Chapitre 4

Barrow et son A Voyage to Cochinchina

Chương 4

Barrow và cuốn A Voyage to Cochinchina

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Enquête sur les services rendus au roi Gia Long par les Français

L'ouvrage de John Barrow (1764-1848)

Barrow et son A Voyage to Cochinchina

L'un des premiers livres écrits par un étranger sur les années où Gia Long fonda sa dynastie est l'ouvrage de John Barrow (1764-1848), imprimé à Londres en 1806, et dont le titre — à la manière du temps, c'est-à-dire fort long — est le suivant : A Voyage to Cochinchina in the years 1792 and 1793: containing a general view of the valuable productions and the political importance of this flourishing Kingdom; and also of such European settlements as were visited on the voyage; with sketchs of the Manners, Character and Condition of their several inhabitants, to which in annexed an Account of a Journey made in the year 1801 and 1802 to the Residence of the Chief of the Booshuana nation… (Londres, 1806).

Malte-Brun l'a traduit en français et annoté, sous le titre : Voyage à la Cochinchine par les Iles de Madère, de Ténériffe et du Cap Verd, Le Brésil et l'Ile de Java, contenant des renseignements nouveaux et authentiques sur l'Etat naturel et civil de ces divers pays… (Paris, 1807). En abrégé : A Voyage to Cochinchina, ou le Voyage en Cochinchine.

John Barrow (19 juin 1764 - 23 novembre 1848) était un explorateur, un administrateur et un diplomate anglais. Vers 1792-1794, il fut attaché à George Macartney, premier ambassadeur d'Angleterre en Chine. L'escadre qui portait l'ambassade anglaise en Chine fit relâche à Đà Nẵng du 14 mai 1793 au 16 juin 1793, sous le règne de Cảnh Thịnh. L'ouvrage fut écrit vers 1797-1798, soit quatre ans après que Barrow eut quitté Đà Nẵng. Il a été abondamment cité par ceux qui ont écrit sur le Viêt Nam.

La traduction française compte deux volumes, le tome I1 et le tome II2, tous deux consacrés aux pays énumérés ci-dessus, sous la forme de mémoires historiques, géographiques, économiques et politiques. Le livre est accompagné d'un album de dix-huit gravures rapportant le voyage, exécutées par Tardieu, dont une vue de Hội An avec les types de navires et d'embarcations que l'auteur décrit dans le texte. Nous présentons et traduisons ici des extraits de ce que Barrow écrit sur le Viêt Nam, soit les chapitres IX, X et XI (p. 182-361) du tome II, dans la traduction française de Malte-Brun. Nous citerons Barrow II.

Pour composer ces trois chapitres, Barrow indique s'être appuyé sur les sources suivantes : « Il est bon de dire au lecteur, que j'ai tiré la plus grande partie des détails que je viens de donner, et de ceux qui vont suivre, d'un mémoire manuscrit de M. Barisy, officier français d'un grand mérite, qui commandait une frégate au service de Caung-shung. Il est certain que la première partie [c'est-à-dire la partie qui traite de Quang Trung] s'accorde parfaitement avec ce que nous avons appris dans la baie de Turon, d'un secrétaire du gouvernement de la Chine, résident en ce lieu, et dont les récits nous étaient transmis par notre interprète. Les différentes relations des missionnaires qui ont résidé dans ce pays, s'y accordent également : ainsi, je n'hésite pas à donner au reste la plus entière confiance. D'ailleurs, les faits principaux m'ont encore été confirmés par le témoignage de deux Anglais, qui ont été à Sai-gong dans les années 1799 à 1800. »3

En somme, Barrow s'est appuyé sur :

1- Le mémoire manuscrit de Barisy, l'un des soldats français au service de Nguyễn Ánh.

2- Le récit du secrétaire employé par le gouvernement de la Chine, à Đà Nẵng (1793), traduit par l'interprète.

3- Deux Anglais qui avaient vécu à Saigon en 1799 et 1800.

4- Et les documents des Nouvelles des missions orientales, imprimées en 1785, 1787, 1789, 1794 et 1797.

Cette phrase — un secrétaire du gouvernement de la Chine —, Taboulet, en citant Barrow, l'écrit ainsi : Un secrétaire chinois du gouvernement vietnamien4. Taboulet a recopié la phrase fautive de Maybon : au lieu d'écrire « le secrétaire du gouvernement chinois », Maybon l'avait changée en « le secrétaire chinois du gouvernement vietnamien »5. Maybon l'a-t-il fait par inadvertance ou à dessein, on ne peut le savoir.

Mais le pire de tous est Tạ Chí Đại Trường. Il copie Taboulet, mais écrit : « John Barrow, s'appuyant sur les documents de L. Barisy, sur un secrétaire chinois du gouvernement de Gia Định (Trịnh Hoài Đức ?) et sur les missionnaires, a dessiné avec netteté un Nguyễn Ánh d'âge mûr… »6 On ne comprend pas pourquoi Tạ Chí Đại Trường ajoute le membre de phrase « gouvernement de Gia Định », pour le raccrocher à Trịnh Hoài Đức. Barrow est-il jamais allé à Gia Định pour y rencontrer Trịnh Hoài Đức ? Après quoi M. Tạ « observe » que les historiographes des Nguyễn « ne manquaient jamais une occasion d'exalter leur empereur ». Rappelons-le : ce qui est écrit sur Gia Long dans A Voyage to Cochinchina a été écrit par Barrow lui-même, non par les « historiographes des Nguyễn » ni par Trịnh Hoài Đức.

