đa Lộc đã muốn bỏ Nam Hà rồi.

Thư Le Labousse gửi Boiret, viết ngày 20/6/1792 xác định thêm nhiều chi tiết: "Có lẽ ông đã biết tin Đức Giám Mục Adran, năm ngoái đã tính về Pháp; tầu đã chuẩn bị xong, bỗng nhiên Thượng đế nhiệm mầu cản trở tất cả. Trong lúc tôi viết thư này, người ta cũng đang sửa soạn tầu Pháp Saint-Esprit cho một chuyến đi như thế; nhưng chúng tôi hy vọng là chính vị Thượng đế ấy, đã phế chuyến đi đầu, sẽ phế cả chuyến đi sau".

Vẫn trong thư ấy, Le Labousse viết tiếp: "Vì Đức Ông muốn bỏ đi, chúng tôi cũng phải sửa soạn cuộc tẩu thoát theo, vì không thể ở lại được khi kẻ thù đến. Dự định của chúng tôi đã và sẽ là, nếu cần, bắt buộc, phải trốn về vịnh Xiêm La; đợi thuận gió để dong buồm đi Manille, rồi từ đó trở lại Bắc Hà, Huế, hay một nơi nào đó ở Nam Hà ngỏ cửa cho chúng tôi vào. Chúng tôi được các giáo sĩ Franciscains người Bồ tốt bụng ở Manille hứa sẽ cưu mang. Chính ông Boisserand bạn đồng giáo sẽ là hoa tiêu... Ông đang nghiên cứu bản đồ, vv... và sắm sửa dụng cụ đi biển"14.

Những lá thư này cho biết khá rõ tình trạng của những người Pháp lúc bấy giờ: quá sợ Quang Trung, tất cả đều muốn bỏ đi. Nhưng phe giáo sĩ, chỉ muốn bỏ đi trong thời gian hai bên đánh nhau, sau đó họ lại quay về tiếp tục truyền giáo dù Quang Trung hay Gia Long thắng cuộc. Còn những "sĩ quan", vì bê tha, rượu chè, cờ bạc, bị Nguyễn Ánh đuổi đi. Nhân dịp này, họ có cớ đi luôn mà không bị bẽ mặt là "hèn nhát". Tuy nhiên cuối cùng, Nguyễn Ánh bớt giận nghĩ lại và dụ Bá Đa Lộc ở lại (chúng tôi sẽ nói rõ hơn việc này sau).

Ở đây ta có thể hiểu, tại sao vị giám mục ở lại: bởi vì Bá Đa Lộc chỉ dọa, ông không thể về Pháp khoảng 1791-1792, vì Pháp đang trong giai đoạn khủng bố Kinh hoàng (La Terreur) thanh trừng quý tộc và giáo phái. Còn Nguyễn Ánh cần sự có mặt của Bá Đa Lộc vì hai lẽ: để tuyên truyền là vẫn có người Pháp giúp và thứ nhì không thể để cho Bá Đa Lộc đi, vì rất có thể vị giám mục sẽ tìm cách ra Bắc với Quang Trung, và như thế không loại trừ khả năng, sẽ dâng hết những điều ông biết về Nguyễn Ánh để lập công.

Nguyễn Ánh và trận Thị Nại 1792

Trong lúc tình hình sôi động như vậy, thì Nguyễn Ánh được gián điệp cho biết: Nguyễn Nhạc tụ họp nhiều chiến thuyền ở Thị Nại để xuống đánh miền Nam. Theo Thực Lục, thì từ tháng 2/1792 (tháng giêng Nhâm Tý) Nguyễn Ánh cũng nóng lòng, đã hoạch định chiến lược đánh Tây Sơn:

"Vua hăng chí đánh giặc, bảo các tướng: "Hiện nay thế giặc đương mạnh mà quân ta vừa mới tập họp, chưa có thể nắm ngay cái chết của quân địch. Nhưng thù nước một ngày chưa trả thì lòng ta còn lo một ngày. Nếu năm nay không đánh, sang năm không đánh, cứ để cho giặc được rỗi thì thế không phải là kế hay. Chi bằng dùng nhiều phương để lừa nó, đánh gấp để cho nó mệt. Hàng năm gặp mùa gió, thuỷ quân theo đường biển mà tiến, nhân chỗ hở mà đánh. Bộ binh đi từ Bình Thuận, Bình Khang [Khánh Hoà], lần lượt tiến lấy được một châu thì xây thành ở một châu, được một huyện thì đóng đồn ở một huyện, để làm phên giậu cho Gia Định, khiến thế giặc chia ra, sức giặc yếu đi, như thế thì có thể lấy thiên hạ được".

