Chapitre 6
La première rencontre de Nguyễn Ánh et de Pigneau de Béhaine
Chương 6
Nguyễn Ánh gặp Bá Đa Lộc lần đầu
Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français
Portrait du roi Gia Long
Pour avoir du roi qui refonda la dynastie des Nguyễn des images dignes de foi, il nous faut plusieurs objectifs différents, braqués depuis des sources différentes. C'est là où ces documents convergent que se formera le portrait du roi Gia Long.
Le Liệt truyện n'écrit que sur les mandarins et ne dit rien des rois de la dynastie des Nguyễn ; en quelques lignes pourtant, il a esquissé de Quang Trung un portrait aux traits appuyés : « Sa voix était comme celle d'une grande cloche, ses yeux jetaient des éclairs ; rusé et avisé, il aimait se battre, et tout le monde le craignait (…) Au combat, il marchait toujours en personne devant ses généraux et ses soldats, ses ordres étaient stricts et clairs, et ses subordonnés lui étaient tous attachés »1. De Gia Long, le Thực lục n'écrit qu'une phrase, et brève : « Le roi s'appliquait à toute chose, et de tout le jour n'avait pas un moment de loisir. Il chargea le Thị thư viện de tenir l'office de khởi cư chú (le mandarin qui consigne les paroles et les actes du roi) : quelque affaire que le roi traitât, tout était consigné »2. Et dans un autre passage, le Thực lục décrit la fidélité absolue de Nguyễn Ánh envers le Định Vương : toujours à ses côtés, protégeant avec constance le dernier des seigneurs jusqu'à la dernière minute. Nous pensons que ces informations ont pu être fournies par quelque grand dignitaire (Tống Phước Khuông, par exemple), racontant que Nguyễn Ánh escorta le Định Vương jusqu'à Long Xuyên3 pour établir qu'Ánh avait le cœur fidèle à son souverain et portait le destin d'un empereur (le crocodile barrant la barque), et qu'il méritait de devenir le chef officiel de la dynastie des Nguyễn. C'est pourquoi, si l'on veut savoir qui était le roi Gia Long et quel homme il était, on ne peut compter sur l'histoire officielle : il faut chercher à d'autres sources.
La première rencontre de Nguyễn Ánh et de Pigneau de Béhaine
Le Sử ký Đại Nam Việt, on l'a vu au chapitre 5, apprend que Nguyễn Ánh échappa aux mains de Nguyễn Huệ parce que le page et le père Hồ Văn Nghị le sauvèrent. Nous présentons ici la suite du passage : le Sử ký Đại Nam Việt y écrit sur deux points importants des débuts de Nguyễn Ánh — sa première rencontre avec Pigneau de Béhaine (Bá Đa Lộc) et son apparition à la bataille de Long Hồ —, dont l'histoire officielle parle beaucoup trop sommairement, ou parle mal.
Rappelons-le : durant les deux mois de septembre et d'octobre 1777, Nguyễn Huệ traque sans relâche le Tân Chính Vương et le Định Vương. Le Thực lục tient que Nguyễn Ánh escortait alors le Định Vương. Le Sử ký Đại Nam Việt, lui, écrit que Nguyễn Ánh suivait le Tân Chính Vương. La thèse du Thực lục, comme on l'a dit plus haut, a sans doute été lancée par le pouvoir à des fins de propagande ; aussi les historiographes, en écrivant sur cette période, sont-ils passablement embarrassés, et les faits y sont présentés sans netteté4. La thèse du Sử ký Đại Nam Việt s'accorde mieux avec la réalité : le Tân Chính Vương était alors celui qui avait la capacité de se battre, et Nguyễn Ánh, très jeune mais déjà doué d'audace et de décision, avait plus de raisons de suivre le Tân Chính Vương pour combattre les « rebelles » que d'escorter le Định Vương, qui n'entendait rien aux choses militaires. C'est parce qu'il suivait le Tân Chính Vương que Nguyễn Ánh put s'échapper avant le 19 septembre 1777, jour où le Tân Chính Vương fut mis à mort. Le Định Vương fut pris et tué un mois plus tard, soit le 18 octobre 1777.
Toujours d'après l'histoire officielle, un mois de plus seulement s'écoule — nous voici en novembre 1777 — et Nguyễn Ánh reparaît à Long Xuyên ; c'est dans ce même mois que les troupes des Nguyễn emportent Long Hồ. Remarque : que tous ces événements se produisent en l'espace d'un mois paraît forcé. Sur la bataille de Long Hồ, le Thực lục ne note que ceci, en abrégé : « Au 11ᵉ mois [lunaire, soit décembre 1777] on surprit le điều khiển des rebelles, Hoà, à la place de Long Hồ (aujourd'hui la province de Vĩnh Long), et on le défit entièrement »5. Sans préciser qui donna l'assaut.
D'après le Sử ký Đại Nam Việt, tout se déploie sur deux mois : Hồ Văn Nghị sauve Nguyễn Ánh, le conduit d'abord chez Pigneau de Béhaine à Hà Tiên, puis envoie quelqu'un au Cambodge en avertir l'évêque. Craignant ensuite d'être découvert, Hồ Văn Nghị cache Nguyễn Ánh dans la forêt. Et l'auteur poursuit : « En ce même temps, Mgr Vêrô [Pigneau de Béhaine] revint du Cambodge et retrouva monsieur Nguyễn Ánh ; il amenait aussi avec lui un Langsa [un Français] nommé Gioang [Jean], qui savait le métier des armes, était hardi et plein de courage, et fort habile à faire la guerre »6. Bref, Pigneau de Béhaine revint rencontrer Nguyễn Ánh et ramena Jean pour l'aider : ce ne peut donc être qu'aux environs de novembre 1777.
Le Liệt truyện, cependant, note ceci : « L'année Canh Tý (1780), le Thế tổ Cao hoàng đế monta sur le trône royal à Gia Định ; Đa Lộc vint se présenter et demanda à mettre toutes ses forces à son service, ce que le roi accepta »7. Soit : ce n'est qu'en 1780 que Nguyễn Ánh aurait rencontré Pigneau de Béhaine. Ou bien le Liệt truyện écrit faux, ou bien cette phrase ne signifie pas que Pigneau de Béhaine rencontra Nguyễn Ánh pour la première fois en 1780.
Nous avons trouvé une courte lettre de Pigneau de Béhaine à Steiner, datée du 10 juillet 1778, où se lit cette phrase : « Je vous remercie de m'avoir envoyé deux missionnaires. Il y a de fortes chances pour que la famille royale remonte sur le trône, et il m'en faudra beaucoup d'autres [missionnaires], car je suis très lié avec le prince qui doit régner et avec les grands mandarins d'ici. Priez Dieu à cette intention, car ce pourrait bien être le ressort par lequel la Cochinchine sera gagnée à la religion du Seigneur »8. Cette courte lettre est très importante, car elle établit deux choses :
1- Pigneau de Béhaine était lié à Nguyễn Ánh avant le 10 juillet 1778, date à laquelle il écrit cette lettre.
2- Pigneau de Béhaine souhaitait que, si les Nguyễn remontaient sur le trône, la Cochinchine se convertît à la religion du Seigneur.
Joint à ce qu'écrit le Sử ký Đại Nam Việt, cela permet de tenir pour certain que Pigneau de Béhaine rencontra Nguyễn Ánh et se lia avec lui vers octobre-novembre 1777, lorsqu'il revint du Cambodge en Cochinchine et amena Gioang pour l'aider.
Nguyễn Ánh et la bataille de Long Hồ, d'après le Sử ký Đại Nam Việt
Le Sử ký Đại Nam Việt poursuit ainsi sur la bataille de Long Hồ :
« Quand monsieur Nguyễn Ánh eut levé quelques troupes, monsieur Gioang lui rendit force services.
Ainsi, tout d'abord, voyant que le mandarin Nhất Trịnh9 avait emporté tel poste, monsieur Gioang fabriqua, selon la méthode d'Occident, quantité de bombes, puis descendit sur un grand bâtiment. Nhất Trịnh ne se doutait encore de rien, et l'on entra dans Long Hồ, où les Tây Sơn tenaient un grand nombre de navires à l'ancre. Alors monsieur Nguyễn Ánh prit le commandement des troupes et, de nuit, à l'improviste, fondit sur les Tây Sơn*.* Monsieur Gioang, lui, ne faisait qu'allumer et tirer des bombes ; si bien que les Tây Sơn, entendant tout à coup le fracas des bombes et voyant tomber nombre des leurs, prirent grande frayeur, n'ayant jamais rien connu de pareil ni jamais vu de bombes ; et ils abandonnèrent leurs navires pour sauter à la rivière. Ceux qui périrent par le sabre ou par les bombes ne furent pas si nombreux ; mais ceux qui se noyèrent, pour avoir sauté de frayeur à la rivière et s'y être écrasés les uns les autres, on n'en sait pas le nombre. Dans cette bataille, monsieur Nguyễn Ánh se conduisit en chef fort avisé et fort courageux, car il combattait comme un simple soldat ; et bien qu'autour de lui presque tous fussent morts, il ne fléchit point. Le combat fini, quand on le vit tout ruisselant de sang sans porter la moindre blessure, chacun tint la chose pour un miracle. Et tous les navires des Tây Sơn qui se trouvaient dans Long Hồ, monsieur Nguyễn Ánh les prit »10.
L'auteur du Sử ký Đại Nam Việt tient d'ordinaire les Occidentaux pour les premiers en tout, ce qui se comprend puisqu'il est homme de la mission ; mais ce qu'il raconte est croyable : la première victoire de Nguyễn Ánh, il la dut à Jean (Gioang), ce Français qui savait faire des bombes. Sous quelle forme se présentaient ces bombes, nous ne pouvons encore le savoir ; c'était peut-être l'engin qu'on appelait alors chấn địa lôi. Le mérite de Jean (Gioang), pourtant, n'est pas consigné dans l'histoire officielle, et les chercheurs français ne l'ont ni cherché ni mentionné. Pourquoi l'histoire officielle ne cite-t-elle que Mạn Hoè (nous y viendrons plus loin) et jamais Gioang ? Peut-être Gioang tombe-t-il dans la période du mythe du « crocodile », où personne n'osait interroger Nguyễn Ánh de trop près ; ou bien Nguyễn Ánh lui-même ne voulait rien raconter de cette période. C'est la victoire de Long Hồ qui donna à Nguyễn Ánh les nombreux navires enlevés aux Tây Sơn, et lui permit de poursuivre la guerre avec Đỗ Thanh Nhơn et les troupes de Đông Sơn.
Le Sử ký Đại Nam Việt nous donne en outre les premiers traits du Gia Long adolescent : « Nguyễn Ánh prit le commandement des troupes et, de nuit, à l'improviste, fondit sur les Tây Sơn », « il combattait comme un simple soldat », « tout ruisselant de sang »… Un garçon de quinze ans de cette trempe est en effet courageux, et bien digne d'être élevé par ses généraux et ses soldats à la charge de généralissime à seize ans. Mais le Sử ký Đại Nam Việt ne s'arrête pas à l'image de cet adolescent : il trace encore le portrait net d'un roi parvenu à maturité, assez intime, qui ne figure pas dans l'histoire officielle.
Portrait du roi Gia Long, d'après le Sử ký Đại Nam Việt
Sous le titre « Le roi a bon esprit et grand courage », l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt écrit ceci de Gia Long :
« Les mandarins, voyant le roi expédier promptement toute affaire et comprendre aussi vite les choses, en étaient fort étonnés. Car de quelque chose que le roi n'eût jamais vue ni connue, il suffisait que les mandarins la lui disent une fois : il la comprenait aussitôt et savait la reproduire. Aussi tout le monde louait-il le roi comme un homme de bon esprit et fort avisé. Au reste, le roi ne se reposait jamais : tantôt il pressait les ouvriers, tantôt il allait inventorier les magasins, ou surveillait l'exercice des troupes, ou faisait élever des retranchements. Il était habile aussi à imaginer quantité de choses ingénieuses, avec un esprit supérieur et vif, et il s'appliquait à l'étude ; de sorte que, bien qu'il eût connu la misère dès l'enfance, courant d'un chemin à l'autre, ne pouvant guère demeurer nulle part en repos et n'ayant pas eu le loisir d'étudier beaucoup, il savait pourtant fort bien les caractères chinois*.*
Quand il voyait quelque chose d'étrange, il s'appliquait aussitôt à l'étudier pour la comprendre. À la vérité, le roi ne connaissait pas l'écriture d'Occident, et devait prier les mandarins de lui expliquer chaque chose. Surtout les planches où étaient dessinées les figures des armes [engins] et les manières d'élever des retranchements, de bâtir des citadelles, de construire des navires, ou d'autres choses semblables : le roi ne regardait que cela. Et quantité de livres et de cartes achetés en Occident, il s'appliquait à les étudier et en comprenait presque tout.
Le roi était aussi un homme de grand courage, habile à dresser des plans et des ruses pour prendre les rebelles. Non seulement il envoyait les mandarins combattre les rebelles, mais il allait lui-même prendre le commandement et combattre. Aussi tout le monde disait-il : « Si les mandarins avaient autant de courage et autant de ruse que le roi, sans doute les rebelles ne gagneraient-ils pas une seule bataille. »
Quelques reproches au roi : Il en est pourtant qui blâmaient le roi de n'avoir pas le cœur ferme, car dès que les affaires prospéraient il se réjouissait à l'excès ; et pour peu qu'il fût dans la peine, ou qu'il eût perdu une bataille, il paraissait perdre courage et s'effrayer outre mesure. Ainsi, quand il avait gagné une bataille, sa joie passait toute mesure, et il ne savait pas profiter de la victoire pour poursuivre les rebelles et les contraindre à se soumettre une fois pour toutes. D'autres lui reprochaient encore de ne pas assez retenir ses propres soldats, et d'accabler les gens de corvées trop lourdes »11.
C'est là un ton sincère, fruste, sans flatterie, qui nous donne en peu de mots sur le roi Gia Long des informations complètes et dignes de foi : il n'avait pas beaucoup étudié, mais savait fort bien les caractères chinois ; il ne connaissait pas l'écriture d'Occident, et devait prier les mandarins de lui expliquer chaque chose. Surtout ce passage : le roi apprenait de lui-même en regardant des livres où figuraient des plans de construction, puis les appliquait. Le Labousse écrit la même chose.
L'ouvrage Nampyõki de Shihõken Seishi
En cherchant ce qui a été écrit sur le roi Gia Long, nous avons trouvé un ouvrage très remarquable : le Nampyõki (Naufrage en mer du Sud) de Shihõken Seishi, traduit en français, présenté et annoté par Muramatsu Gaspardone12. L'auteur y raconte le voyage d'un navire japonais pris dans la tempête, dont l'équipage dériva jusqu'à Gia Định, fut secouru par le roi Nguyễn et renvoyé au pays.
Cette histoire véritable a été rapportée par Kondo Morishige dans une relation intitulée L'affaire des naufragés de l'année Kõin [année Dần, soit 1794], écrite en 1795-1796, alors qu'il était chargé du bureau des écritures au Secrétariat à l'Intendance de Nagasaki, avec cette courte présentation : « Au 12ᵉ mois de l'année Otsubõ [année Mão, soit janvier 1796], les naufragés du navire de Sendai revinrent de Cochinchine. J'eus à traiter cette affaire au bureau de Nagasaki et à les interroger. J'ai noté de ma propre main ce qu'ils ont dit et l'ai rédigé en une relation authentique accompagnée de dessins, dans l'espoir qu'elle puisse servir plus tard à qui voudra s'instruire des pays étrangers. Le 15 du 9ᵉ mois lunaire [15 octobre 1796] », Kondo Morishige.
