Chapitre 5

Nguyễn Huệ extermine les seigneurs Nguyễn, d'après le Thực lục

Chương 5

Nguyễn Huệ diệt chúa Nguyễn, theo Thực Lục

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

Qui a sauvé Nguyễn Ánh de la traque de Nguyễn Huệ, en septembre-octobre 1777

Sur les services rendus au roi Gia Long par Pigneau de Béhaine (Bá Đa Lộc), deux points sont portés très haut par presque tous les historiens coloniaux :

1- Bien que le roi de France n'ait pas appliqué le traité d'assistance de 1787, Pigneau de Béhaine s'est débrouillé par lui-même pour trouver de l'argent, acheter des armes et lever des soldats afin d'aider Nguyễn Ánh.

2- Pigneau de Béhaine a sauvé Nguyễn Ánh de la traque de Nguyễn Huệ, en septembre-octobre 1777.

Le premier point, nous y viendrons plus loin. Le second est le socle de l'argument : si l'évêque Pigneau de Béhaine n'avait pas sauvé la vie de Nguyễn Ánh, il n'y aurait pas de dynastie des Nguyễn. Cette « vérité historique » se changera en « dette de reconnaissance envers la France » de la dynastie des Nguyễn, et sera répétée maintes fois, en particulier dans les dépêches officielles du gouvernement français ou des amiraux aux rois Minh Mạng, Thiệu Trị et Tự Đức, pour réclamer la libération des missionnaires arrêtés ou demander l'ouverture au commerce. Il faut donc reprendre l'enquête sur ce fait, et voir ce qu'il en est au juste1.

En dehors des documents officiels, nous prêtons attention à une histoire non officielle : le Sử ký Đại Nam Việt, qui donne des informations singulières, absentes des histoires officielles. Le titre complet de ce livre est : « Annales Annamites. Sử Ký Đại Nam Việt. Quốc triều. Principalement le récit des faits depuis le Hiếu Vũ Vương jusqu'au moment où le roi Gia Long (Nguyễn Ánh) parvint à régner sur le pays d'An Nam tout entier »2.

Le Sử ký Đại Nam Việt est écrit en quốc ngữ et vient à coup sûr d'une maison religieuse ; l'auteur — ou les auteurs — est peut-être un proche ou un descendant du père Paul Nghị, dont nous verrons plus loin qui il est. L'auteur du Sử ký Đại Nam Việt est vietnamien : il donne donc, sur la fuite de Nguyễn Ánh en 1777, des informations différentes de celles des missionnaires, et rapporte des détails sur la jeunesse de Nguyễn Ánh, ou des faits que les historiographes de la dynastie des Nguyễn n'ont pas consignés. Avec le quốc ngữ encore embryonnaire de ce temps-là, l'auteur, qui n'était pas un chercheur de métier et sans doute peu lettré, raconte de mémoire : il y a des endroits où la chronologie ne concorde pas ; beaucoup des faits qu'il rapporte, pourtant, sont dignes de foi.

Rappelons d'abord quelques faits décisifs des mois de septembre et octobre 1777, au moment où la famille et les serviteurs des seigneurs Nguyễn furent traqués et exterminés par Nguyễn Huệ.

Le 19 septembre 1777, le Tân Chính Vương (c'est-à-dire Hoàng Tôn Dương) et les dix-huit mandarins de sa suite sont mis à mort.

Le 18 octobre 1777, le Định Vương Nguyễn Phước Thuần est mis à mort avec Tôn Thất Đồng, frère aîné de Nguyễn Ánh, et les généraux Trương Phước Thận, Lương, gouverneur militaire, et Nguyễn Danh Khoáng.

Seul Nguyễn Phước Ánh, quinze ans, en réchappe.

Où Ánh s'est-il caché ? Qui l'a nourri ? Qui l'a logé ?

Le Thực lục et le Liệt truyện ne l'écrivent pas clairement : pourquoi ?

Nguyễn Huệ extermine les seigneurs Nguyễn, d'après le Thực lục

Le Thực lục consigne ceci : « Au 8ᵉ mois [lunaire, c'est-à-dire septembre 1777], le rebelle Nguyễn Văn Huệ renforça ses troupes et attaqua Hương Đôi. Le chưởng cơ Thiêm Lộc s'enfuit à Ba Việt ; le Tân Chính Vương, voyant ses soldats peu nombreux et ses vivres épuisés, forma le projet de se replier sur Bình Thuận pour y joindre ses troupes à celles de Chu Văn Tiếp, mais il n'y parvint pas. Les généraux se dispersèrent tous. Le chưởng cơ Tống Phước Hoà soupira : “Quand le seigneur est dans la peine, le sujet doit mourir ; le devoir ne souffre pas qu'on s'y dérobe”, puis il se donna la mort.

« Le jour Tân Hợi [18/8 Đinh Dậu, soit le 19 septembre 1777], le Tân Chính Vương fut mis à mort (…) les dix-huit mandarins de sa suite furent tous tués par les rebelles.

« Le seigneur [le Định Vương] gagna Long Xuyên.

« Au 9ᵉ mois lunaire [octobre 1777], le rebelle Nguyễn Văn Huệ envoya son chưởng cơ Thành (nom de famille inconnu) [envahir] Long Xuyên.

« Le jour Canh Thìn [18/9 Đinh Dậu, soit le 18 octobre 1777], le seigneur trépassa. Tôn Thất Đồng (deuxième fils de Hưng Tổ) le suivit dans la mort. »3

Quelques pages plus loin, le Thực lục écrit sur les circonstances de la fuite de Nguyễn Ánh :

« Au printemps de l'année Đinh Dậu [1777], le rebelle Tây Sơn Nguyễn Văn Huệ vint attaquer et piller Saigon (dans la province de Gia Định) ; Duệ Tông gagna Đăng Giang (la rivière Chanh, dans la province de Định Tường). Le roi [Nguyễn Ánh] amena les troupes de Đông Sơn à la rescousse, alla au-devant de Duệ Tông jusqu'à Cần Thơ (c'est-à-dire la circonscription de Trấn Giang, dans la province d'An Giang), puis jusqu'à Long Xuyên (dans la province de Hà Tiên). “Au 9ᵉ mois [lunaire, octobre 1777], en automne, les rebelles serrant de près, le jour Canh Thìn, Duệ Tông périt. Le roi seul en réchappa : il monta dans une barque mouillée sur la rivière Khoa (à Long Xuyên), résolu de profiter de la nuit pour prendre la mer et fuir les rebelles. Soudain un crocodile barra trois fois la proue, et il y renonça. Au matin, on sut que, cette nuit-là, des barques ennemies se tenaient en avant. Le roi alla donc s'établir dans l'île de Thổ Châu.” »4

Notations bien sommaires pour une période aussi importante de l'histoire. Est-ce parce que tous ceux qui suivaient Nguyễn Ánh furent tués, et qu'il ne restait plus personne pour savoir au juste et le raconter ? Est-ce parce que la version officielle du « crocodile qui barre la barque » existait déjà, et que personne n'osa demander à Nguyễn Ánh ce qui s'était passé, pour le consigner ? Les légendes sur les fuites répétées de Nguyễn Ánh devant Nguyễn Huệ, les historiographes de la dynastie des Nguyễn les ont écrites dans le Biểu, l'adresse liminaire placée en tête de la partie du Thực lục consacrée à Gia Long, avec ces phrases : « Sur la rivière Khoa, le ngạc ngư [le crocodile] barra la proue » ; « Le buffle divin escorta le char impérial à Đăng Giang »5 ; « Le serpent sacré porta la barque à Phú Quốc »6. Ce sont là des phrases écrites dans… un Biểu, avec l'intention de sanctifier le roi. Ces légendes seront ensuite mises en romans, peintes sur des vases et sur de vieilles porcelaines — plats et bols — qui content les épisodes de la fuite de Gia Long hors de son royaume ; mais ce n'est là qu'une politique de propagande à l'usage d'un peuple superstitieux. Le Thực lục est une histoire : il ne pouvait écrire des choses aussi étranges, aussi ses auteurs ont-ils élagué le merveilleux — ils disent par exemple : « un crocodile barra trois fois la proue de la barque ». Mais nous ne pouvons nous contenter de pareils raisonnements.

La première question est celle-ci : pourquoi avoir inventé une telle histoire ? La raison en est peut-être celle-ci.

Les Vietnamiens croient volontiers aux « présages ». Nguyễn Ánh n'avait alors que quinze ans : il pouvait difficilement, de lui-même, se réclamer des seigneurs Nguyễn, lever l'étendard et relever l'héritage ; il fallait donc s'appuyer sur un « présage impérial », dans le genre de la « tortue divine offrant l'épée précieuse » à Lê Lợi. Ici, le présage du « crocodile qui barre la barque » convient parfaitement au trône du « fils du Ciel » ; il a sans doute été conçu par les grands dignitaires et répandu par eux dès le début.

D'autre part, quand Nguyễn Huệ extermina la famille et les serviteurs des seigneurs Nguyễn en 1777, il ne survécut que quelques grands dignitaires, parmi lesquels le thái bảo Tống Phước Khuông (qui, en 1778, donnera sa fille à Nguyễn Ánh)… C'est donc peut-être ce dignitaire lettré qui en fut l'instigateur. L'acte est d'une haute politique ; Nguyễn Ánh, bien trop jeune alors, n'aurait sûrement pas imaginé pareille « ruse ». Faire savoir que Nguyễn Ánh était passé dans l'île de Thổ Châu relevait sans doute de la même stratégie de diversion : en réalité, Nguyễn Ánh se cachait ailleurs. Une fois lancée la « version officielle du crocodile », personne n'osa plus « douter » de rien. Les historiographes qui suivirent recopièrent tels quels, sans avoir à « enquêter » sur ce qu'il en était — et sans l'oser.

Maybon « établit » que Pigneau de Béhaine a sauvé Nguyễn Ánh

Voici l'analyse que fait l'historien Maybon de la question, et que le savant Cadière recopiera. Maybon estime d'abord qu'il faut fixer le moment où Nguyễn Ánh rencontra Pigneau de Béhaine pour la première fois : « La question s'est posée de savoir à quel moment s'étaient nouées les premières relations entre l'évêque et l'héritier malheureux des Seigneurs de Cochinchine. Les ouvrages annamites sont muets sur la rencontre des deux personnages et les auteurs européens ne s'accordent pas sur la date de ce fait. Cependant on peut, semble-t-il, la fixer avec une certaine exactitude. On se souvient que Huệ Vương [le Định Vương] et les princes [les frères de Nguyễn Ánh] trouvèrent auprès du gouverneur de Hà-tiên [Mạc Thiên Tứ] un accueil empressé lorsqu'ils furent chassés de Saigon par Nguyễn Văn-Lữ ; or, Pigneau, appelé avec insistance du Cambodge par Mạc Thiên-tứ l'année précédente, se trouvait auprès du gouverneur [Mạc Thiên Tứ] à cette époque et il n'est pas impossible qu'il ait vu les princes »7.