Từ năm ấy trở đi, hễ gặp gió nồm là ra quân đánh giặc, gió thuận thì tiến, gió vãn thì về. Khi phát thì quân lính họp hết, khi về thì tản ra đồng ruộng. Quân ta không vì đóng lâu mà mỏi, không vì ngồi ăn mà tốn; mà quân giặc Tây Sơn thì phải chạy vạy đối phó, không rỗi mà tính mưu"15.

Về phía Quang Trung, chiếm xong Lào, mùa xuân 1792, ông đem 30.000 quân qua Lào, đánh xuống Cao Miên để tiến vào Nam. Nhưng tại sao ông lại dừng quân ở biên giới Miên-Việt mà không đánh tiếp vào Gia Định? Theo thư ngày 16/6/1792 của Le Labousse16 có lẽ vì thấy ở Gia Định có nhiều thuyền buôn Âu Châu, nên ngại, hoặc bị quân Xiêm đánh sau lưng. Giả thuyết này khó đứng vững vì theo hịch Quang Trung dưới đây thì ông chẳng coi bọn người Âu "mắt xanh" ra gì, và quân Xiêm thì sợ ông hơn cọp, sau vụ Rạch Gầm, Xoài Mút.

Thực Lục, tháng 6-7/1792 [tháng 5 ÂL] cho biết: "Giặc Tây Sơn Nguyễn Văn Huệ kết với 40 chiếc thuyền của bọn giặc biển Tề Ngôi khiến chúng men các vụng biển từ miền Khang, Thuận [Bình Khang và Bình Thuận] trở vào, cướp bóc nhân dân"17. Như vậy, Quang Trung đã bỏ chiến dịch đánh qua Lào, Mên, mà chọn đánh thẳng qua miền Trung xuống.

Về phía Nguyễn Ánh, từ tháng 2/1792 đến tháng 6/1792, vẫn ở thế thủ, chắc sợ sức mạnh thần tốc của Nguyễn Huệ không dám phiêu lưu. Đến khi được gián điệp báo tin Nguyễn Nhạc tích tụ thuyền chiến ở Thị Nại mà không phòng bị, mới quyết định đánh. Nhưng trước khi xuất quân, Nguyễn Ánh vẫn sợ Nguyễn Huệ đánh úp miền Nam, nên đã chuẩn bị rất kỹ, để các tướng: Tôn Thất Huy, Võ Tánh và Tống Phước Đạm giữ Gia Định; Tôn Thất Hội giữ Vĩnh Long và Định Tường và Nguyễn Huỳnh Đức giữ Bà Riạ. Đại quân Nguyễn Ánh cũng chỉ đánh Thị Nại chớp nhoáng 10 ngày, xong là về ngay. Các sự trách cứ Nguyễn Ánh không thừa thắng chiếm luôn Quy Nhơn và đánh ra Bắc (Nguyễn Huệ) của Bá Đa Lộc, mà các cha cố và các "sĩ quan" Pháp viết, được Maybon và nhiều người trích lại để chỉ trích Nguyễn Ánh, là hoàn toàn không hiểu tình thế lúc bấy giờ: Quang Trung còn đó, không ai có thể chống cự nổi.

Về Trận Thị Nại, tháng 7-8/1792 (tháng 6 ÂL) Thực Lục ghi: "Giặc Tây Sơn Nguyễn Văn Nhạc đóng nhiều chiến thuyền để ở cửa biển Thị Nại, mưu toan vào cướp, kẻ gián điệp báo tin. Vua muốn ra đánh trước để chặn giặc, mới dụ cho tướng sĩ các dinh Tiên Phong và Chấn Võ thuộc Trung Quân chỉnh bị lương thực súng ống khí giới như phép hành quân, định ngày thử các chiến hạm ở ngoài biển, thuyền đại hiệu (là loại thuyền lớn) và thuyền ô sai (là thuyền nhẹ để sai phái, sơn đen), 128 chiếc"18.

Sai Tôn Thất Huy, Võ Tánh, Tống Phước Đạm giữ kinh thành Gia Định. Tôn Thất Hội giữ Vĩnh Trấn [Vĩnh Long] và Trấn Định [Định Tường], Nguyễn Huỳnh Đức giữ Bà Rịa.