Voici le résumé de la relation de Kondo Morishige :
Le Taijõ-maru, navire du seigneur de Sendai, à Ôshu (province de Mutsu), avec à son bord le capitaine Seizõ, le pilote Matsuhei et les matelots13, seize hommes en tout, appareille du port d'Ishinomaki le 16 septembre 1794 [23 du 8ᵉ mois lunaire] avec une cargaison pour Edo [Tokyo]. Le 23 octobre 1794 (30 du 9ᵉ mois lunaire), à la hauteur de Bõshũ, il essuie une tempête : l'arrière est défoncé, la barre brisée, le navire manque de chavirer ; il faut abattre le mât et jeter à la mer le riz transporté. Le navire dérive. Le 27 octobre 1794 (4 du 10ᵉ mois lunaire), on aperçoit une île sans pouvoir y aborder, et la dérive continue. Le 10 janvier 1795 (20 du 11ᵉ mois intercalaire) on atteint l'île de Saisan, ou Tây Sơn14, où les villageois portent secours. Le 21 janvier 1795 [1ᵉʳ du 12ᵉ mois lunaire], deux fonctionnaires (Nghiã Xàm et Trường Cát) viennent chercher le capitaine pour le conduire à Gia Định ; mais Seizõ est trop faible, et le matelot Genzaburõ, qui sait les caractères chinois, y va à sa place et est reçu par le roi. Genzaburõ raconte par écrit leur situation, le naufrage, les matelots malades. Il lui est donné d'assister à une revue des troupes par le roi. Le 25 janvier 1795 (5 du 12ᵉ mois lunaire), le roi envoie deux navires, l'un avec deux fonctionnaires, un interprète, un médecin et huit matelots partant avec Genzaburõ, l'autre avec sept matelots. Le 9 février 1795 [20 du 12ᵉ mois lunaire], les seize hommes sont conduits à Gia Định, où on leur donne une maison, avec un médecin et un interprète originaire de Nankin. Pendant leur séjour à Gia Định, le roi leur alloue 50 kanmon15, de quoi vivre largement. Mais le capitaine Seizõ, le pilote Matsuhei et quatre matelots, atteints d'hydropisie que les remèdes ne peuvent guérir, meurent tous et sont enterrés au Vĩnh Trường Tự. Au 4ᵉ mois de l'année Mão [mai 1795], quatre navires arrivent de Macao ; les dix matelots survivants sont renvoyés par le roi à Macao pour regagner le Japon, avec une lettre de recommandation, et le roi leur donne seize sacs de riz (d'environ soixante kilos chacun). Mais sur le navire de Macao ils sont maltraités, subissent bien des épreuves, et ne rentrent à Nagasaki qu'en janvier 179616.
Shihõken Seishi a récrit cette histoire sous forme de roman, changeant le nom des personnages, et les dates s'écartent un peu de la relation officielle qu'on vient de résumer ; car à cette époque le Japon avait fermé ses ports et interdisait à ses sujets de sortir du pays, et comme le livre racontait un voyage au-dehors, l'auteur dut le « romancer ». Le livre parut pour la première fois entre le 16 février et le 16 mars 1798 à Kyoto, imprimé par la maison Zeniya Chõbẽ. Il fut interdit lui aussi par la suite. Pour nous, cependant, il a un grand prix, et il vaudrait la peine de le traduire tout entier en vietnamien : Shihõken Seishi (sans doute le nom de plume d'un matelot survivant) a raconté très en détail ce voyage, l'accueil empressé fait aux naufragés, la vie quotidienne des gens du Sud, les quartiers marchands, les maisons de plaisir… et la citadelle de Gia Định au début de 1795. À cette époque, Võ Tánh est gouverneur de Diên Khánh ; en novembre-décembre 1794, Trần Quang Diệu attaque Diên Khánh pour la deuxième fois, et en mai 1795 le roi Nguyễn mène sa grande armée au secours de Diên Khánh. Shihõken Seishi arrive à Saigon en février 1795, juste au moment où le roi Nguyễn prépare ses troupes et ses navires ; et le roi s'occupa de leur retour au Japon avant de mettre son armée en marche.
Nous avons choisi d'en traduire quelques passages : ce qui concerne le roi Nguyễn est donné dans ce chapitre, ce qui concerne la capitale de Gia Định dans le chapitre 13.
Saigon en 1795, d'après Shihõken Seishi
Voici ce que Shihõken Seishi écrit sur la région de Saigon en 1795, alors qu'on s'y préparait à la guerre :
« Il y a des montagnes hautes jusqu'aux nuages, beaucoup d'arbres et une rivière aux eaux claires. La mer [la rivière] l'entoure de trois côtés. Les navires marchands de Hollande, de Guangdong, de Macao et d'ailleurs emplissent le port fluvial. C'est un lieu de commerce florissant. Grâce aux villages de pêcheurs de la côte et aux chasseurs de la montagne, les marchés regorgent de poisson et de gibier, et de poissons de rizière à foison ; parmi les poissons de mer, l'espèce akaei est la plus abondante. Toute l'année on a toutes sortes de légumes, et encore des fruits gros et petits pour compléter la nourriture. Il y a une sorte de bambou dont l'intervalle entre deux nœuds est étonnamment long. Il y a aussi de l'or et de l'argent. Le cuivre vient de Guangdong. On fait trois récoltes de riz par an, et de même pour les haricots et les dolics. Les pauvres ne savent pas ce qu'est la faim. Les hommes y sont honnêtes et bienveillants. Le roi règne avec bonté et le peuple ne souffre pas. Mais ce pays est au bout de la mer du Sud, où se trouvent beaucoup d'îles, et il faut à tout moment se garder d'une invasion. On manie les armes sans relâche. Au 4ᵉ mois de la 54ᵉ année Cảnh Hưng [mai 1793], les Tây Sơn se sont soulevés contre la capitale, le roi a envoyé des troupes les châtier, mais on ne sait pas encore qui l'emportera. On s'agite à préparer les bâtiments de guerre, et la plupart sont déjà partis… »17.
Portrait de Gia Long, d'après Shihõken Seishi
Les matelots japonais naufragés furent reçus deux fois par le roi : la première à leur arrivée, en février 1795, la seconde avant leur départ, en mai 1795. Après avoir décrit la citadelle de Gia Định et le palais, Shihõken Seishi écrit ainsi la première audience : « … Un moment après, on vit le roi paraître, sur un fauteuil rouge entièrement incrusté d'or et d'argent et serti de pierres précieuses, au milieu de la salle du trône. Deux princes étaient assis de part et d'autre [l'un est le Đông cung Cảnh, le prince héritier, l'autre sans doute le prince Hy]. Le roi paraissait avoir quarante ans (…) ; il portait une tunique de brocart noir à franges brodées, avec un pantalon de brocart noir, et une ceinture. Un serviteur tenant l'épée du roi se tenait derrière lui. Sa Majesté portait un turban de soie enroulé cinq fois, la tête découverte, ne laissant voir que le chignon retenu par un peigne d'or. Les deux princes portaient eux aussi des vêtements noirs et un peigne d'or. Les mandarins assis près du roi étaient tous vêtus de soie verte, jaune, rouge ou blanche, et portaient des peignes d'écaille, de corne de buffle ou de rhinocéros. La tenue était solennelle, et nul ne portait de noir hormis le roi et les princes. Le prince héritier avait dans les vingt ans, très beau et d'une distinction que nul ne pouvait égaler. Dans tous les pays où nous avons touché sur le chemin du retour [au Japon], nous n'avons vu personne d'aussi beau que lui. Enfin l'interprète — dans ce pays on étudie la doctrine de Confucius, mais on ne comprend pas le chinois ; l'interprète était de Nankin, il avait travaillé de longues années à… (peu clair, sans doute Nagasaki), puis était passé de là en Annam — vint parler au roi, s'inclina trois fois et lui dit le naufrage de notre navire, le Hinoshita. Le roi répondit qu'il nous aiderait. Nous le suppliâmes de nous laisser rentrer au pays. Sa Majesté répondit par l'interprète que oui, mais qu'il fallait attendre quelque temps, et que le jour même il enverrait un médecin voir les malades. Nous le remerciâmes, et, escortés par les mandarins militaires, nous sortîmes et montâmes en palanquin pour rentrer chez nous à l'heure du Cheval [midi] »18.
Dans l'extrait qui suit, Shihõken Seishi écrit sur le vêtement du roi et des mandarins, lors d'un cortège où le roi sortait par la ville : « …Le vêtement des Vietnamiens : semblable à celui des Ming, les manches étroites et dépassant le coude d'environ 3 phân. Le pantalon s'appelle gon [?], semblable à notre nobakama [japonais] ; il a une ceinture nouée par-dessus.
Vêtement du roi : le roi porte des habits de crêpe noir, de brocart noir, une ceinture blanche, un turban noir, un peigne d'or, et des souliers blancs. Le vêtement noir n'est réservé qu'au roi et aux princes. Quand le roi marche dans le palais ou dans la rue, quelqu'un le suit en portant un parasol. Ceux qui marchent devant et derrière lui portent tous un turban de soie verte, jaune, rouge ou blanche, avec un peigne d'écaille, de corne de buffle ou de rhinocéros ; ils vont sur deux rangs, d'une dizaine d'hommes chacun.
Autour du roi : une vingtaine d'hommes, vêtus comme ci-dessus.
Objets personnels du roi : une boîte d'argent contenant ce qu'il faut pour fumer, une pipe, une boîte à tabac, une épée à poignée ciselée d'or et d'argent, et beaucoup d'autres petits objets, chacun porté par un homme à part.
Palanquin du roi : la partie inférieure est en treillis de bois. Le milieu, surélevé, forme le siège, avec des accoudoirs. Sous les pieds, un tapis précieux. Au sommet, un ornement d'or.
Lances : courtes comme des hallebardes. La pointe est enveloppée de tissus de plusieurs sortes. Il y a de cinquante à soixante [porteurs de] lances allant sur deux rangs.
Famille royale : habits de soie verte, jaune, rouge ou blanche, de tissages différents. Le turban et le pantalon de même couleur. Hormis le roi, nul n'a le droit de porter la ceinture blanche. Tous vont à cheval jusqu'au palais et entrent par la porte principale.
Les mandarins : le vêtement est le même que ci-dessus. Selon le rang, ils ont de trois à cinq serviteurs qui les suivent en portant leurs objets ; tous vont à cheval. Dans la citadelle on n'use pas du palanquin.
Les gens de la citadelle : ils portent des habits de toile ou de soie. Les couleurs ont déjà été dites. Ils s'enroulent autour de la tête une pièce de toile longue d'environ 10 pieds [3,24 m]. Le chignon est retenu par un peigne de bois, d'ivoire ou d'autre matière. Ils glissent dans leur turban un éventail, une pipe ou un paquet de tabac. Les gens de la citadelle comme ceux de la campagne portent tous le pantalon. Ni les hommes ni les femmes ne portent le shitaobi ou le yumaki19 : c'est pourquoi ils portent le pantalon.
Les sabres : la lame est mince mais peu tranchante. Très souple, elle ne taille pas, elle perce seulement.
Les religieux : il y a beaucoup de religieux de l'école zenshũ et de l'école tendaishũ. Tous portent l'habit gris »20.
Voici enfin le passage où Shihõken Seishi écrit sur la seconde audience, avant leur retour au pays : « Vers la dernière décade du 4ᵉ mois lunaire [décade médiane de juin 1795]21, le roi nous fit appeler tous les dix au palais. Nous nous y présentâmes de grand matin. Comme la première fois, le roi daigna nous recevoir, et il nous dit, par l'interprète, que depuis notre arrivée le vent du nord soufflait fort, qu'il n'avait pu nous renvoyer au pays, mais que maintenant le vent du sud commençait à souffler et que la navigation était plus facile. Il aurait aussi voulu armer un navire pour nous ramener jusqu'à Hinoshita, mais que depuis le 4ᵉ mois lunaire [du 19 mai 1795 au 17 juin 1795], en raison de l'expédition lancée contre les Tây Sơn, plus de la moitié des hommes étaient partis en campagne, et qu'à présent il fallait chaque jour envoyer de nouveaux bâtiments de guerre : il n'y avait donc personne pour nous conduire jusqu'à Hinoshita, si loin. Il ajouta que par bonheur un navire marchand de Macao était arrivé et repartirait dans quelques jours, et qu'il nous y avait fait embarquer ; nous pourrions monter à bord en paix et rentrer au pays d'étape en étape. Il ne fallait plus attendre que quelques jours, le temps de tout préparer, et si nous avions besoin de quelque chose, nous n'avions qu'à le demander aux mandarins chargés de nous. C'est ainsi que le roi, par l'interprète, nous fit connaître tous ses ordres. Sur un signe qui nous invitait à nous retirer, nous nous inclinâmes pour le remercier de la profonde générosité qu'il avait eue pour nous depuis le 11ᵉ mois lunaire de l'année précédente jusqu'à ce jour. Nous saluâmes respectueusement les princes et les grands dignitaires, puis nous rentrâmes chez nous »22.
Ces lignes toutes simples de Shihõken Seishi montrent un Gia Long attentif à tout, aux grandes affaires comme aux petites, soucieux des hommes — et pas seulement de ceux qui ont des titres et des mérites : de tout le monde.
Le visage et le caractère de Gia Long, d'après Đức Chaigneau
Si Shihõken Seishi, le Japonais, nous fait connaître sommairement une audience du roi et le visage du prince Cảnh, c'est un Français métis de Vietnamien, Michel Đức Chaigneau, qui décrit le visage et le caractère du roi Gia Long, dans ses mémoires, Souvenirs de Huế. Michel Đức, né en 1803 à Huê, a vécu dans la capitale depuis l'enfance jusqu'à ses vingt et un ans ; il est le fils aîné de Jean-Baptiste Chaigneau, qui servit le roi Gia Long et fut mandarin à la cour, et ne rentra définitivement en France qu'en 1824. Michel Đức écrit :
« Le roi Gia Long était de taille au-dessus de la moyenne, le corps robuste, l'air digne et respectable en proportion de sa stature, le visage plein de gravité et haut en couleur, ce qui témoignait d'une belle âme ; le maintien fort noble et le caractère fort affable, surtout dans la conversation familière ; mais un naturel emporté le faisait aussi passer aisément de la douceur bienveillante à une colère excessive, lorsque ses ordres n'étaient pas exécutés comme il fallait. La peau blanche23, les yeux vifs, la barbe entièrement blanche et plus fournie que celle des autres hommes du pays. Il avait sur chaque joue une verrue noire entourée de poils, qui formait de chaque côté une petite touffe à part de la grande barbe du milieu, sans s'y mêler tout à fait. (Son fils Minh Mạng, qui régna après lui, avait aussi deux grains de beauté exactement au même endroit ; on disait que c'était la marque propre des Nguyễn.) Gia Long était un homme de talent et de grandes vues. Éprouvé par l'adversité, il savait apprécier à leur juste valeur les hommes et les choses, et connaissait les rouages de l'État mieux que tous les ministres de sa cour, qu'il prenait souvent en faute. Hors les moments où l'on traitait sérieusement des affaires, il était l'homme le plus gai et le plus aimable de la cour ; dans l'intimité, il aimait parfois à dire des grossièretés qui faisaient rougir tout le monde »24.
Portrait de Gia Long, d'après Le Labousse
Pierre-Marie Le Labousse, né le 22 janvier 1759 à Pluneret (Morbihan, France), parti en mission le 20 septembre 1787, est peut-être mort à Chợ Mới, dans la province de Khánh Hoà, le 25 avril 180125. Le missionnaire Le Labousse fut l'un des auxiliaires les plus proches de l'évêque Pigneau de Béhaine ; c'est lui qui ramena le corps de l'évêque de Quy Nhơn à Gia Định, et lui qui recueillit son testament. Il a laissé beaucoup d'autres informations dignes de foi sur la période où il servit la mission au Viêt Nam. Parmi elles, un portrait du roi Gia Long, dans la lettre qu'il écrivit le 1ᵉʳ mai 1800 du sud de la Cochinchine aux directeurs du séminaire des Missions étrangères. Cette lettre est très longue ; datée du 1ᵉʳ mai 1800, elle est imprimée en entier dans Les Nouvelles Lettres Édifiantes26. Mais Launay indique que le manuscrit est daté du 24 avril 180027. Voici le passage où il trace le portrait du roi Gia Long :
« Bien que cette lettre soit déjà longue, je ne puis me dispenser de vous parler de l'état politique de la Cochinchine et de la mission ; mais avant d'entrer dans le détail, permettez-moi de vous tracer quelques traits du roi, de son caractère, de ses talents et de ses qualités.