Qu'a donc à voir la première rencontre de Nguyễn Ánh et de Pigneau de Béhaine avec le fait que celui-ci ait « sauvé » Nguyễn Ánh ? Beaucoup, en réalité. Car il fallait l'avoir rencontré, s'être fait présenter, pour savoir que ce garçon était un prince, le fils du seigneur qui aurait dû succéder au Võ Vương. Sans rencontre préalable, Ánh n'était qu'un garçon de quinze ans, sans nom ni rang : comment Mgr Pigneau de Béhaine aurait-il pu le reconnaître, et le sauver ? Ce raisonnement n'est pourtant fait que de suppositions : Maybon n'a pas prouvé que cette « rencontre » ait eu lieu chez Mạc Thiên Tứ. Mais il faut lui reconnaître un agencement très logique, car c'est ensuite seulement qu'il en vient au passage essentiel : « S'il ne connut pas le jeune Nguyễn Ánh à ce moment, ce fut sans doute après la seconde prise de Saigon ; car il paraît acquis, selon les témoignages européens, “qu'en septembre-octobre 1777, Nguyễn Ánh se cacha pendant quelque temps dans une forêt voisine du lieu où était installé le collège, que l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị et qu'il favorisa sa fuite à Poulo Panjang [Thổ Châu] dès que les Tây-sơn se furent retirés” »8.

Au bas de la page 193, dans la note 2, Maybon écrit ceci : « Telle est la conclusion de la critique que fait M. Maitre (ibid. p. 344-347) de témoignages émanant des missionnaires, de Barrow et de La Bissachère ; nous n'hésitons pas à la faire nôtre, bien qu'il soit infiniment probable que les témoignages de Barrow et de La Bissachère ne constituent pas deux autorités distinctes, le rédacteur du mémoire [c'est-à-dire Montyon] paru à Londres sous le nom de La Bissachère, s'étant très vraisemblablement inspiré de l'ouvrage de Barrow. Voir, à ce sujet, notre publication [celle de Maybon] de La Relation de La Bissachère. »9

C'est ici qu'apparaissent l'habileté et le procédé de l'historien Maybon. Qui ne lit que le corps du texte, sans la note, tiendra la phrase « qu'en septembre-octobre 1777, Nguyễn Ánh se cacha pendant quelque temps dans une forêt voisine du lieu où était installé le collège, que l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị et qu'il favorisa sa fuite à Poulo Panjang dès que les Tây-sơn se furent retirés » pour une affirmation fondée, grâce à la phrase qui la précède : « car il paraît acquis, selon les témoignages européens ».

Mais si l'on veut connaître l'origine de ces témoignages européens, il faut aller à la note, et l'on y trouve :

1- La critique de M. Maitre [on ne sait qui est ce monsieur, ni ce qu'il dit, faute d'avoir son livre].

2- Des témoignages émanant des missionnaires [sans dire quels témoignages, ni quels missionnaires].

3- Ceux de Barrow et de La Bissachère [qui n'en font qu'un, puisque l'auteur du livre signé Bissachère — c'est-à-dire Montyon — a recopié la version de Barrow].

En somme, la phrase que nous venons de lire — « Nguyễn Ánh se cacha pendant quelque temps dans une forêt voisine du lieu où était installé le collège, que l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị et qu'il favorisa sa fuite à Poulo Panjang » — n'est tirée que du seul Barrow, puisque des « autres » on ne sait ni qui ils sont ni ce qu'ils ont écrit.

Voyons maintenant ce qu'écrit Barrow ; voici son texte même : « Le roi avait été pris par l'ennemi, mais la reine, le prince [c'est-à-dire Nguyễn Ánh], ses enfants et une sœur furent sauvés par Adran. À la faveur de la nuit, ils s'éloignèrent de la capitale [Gia Định] et s'enfuirent dans la forêt. Là, durant plusieurs mois, le jeune roi de Cochinchine (…) se cacha avec sa famille, non sous d'épais bouquets de chênes, mais sous des banians ou des figuiers des pagodes, car en ces lieux nul n'ose rien profaner. Un religieux catholique nommé Paul [Paul Nghị] risqua sa vie pour lui porter à manger chaque jour, jusqu'à ce que [les troupes lancées à sa recherche] cessent de le chercher et reçoivent enfin l'ordre de se retirer »10.

Les erreurs de Barrow dans ce passage, dont nous avons parlé au chapitre 4, sont les suivantes :

1- Il croit que le Định Vương est le père de Nguyễn Ánh et appelle donc celui-ci « le prince » ; en réalité, le Định Vương est l'oncle de Nguyễn Ánh.

2- Il dit que Nguyễn Ánh [le prince] s'enfuit avec sa mère [la reine] et ses enfants… ce qui est faux : Nguyễn Ánh n'avait alors ni femme ni enfants, et ce n'est pas non plus Adran qui l'a sauvé, comme on le montrera plus bas. De tout Barrow, seule est exacte la phrase : « Un religieux catholique nommé Paul [Paul Nghị] risqua sa vie pour lui porter à manger chaque jour ».

Mais cette phrase de Barrow, l'historien Maybon l'a « remaniée » :

D'abord, il ne retient de Barrow qu'une idée — « furent sauvés par Adran » —, retranche tout le reste, puis ajoute les « informations » suivantes :

1- La cachette de Nguyễn Ánh est voisine du collège (cela n'est pas dans Barrow), afin d'établir une sorte de logique au sauvetage de Nguyễn Ánh par Pigneau de Béhaine.

2- Maybon écrit ensuite : l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị. (Le membre de phrase l'évêque d'Adran … par l'intermédiaire de Paul Nghị est ajouté par Maybon : Barrow ne mentionne pas Adran, il écrit seulement : un religieux catholique nommé Paul risqua sa vie pour lui porter à manger chaque jour.)

3- Et Maybon ajoute encore : qu'il favorisa sa [d'Ánh] fuite à Poulo Panjang (cela non plus n'est pas dans Barrow).

Pour finir, il produit la critique de M. Maitre comme une caution d'autorité, et écrit modestement : nous n'hésitons pas à la faire nôtre.

Maybon a transformé une phrase pleine d'erreurs, due à un auteur qu'il méprise — Barrow (nous y reviendrons) —, en une information digne de foi, en la tronquant et en y ajoutant ce qui n'était pas dans le texte de l'auteur. C'est là l'écriture retorse d'un savant qui veut fabriquer de fausses informations. Ceux qui viennent après, voyant que « l'historien savant » Maybon a écrit cela, n'hésitent pas à le recopier comme une « vérité d'évidence ». Par bonheur, nous avons trouvé d'autres témoins qui ont écrit sur l'affaire.

Faulet raconte comment le père Nghị sauva Nguyễn Ánh

Le missionnaire Julien Faulet, né le 21 novembre 1741 à Guilliers (dans le Morbihan, en Bretagne, France), parti en mission le 29 novembre 1773, fut envoyé au Cambodge en juin 1775 comme adjoint de l'évêque Pigneau de Béhaine. Pendant tout son ministère dans cette région, lui et ses fidèles vécurent dans une misère extrême, entre la guerre et le pillage, la mort toujours proche ; il finit par perdre la raison, dut regagner l'Europe en 1781, et mourut en chemin, en 1783. Le missionnaire Descouvrières, son supérieur, s'enquit de sa mort en 1784 : il se peut, fait-il savoir, qu'il soit mort à Batavia, avec beaucoup d'autres Français, sur le navire qui les ramenait à l'Île de France (aujourd'hui l'île Maurice)11. Faulet a écrit de nombreuses lettres décrivant la guerre, les paroisses et les fidèles du Cambodge et de Hà Tiên ; deux documents y sont importants :

1- Une longue relation, qui raconte comment l'évêque Pigneau de Béhaine dut s'enfuir du séminaire de Cay-Quao [séminaire bâti par l'évêque au sud de Hà Tiên, sous la protection du gouverneur Mạc Thiên Tứ]. Dans l'urgence, quand Nguyễn Huệ descendit sur la région, Pigneau de Béhaine dut abandonner sur place tous ses fidèles et ses missionnaires pour se sauver. L'évêque s'enfuit le mardi [29 juillet 1777], et ce n'est que le vendredi 1ᵉʳ août 1777 que Faulet osa en informer les responsables locaux12.

Ensuite, par ce que consigne le Sử ký Đại Nam Việt, que nous lirons plus bas, on apprend encore ceci : l'évêque s'enfuit au Cambodge. En somme : Pigneau de Béhaine a fui Hà Tiên le 29 juillet 1777 et il est passé au Cambodge. L'évêque ne pouvait donc en aucune façon « sauver » Nguyễn Ánh en septembre-octobre 1777.

2- Dans une autre lettre, Faulet fait savoir qui a sauvé Nguyễn Ánh en septembre-octobre 1777. C'est la lettre qu'il écrit du Cambodge le 25 avril 1780 à M. Descouvrières, où il raconte la misère extrême de la chrétienté de Hà Tiên, entre le pillage et la guerre ; à la fin, cette phrase : « C'est le P. Paul [Paul Nghị] qui a nourri et caché le jeune roi dans son petit bateau, qui a fait connaître Monseigneur [Pigneau de Béhaine] et la sainteté de notre religion »13. Cette lettre est un document précieux : Faulet se trouvait alors à Hà Tiên, sans doute dans la maison même de l'évêque Pigneau de Béhaine, et savait donc bien de quoi il parlait — le père Paul Nghị avait caché Nguyễn Ánh dans sa barque.

L'erreur de Tạ Chí Đại Trường

Tạ Chí Đại Trường a lu cette phrase de Faulet, mais il la comprend et la récrit ainsi : « Où donc était alors Nguyễn Ánh, pour avoir échappé à ce massacre de toute sa maison ? Les historiographes des Nguyễn ne se sont guère souciés d'une fuite peu glorieuse pour leur seigneur, et n'ont donc pas examiné les lieux où il erra. Ils ont remplacé la honte de se dérober aux Tây Sơn par l'histoire du crocodile qui lui fit passer la rivière, preuve que ce prince portait un destin impérial… Or, un mois plus tard à peine, nous le voyons à Long Xuyên auprès de Đỗ Thanh Nhân. Cela montre qu'il avait suivi Duệ Tông depuis le départ de Ba Giồng. C'est par là qu'il fut caché par Pigneau, qui chargea Hồ Văn Nghị de lui porter à manger (Note : Lettre de M. Faulet à M. Descouvrières… »14

Qu'y a-t-il de honteux, d'infamant, pour un garçon de quinze ans, à s'échapper seul de ceux qui ont massacré toute sa famille ? Le Thực lục et le Liệt truyện consignent des choses qu'on pourrait dire plus « infamantes » encore : « Le roi avait marché un jour et une nuit sans manger ; [Nguyễn Đức] Xuyên courut chez des habitants demander du riz » ; ou : « Les vivres venant à manquer, les soldats avaient le teint vert de faim ; un navire marchand de Hạ Châu (Singapour) passant par là, [Nguyễn Văn] Thành mena ses hommes au pillage ; les marchands se défendirent avec fureur, Thành reçut plusieurs blessures, s'élança pourtant à bord, s'empara du navire chargé de riz et le ramena »15.