Nguyễn Vương xuất quân qua của Cần Giờ, thuận gió đi thẳng tới Diên Áo (Vũng Diên), Nguyễn Văn Thành tiên phong, Phạm Văn Nhơn, thứ nhì. Nguyễn Văn Trương hộ giá, Nguyễn Văn Nhuận đi sau. "Khi quân đến ngoài cửa biển Thị Nại, thì trước hết sai quân tinh nhuệ đổ bộ phóng lửa đốt thuỷ trại giặc. Nguyễn Văn Trương và Nguyễn Văn Thành dùng thuyền Long và thuyền Phụng [đánh] thẳng vào, các quân tiến theo. Đô đốc giặc là Thành (không rõ họ) thấy đại quân chợt đến, bỏ chạy, thuyền ghe và khí giới bị quân ta bắt được hết (thuyền lớn 5 chiếc, thuyền đi biển 30 chiếc, thuyền sai 40 chiếc). Lại sai tìm bắt bọn giặc biển Tề Ngôi, bắt được ba chiếc thuyền. Vua đóng ở chợ Thị Nai, dựng cờ chiêu an phủ dụ dân chúng, cấm quân sĩ không được cướp bóc. Rồi ra lệnh rút quân về. Chiến dịch này, từ lúc xuất quân đến lúc khải hoàn chỉ hơn 10 ngày"19.

Thực Lục không nói có người Pháp tham dự trận này, chỉ ghi việc Olivier de Puymanel, tháng 7-8/1792 (tháng 6 ÂL), được thăng từ Cai đội lên Vệ Uý ban trực tuyển phong hậu vệ Thần sách. Như vậy, Puymanel ở trong đội công binh và pháo binh, thuộc bộ binh, mà trận này, Nguyễn Ánh không dùng đến bộ binh, vậy ta có thể đoán Puymanel không dự trận này. Về việc Dayot có dự trận Thị Nại 1792 hay không, chúng tôi sẽ bàn đến trong chương 19, viết về Jean-Marie Dayot.

Xác định ngày tháng trận Thị Nại, 1792

Thực Lục ghi việc hàng tháng, trừ chuyện quan trọng lắm mới ghi rõ ngày. Trận Thị Nại 1792, được ghi trong Thực Lục tháng ­­6 Âm Lịch, tức là trong khoảng 19/7/1792 đến 17/8/1792, và trong 10 ngày. Nhưng một lá thư của Bá Đa Lộc, có thể giúp ta xác định rõ hơn, ngày xẩy ra trận Thị Nại, thư này được in lại ở hai nơi: Trong cuốn Montyon II, t. 143, có đoạn đầu, nhưng không đề ngày. Trong cuốn Launay III, t. 284, đề ngày 18/7/1792, và cho biết là thư của Mgr Pigneaux gửi cho M. Boiret; nhưng bỏ đoạn đầu, nói về chiến tranh, và thêm vài câu vào đoạn cuối, không quang trọng. Chúng tôi trích dịch đoạn in ở Montyon II có liên quan đến trận Thị Nại: "...Trong tám ngày nữa, vua sẽ đi đánh Quy Nhơn, nhà vua không có ý định lấy thành này, mà muốn để cho Nhạc giữ như một thành luỹ ngăn cản quân Bắc Hà [Nguyễn Huệ]. Thành trì sẽ giữ lại, còn vua muốn tiêu hủy tất cả, để cho Nhạc không còn phương tiện hại ông; và như vậy, ông có thể ra đánh Bắc Hà mà không sợ Nhạc, ông chỉ mang theo một nửa quân đội. Bộ binh của ông có 40 người Âu, trong đó có một người được lãnh trọng trách cai quản 600 binh; còn thuỷ binh, có hai chiến thuyền Tây phương trang bị đầy đủ vũ khí. Tôi tin rằng, nếu chiến dịch này thành công, ta sẽ có cơ gửi những giáo sĩ ra Phú Yên, Nha Trang Bình Khang, và Bình Thuận..."20.

Bá Đa Lộc nói về việc Nguyễn Ánh sửa soạn đi đánh Quy Nhơn, và qua những yếu tố trong thư, ta có thể biết đó là trận Thị Nại 1792. Theo ông, Nguyễn Ánh chỉ đem theo một nửa quân đội, điều này phù hợp với Thực Lục: Nguyễn Ánh chỉ đem thuỷ binh và những đội quân cảm tử. Bá Đa Lộc lại cho biết: Bộ binh của Nguyễn Ánh có 40 người Âu và một "người cai quản 600 binh", người này hẳn là Puymanel, mới được lên chức Vệ Uý quân Thần Sách. Nhưng, như trên đã nói, trận Thị Nại, Nguyễn Ánh không đem theo bộ binh, vậy chắc chắn Puymanel không dự trận này.