Ce prince est peut-être l'homme le plus vif et le plus bouillant de son royaume ; mais, comme je l'ai dit plus haut, les remontrances de Monseigneur Pigneau de Béhaine ont beaucoup modéré cette ardeur.
Il n'est plus ce roi qui ne savait gouverner qu'avec le fouet et le sabre, et ne parlait que de mettre à mort. Il est aujourd'hui un souverain qui se sait le père de ses sujets et non leur despote. Autrefois, il avait bien le cœur du peuple, mais il ne savait pas toujours user d'adresse et de souplesse envers ses mandarins et ses soldats. Ils le craignaient, mais ils ne l'aimaient pas. Aujourd'hui il les traite tout autrement : si autrefois ils n'entendaient jamais une parole agréable, il a trouvé maintenant le secret de gagner les cœurs. Il est ferme sans être cruel ; il punit sévèrement, mais selon les règles de la loi.
Il a toutes les qualités du cœur et de l'esprit. Il est reconnaissant, généreux, délicat sur le point d'honneur ; héroïque dans l'adversité, supportant les revers avec un courage digne du sage [c'est-à-dire Pigneau de Béhaine] qui l'a formé.
Dans sa jeunesse, il avait du goût pour le vin ; mais depuis qu'il s'est vu à la tête de son entreprise, il s'est entièrement corrigé et n'y trempe plus les lèvres. Il dit souvent : « Rien n'avilit l'homme comme l'ivrognerie, rien ne lui ôte autant ses moyens que le vin, rien ne conduit autant au crime et au malheur que le vin. Un homme ivre ne peut commander à personne. Celui qui n'est pas maître de lui-même, comment pourrait-il gouverner les autres ? » Aussi a-t-il rendu des ordonnances très sévères contre l'ivresse, et il s'y tient fermement.
Les qualités de son esprit ne diminuent en rien celles de son cœur : vif, pénétrant, droit, il saisit d'un coup d'œil le point essentiel des affaires les plus embrouillées. Une mémoire hors du commun lui fait tout retenir, comme une facilité naturelle lui fait tout imiter. Ses arsenaux et ses chantiers de guerre font l'admiration des étrangers, et l'Europe entière les louerait de ses yeux si elle pouvait venir les voir ici. D'un côté, on voit des fusils, des canons de toute espèce, des pièces de campagne, des affûts, des boulets, etc. ; de l'autre, des navires en nombre incalculable, d'immenses vaisseaux de guerre, de toutes les formes, si solides qu'ils imposent le respect.
Tout cela est l'ouvrage du roi, homme à la fois actif et adroit28. À peine le soleil est-il levé qu'il sort du palais et se rend au chantier, qu'il ne quitte qu'à l'heure du repas ; sans compter qu'il y demeure souvent la journée entière pour diriger ses mandarins, chacun à sa charge et à sa tâche ; il s'assied alors à la même table qu'eux. Rien ne frappe davantage que de voir des milliers d'hommes travailler avec ardeur sous les yeux du roi. Il surveille tout, dirige tout, et va parfois jusqu'à fixer lui-même les dimensions.
Il a fait construire des vaisseaux d'Europe avec des Vietnamiens seulement. Il a commencé par acheter un navire, le démonter pièce à pièce, puis le faire remonter, si adroitement qu'il en est sorti plus beau que l'original. Ce premier succès l'a encouragé à en faire un tout neuf, et il y est parvenu ; depuis, il en a fait deux autres. Ces quatre navires sont sa gloire. Il les a faits très vite : trois mois seulement au chantier, parfois moins ; et pourtant ces navires sont fort grands, l'un portant vingt-six canons, l'autre trente-six. Chacun peut embarquer plus de trois cents hommes d'équipage. Trois d'entre eux sont commandés chacun par un officier français29, le quatrième, qui vient d'être mis à l'eau, sera commandé par le roi lui-même. Vous serez surpris d'apprendre que le roi de Cochinchine peut manœuvrer un navire [qu'il a] construit, avec tous ses agrès à l'européenne ; vous le serez bien davantage si vous voyiez tout ce que le roi fait ici. Il a connaissance de toute chose et le don de tout faire ; il a un talent que l'on peut dire unique pour le détail. Tout ce que je décris ici ne peut encore vous en donner une idée juste.
Il est extrêmement laborieux. La nuit, il dort peu et lit beaucoup. Il est curieux et aime à s'instruire. Il y a dans son palais quantité de livres français traitant d'architecture et de fortification. Il en tourne souvent les pages pour en regarder les figures et s'efforce de les imiter30. Chaque jour, il fait un nouveau progrès. En un mot, c'est le plus grand roi qu'il y ait jamais eu jusqu'ici en Cochinchine »31.
Le portrait de Gia Long par Le Labousse converge en plusieurs points avec le Sử ký Đại Nam Việt sur le caractère du roi : la vivacité d'esprit, la facilité à imiter, le goût d'apprendre. Sur les documents dont le roi s'instruisait, ce missionnaire note en outre à peu près la même chose que le Sử ký Đại Nam Việt : « Il y a dans son palais quantité de livres français traitant d'architecture et de fortification. Il en tourne souvent les pages pour en regarder les figures et s'efforce de les imiter. » Bref, ni Le Labousse ni l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt ne disent un mot d'une traduction, par Pigneau de Béhaine, d'ouvrages de stratégie et de fortification à l'usage de Nguyễn Ánh — car s'il y en avait eu, le roi n'aurait pas eu besoin de tourner les pages pour en regarder les figures et s'efforcer de les imiter, et Le Labousse eût été à coup sûr le premier à le savoir et à l'écrire. Sur la description des arsenaux du roi Nguyễn, Le Labousse donne une vue d'ensemble ; qui veut en savoir davantage peut lire le Gia Định thành thông chí [Description détaillée de la citadelle de Gia Định] de Trịnh Hoài Đức.
Portrait de Gia Long, d'après Barrow
Barrow, sans l'avoir rencontré, décrit le roi Nguyễn avec beaucoup de soin : il s'est appuyé sur le récit de Barisy et sur celui de deux Anglais qui avaient vécu à Saigon. Barrow écrit :
« De 1790, année où Gia Long revint en Cochinchine, jusqu'à 1800, il n'y eut que deux années sans guerre, 1797 et 1798, et ce furent aussi les deux années les plus importantes de son règne, jusqu'ici plein d'orages. Avec l'aide de l'évêque d'Adran, qu'il consultait comme un savant, il fit tout ce qu'il put pour faire avancer le pays : il établit une poudrerie à Fen-tan [Hội An ?] (en pays cham sur la carte), ouvrit des routes, planta des arbres, de la canne à sucre, des bétels et des aréquiers que la guerre avait détruits, encouragea l'élevage des vers à soie et le tissage de la soie, établit des fabriques de résine de pin et de goudron ; il fit fabriquer des milliers de fusils à mèche, ouvrit des mines de fer et bâtit des fourneaux. Il créa une armée régulière et une école militaire, avec des instructeurs européens qui exerçaient les officiers au tir et au lancement des bombes. L'évêque d'Adran traduisit encore en caractères chinois une étude de stratégie à l'usage de l'armée.
Pendant ces deux années, le roi fit construire au moins 300 bâtiments de guerre à canons ou à rames, 5 navires à trois mâts, un vaisseau de guerre à l'européenne. Il inventa une tactique nouvelle pour sa marine et apprit à ses officiers de marine l'usage des signaux. L'un des Anglais dont j'ai parlé plus haut rapporte avoir vu à Saigon, en 1800, une flotte de 1 200 voiles commandée par le roi en personne, lever l'ancre et remonter la rivière dans un ordre magnifique, divisée en trois escadres, en ligne de bataille, ouvrant et fermant les rangs et exécutant toutes les manœuvres au signal donné.
Pendant cet intervalle de paix, il réforma jusqu'aux lois du pays, et sans doute la main de l'évêque y eut-elle part. Il abolit les châtiments cruels qui étaient encore en usage… il fonda des écoles publiques et obligea les enfants de plus de quatre ans à s'y rendre. Il fixa un régime légal de l'intérêt pour le commerce, jeta des ponts sur les rivières, fit des ponts flottants, plaça en mer des bouées signalant les endroits dangereux où il y a des écueils, inspecta les ports et les principales baies, envoya de nombreux émissaires dans les forêts et les montagnes de l'Ouest, où vivent les Mèo et les Laos à demi sauvages, pour les ramener à une vie plus civilisée — ces montagnards que les Chinois appellent avec mépris « les hommes à queue », bien que leurs ancêtres aient peut-être, autrefois, bâti la civilisation de l'empire actuel.
Ce roi, tout entier appliqué aux beaux-arts et aux techniques, égale Pierre le Grand de Russie, sans en avoir la violence emportée ; par son exemple singulier, par l'énergie de son peuple, et comme notre immortel Alfred32, il ne recule devant aucune besogne pour faire renaître son pays.
Pour se faire une idée de son activité et de son génie, il suffit de considérer les circonstances qu'il a traversées : n'ayant d'abord qu'un seul vaisseau de guerre, il a en moins de dix ans une flotte de 1 200 bâtiments de guerre, dont 3 navires de construction européenne, une vingtaine de grandes jonques à la chinoise entièrement armées, le reste étant des transports armés de canons.
On dépeint Gia Long comme un soldat accompli, au sens le plus fort du mot. On raconte qu'il aime mieux être général qu'empereur. On le dit courageux sans brutalité, et plein de ruses. Ses vues sont d'ordinaire justes ; la difficulté ne le décourage pas, l'obstacle ne le fait pas reculer ; circonspect dans chacune de ses décisions, prompt et ferme à exécuter ce qu'il a décidé, toujours au poste décisif dans la bataille, marchant en tête de ses troupes. D'humeur gaie et facile, courtois, écoutant les mandarins et les soldats placés sous ses ordres, évitant les faveurs particulières ; doué d'une mémoire extraordinaire, il retient presque tous les noms des soldats de son armée : il prend plaisir à causer avec eux, à leur rappeler leurs actions et leurs faits d'armes, à demander des nouvelles de leur femme et de leurs enfants, à savoir s'ils envoient régulièrement les petits à l'école, ce qu'ils voudront faire quand ils seront grands ; il connaît de leur famille les moindres détails.
Envers les étrangers, il est fort obligeant et fort attentionné. Il chérit les officiers français qui le servent : il les traite avec politesse, amitié et grande bonté. Jamais il ne va à la chasse ni à quelque divertissement sans en inviter un d'entre eux. Il déclare publiquement le respect qu'il porte aux principes de la religion chrétienne, et il la tolère comme les autres religions du pays : il honore extrêmement la piété familiale telle que Confucius l'enseigne dans les livres classiques ; devant sa mère, qui vit encore, il se tient avec le respect d'un enfant devant son maître. Il connaît à fond les grands auteurs de la Chine. Grâce à l'évêque d'Adran, qui traduisit en caractères chinois quelques articles de l'Encyclopédie, il a connu les sciences et les arts de l'Occident, et il s'est attaché particulièrement à l'art de la navigation et à la construction des navires. On raconte — mais il n'est pas permis de le dire — que pour joindre la théorie de la construction navale à la pratique, il acheta un vaisseau de guerre portugais, puis le démonta pièce à pièce, planche par planche, et en fit refaire de nouvelles exactement aux mêmes dimensions, jusqu'à ce qu'il eût remplacé toutes les parties par des pièces neuves, et achevé ainsi un navire tout neuf.
L'énergie de son esprit égale la vigueur et l'activité de son corps. C'est lui qui met en branle l'essor du pays de tous côtés, c'est lui qui administre les ports et les arsenaux, c'est lui qui dirige la construction des chantiers navals, c'est lui qui commande aux ingénieurs dans tous les travaux ; rien ne se fait, rien ne s'exécute sans qu'on ait pris son avis et reçu ses ordres. Personne ne fabrique une pièce sans le lui demander ; personne ne monte un canon sans son ordre. Non seulement il surveille le moindre détail, mais il faut encore que la chose se fasse devant lui*.*
Pour conduire toutes ses affaires d'une main sûre, il s'est fixé un emploi du temps réglé et strict. Il se lève à six heures et prend un bain froid ; à sept heures, les mandarins viennent à l'audience, il ouvre toutes les dépêches arrivées la veille, dicte ses ordres aux secrétaires qui les consignent, puis il se rend au chantier naval [Xưởng chu sư] et passe en revue tout ce qui s'est fait en son absence ; ensuite il rame lui-même par tout le port, inspecte les vaisseaux de guerre, s'attachant particulièrement aux canons ; il visite la fonderie où l'on coule des canons de toute espèce, à l'arsenal même [Cục chế tạo].
À midi ou à une heure, il prend son repas au chantier naval [Xưởng chu sư]. Du riz avec du poisson salé. À deux heures il rentre au palais dormir jusqu'à cinq heures ; puis il reçoit les mandarins militaires de terre et de mer, les mandarins de justice ou d'administration, et il approuve, rejette ou corrige les propositions de chacun. D'ordinaire les affaires de la cour se prolongent jusqu'à minuit, et il regagne alors son cabinet de travail pour achever de noter et d'annoter les affaires du jour ; ensuite il prend un repas léger, passe une heure environ avec sa famille, et ne se couche qu'à deux ou trois heures du matin. Il ne dort que six heures par jour.
Il ne boit pas de vin, mange peu de viande ; du poisson, du riz, des légumes, des fruits, un peu de pâtisserie et du thé, voilà toute sa nourriture. En descendant des rois Ming de Chine, qualité qu'il reconnaît, il mange seul et ne permet ni à sa femme ni à ses enfants de s'asseoir à la même table. C'est encore par ce même principe d'orgueil qu'il ne reçut pas les Anglais venus le saluer en 1799, sous prétexte que le désordre du moment ne permettait pas de préparer une réception dans les formes. On aurait tort de juger ce refus comme [l'attitude d']un roi de Chine ; car chez lui ce n'est pas par mauvaise humeur qu'il refuse de satisfaire la curiosité des étrangers. Au contraire, ils peuvent visiter librement les chantiers navals, les tours de guet, les forts. Il les reçoit volontiers en qualité de général. Mais en qualité de souverain, il ne reçoit pas.
On le dit de taille moyenne, les traits réguliers et agréables. La peau d'un brun rougeâtre, hâlée par le soleil et le vent, et il a maintenant [1806] une cinquantaine d'années.
Il ne connaît les Anglais que de nom ; mais on assure qu'en toute occasion il a toujours marqué un grand respect pour cette nation ; et cela est d'autant plus croyable que ce sont des Français qui le rapportent [c'est-à-dire Barisy]. Ce qui est certain, c'est qu'il a toujours manifesté de bonnes intentions à l'égard de l'Angleterre. Il a déclaré par une ordonnance que toutes nos flottes [anglaises] seraient exemptes de droits dans ses ports, grands et petits.
Une fois, la générosité du roi s'est montrée dans tout son éclat : le capitaine et le second d'un navire marchand anglais moururent tous deux pendant la traversée de Guangdong à Saigon. Pour prévenir les pillages et les fraudes qui auraient pu léser l'armateur, les deux chefs étant morts, le roi envoya le capitaine Barisy avec un détachement de sa garde escorter le navire anglais sain et sauf jusqu'à Guangdong ou Macao, pour le rendre à son propriétaire ou à l'agent qui s'y trouvait encore (…).
On dit que sa femme est une princesse d'une vertu exemplaire, dont l'âme résolue l'a soutenu et consolé dans ses revers les plus amers. Ils ont sept enfants. Les deux fils aînés furent confiés à l'évêque d'Adran. Le prince héritier, ce jeune prince que l'évêque emmena à Paris, mourut peu après son maître. D'un caractère doux, zélé et affable, d'un naturel pieux ; qualités qui conviennent mieux à la vie paisible d'un particulier qu'au rang élevé auquel il était destiné dès sa naissance. Le cadet, à qui échoit la succession, est un militaire de premier ordre. Trois ans simple soldat, cinq ans caporal, puis sergent (thầy đội), il a servi utilement pendant les années de guerre. En 1787, il fut élevé au grade de cai đội (lieutenant-colonel) ; et l'année suivante, promu gouverneur d'une région côtière. En 1800, il fut promu général, commandant une place de 35 000 hommes. C'est cette année-là qu'il remporta sa victoire la plus importante sur les troupes du Tonkin, qui laissèrent sur le terrain 9 000 morts, et dont on prit tous les éléphants et tous les canons.
