Chapitre 7
Observations sur l'architecture vietnamienne et le palais de Phú Xuân
Chương 7
Nhận xét kiến trúc Việt và cung điện Phú Xuân
Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français
Montyon et son Exposé statistique du Tunkin
Pourquoi examiner cet ouvrage ?
Le baron Jean-Baptiste de Montyon (1733-1820) était un philanthrope et un économiste français1. En 1789, la Révolution française éclate ; Montyon doit passer en Angleterre comme réfugié politique, et ne rentre en France qu'en 1814, sous la Restauration. Pendant son exil, en 1811, il fait imprimer à Londres un ouvrage dont le titre complet est le suivant : Exposé statistique du Tunkin, de la Cochinchine, du Camboge, du Tsiampa, du Laos, du Lac-Tho, par M. M-N sur la Relation de M. de la Bissachère, missionnaire dans le Tunkin2.
En 1812, Montyon réimprime ce livre à Paris, remplaçant Exposé statistique par État actuel et supprimant la mention « par M. M-N », c'est-à-dire Montyon en abrégé. Nous nous servons de l'édition de Londres de 1811, en 2 volumes, que nous citerons Montyon I et II.
Pourquoi nous arrêtons-nous à cet ouvrage ? Pour deux raisons :
1- L'ouvrage de Montyon, comme celui de Barrow, est éreinté par Maybon dans l'Introduction qu'il a mise en tête de La Relation de La Bissachère3, qu'il a publiée et préfacée en 1920.
2- Mais plus de 100 ans auparavant, La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de M. de la Bissachère (en abrégé la Relation Bissachère) avait déjà paru sous les deux formes que voici :
En 1810, Sainte-Croix a imprimé la Relation Bissachère comme un chapitre de son propre livre, intitulé Voyage commercial et politique aux Indes orientales…
En 1811 à Londres et en 1812 à Paris, Montyon a fait imprimer l'Exposé statistique du Tunkin… sur la Relation de M. de la Bissachère… dont on vient de parler ; le titre nomme bien Bissachère, mais Montyon se sert fort peu de ce que Bissachère a écrit.
Maybon, dans l'Introduction de la Relation Bissachère, a rapporté ce fait, en l'accompagnant d'injures accablantes contre Montyon. Quand on lit ces 532 pages4, on voit que les reproches de Maybon sont excessifs. C'est une étude sur la société vietnamienne de la fin du XVIIIᵉ siècle, dont l'esprit s'élève au-dessus des calculs religieux des missionnaires et des visées politiques du parti colonial ; l'auteur s'attache aux questions qui touchent à Gia Long : l'organisation de l'armée, la société civile pendant la guerre entre Nguyễn Ánh et les Tây Sơn… C'est le livre d'un homme de savoir français, placé au-dessus de la falsification de l'histoire.
Mais on ne comprend pas pourquoi Montyon a intitulé son livre Exposé… sur la Relation de M. de la Bissachère… et pourquoi il exalte Bissachère à l'excès : « M. de La Bissachère a demeuré dix-huit ans au Tonkin, il a parcouru le pays entier, il entend et parle la langue… il a connu les hommes qui tenaient le pouvoir, il s'entretenait souvent avec les mandarins, il a lui-même été mandarin… et il a été plusieurs fois reçu par le roi » — car il y a fort peu de choses, dans le livre, qui soient tirées de Bissachère (et ces endroits-là sont le plus souvent faux). La manière d'écrire et la pensée de Montyon sont très au-dessus de celles de Bissachère. Sur la composition de l'ouvrage, Montyon nous apprend ceci : « Quant aux données qu'il [Bissachère] avait esquissées, nous y avons joint de nous-même des mémoires et des lettres d'hommes qui ont vécu dans ces pays, qui ont pris part aux événements, et dont la qualité et la bonne foi sont établies »5.
Nous avancerons provisoirement cette hypothèse : c'était le temps où la noblesse française fuyait la Révolution de 1789, où des centaines de milliers d'hommes étaient menacés de la guillotine ; le baron de Montyon s'était réfugié en Angleterre, et ne pouvait donc mettre son nom sur un livre, ni en Angleterre ni en France ; il emprunta le nom de Bissachère, et dut par conséquent donner le missionnaire pour une autorité véritable.
Cet ouvrage comporte d'abord des erreurs recopiées de Bissachère et de Barrow, qu'il faut signaler :
1- Ce qui est recopié de Bissachère :
Sur Quang Trung, Montyon écrit : « … lorsqu'il [Nguyễn Huệ] apprit qu'une armée chinoise de quarante mille hommes était entrée au Tonkin pour relever le trône des Lê, il forma sur-le-champ une petite armée et la contraignit de marcher contre les Chinois ; chemin faisant, il força tous ceux qui pouvaient porter les armes à le suivre, et fit tuer ceux qui s'y refusaient ; il enleva tous les vivres, laissant les vieillards, les femmes et les enfants sans rien à manger, brûla les maisons de ceux qui ne voulaient pas fournir de subsistances ou qui se cachaient, tomba à l'improviste sur les Chinois désespérés, les mit en déroute et en extermina vingt mille… »6. Tout ce passage est écrit d'après Bissachère : il est donc très fautif et très déraisonnable. Avec la conduite d'un chef de brigands et une armée levée de force, qui n'avait jamais su se battre, comment Quang Trung aurait-il pu vaincre ? Le Thực lục et le Liệt truyện, quand ils écrivent sur les « faux Tây Sơn », consignent très clairement la méthode de recrutement et la manière d'avancer du roi Quang Trung : nous en avons parlé au chapitre 3.
Dans la partie sur le droit pénal du temps de Gia Long, Montyon écrit : « Les peines des délits ordinaires sont fixées par une loi que tout le monde connaît, mais pour les crimes graves, surtout ceux qui touchent à la défense de l'État, la peine s'applique en secret, le juge seul la connaît, et parfois le roi ou le Conseil secret l'aggrave encore. C'est ainsi que l'empereur a fait déchirer par les éléphants les rebelles Tây Sơn, et fait couper en morceaux la chair des rebelles pour la faire manger à ses soldats », « Les femmes condamnées à mort le sont plus horriblement encore. Elles sont lancées en l'air par l'éléphant, et, en retombant, transpercées par ses défenses et foulées sous ses pieds »7.
Mais ces lignes sont fausses, car elles imitent le passage où Bissachère écrit que Gia Long fit déchirer par les éléphants les frères Tây Sơn, ainsi que la générale Bùi Thị Xuân et sa fille, puis fit « manger » la chair de Bùi Thị Xuân à ses soldats (voir chapitre 9). Le passage sur Quang Trung montant au Nord combattre les troupes des Qing contient cette phrase : « chemin faisant, il força tous ceux qui pouvaient porter les armes à s'enrôler, fit tuer ceux qui refusaient, brûla les maisons… »8, qui est également une invention de Bissachère.
2- Ce qui réfute Bissachère : la partie sur la religion prouve que Montyon connaissait assez bien la question religieuse en Orient ; il s'oppose aux vues de Bissachère et critique les Européens — surtout les missionnaires, qui tenaient la religion des Vietnamiens pour une adoration des démons (idolâtrie) — parce qu'ils ne comprennent rien à la croyance du peuple vietnamien et ne savent prendre que le christianisme pour mesure des autres peuples. Il estime que l'« ignorance » des Européens leur a fait tenir tous ces cultes pour arriérés et à rejeter. Les religions d'Orient, et particulièrement celle de la Cochinchine, viennent de la Chine, et la Chine les tient de l'Inde… Les gens du Nord ont une tradition polythéiste : ils croient que, de la montagne à la plaine, chaque lieu a son génie qui y règne et qui influe sur la vie des hommes9.
3- Ce qui est recopié de Barrow : le livre de Montyon vient après celui de Barrow, et quelques points s'y ressemblent, ce qui prouve ou bien que Montyon avait lu Barrow, ou bien que tous deux se servaient des mêmes documents.
Sur la fuite de Nguyễn Ánh en 1777, Montyon écrit : « Le jeune Nguy-en-Chung10, conduit par sa mère, s'enfuit dans les bois, et y demeura plusieurs mois sous un épais fourré… »11 — phrase recopiée de Barrow, dont nous avons dit les erreurs au chapitre 5.
Sur les Tây Sơn, Montyon écrit : « Le second frère, Nguyễn Lữ, était un bonze, sans goût pour les affaires publiques et sans capacité de commandement, mais soutenu par le clergé, et ce clergé influait sur la multitude : il donnait au parti [Tây Sơn] une apparence de justice et une haute valeur »12. Ici Montyon se sert des mêmes documents que Barrow, mais il écrit plus clairement.
Outre les erreurs qu'on vient de dire, voici les points singuliers que Montyon avance sur l'époque où Gia Long fonda sa dynastie, et qu'on trouve difficilement chez d'autres auteurs.
Observations sur l'architecture vietnamienne et le palais de Phú Xuân
Montyon observe l'état général de l'architecture vietnamienne :
« Les matériaux de construction n'y manquent point : de belles pierres, dures et polies comme le marbre, de bonnes terres à brique, quantité de bois précieux et beaux. Ce peuple est adroit, d'une habileté surprenante ; l'architecture pourtant y est défectueuse, faute d'en connaître les principes ; et de plus la nature comme les lois administratives empêchent d'y élever des bâtiments réguliers, beaux et imposants. En bien des endroits, l'humidité oblige de laisser un vide entre le rez-de-chaussée et le sol. Il n'est pas permis au peuple de bâtir en pierre ni à plusieurs étages ; les grands édifices eux-mêmes, pagodes et temples, sont de bois, afin de mieux résister aux typhons et d'en moins souffrir. Nombre de vastes demeures n'ont que les murs principaux de pierre ou de brique, tout le reste est de bois. Les maisons sont sans régularité, avec pourtant quelque symétrie ; elles ressemblent à un amas de grands corps de logis sans forme arrêtée ; ce désordre néanmoins a sa majesté propre, et il fait voir le rang de celui qui les habite »13.
L'observation est assez fine. Montyon juge sévèrement l'architecture vietnamienne parce qu'il regarde l'architecture et la décoration avec les idées de l'Europe, et tient pour « sans principes » tout ce que fait l'Asie. Le point remarquable est ici que, tout en blâmant, il constate ceci : les Vietnamiens ont une architecture à eux, différente de celle de l'Occident. Sur le palais de Phú Xuân, il écrit :
« Les villes qui ont les plus belles maisons sont Bac-Kin, capitale du Tonkin, et Phú Xuân, capitale de la Cochinchine, où l'empereur réside avec sa famille et sa garde : c'est une place de guerre. Les dignitaires et le peuple habitent hors des murs. Depuis que la capitale du Tonkin est déserte, en partie ravagée par la guerre — mais elle en garde de magnifiques vestiges —, le palais impérial est la plus belle demeure du pays : il compte beaucoup de bâtiments et des jardins immenses, il est enfermé de murailles de deux ou trois lieues de tour [4 à 8 kilomètres], et il a quatre portes, exactement aux quatre points cardinaux. Pour entrer au palais, il faut traverser plusieurs cours, dont l'une est réservée au quartier de la garde, et l'autre aux écuries et aux éléphants ; le palais du roi est carré, forme réservée à la majesté royale ; on monte quelques degrés de marbre pour arriver au vestibule. Le palais a deux étages, avec de grandes salles à quantité de colonnes, de l'or à foison, une décoration bizarre et lourde, des sculptures sans beauté, des figures sombres, des dorures sans effet. Le seul ornement digne d'éloge, ce sont les colonnes de bois de lim, très dur, plein, ferme, d'un brun sombre, bois fameux pour sa beauté, surtout lorsqu'il tourne à l'acajou, veiné comme du marbre ; frotté avec des feuilles de bananier, les veines en ressortent, il devient lisse, brillant, beau comme le meilleur vernis et clair comme le cristal ; ces colonnes réfléchissent la lumière et font songer aux châteaux de cristal et de diamant des contes de fées ; mais elles sont grandioses sans être proportionnées ; celles des portes du palais vont parfois jusqu'à 40 pieds [12,96 m] de hauteur, sur 5 pieds [1,62 m] de tour à la base ; elles s'amincissent vers le haut, sans piédestal ni chapiteau. La colonne est posée droit sur une pierre carrée, enfoncée profondément en terre et qui affleure d'un ou deux tấc.
Après le palais du roi viennent les temples et les pagodes du Nord, plus vastes et plus magnifiques que ceux du Sud. Quelques voyageurs à l'esprit étroit se sont mépris et ont appelé temple le lieu où l'on serre les objets du culte »14.
Montyon n'échappe pas au préjugé habituel de l'Occidental : il continue de mesurer aux modèles européens du beau la décoration du palais de Gia Long, et de la blâmer ; mais ces observations nous sont fort précieuses, car c'est sans doute la description la plus ancienne, par un étranger, du palais de Huê tel que Gia Long venait d'en achever le noyau en 1805 — c'est-à-dire la Cung thành (que Minh Mạng appellera plus tard la Tử cấm thành) et le palais Thái Hoà. D'après le Đại Nam nhất thống chí, la Kinh thành n'était alors qu'en terre ; on ne commença de la bâtir en brique qu'en la 17ᵉ année de Minh Mạng (1836)15.
D'après le Hội điển et le Đại Nam nhất thống chí, les travaux du palais de Huê s'étendirent sur tout le règne de Gia Long et sur celui de Minh Mạng. Ce que Montyon décrit ici, c'est précisément la Hoàng thành et le palais Thái Hoà ; en 1805, le Đại Nam nhất thống chí note : « Quatre dặm et quelques de tour, haute d'un trượng cinq thước, épaisse de deux thước six tấc, bâtie en brique ; au sud comme au nord elle a 151 trượng 5 thước de long, à l'est comme à l'ouest 155 trượng 5 thước ; on y ouvrit quatre portes : devant, Ngọ Môn ; à gauche, la porte Hiển Nhân ; à droite, la porte Chương Đức ; derrière, la porte Hoà Bình. En dedans de Ngọ Môn est le palais Thái Hoà, palais principal des grandes audiences… »16.
Observations sur les seigneurs Nguyễn, les Tây Sơn et Nguyễn Ánh
Montyon a quelques observations pénétrantes et singulières, qu'on ne trouve pas dans les autres documents :
1- Il blâme la cruauté et le despotisme des seigneurs Trịnh au Nord et marque son respect pour la vertu des seigneurs Nguyễn au Sud. Il écrit : « …Pendant ce temps, l'Đàng Trong était gouvernée par des seigneurs presque tous capables et vertueux, dont quelques-uns furent de grands hommes : se formant et s'instruisant eux-mêmes, ils parvinrent à une grande fermeté et devinrent les rivaux de la puissance dont ils dépendaient encore [c'est-à-dire les seigneurs Trịnh]. (…) Le plus fameux est Hien-Nquien-Vuong [Hiền Vương Nguyễn Phước Tần], par qui l'Đàng Trong gagna une partie du Chiêm Thành et les provinces maritimes du Chân Lạp, et par qui s'acheva la civilisation de l'Đàng Trong »17. Montyon donne assez complètement la liste des seigneurs du Sud : il n'y manque que le Quốc chúa Nguyễn Phước Chu (1691-1725). Ce qu'il observe des seigneurs est juste, et il sait notamment que le seigneur Hiền, Nguyễn Phước Tần, était un héros — alors que dans les documents des missions de ce temps-là les missionnaires appelaient le seigneur Hiền un « tyran ».
2- Sur les Tây Sơn, il donne un détail concernant la brouille des frères : « Trop puissant pour souffrir la supériorité de son frère aîné, Huệ lui envoya dire qu'il voulait régner à part. L'aîné entra en fureur, fit couper la tête aux envoyés de Huệ et se porta aux dernières violences. Quang Trung en tira vengeance et marcha contre son frère. Mais cette division eut pour résultat qu'ils conférèrent ensemble de l'état du soulèvement dans le Sud, et qu'il leur fallut renoncer à leur haine »18. Le fait que « Nhạc ait fait couper la tête aux envoyés de Huệ » n'est consigné nulle part ; peut-être Montyon s'appuie-t-il sur le renseignement d'un missionnaire vivant à la cour de Thái Đức. S'il est exact, voilà l'une des causes directes qui expliquent pourquoi Nguyễn Huệ conduisit ses troupes contre Quy Nhơn. Jusqu'ici les chercheurs n'allèguent d'ordinaire que cette raison — « Huệ n'aurait pas partagé avec son frère les richesses “prises” au Tonkin » — pour expliquer la brouille des frères Tây Sơn, mais personne n'explique pourquoi Nguyễn Huệ marcha sur Quy Nhơn.
3- Sur les soldats français venus aider Nguyễn Ánh, Montyon écrit : « Quelques officiers français se mirent au service de Nguyễn Chủng, exercèrent ses soldats à la discipline, et quelques marchands français lui vendirent des navires. Le peuple était las de la guerre, et l'épuisement des deux partis fit qu'on s'arrêta quelque temps : mais Nguyễn Chủng profita de cette occasion pour élever des forts à l'européenne et pour construire des bâtiments de guerre sur le modèle des navires français qu'il avait achetés »19. Montyon est l'un des rares Français à établir qu'il n'y eut que « quelques officiers français au service de Nguyễn Chủng ».
4- Sur l'attitude du peuple devant la guerre, Montyon écrit : « Les soldats des deux partis se battaient, le peuple regardait ; il ravitaillait les armées et recevait le juste prix de ce qu'il fournissait ; il n'était tenu qu'à reconnaître le vainqueur pour maître »20. Ce point montre que, dans la guerre entre Nguyễn Ánh et les Tây Sơn, le peuple n'était pas obligé de prendre parti : il pouvait rester neutre et ravitailler les deux camps, n'ayant qu'à reconnaître le vainqueur pour « maître ». Cela explique aussi comment le peuple du Sud a survécu aux quatre expéditions de Nguyễn Huệ contre Gia Định, et comment Nguyễn Ánh, après quatre défaites et quatre fuites, revenait naturellement à Gia Định et y était accepté par la population.
5- Sur le roi Gia Long, Montyon écrit :
« Le roi de Cochinchine, chassé, caché, revint sur ses terres. Chassé encore, il revint encore. Après tant de victoires et de défaites, il recouvra enfin le trône par droit d'hérédité et par force de conquête ; il reprit tout le Nord, ce qui importait davantage ; et ainsi parut dans la presqu'île de l'Inde, au-delà du Gange, une puissance telle qu'il n'y en avait jamais eu de si grande. À travers tant de vicissitudes, on a vu d'un côté des desseins si profondément combinés, des perfidies si rusées, des ruses si hardies et si étranges, des scènes si tragiques et si cruelles ; de l'autre un tel courage contre le malheur, un génie si éminent, et pour finir un résultat [inattendu] si étranger à tout ce qui l'avait précédé [c'est-à-dire l'unification du pays] ; de ces événements ressort un caractère extraordinaire, qui ne ressemble à l'histoire d'aucun pays ni d'aucun siècle, ancien ou moderne »21.
Montyon est sans doute le seul Français à avoir établi que Gia Long recouvra le trône par droit d'hérédité et par force de conquête, et non grâce à Pigneau de Béhaine et aux soldats français, comme le veulent les plumes coloniales.