Nhờ ngày tháng ghi trong lá thư, bản Launay, mà ta biết đúng ngày Nguyễn Vương khởi hành đi đánh Quy Nhơn, vì thư viết ngày 18/7/1792, và nói tám ngày nữa vua sẽ khởi hành; vậy Nguyễn Ánh xuất quân ngày 26/7/1792, và theo Thực Lục, chiến dịch kéo dài 10 ngày, do đó ta có thể xác định, chiến dịch đánh Thị Nại bắt đầu từ ngày 26/7/1792 và chấm dứt ngày 5/8/1792.

Tác giả Sử ký Đại Nam Việt cho chúng ta một số thông tin khác về trận Thị Nại, đáng chú ý:

Khi Nguyễn Ánh đánh Thị Nại, Nguyễn Nhạc đi săn vắng: "Khi ấy ông Thái Đức chẳng hồ nghi đều gì, những ngỡ mình đặng bằng yên vô sự; lại đi săn xa lắm*, bao nhiêu tầu ông ấy thì đã họp trong cửa Chợ Giã gần Quy Nhơn hết thẩy."*21

Barrow cũng viết như vậy: "Nguyễn Nhạc không ngờ trận tấn công này, ngày hôm ấy, ông cùng triều đình đi săn cách [Quy Nhơn] ba mươi dặm"22. Đó cũng là một trong những lý do chính khiến Nguyễn Ánh thành công dễ dàng.

Sử Ký Đại Nam Việt kể chuyện Nguyễn Ánh đốt tầu Tây Sơn rồi nghĩ lại, cho chữa lửa, không ghi trong chính sử và nhất nói đến bản Hịch Quang Trung, hoàn toàn không có dấu vết trong chính sử: "Ông Quang Trung khi nghe anh mình đã phải thua làm vậy, thì giận bẩy gan; lại sợ e ông Nguyễn Ánh lại ra đánh mình, nên họp binh sĩ lại và sắm sửa các tầu các ghe cho đặng cứu giúp anh. Lại muốn giục lòng binh sĩ, thì đã thương dụ nhắc lại các việc cá thể mình làm, và những trận đã được xưa nay; lại thêm những lời khinh dễ ông Nguyễn Ánh rằng: "Danh Chủng (tên Nguyễn Ánh khi còn nhỏ) trốn ẩn mình nơi nọ nơi kia, và cầu những Tây dương nhơn đến cứu giúp. Dầu danh Chủng, dầu các Tây Dương nhơn thì cũng chẳng làm chi được, vì chẳng có gan [can] đảm cùng chẳng hay nghề võ; chớ khá đem lòng sợ làm chi".

Người nói nhiều điều khác kiêu căng lắm vậy, song chẳng kịp lo liệu việc gì; vì Quang Trung mê tửu sắc lắm, chóng ra hư thân, những buồn bã quá lẽ, hay là hoảng hốt cuồng tâm mà chết, khi mới bốn mươi lăm tuổi"23. Theo Liệt Truyện, Quang Trung mất năm 40 tuổi.

Những lời trên đây cho thấy tác giả Sử Ký Đại Nam Việt đã được đọc bản Hịch của vua Quang Trung, mà Hịch này có lẽ triều Nguyễn đã tiêu hủy.

Hịch vua Quang Trung

Hịch của vua Quang Trung được in trong:

  • Phụ lục sách của Montyon (Montyon II, London, 1811, t. 138-140.

  • Ký sự Bissachère (t. 173-176) do Maybon biên soạn, Paris, 1920.

  • Nouvelles Lettres Edifiantes (Tân Huấn Thư), VII, 1823, t. 225- 228.

  • Năm 1885 Louvet in lại trong La Cochinchine Religieuse, 1885, I, t.539-54124

Trong 4 văn bản này, thì bản Bissachère và Montyon in trước. Bản Tân Huấn Thư in sau, theo bản Bissachère và Louvet sau cùng, theo bản Tân Huấn Thư.