Ce qui étonne, c'est l'enchaînement de Tạ Chí Đại Trường : en quoi le fait qu'« un mois plus tard, Nguyễn Ánh se trouve à Long Xuyên » prouve-t-il qu'il « avait suivi Duệ Tông depuis le départ de Ba Giồng » ? Pour aboutir à cette conclusion : parce qu'« Ánh suivait Duệ Tông », c'est par là qu'il fut caché par Pigneau ?

Mais le plus étrange reste cette phrase de la lettre de Faulet, dont voici le texte français : « C'est le P. Paul qui a nourri et caché le jeune roi dans son petit bateau, qui a fait connaître Monseigneur et la sainteté de notre religion », devenue sous la plume de Tạ Chí Đại Trường : « il fut caché par Pigneau [Bá Đa Lộc], qui chargea Hồ Văn Nghị de lui porter à manger ». Faulet écrit pourtant en toutes lettres : pour quelle raison Tạ Chí Đại Trường retourne-t-il entièrement le sens de la phrase, pour la faire cadrer avec le raisonnement de Maybon et des colonialistes français ?

Nous insistons sur ce point, car cette phrase brève de Faulet est de la première importance : c'est la première et la seule fois qu'un témoin sur place, un Français — le missionnaire Faulet —, l'établit : c'est Paul Nghị qui a sauvé la vie de Nguyễn Ánh, non Pigneau de Béhaine. Et l'avis de Faulet coïncide avec un autre, celui d'un Vietnamien : l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt.

Le récit du Sử ký Đại Nam Việt

Sur la fuite de Nguyễn Ánh, le Sử ký Đại Nam Việt avance trois choses, étroitement liées entre elles :

1- Sur la mère de Nguyễn Ánh, le Sử ký Đại Nam Việt écrit : « Le deuxième fils du Vũ Vương [le Võ Vương Nguyễn Phước Khoát], nommé Chưởng Vũ [Nguyễn Phước Luân], ne différait guère de son père par le caractère [c'est-à-dire qu'il menait la même vie de plaisir que lui]. Parmi ses femmes, une fille de théâtre lui donna plusieurs fils ; de ces fils, le deuxième, nommé Đức Hoàng Nguyễn Ánh, devint fameux, car il hérita plus tard de la lignée et fut élevé au trône sous le nom de Gia Long »16.

Ce détail — la mère de Nguyễn Ánh « fille de théâtre » — mérite l'attention : car, toujours selon le Sử ký Đại Nam Việt, c'est un « enfant de théâtre » qui sauvera Nguyễn Ánh dans son malheur.

2- Deuxième point : contrairement au Thực lục, qui fait fuir Nguyễn Ánh avec le Định Vương, le Sử ký Đại Nam Việt le fait fuir avec le Tân Chính Vương. Sous le titre « Les troupes des Tây Sơn tuent le Hoàng Tôn », le Sử ký Đại Nam Việt écrit : « Ensuite, les soldats du Hoàng Tôn [c'est-à-dire Hoàng Tôn Dương, ou le Tân Chính Vương] essuyèrent une très grande défaite ; les rebelles prirent le Huệ Vương [c'est-à-dire le Định Vương Nguyễn Phước Thuần] et le mirent à mort avec ses frères. Le Hoàng Tôn et Nguyễn Ánh purent se réfugier dans un camp avec un peu de troupe. Mais ces soldats, voyant le Hoàng Tôn isolé, n'avaient plus grand cœur à le servir : ils s'entendirent avec les Tây Sơn, se rendirent et leur livrèrent le Hoàng Tôn et Nguyễn Ánh. Mais Nguyễn Ánh s'échappa. Les rebelles prirent donc le Hoàng Tôn et le firent mourir en secret, n'osant le tuer devant le monde, de peur que beaucoup, lui étant encore attachés, n'ajoutent au trouble »17.

Si cette version est exacte, Hoàng Tôn Dương fut pris par ses propres soldats et livré à Nguyễn Huệ, et Nguyễn Ánh s'était enfui dès le mois de septembre, puisque Hoàng Tôn Dương, c'est-à-dire le Tân Chính Vương, fut mis à mort le 19 septembre 1777.

3- Sur la fuite de Nguyễn Ánh, le Sử ký Đại Nam Việt écrit ceci, au passage intitulé « Nguyễn Ánh fuit les rebelles » : « Ainsi la maison des Nguyễn était-elle presque éteinte : il ne restait que Nguyễn Ánh et trois de ses frères. Peu de temps après, ces trois-là périrent tous dans la détresse. Il ne resta donc que Nguyễn Ánh, âgé de quatorze ou quinze ans.

« Il avait échappé à la mort, mais se trouvait dans la dernière misère : plus rien à lui, plus personne pour l'aider, et personne à qui se fier. Par bonheur, il lui restait un garçon de théâtre plein de fidélité, qui trouva de nuit une petite barque ; le maître et le serviteur s'en allèrent ensemble chercher un abri dans les roseaux et les joncs. Par hasard, ils rencontrèrent la barque de M. Phaolồ [Paul Nghị], prêtre du pays, qui fuyait lui aussi devant les rebelles. Nguyễn Ánh ne connaissait pas encore le père Phaolồ, mais il vit bien que c'était un prêtre du pays, un homme de religion : il se nomma et le pria de le sauver. Le père Phaolồ y consentit aussitôt, le fit passer dans sa barque, l'y cacha et rama droit sur Hà Tiên, où il le cacha dans la maison de Mgr Vêrô [Pigneau de Béhaine]. Mgr Vêrô était alors passé au Cambodge : le père Phaolồ se hâta donc de lui faire savoir la chose au plus vite.

« M. Phaolồ voulait tenir Nguyễn Ánh bien caché dans la maison de Mgr Vêrô, sans en rien dire à personne. Mais la chose était fort difficile, car les Tây Sơn avaient appris qu'il s'était réfugié à Hà Tiên, et avaient ordonné qu'on le cherchât et qu'on le livrât. Au bout d'un mois, il n'y eut plus moyen de le garder dans la maison, et M. Phaolồ dut conduire Nguyễn Ánh dans la forêt, en un lieu désert. Ensuite, tantôt M. Phaolồ, tantôt le catéchiste nommé Toán, lui portaient en cachette, de temps à autre, de quoi manger, et rien de plus. M. Phaolồ prit ainsi de la peine et usa de prudence deux ou trois mois durant : il a rendu à Nguyễn Ánh un très grand service. Car sans ce prêtre, Nguyễn Ánh n'eût pas manqué d'être pris.

« En ce temps-là, un préfet nommé Nhất Trịnh, apprenant que Nguyễn Ánh vivait encore, prit quelques soldats résolus pour aller le chercher et le tuer. Les troupes des Tây Sơn qui gardaient le poste attenant aux pays de Đồng Nai et du Cambodge s'employaient de toutes leurs forces à retrouver Nguyễn Ánh. Peu à peu, elles surent qu'il se tenait encore caché dans la barque de M. Phaolồ, à Rạch Giá.

« Vers le même temps, Mgr Vêrô revint du Cambodge et retrouva Nguyễn Ánh ; il amenait avec lui un Langsa [un Français] nommé Gioang [Jean], qui savait les armes, était hardi et plein de cœur, et fort habile à la guerre »18.

Selon l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt, trois personnes ont aidé Nguyễn Ánh à échapper au danger :

  • Un garçon de théâtre plein de fidélité, c'est-à-dire un page, enfant de comédiens, lié au milieu de la mère de Nguyễn Ánh et resté fidèlement à son service : c'est ce garçon qui trouva la barque, sauva son maître et le cacha dans les roseaux.

  • Hồ Văn Nghị, ou Paul Nghị, catéchiste et homme de confiance de Pigneau de Béhaine : il sauva Nguyễn Ánh, le cacha dans sa barque, le conduisit chez Pigneau de Béhaine à Hà Tiên et l'en informa — l'évêque était alors au Cambodge. Peu après, craignant d'être découvert, il emmena Nguyễn Ánh se cacher dans la forêt.

  • Le catéchiste Toán, qui risqua lui aussi sa vie pour porter à manger à Nguyễn Ánh.

Ensuite, Pigneau de Béhaine, revenu du Cambodge à Gia Định, rencontra Nguyễn Ánh ; à quelle date, c'est une autre question, que nous établirons plus loin.

Tout ce récit se tient : après la prise et la mise à mort du Tân Chính Vương, Nguyễn Ánh se cacha avec l'aide des trois bienfaiteurs ci-dessus. Ils le cachèrent environ deux mois ; en novembre 1777, Nguyễn Ánh reparaît à Long Xuyên, à la bataille de Long Hồ, dont nous parlerons plus loin.

Le Labousse écrit sur le père Hồ Văn Nghị

Dernier témoignage : les lettres du missionnaire Le Labousse, écrites à des dates différentes, qui parlent du père Hồ Văn Nghị.

1- La lettre de M. Le Labousse à M. Létondal, procureur de la maison de Macao19, le 15 juin 1789, où se lit cette phrase : « Il est temps de vous donner des nouvelles de l'avancement du père Paul [Paul Nghị]. Sans être mandarin, il jouit de tous les privilèges ; peut-être même plus que les mandarins ; je tiens pour certain qu'il a du roi une tablette, ou un édit, ordonnant aux mandarins de lui obéir et de lui fournir tout ce dont il a besoin. Cela rajeunit un peu cet homme excellent : les mandarins viennent le saluer jusqu'à terre, et il en rejaillit sur nous quelque honneur »20.