L'industrie de la construction navale au Viêt Nam
Au chapitre 4, nous avons cité le passage où Barrow écrit sur l'industrie de la construction navale au Viêt Nam ; Montyon traite lui aussi de la question, et les deux hommes se rencontrent sur plusieurs points, mais Montyon donne encore d'autres renseignements :
« Pour la construction des barques, ce pays a une technique particulière : les planches qui les composent sont liées fortement les unes aux autres avec du rotin, au lieu de clous ; cet assemblage rend le bateau plus souple, et lui fait mieux résister à la mer.
Les grands bateaux ont, outre le gouvernail ordinaire, un gouvernail de réserve d'une forme particulière. Le gouvernail ordinaire est court et se fixe presque perpendiculairement ; l'autre est plus long et se fixe presque horizontalement : par grand vent on se sert de ce dernier, qui fait aller le bateau plus vite. Quand la mer est grosse, on emploie les deux gouvernails à la fois.
Les navires de cabotage sont plus petits que ceux des Chinois, de forme ancienne, et leur flottaison (le rebord qui porte l'eau) est encore défectueuse, ce qui les rend lents. Depuis peu, les gens du Tonkin construisent leurs navires de mer à la manière chinoise, c'est-à-dire qu'ils partagent les marchandises en compartiments séparés, un pour chaque propriétaire, au moyen de planches fixées au bâtiment, dont on calfate les joints pour que l'eau ne passe pas ; de la sorte, quand le navire reçoit un choc violent, il n'est pas aussitôt bouleversé, et quand une voie d'eau s'y ouvre, il est aisé de savoir où elle est.
Les bâtiments de guerre se divisent en 2 sortes : les galères ou les vaisseaux. Les galères ont de 50 à 80 pieds [16,20 m à 25,92 m] de long et sont faites de planches aussi longues que le bâtiment. Elles ont de chaque bord une rangée de rameurs, portent de 15 à 20 canons, d'un calibre de 6 à 12.
Les vaisseaux, plus grands, ont la coque plus solide et sont mieux construits que les navires chinois. Depuis quelques années, un changement heureux s'y est fait : on a adopté la méthode européenne pour la construction ; mais la mâture et la voilure sont encore imparfaites : beaucoup de mâts sont encore faits d'un seul tronc, moins solides que s'ils étaient assemblés de pièces, et il n'y a pas de hune au mât, ce qui rend la manœuvre difficile ; la vergue n'est liée au mât qu'à ses deux extrémités et non par le milieu ; les voiles sont disposées avec assez d'art pour couper le vent, mais comme elles sont de feuilles ou d'autres matières moins solides que le chanvre, elles ne tiennent pas contre le vent ; quand la pluie les a traversées, il faut les arroser d'eau de mer, et, de quelque eau qu'elles soient imprégnées, si elles ne sèchent pas dans les vingt-quatre heures, elles pourrissent.
Le doublage en cuivre et d'autres techniques modernes sont connus, par l'examen des navires occidentaux, mais on ne les a pas encore mis en pratique »22
Montyon et Barrow se servent de deux documents différents, mais tous deux l'établissent : la technique vietnamienne de construction navale diffère de celle de l'Occident.
Montyon s'arrête particulièrement à un trait des bâtiments de guerre de Nguyễn Ánh : les deux gouvernails (Barrow, qui examinait les bateaux des Tây Sơn, n'en dit rien) — un gouvernail ordinaire, court, fixé perpendiculairement, et un gouvernail long, fixé horizontalement, dont on se sert par grand vent. Ce bateau est précisément le bateau trường đà (à gouvernail long) inventé par Đỗ Thanh Nhơn. Trịnh Hoài Đức écrit : « En automne, au 7ᵉ mois [de l'année Canh Tý, soit août 1780]… Thanh Nhơn imagina de faire pour la marine des bateaux à gouvernail long (trường đà), afin de tenir la mer en sûreté (on y laissait aussi le gouvernail rond pour les rivières) : on les appelait bateaux à deux gouvernails »23
Le Thực lục consigne à peu près la même chose : « Đỗ Thanh Nhân ordonna à la marine de prendre du bois nam (kiền kiền) pour construire des bateaux à gouvernail long (trường đà) ; on y établissait au-dessus un plancher de combat, on dressait de chaque bord des claies de bambou pour abriter en dessous les marins, qui ramaient de toutes leurs forces, et l'on rangeait dessus l'infanterie pour donner l'assaut. Dès lors la navigation en mer fut aisée, et l'art de la marine, où l'on excellait, s'affina encore »24.
Depuis quand Nguyễn Ánh eut-il des navires doublés de cuivre ?
Montyon estime qu'à cette date (vers 1800) le roi Nguyễn connaissait la technique du doublage en cuivre, mais ne l'appliquait pas encore. Or, d'après le Thực lục, le 9 avril 1785, Nguyễn Ánh passa au Siam avec 30 dignitaires et « plus de 200 hommes de suite, et cinq bâtiments : le Phượng [Phượng Phi], le Bằng Phi, le Hùng Trì, le Chính Nghi et un thuyền ô, rien de plus »25. Ainsi, dès 1785, Nguyễn Ánh avait les navires doublés de cuivre Phượng Phi et Bằng Phi — les avait-il achetés ou fait construire, nous l'ignorons. D'après le Liệt truyện, un grand navire doublé de cuivre fut confié en 1790 à Trần Văn Học et à Vannier, Nguyễn Văn Chấn26.
Le Liệt truyện, dans la notice sur Võ Di Nguy, consigne ceci : « L'année Mậu Thân [1788], en automne, la citadelle de Gia Định ayant été reprise, le roi rappela Di Nguy et lui fit commander les bâtiments du Nội thủy et du Trung thủy ; il le nomma khâm sai thuộc nội cai cơ et lui fit diriger la construction des navires Đại chiến et des navires Hải đạo . » Et : « L'année Ất Mão [1795], les rebelles entrèrent à Đà Diễn ; Di Nguy poussa ses bâtiments jusqu'à l'île de Sầm et, joint à Trương Phước Luật, tint bon : les rebelles durent se retirer. Le jour même, Di Nguy et Phạm Văn Nhơn menèrent l'armée de gauche sur de grands navires doublés de cuivre jusqu'à la citadelle de Diên Khánh »27. En résumé : dès 1785, Nguyễn Ánh avait des bâtiments de guerre doublés de cuivre ; en 1788, il chargea Võ Di Nguy de construire des navires Đại chiến et des navires Hải đạo. Quelles sortes de bateaux sont-ce là ? Certainement de grands bâtiments de guerre et des navires de haute mer.
Ainsi Montyon se trompe, comme Le Labousse : Montyon en tenant que vers 1800 Nguyễn Ánh ne construisait pas encore de navires doublés de cuivre, et Le Labousse en croyant qu'en 1800 Nguyễn Ánh venait de savoir en construire, comme dans sa lettre du 1ᵉʳ mai 1800 que nous avons citée au chapitre 6, Portrait du roi Gia Long.
Autre preuve : le manifeste de Quang Trung d'août 1792 (voir chapitre 8) parle lui aussi de navires doublés de cuivre, ce qui prouve que Nguyễn Ánh avait des bâtiments de guerre doublés de cuivre avant 1792, et il se peut fort bien que les navires Đại chiến et Hải đạo construits par Võ Di Nguy en 1788 aient été eux aussi doublés de cuivre.
D'après l'état des bateaux et navires de Huê donné par le Hội điển, sans indication d'année, mais qui doit dater du début du règne de Gia Long : « À la capitale, il y en a 265. (Navires doublés de cuivre de toutes classes : 29, navires de transport de mer : 10, navires de transport de rivière : 3, grands navires de haute mer : 25 …) »28. Si, après la guerre, il restait encore 29 navires doublés de cuivre à Huê, combien le roi Nguyễn en avait-il, de bateaux et de navires doublés de cuivre, pendant la guerre ? Certainement pas seulement le Long Phi, le Phượng Phi et le Bằng Phi, commandés par Chaigneau, Vannier et de Forçant, que les historiens coloniaux exaltent tant, comme si les « navires occidentaux doublés de cuivre » n'avaient pu être commandés que par des « Occidentaux ».
Gia Long dirige lui-même la construction des navires
Au chapitre 6, Portrait du roi Gia Long, tous les auteurs disent que Nguyễn Ánh dirigeait tout en personne ; ici, Montyon l'établit une fois de plus : « Il [Gia Long] est le meilleur tacticien, le meilleur ingénieur et le meilleur constructeur de navires de son pays. » Et il ajoute en note : « Pour acquérir la science de la construction navale, il n'a pas fait comme le czar Pierre Ier, il n'a pas pris le marteau ni ne s'est fait charpentier : il a acheté un vaisseau de construction occidentale, l'a démonté pièce à pièce et remonté, afin de bien connaître son objet — sa solidité, ses forces principales et l'assemblage de toutes ses parties diverses »29. Ainsi, sur l'achat par Gia Long d'un navire occidental pris pour modèle, Le Labousse et Montyon écrivent la même chose ; mais Barrow et Montyon nous apprennent en outre que Gia Long ne construisait pas des navires exactement semblables à ceux de l'Occident : il ne prenait des navires occidentaux que ce qu'ils avaient de bon, et gardait ce que les navires vietnamiens avaient de bon. D'après le Hội điển, la méthode de construction sous Minh Mạng s'était rapprochée peu à peu de l'« industrialisation » : on préparait des modèles pour chaque pièce de chaque type de bateau ou de navire, et les ouvriers n'avaient plus qu'à les assembler.
Pour en revenir à ce navire occidental pris pour modèle, la chose datait du temps du seigneur Sãi, Nguyễn Phước Nguyên (1613-1635) : le seigneur prenait pour modèles les navires occidentaux que la tempête jetait à la côte, afin de moderniser ses propres bateaux. C'est pourquoi le seigneur Hiền, Nguyễn Phước Tần (1648-1687), alors qu'il était encore prince héritier sous le titre de Dũng Lễ Hầu, put battre la flotte hollandaise à Cửa Eo (la passe de Thuận An) en 1644, grâce à la force de sa marine.
Le lecteur d'aujourd'hui demandera : comment peut-on apprendre à construire un navire en le démontant et en le remontant, comme fit Nguyễn Ánh ? Mais à la fin du XVIIIᵉ siècle, la science occidentale n'était pas encore vraiment avancée : les navires de l'Occident et les nôtres ne différaient pas beaucoup30.
L'organisation de l'armée de Nguyễn Ánh
Montyon est celui qui écrit le plus clairement sur l'organisation de l'armée de Nguyễn Ánh : la vie du soldat, l'habillement, l'armement, la division des unités et le commandement. Nous en citons ici quelques passages.
Sur les conditions de vie et l'uniforme sous Gia Long :
« La ration du soldat est d'un bol et demi de riz par jour, soit environ cinq ou six de nos tasses à café [françaises], et c'est le roi qui la donne. La solde et l'habillement sont à la charge de la province (…) La plus basse est de 2 quan par mois, la plus haute de 6 quan31, et il y a de l'injustice dans cette différence.
Le soldat reçoit des habits deux fois l'an : une camisole serrée au corps, de toile ou de soie grossière ; par-dessus la camisole, un habit de guerre de toile ou de gros drap acheté aux Chinois, et venu sans doute d'Europe. L'habit de guerre a les manches larges, le col droit et descend à la ceinture ; le pantalon passe le genou ; jambes et pieds sont nus. La tête est couverte d'un chapeau rond à pointe, orné d'une touffe de plumes de coq. Le chapeau est de paille ou de lanières de bambou tressées, verni et imperméable ; la tête est entourée d'une pièce de toile ou de soie de 15 à 20 pieds [4,86 m à 6,48 m] de long, pour parer les coups de sabre, et le chapeau se met par-dessus.
Tous ces habits, hormis la camisole, sont d'uniforme, du rouge national, avec quelques marques qui distinguent les différentes armes. Le soldat porte au cou deux petits sacs, l'un pour le bétel et l'arec, l'autre pour le tabac. Il porte encore à l'épaule une besace où sont ses vieux habits et son argent ; et lorsqu'il marche dans des lieux dépourvus de magasins à vivres, il emporte du riz pour six ou sept jours. »
Sur l'armement, l'ordre de bataille et la manière de combattre, Montyon écrit :
« L'empereur fournit les armes : à chacun un fusil et un couteau pointu qui se fixe au bout du canon, un sabre, une longue lance, une hache et un bâton double — c'est-à-dire deux bâtons égaux, d'un bois très dur, réunis par un bout au moyen d'une torsade de cheveux qu'on y a enfoncée. C'est l'arme la plus redoutable : entre des mains exercées, d'un mouvement prompt comme l'éclair, elle tranche les sabres et les lances et arrête les balles.
Les armes et leur usage ont beaucoup progressé. On achète encore des Anglais et des Français des fusils à platine et des fusils à baïonnette. Aujourd'hui, presque toute l'armée du Tonkin en est pourvue, et les arquebuses à mèche y sont fort rares. L'empereur fournit à l'armée des canons européens, meilleurs que ceux du pays. Dans les arsenaux, les armes sont soigneusement tenues ; elles y sont en très grand nombre, et gardées en lieu couvert pour les dérober aux regards des malintentionnés.
Les instruments de musique de l'armée sont le tambour, semblable au tambour européen, auquel s'ajoutent des tambours et des cloches, des flûtes, des trompettes de diverses sortes, des cymbales, et deux morceaux de bois qu'on frappe l'un contre l'autre. La musique militaire est assez bonne, un peu bruyante, et elle permet à la troupe de marcher en cadence.
La poudre se fabrique mieux qu'autrefois, mais elle ne vaut pas encore celle des Européens : elle brûle plus lentement et détonne moins fort.
Les officiers commandent le combat au moyen de petits drapeaux, dont la place et la direction donnent l'ordre. Mais dans la bataille, les officiers ne marchent pas devant : le Cai đội marche derrière son Đội, le Trưởng hiệu derrière son Hiệu.
En somme, le campement, l'ordre de bataille et le combat, tout se règle à la manière occidentale ; le maniement des armes, pourtant, n'est ni adroit ni prompt : on perd beaucoup de temps à charger, on tire assez mal, et l'on ne sait pas encore pointer le canon.
Dans les derniers combats, on a employé l'artillerie volante, d'un effet prodigieux, et dont les gens du pays ont grand-peur : ils disent que c'est le tonnerre en chapelet, et une arme de destruction à laquelle on ne peut résister.
Le système européen de fortification a été employé pour élever des places qu'on ne peut forcer lorsqu'elles sont assiégées »32.
De ce que Montyon écrit ici, nous retenons ceci : l'armée s'était pourvue d'armes étrangères en plus des siennes. Les deux moitiés du pays, le Sud comme le Nord, achetaient des armes à l'étranger pour compléter celles qu'on fabriquait dans le pays. L'exercice et le combat aussi s'étaient plus ou moins modernisés à la manière occidentale.
La marine de Nguyễn Ánh
D'après la lettre d'Olivier de Puymanel à Stanislas Lefèbvre du 16 avril 1798, la marine de Nguyễn Ánh comptait alors 447 bâtiments de guerre et 42 000 hommes33.
La marine était la force première de l'armée de Nguyễn Ánh, et se déplaçait très vite lorsque la mousson était favorable. D'après Montyon, elle était armée comme suit :
« La marine est organisée comme l'infanterie. Les matelots sont des soldats, et leurs armes ne diffèrent [de celles de l'infanterie] que par la lance, qui est plus longue. Les forces navales étaient plus considérables [que celles de terre] au temps où les contrées — aujourd'hui réunies sous une seule main — obéissaient encore à plusieurs chefs. Car ces « États » étant tous situés sur le golfe, une côte pouvait aisément en attaquer une autre, la route de mer étant bien plus courte que celle de terre.
Le roi de Cochinchine, lorsqu'il combattait encore la rébellion et n'avait repris que quelques provinces, avait déjà 200 galères (galères, bâtiments de guerre à voiles et à rameurs) et 25 frégates portant 10 canons (outre les deux pièces placées à l'avant et à l'arrière).
Ce nombre a diminué, mais on en a redessiné les formes, d'abord celles du bas, puis celles du haut, et enfin la mâture. Il y a des barques de guerre portant 50 hommes et des chaloupes canonnières portant 25 canons, armées à l'avant d'une pièce longue et mince à l'ancienne mode (coulevrine). Les vaisseaux de guerre, plus grands et meilleurs, remplacent les galères ; ils portent de 12 à 20 canons, d'un calibre de 6 à 12. La flotte s'est encore accrue de bâtiments de guerre achetés aux Européens.
Depuis la paix, l'empereur ayant rassemblé sous ses ordres toutes les forces navales qui lui étaient opposées, il fait moins de cas de sa marine, qui ne lui est plus vraiment nécessaire ; les deux tiers des matelots ont été versés dans l'infanterie ; il n'achète plus de navires étrangers et n'en construit plus guère. Des navires achetés il en reste trois, dont on ne se sert pas non plus et qu'on laisse échoués dans la vase ; 200 autres bâtiments de guerre ne servent qu'à transporter les bois, les vivres et les marchandises, qui sont l'impôt payé en nature et fournissent la matière des manufactures de l'État.
Comme on ne connaît pas encore bien la construction des navires de mer à l'européenne, ni l'art de les manœuvrer, et que les commandants ignorent les premiers éléments de la marine ; et comme des marins sans connaissances, qui ne savent pas se servir de la boussole, ne peuvent rien pour la manœuvre dans les combats navals.
Ce qui rend pourtant cette marine très redoutable, ce sont les fusées grosses comme le bras, chargées de matières incendiaires pour brûler les barques et les navires ennemis ; l'eau, sous le bâtiment, au lieu d'éteindre le feu, l'attise, et l'on ne peut l'éteindre qu'avec de la terre ; on se sert aussi de ces fusées à terre, mais elles y sont moins dangereuses, parce qu'on les éteint plus aisément. »34
Tous ces renseignements méritent l'attention ; seule cette observation — « les commandants ignorent les premiers éléments de la marine, ne savent pas se servir de la boussole, ne savent pas manœuvrer »… — demande à être reprise : si le commandement était vraiment dans cet état, qui donc administrait la flotte de la capitale, ses 265 bateaux et navires, dont 29 navires doublés de cuivre et 25 grands navires de haute mer, etc., consignés dans le Hội điển ? Et par quoi expliquer les victoires du roi Nguyễn sur les troupes des Tây Sơn, qui reposent pour la plus grande part sur la guerre navale ?
Par ailleurs, ces fusées dont parle ici Montyon sont-elles le « Hổ lửa » [tigre de feu] dont parle Sun Shiyi au cinquième des Huit articles de discipline militaire, où il avertit ses officiers et ses soldats : « Les troupes du Sud n'ont point d'autre “fort”. Elles n'ont pour arme avantageuse que des “tubes à jet”. Cette arme s'appelle le “Hổ lửa”. Quand les deux partis en viennent aux mains, elles s'en servent pour brûler les habits des hommes et les faire reculer. Mais leur art se borne là, et il le cède de loin à nos fusils. On a déjà mis en réserve quelques centaines de “boucliers” de cuir de buffle cru : si les “tubes à jet” des gens du Sud lancent le feu, nos soldats pareront le feu d'une main et frapperont de l'autre à l'aveugle avec le sabre, et ils tomberont »35.
Le « Hổ lửa » ne devait pas s'éteindre si aisément, puisqu'il fallut à Sun Shiyi prendre la fuite. Les étrangers qui viennent en Cochinchine avec des idées de mépris essuient souvent de ces surprises.