Bản Bissachère ghi tên như sau:

Manifeste de Quang Trung, Roy de la Haute-Cochinchine et du Tonquin à tous les Mandarins, Soldats et Peuple des provinces de Quang-Gai et de Quin-Hone

(Tiré des Nouvelles des Missions Etrangères de 1802, traduction faite par M. de La Bissachère)

Dịch: Hịch của Quang Trung, vua miền Bắc Nam Hà và Bắc Hà gửi toàn thể Quan, Quân, Dân vùng Quảng Ngãi và Quy Nhơn

(Rút ra từ Thông Tin của Hội thừa sai Ngoại quốc, 1802, do Ô. de La Bissachère dịch)"

Maybon chú thích: "Bản hịch này chúng tôi cho rằng đã in lần đầu trong Les Nouvelles des Missions Orientales (Thông tin của hội Thừa sai Đông phương) do những giám đốc Hội thừa sai Ngoại quốc nhận được ở Luân Đôn những năm 1793, 1794, 1795, 1796, t. 142; không đề tên người dịch. Montyon in lại, II, trang 30625, những lỗi chính tả và dấu sai trong bản La Bissachère đã được sửa lại"26.

Bản Montyon, ghi tên như sau:

Manifeste

De Quang Trung, Roi de la Cour de Cochinchine et du Tonkin

A Tous les Mandarins, Soldats et Peuples des Provinces de Quang-Ngai, et de Qui-Nhon

So sánh hai văn bản, chúng tôi thấy Montyon không chỉ sửa lỗi chính tả và dấu, mà còn viết lại những câu vụng; có câu không thấy trong bản Bissachère. Như vậy, có bốn giả thuyết:

  • Bản Bissachère, không phải do chính Bissachère dịch, vì ông kém tiếng Pháp, mà ông chỉ chép lại một bản người khác dịch hoặc dịch chung với người khác.

  • Montyon dùng bản Bissachère nhưng sửa câu, sửa lỗi.

  • Montyon có một bản khác, dịch đúng hơn, không đề tên người dịch.

  • Montyon dịch thẳng từ bản chữ Hán của Quang Trung.

Bản Nouvelles Lettres Edifiantes (Tân Huấn Thư) VII, ghi tên như sau:

Manifeste de Quang-trung, roi de la haute Cochinchine et du Tong-king, à tous les mandarins, soldats et peuples des provinces de Quang-ngai et de Qui-nhon

Dịch: Hịch của Quang-trung, vua miền bắc Nam Hà và Bắc hà, gửi toàn thể quan, quân, dân vùng Quảng ngãi và Quy nhơn.

Chúng tôi dùng bản Montyon, vì ít lỗi hơn. Đây chỉ là sự dịch lại một bản dịch, nhưng không thể làm khác, bởi nguyên bản của vua Quang Trung chắc không còn nữa.

Hịch

của Quang Trung, Vua Nam Hà và Bắc Hà

gửi toàn thể Quan, Quân, Dân hai xứ Quảng Ngãi và Qui Nhơn

"Các ngươi, lớn, nhỏ, từ hơn hai mươi năm nay không ngừng sống nhờ ân huệ của anh em ta. Đành rằng nếu chúng ta đã gặt hái được những chiến thắng trong Nam ngoài Bắc trong thời kỳ này, quả đúng cũng là nhờ vào lòng gắn bó của nhân dân hai xứ. Tại vùng đất này, ta đã tìm được những người can đảm, những quan lại có khả năng xây dựng triều đình.

Quân ta tiến đến đâu, giặc tơi bời, tan tác. Quân ta chinh phạt đến đâu, giặc Xiêm, giặc Tầu tàn ác buộc phải chịu ách cúi đầu...

Còn lũ nhơ bẩn của triều đình cũ, từ hơn ba mươi năm nay, ta chưa thấy chúng làm được việc gì ra hồn!... Trăm trận ta đánh với chúng, quân chúng tan rã, tướng chúng bị tiêu diệt; vùng Gia Định tràn đầy xương cốt chúng. Những điều ta nói đây các ngươi đã từng chứng kiến; nếu các ngươi không thấy tận mắt thì cũng đã nghe kể lại.

Xá gì tên Chủng khốn nạn đi chui luồn những triều đình Âu Châu tồi bại? Còn đám quần chúng khiếp nhược ở Gia Định bây giờ dám đứng lên đầu quân, các ngươi há gì mà sợ chúng thế? Sao các ngươi lại bị khủng hoảng tinh thần đến vậy? Nếu bộ binh và thủy binh của chúng bất ngờ xâm phạm những cửa biển của các ngươi; thì cứ theo những chỉ dụ của Hoàng Đế [Thái Đức] đã viết sẵn mà làm. Ta thấy các ngươi, quan cũng như quân, cả hai xứ, đều không có can đảm chiến đấu. Thực chỉ vì lẽ đó chứ không phải vì quân giặc có tài cán gì mà chúng làm chủ được hết các vùng chúng xâm lược. Bộ binh của các ngươi hèn nhát trốn chạy.