Voici les forces militaires du roi de Cochinchine en 1800, d'après le capitaine Barisy :
Infanterie
24 escouades de cavalerie (montée sur buffles)33
6 000 hommes
16 escouades d'éléphants (200 bêtes)
8 000
30 escouades d'artillerie
15 000
25 détachements de 1 200 hommes armés à l'européenne
30 000
Infanterie armée du sabre et de vieux fusils du pays
42 000
Garde exercée à l'européenne
12 000
Total de l'infanterie
113 000 hommes
Marine
Ouvriers-soldats des chantiers navals
8 000
Matelots, engagés ou succédant à leur père ou à leur frère aîné, sur les vaisseaux de guerre mouillés au port
8 000
Soldats détachés sur les navires de guerre à l'européenne
1 200
Soldats détachés sur les jonques
1 600
Soldats détachés sur 100 galères
8 000
Total de la marine
26 800
Total général : 139 800 hommes
(Barrow, II, p. 224-238).
Voici quelques remarques sur le portrait du roi Gia Long tracé par Barrow :
1- Sur l'état des forces militaires de Gia Long fourni par Barisy, nous y reviendrons au chapitre suivant, consacré à l'ouvrage de Montyon, car Montyon consigne l'armée de Gia Long plus minutieusement que Barrow.
2- La reine principale, c'est-à-dire Thừa Thiên Cao hoàng hậu, était fille du thái bảo Tống Phước Khuông et d'une mère née Lê ; elle épousa Nguyễn Ánh en 1778 et avait deux ans de plus que lui. Le Liệt truyện note : « Elle eut deux fils, l'aîné Chiêu, mort en bas âge, le second Cảnh », « chaque fois que le roi partait combattre les rebelles, la reine l'accompagnait d'ordinaire », « elle tissait elle-même des toiles fines et épaisses pour les soldats », « le plus souvent elle l'exhortait à s'appliquer aux affaires de l'État », « elle aida le roi dans les temps difficiles » (…) Autrefois, pendant l'errance, servant l'impératrice douairière, elle éprouva toutes les épreuves et tous les périls ; souvent elle tissait de ses mains et cousait elle-même les habits de guerre pour en pourvoir les soldats. Un jour que la barque rencontra les rebelles, le roi pressait ses troupes de combattre de toutes leurs forces, et la reine prit elle aussi la baguette pour battre le tambour : les soldats rivalisèrent d'ardeur, et la bataille fut gagnée. Elle mourut le 22 février 1814 (3ᵉ jour du 2ᵉ mois de l'année Ất Mùi)34. Ce que Barrow note sur elle est exact en tout, sauf les sept enfants, où il confond avec les enfants des autres épouses, dont elle avait la charge. Minh Mạng aussi fut élevé par elle. Le prince Hy, deuxième fils du roi Nguyễn, est de mère inconnue. Le prince Tuấn, mort jeune, avait pour mère Chiêu Dương. Quant à Minh Mạng, le quatrième, il est fils de Thuận Thiên Cao hoàng hậu, fille du duc Thọ Quốc Công Trần Hưng Đạt.
3- Sur les deux princes Cảnh et Hy, Barrow note assez juste leur caractère, mais il ignore que le prince Hy mourut deux mois après son frère aîné.
4- Barrow croit à tort que le roi Gia Long exempta de droits les navires anglais. Le Thực lục consigne deux venues des Anglais. En avril 1798 : « Les Hồng Mao vinrent offrir des produits du pays », sans rien ajouter. Et en mai 1801 : « Le pays des Hồng Mao envoya un homme porter une lettre et offrir des produits du pays, en demandant l'exemption des droits de port pour ses navires marchands. Le roi ordonna au gouverneur de Gia Định d'écrire une réponse, et de percevoir les droits selon le règlement applicable aux navires marchands de Guangdong »35.
5- Quant au fait que l'évêque d'Adran traduisit en caractères chinois une étude de stratégie à l'usage de l'armée, on ne sait où Barrow l'a pris, car nulle part ailleurs il n'en est question. Maybon reprendra ensuite cette information de Barrow en l'amplifiant, puis d'autres la recopieront. Quant à la phrase « l'évêque d'Adran traduisit en caractères chinois quelques articles de l'Encyclopédie », elle a pu être tirée du testament de Pigneau de Béhaine, rédigé par Le Labousse : « Monseigneur fit don au roi d'une tabatière d'or sertie de diamants, avec un diamant finement taillé, de sa lunette astronomique et de sa longue-vue, de quatre volumes de l'Encyclopédie … »36 — c'est le seul endroit où il soit question de l'Encyclopédie, et Le Labousse lui-même ne dit rien d'une traduction, non plus que le Sử ký Đại Nam Việt. Mais cette phrase de Barrow sera elle aussi recopiée et amplifiée plus tard par Faure, Maybon et tous ceux qui exaltent Pigneau de Béhaine. Ajoutons ceci : la tabatière d'or sertie de diamants était, d'après Faure, un présent du roi Louis XVI à l'évêque, après la signature du traité du 28 novembre 1787 avec Montmorin. Le roi Nguyễn n'accepta pas les cadeaux de Pigneau de Béhaine.
6- Quant à cet Anglais qui vit en 1800 que le roi Nguyễn avait une flotte de 1 200 bâtiments de guerre, dont 3 navires de construction européenne, il ne se trompe sans doute pas : il suffit de parcourir le nombre de navires et de bâtiments de guerre de toutes sortes, consignés dans le Thực lục, que Nguyễn Ánh fit construire d'avril 1778 à 1800, pour s'en convaincre — et quand bien même ces navires auraient coulé, brûlé, ou subi des avaries, ce qui restait était encore considérable.
Conclusion
Barrow n'a pas rencontré Gia Long, mais le portrait qu'il en trace est très complet et concorde en bien des points avec ce qu'écrivent Le Labousse et le Sử ký Đại Nam Việt. Barrow indique qu'il s'appuie sur le manuscrit des Mémoires de Barisy. Or Barisy, à en juger par les lettres qu'il a laissées, était un homme sincère ; c'est lui qui a dressé l'état des forces de l'armée de Nguyễn Ánh donné plus haut, et les détails sur la vie quotidienne du roi ne peuvent venir que de lui, puisque Barisy était de ceux qui approchaient le roi et le prince héritier Cảnh.
Un point mérite attention : Barisy, contemporain et compagnon de Puymanel, de Dayot, de Vannier, de Chaigneau…, ne dit pas un mot du fait que Puymanel aurait « bâti » les citadelles de Gia Định et de Diên Khánh, ni que Dayot aurait été « commandant en chef de la marine ».
Les chercheurs français ne mentionnent pas les Mémoires de Barisy. Cadière a publié deux longues lettres de Barisy sur la bataille de Thị Nại et sur celle de Phú Xuân. Taboulet indique que les Mémoires de Barisy sont perdus37. On peut poser la question : les Mémoires de Barisy sont-ils vraiment perdus, ou bien les plumes coloniales, les jugeant peu conformes à ce qu'elles voulaient, ne s'en sont-elles pas servies, ou les ont-elles tenus pour perdus ? En citant Barrow, Taboulet a supprimé le passage où Barrow écrit sur l'industrie de la construction navale au Viêt Nam ; et en citant le portrait de Gia Long, il a habilement coupé le texte en deux articles, pour écarter les lignes où Barrow établit que c'est le roi Nguyễn lui-même qui administre les ports et les arsenaux, que c'est lui qui dirige la construction des chantiers navals, que c'est lui qui commande dans tous les travaux…
Quant à Maybon, pour attaquer Barrow, dans son Histoire moderne du pays d'Annam et dans l'Introduction imprimée en tête de La Relation de La Bissachère (que nous présenterons plus loin), il avance quelques détails qu'il tient pour faux chez Barrow, sur le conflit entre Pigneau de Béhaine et de Conway à Pondichéry, et sur le fait que le texte du traité d'assistance du 28 novembre 1787 donné dans le livre diffère du texte « officiel », pour conclure que l'ouvrage de Barrow ne fournit que des informations fausses et sans fondement, et pourtant recopiées par beaucoup.
Outre que Barrow trace un portrait de Gia Long qui ne convient pas à ce que les auteurs français souhaitaient, il y a sans doute une autre raison qui a fait écarter Barrow par Maybon : dans cette rivalité coloniale où l'Angleterre était l'ennemie irréductible de la France, Barrow avait mis au jour les desseins de Pigneau de Béhaine et des colonialistes français.
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Liệt truyện, II, p. 534-535. ↩︎
Thực lục, I, p. 257. ↩︎
Thực lục, I, p. 204, 205. ↩︎
Thực lục, I, p. 204-205. ↩︎
Thực lục, I, p. 205. ↩︎
Sử ký Đại Nam Việt, p. 13. ↩︎
Liệt truyện, II, p. 505. ↩︎
Launay, III, p. 17. ↩︎
Nhất Trịnh est sans doute le điều khiển Hoà : điều khiển est la charge, Hoà le nom personnel, et le nom de famille est inconnu. ↩︎
Sử ký Đại Nam Việt, p. 12-14. ↩︎
Sử ký Đại Nam Việt, p. 57-58. ↩︎
Paru dans le Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient (BEFEO), 1933, p. 35-120. ↩︎
Seizõ, Chũkichi, Kõtarõ, Heigorõ, Minomatsu, Genzaburõ, Shũzõ, Monjirõ, Seinojõ, Sõhachi, Tõkichi, Hisanojõ, Yogorõ, et le cuisinier Heikichi. ↩︎
L'auteur indique que cette île se trouve à l'embouchure de la rivière de Saigon, mais nous n'avons pas encore pu l'identifier. ↩︎
Un kanmon équivaut à mille sapèques. ↩︎
Résumé d'après l'Introduction, BEFEO, 1933, p. 35-40. ↩︎
BEFEO, 1933, p. 57. ↩︎
BEFEO, 1933, p. 60-62. ↩︎
Pièce d'étoffe que les Japonais s'enroulent en guise de pantalon. ↩︎
BEFEO, 1933, p. 82-83. ↩︎
La lettre de garantie de la cour est datée du 2 du 4ᵉ mois lunaire [22 mai 1795] (BEFEO, 1933, p. 112). ↩︎
BEFEO, 1933, p. 90-91. ↩︎
Michel Đức décrit le roi âgé, dans son palais : la peau blanche ; Barrow décrit le roi jeune, courant les champs de bataille, dans le Sud : la peau brune. ↩︎
Michel Đức Chaigneau, Souvenirs de Huế, Imprimerie impériale, Paris, 1867, p. 110-111. ↩︎
Launay, III, p. 214. ↩︎
Tome VIII, Paris, 1823, p. 147-202. ↩︎
Cette lettre importante fut écrite après la mort de Pigneau de Béhaine ; les auteurs en ont tiré des passages, selon leur sujet (Launay, III, p. 374-382, et Cadière, Documents relatifs à l'époque de Gia Long, p. 38, datée du 24 avril 1800 ; Taboulet, dans La Geste française en Indochine, I, p. 268, la date du 14 avril 1800). Le Labousse rend compte à la Société des Missions étrangères de la grande œuvre de Pigneau de Béhaine, de la mort de l'évêque (de dysenterie, le 9 octobre 1799) et des funérailles solennelles que le roi Gia Long lui fit faire. Les termes en sont par endroits d'une louange excessive, car ce sont les mots émus d'un disciple dont le maître vient de mourir, avec le dessein de frapper la Société des Missions étrangères sur les mérites de Pigneau de Béhaine dans le développement de l'évangélisation au Viêt Nam : il présente Pigneau comme le « parrain » de Gia Long, et affirme que c'est par « peur » de Pigneau de Béhaine que les Tây Sơn n'osaient pas attaquer Saigon ! Ces propos contredisent tout à fait ce qu'il écrivait dans sa lettre du 12 juillet 1796 au missionnaire Boiret, où il indique qu'en sept ans (1789-1796) l'évêque n'a pas rencontré le roi plus de dix fois (Launay, III, p. 309-310). ↩︎
Dans le passage imprimé dans La Geste française en Indochine, Taboulet ajoute cette phrase : « toujours aidé par des officiers français, car la technique et les métiers sont ici encore bien loin de la finesse de l'Europe » (Taboulet, I, p. 268). ↩︎
Dans le passage cité par Taboulet, une phrase est ajoutée : le Phượng Phi est commandé par Vannier, avec Renon pour adjoint ; le Bằng Phi par de Forçant, et le Long Phi par Chaigneau (Taboulet, I, La flotte cochinchinoise en 1800, p. 257). ↩︎
La phrase imprimée dans Taboulet I est celle-ci : « Il y a dans son palais quantité de livres traitant d'architecture et de fortification. Il en tourne souvent les pages pour en regarder les figures et s'efforce de les imiter, sans avoir besoin de lire les explications en français, qu'il ne sait pas lire » (Taboulet, I, p. 268). ↩︎
Taboulet ajoute le passage suivant : « Monseigneur Pigneau de Béhaine et ce prince sont deux hommes hors du commun, dont les annales de la cour garderont à jamais le nom. Leur siècle fera époque. On s'étonnera de lire que le souverain le plus capable d'apprendre et le plus digne de régner ait eu le bonheur de rencontrer l'homme le plus capable de l'instruire et de le former au gouvernement » (Taboulet, I, p. 268). ↩︎
Alfred le Grand, roi d'Angleterre (871-899). ↩︎
Sur les escouades de cavalerie montée sur buffles, le texte de Montyon ajoute : « Le buffle remplaçait le cheval dans les batailles d'autrefois ; on y a renoncé depuis. » Taboulet donne l'explication du général Lemonnier : « La cavalerie montée sur buffles était sans doute une sorte de cavalerie chargée de la sûreté rapprochée. On ne trouve mention d'aucune action de choc de cette troupe. Elle n'a pas non plus de faits d'armes, et fut supprimée aussitôt » (Taboulet, I, p. 257, note 1). ↩︎
Liệt truyện, II, p. 25-27-32. ↩︎
Thực lục, I, p. 366, 438. ↩︎
Launay, III, p. 384. ↩︎
Taboulet, I, p. 256. ↩︎
Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long
Chân dung vua Gia Long
Để có những hình ảnh đáng tin cậy về vị vua sáng lập lại nhà Nguyễn, chúng ta cần nhiều ống kính khác nhau, từ những nguồn khác nhau. Những điểm đồng quy của các tư liệu này, sẽ tạo nên chân dung vua Gia Long.
Liệt Truyện chỉ viết về các quan, không viết gì về các vua nhà Nguyễn; tuy nhiên chỉ với vài dòng, đã phác họa một chân dung đậm nét về Quang Trung: "Tiếng nói như tiếng chuông lớn, mắt sáng nhoang nhoáng như chớp, giảo hoạt khôn ngoan, hay đánh nhau, người đều sợ cả (...) Ra trận tất thân đi trước tướng sĩ, hiệu lệnh nghiêm ngặt, rõ ràng, bộ khúc đều có lòng mến phục cả"1. Về Gia Long, Thực Lục chỉ viết gọn một câu: "Vua chăm làm mọi việc, suốt ngày không lúc nào rỗi. Sai Thị thư viện sung chức khởi cư chú (chức quan ghi chép những lời nói việc làm của vua), phàm vua làm công việc gì đều chép hết"2. Và trong một đoạn khác, Thực Lục mô tả sự trung thành tuyệt đối của Nguyễn Ánh đối với Định Vương: luôn luôn kề cận, kiên trì bảo vệ vị chúa cuối cùng đến phút chót. Chúng tôi nghĩ rằng những thông tin này có thể do một vị đại thần nào đưa ra (như Tống Phước Khuông chẳng hạn), kể chuyện Nguyễn Ánh phò Định Vương đến Long Xuyên3 để chứng minh Ánh có lòng trung quân và có chân mạng đế vương (cá sấu cản thuyền), xứng đáng trở thành nhà lãnh đạo chính thức của triều Nguyễn. Vì thế, muốn biết vua Gia Long là ai? Là người như thế nào? Ta không thể trông vào chính sử, mà phải tìm ở những nguồn khác.