L'organisation de l'armée vietnamienne, des Lê aux Nguyễn
Le fond de la question est celui-ci : de quelle manière Nguyễn Ánh organisa-t-il son armée ? les Français y ont-ils mis la main, ou bien Nguyễn Ánh a-t-il gardé la tradition d'organisation de l'armée vietnamienne, telle qu'elle venait des Lê ?
Sous les Lê : d'après Phan Huy Chú, l'armée vietnamienne se divisait pour l'essentiel, depuis la Restauration des Lê, comme suit : « Le système militaire des Lê, depuis la Restauration, établit des Dinh, des Cơ, des Đội et des Thuyền ; l'infanterie en Dinh, Cơ et Đội, la marine en Thuyền. Un grand Dinh comptait 800 hommes, un moindre 160. Un grand Cơ, 500 hommes, un moindre 200. Un grand Đội, 275 hommes, un moindre 15. Un grand Thuyền, 86 hommes, un moindre 20. Il y avait 12 Dinh, 58 Cơ, 238 Đội et 62 Thuyền : voilà à peu près la chose »36.
Phan Huy Chú s'arrête pourtant au nombre des soldats sous les Lê, qu'il tient pour mal recensé : « Les troupes du dedans et du dehors ne passaient guère, pour la plus grande part, 56 500 hommes. Sous Cảnh Hưng [1740-1786], on ajouta encore 24 cơ de gardes. Le total ne montait qu'à un peu plus de 65 700 hommes ; je [Phan Huy Chú] m'en suis toujours étonné : les troupes des Lê, aux commencements, se levaient jusqu'à deux cent mille hommes ; au début de la Restauration, en ne prenant les soldats que dans deux provinces, on en avait encore plus de cent vingt mille ; et après Bảo Thái on recruta encore, sous Vĩnh Hựu on leva encore, sous Cảnh Hưng on ajouta des gardes — et cependant le nombre des soldats n'atteint pas soixante-dix mille : d'où cela vient-il ? »37 Phan Huy Chú estime qu'aux commencements des Lê, les lois étaient strictes et les registres tenus avec soin, et que personne ne pouvait se dérober au service. Aux règnes suivants, la rigueur se relâcha, on se cacha en grand nombre, les registres furent mal tenus, et le nombre des soldats devint faux et moindre. Montyon, plus bas, sans qu'on sache de quel document il le tient, porte les effectifs du Tonkin à 140 000 hommes, soit le double du chiffre officiellement enregistré : le sien est donc sans doute plus près de la vérité.
Sous Nguyễn Ánh : Montyon écrit d'abord sur l'état général :
« En 1806, l'armée sur le pied de paix est de 150 000 hommes. (…) En temps de guerre, elle croît selon l'état des opérations. Pendant la guerre civile, tous ceux qui pouvaient porter les armes durent s'enrôler ; et en 1800, l'année où l'empereur n'était encore que roi de Cochinchine et n'avait pas achevé la conquête du pays entier, son armée montait déjà à 139 400 hommes. Beaucoup se plaignent que le roi garde trop de troupes en temps de paix ; à la vérité, son armée, rapportée au nombre des habitants, n'est guère plus nombreuse qu'aux temps précédents, et l'on tient pour certain qu'en temps de paix l'armée du Tonkin comptait 140 000 hommes (…).
Les forces sont partagées en 6 Dinh (armées) : le premier Dinh, qui garde le roi, est le moins nombreux. Les quatre suivants sont commandés par les 4 grands dignitaires qui sont les colonnes de la cour. Le sixième, le plus nombreux, est commandé par un grand dignitaire spécialement désigné par l'empereur.
Chaque Dinh se partage à son tour en 5 Chi (corps) : le premier Chi est placé auprès du grand dignitaire, qui est aussi le général commandant. Les quatre autres Chi sont commandés chacun par un général du second rang. Le Chi se divise en Hiệu (Vệ ou Cơ) (régiment), à la tête duquel sont un Trưởng hiệu en chef et un en second (colonel ou sous-colonel). Chaque Hiệu (Vệ, Cơ) comprend 12 Đội (compagnies). Chaque Đội est de 50 ou 60 hommes et se commande par un Cai đội (capitaine ou sous-capitaine). Les soldats sont partagés par groupes de 10, sous les ordres d'un đội trưởng (premier soldat). Il y a 7 degrés dans la hiérarchie militaire, et le Cai đội (capitaine) en est le dernier. »38
Montyon traduit d'assez près les charges de l'armée de Nguyễn Ánh. Le Thực lục, en juin 1790 (5ᵉ mois lunaire), consigne ceci : « Les cinq dinh — Trung quân, Tả quân, Hữu quân, Hậu quân et Tiên phong — comptent chacun 5 Chi*, chaque Chi* 5 Hiệu*, chaque Hiệu* 3 Đội*, chaque Đội* 4 Thập », « au Chi on établit un Trưởng chi en chef et un en second ; au Hiệu, un Trưởng hiệu en chef et un en second ; au Đội, un Cai đội ; au Thập, un Đội trưởng »39.
D'après le Thực lục, en 1790, les généraux qui commandaient les Dinh étaient : Lê Văn Quân, chưởng dinh du Tiền quân ; Tôn Thất Hội, chưởng dinh du Hậu quân ; Nguyễn Huỳnh Đức, chưởng dinh du Hữu quân ; Võ Tánh, chưởng dinh du Tiên phong. Nguyễn Văn Thành n'était que hiệu uý du Chi d'avant du Trung quân : c'est sans doute Nguyễn Ánh lui-même qui commandait directement le Trung quân. En juillet 1793, Lê Văn Duyệt était encore cai đội, et ce n'est qu'en décembre 1793 qu'il fut élevé à la charge de vệ uý.
En somme, vers 1790, l'infanterie de Nguyễn Ánh se divisait ainsi : Thập : 10 hommes ; Đội : 40 hommes ; Hiệu (Vệ, Cơ) : 120 ; Chi : 600 ; Dinh : 3 000. Car les troupes étaient alors encore peu nombreuses ; ensuite il y eut des changements. En 1800, d'après Montyon, elles étaient environ 139 800 hommes (état dressé par Barisy). L'infanterie seule se divisait comme suit : Đội : 50-60 hommes ; Hiệu (Vệ, Cơ) : 600 ; Chi : 3 000 hommes ; Dinh : 15 000 hommes.
Montyon fait imprimer l'état complet des forces de l'armée de Nguyễn Ánh en 1800 (voir l'appendice imprimé à la fin de ce chapitre) ; cet état est presque semblable à celui de Barrow, imprimé au chapitre 4, et montre que Nguyễn Ánh avait 12 000 gardes. Sous le roi, cinq généraux commandaient les cinq dinh, de 6 000 hommes chacun. Le total de l'armée de Nguyễn Ánh, en 1800, est de 139 800 hommes.
Le mémoire de Chaigneau
Un autre document mérite l'attention : le mémoire que Chaigneau remit au gouvernement français en 1820 sur l'état intérieur, militaire, économique et diplomatique du Viêt Nam au début du règne de Minh Mạng, et sur les avantages et les inconvénients d'une conquête du Viêt Nam. Dans ce mémoire secret, Chaigneau nous apprend ceci :
« La force de l'armée sur pied du roi en temps de paix est de 80 000 hommes ; mais en temps de guerre, ce nombre peut aisément monter à 200 000 hommes. » Le chiffre de Chaigneau ne fait que la moitié de celui de Montyon.
Sur l'état militaire, Chaigneau écrit : « Infanterie : en temps de paix, l'empereur se tient toujours sur ses gardes. La garde du roi est de 30 000 hommes, indépendamment de 40 Chi (régiments) [troupes régulières] partagés en 5 Dinh (colonnes) : Tiên phong (avant-garde), Hữu quân (droite), Tả quân (gauche), Hậu quân (arrière-garde) et Trung quân (centre) (…) Outre les 5 Dinh d'infanterie, l'empereur a encore un autre corps de 5 légions, chaque légion ayant 5 Chi, organisées et réparties comme les Dinh, et commandées elles aussi par de grands dignitaires. Il faut compter en outre les Chi de chaque province, dont le nombre varie selon les régions. À Saigon, il y a environ 16 Chi. »
Ainsi Chaigneau, en dressant l'état de l'armée au début du règne de Minh Mạng, consigne encore la même organisation qu'auparavant ; seul le nombre des hommes de chaque unité a plus ou moins changé : « Chaque Dinh a 8 Chi. Chaque Chi a 10 Đội. Chaque Đội a 60 hommes (celui de la garde en a 120). En somme : un Chi a 600 hommes. Un Dinh a 4 800 hommes. Un grand dignitaire commande un Dinh. Un chef et un sous-chef de Chi (colonel, lieutenant-colonel) pour chaque Chi, et un chef et un sous-chef de Đội (capitaine, lieutenant) pour chaque Đội, forment le commandement. »
En comparant avec le Thực lục, on voit ceci : Chaigneau traduit Đội par compagnie (40-60 hommes), Chi (600 hommes) par régiment, et Dinh (3 000-5 000 hommes) par colonne (4 800 hommes). Ainsi, vers 1820, quand Chaigneau rédige ce mémoire, ou bien il a oublié l'unité du Hiệu, du Vệ (120 hommes), ou bien l'organisation de l'armée des Nguyễn s'était simplifiée, c'est-à-dire qu'on avait supprimé l'unité du Hiệu entre le Đội et le Chi, pour revenir à l'organisation du temps des Lê, où il n'y avait que trois unités fondamentales : le Đội (40-60 hommes), le Cơ (ou Chi, 600 hommes) et le Dinh (plus de 3 000 hommes).
Chaigneau donne encore ce détail singulier : le nombre des éléphants de guerre. « Les éléphants de toute l'armée sont au nombre de 800, dont 120 dans la garde. Le corps des éléphants est sous le commandement d'un grand dignitaire »40. C'est Nguyễn Đức Xuyên qui commandait le corps des éléphants de Nguyễn Ánh.
L'état dressé par Chaigneau montre que l'organisation de l'armée de Gia Long, depuis la division des unités jusqu'à la substance même de l'armée — cavalerie montée sur buffles, éléphants —, n'avait rien d'occidental.
Les Français dans l'armée de Nguyễn Ánh
Cadière a cherché à traduire en français les charges de l'armée de Gia Long ; sur celles de Chaigneau, il écrit ceci :
« Chaigneau, avant 1802, était Cai cơ, “commandant de régiment”. En 1802, Gia Long l'éleva à Chưởng cơ, “général de régiment”. L'armée vietnamienne se divise en “compagnies” (đội), commandées par un Đội trưởng, “premier de la compagnie”, et un Cai đội, “commandant de compagnie”, cette dernière charge étant supérieure à la première. Nous verrons qu'il y a des Phó cai đội, “commandants de compagnie en second”. Plusieurs Đội forment un Cơ, “régiment”. Chaque régiment est commandé par un Cai cơ, “commandant de régiment”, et par un Chưởng cơ, que je traduis par “général de régiment”. Le Chưởng cơ est supérieur au Cai cơ. J'ignore si le Chưởng cơ avait un ou plusieurs Cơ sous ses ordres. Mais il est sans doute plus juste de croire qu'il n'en avait qu'un, puisque, comme on l'a vu, Chaigneau, dans son brevet, après avoir été élevé à Chưởng cơ, ne commandait encore que deux Đội, c'est-à-dire le premier et le second Đội de Kiên-Thuỷ.
Dans le Liệt truyện, il est un passage que nous verrons plus loin, où il est dit que Đa-đột (Chaigneau, pour ce document), Ba-ni-ê, Lê-Văn-Lăng (de Forçant) et Ô-li-vi, à leur arrivée d'Europe, reçurent tous la charge de Cai đội. Cela est exact pour Vannier, Dayot, Barisy, Isle-Sellé et Lebrun. Aucun d'eux, au commencement, ne reçut la charge de Phó cai đội. Il nous faut donc admettre, non sans quelque doute, que Chaigneau, en arrivant en Cochinchine, reçut lui aussi la charge de Cai đội, à moins qu'il n'ait joui d'une faveur particulière et n'ait été élevé tout de suite à celle de “Cai cơ”.
La 51ᵉ année de Cảnh Hưng, 1790, peu après leur arrivée en Cochinchine, les amis de Chaigneau reçurent la charge de Cai đội ou de Phó cai đội. Chaigneau arriva quelques années plus tard, en 1794, et ce n'est qu'alors qu'il reçut la charge de Cai đội ou de Cai cơ »41.
Ce passage renferme plusieurs erreurs, qu'il faut rectifier :
1- Parmi les brevets délivrés le 27 juin 1790, c'est-à-dire au commencement, deux hommes portent la charge de phó cai đội : Louis Guillon, phó cai đội Oai dõng hầu, et J. Guilloux, phó cai đội Nhuệ tài hầu42.
2- Vannier, Chaigneau et de Forçant, en février-mars 1800 (2ᵉ mois lunaire), lorsqu'ils reçurent le commandement des navires Phượng Phi, Long Phi et Bằng Phi, étaient encore cai đội43. Vannier resta cai đội onze ans (1790-1801), Chaigneau sept ans (1794-1801) ; quant à de Forçant, on ne sait quand il arriva à Gia Định. Pendant tout ce temps, ils ne commandèrent qu'une quarantaine ou une cinquantaine de soldats, et même lorsqu'ils menèrent les navires Phượng Phi, Long Phi et Bằng Phi, ils restèrent sous les ordres d'un cai cơ vietnamien. On voit assez par là que l'avancement n'était pas chose facile.
3- Ce n'est qu'en juillet 1801 (6ᵉ mois lunaire) que ces trois hommes furent élevés à la charge de cai cơ. Le Thực lục écrit : « Les khâm sai thuộc nội cai đội Nguyễn Văn Thắng [Chaigneau], Nguyễn Văn Chấn [Vannier] et Lê Văn Lăng [de Forçant] sont faits khâm sai thuộc nội cai cơ*, et gardent le commandement des navires Long Phi, Phượng Phi et Bằng Phi »44.* En juin 1802, après la victoire complète, tous trois furent élevés à chưởng cơ, lors de l'avancement général de toute l'armée. Le brevet de Vannier porte la date du 6 décembre 1802, celui de Chaigneau la date du 6 décembre 180245.
Mais Chaigneau ne commandait encore que deux Đội, c'est-à-dire le premier et le second Đội de Kiên-Thuỷ, soit environ 100 hommes.
De Forçant mourut en 1811 ; après lui, il ne resta plus à la cour que Chaigneau et Vannier, avec leurs titres et les faveurs qu'on leur faisait, mais sans troupes et sans navire à commander (voir les chapitres 24 et 25 sur Vannier et sur Chaigneau). Ce sont là ceux qui servirent Gia Long le plus longtemps.
Quant à Olivier de Puymanel, il fut élevé en juillet-août 1792 (6ᵉ mois lunaire) de cai đội à vệ uý, et mourut en 1799 à Malacca.
Conclusion
À considérer cette organisation, voici les points qui méritent l'attention :
1/ Ce qu'écrivent Montyon, Chaigneau et Cadière prouve que l'armée de Nguyễn Ánh n'avait rien d'« occidental », depuis l'armement jusqu'à la division des corps. Elle était organisée comme sous les Lê — Đội, Cơ, Dinh —, avec seulement des changements de noms, d'effectifs et de titres pour les officiers. L'unité de base reste le Đội (40-50 hommes), puis le Hiệu (Vệ, Cơ) (de 3 à 10 Đội), puis le Chi (de 5 à 10 Cơ), et enfin le Dinh (5 Chi et plus). Des deux unités intermédiaires, Cơ et Chi, l'une pouvait être supprimée selon les époques.
2/ Rien ne prouve que les « officiers » français aient réorganisé l'armée de Nguyễn Ánh à l'occidentale. Cadière lui-même, l'un de ceux qui plaident le plus fort en ce sens, se trouve fort embarrassé quand il lui faut traduire en français les charges de l'armée de Gia Long. Si cette armée avait été organisée à la française, il n'aurait pas rencontré cette difficulté.
3/ Nguyễn Ánh réforma son armée selon les exigences de la pratique : parce que les Tây Sơn avaient une artillerie et un génie puissants et savaient élever un camp en un éclair, il accrut l'armée du Thần Sách (génie et artillerie) ; parce que les Tây Sơn avaient un corps d'éléphants puissant, il lui fallut avoir lui aussi des éléphants de guerre pour y faire face : Nguyễn Đức Xuyên fut désigné pour commander à la fois le Thần Sách et le corps des éléphants. Le Thần Sách est le génie et l'artillerie, et non « une espèce de troupe d'élite » ou « les troupes de la capitale », comme le croit à tort Tạ Chí Đại Trường lorsqu'il exalte Puymanel comme celui qui « avait exercé les douze mille hommes de la garde à la tactique occidentale »46 — affirmation sans fondement, sur laquelle nous reviendrons dans la partie consacrée à Olivier de Puymanel.
4/ Les soldats français venus se battre pour Nguyễn Ánh s'étaient faussement donnés pour des « officiers » (nous le démontrerons plus loin) : le roi Nguyễn leur donna donc la charge de cai đội (juin 1790), le degré le plus bas de la hiérarchie militaire. La plupart s'en iront en 1792, à la nouvelle que Nguyễn Huệ attaquait Gia Định. Hormis Olivier de Puymanel, qui reçut la charge de vệ uý en 1792, Vannier pendant onze ans et Chaigneau pendant sept ans restèrent au degré de cai đội. Vannier, Chaigneau et de Forçant commandèrent les trois navires doublés de cuivre Phượng Phi, Long Phi et Bằng Phi, et prirent part aux campagnes de 1800, 1801 et 1802. En juillet 1801, Vannier, Chaigneau et de Forçant furent élevés à cai cơ. En décembre 1802, tous trois furent élevés à chưởng cơ. Ce sont là tous les Français qui eurent les charges les plus élevées et qui restèrent le plus longtemps dans l'armée de Gia Long.
Pourquoi Maybon démolit-il l'ouvrage de Montyon ?
L'ouvrage de Montyon nous aide à éclaircir plusieurs questions touchant aux « services » rendus par les Français à Nguyễn Ánh. Pourquoi donc l'historien Maybon, en écrivant l'Introduction de La Relation de La Bissachère (p. 33-67), ne ménage-t-il pas ses attaques contre ce livre : « un amas de confusions et d'erreurs excessives », « des fautes de fait manifestes », « un procédé déloyal, qui trompe le lecteur »… ? Maybon énumère bien des « crimes », et d'abord celui d'avoir osé mettre le nom de La Bissachère sur la couverture. Puis vient le second coup : il cite un très long passage de la préface de Montyon, où se trouvent des phrases à la louange de Gia Long, pour insinuer que l'auteur fait métier de louer. Troisième coup, sur le contenu du livre, Maybon juge : « On voit que Montyon a ouvert toute grande la porte aux informations de toute espèce et de toute origine, et l'on sera surpris de trouver dans ces deux volumes un mélange bien dosé de choses exactes, de rapports entièrement inventés et de renseignements qui n'ont d'autre source qu'une imagination féconde »47 Avec une telle présentation, qui ira encore chercher ce livre ? Et pourtant, on ne voit pas que Maybon ait pu désigner un seul passage qui soit « entièrement inventé » ou sorti d'« une imagination féconde ». Dernier coup : pour prouver que Montyon a recopié Barrow, Maybon réimprime sur deux colonnes, d'un côté le texte de Montyon, de l'autre celui de Barrow, avec cette précaution : « … pour donner quelques exemples de sa manière [de Montyon], mieux vaut imprimer le tableau de ses emprunts »48.