Ces lignes de Le Labousse montrent que le roi Gia Long a discrètement récompensé celui qui lui avait sauvé la vie. Bien plus, la correspondance échangée entre les missionnaires apprend que le roi Nguyễn confia à Hồ Văn Nghị des charges délicates : il courut toute la mer de l'Est, allant et venant entre Macao, l'Inde, les Philippines… pour des missions peut-être secrètes. Lorsqu'il confia le prince Cảnh à Pigneau de Béhaine pour l'emmener en France, le roi le chargea aussi d'accompagner le prince, avec Phạm Văn Nhơn et Nguyễn Văn Liêm. Mais il semble que Pigneau de Béhaine n'ait pas voulu de Vietnamiens instruits, sachant le français et proches du roi, auprès du prince en France — ou bien pour quelque autre raison : de Pondichéry, Phạm Văn Nhơn, Nguyễn Văn Liêm et Hồ Văn Nghị durent rebrousser chemin vers Bangkok.

2- La mort du père Hồ Văn Nghị est annoncée par Le Labousse en ces termes :

« M. Paul Nghị est mort à Saigon le 19 février 1801.

« Lettre de M. Le Labousse aux directeurs de la Société des Missions étrangères

« Bình Khang, le 20 avril 1801

« Nous vous annonçons cette année la mort de M. Paul, prêtre cochinchinois.

« Il est mort le 19 février de cette année, après une demi-journée de coliques.

« Disons en peu de mots que la mission de Cochinchine perd l'un de ses premiers ouvriers. C'était un homme puissant en œuvres et en paroles. Formé à l'école de Mgr d'Adran, qui l'instruisit et lui conféra le sacerdoce, il s'est montré, jusqu'à ses soixante-sept ans, digne d'un tel maître. Il a accompagné l'évêque dans tous ses voyages et partagé ses fatigues et ses malheurs. Ils ne se sont quittés qu'à Pondichéry, où M. Paul dut rester pour prendre soin des gens de la suite du prince, en attendant le retour de celui-ci. Le roi, dans le temps de ses désastres, fut heureux de l'avoir pour lui procurer les choses de dernière nécessité, aussi lui portait-il une grande affection. C'est à lui que Monseigneur avait recours chaque fois qu'il fallait envoyer quelque chose à la cour, et depuis que Monseigneur est monté au ciel, il était notre principal recours et notre premier appui. Dieu nous ayant ôté ce bras, il ne nous reste plus que M. Liot »21.

Le père Le Labousse mourut le 25 avril 1801 à Nha Trang, cinq jours après avoir écrit cette lettre.

Un point encore, qu'il faut souligner : dans cette lettre, Le Labousse ne dit lui non plus que ceci — Le roi, dans le temps de ses désastres, fut heureux de l'avoir pour lui procurer les choses de dernière nécessité —, c'est-à-dire qu'il ne parle que du service rendu par Paul Nghị en nourrissant Nguyễn Ánh, et de rien qui touche à une participation de Pigneau de Béhaine.

En somme, les deux missionnaires les plus proches de l'évêque Pigneau de Béhaine en ce temps-là, Faulet et Le Labousse, confirment tous deux que Hồ Văn Nghị a nourri le roi, sans dire un mot d'un « salut » que Nguyễn Ánh devrait à Pigneau de Béhaine. Faulet écrit même le détail : il le sauva, et n'en informa Monseigneur qu'ensuite — exactement ce que rapporte l'auteur du Sử ký Đại Nam Việt.

Barrow est peut-être le premier, du côté européen, à écrire sur cette affaire ; il confirme lui aussi que Paul Nghị a nourri le roi, mais il y ajoute le passage où Pigneau de Béhaine emmène la famille du roi en fuite, ce qui est entièrement faux : le roi n'avait alors ni femme ni enfants, et Pigneau de Béhaine était déjà passé au Cambodge.

Montyon, l'auteur du livre signé Bissachère (nous le présenterons plus loin), n'a fait que recopier la version de Barrow.

Ces erreurs venues de Barrow seront recopiées par presque tous ceux qui écriront l'histoire de Pigneau de Béhaine, pour porter au crédit de l'évêque, comme un fait d'armes véritable, le « salut » du roi Gia Long. Puis le savant historien Maybon a officiellement établi ce « fait » en « remaniant » la phrase de Barrow, comme nous l'avons montré plus haut, pour en faire une « vérité ».

Au vu des témoignages présentés ci-dessus, redisons-le une fois encore :

- C'est le petit page, enfant de comédiens, qui trouva la barque et sauva son maître Nguyễn Ánh.

- C'est le père Hồ Văn Nghị qui secourut Nguyễn Ánh traqué par Nguyễn Huệ, durant les mois de septembre et octobre 1777, avec l'aide du catéchiste Toán.


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  1. Nguyễn Quốc Trị a lui aussi réfuté ces thèses dans son Nguyễn Văn Tường, au Chương hai: Sử thuộc điạ bôi lọ vua quan nhà Nguyễn và Nguyễn Văn Tường [Chapitre deux : l'histoire coloniale salit les rois et les mandarins des Nguyễn, et Nguyễn Văn Tường] (p. 256-349). Nous nous appuyons sur d'autres témoignages et sur d'autres raisonnements. ↩︎

  2. Le Nhóm Nghiên Cứu Sử Địa [Groupe de recherches historiques et géographiques], qui a réimprimé ce livre à Saigon en 1974 et à Montréal en 1986, note : « Nous n'avons qu'un exemplaire, imprimé en 1909 par l'Imprimerie de la Mission de Tân Định, portant expressément la mention cinquième édition. La première édition a donc dû paraître bien des années auparavant. Cet exemplaire porte les lignes Annales annamites et Quốc triều, sans doute inscrites par un contemporain » (Nguyễn Khắc Ngữ, avant-propos). ↩︎

  3. Thực lục, I, p. 190-191. ↩︎

  4. Thực lục, I, p. 205. ↩︎

  5. Ánh devait franchir la rivière Chanh (Định Tường), où il y a beaucoup de crocodiles ; voyant un buffle vautré au bord de l'eau, il monta sur son dos, et le buffle lui fit passer la rivière. ↩︎

  6. Ánh gagnait Hà Tiên en barque ; la nuit était noire et l'on n'y voyait rien ; soudain une troupe de serpents porta la barque jusqu'à Hà Tiên. ↩︎

  7. Texte original de Maybon, repris ici mot pour mot : La question s'est posée de savoir à quel moment s'étaient nouées les premières relations entre l'évêque et l'héritier malheureux des Seigneurs de Cochinchine. Les ouvrages annamites sont muets sur la rencontre des deux personnages et les auteurs européens ne s'accordent pas sur la date de ce fait. Cependant on peut, semble-t-il, la fixer avec une certaine exactitude. On se souvient que Huệ Vương et les princes trouvèrent auprès du gouverneur de Hà-tiên un accueil empressé lorsqu'ils furent chassés de Saigon par Nguyễn Văn-Lữ; or, Pigneau, appelé avec insistance du Cambodge par Mạc Thiên-tứ l'année précédente, se trouvait auprès du gouverneur à cette époque et il n'est pas impossible qu'il ait vu les princes (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 192). ↩︎

  8. « S'il ne connut pas le jeune Nguyễn Ánh à ce moment, ce fut sans doute après la seconde prise de Saigon; car il paraît acquis, selon les témoignages européens, "qu'en septembre-octobre 1777, Nguyễn Ánh se cacha pendant quelque temps dans une forêt voisine du lieu où était installé le collège, que l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị et qu'il favorisa sa fuite à Poulo Panjang dès que les Tây-sơn se furent retirés" » (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, p. 193). ↩︎

  9. « Telle est la conclusion de la critique que fait M. Maitre (ibid. p. 344-347) de témoignages émanant des missionnaires, de Barrow et de La Bissachère; nous n'hésitons pas à la faire nôtre, bien qu'il soit infiniment probable que les témoignages de Barrow et de La Bissachère ne constituent pas deux autorités distinctes, le rédacteur du mémoire paru à Londres sous le nom de La Bissachère, s'étant très vraisemblablement inspiré de l'ouvrage de Barrow. Voir, à ce sujet, notre publication de La Relation de La Bissachère. » (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, note 2, p. 193). ↩︎

  10. Barrow, II, p. 201. ↩︎

  11. Launay, III, p. 13 et p. 153. ↩︎

  12. Relation abrégée de ce qui est arrivé au collège de Cay-Quao depuis l'évasion de Mgr Pigneaux, par M. Faulet (AME, volume 800, p. 1559), réimprimée dans Launay, III, p. 131-136. ↩︎

  13. Texte original, repris ici mot pour mot : « C'est le P. Paul qui a nourri et caché le jeune roi dans son petit bateau, qui a fait connaître Monseigneur et la sainteté de notre religion » (Launay, III, p. 70). ↩︎

  14. Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam [Histoire de la guerre civile au Viêt Nam], p. 91. ↩︎

  15. Liệt truyện, II, p. 167 et p. 370. ↩︎

  16. Sử ký Đại Nam Việt, p. 3. ↩︎

  17. Sử ký Đại Nam Việt, p. 12. ↩︎

  18. Sử ký Đại Nam Việt, p. 12-13. ↩︎

  19. La maison de Macao était alors l'établissement principal de la Société des Missions étrangères en Asie ; c'est pourquoi les missionnaires et les soldats français écrivaient d'ordinaire au procureur de Macao pour rendre compte de tout ce qui se passait dans les pays de la région. ↩︎

  20. Launay, III, p. 227. ↩︎

  21. Launay, III, p. 480-481. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Ai cứu Nguyễn Ánh khỏi sự lùng bắt của Nguyễn Huệ, tháng 9-10/1777

Về công trạng của Bá Đa Lộc đối với vua Gia Long, có hai điểm được hầu hết các sử gia thuộc địa hết sức đề cao:

1- Mặc dù Pháp hoàng không thi hành hiệp ước cầu viện 1787, nhưng Bá Đa Lộc đã tự xoay sở kiếm tiền mua khí giới và mộ binh giúp Nguyễn Ánh.

2- Bá Đa Lộc đã cứu Nguyễn Ánh thoát khỏi sự lùng bắt của Nguyễn Huệ, tháng 9-10/1777.

Điểm thứ nhất, chúng tôi sẽ đế cập đến sau. Điểm thứ hai là nền tảng của lập luận: nếu giám mục Bá Đa Lộc không cứu sống Nguyễn Ánh, thì không có triều Nguyễn. "Sự thực lịch sử" này, sẽ biến thành "công ơn của nước Pháp" đối với triều Nguyễn, được lập đi lập lại nhiều lần, đặc biệt trong các văn thư chính thức của chính phủ Pháp hoặc của các thủy sư đô đốc gửi các vua Minh Mạng, Thiệu Trị, Tự Đức, để đòi trả các giáo sĩ bị bắt, hoặc xin thông thương. Vì thế, ta cần điều tra lại sự kiện này, xem hư thực thế nào1.