Nguyễn Ánh gặp Bá Đa Lộc lần đầu
Sử Ký Đại Nam Việt, như ta đã thấy trong chương 5, cho biết Nguyễn Ánh thoát khỏi tay Nguyễn Huệ là nhờ đứa tiểu đồng và linh mục Hồ Văn Nghị cứu. Ở đây, chúng tôi giới thiệu đoạn kế tiếp, Sử Ký Đại Nam Việt viết về hai điểm quan trọng thời Nguyễn Ánh khởi nghiệp, là: Nguyễn Ánh gặp Bá Đa Lộc lần đầu và Nguyễn Ánh xuất hiện ở trận Long Hồ, mà chính sử nói quá sơ sài, hoặc nói sai.
Xin nhắc lại: trong hai tháng 9-10/1777, Nguyễn Huệ truy lùng gắt gao Tân Chính Vương và Định Vương. Thực Lục cho rằng lúc đó Nguyễn Ánh đang phò Định Vương. Còn Sử Ký Đại Nam Việt lại viết Nguyễn Ánh theo Tân Chính Vương. Thuyết của Thực Lục, như trên đã nói, có lẽ được chính quyền tung ra với mục đích tuyên truyền; cho nên các sử thần, khi viết về giai đoạn này khá lúng túng, sự việc trình bày không rõ ràng4. Thuyết của Sử Ký Đại Nam Việt phù hợp với thực tế hơn: Lúc đó Tân Chính Vương là người có khả năng chiến đấu, Nguyễn Ánh tuy rất trẻ, nhưng đã có tài đảm lược, đi theo Tân Chính Vương để chống "giặc", có lý hơn là phò Định Vương, vì ông này không thạo việc quân binh. Vì đi theo Tân Chính Vương, nên Nguyễn Ánh mới trốn thoát trước ngày 19/9/1777, ngày Tân Chính Vương bị hại. Định Vương bị bắt và bị giết một tháng sau, tức là ngày 18/10/1777.
Vẫn theo chính sử thì chỉ một tháng sau nữa, tức là đến tháng 11/1777, Nguyễn Ánh đã xuất hiện ở Long Xuyên, và cũng trong tháng này, quân Nguyễn đánh được Long Hồ. Nhận xét: Tất cả những sự kiện này xẩy ra trong vòng một tháng có vẻ khiên cưỡng. Về trận Long Hồ, Thực Lục chỉ ghi vắn tắt: "Tháng 11 [ÂL, tức tháng 12/1777] đánh úp Điều khiển giặc là Hoà ở dinh Long Hồ, (tức tỉnh Vĩnh Long ngày nay) cả phá được"5. Mà không xác định ai đánh úp?
Theo Sử Ký Đại Nam Việt, mọi chuyện dàn trải trên hai tháng: Hồ văn Nghị cứu Nguyễn Ánh, lúc đầu đem về nhà Bá Đa Lộc ở Hà Tiên, rồi cho người sang Cao Miên báo cho Bá Đa Lộc biết. Sau vì sợ bị lộ, Hồ Văn Nghị đem giấu Nguyễn Ánh trong rừng, tác giả viết tiếp: "Cũng một khi ấy Đức Thầy Vêrô [Bá Đa Lộc] ở Cao Miên mà về, tìm được ông Nguyễn Ánh; người lại đem theo một ông Langsa, tên là Gioang [Jean], có nghề võ cũng bạo dạn gan [can] đảm và có tài đánh giặc lắm"6. Tóm lại, Bá Đa Lộc về gặp Nguyễn Ánh và đem Jean về giúp, vậy chỉ có thể là trong khoảng tháng 11/1777.
Trong khi đó, Liệt Truyện lại ghi như sau: "Năm Canh tý (1780), Thế tổ Cao hoàng đế lên ngôi vương ở Gia Định, Đa Lộc đến yết kiến xin cố sức giúp việc, vua nhận lời "7. Tức là đến năm 1780, Nguyễn Ánh mới gặp Bá Đa Lộc. Hoặc là Liệt Truyện viết sai, hoặc là câu này không có nghiã là Bá Đa Lộc gặp Nguyễn Ánh lần đầu năm 1780.
Chúng tôi tìm thấy một lá thư ngắn, Bá Đa Lộc viết cho Steiner ngày 10/7/1778, có câu: "Cám ơn ông đã gửi cho tôi 2 giáo sĩ. Có nhiều khả năng dòng họ nhà vua sẽ lên ngôi trở lại, tôi sẽ cần thêm nhiều [giáo sĩ] khác, bởi vì tôi rất thân với ông hoàng sẽ lên trị vì và các ông quan lớn ở đây. Hãy cầu nguyện Chúa trời cho việc này, bởi đó có thể sẽ là rường mối cho việc thu phục Nam Hà theo đạo Chúa"8. Lá thư ngắn này rất quan trọng, bởi nó xác định hai điều:
1- Bá Đa Lộc quen thân Nguyễn Ánh trước ngày 10/7/1778, ngày mà ông viết lá thư này.
2- Bá Đa Lộc cầu mong nếu họ Nguyễn được lên ngôi, thì Nam Hà sẽ theo đạo Chúa.
Kết hợp với những điều viết trong Sử Ký Đại Nam Việt, ta có thể chắc chắn rằng Bá Đa Lộc đã gặp và kết thân với Nguyễn Ánh khoảng tháng 10-11/1777, khi ông từ Cao Miên về Nam Hà và đem Gioang về giúp Nguyễn Ánh.
Nguyễn Ánh và trận Long Hồ, theo Sử Ký Đại Nam Việt
Sử Ký Đại Nam Việt viết tiếp về trận Long Hồ như sau:
"Khi ông Nguyễn Ánh đã tu binh đặng ít nhiều, thì ông Gioang đã giúp người nhiều việc.
Vậy trước hết, khi thấy quan Nhất Trịnh9 đã lấy đặng đồn kia, thì ông Gioang cứ phép tây mà làm nhiều trái phá, đoạn xuống thuyền lớn. Bấy giờ Nhất Trịnh chưa ngờ điều gì, thì vào Long Hồ, là nơi quân Tây Sơn đóng nhiều tầu lắm. Vậy ông Nguyễn Ánh làm tướng cai quân, và ban đêm, thình lình, thì xông vào đánh quân Tây Sơn*.* Khi ấy ông Gioang chỉ đốt và bắn trái phá, nên quân Tây Sơn bất thình lình nghe tiếng trái phá, và thấy nhiều người chết, thì sợ hãi lắm, vì chưa từng biết sự làm vậy, cùng chưa thấy trái phá bao giờ; nên bỏ tầu mà nhẩy xuống sông. Những kẻ phải chết chém hay là bị trái phá thì chẳng bao nhiêu; song kẻ chết đuối vì sợ mà vội nhẩy xuống sông đè lộn nhau, thì không biết là ngần nào. Trong trận nầy, ông Nguyễn Ánh đã làm tướng rất khôn ngoan và gan đảm lắm, vì cũng đánh như lính; dầu xung quanh người chết gần hết, song ông ấy chẳng phải nao. Khi đã tàn trận, mà thấy ông ấy những máu dầm dề cả mình, mà chẳng bị vết tích gì, thì ai ai đều kể là phép lạ. Những tầu quân Tây Sơn ở trong Long Hồ thì ông Nguyễn Ánh lấy được hết"10.
Tác giả Sử Ký Đại Nam Việt thường cho Tây là nhất, điều đó dễ hiểu vì ông là người nhà dòng, nhưng điều ông kể có thể tin được: chiến thắng đầu tiên của Nguyễn Ánh là nhờ Jean (Gioang), người Pháp, kẻ biết làm trái phá, giúp. Trái phá dưới hình thức như thế nào, thì ta chưa biết được, có thể là thứ hồi đó gọi là "chấn địa lôi". Tuy nhiên, công của Jean (Gioang) không được ghi trong chính sử, và cũng không được các nhà nghiên cứu Pháp tìm kiếm hoặc nhắc tới. Tại sao chính sử chỉ nhắc đến Mạn Hoè (sẽ nói đến sau) mà không nhắc đến Gioang? Có thể Gioang ở vào thời kỳ huyền thoại "cá sấu" nên không ai dám hỏi kỹ Nguyễn Ánh, hay chính Nguyễn Ánh cũng không muốn kể gì về giai đoạn này. Nhờ chiến thắng Long Hồ, Nguyễn Ánh mới có nhiều thuyền tầu cướp được của Tây Sơn mà tiếp tục cuộc chiến với Đỗ Thanh Nhơn và quân Đông Sơn.
Ngoài ra Sử Ký Đại Nam Việt, còn cho ta những nét sơ khởi về Gia Long thời niên thiếu: "Nguyễn Ánh làm tướng cai quân, và ban đêm, thình lình, thì xông vào đánh quân Tây Sơn", "cũng đánh như lính", "những máu dầm dề cả mình"... Một thiếu niên 15 tuổi như thế, quả là can đảm và xứng đáng được tướng sĩ tôn làm đại nguyên soái ở tuổi 16. Nhưng Sử Ký Đại Nam Việt không dừng lại ở hình ảnh người thiếu niên này, mà còn vẽ rõ chân dung một vị vua trưởng thành, khá riêng tư, không có trong chính sử.
Chân dung vua Gia Long, theo Sử Ký Đại Nam Việt
Dưới đề tựa "Vua tốt trí khôn và gan đảm" tác giả SKĐNV viết về Gia Long như sau:
"Các quan thấy vua mau mắn dọn dẹp mọi sự, lại mau hiểu các việc thể ấy, thì lấy làm lạ lắm. Vì chưng đều [điều] gì vua chưa thấy cùng chưa biết mặc lòng, song như các quan nói một lần, thì hiểu tức thì cùng bắt chước đặng. Cho nên ai ai cũng khen vua là người tốt trí và khôn ngoan lắm. Vả lại, vua chẳng nghỉ yên bao giờ: khi thì đốc suất các thợ, khi thì đi biên các kho, hoặc coi tập binh hay là đắp lũy. Người cũng khéo bầy đặt nhiều đều khôn ngoan, lại thượng trí sáng dạ cùng chăm học hành; nên dầu người phải khốn khó từ thủa bé, những chạy đàng nọ nẻo kia, chẳng mấy khi được ngồi một nơi cho yên, chẳng kịp học hành là bao nhiêu, song cũng hay chữ nho lắm*.*
Khi nào thấy sự gì lạ, liền chăm học cho hiểu. Vốn vua chẳng biết chữ bên Tây, nên phải cậy các quan cắt nghiã mọi đều. Nhứt là các tờ đã vẽ hình tượng các khí giái [giới] và những cách đắp lũy xây thành, đóng tầu hay là các đều khác thể ấy, thì vua chỉ xem những sự ấy lắm. Vả lại nhiều sách và địa đồ đã mua bên Tây, thì người chăm học mà hiểu hầu hết.
Vua cũng là người gan đảm lắm, khéo bầy mưu kế mà bắt quân giặc. Người chẳng những là sai các quan đi đánh giặc, mà lại người đi cầm quân mà đánh nữa. Cho nên ai ai cũng nói rằng: "Ví bằng các quan có gan đảm và hay mưu kế như vua, thì âu là "quân giặc chẳng đặng trận nào".
Một ít đều trách nhà vua: Song cũng có kẻ chê vua rằng: chẳng được vững lòng, vì khi nào đặng thạnh sự thì vui mừng quá; bằng khi phải khốn khó ít nhiều, hay là khi bị trận, thì ra như ngã lòng và sợ hãi quá. Vậy khi nào đã được trận thì vui mừng quá lẽ, chẳng biết thừa dịp thắng trận mà theo bắt quân giặc và ép nó chịu phép cho xong. Có kẻ lại trách rằng: chẳng hay cầm giữ quân mình cho đủ, nên bắt người ta nặng việc quan quá"11.
Đó là một giọng thành thực, thô vụng, không xu nịnh, vắn tắt cho ta những thông tin đầy đủ và đáng tin cậy về vua Gia Long như: chẳng được học nhiều, nhưng cũng hay chữ nho lắm; chẳng biết chữ Tây, nên phải cậy các quan cắt nghiã mọi đều. Nhất là đoạn: vua tự học bằng cách xem sách có hoạ đồ xây dựng, rồi áp dụng mà làm. Le Labousse cũng viết tương tự như vậy.
Tác phẩm Nampyõki của Shihõken Seishi
Trong khi tìm kiếm những điều viết về vua Gia Long, chúng tôi thấy một tác phẩm rất đáng chú ý, đó là cuốn Nampyõki (Đắm tầu ở Nam Hải) của Shihõken Seishi do Muramatsu Gaspardone dịch sang tiếng Pháp, giới thiệu và chú giải12. Tác giả kể lại hành trình một chiếc tầu Nhật Bản bị bão, thuỷ thủ đoàn phiêu bạt đến Gia Định, được Nguyễn Vương giúp đỡ và gửi họ về xứ.
Câu chuyện thật này, được Kondo Morishige kể lại trong một biên bản tựa đề: Vụ những người bị đắm tầu năm Kõin [năm Dần, tức 1794] viết năm 1795-1796, khi ông phụ trách Phòng văn thư sở Quản đốc vật liệu (Secrétariat à l'Intendance) Nagasaki, với lời giới thiệu ngắn như sau: "Tháng 12 năm Otsubõ [năm Mão, tức tháng 1/1796], những nạn nhân bị bão cũa tầu Sendai, từ nước Nam trở về. Tôi phải lo vụ này ở văn phòng Nagasaki và thẩm vấn họ. Chính tay tôi ghi chép những điều họ nói và viết lại thành bản ký sự đích thực với những hoạ đồ, hy vọng sau này có thể giúp những ai muốn tìm hiểu về nước ngoài. Ngày 15/ 9 ÂL [15/10/1796]" Kondo Morishige.
Biên bản của Kondo Morishige tóm tắt như sau:
Tầu Taijõ-maru của lãnh chúa Sendai, ở Ôshu (vùng Mutsu), gồm thuyền trưởng Seizõ, hoa tiêu Matsuhei và các thuỷ thủ13, tất cả 16 người, khởi hành ở bến Ishinomaki ngày 16/9/1794 [23/8 ÂL] chở hàng đi Edo [Tokyo]. Ngày 23/10/1794 (30/9 ÂL), tới ngang tầm Bõshũ, gặp bão, đuôi tầu bị bể, tay lái gẫy, suýt bị lật, phải cắt đứt cột buồm và đổ gạo vận tải xuống biển. Tầu trôi giạt. Ngày 27/10/1794 (4/10 ÂL), thấy một hòn đảo, không vào được, rồi cứ trôi mãi. Ngày 10/1/1795 (20 tháng 11 nhuận ÂL) đến đảo Saisan hay Tây Sơn14được dân làng cấp cứu. Ngày 21/1/1795 [1/12 ÂL] hai viên chức (Nghiã Xàm và Trường Cát) đến để đưa thuyền trưởng về Gia Định, nhưng Seizõ quá yếu, thuỷ thủ Genzaburõ, biết chữ Hán, đi thay, yết kiến vua. Genzaburõ bút đàm kể lại tình cảnh, bị đắm tầu, thuỷ thủ bệnh tật. Ông được thấy cảnh vua duyệt binh. Ngày 25/1/1795 (5/12 ÂL), vua gửi hai tầu, một tầu có 2 nhân viên, 1 thông ngôn, 1 thầy thuốc và 8 lính thuỷ đi cùng với Genzaburõ và tầu kia có 7 lính thuỷ. Ngày 9/2/1795 [20/12ÂL], 16 người được dẫn về Gia Định, được cấp nhà ở với một thầy thuốc và một thông ngôn người gốc Nam Kinh. Trong thời gian ở lại Gia Định, vua cấp cho 50 kanmon15 đủ tiêu dùng rộng rãi. Nhưng thuyền trưởng Seizõ, hoa tiêu Matsuhei, và 4 thuỷ thủ bị bệnh thủy thũng, thuốc không chữa được, đều chết, được chôn ở Vĩnh Trường Tự. Tháng 4 năm Mão [tháng 5/1795] có bốn tầu từ Macao đến, 10 thuỷ thủ sống sót được vua gửi trở lại Macao để về Nhật với thư giới thiệu, và được vua cho 16 túi gạo (mỗi túi khoảng 60 ký). Nhưng trên tầu về Macao họ bị ngược đãi, trải nhiều cam go, họ mới về được Nagasaki tháng giêng năm 179616.