Comme on l'a dit plus haut, il y a des ressemblances entre les deux livres, mais il est difficile d'affirmer que Montyon a recopié Barrow ; on ne peut conclure qu'à ceci : les deux hommes se sont servis des mêmes documents. L'ouvrage de Montyon compte 532 pages et traite quantité de questions qui ne sont ni dans le livre de Barrow (179 pages) ni dans la Relation Bissachère (72 pages). Dire que Montyon a recopié ces deux auteurs est forcé.
Maybon avait écarté le livre de Barrow. Voici qu'il rejette maintenant tout net l'ouvrage de Montyon. On peut comprendre quelques-unes des raisons qui l'ont fait agir ainsi :
1- Sur le rétablissement sur le trône, Montyon écrit : « [Gia Long] recouvra le trône par droit d'hérédité et par force de conquête », et non grâce à Pigneau de Béhaine et aux « officiers » français.
2- Sur l'aide apportée à Gia Long par les Français, Montyon écrit : « Quelques officiers français se mirent au service de Nguyễn Chủng, exercèrent ses soldats à la discipline, et quelques marchands français lui vendirent des navires ». Cette affirmation — « quelques » officiers français — va contre ce que beaucoup, et Maybon avec eux, voulaient enfler.
3- Sur la construction navale, Montyon écrit : « Il [Gia Long] est le meilleur tacticien, le meilleur ingénieur et le meilleur constructeur de navires de son pays. » Cela va contre l'exaltation de Puymanel et de Dayot, présentés comme les chefs de la construction des bateaux et des navires au Viêt Nam.
4- Sur la construction des bateaux et des navires, Montyon écrit : « Pour la construction des barques, ce pays [la Cochinchine] a une technique particulière : les planches qui les composent sont liées fortement les unes aux autres avec du rotin, au lieu de clous ; cet assemblage rend le bateau plus souple, et lui fait mieux résister à la mer ». Et : « Les vaisseaux, plus grands, ont la coque plus solide et sont mieux construits que les navires chinois ». Ces observations vont contre la thèse selon laquelle, avant l'arrivée des Européens, les Vietnamiens ne savaient pas construire de navires.
Le livre de Montyon (et celui de Barrow aussi), malgré leurs erreurs, mériteraient d'être traduits en vietnamien : ce sont là des choses que des étrangers du début du XIXᵉ siècle ont vues et écrites sur notre pays, avec des renseignements et des jugements sur la vie de notre peuple — des mœurs à la manière de vivre, la religion, la façon de bâtir les maisons et de construire les bateaux, l'architecture du palais de Huê… une sorte de petite « encyclopédie », vue du dehors, assez objective, et sans intention de plaider pour la politique coloniale. Pour l'histoire, bien entendu, il y a des erreurs inévitables, mais nous pouvons aisément les rectifier. Ce qui mérite l'attention dans l'ouvrage de Montyon, outre ce qui relève de l'ethnographie, de la géographie politique et sociale, de l'organisation administrative… — et que nous pouvons contrôler sur l'immense Khâm định Đại Nam hội điển sự lệ [le Hội điển] —, ce sont encore les points dont l'histoire officielle ne parle pas, ou dont elle parle trop peu, ou qu'elle voit autrement, et qu'il faut confronter aux documents étrangers. En somme, Montyon avance beaucoup de vues nouvelles sur le Viêt Nam de la fin du XVIIIᵉ siècle, qu'on ne trouve pas dans les autres livres.
En somme, ces deux livres assez importants — l'un de l'Anglais Barrow, l'autre du Français Montyon — écrits sur l'époque des Tây Sơn et de Nguyễn Ánh, et publiés très tôt, dès le début du XIXᵉ siècle, n'ont pas falsifié la vérité historique. La falsification vient de Bissachère et de ceux qui ont écrit après lui.
Appendice
En appendice, Montyon fait imprimer l'état complet des forces du roi Nguyễn en 1800, que nous appellerons l'état Montyon pour le distinguer de l'état Barrow. Les deux viennent sans doute de la même source, Barisy ; Montyon recopie mot à mot l'état manuscrit de Barisy, tandis que Barrow le condense et le remet en ordre pour le rendre plus clair. L'état Montyon montre que le roi Nguyễn avait 12 000 gardes. Sous le roi Nguyễn, cinq généraux commandaient les cinq dinh, de 6 000 hommes chacun. Voici l'état dressé par Barisy, imprimé dans le livre de Montyon, II, p. 141-142. Nous le laissons en français, sans le traduire, faute de savoir au juste ce que sont les mots transcrits du vietnamien, comme Ong-jam, où l'on devine seulement Ông Giám (quân) ; Ong-jien-Quoan pour Ông Tiền quân ; Ong-han-Quoan pour Ông Hậu quân, etc. Montyon a sans doute recopié l'original de Barisy, car Barisy écrivait de cette manière :
Forces militaires du roi de Cochinchine dans la guerre pour la reconquête de son territoire

L'état ci-dessous, imprimé dans le livre de Barrow, II, p. 237-238, a été corrigé et remis en ordre pour être plus systématique et plus clair :
Les forces de l'armée de Cochinchine en 1800, d'après le capitaine Barisy
Infanterie
Nombre d'hommes
24 escouades de cavalerie (montée sur buffles)…
6 000
16 escouades d'éléphants (200 bêtes)…
8 000
30 escouades d'artillerie
15 000
25 détachements de 1 200 hommes armés à l'européenne
30 000
Infanterie armée du sabre et de vieux fusils du pays
42 000
Garde exercée à l'européenne
12 000
Total de l'infanterie
113 000
Marine
Ouvriers-soldats des chantiers navals
8 000
Matelots, engagés ou succédant à leur père ou à leur frère aîné, sur les vaisseaux de guerre mouillés au port
8 000
Soldats détachés sur les navires de guerre à l'européenne
1 200
Soldats détachés sur les jonques
1 600
Soldats détachés sur 100 galères
8 000
Total de la marine
26 800
Total général :
139 800
En somme, ces deux états sont l'un et l'autre incomplets et fautifs : comparés au nombre de bateaux, de navires et de bâtiments de guerre doublés de cuivre consignés dans le Hội điển et dans le Thực lục, on ne peut les dire complets.
Deuxième partie : l'ordre social (p. 197), comprenant les chapitres suivants. Ch. I (p. 199) : l'organisation politique au Nord (soumission de principe à la Chine, indépendance et autonomie de fait). Ch. II (p. 215) : la loi du roi et la coutume du village (mariages, droit de l'aîné à tenir lieu de père, procès, législation). Ch. III (p. 235) : les finances (l'impôt). Ch. IV (p. 247) : les forces militaires (la manière de combattre autrefois, l'état actuel, l'organisation, la solde, l'habillement, les armes, l'exercice, la discipline, la marine). Ch. V (p. 262) : la religion (sa force, son influence, la doctrine, l'enseignement, le culte, les sacrifices, le culte des ancêtres, le bouddhisme, le confucianisme, l'histoire de la venue des Européens au Viêt Nam, le christianisme et son interdiction). Ch. VI (p. 290) : le caractère des gens du Nord (respect du droit de propriété, horreur du sang, charité, affection, amour et respect des parents, égards pour les vieillards, pudeur dans le vêtement, prostitution rare, gaieté, goût de l'élégance, esprit civique, courage, sens de l'honneur, paresse, gourmandise, vantardise, haine de l'étranger). Caractère des Chàm, des Laotiens et des gens du Lạc Thổ [l'auteur situe le Lạc Thổ : au sud le Laos, au nord et à l'est le Tonkin, à l'ouest la Chine — sans doute la région de Lai Châu et de Sơn La]. Ch. VII (p. 313) : les usages (la parure, les cheveux longs, les dents laquées de noir, la chique de bétel, les funérailles, le tuồng et le chèo, les jeux : combats de coqs, échecs chinois). Ch. VIII (p. 331) : la langue (comparaison avec le chinois, structure de la langue vietnamienne, ses caractères, la prononciation, l'écriture et sa réforme). Ch. IX (p. 350) : les sciences (arriérées, avec plusieurs branches : astronomie, médecine du pays, imprimerie, écoles). Ch. X (p. 358) : les lettres. Les gens du Nord sont fiers de leurs lettres ; la richesse de leur langue ne sert pas leurs lettres. Le style est sobre. On parle bien. L'histoire est mal écrite et inexacte. Le caractère de la poésie, du théâtre, la décadence des lettres, les chances d'un relèvement.
Volume II (168 pages) : troisième partie, comprenant les chapitres suivants. Chapitre I (Montyon II, p. 1-54) : les principaux événements du Tonkin, de la Cochinchine et des autres pays. L'auteur divise l'histoire du Viêt Nam en 4 périodes : première période (p. 4) : de la fondation du royaume aux Lê. Deuxième période (p. 10) : les rois Lê et les seigneurs Trịnh. Troisième période (p. 13) : la guerre entre le Nord et le Sud. Quatrième période (p. 15) : la guerre entre les Nguyễn et les Tây Sơn. Ch. II (p. 55) : résumé des faits et des causes. Ch. III (p. 97-131) : les perspectives d'avenir.
Appendice : quelques documents (p. 133), comprenant les pièces suivantes : édit élevant le prince Cảnh au rang de Đông cung, prince héritier (1793) (p. 135) ; édit conférant la charge de khâm sai (p. 137) ; manifeste du roi Quang Trung au peuple des deux régions du Quảng Ngãi et de Quy Nhơn (p. 140) ; état des forces militaires du roi Nguyễn dans la guerre pour la reconquête du trône (p. 141-142) ; une lettre de Pigneau de Béhaine (p. 143-144) ; lettre du missionnaire Grillet, datée du 4 août 1793 (p. 145) ; préface en latin du dictionnaire vietnamien-portugais-latin (p. 147-148) ; les 10 commandements de Dieu, en vietnamien et en français (p. 149-151) ; extraits du testament de Kangxi (1723) (p. 152-156).
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À sa mort, il légua sa fortune à l'Institut de France, qui l'administre, pour fonder trois prix annuels de vertu, de littérature et de science, portant le nom de Montyon. ↩︎
Imprimeries de Vogel et Schulze, Londres, 1811. ↩︎
Librairie Ancienne Honoré Champion, Paris, 1920. ↩︎
Contenu de l'ouvrage de Montyon. Volume I (364 pages). Première partie. Introduction : l'homme connaît désormais la face du globe, il faut donc en tirer parti — la découverte du Tonkin (Montyon I, p. 1). Comprenant les chapitres suivants. Chapitre I (p. 11) : détermination des noms de lieux du Nord. Critique des Européens, qui déforment les noms des pays et des villes d'Asie faute d'en comprendre le sens : « Le nom de Tunkin est impropre : le nom de ce pays est “Nước Nam”… il comprend les deux régions du Tunkin (Bắc Hà) et de la Cochinchine (Nam Hà). Et pour les distinguer, on appelle la Cochinchine Đàng Trong et le Tonkin Đàng Ngoài. L'erreur vient de ce que [les Européens] ont pris le nom de Đông Kinh (Tunkin), qui est celui de la capitale, pour désigner toute la région » (ce passage est écrit d'après Bissachère). Ch. II (p. 16) : géographie du Tonkin (montagnes, rivières, côtes, îles). Ch. III (p. 26) : le climat (doux, les saisons, les vents et les typhons). Ch. IV (p. 37) : la géologie (nature des terres, grottes, mines d'or, mines d'argent, eaux malsaines). Ch. V (p. 48) : la race (physionomie, caractère, constitution, mœurs, maladies). Ch. VI (p. 56) : la population (recensement, répartition, famines et guerres). Ch. VII (p. 64) : les animaux (bétail, bêtes sauvages, reptiles, poissons, oiseaux). Ch. VIII (p. 84) : la terre et les cultures (produits agricoles, fruits, plantes, épices, simples, produits de la forêt…). Ch. IX (p. 117) : la pêche et les voies d'eau (le métier de pêcheur, la construction des navires de mer). Ch. X (p. 130) : l'industrie (les raisons et les obstacles qui la maintiennent, elle et les arts, en état d'infériorité). Ch. XI (p. 139) : les arts (la musique, la récitation des poèmes, la peinture — il reproche aux Vietnamiens de ne pas savoir peindre —, la sculpture, la ciselure, la danse (blâmée), l'architecture : description du palais de Phú Xuân (p. 148)). Ch. XII (p. 154) : le commerce (commerce intérieur : obstacles à son développement, mesures, monnaie ; commerce extérieur : limité au Nord, plus ouvert au Sud, institutions, marchandises échangées). Ch. XIII (p. 173) : les vivres (abondants, quantité de poissons et de crevettes, bétail, manière de manger. Il trouve qu'on mange mieux au Nord qu'au Sud, et mieux au Sud que chez les 4 peuples voisins). Ch. XIV (p. 187) : le vêtement. Ch. XV (p. 192) : les maisons. ↩︎
Introduction, Montyon I, p. 7-8. ↩︎
Montyon I, p. 27. ↩︎
Montyon I, p. 230, 231. ↩︎
Montyon, tome II, p. 27. ↩︎
Montyon I, p. 266-267. ↩︎
Nguyễn Chủng : Chủng est le nom d'enfance de Nguyễn Ánh ; seuls ceux qui ne le connaissaient pas bien, comme Montyon, ou ceux qui voulaient le rabaisser, se servent de ce nom. ↩︎
Montyon II, p. 22. ↩︎
Montyon I, p. 19. ↩︎
Montyon I, p. 148-149. ↩︎
Montyon I, p. 149-151. ↩︎
Đại Nam nhất thống chí, tome I, Thuận Hoá, 1992, p. 18. ↩︎
Đại Nam nhất thống chí, tome I, p. 20. ↩︎
Montyon II, p. 14-15. ↩︎
Montyon II, p. 28. ↩︎
Montyon II, p. 34. ↩︎
Montyon I, p. 258. ↩︎
Montyon II, p. 3-4. ↩︎
Montyon I, p. 128-130. ↩︎
Gia Định thành thông chí (« Description détaillée de la citadelle de Gia Định »), p. 162. ↩︎
Thực lục, I, p. 209. ↩︎
Thực lục, I, p. 223. ↩︎
Liệt truyện, II, p. 282. ↩︎
Liệt truyện, II, p. 121. ↩︎
Khâm định Đại Nam hội điển sự lệ, Thuận Hoá, 1993, tome 13, livre 205, p. 16-17. ↩︎
Montyon II, p. 52. ↩︎
Le réalisateur Roger Donaldson, en tournant The Bounty (1984, avec Mel Gibson et A. Hopkins), a fait construire un bâtiment de guerre de la marine anglaise de 1787, et a décrit la vie à bord, le niveau des matelots et des officiers. À voir ce film, on peut se représenter les navires occidentaux qui venaient alors en Asie ; on comprend les conditions de vie à bord et pourquoi les matelots désertaient : arrivés en Australie ou en Asie, terres promises, certains demandaient à se louer comme soldats à Nguyễn Ánh, dans l'espoir d'y trouver des richesses, d'y trouver de l'or… ↩︎
Montyon note : vu le très bas prix des vivres à cette époque, il soupçonne une erreur dans le renseignement. ↩︎
Montyon I, p. 254-258. ↩︎
Salles, Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille, BAVH, 1923, I, p. 54. ↩︎
Montyon I, p. 259-261. ↩︎
Hoàng Lê nhất thống chí, p. 283. ↩︎
Lịch triều hiến chương loại chí (« Monographies classées des institutions des dynasties successives »), Binh chế chí, tome III, p. 22. ↩︎
Lịch triều hiến chương loại chí, Binh chế chí, tome III, p. 22-23. ↩︎
Montyon I, p. 250, 252. ↩︎
Thực lục, I, p. 259, 260. ↩︎
Notice sur la Cochinchine fournie par M. Chaigneau, imprimée dans Le Mémoire sur la Cochinchine de J.-B. Chaigneau d'André Salles, BAVH, 1923, II, p. 265-266. ↩︎
Cadière, Les Français au service de Gia Long. Leurs noms, titres et…, BAVH, 1920, I, p. 150. ↩︎
Brevets imprimés dans La Cochinchine religieuse, I, de Louis Eugène Louvet, p. 537-538. ↩︎
Thực lục, I, p. 407. ↩︎
Thực lục, I, p. 451. ↩︎
André Salles, Le Mémoire sur la Cochinchine de J.-B. Chaigneau, BAVH, 1923, II, p. 270, note 1. ↩︎
Lịch sử nội chiến ở Việt Nam (« Histoire de la guerre civile au Viêt Nam »), p. 231. ↩︎
Maybon, Relation Bissachère, Introduction, p. 43. ↩︎
Maybon, Relation Bissachère, Introduction, p. 54. ↩︎
Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long
Montyon và cuốn Thuyết trình thống kê về Bắc Hà
Tại sao khảo sát bộ sách này?
Nam tước Jean-Baptiste de Montyon (1733-1820) là một nhà hảo tâm và kinh tế gia Pháp1. Năm 1789, cách mạng Pháp bùng nổ, Montyon phải sang Anh tỵ nạn chính trị, ông trở về Pháp năm 1814, dưới thời Vương chính trùng hưng (Restauration). Trong giai đoạn tỵ nạn, năm 1811, Montyon cho in ở Luân Đôn một bộ sách tựa đề đầy đủ như sau: Exposé statistique du Tunkin, de la Cochinchine, du Camboge, du Tsiampa, du Laos, du Lac-Tho, par M. M-N sur la Relation de M. de la Bissachère, missionnaire dans le Tunkin2. Dịch: Thuyết trình thống kê về Bắc Hà, Nam Hà, Cao Miên, Chiêm Thành, Lào, Lạc Thổ, của ông M-N về Ký sự của ông de La Bissachère, thừa sai ở Bắc Hà.
Năm 1812, Montyon tái bản sách này ở Paris, thay chữ Exposé statistique (Thuyết trình thống kê) bằng chữ Etat actuel (Tình trạng hiện thời) và bỏ chữ "của M-N" tức là của Montyon viết tắt. Chúng tôi dùng bản Luân Đôn 1811, gồm 2 tập, sẽ dẫn là Montyon I và II.
Tại sao chúng tôi lại để ý đến bộ sách này? Vì hai lẽ:
1- Bộ sách của Montyon cũng giống như sách của Barrow, bị Maybon chê bai thậm tệ trong bài Tựa (Introduction) cuốn La Relation de la Bissachère (Ký sự về Bắc Hà và Nam Hà của ông de La Bissachère)3 do Maybon in và viết tựa, năm 1920.
2- Nhưng hơn 100 năm trước, cuốn La Relation sur le Tonkin et la Cochinchine de M. de la Bissachère (gọi tắt Ký sự Bissachère) đã xuất hiện dưới hai hình thức sau đây:
Năm 1810, Sainte-Croix đã in Ký sự Bissachère thành một chương trong sách của mình, tựa đề Voyage commercial et politique aux Indes orientales... (Hành trình thương mại và chính trị ở Đông Ấn...).
Năm 1811 ở Luân Đôn và 1812 Paris, Montyon cho in Exposé statistique du Tunkin... sur la Relation de M. de la Bissachère... vừa nói ở trên, tuy tên sách có nhắc đến Bissachère, nhưng Montyon dùng rất ít điều do Bissachère viết ra.