Ngoài những tài liệu chính thức, chúng tôi để ý đến một cuốn sử ngoài luồng, đó là cuốn Sử ký Đại Nam Việt, với những thông tin lạ, không thấy trong chính sử. Tên đầy đủ của cuốn sách này là: "Annales Annamites (Sử biên niên An Nam). Sử Ký Đại Nam Việt*. Quốc triều. Nhứt là doãn tích từ Hiếu Vũ Vương cho đến khi vua Gia Long (Nguyễn Ánh) đặng trị lấy cả và nước An Nam"2.*

Sử Ký Đại Nam Việt viết bằng chữ quốc ngữ, chắc chắn thuộc nhà dòng; tác giả (hoặc nhiều tác giả) có thể là thân nhân hoặc con cháu linh mục Paul Nghị, người mà chúng ta sẽ biết là ai. Tác giả Sử Ký Đại Nam Việt là người Việt, nên đã cung cấp một số thông tin khác với thông tin của các thừa sai về việc Nguyễn Ánh chạy thoát năm 1777, và cho biết những chi tiết về Nguyễn Ánh hồi trẻ, hoặc những việc xẩy ra không được sử gia triều Nguyễn ghi lại. Với chữ quốc ngữ còn phôi thai thời ấy, tác giả, lại không chuyên nghiên cứu và có lẽ ít học, nên chỉ kể chuyện theo trí nhớ, có những chỗ không ăn khớp với thời gian, tuy nhiên, những dữ kiện trình bày, nhiều điều có thể tin được.

Trước hết, xin nhắc lại vài sự kiện chủ chốt trong hai tháng 9-10/1777, thời điểm gia đình và quần thần của chúa Nguyễn bị Nguyễn Huệ lùng bắt và tận diệt:

Ngày 19/9/1777, Tân Chính Vương (tức Hoàng Tôn Dương) và 18 quan theo hầu bị giết.

Ngày 18/10/1777 Định Vương Nguyễn Phước Thuần bị giết cùng với Tôn Thất Đồng, anh ruột Nguyễn Ánh và các tướng: Trương Phước Thận, Lưu Thủ Lương, Nguyễn Danh Khoáng.

Một mình Nguyễn Phước Ánh, 15 tuổi, chạy thoát.

Ánh trốn tránh ở đâu? Ai nuôi ăn? Ai cho ở?

Thực Lục và Liệt Truyện không viết rõ việc này, tại sao?

Nguyễn Huệ diệt chúa Nguyễn, theo Thực Lục

Thực Lục ghi như sau: "Tháng 8 [ÂL, tức tháng 9/1777] giặc Nguyễn Văn Huệ thêm quân đánh Hương Đôi. Chưởng cơ Thiêm Lộc chạy đi Ba Việt, Tân Chính Vương thấy quân ít lương hết, bàn kế chạy về Bình Thuận cùng Chu Văn Tiếp họp quân, rốt cục không xong. Các tướng đều tản mát. Chưởng cơ Tống Phước Hoà than rằng: "Chúa lo thì tôi phải chết, nghiã không thể tránh được", rồi tự tử.

Ngày Tân Hợi [18/8/Đinh Dậu tức 19/9/1777] Tân Chính Vương bị hại chết (...)18 người quan theo hầu đều bị giặc hại cả.

Chúa [Định Vương] đi Long Xuyên.

Tháng 9 ÂL [tháng 10/1777], giặc Nguyễn Văn Huệ sai Chưởng cơ giặc là Thành (không rõ họ) [xâm] phạm Long Xuyên.

Ngày Canh Thìn [18/9/Đinh Dậu- 18/10/1777] chúa băng. Tôn Thất Đồng (con thứ hai của Hưng tổ) cũng chết theo"3.

Vài trang sau, Thực Lục viết về hoàn cảnh Nguyễn Ánh chạy trốn:

"Mùa xuân năm Đinh Dậu [1777], giặc Tây Sơn Nguyễn Văn Huệ vào đánh cướp Sài Gòn (thuộc tỉnh Gia Định) Duệ Tông đi Đăng Giang (sông Chanh, thuộc tỉnh Định Tường). Vua [Nguyễn Ánh] đem binh Đông Sơn đến ứng viện, đón Duệ Tông đến Cần Thơ (tức đạo Trấn Giang thuộc tỉnh An Giang), rồi đến Long Xuyên (thuộc tỉnh Hà Tiên). "Tháng 9 [ÂL, 10/1777] mùa thu, quân giặc theo ngặt, ngày Canh Thìn, Duệ Tông bị nạn băng. Một mình vua được thoát, lên thuyền đậu ở sông Khoa (thuộc Long Xuyên), định nhân ban đêm vượt biển để lánh giặc. Bỗng có con cá sấu cản ngang mũi thuyền ba lần, bèn thôi. Sớm mai dò biết đêm ấy có thuyền giặc ở phiá trước. Vua bèn dời sang đóng ở đảo Thổ Châu" 4.

Những ghi chép quá sơ sài cho một giai đoạn lịch sử quan trọng như thế. Phải chăng vì những người đi theo Nguyễn Ánh đều bị giết chết nên không còn ai biết rõ để thuật lại? Phải chăng vì đã có thoại chính thống "cá sấu cản thuyền", nên không ai dám hỏi Nguyễn Ánh sự việc lúc ấy ra sao, để ghi lại? Các huyền thoại về việc Nguyễn Ánh chạy thoát Nguyễn Huệ nhiều lần, được các sử gia triều Nguyễn viết vào bài Biểu, ghi ở đầu bộ Thực Lục phần viết về Gia Long, với những câu: "Sông Khoa có ngạc ngư [cá sấu] cản mũi". "Trâu thần hộ giá ở Đăng Giang"5, "Rắn thiêng nọ cõng thuyền nơi Phú Quốc"6. Đó là những lời viết trong... Biểu, với ý thánh hoá nhà vua. Những huyền thoại này, sau sẽ được viết thành truyện tiểu thuyết, vẽ lại trên các bình sứ, điã bát sứ cổ, kể các giai thoại Gia Long tẩu quốc, nhưng đó chỉ là chính sách tuyên truyền cho một quần chúng mê tín. Thực Lục là bộ sử, không thể viết kỳ cục như vậy, cho nên các tác giả bỏ bớt những điều huyễn hoặc đi, ví dụ nói "con cá sấu cản ngang mũi thuyền ba lần". Nhưng chúng ta không thể bằng lòng với những lập luận như thế.

Câu hỏi đầu tiên ở đây là: Tại sao phải bịa chuyện ra như vậy? Có lẽ đây là lý do:

Người Việt hay tin "điềm", lúc ấy Nguyễn Ánh mới 15 tuổi, khó tự mình nhân danh chúa Nguyễn, đứng lên phất cờ dựng lại cơ đồ, nên phải dựa vào "điềm đế vương", đại loại như Lê Lợi được "rùa thần dâng kiếm báu". Ở đây, điềm "cá sấu cản thuyền" rất xứng với ngôi "thiên tử", có lẽ là do các vị đại thần chủ trương và cho truyền ra từ đầu.

Một mặt khác, khi Nguyễn Huệ tiêu diệt gia đình và quần thần của chúa Nguyễn năm 1777, chỉ còn một vài đại thần sống sót, trong đó có quan Thái bảo Tống Phước Khuông (năm 1778, ông sẽ gả con gái cho Nguyễn Ánh)... Vậy có thể chính vị đại thần uyên bác đã chủ mưu việc này. Đây là một hành động chính trị cao, Nguyễn Ánh lúc đó còn quá trẻ, chắc cũng không nghĩ đến "mưu lược" này. Việc đưa tin Nguyễn Ánh ra đảo Thổ Châu, có lẽ cũng ở trong chiến lược đánh lạc hướng mà thôi, thực ra Nguyễn Ánh trốn ở chỗ khác. Một khi đã đưa ra "thoại chính thức về cá sấu" rồi, thì không ai dám "nghi ngờ" gì nữa. Các sử thần sau này cứ thế mà chép, không phải và cũng không dám "điều tra" xem hư thực ra sao.

Maybon "xác định" Bá Đa Lộc cứu Nguyễn Ánh

Sau đây là sự phân tích của sử gia Maybon về vấn đề này, sẽ được học giả Cadière chép lại. Trước hết, Maybon cho rằng phải xác định thời điểm Nguyễn Ánh gặp Bá Đa Lộc lần đầu: "Vấn đề đặt ra là làm sao biết được lúc nào thì vị giám mục và con người thừa kế bất hạnh của các chúa Nam Hà gặp nhau lần đầu. Những sách An Nam đều câm nín về sự gặp gỡ giữa hai nhân vật này và những tác giả Tây phương không thống nhất với nhau về ngày tháng. Tuy nhiên ta cũng có thể xác định sự kiện với độ chính xác nào đó. Nên nhớ rằng Huệ Vương [Định Vương] và các hoàng tử [anh em Nguyễn Ánh] đã được quan trấn thủ Hà Tiên [Mạc Thiên Tứ] tiếp đón nồng hậu khi họ bị Nguyễn Văn Lữ đuổi đánh; mặt khác, Pigneau [Bá Đa Lộc] được Mạc Thiên Tứ khẩn khoản gọi từ Cam-bốt về năm trước, lúc này đang ở cạnh quan trấn thủ [Mạc Thiên Tứ] và có thể vị giám mục đã gặp các ông hoàng trong thời điểm này"7.

Việc Nguyễn Ánh và Bá Đa Lộc gặp nhau lần đầu thì có ăn nhập gì đến việc Bá Đa Lộc "cứu" Nguyễn Ánh? Có chứ. Bởi vì, có gặp, có được giới thiệu, thì mới biết là đó là ông hoàng, là con của vị chúa đáng lẽ nối ngôi Võ Vương. Nếu không gặp trước, thì Ánh lúc đó chỉ là cậu nhỏ 15 tuổi, chưa có danh phận gì, làm sao mà Đức Giám Mục Bá Đa Lộc lại biết, mà cứu? Tuy nhiên lập luận này cũng chỉ là những giả định, Maybon chưa chứng minh được là có cuộc "gặp gỡ" đó ở nhà Mạc Thiên Tứ. Nhưng phải công nhận sự sắp đặt của ông rất lô-gích, bởi vì sau đó, ông mới viết đến đoạn cốt lõi: "Nếu giám mục không gặp thiếu niên Nguyễn Ánh lúc ấy, thì có lẽ là sau khi Sài Gòn bị chiếm lần thứ nhì; bởi vì, dường như dứt khoát theo những chứng nhân Tây phương thì "vào khoảng tháng 9-10/1777, Nguyễn Ánh trốn tránh một thời gian trong khu rừng ngay cạnh chủng viện và giám mục Adran đã sai Paul Nghị đem đồ ăn tiếp tế đều đều và ngài giúp [Ánh] trốn sang đảo Poulo Panjang [Thổ Châu] ngay khi quân Tây Sơn rút lui"8.