Shihõken Seishi viết lại truyện này dưới dạng tiểu thuyết, đổi tên nhân vật, và thời điểm sai lạc chút ít so với biên bản chính thức vừa tóm lược; vì ở thời điểm đó, Nhật đang bế quan tỏa cảng, cấm dân chúng ra nước ngoài, mà cuốn sách kể chuyện hải ngoại, cho nên tác giả phải "tiểu thuyết hoá đi". Cuốn sách xuất hiện lần đầu ngày 16/2-16/3/1798 tại Kyoto, do nhà Zeniya Chõbẽ in. Sau cũng bị cấm. Tuy nhiên đối với chúng ta, nó có một giá trị lớn, nên dịch toàn bộ sang tiếng Việt, bởi vì Shihõken Seishi (chắc là tên hiệu của một thuỷ thủ sống sót) đã kể rất chi tiết về chuyến đi này, về sự tiếp đón ân cần những người bị nạn, về cuộc sống hàng ngày của người dân miền Nam, các khu buôn bán, thanh lâu... về thành Gia Định, đầu năm 1795. Thời gian đó, Võ Tánh trấn thủ Diên Khánh, tháng 11-12/1794, Trần Quang Diệu tấn công Diên Khánh lần thứ hai, và tháng 5/1795 Nguyễn Vương đem đại binh cứu Diên Khánh. Shihõken Seishi đến Sài Gòn vào tháng 2/1795, đúng lúc Nguyễn Vương đang sửa soạn binh thuyền và nhà vua đã lo cho họ trở về Nhật, trước khi xuất quân.
Chúng tôi chọn trích dịch một vài đoạn: Phần viết về Nguyễn Vương in trong chương này, phần viết về Gia Định kinh, in trong chương 13.
Sài Gòn 1795, theo Shihõken Seishi
Shihõken Seishi viết về vùng Sài Gòn năm 1795 đang sửa soạn chiến tranh, như sau:
"Có núi cao đến tận chân mây, nhiều cây và một con sông nước trong. Biển [sông] bao bọc ba phiá. Những tầu buôn Hoà Lan, Quảng Đông, Macao, và những nơi khác, đỗ đầy trong cảng sông. Đó là nơi buôn bán sầm uất. Nhờ những làng chài lưới ven biển, thợ săn trên núi nên chợ búa đầy cá và muông thú, đầy dẫy cá đồng; trong số cá biển, loại akaei nhiều nhất. Quanh năm đủ thứ rau rợ, lại còn hoa quả lớn nhỏ, thêm vào thức ăn. Có thứ tre, khoảng cách giữa hai đốt dài lạ lùng. Có cả vàng, bạc. Đồng thì đến từ Quảng Đông. Một năm ba mùa gặt lúa, đậu và đậu ván cũng thế. Người nghèo không biết đói là gì. Con người tử tế và nhân từ. Vua trị vì với lòng tốt và dân chúng không khổ. Nhưng nước này ở cuối Nam Hải, nơi có nhiều đảo quốc, lúc nào cũng phải đề phòng xâm lược. Không ngừng vận dụng khí giới. Tháng tư năm Cảnh Hưng thứ 54 [tháng 5/1793)] Tây Sơn nổi lên chống kinh đô, vua đã gửi quân chinh phạt, nhưng chưa biết thắng bại thế nào. Người ta náo động sửa soạn chiến thuyền, phần đông đã khởi hành rồi..."17.
Chân dung Gia Long, theo Shihõken Seishi
Các thuỷ thủ Nhật bị nạn được vua tiếp hai lần: lần đầu khi mới đến, tháng 2/1795 và lần sau trước khi đi, tháng 5/1795. Sau khi mô tả thành Gia Định và cung điện, Shihõken Seishi viết về buổi tiếp kiến lần đầu: "... Một lúc sau, thấy vua hiện ra trên ghế bành đỏ toàn bộ khảm vàng bạc và dát ngọc ở giữa chính điện. Hai hoàng tử ngồi hai bên [một người là Đông cung Cảnh, người kia chắc là hoàng tử Hy]. Vua trạc 40 tuổi (...), mặc áo gấm đen thêu rua với quần gấm đen và mang đai lưng. Một người hầu cận cầm kiếm của vua đứng sau lưng. Hoàng Thượng đội khăn lụa quấn năm vòng, đầu chỉ để hở búi tóc cài lược vàng. Hai hoàng tử cũng mặc áo đen và cài lược vàng. Các quan ngồi gần vua, đều mặc áo lụa xanh, vàng, đỏ hay trắng, mang lược đồi mồi, sừng trâu hay tê giác. Y phục long trọng, không ai mặc đồ đen, trừ vua và hoàng tử. Thái tử độ trạc hai mươi tuổi, rất đẹp và sang trọng không ai sánh nổi. Trong tất cả các nước mà tôi ghé qua trên đường trở về [Nhật], chúng tôi chưa thấy ai đẹp như ông. Sau cùng, người thông ngôn -xứ này người ta học thuyết Khổng Tử, nhưng lại không hiểu tiếng Tàu; thông ngôn là người Nam Kinh, đã làm việc lâu năm tại... (không rõ, chắc là Nagasaki), rồi từ đó sang An Nam- đến tâu vua, cúi chào ba lần, và nói với vua về chiếc tầu Hinoshita của chúng tôi bị đắm. Nhà vua bảo sẽ giúp. Chúng tôi khẩn cầu ngài cho về xứ. Hoàng thượng trả lời qua người thông ngôn, bảo được, nhưng phải đợi ít lâu, và ngay hôm nay, ngài sẽ cho thầy thuốc đến thăm những người bị bệnh. Chúng tôi cảm ơn ngài và được các quan võ tháp tùng trở ra, chúng tôi lên kiệu trở về chỗ ở vào giờ ngọ [12 giờ trưa]"18.
Trích đoạn dưới đây Shihõken Seishi viết về y phục của vua và các quan, trong một buổi diễn hành, vua ra phố: "...Y phục người Việt: Giống y phục người Minh, tay áo hẹp và dài hơn khuỷu tay độ 3 phân. Quần gọi là gon [?], giống như nobakama của ta [Nhật]; có thắt lưng buộc lên trên.
Y phục của vua: Vua mặc quần áo bằng nhiễu đen, gấm đen, thắt lưng trắng, đội khăn đen, cài lược vàng và đi hài trắng. Y phục đen chỉ dành cho vua và các hoàng tử. Khi vua đi bộ ở trong cung hay ở ngoài đường, có người che lọng đi theo. Những người đi trước và đi sau ngài đều đội khăn lụa xanh, vàng, đỏ hay trắng, cài lược đồi mồi, sừng trâu hay tê giác, họ đi làm hai hàng, mỗi hàng một chục người.
Chung quanh vua: Có độ hai chục người, cũng ăn mặc như trên.
Đồ dùng riêng của vua: Một hộp bằng bạc đựng đồ hút, một ống điếu, một hộp thuốc, một thanh gươm nắm trạm trổ vàng bạc, và nhiều vật dụng nhỏ khác, mỗi vật đều có người cầm riêng.
Kiệu của vua: Lớp dưới cùng bằng lưới gỗ đan mắt cáo (treillis de bois). Giữa nâng cao làm chỗ ngồi, có tay vịn. Dưới chân lát thảm quí. Trên đỉnh có vật trang hoàng bằng vàng.
Thương: ngắn như những chiếc kích. Đầu phủ nhiều loại vải dệt. Có năm mươi tới sáu mươi [người cầm] thương đi làm hai hàng.
Hoàng phái: Quần áo bằng lụa xanh, vàng, đỏ hay trắng, thớ dệt khác nhau. Khăn và quần cùng mầu. Trừ vua, không ai được thắt khăn lưng trắng. Tất cả đều đi ngựa đến cung điện qua cửa chính.
Các quan: Y phục cũng giống như trên. Tuỳ theo ngạch trật, có từ 3 đến 5 người hầu cận cầm đồ dùng theo; tất cả đều đi ngựa. Trong thành không dùng kiệu.
Người dân trong thành: Mặc quần áo vải hay lụa. Mầu sắc đã nói rồi. Quấn quanh đầu một khăn vải dài khoảng 10 pieds [3m24]. Búi tóc cài lược gỗ, ngà, hay chất liệu khác. Họ dắt trong khăn quấn đầu một cái quạt, một cái điếu hay một gói thuốc lào. Dân trong thành hay dân quê đều mặc quần. Cả đàn ông lẫn đàn bà đều không mặc shitaobi hay yumaki19nên họ mặc quần.
Kiếm: Lưỡi mỏng nhưng không sắc. Rất uyển chuyển, không chém, chỉ đâm.
Thầy tu: Có nhiều thầy tu theo lối zenshũ và tendaishũ. Đều mặc áo xám"20.
Sau đây là đoạn Shihõken Seishi viết về lần thứ hai được tiếp kiến vua trước khi về nước: "Vào khoảng hạ tuần tháng tư ÂL [trung tuần tháng 6/1795]21, vua cho gọi cả 10 người chúng tôi đến cung điện. Sáng sớm chúng tôi đã đến trình diện. Cũng như lần trước được vua chiếu cố tiếp kiến, ngài nói, qua viên thông ngôn, rằng từ lúc chúng tôi đến đây, gió bắc thổi mạnh, ngài không thể gửi chúng tôi về nước được, nhưng bây giờ gió nam bắt đầu thổi, việc đi biển dễ dàng hơn. Ngài cũng muốn thiết bị một chiếc tầu chở chúng tôi về tận Hinoshita, nhưng từ tháng tư ÂL [19/5/1795 đến 17/6/1795], vì việc xuất binh tiễu trừ Tây Sơn, hơn một nửa người đã đi theo chiến dịch, và hiện giờ, mỗi ngày đều phải gửi thêm tầu chiến, vì thế không có người chở chúng tôi về tận Hinoshita xa xôi. Ngài nói thêm, may có một tầu buôn Macao đến đây, vài ngày nữa sẽ quay trở về, và ngài đã gửi chúng tôi về theo, chúng tôi có thể lên tầu bình yên, để đi từng chặng, về nước. Chỉ cần đợi thêm vài ngày nữa, vừa đủ thời gian sửa soạn mọi việc, có gì cần cứ hỏi các quan viên phụ trách. Như vậy, nhà vua, qua viên thông ngôn, đã cho chúng tôi biết tất cả mệnh lệnh của ngài. Được ra hiệu xin cáo lui, chúng tôi đã cúi mình cảm tạ lòng độ lượng sâu xa của vua đối với chúng tôi từ tháng 11 ÂL năm trước đến bây giờ. Chúng tôi kính chào các hoàng tử và các quan đại thần rồi trở về nhà "22.
Những dòng bình dị trên đây của Shihõken Seishi, cho thấy một Gia Long, lo toan mọi việc lớn nhỏ, để ý tới con người, không chỉ những người có chức tước công trạng, mà tất cả mọi người.
Diện mạo và tính tình Gia Long, theo Đức Chaigneau
Nếu Shihõken Seishi, người Nhật, cho ta biết sơ lược cảnh vua tiếp triều, diện mạo hoàng tử Cảnh, thì một người Pháp lai Việt, Michel Đức Chaigneau, mô tả dung mạo và tính tình vua Gia Long, trong cuốn hồi ký Souvenirs de Huế (Kỷ niệm ở Huế). Michel Đức sinh năm 1803 tại Huế, đã sống ở kinh đô từ nhỏ đến năm 21 tuổi, ông là con trưởng Jean-Baptiste Chaigneau, người đã theo giúp vua Gia Long và làm quan trong triều, đến 1824 mới về hẳn Pháp. Michel Đức viết:
"Vua Gia Long cao trên trung bình, thân thể cường tráng, tướng đạo mạo đáng kính tương xứng với tầm vóc, nét mặt đầy trang nghiêm và có sắc diện, chứng tỏ một tâm hồn cao đẹp; dáng điệu rất sang trọng và tính tình rất hoà nhã, nhất là trong lúc trò chuyện thân mật; nhưng bản tính náo động tự nhiên cũng làm ông dễ chuyển từ sự điềm đạm tử tế sang sự giận dữ thái quá, khi mệnh lệnh không được thi hành đúng mức. Da trắng23, mắt sáng, chòm râu hoàn toàn bạc và dầy hơn râu những người đàn ông khác trong xứ. Mỗi bên má của ông có một hột cơm đen, râu bọc chung quanh, làm thành một chòm râu nhỏ mỗi bên, cạnh chòm râu lớn ở chính giữa, nhưng không hoàn toàn pha trộn vào nhau. (Con trai ông là Minh Mạng, lên ngôi sau ông, cũng có hai nốt ruồi đúng chỗ như vậy, người ta bảo đó là dấu vết riêng của nhà Nguyễn). Gia Long là người tài trí, có tư tưởng lớn. Trải nghiệm gian khổ, ông biết cách đánh giá đúng mức người và vật và hiểu rõ guồng máy nhà nước hơn tất cả các thượng thư trong triều, thường bị ông bắt lỗi. Ngoài những lúc bàn luận nghiêm chỉnh, ông là người vui tính nhất và dễ thương nhất trong triều; trong chỗ thân mật, đôi khi ông thích nói tục khiến mọi người phải đỏ mặt"24.
Chân dung Gia Long, theo Le Labousse
Pierre-Marie Le Labousse, sinh ngày 22/1/1759 tại Pluneret (Morbihan, Pháp), đi truyền giáo từ ngày 20/9/1787, có thể ông đã mất ở Chợ Mới, tỉnh Khánh Hoà, ngày 25/4/180125. Giáo sĩ Le Labousse là một trong những người phụ tá thân cận nhất của giám mục Bá Đa Lộc, ông đã đưa thi thể vị giám mục từ Quy Nhơn về Gia Định và ông đã ghi lại chúc thư của vị giám mục. Ông còn để lại nhiều thông tin đáng tin cậy khác về giai đoạn ông phục vụ hội truyền giáo ở Việt Nam. Trong số đó có chân dung vua Gia Long trong lá thư ông viết ngày 1/5/1800 ở miền nam Nam Hà gửi các vị giám đốc viện Thừa sai. Lá thư này rất dài, đề ngày 1/5/1800, được in đầy đủ trong bộ Les Nouvelles Lettres Edifiantes (Tân Huấn Thư)26. Nhưng Launay cho biết bản viết tay đề ngày 24/4/180027. Đoạn ông viết về chân dung vua Gia Long, như sau:
"Dù thư đã dài, tôi cũng không thể bỏ qua không nói với các ông về tình trạng chính trị của Nam Hà và của hội truyền giáo; nhưng trước khi đi vào chi tiết, tôi xin tả cho các ông vài nét về nhà vua, về tính tình, tài năng và phẩm chất của nhà vua.
Ông hoàng này có lẽ là người sắc sảo nhất và sôi động nhất trong vương quốc ông, nhưng như tôi đã nói ở trên, những lời can gián của Đức Giám Mục Bá Đa Lộc cũng làm giảm bớt bầu nhiệt huyết này.
Ông không còn là ông vua chỉ biết cai trị bằng roi, kiếm và nói chuyện chết chóc nữa. Bây giờ ông là một vị đế vương, biết mình là cha của thần dân, chứ không phải là nhà độc tài của họ. Ngày trước, ông vẫn được lòng dân, nhưng không phải lúc nào ông cũng biết cư xử khéo léo mềm dẻo với các quan và quân lính. Họ sợ ông nhưng họ không thích ông. Ngày nay, ông đối đãi với họ khác hẳn, nếu trước đây họ chẳng bao giờ nghe được một lời êm tai, nay ông đã tìm được bí quyết thu phục lòng người. Ông cứng rắn nhưng không tàn ác; ông nghiêm trị nhưng theo đúng nguyên tắc pháp luật.