Maybon, trong bài Tựa (Introduction) cuốn Ký sự Bissachère, đã thuật lại sự kiện này, kèm theo những lời mạt sát Montyon thậm tệ. Đọc bộ sách dày 532 trang này4, ta mới thấy những chê bai của Maybon là quá đáng. Đây là một cuốn biên khảo, về xã hội Việt Nam cuối thế kỷ XVIII, tinh thần vượt trên những toan tính tôn giáo của phái thừa sai và mưu toan chính trị của phe thực dân, tác giả chú ý đến những vấn đề liên quan đến Gia Long như tổ chức quân đội, xã hội dân sự dưới thời chiến tranh Nguyễn Ánh-Tây Sơn... Đó là cuốn sách của một trí thức Pháp, đứng trên sự xuyên tạc lịch sử.
Nhưng không hiểu sao Montyon lại lấy tên sách là Thuyết trình... về Ký sự của ông de La Bissachère... và đề cao Bissachère một cách quá đáng: "Ông Bissachère đã ở Bắc Hà 18 năm, đã đi khắp nơi, biết nghe và nói tiếng Việt. .. đã quen biết những người cầm quyền quan trọng, thường bàn luận với các quan, chính ông cũng được làm quan... nhiều lần được vua tiếp" bởi vì trong sách có rất ít việc rút ra từ ý của Bissachère (và những chỗ ấy phần nhiều là sai). Văn phong và tư tưởng của Montyon cao hơn Bissachère rất nhiều. Về sự soạn thảo, Montyon cho biết: "Còn về những dữ kiện mà ông [Bissachère] đã phác thảo, chúng tôi, tự tìm thêm, những hồi ký, thư từ, của những người đã sống ở những nước ấy, đã dự vào những biến cố xẩy ra, có đủ tư cách và đáng tin cậy"5.
Chúng tôi tạm đưa giả thuyết: Đó là thời kỳ quý tộc Pháp phải trốn cách mạng 1789, hàng trăm nghìn người bị đe dọa lên máy chém; Nam tước Montyon trốn sang Anh, nên không thể đề tên mình ở một cuốn sách, in ở Anh hay ở Pháp; ông bèn mượn tên Bissachère, nên phải đề cao vị giáo sĩ như một giá trị đích thực.
Bộ sách này, trước hết, có những sai lầm chép của Bissachère và Barrow, cần nêu rõ:
1- Những điều chép của Bissachère:
Về Quang Trung, Montyon viết: "... khi ông [Nguyễn Huệ] hay tin một đoàn quân Tầu bốn mươi ngàn người đã đến Bắc Hà để dựng lại ngai vàng nhà Lê; ông lập tức thiết lập một đội quân nhỏ, cưỡng ép đi đánh quân Tầu; trên đường bắt tất cả những ai có thể cầm vũ khí phải theo, kẻ nào không thuận, bị giết; tịch thu tất cả lương thực, để lại người già, đàn bà và con trẻ không còn gì để ăn, đốt nhà những kẻ không chịu tiếp tế lương thực hoạc lẩn trốn, bất ngờ tấn công vô vọng quân Tầu, phá tan và tiêu diệt hai mươi ngàn người..."6. Tất cả đoạn này viết theo Bissachère nên rất sai lầm và vô lý: Hành động như tướng cướp, với một đoàn quân bị cưỡng bách, chưa từng biết đánh nhau, làm sao Quang Trung có thể thắng trận? Thực Lục và Liệt Truyện, khi viết về "ngụy Tây Sơn" ghi rất rõ phương pháp mộ binh và cách tiến quân của Vua Quang Trung, chúng tôi đã nói đến trong chương 3.
Trong phần hình luật thời Gia Long, Montyon viết: "Những hình phạt cho những tội thông thường được xác định bằng điều luật mọi người đều biết, nhưng những tội nặng, nhất là tội về quốc phòng, thì hình phạt được áp dụng một cách bí mật, chỉ quan toà xử tội biết, đôi khi vua hay viện cơ mật còn làm nặng thêm. Vì thế mà hoàng đế đã cho voi xé xác phản loạn Tây Sơn, và cắt từng miếng thịt quân phản loạn cho lính ăn thịt", "Những người đàn bà bị tử hình còn ghê hơn. Họ bị voi tung lên trời, và khi rớt xuống sừng voi đâm thủng và bị chân voi dầy xéo" 7.
Nhưng lời này sai vì đã phỏng theo đoạn Bissachère viết về việc Gia Long xử tội voi xé xác anh em Tây Sơn và hai mẹ con tướng Bùi Thị Xuân rồi cho lính "ăn thịt" bà Bùi Thị Xuân (xem chương 9). Đoạn nói về Quang Trung ra Bắc đánh quân Thanh có câu: "trên đường đi, bắt tất cả những ai có thể cầm khí giới phải tòng quân, không theo thì giết, đốt nhà..."8, cũng do Bissachère biạ đặt ra.
2- Những điều phản bác Bissachère: Phần viết về tôn giáo chứng tỏ Montyon biết khá rõ vấn đề tôn giáo ở phương Đông; ông chống lại quan niệm của Bissachère, và chỉ trích người Âu -nhất là các thừa sai cho rằng người Việt theo đạo thờ ma quỷ (Idolâtrie)- vì họ không hiểu niềm tin của dân Việt, chỉ biết lấy đạo thiên chúa làm mẫu mực cho các dân tộc khác. Ông cho rằng sự "ngu dốt" của người Âu đã khiến họ coi tất cả những việc thờ cúng là hủ lậu, phải bác bỏ. Đạo giáo ở phương Đông, nhất là nước Nam bắt nguồn từ Trung Hoa và Trung Hoa bắt nguồn từ Ấn Độ... Người Bắc có truyền thống đa thần, họ tin rằng từ rừng núi đến đồng bằng, mỗi nơi đều có một vị thần ngự trị, có ảnh hưởng đến đời sống con người9.
3- Những điều chép của Barrow: Sách Montyon ra sau sách Barrow, có vài điểm giống nhau, chứng tỏ hoặc Montyon đã đọc sách Barrow, hoặc hai người dùng chung tài liệu.
Về việc Nguyễn Ánh chạy trốn năm 1777, Montyon viết: "Người thiếu niên Nguy-en-Chung10 được mẹ dẫn dắt, trốn vào rừng, trong nhiều tháng dưới một lùm cây rậm rạp..."11câu này chép Barrow mà chúng tôi đã nói những sai lầm trong chương 5.
Về Tây Sơn, Montyon viết: "Người em thứ nhì, Nguyễn Lữ là một thiền sư, không thiết việc công, không có khả năng điều khiển, nhưng được giới tăng lữ ủng hộ, và giới này ảnh hưởng đến quần chúng, tạo ra một bề ngoài công lý, một giá trị cao cả cho đảng [Tây Sơn]"12. Chỗ này Montyon dùng chung tài liệu với Barrow nhưng viết rõ hơn.
Ngoài những sai lầm nói trên, sau đây là những điểm độc đáo mà Montyon đưa ra, về thời đại Gia Long khởi nghiệp, mà chúng ta khó tìm thấy ở các tác giả khác.
Nhận xét kiến trúc Việt và cung điện Phú Xuân
Montyon nhận xét tình hình chung của kiến trúc Việt Nam:
"Ở đây không thiếu gì chất liệu để xây dựng, nhiều đá đẹp, cứng và bóng như cẩm thạch, có đất tốt để nung gạch, nhiều gỗ quý, đẹp. Dân tộc này khéo léo, tinh xảo lạ lùng; tuy vậy kiến trúc lại khiếm khuyết, vì không biết nguyên tắc; ngoài ra, thiên nhiên và luật hành chính cản trở việc xây dựng những toà nhà cân đối, đẹp đẽ, hoành tráng. Ở nhiều nơi, sự ẩm ướt bắt buộc phải để giữa tầng trệt và mặt đất một khoảng trống. Dân chúng không có quyền xây nhà bằng đá và nhiều từng; những cơ sở lớn như chùa chiền và đền đài cũng làm bằng gỗ, để khi bão, dễ chống đỡ, đỡ bị tàn phá. Rất nhiều dinh thự lớn chỉ có tường chính làm bằng đá hay gạch, chỗ còn lại là gỗ cả. Nhà cửa không cân đối, tuy cũng có chút đối xứng, trông như một khối nhiều nhà rộng, không ra hình dạng gì, tuy nhiên, cái vô trật tự đó cũng có vẻ uy nghiêm riêng, nó phản ánh địa vị quan trọng của người chủ nhà"13.
Nhận xét khá tinh tế, Montyon phê bình khắt khe kiến trúc Việt, vì ông nhìn kiến trúc và trang trí theo quan niệm Âu Châu, coi những gì Á Châu làm là "không có nguyên tắc". Điểm đáng chú ý ở đây: tuy chê, nhưng ông đưa ra nhận định: người Việt có một lối kiến trúc riêng, khác với Tây phương. Về cung điện Phú Xuân, ông viết*:*
"Những thành phố có nhiều nhà đẹp nhất là Bac-Kin, thủ đô Bắc Hà và Phú Xuân, thủ đô Nam Hà, nơi hoàng đế ngự trị cùng gia đình và quân cấm vệ, đây là một thành đài chiến đấu. Quần thần và dân chúng ở ngoại thành. Từ khi kinh đô Bắc Hà bỏ trống, một phần vì bị chiến tranh tàn phá nhưng vẫn để lại những di tích huy hoàng, thì Hoàng cung là dinh thự đẹp nhất nước, có nhiều dinh cơ, vườn rộng mênh mông, có thành luỹ bao quanh, chu vi hai, ba dặm [4 đến 8 cây số], có bốn cửa, theo đúng bốn phương chính. Vào cung điện phải xuyên qua nhiều sân, có sân dành riêng cho trại cấm vệ, sân dành cho chuồng ngựa và voi; cung vua hình vuông, hình thức đặc biệt của bậc đế vương; bước lên mấy bậc cẩm thạch mới tới tiền đình. Cung điện có hai tầng, nhiều sảnh đường lớn với rất nhiều cột, cơ man là vàng, trang hoàng kỳ quái và nặng nề, trạm trổ không đẹp, những hình ảnh u ám, vàng dát không đạt hiệu quả. Sự trang hoàng duy nhất đáng khen ngợi là những cột gỗ lim, rất cứng, đặc, chắc, nâu sậm, thứ gỗ nổi tiếng đẹp, nhất là khi nó ngả sang mầu gụ, có vân giống như cẩm thạch, chà bằng lá chuối thì gân nổi lên, nhẵn, bóng, đẹp như véc-ni hảo hạng ngang ánh thủy tinh; những cột này phản chiếu ánh sáng, khiến ta liên tưởng đến những lâu đài pha lê, kim cương, trong truyện thần thoại; nhưng chúng vĩ đại mà không cân đối; những cột ở cửa cung điện có khi cao tới 40 pieds [12,96 m], chu vi chân cột là 5 pieds [1,62m] lên trên thon dần, không có bệ, không có đầu. Cột đặt thẳng trên một hòn đá vuông, chôn sâu dưới đất, trồi lên độ một hai tấc.
Nhất cung điện nhà vua, nhì đền chùa ngoài Bắc, lớn rộng và tráng lệ hơn trong Nam. Vài du khách đầu óc nhỏ nhen, hiểu lầm, gọi chỗ chứa đồ tế nhuyễn là đền"14.
Montyon không thoát khỏi đầu óc cố hữu của người Tây phương, vẫn đem những mẫu mực về cái đẹp của người Âu để đọ và chê cách bài trí cung điện của Gia Long, nhưng những nhận xét này đối với chúng ta rất quý, bởi có lẽ đây là sự mô tả sớm nhất của một người ngoại quốc về cung điện Huế khi Gia Long mới xây xong phần cốt lõi năm 1805, đó chính là Cung thành (sau Minh Mạng gọi là Tử cấm thành) và điện Thái Hoà. Theo Đại Nam Nhất Thống Chí, khi ấy, Kinh thành còn đắp đất, đến năm Minh Mạng thứ 17 (1836) mới bắt đầu xây gạch15.
Theo Hội Điển và Đại Nam Nhất Thống Chí, công trình xây cất cung điện Huế trải dài suốt đời Gia Long sang đời Minh Mạng. Phần Montyon mô tả ở đây, chính là Hoàng thành và điện Thái Hoà, năm 1805, Đại Nam Nhất Thống Chí ghi: "Chu vi 4 dặm linh, cao 1 trượng 5 thước, dày 2 thước 6 tấc, xây gạch, nam và bắc đều dài 151 trượng 5 thước, đông và tây đều dài 155 trượng 5 thước, mở bốn cửa: phiá trước là Ngọ Môn, phiá tả là cửa Hiển Nhân, phía hữu là cửa Chương Đức, phiá sau là cửa Hoà Bình. Phiá trong Ngọ Môn là điện Thái Hoà, là chính điện đại triều..."16.
Nhận xét chúa Nguyễn, Tây Sơn và Nguyễn Ánh
Montyon có một số nhận xét sắc sảo, độc đáo không thấy trong các tư liệu khác:
1- Chỉ trích chúa Trịnh ở Bắc tàn ác độc tài và tỏ ý kính phục đức độ của chúa Nguyễn trong Nam. Ông viết: "...Trong thời gian ấy, Đàng Trong do các chúa cai trị, hầu hết đều có tài, đức, một số là những vĩ nhân, tự luyện, tự học, đạt được sự kiên quyết lớn lao, trở thành địch thủ của thế lực mà họ còn phụ thuộc vào [tức chúa Trịnh].(...) Người nổi tiếng nhất là Hien- Nquien-Vuong [Hiền Vương Nguyễn Phước Tần], nhờ ông mà Đàng Trong chiếm thêm một phần đất Chiêm Thành, thêm những tỉnh ven biển của Chân Lạp, và kiện toàn nền văn minh Đàng Trong"17. Montyon kê khai tên các chúa trong Nam khá đầy đủ, chỉ thiếu Quốc Chúa Nguyễn Phước Chu (1691-1725). Sự nhận xét về các chúa cũng đúng, đặc biệt ông biết chúa Hiền Nguyễn Phước Tần là bậc anh hùng, trong khi ở các tài liệu của nhà dòng thời ấy, chúa Hiền bị các thừa sai gọi là "bạo chúa".
2- Về nhà Tây Sơn, ông đưa ra một chi tiết về việc anh em bất hoà: "Quá mạnh để chấp nhận ông anh là bề trên, Huệ sai người đến trình bầy với anh là mình muốn đứng riêng một cõi. Người anh nổi giận, sai chặt đầu các sứ giả của Huệ, và lên cơn tàn bạo quá đáng. Quang Trung trả thù, cầm quân đến đánh anh. Nhưng kết quả của sự phân liệt này là họ hội đàm với nhau về tình hình nổi dậy ở miền Nam, và bắt buộc họ phải bỏ qua thù hận"18. Việc "Nhạc chặt đầu các sứ giả của Huệ", không thấy ghi ở đâu; có thể Montyon dựa theo thông tin của một vị thừa sai sống trong triều đình Thái Đức. Nếu đúng, thì đây là một trong những nguyên nhân trực tiếp giải thích tại sao Nguyễn Huệ đem binh đánh Qui Nhơn. Cho tới nay, các nhà nghiên cứu thường chỉ đưa ra lý do vì "Huệ không chia cho anh của cải "cướp" được ở Bắc Hà", nên anh em Tây Sơn mới bất hoà, nhưng không thấy ai giải thích tại sao Nguyễn Huệ đem quân vào đánh Quy Nhơn.
3- Về việc những người lính Pháp đến giúp Nguyễn Ánh, Montyon viết: "Vài sĩ quan Pháp theo giúp Nguyễn Chủng*, tập cho quân sĩ kỷ cương và vài nhà buôn Pháp bán tầu cho ông. Dân chúng mỏi mệt vì chiến tranh, và cũng vì kiệt sức hai bên tạm dừng trong một thời gian: nhưng Nguyễn Chủng lợi dụng cơ hội này để xây dựng đồn luỹ theo lối Tây phương, làm tầu chiến theo mẫu những tầu Pháp mà ông mua được*"19. Montyon là người Pháp hiếm hoi xác nhận chỉ có "vài sĩ quan Pháp theo giúp Nguyễn Chủng".
4- Về thái độ của dân chúng đối với chiến tranh, Montyon viết: "Binh lính hai bên đánh nhau, dân đứng nhìn, tiếp tế cho quân đội và được trả đúng giá những gì họ cung cấp, dân chúng chỉ bắt buộc phải công nhận người chiến thắng làm minh chủ"20. Điểm này cho thấy trong cuộc chiến Nguyễn Ánh-Tây Sơn, người dân không bắt buộc phải theo phe nào, có thể trung lập, tiếp tế cho cả hai bên, chỉ phải nhận bên thắng làm "minh chủ"; cũng giải thích tại sao dân miền Nam vẫn sống còn qua bốn lần Nguyễn Huệ chinh phạt Gia Định. Và Nguyễn Ánh sau bốn lần thua chạy, vẫn đương nhiên trở lại Gia Định và được quần chúng chấp nhận.
5- Về vua Gia Long, Montyon viết:
"Vua Nam Hà, bị đánh đuổi, lẩn trốn, rồi trở lại đất mình. Lại bị đuổi đánh, lại trở về. Bao lần thắng, bại, cuối cùng khôi phục được ngai vàng, nhờ quyền thừa kế, nhờ sức chinh phục, ông thu hồi cả miền Bắc, quan trọng hơn; và như thế trong vùng bán đảo Ấn Độ, ngoài cõi sông Hằng, một cường quốc chưa bao giờ lớn như thế xuất hiện*. Qua bao thăng trầm trôi nổi, ta đã thấy một bên là những ý đồ thâm sâu phối hợp như thế, những bất trung bất nghiã quỷ quyệt như thế, những mưu lược cả gan, kỳ lạ như thế, những cảnh tượng bi đát và tàn nhẫn như thế; một bên là sự can đảm chống lại những bất hạnh như thế, một thiên tài trác tuyệt như thế, và cuối cùng đưa đến một kết quả* [bất ngờ] không liên lạc với những gì đã xẩy ra trước đó như thế [chỉ sự thống nhất đất nước]; từ những biến cố này, nổi bật lên một dấu ấn phi thường, không giống bất cứ lịch sử của một xứ nào, của một thế kỷ nào, cổ xưa hay hiện đại"21.
Montyon có lẽ là người Pháp duy nhất đã xác định Gia Long khôi phục được ngai vàng, nhờ quyền thừa kế, nhờ sức chinh phục, chứ không phải nhờ sự giúp đỡ của Bá Đa Lộc và những người lính Pháp, như những ngòi bút thuộc điạ.
Kỹ nghệ đóng thuyền tầu Việt Nam
Trong chương 4, chúng tôi đã trích đoạn Barrow viết về kỹ nghệ đóng thuyền tầu ở Việt Nam, Montyon cũng viết về vấn đề này, hai người có những điểm đồng quy, nhưng Montyon còn cho thêm những thông tin khác:
"Về việc đóng thuyền, nước này có một kỹ thuật đặc biệt: những tấm ván làm thuyền được buộc chặt với nhau bằng dây mây, thay đinh, lối ráp này khiến thuyền uyển chuyển hơn, đặc biệt chống lại sóng biển.