Ở cuối trang 193, chú thích số 2, Maybon viết như sau: "Đó là kết luận trong lời bình của M. Maitre (sđd, t. 344-347), của chứng nhân xuất phát từ những giáo sĩ, của ông Barrow và của ông La Bissachère*, mà chúng tôi không ngần ngại chấp nhận là của chúng tôi nữa; tuy nhiên, rất ít khả năng những chứng của Barrow và La Bissachère là từ hai nguồn thông thạo khác nhau, bởi người viết cuốn ký sự* [chỉ Montyon] ký tên Bissachère, ấn hành ở Luân Đôn, rất có thể đã sao chép tác phẩm của Barrow. Về vấn đề này xin xem cuốn "Ký sự Bissachère" do chúng tôi [Maybon] in"9.

Đến đây mới thấy sự khôn khéo và thủ đoạn của sử gia Maybon. Nếu chỉ đọc đoạn đầu mà không đọc chú thích, thì câu "vào khoảng tháng 9-10/1777, Nguyễn Ánh trốn tránh một thời gian trong khu rừng ngay cạnh chủng viện và giám mục Adran đã sai Paul Nghị đem đồ ăn tiếp tế đều đều và ngài giúp [Ánh] trốn sang đảo Poulo Panjang ngay khi quân Tây Sơn rút lui", đối với chúng ta là một xác định có cơ sở, nhờ câu văn đi trước "bởi vì, dường như dứt khoát theo những chứng nhân Tây phương*".*

Nhưng nếu muốn biết thêm nguồn gốc của những chứng nhân Tây phương này thì ta sẽ phải đọc phần chú thích và thấy đó là:

1- Lời bình của M. Maitre [không biết ông này là ai, nói gì, vì ta không có sách của Maitre].

2- Chứng nhân xuất phát từ những giáo sĩ [không nói chứng nhân nào, giáo sĩ nào].

3- Của Barrow và của Bissachère [chỉ là một, vì người viết cuốn cách ký tên Bissachère (tức là Montyon) đã chép lại thoại của Barrow].

Tóm lại, câu "Nguyễn Ánh trốn tránh một thời gian trong khu rừng ngay cạnh chủng viện và giám mục Adran đã sai Paul Nghị đem đồ ăn tiếp tế đều đều và ngài giúp [Ánh] trốn sang đảo Poulo Panjang*",* mà ta vừa đọc, chỉ rút ra từ một ông Barrow, vì các "ông khác" không biết là ai và họ viết gì.

Bây giờ ta thử coi xem Barrow viết như thế nào, thì đây là nguyên văn lời Barrow: "Nhà vua đã bị địch bắt, nhưng hoàng hậu, hoàng tử [chỉ Nguyễn Ánh], các con và một người chị hay em, được Adran cứu thoát. Nhờ đêm tối, họ rời xa kinh thành [Gia Định] và trốn vào rừng. Ở đấy, trong nhiều tháng, vị vua trẻ của nước Nam (...) trốn cùng với gia đình, không dưới lùm cây sồi rậm rạp mà dưới lùm đa hay bồ đề vì ở đây không ai dám xâm phạm. Một nhà tu công giáo tên Paul [Paul Nghị] liều mình đem đồ ăn mỗi ngày*, cho đến khi* [quân đội đi lùng] không còn tìm kiếm nữa và sau cùng được lệnh rút về" 10.

Chỗ sai lầm của Barrow trong câu này, mà chúng tôi đã nói đến trong chương 4, là:

1- Ông tưởng Định Vương là cha của Nguyễn Ánh, nên gọi Nguyễn Ánh là Hoàng tử, thực ra Định Vương là chú của Nguyễn Ánh.

2- Ông nói Nguyễn Ánh [hoàng tử] trốn với mẹ [hoàng hậu] và các con... là sai, vì lúc ấy Nguyễn Ánh chưa có vợ con gì cả, và cũng không phải do Adran cứu thoát, sẽ chứng minh ở dưới. Chỉ có câu "Một nhà tu công giáo tên Paul [Paul Nghị] liều mình đem đồ ăn mỗi ngày" của Barrow là đúng.

Nhưng câu văn này của Barrow, đã được sử gia Maybon "biên tập" lại:

Trước hết, ông chỉ lấy một ý của Barrow: "được Adran cứu thoát" và cắt hết các ý khác, rồi thêm vào những "thông tin" sau đây:

1- Chỗ trốn của Nguyễn Ánh ngay cạnh chủng viện (không có trong lời Barrow) để thiết lập một thứ logique cho việc Bá Đa Lộc cứu sống Nguyễn Ánh.

2- Sau đó Maybon viết: giám mục Adran đã sai Paul Nghị đem đồ ăn tiếp tế đều đều. (Câu giám mục Adran đã sai Paul Nghị là do Maybon thêm vào, Barrow không nhắc đến Adran, chỉ viết: Một nhà tu công giáo tên Paul liều mình đem đồ ăn mỗi ngày.

3- Và Maybon còn thêm vào câu này nữa: ngài giúp [Ánh] trốn sang đảo Poulo Panjang (câu này cũng không có trong lời của Barrow).

Để hoàn tất, ông đưa ra lời bình luận của M. Maitre, như một xác định có uy tín, và sau cùng ông nhũn nhặn viết: chúng tôi không ngần ngại chấp nhận [lập luận này] là của chúng tôi.

Maybon đã biến một câu có nhiều sai lầm của một tác giả mà ông khinh miệt là Barrow (sẽ nói đến sau), thành một thông tin khả tín bằng cách cắt xén và thêm thắt những điều không có trong lời của tác giả. Đó là lối viết tinh xảo, của một học giả khi muốn chế tạo những thông tin giả tạo. Người đi sau, khi thấy "sử gia học giả" Maybon đã viết như thế, thì không ngần ngại gì mà không chép lại như một "sự thực hiển nhiên". Rất may là chúng ta tìm được những chứng nhân khác, viết về việc này.

Faulet kể việc cha Nghị cứu Nguyễn Ánh

Giáo sĩ Julien Faulet, sinh ngày 21/11/1741 ở Guilliers (thuộc vùng Morbihan, Bretagne, Pháp) đi truyền giáo từ ngày 29/11/1773, được chuyển đến Cao Miên tháng 6/1775, làm trợ tá cho giám mục Bá Đa Lộc. Trong suốt thời gian truyền giáo ở khu vực này, ông và giáo dân sống trong tình trạng cực kỳ khốn khổ vì chiến tranh và cướp bóc, cái chết luôn luôn gần kề, cuối cùng ông bị bệnh tâm thần, phải quay trở về Âu Châu năm 1781, và mất trên đường về, năm 1783. Giáo sĩ Descouvrières, bề trên của ông, năm 1784, đã tìm kiếm về cái chết của ông, cho biết có thể ông đã chết ở Batavia, cùng với nhiều người Pháp khác, trên chuyến tầu về Ile de France (tức Ile Maurice bây giờ)11. Giáo sĩ Faulet viết nhiều thư mô tả tình hình chiến sự, giáo xứ và giáo dân ở Cao Miên và Hà Tiên, trong đó có hai tài liệu quan trọng:

1- Bản Ký sự dài, thuật việc giám mục Bá Đa Lộc phải tẩu thoát khỏi tu viện Cay-Quao [tu viện do giám mục xây dựng ở phiá Nam Hà Tiên, dưới sự bảo trợ của quan trấn thủ Mạc Thiên Tứ]. Trong tình trạng khẩn cấp, khi Nguyễn Huệ đánh xuống, Bá Đa Lộc phải bỏ tất cả con chiên và giáo sĩ ở lại để thoát thân. Giám mục Bá Đa Lộc chạy ngày thứ ba [29/7/1777] mà tới thứ sáu ngày 1/8/1777, giáo sĩ Faulet mới dám báo tin cho những trách nhiệm địa phương biết12.

Sau đó, qua những gì được ghi trong Sử Ký Đại Nam Việt, mà ta sẽ đọc ở dưới, thì lại biết thêm rằng: giám mục chạy sang Cao Miên. Tóm lại: Bá Đa Lộc chạy khỏi Hà Tiên ngày 29/7/1777 và ông đã chạy sang Cao Miên. Như vậy, giám mục không thể nào "cứu" Nguyễn Ánh trong tháng 9-10/1777 được.

2- Trong một bức thư khác, giáo sĩ Faulet cho biết ai cứu thoát Nguyễn Ánh tháng 9-10/1777. Đó là lá thư Faulet viết ở Cao Miên ngày 25/4/1780 gửi M. Descouvrières, kể về tình trạng cực kỳ khốn khổ của họ đạo ở Hà Tiên, giữa cướp bóc và giặc giã, đoạn chót có câu: "Chính cha Paul [Paul Nghị] đã nuôi ăn và giấu ông vua trẻ trong chiếc thuyền nhỏ của ông và báo cho Đức thánh cha [Bá Đa Lộc] biết" 13. Lá thư này là một tư liệu quý, bởi vì linh mục Faulet lúc đó ở Hà Tiên, có lẽ ông đang ở trong nhà Giám Mục Bá Đa Lộc, cho nên biết rõ chuyện: cha Paul Nghị đã giấu Nguyễn Ánh trong thuyền của mình.

Sự sai lầm của Tạ Chí Đại Trường

Tạ Chí Đại Trường, có đọc câu này của Faulet, nhưng ông lại hiểu và viết lại như sau: "Lúc bấy giờ Nguyễn Ánh ở đâu mà lại thoát khỏi cái vạ diệt tộc này? Sử quan nhà Nguyễn không lưu ý nhiều đến việc chạy trốn không lấy gì làm vẻ vang cho chúa của họ nên không xét đến nơi chốn lưu lạc của ông. Họ thay thế cái nhục lẩn tránh Tây Sơn bằng câu chuyện cá sấu đưa qua sông, một bằng chứng mang số đế vương của ông hoàng này... Thế mà chỉ trong một tháng sau ta thấy ông có mặt ở Long Xuyên với Đỗ Thanh Nhân. Điều đó chứng tỏ ông vẫn theo Duệ Tông từ lúc rời Ba Giồng. Nhờ đó mà được Pigneau đem dấu trốn và sai Hồ Văn Nghị đem thức ăn nuôi sống (Chú thích: Thư của ông Faulet cho ông Descouvrières..."14.

Việc một cậu bé 15 tuổi, một mình chạy thoát kẻ đã giết cả họ mình, thì có gì là xấu hổ, là cái nhục? Thực Lục, Liệt Truyện, ghi cả những chuyện có thể gọi là "nhục" hơn: "Vua đi một ngày đêm chưa ăn, [Nguyễn Đức] Xuyên chạy vào nhà dân xin cơm" hoặc: "Gặp lúc hết lương ăn, quân đói xanh mặt, có thuyền buôn ở Hạ Châu đi qua, [Nguyễn Văn] Thành đem quân đi cướp bị lũ lái buôn chống lại rất dữ, Thành bị vài vết thương cố nhẩy lên cướp được thuyền gạo đem về"15.