Ông có đủ tất cả các đức tính của lương tâm lẫn trí tuệ. Ông có lòng tri ân, hào hiệp, tinh tế về điểm danh dự; anh hùng trong nghịch cảnh, chịu đựng thất bại với lòng can đảm xứng đáng với vị hiền nhân [chỉ Bá Đa Lộc] đã rèn luyện ông.
Thời trẻ, ông có say mê rượu chè, nhưng từ khi thấy mình phải cầm đầu sự nghiệp, đã hoàn toàn tự sửa không nhấp một hớp rượu. Ông thường nói: "Không có gì làm cho con người mất phẩm giá bằng nghiện rượu, không có gì làm cho con người mất hết khả năng bằng rượu, không có gì dẫn đến phạm tội và bất hạnh bằng rượu. Kẻ say rượu không thể điều khiển ai được. Một kẻ không làm chủ được mình, thì làm sao có thể cai trị được người khác?" Vì vậy, ông đã ra những huấn lệnh rất nghiêm khắc cấm say rượu và ông quyết đoán như vậy.
Những đức tính trí tuệ nơi ông không làm giảm đức của lòng thương yêu; linh lợi, sâu sắc, thẳng thắn, nhìn thoáng qua là nắm bắt được trọng tâm của những sự thể phức tạp nhất. Nhờ có trí nhớ hơn người khiến ông ghi nhớ tất cả, cũng như dễ dàng thiên bẩm bắt chước được tất cả. Những công binh xưởng, và những bến tầu chiến của ông làm cho người ngoại quốc thán phục và con mắt cả châu Âu sẽ khen ngợi nếu châu Âu có thể đến đây chứng kiến. Một bên, người ta thấy súng ống, đại bác đủ kiểu, đại bác dã chiến (pièces de campagne) giá súng đại bác (affuts), đạn đại bác, vv... Một bên là thuyền tầu không đếm xuể, những chiến hạm lớn lao, đủ loại hình thái, kiên cố đến độ làm cho ta kính nể.
Tất cả đều là sản phẩm của nhà vua, một người vừa năng động vừa khéo léo28. Mặt trời vừa ló dạng, ông đã ra khỏi cung điện, đến bến tầu, ông chỉ rời khỏi đây vào giờ ăn; chưa kể ông còn thường hay ở lại cả ngày để điều động các quan, mỗi người một chức, một việc; khi ấy ông ngồi chung một bàn với họ. Không có gì đập vào mắt hơn, khi ta thấy hàng ngàn người say mê làm việc dưới con mắt của nhà vua. Ông trông coi tất cả, điều khiển tất cả, có khi ông còn chỉ định cả các kích thước.
Ông đã làm được những chiến hạm Âu Châu, chỉ với toàn người Việt. Ông bắt đầu bằng cách mua một chiếc tầu, tháo tung ra từng mảnh, rồi cho lắp lại, khéo đến mức đẹp hơn nguyên bản. Sự thành công đầu tiên này đã khuyến khích ông làm một tầu mới hẳn, và ông đã làm được; từ đó ông làm thêm hai chiếc nữa. Bốn chiếc tầu này là niềm vinh hạnh của ông. Ông đã làm rất mau chóng: chỉ mất ba tháng ở xưởng đóng tầu, có khi còn ít hơn: thế mà tầu rất lớn, cái thì chuyên chở được 26 đại bác, cái thì 36 đại bác. Mỗi chiếc có thể chở được hơn 300 thủy thủ đoàn. Ba chiếc trong số này mỗi chiếc được một sĩ quan Pháp điều khiển29, chiếc thứ tư vừa xuống nước, sẽ do chính nhà vua điều khiển. Các ông sẽ ngạc nhiên khi nghe nói vua nước Nam có thể lái một chiếc tầu [do ông] làm và có cả các thuyền cụ theo lối Âu Châu; các ông sẽ còn ngạc nhiên hơn nữa, nếu các ông thấy tất cả những gì nhà vua làm ở đây. Ông có kiến thức về tất cả mọi sự và có năng khiếu làm tất cả, ông có cái tài, có thể nói là độc nhất vô nhị, về chi tiết. Tất cả những gì tôi tả lại ở đây, chưa thể giúp các ông có một ý niệm đúng mức được.
Ông cực kỳ siêng năng. Ban đêm ông ngủ ít, đọc nhiều. Ông có tính hiếu kỳ và thích học hỏi. Trong cung của ông có nhiều sách Pháp viết về kiến trúc, thành đài. Ông thường giở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước30. Mỗi ngày, ông có một bước tiến mới. Nói tóm lại, ông là vị vua lớn nhất tới nay chưa bao giờ có ở nước Nam"31.
Bức chân dung Gia long của Le Labousse có những điểm đồng quy với Sử Ký Đại Nam Việt về tính tình vua Gia Long: sự sáng dạ, dễ bắt chước, ham học. Ngoài ra, về những tài liệu học hỏi của nhà vua, vị linh mục này cũng ghi gần giống như Sử Ký Đại Nam Việt: "Trong cung của ông có nhiều sách Pháp viết về kiến trúc, thành đài. Ông thường giở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước". Tóm lại, Le Labousse và tác giả Sử Ký Đại Nam Việt, đều không nói gì đến việc Bá Đa Lộc dịch sách chiến lược và xây dựng thành đài cho Nguyễn Ánh, bởi nếu có thì nhà vua đã không phải giở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước và chắc chắn Le Labousse là người đầu tiên phải biết và ông đã viết ra rồi. Về sự mô tả các công binh xưởng của Nguyễn Vương, Le Labousse cho một cái nhìn tổng quát, nếu muốn biết rõ hơn, chúng ta có thể đọc Gia Định Thành Thông Chí của Trịnh Hoài Đức.
Chân dung Gia Long, theo Barrow
Barrow tuy chưa gặp, nhưng tả Nguyễn Vương cũng rất kỹ, ông đã dựa vào lời Barisy, và hai người Anh đã sống ở Sài Gòn. Barrow viết:
"Từ năm 1790, năm Gia Long về lại Nam kỳ, tới 1800, chỉ có hai năm không đánh nhau là 1797 và 1798, cũng chính là hai năm quan trọng nhất dưới triều đại của ông, cho tới nay đầy bão tố. Dưới sự trợ lực của giám mục Adran, mà ông tham vấn như một người thông bác, ông đã làm hết sức để đất nước tiến triển: lập xưởng làm thuốc súng ở Fen-tan [Hội An?] (thuộc đất Chàm trên bản đồ), mở mang đường xá, trồng cây, trồng mía, trồng trầu cau đã bị chiến tranh tàn phá, khuyến khích việc nuôi tằm, dệt lụa, lập xưởng điều chế nhựa thông, hắc ín; chế tạo hàng nghìn súng hoả mai, khai mỏ sắt và xây lò nung. Lập quân đội chính quy và lập trường võ bị, với các huấn luyện viên người Âu luyện tập cho các sĩ quan cách bắn và phóng pháo. Adran còn dịch sang chữ Hán một bản nghiên cứu chiến lược để dùng trong quân đội.
Trong hai năm này, nhà vua đã cho đóng ít nhất 300 chiến thuyền có đại bác hoặc ghe chèo, 5 thuyền 3 cột buồm, một chiến hạm theo lối Tây phương. Ông sáng chế ra một chiến thuật mới cho thủy binh và dạy sĩ quan hải quân biết dùng dấu hiệu. Một trong những người Anh mà tôi đã nói ở trên, cho biết đã nhìn thấy ở Sài Gòn, năm 1800, một hạm đội 1200 thuyền buồm do chính ông điều khiển, nhổ neo và tiến trên sông với một trật tự thật đẹp, chia làm ba đoàn, thẳng hàng tiếp chiến, mở, đóng hàng ngũ và thi hành tất cả những thao tác theo đúng hiệu lệnh.
Trong khoảng thời bình này ông còn sửa đổi cả luật pháp nữa, và chắc là có bàn tay giám mục giúp sức. Ông bỏ những hình phạt tàn ác vẫn được áp dụng cho tới đó... ông lập trường công, bắt trẻ con từ 4 tuổi trở lên phải đi học. Ông xác định hệ thống lãi xuất hợp pháp cho ngành thương mại, xây cầu trên sông, làm cầu phao, đặt phao nổi trên biển báo hiệu những nơi nguy hiểm có đá ngầm, thanh tra các hải cảng và những vịnh chính, gửi nhiều phái viên về các rừng núi miền Tây nơi có người Mèo và người Lào sinh sống trong tình trạng bán khai để dẫn họ về với đời sống văn minh hơn, những người miền núi này mà người Tầu vẫn gọi một cách hạ thấp là "người có đuôi", mặc dầu, có thể, tiền nhân của họ ngày trước đã xây dựng nên nền văn minh của đế quốc hiện thời.
Vị vua này, hết sức chuyên tâm về mỹ thuật và công nghệ, ông sánh ngang hàng với Đại đế Pierre của nước Nga, nhưng không tàn bạo kích động như thế, bởi cái gương đặc thù của ông, bởi nghị lực của dân tộc ông, và giống như Alfred32 bất tử của chúng ta ông không ngần ngại làm bất cứ việc gì để hồi sinh đất nước.
Để có một ý niệm về hoạt động và thiên tài của ông, chỉ cần xem những tình huống mà ông đã trải qua: mới đầu chỉ có một chiến hạm, mà trong vòng không đến 10 năm, đã có một hạm đội 1200 chiến thuyền, trong đó có 3 tầu kiến trúc Tây phương, khoảng 20 thuyền buồm lớn theo kiểu Trung quốc hoàn toàn trang bị võ khí, chỗ còn lại là tầu chuyên chở, trang bị đại bác.
Gia Long được miêu tả như một người lính hoàn hảo, trong nghiã mạnh mẽ nhất. Người ta kể ông thích là tướng quân hơn đế vương. Người ta tả ông can đảm, không thô bạo, lắm mưu. Những nhận thức của ông thường đúng; khó khăn không chán nản, cản trở không lùi bước; thận trọng trong mỗi quyết định, mau lẹ và rắn rỏi khi thực hành điều đã định, luôn luôn ở vị trí chủ chốt trong trận, đi tiên phong trước ba quân. Tính tình vui vẻ dễ chịu, nhã nhặn, lắng nghe quan quân dưới quyền, tránh ban ân huệ riêng tư; có trí nhớ đặc biệt, ông nhớ hầu hết tên của lính trong quân: ông thích thú nói chuyện với họ, nhắc họ hành động và chiến công của họ, hỏi thăm vợ con họ, hỏi đã cho con nhỏ đi học đều chưa, hỏi chúng muốn làm gì khi lớn, ông biết hết những chi tiết nhỏ nhất về gia đình họ.
Đối với người ngoại quốc, ông rất tử tế và ân cần. Ông quý mến những sĩ quan Pháp giúp ông: đối xử với họ lịch sự, thân tình và rất tốt. Không bao giờ ông đi săn hay dự cuộc vui nào mà không mời một người trong bọn họ tham dự. Ông tuyên bố công khai lòng kính trọng của ông đối với các tôn chỉ của đạo thiên chúa, ông dung đạo chúa như các đạo khác trong nước: ông cực kỳ tôn kính đạo nghiã gia đình như Khổng Tử dạy trong kinh sách; đứng trước mẹ, bà hãy còn sống, ông tôn kính như đứa bé đứng trước mặt thầy. Ông thông thuộc những tác giả lớn của Trung Hoa. Nhờ giám mục Adran dịch một số mục từ trong Bách Khoa toàn thư sang chữ Hán, ông biết được khoa học và nghệ thuật Tây phương, đặc biệt ông chú trọng đến thuật hàng hải và thuật đóng tầu. Người ta đồn, điều này không được phép nói ra, rằng để kết nối lý thuyết kiến trúc tầu với thực hành, ông đã mua một chiến hạm Bồ, rồi tháo ra từng mảnh, từng tấm ván một, bắt chước đúng kích thước đó mà làm lại, cho đến khi ông thay thế tất cả các bộ phận bằng những mảnh mới làm, để hoàn thành một chiếc tầu mới.
Nghị lực trí thức của ông ngang bằng với khí phách và hoạt động thể xác. Chính ông chủ động sự bùng lên mọi mặt của đất nước, chính ông quản đốc các hải cảng và các công binh xưởng, chính ông là giám đốc xây dựng những xưởng đóng tầu, chính ông chỉ huy các kỹ sư trong tất cả mọi công việc, không có gì thực hiện không có gì chấp hành mà không hỏi ý kiến và nhận lệnh của ông. Không ai chế tạo một bộ phận nào mà không hỏi ông; không ai lắp một khẩu đại bác nào mà không có lệnh của ông. Không những ông trông coi từng chi tiết nhỏ, mà còn phải làm trước mặt ông*.*
Để điều khiển tất cả công việc của mình một cách vững vàng, ông đặt ra một thời biểu sống cố định và kỷ luật. Sáng dậy 6 giờ, tắm nước lạnh; 7 giờ, các quan vào chầu, mở tất cả công văn đến từ hôm qua, ông truyền lệnh cho các thư ký ghi chép, sau đó ông ra xưởng tầu thủy [Xưởng chu sư] duyệt lại tất cả những gì đã làm xong lúc ông vắng mặt, rồi ông tự chèo thuyền đi khắp bến cảng, kiểm soát các chiến hạm, đặc biệt chú ý đến súng đại bác; ông đi thăm lò đúc súng, đúc đủ loại đại bác ngay tại công binh xưởng [Cục chế tạo].
Đến 12 hay một giờ trưa, ông ăn cơm ở xưởng đóng tầu [Xưởng chu sư]. Cơm với cá muối. Hai giờ ông về cung ngủ tới 5 giờ; sau đó ông tiếp các quan võ thuỷ bộ, các quan toà, hay quan cai trị, ông đồng ý, hoặc bãi bỏ hoặc sửa chữa những kiến nghị của mọi người. Thường thì công việc triều chính kéo dài đến nửa đêm, ông mới trở về phòng làm việc, ghi nốt và chú thích thêm cho những việc ngày hôm nay; rồi ông ăn một bữa cơm nhẹ, gặp gia đình độ một giờ, đến 2, 3 giờ sáng ông mới đi ngủ. Ông chỉ ngủ 6 giờ một ngày.
Ông không uống rượu, ăn ít thịt, cá, cơm, rau, hoa quả, chút bánh trái và uống trà, đó là tất cả đồ ăn của ông. Như một vị dòng dõi vua Minh bên Tầu, mà ông công nhận, ông ăn cơm một mình, không cho phép vợ con ngồi cùng mâm. Vẫn nguyên tắc kiêu kỳ này, ông không tiếp những người Anh đến chào năm 1799, lấy cớ lúc này tình hình lộn xộn không cho phép sửa soạn tiếp đón theo đúng nghi lễ. Ta sẽ lầm nếu phê bình sự từ chối này như [thái độ của] một ông vua nước Tầu; nhưng với ông, chẳng vì hiềm tị mà ông không làm thoả mãn lòng hiếu kỳ của người ngoại quốc. Trái lại, họ có thể tự do đến thăm xưởng đóng tầu, thăm những tháp canh, những thành đồn. Ông tiếp họ dễ dàng trong tư thế tướng quân. Nhưng với tư thế đế vương, ông không tiếp.
Người ta bảo ông dáng tầm thước, nét mặt đều đặn dễ coi. Da hung hung nâu đỏ vì giãi dầu nắng gió và hiện nay [1806] ông độ khoảng 50 tuổi.
Ông chỉ biết đến người Anh qua tên gọi; nhưng nghe nói rằng, trong mọi trường hợp, ông luôn luôn tỏ dấu rất kính trọng dân tộc này; và nhất là nếu đó lại là những điều do người Pháp mách lại [ý nói do Barisy], thì càng đáng tin. Điều chắc chắn rằng ông luôn luôn tỏ những ý định tốt đối với nước Anh. Ông đã tuyên bố qua một đạo dụ, rằng tất cả những hạm đội của chúng ta [Anh] đều được miễn thuế vào các hải cảng lớn, nhỏ.