Những thuyền lớn, ngoài tay lái thường, còn một tay lái phòng hờ có hình thể đặc biệt. Tay lái thường, ngắn, được gắn gần như thẳng góc; tay lái khác thường dài hơn, được gắn gần như nằm ngang: khi gió to, người ta dùng tay lái khác thường, khiến tàu đi nhanh hơn. Khi biển động, dùng cả hai tay lái.
Tầu đi gần biển nhỏ hơn tầu của người Hoa, có hình dạng cổ xưa, thuỷ bàn (vành đỡ nước) còn khiếm khuyết nên tầu đi chậm. Ít lâu nay, người Bắc Hà làm tầu đi bể theo lối người Hoa, nghiã là phân chia hàng hoá ra từng ngăn riêng dành cho mỗi chủ, bằng ván gắn vào tầu và trét các kẽ hở cho kín để nước không thấm được; vì vậy, khi tầu nhận một cú sốc mạnh, không bị rối loạn ngay tức khắc, và khi tầu bị thủng một lỗ hổng nước chảy vào, cũng dễ biết lỗ ấy ở đâu.
Tầu chiến chia làm 2 loại: Ga-le (thuyền buồm có nhiều tay chèo, galère) hoặc chiến hạm (vaisseau). Ga-le dài từ 50 đến 80 pieds [16,20m đến 25,92m] làm bằng ván dài như chiều dài thuyền. Mỗi bên có một hàng người chèo, trang bị từ 15 đến 20 đại bác, từ 6 đến 12 đơn vị đạn.
Chiến hạm, lớn hơn, thân tầu vững hơn và kiến trúc tốt hơn tầu Trung Hoa. Từ vài năm nay, còn có biến chuyển thuận lợi: chấp nhận phương pháp Âu Châu để làm tầu, nhưng phần cột buồm và cánh buồm chưa hoàn hảo, nhiều cột buồm còn làm bằng một thân cây độc nhất, không vững như khi được giữ bằng các ngăn trong tầu, lại không có đài (hune) trên cột buồm nên lái khó; trục buồm buộc vào cột buồm, chỉ ở hai đầu chứ không ở giữa, cánh buồm được bố trí khá nghệ thuật, để cắt gió, nhưng vì làm bằng lá hay những chất khác không bền như gai, nên không vững chống gió; khi bị thấm mưa, phải tưới nước bể lên, và dù bị thấm nước gì, nếu không khô ngay trong vòng 24 tiếng đồng hồ thì sẽ bị mục.
Việc bọc đồng và những kỹ thuật tân tiến khác cũng đã được biết đến, nhờ sự kiểm tra các tầu Tây phương, nhưng chưa thấy thực hiện."22
Montyon và Barrow dùng hai tài liệu khác nhau, nhưng cả hai đều xác nhận: kỹ thuật đóng tầu của Việt Nam khác với kỹ thuật Tây phương.
Montyon đặc biệt chú ý đến một đặc điểm của chiến thuyền Nguyễn Ánh: có hai bánh lái (Barrow khảo sát thuyền Tây Sơn, không nói đến) một tay lái thường, ngắn, gắn thẳng góc và một tay lái dài, gắn ngang, dùng khi gió to. Thuyền này chính là thuyền trường đà do Đỗ Thanh Nhơn sáng tạo. Trịnh Hoài Đức viết: "Mùa thu, tháng 7 [năm Canh Tý tức tháng 8/1780]... Thanh Nhơn mới sáng chế làm thuyền bánh lái dài (trường đà) cho thuỷ quân để đi biển cho yên ổn (để cả bánh lái tròn để đi sông) gọi là thuyền hai bánh lái"23
Thực Lục, cũng chép tương tự: "Đỗ Thanh Nhân sai thuỷ quân lấy thứ gỗ nam (kiền kiền) để đóng thuyền trường đà (bánh lái dài), trên gác sàn chiến đấu, hai bên dựng phên tre che thủy binh ở dưới để cho chuyên sức mà chèo, còn trên thì bầy bộ binh để xung trận mà đánh. Do đó đi đường biển thuận lợi mà nghề thủy quân sở trường càng tinh thêm"24.
Nguyễn Ánh có tầu bọc đồng từ bao giờ?
Montyon cho rằng: lúc đó (khoảng 1800) Nguyễn Vương đã biết kỹ thuật tầu bọc đồng, nhưng chưa áp dụng. Nhưng theo Thực Lục, ngày 9/4/1785, Nguyễn Ánh chạy sang Xiêm với 30 quần thần và "quân đi theo hơn 200 người, thuyền 5 chiếc: thuyền Phượng [Phượng phi], thuyền Bằng Phi, thuyền Hùng Trì, thuyền Chính Nghi, thuyền Ô mà thôi"25. Như vậy, năm 1785, Nguyễn Ánh đã có tầu bọc đồng Phượng Phi và Bằng Phi, ông mua hay làm lấy, ta chưa biết được. Theo Liệt Truyện, một chiếc thuyền lớn bọc đồng năm 1790 giao cho Trần Văn Học và Vannier Nguyễn Văn Chấn cai quản26.
Liệt Truyện về Võ Di Nguy, ghi: "Năm Mậu Thân [1788], mùa thu, lấy lại được thành Gia Định, vua gọi Di Nguy về, sai coi thuyền Nội thủy, Trung thủy, bổ làm Khâm sai thuộc nội cai cơ, đốc làm thuyền Đại Chiến, thuyền Hải Đạo." Và: "Năm Ất Mão [1795] quân giặc vào Đà Diễn, Di Nguy đem thuyền quân tiến sát đến đảo Sầm, hợp với Trương Phước Luật đánh giữ, giặc phải lui. Di Nguy cùng ngay với Phạm Văn Nhơn đem Tả quân đi thuyền lớn bọc đồng chạy đến thành Diên Khánh."27. Tóm lại, năm 1785, Nguyễn Ánh đã có thuyền chiến bọc đồng, năm 1788, lại sai Võ Di Nguy làm thuyền Đại Chiến, thuyền Hải Đạo. Hai loại thuyền này là thuyền gì? Chắc chắn phải là thuyền chiến lớn và thuyền đi biển.
Vậy, Montyon cũng như Le Labousse đều lầm, khi Montyon cho rằng khoảng 1800, Nguyễn Ánh vẫn chưa đóng được tầu bọc đồng và Le Labousse, tưởng rằng, năm 1800, Nguyễn Ánh mới đóng được tầu bọc đồng, như trong thư ngày 1/5/1800 mà chúng tôi đã trích dẫn trong chương 6, Chân dung vua Gia Long.
Thêm một chứng nữa là Hịch Quang Trung tháng 8/1792 (xem chương 8) cũng nói đến tầu bọc đồng, chứng tỏ Nguyễn Ánh đã có tầu chiến bọc đồng từ trước 1792, và rất có thể Võ Di Nguy đóng thuyền Đại chiến và thuyền Hải đạo, năm 1788, cũng là thuyền bọc đồng.
Theo bản thống kê của Hội điển về các tầu thuyền ở Huế, không ghi rõ năm, nhưng có lẽ là đầu đời Gia Long: "Ở Kinh sư có 265 chiếc. (Các hạng thuyền bọc đồng 29 chiếc, thuyền vận chuyển đường biển 10 chiếc, thuyền vận chuyển đường sông 3 chiếc, thuyền vượt biển lớn 25 chiếc*...)"28.* Sau chiến tranh, mà Huế còn 29 tầu bọc đồng, vậy trong thời chiến, Nguyễn Vương có bao nhiêu thuyền, tầu bọc đồng? Chắc chắn không chỉ có Long Phi, Phượng Phi và Bằng Phi, do Chaigneau, Vannier và de Forcanz điều khiển, mà các sử gia thuộc địa hết sức đề cao, coi như chỉ có "người Tây" mới điều khiển được "tầu Tây bọc đồng".
Gia Long trực tiếp điều khiển đóng tầu
Trong chương 6, Chân dung vua Gia Long, tất cả các tác giả đều nói Nguyễn Ánh trực tiếp điều khiển mọi việc, ở đây, Montyon lại xác định thêm một lần nữa: "Ông [Gia Long] là người giỏi nhất về chiến thuật, là kỹ sư giỏi nhất, là người kiến trúc tầu giỏi nhất, ở xứ ông". Và ông chú thích: "Để thu thập kiến thức đóng tầu, ông không làm như César Pierre đệ nhất, là cầm búa, cũng không trở thành thợ mộc, mà ông mua một chiến hạm kiến trúc Tây phương, rồi tháo ra từng mảnh và lắp lại, để biết rõ đối tượng: về tính chất kiên cố, về chủ lực của nó và về sự chắp nối tất cả những thành phần khác nhau"29. Như vậy, về việc Gia Long mua tầu của Tây phương làm mẫu, Le Labousse và Montyon đều viết giống nhau, nhưng Barrow và Montyon còn cho biết Gia Long không làm tầu giống hệt Tây phương, mà chỉ lấy những cái hay của tầu Tây và giữ lại cái hay của tầu Việt. Theo Hội điển, phương pháp làm tầu thời Minh Mạng đã tiến dần đến mức "kỹ nghệ hoá": tức là chế mẫu sẵn từng mảnh của mỗi loại thuyền, tầu, rồi thợ cứ theo thế mà ráp, lắp.
Trở lại việc lấy một tầu Tây phương làm mẫu, việc này đã có từ thời chúa Sãi Nguyễn Phước Nguyên (1613-1635), chúa đã lấy những tầu Tây phương bị bão dạt vào bờ làm mẫu, để hiện đại hoá tầu thuyền của mình. Vì thế, chúa Hiền Nguyễn Phước Tần (1648-1687), khi còn là Thế tử Dũng Lễ Hầu đã thắng hạm đội của Hoà Lan ở Cửa Eo (cửa Thuận An) năm 1644, nhờ thuỷ binh mạnh.
Người đọc hôm nay sẽ hỏi: làm sao có thể đóng tầu bằng cách tháo ra ghép lại như Nguyễn Ánh làm? Nhưng ở cuối thế kỷ XVIII, khoa học Tây phương chưa thực sự tiến bộ, tầu Tây, tầu Ta, chưa khác nhau nhiều30.
Tổ chức quân đội Nguyễn Ánh
Montyon là người viết khá rõ về tổ chức quân đội của Nguyễn Ánh, về đời sống quân ngũ, y phục, khí giới, cách chia đơn vị và bộ chỉ huy. Chúng tôi xin trích dịch một số đoạn sau đây:
Về điều kiện sống và quân phục dưới thời Gia Long:
"Khẩu phần lính mỗi ngày là một đọi [tô] rưỡi gạo, tức là vào khoảng 5 hay 6 cốc café của chúng ta [Pháp] do vua ban. Còn lương bổng và quần áo thì địa phương lo (...) Thấp nhất là 2 quan tiền một tháng, cao nhất là 6 quan tiền31 nên có bất công trong sự khác biệt này.
Lính được phát y phục một năm hai lần, gồm có một áo nịt mặc sát người, bằng vải hay lụa, thô; trên áo nịt là một áo chiến bằng toan hay nỉ dầy mua của Tầu có lẽ buôn từ Âu Châu sang. Áo chiến tay rộng, cổ đứng, dài tới ngang lưng, quần dài quá đầu gối; ống chân và bàn chân để trần. Đầu đội mũ tròn có chóp, trang trí bằng một chùm lông gà. Mũ bằng rơm hay sợi tre bện lại, đánh vec-ni, không thấm nước, đầu quấn một mảnh vải hay lụa dài 15 đến 20 pieds [4, 86m đến 6, 48m] để tránh bị kiếm chém, có mũ đội lên trên.
Tất cả quần áo này, trừ áo nịt, là đồng phục, mầu đỏ quốc gia, có vài dấu hiệu để phân chia binh chủng khác nhau. Người lính đeo trên cổ hai túi nhỏ, một đựng trầu cau và túi kia để thuốc lá. Ngoài ra, còn khoác trên vai một túi dết đựng quần áo cũ, tiền bạc và khi đi hành quân ở những nơi không có trạm lương thực, họ đem theo gạo ăn cho sáu bẩy ngày".
Về trang bị vũ khí và cách dàn trận, chiến đấu, Montyon viết:
"Hoàng đế cung cấp vũ khí: mỗi người một súng trường và dao nhọn cắm đầu súng, một thanh kiếm, một thương dài, một búa, một gậy chập hai: tức là hai gậy bằng nhau, gỗ rất cứng, đầu bó vào nhau bằng một chùm tóc nhồi vào trong. Đó là thứ vũ khí kinh hồn nhất: khi biết sử dụng, bằng một cử động chớp nhoáng, nó chém đứt kiếm, thương, và chặn đạn.
Khí giới và cách vận dụng đã tiến triển nhiều. Người ta còn mua của Anh và Pháp súng máy và súng lưỡi lê*.* Hiện nay, hầu như tất cả quân đội Bắc Hà đều được trang bị như thế, còn súng hoả mai rất hiếm. Hoàng đế cung cấp cho quân đội đại bác Âu Châu, tốt hơn đại bác bản xứ*. Trong những công binh xưởng, khí giới được quản lý kỹ, số lượng rất lớn, cất giữ chỗ kín để tránh bọn bất lương nhòm ngó.*
Dụng cụ âm nhạc trong quân đội là trống, cũng giống như trống Âu Châu, còn thêm trống chuông, ống tiêu, các loại kèn khác nhau, chũm choẹ (cymbale), hai miếng gỗ gõ vào nhau. Quân nhạc khá hay, nhưng hơi ồn, cho phép quân đi đúng điệu.
Thuốc súng chế tạo đã tốt hơn trước, nhưng vẫn chưa bằng thuốc súng của người Âu; cháy chậm hơn, và nổ nhỏ hơn.
Các quan chỉ huy, điều khiển trận địa bằng những lá cờ nhỏ, vị trí và hướng cờ chỉ lệnh. Nhưng khi đánh nhau, các quan không đi trước: Cai đội đi sau đội quân, trưởng hiệu đi sau hiệu quân.
Tóm lại, trại quân, dàn trận, chiến đấu, tất cả đều được điều khiển theo lối Tây phương, tuy nhiên cách vận dụng khí giới chưa được khéo léo, mau lẹ; mất nhiều thì giờ để lên đạn, bắn chưa trúng lắm, đại bác chưa biết nhắm trúng.
Trong những trận đánh cuối cùng, người ta đã dùng pháo bay (artillerie volante), hiệu quả vô cùng, người trong nước sợ lắm; họ bảo đó là sấm dây và là khí giới tàn phá không thể chống lại được.
Hệ thống đồn lũy theo kiểu châu Âu đã được sử dụng để xây thành đài, không thể xâm nhập được khi bị bao vây"32.
Theo những điều Montyon viết trên đây, chúng ta thấy: Quân đội có trang bị thêm vũ khí nước ngoài. Cả hai miền Nam Bắc đều mua khí giới ngoại quốc để bổ sung cho phần vũ khí chế tạo trong nước. Cách luyện tập chiến đấu cũng đã ít nhiều được hiện đại hoá theo lối Tây phương.
Thuỷ binh Nguyễn Ánh
Theo thư Olivier de Puymanel gửi Stanislas Lefèbvre ngày 16/4/1798, thì hải quân của Nguyễn Ánh lúc đó gồm 447 chiến thuyền và 42.000 người33.
Thuỷ binh là sức mạnh hàng đầu của quân đội Nguyễn Ánh, chuyển động rất nhanh khi thuận gió mùa. Theo Montyon, thủy binh được trang bị vũ khí như sau:
"Thủy binh được tổ chức như bộ binh. Thủy thủ là những người lính, khí giới chỉ khác [bộ binh] là thương của họ dài hơn. Lực lượng thủy quân quan trọng hơn [lục quân], khi các vùng -hiện nay đã quy vào một mối- còn dưới sự lãnh đạo của nhiều lãnh tụ. Vì các "nước" này đều nằm trong vịnh, nên một bờ biển có thể tấn công dễ dàng bờ biển khác, đường biển ngắn hơn đường bộ nhiều.
Vua Nam Hà khi còn dẹp loạn, chỉ mới chiếm lại vài tỉnh, mà đã có 200 ga-le (galères, chiến thuyền có buồm và có người chèo) và 25 chiến hạm (frégates) trang bị 10 đại bác (ngoài hai cỗ gắn ở đầu và cuối tầu).
Số thuyền tầu này giảm đi, nhưng được vẽ lại kiểu, trước hết là phần dưới, rồi đến phần trên, và sau cùng là cột buồm. Có thuyền chiến (barques de guerre) chở 50 người và xà-lúp chở đại bác (chaloupes canonières) chở 25 đại bác, đằng trước trang bị một khẩu đại bác dài và nhỏ kiểu xưa (coulevrine). Tầu chiến thay thế thuyền chiến buồm (galère) lớn hơn và tốt hơn, trang bị từ 12 đến 20 đại bác, từ 6 đến 12 đơn vị đạn. Ngoài ra hạm đội còn được tăng cường bằng những tầu chiến mua của người Âu.
Từ khi hoà bình, hoàng đế đã quy tụ được tất cả các sức mạnh thủy binh chống đối dưới trướng, ông coi nhẹ thủy binh hơn trước, bởi không thật cần thiết nữa; hai phần ba lính thủy được cải chế và sát nhập vào bộ binh; ông không mua tầu ngoại quốc nữa và cũng ít đóng thêm tầu. Còn ba chiến hạm được giữ lại trong số những tầu đã mua, cũng không dùng đến, để mắc cạn trong bùn, 200 chiến thuyền khác chỉ dùng chở gỗ, lương thực, hàng hoá, là thứ thuế đóng bằng sản vật, dành để cung cấp tư liệu cho những đồ chế biến của nhà nước.
Mặc dầu chưa biết rõ lối đóng tầu biển theo kiểu Tây phương, và cũng chưa biết thuật vận dụng, thêm những người chỉ huy không biết thuật sơ đẳng của thủy binh; và khi thủy binh không có kiến thức, không biết dùng địa bàn (boussole), thì không thể làm gì được cho sự vận chuyển, trong những cuộc hải chiến.
Tuy nhiên điểm làm cho thủy binh này rất dữ dội, đó là những hoả pháo (fusées) to bằng cánh tay, chứa đựng hoả chất dùng để đốt phá thuyền, tầu địch; nước ở dưới tầu, thay vì dập tắt lửa, lại làm cho lửa bùng lên, chỉ có thể dập tắt bằng đất; người ta cũng dùng hoả pháo này trên bộ, nhưng nó bớt nguy hiểm hơn vì dễ dập tắt."34
Những thông tin trên đều rất đáng chú ý, duy có nhận xét: "những người chỉ huy không biết thuật sơ đẳng của thủy binh, không biết dùng địa bàn, không biết vận chuyển"... cần phải xét lại, bởi nếu quả thực tình trạng chỉ huy như thế thì ai là người cai quản hạm đội Kinh đô gồm 265 chiếc tầu thuyền, với 29 tầu bọc đồng, 25 thuyền vượt biển lớn, v v... ghi trong Hội điển? Và lấy gì giải thích các chiến thắng của Nguyễn Vương trên quân đội Tây Sơn, phần lớn dựa vào thủy chiến?