Cái lạ là lập luận "móc nối" của Tạ Chí Đại Trường: Tại sao việc "một tháng sau, Nguyễn Ánh có mặt ở Long Xuyên" lại chứng tỏ là Ánh đã "theo Duệ Tông từ lúc rời Ba Giồng"? Để dẫn đến kết luận: Vì "Ánh đi theo Duệ Tông" nên nhờ đó mà được Pigneau đem giấu trốn?

Nhưng cái lạ nhất vẫn là một câu trong thư của Faulet, nguyên văn tiếng Pháp như sau: *"*C'est le P. Paul qui a nourri et caché le jeune roi dans son petit bateau, qui a fait connaître Monseigneur et la sainteté de notre religion" (Chính cha Paul đã nuôi ăn và giấu ông vua trẻ trong chiếc thuyền nhỏ của ông và đã báo cho Đức thánh cha [Bá Đa Lộc] biết), lại được Tạ Chí Đại Trường viết thành: "được Pigneau [Bá Đa Lộc] đem dấu trốn và sai Hồ Văn Nghị đem thức ăn nuôi sống". Faulet viết rõ ràng như vậy, vì lý do gì mà Tạ Chí Đại Trường lại xoay hẳn nghiã câu này cho đúng với lập luận của Maybon và những người Pháp thực dân?

Chúng tôi nhấn mạnh điểm này, vì câu văn ngắn ngủi của Faulet hết sức quan trọng, đây là lần đầu tiên và duy nhất, có một chứng nhân tại chỗ, người Pháp, người ấy là giáo sĩ Faulet, ông đã xác định: Paul Nghị mới là người cứu sống Nguyễn Ánh, không phải Bá Đa Lộc. Ý kiến của Faulet lại trùng hợp với một ý kiến khác, của một người Việt, là tác giả Sử Ký Đại Nam Việt.

Sự tường thuật của Sử ký Đại Nam Việt

Về việc Nguyễn Ánh chạy trốn, Sử ký Đại Nam Việt trình bầy ba điều, có liên quan mật thiết với nhau:

1- Về người mẹ của Nguyễn Ánh*,* Sử Ký Đại Nam Việt viết như sau: "Con thứ hai của ông Vũ Vương [Võ Vương Nguyễn Phước Khoát], tên là Chưởng Vũ [Nguyễn Phước Luân], chẳng khác tính cha là bao nhiêu [tức là cũng ăn chơi như cha]. Trong các vợ ông ấy có một đứa con hát sinh đặng nhiều con trai; trong những con trai ấy, thì con thứ hai tên là Đức Hoàng Nguyễn Ánh, có danh tiếng, vì đến sau được nối dòng cùng tôn lên làm vua, gọi là Gia Long"16.

Chi tiết bà mẹ Nguyễn Ánh là "con hát" rất đáng chú ý, bởi lúc Nguyễn Ánh bị nạn, cũng theo Sử ký Đại Nam Việt, sẽ được một người "con hát" cứu thoát.

2- Điểm thứ hai, trái với Thực Lục, nói rằng, Nguyễn Ánh chạy với Định Vương, Sử Ký Đại Nam Việt, lại nói rằng Nguyễn Ánh chạy với Tân Chính Vương. Dưới tiểu đề "Quân Tây Sơn giết ông Hoàng Tôn", Sử Ký Đại Nam Việt viết như sau: "Đến sau, quân lính Hoàng Tôn [tức Hoàng Tôn Dương hay Tân Chính Vương] đã phải thua một trận cả thể lắm, quân giặc bắt đặng ông Huệ Vương [tức Định Vương Nguyễn Phước Thuần] mà giết ông ấy đi với các anh em. Ông Hoàng Tôn với ông Nguyễn Ánh thì trốn được vào đồn kia với một ít quân*. Song bởi quân ấy thấy ông Hoàng Tôn cô thế, thì chẳng có lòng với ông ấy là bao nhiêu, nên giao với quân Tây Sơn, mà chịu hàng cùng nộp ông Hoàng Tôn với ông Nguyễn Ánh cho nó.* Song ông Nguyễn Ánh trốn khỏi*. Vậy quân giặc bắt ông Hoàng Tôn mà giết đi một cách kín đáo, chẳng dám giết trước mặt người ta, kẻo còn nhiều kẻ phục ông ấy mà thêm loạn lạc chăng"17.*

Nếu thoại này đúng, thì Hoàng Tôn Dương bị quân của mình bắt, nộp cho Nguyễn Huệ, còn Nguyễn Ánh đã chạy thoát từ tháng 9, bởi vì Hoàng Tôn Dương tức Tân Chính Vương bị giết ngày 19/9/1777.

3- Về việc Nguyễn Ánh chạy trốn, Sử Ký Đại Nam Việt viết trong đoạn "Nguyễn Ánh trốn giặc" như sau: "Ấy vậy mà tông tộc nhà Nguyễn đã gần tuyệt, còn lại một ông Nguyễn Ánh cùng ba anh em mà thôi. Chẳng khỏi bao lâu thì ba ông nầy lại phải sự khốn khó mà chết hết. Vậy còn một ông Nguyễn Ánh mới lên mười bốn hay mười lăm tuổi mà thôi.

Ông ấy tuy khỏi chết, song đã phải túng cực lắm vì chẳng còn của gì, chẳng còn ai giúp cùng chẳng biết tin ai nữa. May còn một đứa nhà trò có lòng trung tín, ban đêm đã kiếm đặng một chiếc thuyền nhỏ, thì hai thầy tớ liền đem nhau tìm nơi mà ẩn trong rừng lau lách. Tình cờ lại gặp thuyền ông Phaolồ [Paul Nghị], là thầy cả bổn quốc, cũng đang chạy giặc. Bấy giờ ông Nguyễn Ánh, tuy chưa quen biết thầy Phaolồ, song đã biết là thầy cả bổn quốc, cũng biết là thầy đạo, thì xưng danh mình ra, xin thầy Phaolồ cứu. Thầy Phaolồ liền chịu và đem qua giấu trong thuyền mình và chèo thẳng qua Hà Tiên, mà giấu trong nhà Đức Thầy Vêro [Bá Đa Lộc]. Khi ấy đức thầy Vêrô đã sang bên Cao Miên, cho nên thầy cả Phaolồ vội vàng gởi tin cho người biết sự ấy cho kíp.

Ông Phaolồ có ý giấu ông Nguyễn Ánh trong nhà Đức Thầy Verô cho kỹ, nên chẳng cho ai biết. Song cũng khó lắm, vì quân Tây Sơn đã biết tỏ ông ấy đã trốn sang Hà Tiên, nên đã truyền tìm bắt người mà nộp. Vậy qua một tháng thì chẳng còn lẽ nào mà giấu trong nhà nữa, nên ông Phaolồ phải đưa ông Nguyễn Ánh lên rừng nơi vắng vẻ. Đoạn hoặc ông Phao Lồ, hoặc thầy giảng kia, tên là ông Toán, thỉnh thoảng lén chở đồ ăn đến cho mà thôi*. Vậy ông Phao lồ chịu khó mà liệu cách khôn ngoan thể ấy đặng hai ba tháng, thì có công với ông Nguyễn Ánh cả thể lắm.* Vì chưng nếu chẳng có thầy cả ấy, thì ông Nguyễn Ánh phải bắt chẳng khỏi*.*

Khi ấy quan phủ kia tên là Nhất Trịnh, nghe tin ông Nguyễn Ánh hãy còn, thì lấy một ít quân mạnh bạo đi tìm mà giết. Quân Tây Sơn canh giữ đồn kia áp xứ Đồng Nai và Cao Miên, những ra sức tìm cho đặng ông Nguyễn Ánh. Dần dần thì nó biết đặng ông ấy còn ẩn mình trong thuyền ông Phaolồ trong Rạch Giá.

Cũng một khi ấy Đức Thầy Vêrô ở Cao Miên mà về, tìm được ông Nguyễn Ánh; người lại đem một Langsa, tên là Gioang [Jean] có nghề võ cùng bạo dạn gan [can] đảm và có tài đánh giặc lắm18.

Theo tác giả Sử Ký Đại Nam Việt, thì có ba người giúp Nguyễn Ánh thoát nạn:

  • Một đứa nhỏ nhà trò có lòng trung tín, tức là một tiểu đồng con nhà hát, liên hệ với mẹ Nguyễn Ánh, trung tín theo hầu, chính cậu nhỏ nhà trò này đã tìm thuyền cứu chủ, giấu vào lau lách.

  • Hồ Văn Nghị, hay Paul Nghị, thầy giảng, là người thân tín của Bá Đa Lộc, đã cứu Nguyễn Ánh giấu vào thuyền mình, chở về nhà Bá Đa Lộc ở Hà Tiên và báo tin cho Bá Đa Lộc biết, lúc ấy giám mục Bá Đa Lộc đang ở Cao Miên. Ít lâu sau sợ bị lộ, đem Nguyễn Ánh trốn vào rừng.

  • Thày giảng Toán, cũng liều mình đem đồ ăn đến cho Nguyễn Ánh.

Sau đó, khi Bá Đa Lộc từ Cao Miên trở về Gia Định, mới gặp Nguyễn Ánh, vào thời điểm nào, đó là một vấn đề khác, chúng tôi sẽ xác định sau.

Tất cả câu chuyện này, ăn khớp với nhau: Nguyễn Ánh, sau khi Tân Chính Vương bị bắt rồi bị hại, lẩn trốn với sự trợ giúp của ba ân nhân trên đây. Và họ đã giấu ông trong khoảng hai tháng, đến tháng 11/1777, Nguyễn Ánh xuất hiện ở Long Xuyên, trong trận đánh ở Long Hồ, sẽ nói đến sau.