Một lần, sự rộng lượng của vua đã rõ thực ngời sáng: Người thuyền trưởng và viên đệ nhất sĩ quan một tầu buôn Anh, cả hai đều bị chết, khi tầu đi từ Quảng Đông tới Sài Gòn. Để đề phòng cướp bóc, gian lận, có thể gây thiệt hại cho chủ tầu, vì hai người chỉ huy đều chết cả; vua bèn gửi thuyền trưởng Barisy với một đội quân cấm vệ, đi hộ vệ chiếc tầu Anh yên lành trở lại Quảng Đông hay Macao, để trả cho chủ hay viên đại lý đang còn ở đó (...).
Người ta nói vợ ông là một bà hoàng đạo đức gương mẫu, có một tâm hồn cương quyết đã nâng đỡ và an ủi ông trong những thất bại chua cay nhất. Họ có 7 người con. Hai con trai đầu giao cho Adran dạy dỗ. Đông cung, ông hoàng trẻ, mà giám mục đưa sang Paris, chết sau thầy ít lâu. Tính tình hiền lành, sốt sắng và bặt thiệp, thiên tư đạo đức; những đức tính hợp với một đời sống yên lành của một tư nhân, hơn là với địa vị cao cả đã dành cho từ lúc sinh ra. Người em, thừa hưởng sự kế vị, là một quân nhân ưu tú. Ba năm đi lính, năm năm làm hạ sĩ (caporal) rồi lên trung sĩ (thầy đội, sergent), và đã phụng sự đắc lực trong những năm chiến tranh. Năm 1787, được lên cấp Cai đội (lieutenant-colonel); và năm sau, được thăng trấn thủ một vùng ven biển. Năm 1800, được thăng tướng (géneral) cai quản một dinh quân 35.000 người. Chính trong năm này, ông đạt chiến thắng quan trọng nhất đối với quân Bắc Hà, họ để lại trận 9.000 người chết và bắt được tất cả voi và đại bác.
Đây là sức mạnh quân sự của vua Nam Hà, năm 1800, theo đại uý Barisy:
Bộ binh
24 đội kỵ binh (cưỡi trâu)33
6.000 người
16 đội voi (200 con)
8.000
30 đội pháo binh
15.000
25 chi đoàn 1.200 người trang bị vũ khí Âu Châu
30.000
Bộ binh trang bị kiếm và súng cổ trong nước
42.000
Vệ binh tập luyện theo lối Âu Châu
12.000
Tổng cộng bộ binh
113.000 người
Thủy binh
Lính thợ trong xưởng đóng tầu
8.000
Lính thuỷ, mộ hay nối dõi (cha, anh), trên những chiến hạm đậu ở cảng
8.000
Lính biệt phái sang những tầu chiến kiểu Tây phương
1.200
Lính biệt phái thuyền buồm (jonque)
1.600
Lính biệt phái 100 thuyền chiến chèo (galère)
8.000
Tổng cộng thủy binh
26.800
Tổng cộng toàn bộ: 139.800 quân
(Barrow II, t. 224-238).
Sau đây là một số nhận xét về chân dung vua Gia Long do Barrow khắc họa:
1- Về bản kê khai sức mạnh quân sự của Gia Long do Barisy cung cấp, chúng tôi sẽ trở lại trong chương sau, viết về tác phẩm của Montyon, vì Montyon ghi chép cặn kẽ về quân đội Gia Long hơn Barrow.
2- Bà Chính hậu, tức Thừa thiên Cao hoàng hậu, là con gái thái bảo Tống Phước Khuông, mẹ họ Lê, lấy Nguyễn Ánh năm 1778, hơn Ánh 2 tuổi. Liệt Truyện ghi: "Sinh được 2 con trai, con cả là Chiêu, chết sớm, con thứ là Cảnh", "mỗi khi vua đi đánh giặc, Hậu thường đi theo" "tự dệt vải mỏng, dầy cho quân lính", "phần nhiều khuyên chăm chính sự" "giúp vua trong lúc gian nan" (...) Trước kia trong lúc xiêu giạt, phụng dưỡng Hoàng Thái hậu, nếm trải mọi mùi gian nan hiểm trở, thường thân hành dệt cửi, chính tay may lấy áo trận, để cấp cho quân sĩ. Một hôm thuyền đi gặp giặc, vua đốc quân cố sức đánh, hậu cũng cầm dùi đánh trống, quân lính tranh nhau phấn khởi thành ra đánh được." Bà mất ngày 22/2/1814 (3/2/Ất Mùi)34. Những điều Barrow ghi về bà đúng cả, chỉ có 7 người con là sai, vì nhầm với con của các bà phi khác, mà bà trông nom. Minh Mạng cũng do bà nuôi. Hoàng tử Hy, con thứ nhì của Nguyễn Vương, không biết tên mẹ. Hoàng tử Tuấn, mất sớm, mẹ là Chiêu Dương. Đến Minh Mạng, thứ tư, là con Thuận Thiên Cao hoàng hậu, con gái Thọ Quốc Công Trần Hưng Đạt.
3- Về hai Hoàng tử Cảnh và Hy, Barrow ghi tính tình khá đúng, nhưng ông không biết việc hoàng tử Hy mất sau anh 2 tháng.
4- Việc Barrow tưởng vua Gia Long miễn thuế cho các tầu Anh là sai. Thực Lục ghi 2 lần người Anh đến, tháng 4/1798: "Người Hồng Mao đến hiến phương vật" không nói thêm gì. Và tháng 5/1801 ghi: "Nước Hồng Mao sai người đem thư đến dâng phương vật mà xin miễn thuế cảng cho thuyền buôn. Vua hạ lênh cho lưu trấn Gia Định viết thư trả lời, đánh thuế theo như thể lệ thuyền buôn Quảng Đông*"35.*
5- Việc Adran dịch sang chữ Hán một bản nghiên cứu chiến lược để dùng trong quân đội, không biết Barrow lấy ở đâu*,* vì không thấy nơi nào nói đến. Sau đó, Maybon sẽ dùng thông tin này của Barrow và phóng đại thêm, rồi những người khác chép theo. Còn câu "giám mục Adran dịch một số mục từ trong Bách Khoa toàn thư sang chữ Hán" có thể đã rút ra trong chúc thư của Bá Đa Lộc do Le Labousse viết: "Đức Cha tặng vua một hộp đựng thuốc bằng vàng nạm kim cương, điểm một viên kim cương trạm công phu, kính thiên văn và kính viễn vọng của người, bốn quyển Bách Khoa Toàn Thư*..."*36đây là nơi duy nhất nói đến Bách Khoa Toàn Thư, chính Le Labousse cũng không nói gì đến việc dịch sách, mà Sử Ký Đại Nam Việt cũng không. Nhưng câu này của Barrow cũng sẽ được Faure, Maybon và những người tôn vinh Bá Đa Lộc chép lại và phóng đại lên sau này. Xin nói thêm: hộp thuốc lá bằng vàng nạm kim cương, theo Faure, là vua Louis XVI thưởng cho vị giám mục, sau khi ký hiệp ước 28/11/1787 với Montmorin. Nguyễn Vương không nhận các món quà của Bá Đa Lộc.
6- Việc một người Anh nhìn thấy năm 1800, Nguyễn Vương có hạm đội 1200 chiến thuyền, trong đó có 3 tầu kiến trúc Tây phương, chắc không sai, chúng ta chỉ cần lướt qua con số thuyền và tầu chiến các kiểu, ghi trong Thực Lục mà Nguyễn Ánh cho đóng từ tháng 4/1778 đến năm 1800, thì đủ biết, dù những thuyền, tầu này có bị đắm, bị đốt, bị hư hại, số còn lại vẫn rất cao.
Kết luận
Barrow là người không gặp Gia Long, nhưng bức chân dung Gia Long do ông khắc hoạ rất đầy đủ và có nhiều điểm giống với những điều do Le Labousse và Sử Ký Đại Nam Việt viết. Barrow cho biết ông dựa vào bản thảo Hồi ký Barisy. Mà Barisy, qua những lá thư để lại, là người thực lòng, chính ông đã làm bản thống kê lực lượng quân đội Nguyễn Ánh trên đây và những điều về cuộc sống hàng ngày của nhà vua chỉ có thể do Barisy cung cấp, bởi Barisy là người được gần gụi vua và Đông cung Cảnh.
Một điểm đáng chú ý: Barisy, cùng thời và là bạn đồng hành của Puymanel, Dayot, Vannier, Chaigneau... nhưng ông không hề nói đến việc Puymanel "xây" các thành Gia Định và Diên Khánh, hay việc Dayot làm "tổng tư lệnh hải quân".
Các nhà nghiên cứu Pháp không nhắc đến Hồi ký Barisy. Cadière cho công bố hai bức thư dài Barisy viết về trận Thị Nại và trận Phú Xuân. Taboulet cho biết Hồi ký Barisy đã thất lạc37. Chúng ta có thể đặt câu hỏi: Hồi ký Barisy thật sự thất lạc hay chính các ngòi bút thuộc điạ thấy nó không phù hợp với những điều mà họ muốn, nên đã không dùng hoặc coi như thất lạc. Khi trích dẫn Barrow, Taboulet đã bỏ đoạn Barrow viết về kỹ nghệ đóng tầu thuyền ở Việt Nam và khi trích đoạn chân dung Gia Long, ông khôn ngoan cắt làm hai bài, để loại trừ những dòng Barrow xác định chính Nguyễn Vương quản đốc các hải cảng và các công binh xưởng, chính ông là giám đốc xây dựng những xưởng đóng tầu, chính ông chỉ huy trong tất cả mọi công việc...
Về phần Maybon, để đả kích Barrow, trong cuốn Histoire moderne du pays d'Annam và trong bài Introduction in trong La Relation de La Bissachère (chúng tôi sẽ giới thiệu sau), Maybon đưa ra một vài chi tiết mà ông cho là sai của Barrow về sự xung đột giữa Bá Đa Lộc và de Conway tại Pondichéry; và việc văn bản hiệp ước cầu viện 28/11/1787 trong sách, khác với văn bản "chính thức", để kết luận rằng cuốn sách của Barrow đưa toàn những thông tin sai lầm vô căn cứ mà lại được nhiều người chép lại.
Ngoài việc Barrow vẽ một chân dung Gia Long không phù hợp với những điều các tác giả Pháp mong muốn, có lẽ còn một lý do nữa khiến Maybon loại bỏ Barrow, bởi trong sự tranh giành thuộc địa mà Anh là kẻ thù không đội trời chung của Pháp, Barrow đã vạch rõ những ý đồ của Bá Đa Lộc và của thực dân Pháp.
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LT, 2, t. 534-535. ↩︎
TL, I, t. 257. ↩︎
TL, I, t. 204, 205. ↩︎
TL, I, t. 204-205. ↩︎
TL, I, t. 205. ↩︎
SKĐNV, t. 13. ↩︎
LT, 2, t. 505. ↩︎
Launay, III, t. 17. ↩︎
Nhất Trịnh có lẽ là Điều khiển Hoà, Điều khiển là chức, tên là Hoà, không rõ họ. ↩︎
SKĐNV, t. 12-14. ↩︎
SKĐNV, t. 57-58. ↩︎
In trong Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême-Orient (BEFEO), 1933, t. 35-120. ↩︎
Seizõ, Chũkichi, Kõtarõ, Heigorõ, Minomatsu, Genzaburõ, Shũzõ, Monjirõ, Seinojõ, Sõhachi, Tõkichi, Hisanojõ, Yogorõ, và đầu bếp Heikichi. ↩︎
Tác giả cho biết đảo này ở trên cửa sông Sài Gòn, nhưng chúng tôi chưa nhận diện được là chỗ nào. ↩︎
1kanmon tương đương với nghìn đồng tiền (mille sapêques). ↩︎
Tóm tắt theo bài Introduction, BEFEO, 1933, t. 35-40. ↩︎
BEFEO, 1933, t. 57. ↩︎
BEFEO, 1933, t. 60-62. ↩︎
Khăn quấn như quần của người Nhật. ↩︎
BEFEO, 1933, t. 82- 83. ↩︎
Thư bảo lãnh của triều đình đề ngày 2/4 ÂL [22/5/1795] (BEFEO, 1933, t. 112). ↩︎
BEFEO, 1933, t. 90-91. ↩︎
Michel Đức tả vua lúc về già, ở trong cung, da trắng, còn Barrow tả vua lúc trẻ, xông pha chiến trận, ở trong Nam: da nâu. ↩︎
Michel Đức Chaigneau, Souvenirs de Huế, Imprimerie Impériale, Paris, 1867, t. 110-111. ↩︎
Launay III, t. 214. ↩︎
Tập VIII, Paris 1823, t. 147-202. ↩︎
Lá thư quan trọng này viết sau khi Bá Đa Lộc mất, được các tác giả rút ra từng đoạn, theo chủ đề (Launay, III, t. 374-382 và Cadière, Doc. Rel. t. 38, đề ngày 24/4/1800. Taboulet, trong La Geste française en Indochine, I, t. 268, đề ngày 14/4/1800). Le Labousse tường trình với hội thừa sai về sự nghiệp lớn lao của Ba Đa Lộc, về cái chết của vị giám mục (vì bệnh kiết lỵ ngày 9/10/1999) và về đám tang long trọng mà vua Gia Long dành cho ông. Lời lẽ có chỗ ca tụng vị giám mục thái quá, bởi là lời xúc động của một môn đệ sau khi thầy vừa qua đời, với chủ đích đánh động hội thừa sai về công lao Bá Đa Lộc trong sự mở mang việc truyền giáo ở Việt Nam: ông trình bầy Bá như "cha đỡ đầu" của Gia Long và vì "sợ" Bá Đa Lộc mà Tây Sơn không dám tấn công Sài Gòn! Những lời này trái hẳn với những điều ông viết trong thư ngày 12/7/1796 gửi giáo sĩ Boiret, ông cho biết: trong 7 năm (1789-1796) vị giám mục không gặp vua quá 10 lần. (Launay, III, t. 309-310). ↩︎
Đoạn in trong La Geste française en Indochine, Taboulet thêm câu này: "luôn có các sĩ quan Pháp giúp, bởi vì kỹ thuật và nghề nghiệp ở đây còn kém tinh xảo rất xa Âu châu" (Taboulet, I, t. 268). ↩︎
Đoạn Taboulet trích, thêm câu: Phượng Phi do Vannier điều khiển, có Renon phụ tá; Bằng Phi do de Forçanz điều khiển và Long Phi do Chaigneau (Taboulet, I, La flotte cochinchinoise en 1800 (Hạm đội Nam Hà năm 1800), t. 257). ↩︎
Câu in trong Taboulet I, như sau: "Trong cung của ông có nhiều sách viết về kiến trúc, thành đài. Ông thường giở từng trang để xem những đồ thị và cố gắng bắt chước, khỏi cần đọc những lời giải thích bằng chữ Pháp vì ông không đọc được" (Taboulet I, t. 268). ↩︎
Taboulet thêm vào đoạn sau đây: "Đức Giám Mục Bá Đa Lộc và ông hoàng này là hai người xuất chúng, mà sử sách của triều đình sẽ lưu danh thiên cổ. Thế kỷ của họ sẽ làm nên thời đại. Người ta sẽ ngạc nhiên khi đọc thấy rằng vị quân vương có khả năng học hỏi nhất, xứng đáng được cai trị nhất, đã có hạnh phúc (bonheur) được gặp người có khả năng nhất, dậy ông và rèn luyện ông trong việc cai trị" (Taboulet, I, t. 268). ↩︎
Alfred đại đế của Anh (871-899). ↩︎
Về đội kỵ binh cưỡi trâu, bản của Montyon ghi thêm: "Trâu thay ngựa trong chiến trận xưa, nay đã bỏ". Taboulet ghi lời giải thích của tướng Lemonnier: "Đội kỵ binh cưỡi trâu có lẽ là một thứ kỵ binh có nhiệm vụ an ninh gần. Không thấy nói đến các hành động sốc của đội quân này. Cũng không có chiến tích gì, nên đã bị bãi bỏ ngay" (Taboulet, I, t. 257, note 1). ↩︎
LT, 2, t. 25-27-32. ↩︎
TL, I, t. 366, 438. ↩︎
Launay, III, t. 384. ↩︎
Taboulet, I, t. 256. ↩︎