Nay, chấp lệnh của Hoàng đế, anh ta, ta chuẩn bị một binh đội thuỷ, bộ kinh hồn, nhân danh ta, nghiền nát chúng dễ như "bóp tan mảnh gỗ mục".

Còn các ngươi, các ngươi không cần đếm xỉa đến kẻ thù, cũng đừng sợ chúng, chỉ cần mở mắt, dóng tai, mà nhìn, mà nghe, những gì ta sẽ làm. Các ngươi sẽ thấy các xứ Bình Khang, Nha Trang đầy mảnh vụn xác người Gia Định, sẽ thấy Phú Yên, luôn luôn là trung tâm của chiến tranh và từ Bình Thuận đến biên giới Cao Miên, tất cả, chớp nhoáng, sẽ trở về tay ta, để mọi người biết rằng chúng ta đích thực là anh em, không bao giờ ta quên tình máu mủ.

Ta khuyên các ngươi, lớn nhỏ, hãy phò trợ Hoàng gia, trung thành với Hoàng đế, trong khi chờ đợi ta quét sạch Gia Định, thiết lập lại chính quyền, thì tên tuổi của hai xứ sẽ trở thành bất tử trong sử sách.

Đừng cả tin những gì lũ người Âu nói. Khéo léo tinh xảo gì chúng nó? Tất cả đều một bọn mắt rắn xanh. Các ngươi chỉ nên nhìn chúng như những xác chết trôi được vất xuống từ biển Bắc. Có gì ghê gớm đâu mà ba hoa thuyền đồng, thuyền trường đà 27.

Tất cả làng mạc trên đường hành quân trong hai xứ phải góp sức làm cầu cho quân đi qua. Nhận được lệnh này, phải triệt để thi hành ngay.

Khâm tai! Đặc chiếu

Quang Trung năm thứ 5, ngày thứ 10, tuần trăng thứ bẩy"

Tức ngày 27/8/1792

(Thụy Khuê dịch)

Ngày 27/8/1792 Quang Trung truyền hịch san bằng Gia Định. Ngày 16/9/1792, Quang Trung băng hà. Bài hịch cho thấy ba điểm: ý chí quyết liệt chiếm lại miền Nam; sự khôn khéo của Quang Trung và tình hình chính trị lúc bấy giờ. Anh em Tây Sơn chưa thoát khỏi nghịch cảnh bất hoà. Việc hành quân đánh Nguyễn Ánh qua hai vùng Quảng Ngãi và Quy Nhơn, là đất của Nguyễn Nhạc, không dễ, nên Nguyễn Huệ phải có hịch truyền đi trước, để:

1- Chứng tỏ mình theo lệnh anh mà đánh. Tôn anh làm Hoàng đế. Mình chỉ là vua, nhưng vua trị vì cả Nam lẫn Bắc.

2- Đánh giặc cho anh. Nhưng nhân danh mình và quân đội của mình.

3- Mắng quan, quân, dân hai miền Quảng Ngãi và Quy Nhơn của Nguyễn Nhạc là hèn nhát để mất đất về tay Nguyễn Ánh.

4- Không khiến dân quân hai miền này góp phần vào chiến trận, ngoài việc làm cầu đường.

5- Gọi Nguyễn Ánh bằng Chủng, tên tục hồi bé, là một xỉ nhục.

6- Khinh bỉ người Âu, cho sự cầu cạnh người Âu là đê tiện.

Bài hịch vừa dằn mặt vừa khích lệ dân chúng của Nguyễn Nhạc, mắng nhiếc Nguyễn Ánh về việc nhờ người Âu, đồng thời cũng cho thấy hiệu quả chính sách tuyên truyền của Nguyễn Ánh: việc người Âu đến giúp chỉ là huyền thoại, ông từ Pháp về tay không, Louis XVI từ chối không giúp; người ta đồn lên là Bá Đa Lộc tự tìm lấy nguồn tài trợ, nhưng chính Bá Đa Lộc cũng cho biết việc Pháp "giúp" là "chimère" tức là "ảo tưởng", như ta đã thấy trong bức thư ông viết ngày 14/9/1791, mà chúng tôi trích dẫn ở trên.