Le Labousse viết về linh mục Hồ Văn Nghị

Chứng sau cùng, là những lá thư của giáo sĩ Le Labousse, viết trong những thời điểm khác nhau, nói về linh mục Hồ Văn Nghị:

1- Lá thư của M. Le Labousse gửi cho M. Létondal, Quản thủ (Procureur) tu viện Macao19, ngày 15/6/1789, có câu: "Đã đến lúc phải trình ông tin về sự thăng thưởng của cha Paul [Paul Nghị]. Chẳng cần làm quan, mà ông ấy được hưởng tất cả các đặc quyền*; có lẽ còn hơn các quan nữa; tôi biết chắc rằng ông ấy có một tấm thẻ bài của vua, hay một dụ, ra lệnh cho các quan phải tuân lệnh và cống hiến tất cả những gì mà ông ấy cần. Điều này làm cho con người ưu tú này trẻ ra một chút: các quan đến lạy chào, chúng tôi cũng được thơm lây"20.*

Những lời trong lá thư này của Le Laboussse chứng tỏ vua Gia Long đã kín đáo thưởng công cho ân nhân cứu mạng. Hơn thế nữa, qua thư từ giao dịch giữa các giáo sĩ, ta có thể biết Nguyễn Vương trao cho Hồ Văn Nghị những trọng trách tế nhị, bôn ba khắp trong vùng biển đông, đi về giữa Ma Cao, Ấn Độ, Phi Luật Tân... với những sứ mệnh, có thể là bí mật. Khi giao hoàng tử Cảnh cho Bá Đa Lộc đưa sang Pháp, Vương cũng sai ông đi tháp tùng hoàng tử cùng với Phạm Văn Nhơn, Nguyễn Văn Liêm. Nhưng dường như Bá Đa Lộc không muốn có người Việt có học, biết tiếng Pháp và thân tín của vua đi theo hoàng tử sang Pháp, hoặc vì một lý do gì khác, nên Phạm Văn Nhơn, Nguyễn Văn Liêm và Hồ Văn Nghị đã phải, từ Pondichéry quay về Vọng Các.

2- Tin linh mục Hồ Văn Nghị qua đời được giáo sĩ Le Labousse thông báo như sau:

"M. Paul Nghị mất ở Sài Gòn ngày 19/2/1801.

Thư của M. Le Labousse gửi cho các Giám đốc Hội truyền giáo ngoại quốc

Bình Khang ngày 20/4/1801

Năm nay, chúng tôi thông báo cùng quý vị cái chết của M. Paul, linh mục người nước Nam.

Ông mất sau nửa buổi bị đau bụng, ngày 19 tháng 2 năm nay.

Xin nói gọn rằng hội truyền giáo Nam Hà mất đi một trong những tác nhân hàng đầu. Đó là một người có thế lực qua sự nghiệp và lời nói. Được đào luyện theo đường lối của đức Giám mục Adran, người đã giảng dạy và ban cho ông danh hiệu tư tế và ông đã chứng tỏ, cho tới tuổi 67, xứng đáng là đệ tử của người thầy như thế. Ông đã tháp tùng vị chủ giáo trong mọi chuyến đi và chia sẻ với người những nhọc nhằn và bất hạnh. Họ chỉ tạm xa nhau ở Pondichéry, khi ông Paul phải ở lại để trông nom những người hầu cận hoàng tử trong khi chờ đợi hoàng tử trở về. Nhà vua, trong thời điểm tai biến, đã may mắn có ông cung cấp những nhu cầu tối thiểu, vì vậy rất quý mến ông. Chính ông là người mà Đức ông nhờ cậy mỗi lần phải gửi đến triều đình việc gì và từ khi Đức ông về trời, ông là người chính yếu giải quyết vấn đề và trợ giúp hàng đầu của chúng tôi. Sau khi Thượng đế đã cất đi cánh tay này, chúng tôi chỉ còn một mình ông Liot"21.

Linh mục Le Labousse, mất ngày 25/4/1801 ở Nha Trang, bốn ngày sau khi viết bức thư này.

Một điểm cần nhấn mạnh nữa: Trong bức thư trên đây, linh mục Le Labousse cũng chỉ nói: Nhà vua, trong thời điểm tai biến, đã may mắn có ông cung cấp những nhu cầu tối thiểu (Le roi, dans le temps de ses désastres, fut heureux de l'avoir pour lui procurer les choses de dernière nécessité*),* tức là Le Labousse cũng chỉ nói đến công lao của Paul Nghị nuôi Nguyễn Ánh, chứ không nói gì về sự tham dự của Bá Đa Lộc.

Tóm lại, hai giáo sĩ gần gụi giám mục Bá Đa Lộc nhất, trong thời kỳ này là Faulet và Le Labousse, cũng xác nhận việc Hồ Văn Nghị nuôi vua, mà không nói đến "ơn cứu tử" của Bá Đa Lộc. Riêng giáo sĩ Faulet viết rõ cả chi tiết, cứu, rồi mới báo cho đức thánh cha biết, đúng như những điều tác giả Sử Ký Đại Nam Việt thuật lại.

Barrow có thể là người đầu tiên, về phiá Tây phương, viết về chuyện này, ông cũng xác định việc Paul Nghị nuôi vua, nhưng ông thêm vào đoạn Bá Đa Lộc đưa gia đình vua chạy trốn là hoàn toàn sai sự thực, vì lúc đó vua chưa có vợ con và Bá Đa Lộc đã chạy sang Cao Miên trước rồi.

Montyon, người viết cuốn sách ký tên Bissachère (chúng tôi sẽ giới thiệu sau) chỉ chép lại thoại của Barrow.

Những sai lầm phát xuất từ Barrow, sẽ được hầu như tất cả những người viết sử về Bá Đa Lộc chép lại, để "ghi ơn cứu tử" vua Gia Long, như một thành tích đích thực của vị giám mục. Rồi "sự kiện" này lại được học giả sử gia Maybon xác định một cách chính thức, bằng cách "biên tập" lại lời Barrow, như chúng tôi đã chứng minh ở trên, để biến nó trở thành "sự thực".

Qua những chứng từ mà chúng tôi trình bầy trên đây, xin minh định lại một lần nữa:

- Chú tiểu đồng, con nhà trò, đã tìm thuyền cứu chủ Nguyễn Ánh.

- Linh mục Hồ Văn Nghị tiếp cứu Nguyễn Ánh khỏi sự lùng bắt của Nguyện Huệ, trong hai tháng 9-10/1777, với sự trợ giúp của thày giảng Toán.


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  1. Nguyễn Quốc Trị cũng đã phản bác những điều này trong cuốn Nguyễn Văn Tường, ở Chương hai: Sử thuộc điạ bôi lọ vua quan nhà Nguyễn và Nguyễn Văn Tường (256-349). Chúng tôi dùng những chứng từ khác, lập luận khác. ↩︎

  2. Nhóm Nghiên Cứu Sử Địa, in lại sách này ở Sài Gòn năm 1974 và ở Montréal năm 1986, ghi rằng: "Chúng tôi chỉ có một bản do nhà dòng Tân Định (Imprimerie de la Mission de Tân Định) in năm 1909 và ghi rõ là in lần thứ năm. Như vậy tất bản in lần thứ nhất phải ra đời nhiều năm trước năm này. Bản in này có ghi các dòng chữ Annales annamites và Quốc triều, có lẽ là do người đương thời ghi chép" (Nguyễn Khắc Ngữ, Lời nói đầu). ↩︎

  3. TL, I, t. 190-191. ↩︎

  4. TL, I, t. 205. ↩︎

  5. Ánh qua sông Chanh (Định Tường) có nhiều cá sấu, thấy con trâu đằm mình bên bờ, bèn đứng lên lưng, trâu đưa qua sông. ↩︎

  6. Ánh đi thuyền ra Hà Tiên đêm tối không thấy gì, bỗng có đàn rắn cõng thuyền sang Hà Tiên. ↩︎

  7. Nguyên văn tiếng Pháp: "La question s'est posée de savoir à quel moment s'étaient nouées les premières relations entre l'évêque et l'héritier malheureux des Seigneurs de Cochinchine. Les ouvrages annamites sont muets sur la rencontre des deux personnages et les auteurs européens ne s'accordent pas sur la date de ce fait. Cependant on peut, semble-t-il, la fixer avec une certaine exactitude. On se souvient que Huệ Vương et les princes trouvèrent auprès du gouverneur de Hà-tiên un accueil empressé lorsqu'ils furent chassés de Saigon par Nguyễn Văn-Lữ; or, Pigneau, appelé avec insistance du Cambodge par Mạc Thiên-tứ l'année précédente, se trouvait auprès du gouverneur à cette époque et il n'est pas impossible qu'il ait vu les princes" (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 192). ↩︎

  8. "S'il ne connut pas le jeune Nguyễn Ánh à ce moment, ce fut sans doute après la seconde prise de Saigon; car il paraît acquis, selon les témoignages européens, "qu'en septembre-octobre 1777, Nguyễn Ánh se cacha pendant quelque temps dans une forêt voisine du lieu où était installé le collège, que l'évêque d'Adran lui fit parvenir régulièrement des subsistances par l'intermédiaire de Paul Nghị et qu'il favorisa sa fuite à Poulo Panjang dès que les Tây-sơn se furent retirés" (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, t. 193). ↩︎

  9. "Telle est la conclusion de la critique que fait M. Maitre (ibid. p. 344-347) de témoignages émanant des missionnaires, de Barrow et de La Bissachère; nous n'hésitons pas à la faire nôtre, bien qu'il soit infiniment probable que les témoignages de Barrow et de La Bissachère ne constituent pas deux autorités distinctes, le rédacteur du mémoire paru à Londres sous le nom de La Bissachère, s'étant très vraisembablement inspiré de l'ouvrage de Barrow. Voir, à ce sujet, notre publication de La Relation de La Bissachère." (Maybon, Histoire moderne du pays d'Annam, note 2, t. 193). ↩︎

  10. Barrow II, t. 201. ↩︎

  11. Launay, III, t. 13 và t. 153. ↩︎

  12. Relation abrégée de ce qui est arrivé au collège de Cay-Quao depuis l'évasion de Mgr Pigneaux, par M. Faulet - Ký sự về những gì xẩy ra cho tu viện Cay-Quao sau khi Giám Mục Bá Đa Lộc tẩu thoát) (AME, quyển 800, t. 1559), in lại trong Launay III, t. 131-136. ↩︎

  13. Nguyên văn: "C'est le P. Paul qui a nourri et caché le jeune roi dans son petit bateau, qui a fait connaitre Monseigneur et la sainteté de notre religion" (Launay III, t. 70). ↩︎

  14. Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 91. ↩︎

  15. Liệt Truyện, II, t. 167, t. 370. ↩︎

  16. Sử Ký Đại Nam Việt, t.3. ↩︎

  17. Sử ký Đại Nam Việt, t. 12. ↩︎

  18. Sử Ký Đại Nam Việt, t. 12-13. ↩︎

  19. Tu viện Macao lúc đó là cơ sở chủ đạo của Hội Thừa Sai ở Á Châu, vì thế các giáo sĩ và binh sĩ Pháp, thường viết thư gửi viên Quản thủ (Procureur) tu viện Macao để tường trình mọi việc xẩy ra ở các nước trong vùng. ↩︎

  20. Launay, III, t. 227. ↩︎

  21. Launay, III, t. 480-481. ↩︎