Ngoài ra, hoả pháo (fusées) Montyon nói ở đây, không biết có phải "Hổ lửa" Tôn Sĩ Nghị nói tới trong điều thứ năm của bản Tám điều quân luật, răn tướng sĩ: "Quân Nam không có "sở trường" gì khác. Họ chỉ dùng các "ống phun" làm thứ lợi khí. Thứ lợi khí ấy gọi là "Hổ lửa". Trong khi hai bên giáp nhau họ dùng vật ấy đốt cháy quần áo người ta, để cho người ta phải lui. Nhưng cái thuật ấy cũng chỉ như thế mà thôi, so với súng ống của ta còn kém xa lắm. Hiện đã chứa sẵn vài trăm "lá chắn" bằng da trâu sống, nếu gặp "ống phun" của người Nam phun lửa, quân ta một tay chắn đỡ lửa, một tay cầm gươm chém bừa, họ sẽ phải lướt ngã"35.
"Hổ lửa" có lẽ không dễ dập tắt như vậy, nên Tôn Sĩ Nghị đã phải chạy dài. Những người ngoại quốc khi đến nước Nam có ý kinh mạn thường hay gặp chuyện bất ngờ như thế.
Tổ chức quân đội Việt, từ Lê sang Nguyễn
Phần cốt lõi của vấn đề là Nguyễn Ánh tổ chức quân đội theo cách nào, người Pháp có nhúng tay vào không, hay Nguyễn Ánh vẫn giữ truyền thống tổ chức quân đội Việt có từ đời Lê?
Thời Lê: Theo Phan Huy Chú, về cơ bản, quân đội Việt Nam từ thời Lê trung hưng chia ra như sau: "Binh chế đời Lê, từ Trung hưng trở về sau, đặt làm: Dinh, Cơ, Đội, Thuyền; Bộ binh là Dinh, Cơ, Đội; Thuỷ binh là Thuyền. Dinh lớn thì 800 người, thứ đến 160 người. Cơ lớn thì 500 người, thứ đến 200 người. Đội lớn thì 275 người, thứ đến 15 người. Thuyền lớn thì 86 người, thứ đến 20 người. Có 12 Dinh; 58 Cơ, 238 Đội và 62 Thuyền*, đại lược là như thế"36.*
Tuy nhiên, Phan Huy Chú cũng lưu ý đến số quân đời Lê, mà ông cho là thống kê không đúng: "Các quân trong, ngoài, đại đa số bất quá 56.500. Đến đời Cảnh Hưng [1740-1786] lại đặt thêm 24 cơ vệ binh. Tổng số binh chỉ được hơn 65.700 người thôi, tôi [Phan Huy Chú] từng lấy làm lạ, binh của nhà Lê, ở buổi đầu có việc gọi ra đến 20 vạn người, khi mới trung hưng chỉ lấy binh ở hai xứ cũng đến hơn 12 vạn, mà sau đời Bảo Thái lại tuyển thêm, đời Vĩnh Hựu lại mộ thêm, đời Cảnh Hưng lại đặt thêm vệ binh, thế mà số quân lại không đầy 7 vạn là cớ làm sao?"37Phan Huy Chú cho rằng, đầu đời Lê, luật tắc nghiêm minh, ghi chép cẩn thận, không ai trốn lính được. Đến các đời sau, không nghiêm cẩn, ẩn lậu nhiều, ghi chép không cẩn thận, nên số quân sai và kém đi. Montyon, dưới đây, không biết lấy từ tài liệu nào, chép quân số Bắc Hà là 140.000 người, tức là gấp đôi con số ghi nhận chính thức, như vậy con số của Montyon có lẽ gần sự thực hơn.
Thời Nguyễn Ánh: Trước hết Montyon viết về tình trạng chung:
"Năm 1806, tình trạng quân đội thời bình là 150.000 người. (...) Thời chiến quân đội gia tăng tuỳ theo tình hình chiến trận. Trong thời kỳ nội chiến, tất cả những ai có thể cầm được vũ khí đều phải tòng quân; và năm 1800, năm mà hoàng đế còn là vua Nam Hà, chưa chinh phục xong cả nước, mà quân đội của ông cũng đã lên tới 139.400 người. Có nhiều người than rằng thời bình mà vua vẫn giữ nhiều quân quá, thực ra, quân đội của ông, tính theo bình quân đầu người, so với các thời trước, cũng không nhiều hơn gì mấy, người ta chắc chắn rằng trong thời bình, quân đội Bắc Hà có 140.000 người (...).
Lực lượng quân đội được chia làm 6 Dinh (Armées): Dinh I, phòng vệ vua, ít quân nhất. Bốn dinh kế tiếp được 4 đại thần cột trụ triều đình thống lãnh. Dinh thứ sáu, đông nhất, được một vị đại thần đặc biệt do hoàng đế chỉ định, điều khiển.
Mỗi Dinh lại được chia thành 5 Chi (Corps), Chi thứ nhất đóng bên quan Đại thần và cũng là tướng chỉ huy. Bốn chi kia, mỗi chi do một tướng nhị phẩm điều khiển. Chi lại chia làm Hiệu (Vệ hay Cơ) (Régiment) do một chánh, phó Trưởng hiệu (Colonel ou Sous-colonel) đứng đầu. Mỗi Hiệu (Vệ, Cơ) gồm 12 Đội (Compagnie). Mỗi đội có 50 hay 60 người, do một ***Cai đội (***Capitaine hay Sous-capitaine) điều khiển. Lính được chia thành nhóm 10 người, do đội trưởng (Premier soldat) chỉ huy. Có 7 phẩm ngạch quan võ, Cai đội (Capitaine) là ngạch cuối cùng".38
Montyon dịch khá sát những chức vụ trong quân đội Nguyễn Ánh, Thực Lục tháng 6/1790 (tháng 5 ÂL) ghi: "Năm dinh Trung quân, Tả quân, Hữu quân, Hậu quân và Tiên phong, mỗi dinh đều là 5 Chi, mỗi chi 5 Hiệu, mỗi Hiệu 3 Đội, mỗi Đội 4 Thập*",* "Chi đặt chánh phó Trưởng chi, Hiệu đặt chánh phó Trưởng hiệu, Đội đặt Cai đội, thập đặt Đội trưởng"39.
Theo Thực Lục, năm 1790, những ông tướng cầm đầu các Dinh là: Lê Văn Quân làm Chưởng dinh Tiền Quân. Tôn Thất Hội, Chưởng dinh Hậu quân. Nguyễn Huỳnh Đức, Chưởng dinh Hữu quân. Võ Tánh, Chưởng dinh Tiên phong. Nguyễn Văn Thành chỉ là Hiệu úy tiền chi Trung quân, có thể chính Nguyễn Ánh trực tiếp chỉ huy Trung Quân. Tháng 7/1793, Lê Văn Duyệt vẫn còn làm Cai đội, đến tháng 12/1793, mới được thăng Vệ Uý.
Tóm lại, khoảng 1790, bộ binh của Nguyễn Ánh chia đơn vị như sau: Thập: 10 người; Đội: 40 người; *Hiệu (Vệ, Cơ):*120; Chi: 600; Dinh: 3000. Vì thời ấy còn ít quân, sau có thay đổi. Năm 1800, theo Montyon có khoảng 139. 800 người (thống kê Barisy). Riêng bộ binh được phân chia như sau: Đội: 50-60 người; Hiệu (Vệ, Cơ): 600; Chi: 3000 người. Dinh: 15.000 người.
Montyon cho in bản thống kê toàn bộ lực lượng quân đội Nguyễn Ánh năm 1800 (xem phần phụ lục in ở cuối chương), bản này gần giống bản Barrow, đã in ở chương 4, cho thấy Nguyễn Ánh có 12.000 Vệ binh. Dưới vua là 5 ông tướng coi 5 dinh, mỗi dinh 6.000 người. Tổng số quân đội Nguyễn Ánh, năm 1800 là 139.800 người.
Bản phúc trình của Chaigneau
Một tài liệu đáng chú ý nữa là bản phúc trình của Chaigneau đệ lên chính phủ Pháp năm 1820 nói về tình hình nội trị, quân sự, kinh tế, ngoại giao của nước Việt thời đầu Minh Mạng và sự lợi hại nếu chiếm Việt Nam. Trong bài phúc trình mật này, Chaigneau cho biết:
"Sức mạnh quân đội tại ngũ trong thời bình của vua là 80.000 người; nhưng đến thời chiến, con số này có thể dễ dàng lên đến 200.000 người". Con số của Chaigneau chỉ bằng nửa con số của Montyon.
Về tình trạng binh bị, Chaigneau viết: "Bộ binh: Trong thời bình, Hoàng đế vẫn luôn luôn phòng bị. Đội Vệ binh của vua gồm 30.000 người, độc lập với 40 Chi (Régiments) [quân chính quy] chia làm 5 Dinh (Colonnes): Tiên phong (Avant-garde), Hữu quân (Droite) Tả quân (Gauche), Hậu quân (Arrière-Garde) và Trung quân (Centre) (...) Ngoài 5 dinh bộ binh, Hoàng Đế còn một binh đội khác gồm 5 binh đoàn (légions), mỗi binh đoàn có 5 Chi được tổ chức và phân phối như những Dinh, cũng do những vị đại thần điều khiển. Còn phải kể thêm lực lượng các Chi ở mỗi tỉnh, mà con số thay đổi tùy vùng. Ở Sài Gòn có khoảng 16 Chi"**.
Như vậy, Chaigneau, khi làm thống kê quân đội đầu triều Minh Mạng, cũng vẫn ghi tổ chức giống như thời trước, chỉ có số quân trong mỗi đơn vị, có ít nhiều thay đổi: "Mỗi Dinh có 8 Chi. Mỗi Chi có 10 Đội. Mỗi Đội có 60 người (riêng Đội Vệ binh có 120 người). Tóm lại: một Chi có 600 người. Một Dinh có 4800 người. Một vị đại thần chỉ huy một Dinh. Một chánh, một phó trưởng Chi (Colonel, Lieutenant-colonel) cho mỗi Chi, và một chánh, một phó Đội trưởng (Capitaine, Lieutenant) cho mỗi Đội, tạo thành bộ chỉ huy".
So với Thực Lục thì thấy: Chaigneau dịch Đội là Compagnie (40-60 người), Chi (600 người) là Régiment, và Dinh (3000-5000 người) dịch là Colonne (4800 người). Như vậy, khoảng 1820, khi Chaigneau làm bản phúc trình này, thì hoặc ông đã bỏ quên đơn vị Hiệu, Vệ (120 người) hoặc tổ chức quân đội nhà Nguyễn đã đơn giản hoá đi, tức là bỏ đơn vị Hiệu giữa Đội và Chi, để quay về với tổ chức thời Lê, tức là chỉ còn ba đơn vị cơ bản: Đội (40-60 người), Cơ (hay Chi, 600 người) và Dinh (trên 3000 người).
Điểm đặc biệt là Chaigneau cho biết cả số voi trận: "Toàn bộ voi trong quân đội là 800 con, kể cả 120 con trong đội Vệ binh. Tượng binh dưới quyền điều khiển của một vị đại thần"40. Nguyễn Đức Xuyên là người cầm đầu Tượng binh của Nguyễn Ánh
Thống kê của Chaigneau cho thấy tổ chức quân đội của Gia Long, từ cách phân chia đội ngũ đến nội dung quân đội: kỵ binh trâu, tượng, không có gì là Tây phương cả.
Những người Pháp trong quân đội Nguyễn Ánh
Cadière tìm cách dịch các chức vụ trong quân đội Gia Long sang tiếng Pháp, phần nói về chức vụ của Chaigneau, ông viết như sau:
"Chaigneau, trước 1802, là Cai cơ "Commandant de régiment". Năm 1802, Gia Long cho thăng Chưởng cơ "Général de régiment". Quân đội Việt chia thành "compagnies" (đội), do một Đội trưởng "Premier de la Compagnie" và một Cai đội "Commandant de compagnie" điều khiển, chức sau cao hơn chức trước. Chúng ta sẽ thấy có Phó Cai đội "Commandant de compagnie en second". Nhiều Đội làm thành một Cơ "Régiment". Mỗi Régiment do một Cai Cơ "Commandant de régiment" và một Chưởng cơ, mà tôi dịch là "Général de régiment" điều khiển. Chưởng Cơ lớn hơn Cai cơ. Tôi không biết nếu Chưởng cơ coi một hay nhiều Cơ. Nhưng có lẽ chỉ coi một Cơ thì đúng hơn, bởi vì, như ta đã thấy, trong văn bằng của Chaigneau, sau khi được thăng Chưởng cơ, cũng chỉ coi có hai Đội quân, tức là Đội một và Đội hai Kiên-Thuỷ.
Trong Liệt Truyện, có một bài mà ta sẽ thấy sau, nói rằng Đa-đột (đối với tài liệu này là Chaigneau), Ba-ni-ê, Lê-Văn-Lăng (de Forçant) và Ô-li-vi, khi mới từ Âu Châu đến, đều được nhận chức Cai-đội. Điều đó đúng với Vannier, Dayot, Barisy, Isle-Sellé, và Lebrun. Không có ai, trong buổi đầu, nhận chức phó Cai đội. Vậy chúng ta đành phải công nhận, mặc dù vẫn có chút hồ nghi, rằng Chaigneau, khi đến Nam Hà, cũng nhận được chức Cai đội, trừ phi ông được hưởng ân huệ đặc biệt, lên thẳng chức "Cai cơ".
Năm Cảnh Hưng thứ 51, 1790, ít lâu sau khi đến Nam Hà, những người bạn của Chaigneau, nhận được chức Cai đội hay phó Cai đội. Chaigneau đến vài năm sau, 1794, lúc ấy mới nhận chức Cai đội hay Cai cơ"41.
Đoạn văn trên có mấy chỗ sai cần phải đính chính:
1- Trong những văn bằng cấp ngày 27/6/1790, tức là vào buổi đầu, có hai người giữ chức phó cao đội là Louis Guillon, Phó Cai đội Oai dõng hầu và J. Guilloux, Phó Cai đội Nhuệ tài hầu42.
2- Vannier, Chaigneau và de Forçant (Forcanz), đến tháng 2-3/1800 (tháng 2 ÂL) khi được cai quản các tầu hiệu: Phượng Phi, Long Phi và Bằng Phi, vẫn còn là Cai đội43. Vannier ở chức Cai đội 11 năm (1790-1801), Chaigneau 7 năm (1794-1801), de Forçant không biết đến Gia Định lúc nào. Trong suốt thời gian này, họ chỉ được cai quản khoảng 40- 50 người lính, kể cả khi được lái các tầu hiệu Phượng Phi, Long Phi và Bằng Phi, họ vẫn phải ở dưới quyền một Cai cơ người Việt. Như vậy đủ biết việc lên chức không dễ dàng.
3- Đến tháng 7/1801 (tháng 6 ÂL), ba người này mới được lên chức Cai cơ. Thực Lục viết: "Cho Khâm sai thuộc nội Cai đội Nguyễn Văn Thắng [Chaigneau], Nguyễn Văn Chấn [Vannier] và Lê Văn Lăng [de Forçant] làm Khâm sai thuộc nội Cai cơ, vẫn quản các thuyền hiệu Long phi, Phượng phi và Bằng phi"44. Đến tháng 6/1802, sau chiến thắng toàn diện, cả ba được thăng lên Chưởng cơ theo sự lên chức chung của toàn thể quân đội. Văn bằng Vannier ghi ngày 6/12/1802, văn bằng Chaigneau ghi ngày 6/12/180245.
Nhưng Chaigneau cũng chỉ được coi có hai Đội quân, tức là Đội một và Đội hai Kiên-Thuỷ, nghiã là vào khoảng 100 quân.
De Forçanz mất năm 1811, sau đó chỉ còn Chaigneau và Vannier ở lại trong triều, với chức tước và được hậu đãi, nhưng không có quân và cũng không còn thuyền hiệu để cai quản (xem chương 24, 25 về Vannier và Chaigneau). Đó là những người làm việc lâu nhất cho Gia Long.
Riêng Olivier de Puymanel, tháng 7-8/1792 (tháng 6 ÂL) được thăng từ Cai đội lên Vệ Uý và mất năm 1799, ở Malacca.
Kết luận
Nhìn lại tổ chức này, ta thấy có những điểm đáng chú ý sau đây:
1/ Những điều Montyon, Chaigneau và Cadière viết, chứng tỏ quân đội Nguyễn Ánh không có gì là "Tây phương" cả, từ cách trang bị vũ khí đến sự phân chia binh đoàn. Được tổ chức giống như đời Lê: Đội, Cơ, Dinh, chỉ thay đổi tên, số người và chức tước các quan võ. Đơn vị quân đội vẫn bắt đầu từ Đội (40-50) người, đến Hiệu, (Vệ, Cơ) (từ 3 đến 10 đội), sau tới Chi (5 đến 10 Cơ) và sau cùng là Dinh (5 Chi trở lên). Hai đơn vị ở giữa: Cơ, Chi, có thể bỏ đi một, tùy thời điểm.
2/ Không có gì chứng tỏ các "sĩ quan" Pháp đã cải tổ quân đội Nguyễn Ánh theo lối Tây phương. Chính Cadière, một trong những người hết sức biện hộ cho điểm này, cũng rất bối rối khi ông phải dịch những chức vụ trong quân đội Gia Long sang tiếng Pháp. Nếu quân đội này được tổ chức theo kiểu Pháp, thì ông đã không gặp khó khăn đó.
3/ Nguyễn Ánh cải tổ quân đội theo đòi hỏi thực tiễn: Vì Tây Sơn có lực lượng pháo binh và công binh hùng hậu, có khả năng đắp đồn chớp nhoáng, Nguyễn Ánh bèn tăng trưởng đội ngũ quân Thần Sách (công binh và pháo binh); vì Tây Sơn có lực lượng Tượng binh hùng hậu, Nguyễn Ánh cũng phải có đội voi trận để đương đầu: Nguyễn Đức Xuyên được chỉ định cai quản cả Thần Sách lẫn Tượng Binh. Thần sách là pháo binh và công binh, chứ không phải là "một thứ quân chủ lực" hay là "quân ở Kinh" như Tạ Trí Đại Trường lầm tưởng khi ông đề cao Puymanel là người "đã tập luyện cho đám cận vệ 12 ngàn người theo chiến thuật Tây Phương"46đó là sự xác định không có cơ sở, chúng tôi sẽ trở lại vấn đề này trong phần viết về Olivier de Puymanel.
4/ Những người lính Pháp đến đánh giúp Nguyễn Ánh đã khai man là "sĩ quan" (sẽ chứng minh sau), nên được Nguyễn Vương cho chức Cai đội (tháng 6/1790), là cấp thấp nhất trong phẩm trật quan võ. Phần lớn sẽ bỏ đi năm 1792 khi hay tin Nguyễn Huệ đánh Gia Định. Trừ Olivier de Puymanel được nhận chức Vệ Uý năm 1792, Vannier, trong 11 năm và Chaigneau trong 7 năm, vẫn ở trật Cai đội. Vannier, Chaigneau và de Forçanz, được điều khiển ba tầu đồng Phượng Phi, Long Phi và Bằng Phi, tham gia các chiến dịch 1800-1801-1802. Tháng 7/1801 Vannier, Chaigneau, de Forçanz, được thăng Cai Cơ. Tháng 12/1802, cả ba được thăng Chưởng Cơ. Đó là tất cả những người Pháp có chức vụ cao nhất và ở lại lâu nhất trong quân đội Gia Long.
Tại sao Maybon triệt hạ tác phẩm của Montyon?