Sự thành công của Gia Long, phần lớn phụ thuộc vào cái chết của Quang Trung. Nếu Quang Trung không chết, cục diện chiến tranh chưa biết sẽ thế nào. Ngay cả sau khi Quang Trung chết, với sự non yếu, giết hại công thần của Quang Toản, Trần Quang Diệu vẫn còn cầm cự thêm được 10 năm nữa. Như vậy đủ biết, chiến thắng Tây Sơn không phải dễ dàng. Bá Đa Lộc cùng các giáo sĩ và "sĩ quan" Pháp thường trách Nguyễn Ánh không đánh mạnh, đánh ngay, bởi họ không hiểu gì về sức mạnh quân sự của Tây Sơn.

Phụ lục: Manifeste de Quang Trung

MANIFESTE

De Quang Trung, Roi de la Cour de Cochinchine et du Tunkin,

A Tous Les Mandarins, Soldats, et peuples des Provinces de Quang-Ngai et de Qui-Nhon

Vous tous grands et petits, depuis plus de 20 ans ne cessez de subsister par nos bienfaits, nous frères (Tay-son), il est vrai que pendant tout ce temps, si nous avons remporté des victoires dans le nord et dans le sud, nous reconnaissons que nous les devons à l'attachement des peuples de ces deux provinces. C'est là où nos avons trouvé des hommes courageux et des mandarins capables pour former notre cour. Partout où nous avons porté nos armes, nos ennemis ont été défaits ou dispersés; partout où nous avons porté nos conquêtes, les Siamois et les cruels Chinois ont été obligés de subir le joug... Quant aux restes impurs de l'ancienne cour, depuis plus de 30 ans avons-nous jamais vu qu'ils eussent rien fait de bien!... Dans cent combats que nous leur avons livrés, leurs soldats ont été dispersés, leurs généraux mis à mort, la province de Gia-Dinh a été remplie de leurs ossemens. Ce que nous disons ici, vous en avez été les témoins, et si vous ne l'avez vu de vos propres yeux, au moins l'avez-vous entendu de vos oreilles, quel cas faire de ce misérable Chung (Roi actuel régnant) qui s'est enfoui dans les malheureux royaumes d'Europe? Quant au peuple timide de Gia-Dinh, qui ose aujourd'hui de mettre en mouvement, et lever une armée, pourquoi les craignez-vous tant? Pourquoi votre coeur est-il saisi d'effroi? Si leur armée de terre et de mer s'est présentée dans tous vos ports, et s'en est emparée dans un temps où vous ne vous y attendiez pas, le grand empereur nous en a déjà fait connaître les raisons par lettres; et nous avons vu que les mandarins, les soldats et vous tous dans ces deux provinces, n'aviez pas eu le courage de combattre, et que c'est par cette raison plutôt que par leurs talens qu'ils s'étaient emparés de tous les endroits qui sont aujourd'hui en leur possession. Votre armée de terre, s'est enfuie lâchement. Maintenant, par l'ordre de notre frère empereur, nous préparons nous-mêmes une armée formidable par terre et par mer, et nous allons réduire les ennemis de notre nom avec la même facilité que nous froisserions un morceau de bois pourri ou du bois sec. Quant à vous tous, ne faites en aucun cas de ces ennemis; ne les craignez point; mais seulement ouvrez les yeux et les oreilles pour voir et entendre ce que nous allons faire. Vous verrez que les province de Binh Khang et de Nha Trang qui ne sont que des débris de Gia-Dinh, que la province de Phu-Yen qui a toujours été le centre de la guerre, et qu'enfin depuis la province de Binh-Thuan, jusqu'au Cambodge, toutes d'un seul coup vont rentrer sous notre puissance; afin que tout le monde sache que nous sommes véritablement frères, et que nous n'avons jamais pu oublier que nous étions du même sang. Nous vous exhortons tous, grands et petits, de soutenir la famille de l'empereur et de lui rester fidèlement attachés, en attendant que notre armée purifie la province de Gia-Dinh et d'y établisse notre autorité, et les noms de vos deux provinces seront immortels dans nos annales. Ne soyez pas assez crédules pour ajouter foi à ce qu'ont dit des Européens. Quelle habileté peut avoir cette espèce d'hommes? Ils ont tous des yeux de serpens verds, et vous ne devez les regarder que comme des cadaves flottans qui nous sont jettés ici par les mers du nord. Qu'y a-t-il là d'extraordinaire pour venir nous parler de vaisseaux de cuivre, et de ballons? Tous les villages qui se trouvent sur les chemins dans vos deux provinces auront soin de faire partout des ponts, afin de faciliter la passges de nos troupes. Aussiôt que cet ordre vous parviendral, vous aurez soin de vous y conformer. Recevez avec respect ce manifeste; car tel est notre bon plaisir.