Bộ sách của Montyon, giúp ta làm sáng tỏ một số vần đề liên quan đến "công trạng" của người Pháp đối với Nguyễn Ánh. Tại sao sử gia Maybon khi viết bài Introduction cho cuốn La Relation de La Bissachère (t. 33-67), lại không tiếc lời chỉ trích sách này: "tích tụ những lẫn lộn và sai lầm quá đáng", "phạm những cái sai rành rành về dữ kiện", "bất lương, đánh lừa độc giả"... Maybon liệt kê nhiều "tội" lắm, đầu tiên hết là tội dám đề tên La Bissachère ở bìa sách. Tiếp đó, ông đưa ra đòn thứ nhì: trích một đoạn rất dài trong bài tựa của Montyon, có những câu ca ngợi Gia Long, để mỉa rằng: tác giả chuyên nghề ca tụng. Đòn thứ ba, về nội dung cuốn sách, Maybon phê: "Người ta thấy Montyon đã mở rộng cửa cho đủ loại tin tức, đủ loại nguồn, và ta sẽ kinh ngạc thấy trong hai tập sách này một sự pha trộn đầy đủ liều lượng giữa những điều đúng, những báo cáo hoàn toàn bịa đặt và những thông tin không có nguồn nào khác ngoài trí tưởng tượng phong phú"47Với một lời giới thiệu như thế, ai còn tìm đọc cuốn sách này? Mặc nhiên, không thấy Maybon vạch ra được một đoạn nào là "hoàn toàn biạ đặt" hoặc do "trí tưởng tượng phong phú". Đòn chót, để chứng minh Montyon chép của Barrow, Maybon in lại trên hai cột, một bên là lời Montyon, một bên là lời Barrow, với sự rào đón: "... để cung cấp một vài thí dụ về cách viết của ông [Montyon], tốt hơn là in bảng trình bầy những sự vay mượn của ông"48.
Như đã nói ở trên, có những điểm giống nhau giữa hai cuốn sách, nhưng khó quyết đoán là Montyon chép của Barrow, chỉ có thể kết luận: hai người dùng chung tài liệu. Bộ sách của Montyon dày 532 trang, bàn đến rất nhiều vấn đề không có trong sách của Barrow (179 trang) và Ký sự Bissachère (72 trang). Bảo rằng Montyon chép của hai tác giả này là khiên cưỡng.
Maybon đã khai trừ sách của Barrow. Bây giờ ông lại xổ toẹt bộ sách của Montyon. Chúng ta có thể hiểu một số lý do khiến ông hành động như vậy:
1- Về việc khôi phục ngai vàng, Montyon viết: "[Gia Long] khôi phục được ngai vàng, nhờ quyền thừa kế, nhờ sức chinh phục", chứ không phải nhờ Bá Đa Lộc và các "sĩ quan" Pháp.
2- Về việc người Pháp giúp Gia Long, Montyon viết: "Vài sĩ quan Pháp theo giúp Nguyễn Chủng, tập cho quân sĩ kỷ cương và vài nhà buôn Pháp bán tầu cho ông". Sự xác định "vài" sĩ quan Pháp, đi ngược với điều mà nhiều người trong số đó có Maybon muốn thổi phồng lên.
3- Về việc đóng tầu, Montyon viết: Ông [Gia Long] là người giỏi nhất về chiến thuật, là kỹ sư giỏi nhất, người kiến trúc tầu giỏi nhất, ở xứ ông". Điều này đi ngược với sự đề cao: Puymanel và Dayot, chỉ huy việc đóng thuyền, tầu ở Việt Nam.
4- Về kiến trúc thuyền, tầu, Montyon viết: "Về việc đóng thuyền, nước này [nước Nam] có một kỹ thuật đặc biệt: những tấm ván làm thuyền được buộc chặt với nhau bằng dây mây, thay đinh, lối ráp này khiến thuyền uyển chuyển hơn, đặc biệt chống lại sóng biển". Và "Chiến hạm, lớn hơn, thân tầu vững hơn và kiến trúc tốt hơn tầu Trung Hoa". Những nhận xét này trái với lập luận: Trước khi người Âu đến, người Việt không biết đóng tầu.
Sách của Montyon (và cả Barrow) dù có những sai lầm, cũng nên dịch sang tiếng Việt, bởi đó là những điều mà người ngoại quốc đầu thế kỷ XIX nhìn và viết về nước ta, với những thông tin, phê phán đời sống dân tộc, từ tập tục đến cách ăn ở, tôn giáo, lối xây nhà, đóng thuyền, kiến trúc cung điện Huế... một loại "toàn thư" nhỏ, theo quan điểm ngoại quốc, khá khách quan, không có chủ ý bênh vực chính sách thực dân. Dĩ nhiên về lịch sử, có những cái sai không thể tránh được, nhưng chúng ta có thể đính chính dễ dàng. Điều đáng chú ý trong tác phẩm của Montyon, ngoài những điểm có tính cách nghiên cứu dân tộc học, địa lý chính trị xã hội, tổ chức hành chính... mà ta có thể kiểm chứng lại qua bộ sách đồ sộ Khâm Định Đại Nam Hội Điển Sự Lệ [Hội Điển], tác phẩm còn đáng chú ý ở những điểm mà quốc sử không viết, hoặc viết thiếu, hoặc viết với cái nhìn khác, cần đọ với tài liệu của người nước ngoài. Tóm lại, Montyon đưa ra nhiều nhận định mới về Việt Nam cuối thế kỷ XVIII, không thấy trong các sách khác.
Tóm lại, hai cuốn sách khá quan trọng, một của người Anh Barow và một của người Pháp Montyon viết về thời đại Tây Sơn-Nguyễn Ánh, xuất bản rất sớm, từ đầu thế kỷ XIX, đã không xuyên tạc sự thực lịch sử. Sự xuyên tạc đến từ Bissachère và những người viết sau.
Phụ Lục
Trong phần phụ lục, Montyon cho in bản thống kê toàn bộ lực lượng quân đội Nguyễn Vương năm 1800, tạm gọi bản Montyon để phân biệt với bản Barrow. Hai bản có lẽ cùng nguồn Barisy; Montyon chép lại nguyên văn bản Barisy viết tay; còn Barrow thu gọn và sắp xếp lại cho dễ hiểu. Bản Montyon cho thấy Nguyễn Vương có 12.000 Vệ binh. Dưới Nguyễn Vương là 5 ông tướng coi 5 dinh, mỗi dinh 6.000 người. Sau đây là bản thống kê của Barisy, in trong sách của Montyon, II, t. 141-142. Chúng tôi để nguyên tiếng Pháp, không dịch vì không biết rõ những chữ phiên âm từ tiếng Việt ra như Ong-jam, chỉ đoán là Ông Giám (quân); Ong-jien-Quoan là Ông Tiền quân; Ong-han-Quoan là Ông Hậu Quân, vv... Chắc Montyon chép lại nguyên bản của Barisy, vì Barisy có lối viết như thế:
Lực lượng quân sự của vua Nam Hà trong cuộc chiến khôi phục lãnh thổ

Bản dưới đây, in trong sách của Barrow, II, t. 237-238, đã được sửa chữa và sắp đặt lại cho có hệ thống, dễ hiểu hơn:
Lực lượng quân đội Nam Hà năm 1800, theo đại uý Barisy
Bộ binh
Số người
24 đội kỵ binh (cưỡi trâu)...
6.000
16 đại đội voi (200 con)...
8.000
30 đại đội pháo binh
15.000
25 chi đoàn 1.200 người trang bị vũ khí Âu Châu
30.000
Bộ binh trang bị kiếm và súng cổ trong nước
42.000
Vệ binh tập luyện theo lối Âu Châu
12.000
Tổng cộng bộ binh
113.000
Thuỷ binh
Lính thợ trong xưởng đóng tầu
8.000
Lính thuỷ, mộ hay nối dõi (cha, anh), trên những chiến hạm đậu ở cảng
8.000
Lính biệt phái sang những tầu chiến kiểu Tây phương
1.200
Lính biệt phái thuyền buồm (jonque)
1.600
Lính biệt phái 100 thuyền chiến chèo (galère)
8.000
Tổng cộng thủy binh
26.800
Tổng cộng tất cả:
139.800
Tóm lại, cả hai bản thống kê này, đều có thiếu sót, sai lầm, bởi nếu so với số thuyền tầu và tầu chiến bọc đồng ghi trong Hội điển và Thực Lục, thì không thể gọi là đầy đủ.
Phần thứ nhì: Trật tự xã hội (t. 197), gồm các chương sau đây: Ch.I (t. 199): Tổ chức chính trị ở Bắc (thần phục Tầu trên nguyên tắc, thực tế độc lập, tự chủ). Ch.II (t. 215): Luật vua, lệ làng (cưới hỏi, quyền huynh thế phụ, kiện tụng, luật pháp). Ch.III (t. 235): Tài chính (thuế khoá). Ch.IV (t. 247): Lực lượng quân sự (cách đánh nhau ngày xưa, tình trạng hiện thời, tổ chức, lương bổng, y phục, khí giới, thao luyện, kỷ luật, hải quân). Ch.V (t. 262): Tôn giáo (sức mạnh, ảnh hưởng, giáo lý, giáo huấn, thờ phụng, tế tự, thờ cúng tổ tiên, đạo Phật, đạo Khổng, lịch sử người Âu đến Việt Nam, đạo Chúa và cấm đạo). Ch.VI (t. 290): Tính tình người Bắc (trọng quyền sở hữu, ghét đổ máu, từ thiện, thân ái, yêu kính mẹ cha, trọng người già, ăn mặc kín đáo, ít mãi dâm, vui vẻ, thích thanh lịch, có óc công dân, can đảm, trọng danh dự, lười biếng, háu ăn, khoe khoang, lòng căm thù dân tộc). Tính tình của dân Chàm, Lào và Lạc Thổ [Lạc Thổ được tác giả xác định: nam giáp Lào, bắc và đông giáp Bắc Hà, tây giáp Tầu, chắc là vùng Lai Châu, Sơn La]. Ch.VII (t. 313): Tập tục (trang điểm, để tóc dài, nhuộm răng đen, ăn trầu, đám ma, tuồng chèo, các trò chơi: chọi gà, cờ tướng). Ch.VIII (t. 331): Ngôn ngữ (so sánh với tiếng Tầu, tổ chức ngôn ngữ Việt, tính chất, cách phát âm, chữ viết và cải cách chữ viết). Ch.IX (t. 350): Khoa học (chậm tiến, có nhiều khoa: thiên văn, thuốc ta, in ấn, trường dạy). Ch.X (t. 358): Văn chương:Người Bắc tự hào về văn chương của họ, sự giầu có của tiếng Bắc không giúp ích cho văn chương. Văn phong tiết độ. Nói giỏi. Sử viết không đúng, không hay. Tính chất của thơ, kịch, sự thoái trào của văn chương, khả năng khôi phục.
Quyển II (168 trang): Phần thứ ba, gồm các chương sau đây: Chương I (Montyon II, t. 1- 54): Những biến cố chính ở Bắc Hà, Nam Hà và các nước khác. Tác giả chia lịch sử Việt Nam làm 4 thời kỳ: Thời kỳ 1 (t. 4): Từ lập quốc đến nhà Lê. Thời kỳ 2 (t. 10): Vua Lê-chúa Trịnh. Thời kỳ 3 (t. 13): Nam Bắc phân tranh. Thời kỳ 4 (t. 15): Chiến tranh Nguyễn-Tây Sơn. Ch.II (t. 55): Tóm lược các dữ kiện và các nguyên nhân. Ch.III (t. 97-131): Dự kiến tương lai.
Phụ lục: Một số tài liệu (t. 133), gồm các bài sau đây: Dụ phong Hoàng tử Cảnh làm Đông cung (1793) (t. 135); Dụ phong chức quan Khâm sai (t. 137); Hịch của vua Quang Trung gửi dân hai miền Quãng Ngãi và Quy Nhơn (t. 140); Bản kê khai lực lượng quân sự của Nguyễn Vương trong cuộc chiến khôi phục ngai vàng (t. 141-142); Môt lá thư của Bá Đa Lộc (t. 143-144); Lá thư của thừa sai Grillet đề ngày 4/8/1793 (t. 145); Bài tựa tiếng La tinh cho cuốn từ điển Việt-Bồ-La (t. 147-148); 10 điều răn của Chúa, song ngữ Việt-Pháp (t. 149-151); Trích di chúc Khang Hy (1723) (t. 152-156).
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Khi chết, ông để gia tài cho Institut de France (Pháp quốc học viện) quản lý, lập ba giải thưởng hàng năm về đạo đức, văn chương và khoa học, mang tên Montyon. ↩︎
Imprimeries de Vogel et Schulze, Luân Đôn, 1811. ↩︎
Nxb Librairie Ancienne Honoré Champion, Paris, 1920. ↩︎
Nội dung tác phẩm của Montyon: Quyển I (364 trang). Phần thứ nhất: Mở đầu: Con người đã biết rõ mặt địa cầu, vậy ta phải sử dụng lợi ích đó: khám phá đất Bắc Hà (Montyon I, t. 1). Gồm các chương sau đây: Chương I (t. 11): Xác định địa danh đất Bắc. Chỉ trích người Âu bóp méo tên nước, tên thành phố Á Châu, vì không hiểu nghiã: "Gọi tên Tunkin là không đúng: tên của xứ đó là "Nước Nam"... bao gồm hai miền Tunkin (Bắc Hà) và Cochinchine (Nam Hà). Và để phân biệt, người ta gọi Nam Hà là Đàng Trong và Bắc Hà là Đàng Ngoài. Sự sai lầm đến từ việc [người Âu] lấy tên Đông Kinh (Tunkin) là kinh đô để gọi cả miền" (Đoạn này viết theo Bissachère). Ch. II (t. 16): Địa lý Bắc Hà (núi non, sông ngòi, bờ biển, đảo). Ch.III (t. 26): Khí hậu (êm dịu, các mùa, gió bão). Ch.IV (t. 37): Địa chất (tính chất đất đai, hang động, mỏ vàng, mỏ bạc, nước độc). Ch.V (t. 48): Chủng tộc (diện mạo, tính tình, thể chất, phong tục, bệnh tật). Ch.VI (t. 56): Dân cư (thống kê dân số, phân phối, nạn đói và chiến tranh). Ch.VII (t. 64): Súc vật (gia súc, thú rừng, bò sát, cá, chim). Ch.VIII (t. 84): Đất đai và trồng trọt (nông sản, hoa quả, thảo mộc, gia vị, vị thuốc, lâm sản...). Ch.IX (t. 117): Chài lưới và đường thủy (nghề đánh cá, nghề làm tầu biển). Ch.X (t. 130): Công nghệ (các lý do và trở ngại khiến công nghệ và nghệ thuật thấp kém). Ch.XI (t. 139): Nghệ thuật (Âm nhạc, ngâm thơ, hội họa (chê người Việt không biết vẽ) điêu khắc, trạm trổ, nhẩy múa (chê), kiến trúc: tả cung điện Phú Xuân (t. 148). Ch.XII (t. 154): Thương mại (nội thương: trở ngại phát triển, đo lường, tiền tệ; ngoại thương: miền Bắc bị giới hạn, miền Nam mở rộng hơn, thể chế, sản vật trao đổi). Ch.XIII (t. 173): Thực phẩm (dồi dào, nhiều loại tôm cá, gia súc, cách ăn uống. Khen người Bắc ăn ngon hơn người Nam và người Nam ăn ngon hơn 4 dân tộc xung quanh). Ch. XIV (t. 187): Y phục. Ch.XV (t. 192): Nhà cửa. ↩︎
Introduction, Montyon I, t. 7-8. ↩︎
Montyon I, t. 27. ↩︎
Montyon I, t. 230, 231. ↩︎
Montyon, Tập II, t. 27. ↩︎
Montyon I, t. 266- 267. ↩︎
Nguyễn Chủng, Chủng là tên Nguyễn Ánh hồi nhỏ, chỉ những người không biết rõ như Montyon hoặc những ai muốn hạ thấp Nguyễn Ánh, mới dùng tên này. ↩︎
Montyon II, t. 22. ↩︎
Montyon I, t. 19. ↩︎
Montyon I, t. 148-149. ↩︎
Montyon I, t. 149-151. ↩︎
Đại Nam Nhất Thống Chí, tập I, nxb Thuận Hoá, 1992, t. 18. ↩︎
ĐNNTC, tập I, t. 20. ↩︎
Montyon II, t. 14-15. ↩︎
Montyon II, t. 28. ↩︎
Montyon II, t. 34. ↩︎
Montyon I, t.258. ↩︎
Montyon II, t. 3-4. ↩︎
Montyon I, t. 128-130. ↩︎
Gia Định Thành Thông Chí, t.162. ↩︎
TL, I, t. 209. ↩︎
TL, I, t. 223. ↩︎
LT, II, t.282. ↩︎
LT, II, t. 121. ↩︎
Khâm Định Đại Nam Hội Điển Sự Lệ, Bản nxb Thuận Hoá, 1993, Tập 13, quyển 205, t. 16-17. ↩︎
Montyon II, t. 52. ↩︎
Đạo diễn Roger Donaldson, khi làm phim The Bounty (I984, với Mel Gibson và A. Hopkins) đã thiết kế một chiếc tầu chiến của quân đội Anh năm 1787, và mô tả cuộc sống, trình độ lính thủy và các sĩ quan. Nếu xem phim này, chúng ta có thể hình dung các tầu Tây phương sang Á Châu thời ấy; hiểu điều kiện sống tên tầu, tại sao lính thuỷ đào ngũ, khi tới châu Úc, châu Á, là những vùng đất hứa, có người xin đánh thuê cho Nguyễn Ánh, với mục đích tìm của, tìm vàng... ↩︎
Montyon chú thích: chiếu theo giá đồ ăn rất rẻ thời đó, nghi có sự sai lầm trong thông tin. ↩︎
Montyon I, t. 254-258. ↩︎
Salles, Jean Baptiste Chaigneau et sa famille, BAVH, 1923, I, t. 54. ↩︎
Montyon I, t. 259-261. ↩︎
Hoàng Lê Nhất Thống Chí, t. 283. ↩︎
Lịch Triều Hiến Chương Loại Chí, Binh chế chí, tập III, t. 22. ↩︎
Lịch Triều Hiến Chương Loại Chí, Binh chế chí, tập III, t. 22-23. ↩︎
Montyon I, t. 250, 252. ↩︎
TL, I, t. 259, 260. ↩︎
Notice sur la Cochinchine fournie par M. Chaigneau (Tiểu dẫn về nước Nam do M. Chaigneau cung cấp), in trong bài Le Mémoire sur la Cochinchine de J.B.Chaigneau (Bản phúc trình về Nam Hà của J.B Chaigneau) của André Salles, BAVH, 1923, II, t. 265-266. ↩︎
Cadière, Les français au service de Gia Long, Leurs nom, titres et. .., BAVH, 1920, I, t. 150. ↩︎
Văn bằng in trong La Cochinchine Religieuse, I, của Louis Eugène Louvet, t. 537-538. ↩︎
TL, I, t. 407. ↩︎
TL, I, t. 451. ↩︎
André Salles, Le mémoire sur la Cochinchine de J.B Chaigneau, BAVH, 1923, II, t. 270, note 1. ↩︎
Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 231. ↩︎
Maybon, Relation Bissachère, Introduction, t. 43. ↩︎
Maybon, Relation Bissachère, Introduction, t. 54. ↩︎