Le 10ème jour de la 7ème lune,

de la 5ème année de Quang Trung28


© Copyright Thuy Khue 2015


  1. TL, I, t. 284. ↩︎

  2. Đoạn này viết theo Hoàng Xuân Hãn, La Sơn Phu Tử, 1950, Tủ sách Việt Nam chụp lại, Paris, 1983. ↩︎

  3. Hoàng Lê Nhất Thống Chí, t. 322. ↩︎

  4. Theo Hoàng Xuân Hãn, La Sơn Phu Tử, Tủ sách Việt Nam, Paris, 1983, t. 118-147. ↩︎

  5. Liệt Truyện, Nguyễn Văn Huệ, II, t. 557. ↩︎

  6. TL, I, t. 284. ↩︎

  7. Nguyên văn: leur a donné le temps de revenir de leur frayeur et de s'assurer que tout ce qu'on disait du secours des Européens n'était que chimères*.* ↩︎

  8. Launay, Histoire de la Mission de Cochinchine III, t. 294. ↩︎

  9. Launay, III, t. 223. ↩︎

  10. Ngô Thì Chí, Hoàng Lê Nhất Thống Chí, t. 301. ↩︎

  11. Launay III, t. 296. ↩︎

  12. Launay III, t. 295. ↩︎

  13. Launay III, t. 297. ↩︎

  14. Launay, III, t. 298. ↩︎

  15. TL, I, t. 283. ↩︎

  16. Launay, III, t. 223. ↩︎

  17. TL, I, t. 286. ↩︎

  18. TL, I, t. 286. ↩︎

  19. TL, I, t. 286-287. ↩︎

  20. Montyon, II, t. 143. ↩︎

  21. Sử Ký Đại Nam Việt, t. 58. ↩︎

  22. Barrow II, t. 218*.* Dặm Anh=1609m31, 30 dặm = 48km279. ↩︎

  23. Sử Ký Đại Nam Việt, t. 59-60. ↩︎

  24. La Cochinchine Religieuse, (Đạo giáo ở Nam Kỳ), I, nxb Leroux, Paris, 1885, t. 539-541. ↩︎

  25. Maybon dùng sách Montyon, bản Paris, nên không cùng số trang với bản Luân Đôn mà chúng tôi dùng. ↩︎

  26. Maybon, Relation de La Bissachère, t. 174. ↩︎

  27. Nhóm từ "vaisseaux de cuivre et de ballons" mà chúng tôi dịch là "thuyền đồng và thuyền trường đà", cần giải thích: Từ điển của Hàn Lâm Viện 1798, ghi nghiã thứ nhì của chữ ballon như sau: "Ballon est aussi une sorte de vaisseau à plusieus rames, dont on se sert pour aller sur les fleuves et les mers du pays de Siam" (Ballon còn là loại tầu có nhiều chèo, để đi sông và đi biển ở Xiêm). Theo nghiã này, ta có thể đoán đó là thuyền trường đà, mà chúng tôi đã nói đến trong chương 7: Montyon mô tả và khâm phục: có 2 bánh lái, rất lợi hại, đi cả sông lẫn biển. Thuyền trường đà do Đỗ Thanh Nhơn tạo ra, nhưng Quang Trung tưởng là của Tây. Chữ ballon này được Louvet hiểu là khí cầu và chú thích: vì Boisserand đã thả cho vua xem nhiều khí cầu, làm cho người Việt kinh hồn và tiếng đồn đến tai Tây Sơn. Điều này hoàn toàn sai, vì trong thư Boisserand gửi Létondal, viết ngày 21/5/1791, ông chỉ nói ông làm những thí nghiệm về điện, về sự rung chuyển (commotion), và hiệu quả của tia diện có thể đốt cháy... trước mặt vua và các quan, gây ấn tượng mạnh (Launay, III, t. 291), mà không nói đến khí cầu. Bởi vì năm 1784, mới có dự định đầu tiên về khí cầu. Năm 1794, khí cầu do thám cho quân đội mới ra đời. ↩︎

  28. Montyon II, t. 138-140. ↩︎