Pour dresser le portrait de Gia Long, Barrow dit s'être appuyé sur le mémoire de Barisy, sur le récit des deux Anglais qui étaient à Saigon en 1799-1800 et sur les documents de la mission imprimés dans Les Nouvelles des missions orientales : ce sont là les témoins étrangers les plus proches de cette époque. Barisy en particulier, qui servit le roi Nguyễn pendant plusieurs années, était l'homme qui achetait les armes à l'étranger pour le roi. Quant à l'art de construire les navires et les bâtiments de guerre vietnamiens, Barrow a observé les navires et les embarcations de la baie de Đà Nẵng et de Hội An, en 1793, sous le règne de Cảnh Thịnh. Ce que Barrow écrit sur la construction navale au Viêt Nam en particulier, en Chine et en Orient en général, réfute indirectement tous les discours selon lesquels « les officiers » français et Pigneau de Béhaine auraient « appris » à Gia Long à construire des navires et à fondre des canons.

C'est sans doute pour cette raison qu'en citant Barrow, Taboulet a purement et simplement supprimé les deux passages les plus importants : celui sur la technique de construction des bâtiments de guerre au Viêt Nam et celui où Gia Long surveille et dirige lui-même tous les chantiers de construction navale et toutes les fonderies de canons de Gia Định.

Maybon, lui, écarte l'ouvrage de Barrow en ne critiquant que les passages historiquement faux, principalement l'affaire de Conway refusant d'appliquer le traité de Versailles du 28 novembre 1787 ; mais il en conserve une autre erreur, dont il fait usage : celle où Pigneau de Béhaine « sauve la vie » de Nguyễn Ánh en 1777, nécessaire à l'établissement de la « place de premier rang » de Pigneau de Béhaine auprès de Nguyễn Ánh.

Le contenu de A Voyage to Cochinchina

La partie consacrée au Viêt Nam compte trois chapitres — IX, X et XI —, imprimés dans le tome II.

Chapitre IX. Il comprend deux parties :

1- La situation géographique du pays et la relâche de l'escadre anglaise à Đà Nẵng (p. 182-191).

2- Un abrégé de l'histoire du pays7 et le portrait du roi Gia Long (p. 220-240).

Barrow s'attache particulièrement aux deux héros que sont Nguyễn Huệ et Nguyễn Ánh. Sur l'empereur Quang Trung, il se place au point de vue alors commun, qui le traite d'usurpateur, mais il n'en admire pas moins son génie politique et militaire, et le respecte. Quant au portrait du roi Gia Long, c'est l'un des textes les plus nets et les plus détaillés qui soient. Barrow lui voue un respect particulier et le tient pour un génie : il a relevé la maison des Nguyễn après des années de traque par Nguyễn Huệ, sans plus un pan d'armure, contraint à l'exil et à la misère ; parti d'« une seule barque », il avait dix ans plus tard « une flotte de mille deux cents bâtiments de guerre », et non seulement reprenait le Sud de ses ancêtres, les seigneurs Nguyễn, mais montait au Nord réunifier le pays. La partie consacrée au roi Gia Long sera traduite au chapitre 6 : Portrait du roi Gia Long.

Chapitre X. Aperçu général des mœurs, du caractère et des conditions de vie des habitants de Đà Nẵng. Récit de la réception de l'escadre anglaise par la cour de Cảnh Thịnh (p. 241-306), avec les sujets suivants :

La langue, la religion, l'habitation, le vêtement, la morale, la place de la femme — assez libre, et faisant tout ce que font les hommes (p. 257-276). Les maisons, les produits, les ressources de la mer à Đà Nẵng, les produits de la forêt, la nourriture, les fruits, la production, la transmission des héritages (p. 277-287). La technique de construction des navires et des bâtiments de guerre vietnamiens (p. 287-293). Un tableau comparatif de quelques mots anglais, chinois et vietnamiens (p. 295-297). Une comparaison entre les Chinois et les Vietnamiens. Les Vietnamiens sont bouddhistes, vénèrent les génies, placent le Bouddha dans les arbres ; superstitieux, ils dressent un autel là où un accident s'est produit (p. 299-304). Sur le droit pénal, une comparaison avec la Chine : la loi est la même, mais pendant son séjour à Đà Nẵng il n'a vu appliquer aucun châtiment, tandis qu'en Chine on voit partout des condamnés sauvagement battus, gémissant sous la cangue (p. 305-306).

Barrow garde un ton objectif quand il parle des Vietnamiens, de leurs religions, de leurs mœurs et de leurs usages. Ce qu'il juge mauvais, il le critique — la superstition des Vietnamiens, leur penchant à la petite rapine —, mais il ajoute qu'il n'est pas resté assez longtemps, et qu'il peut donc se tromper dans son jugement.

Chapitre XI. Exposé des avantages du commerce avec le pays (p. 307-345).

Comme la plupart des auteurs étrangers qui écrivent sur l'histoire du Viêt Nam, Barrow commet des erreurs inévitables, faute de connaître notre histoire et notre culture. Le passage sur Quang Trung confond deux personnages : Sun Shiyi et Fukang'an (celui que Barrow rencontra à Pékin). On y trouve pourtant un renseignement digne d'attention : Nguyễn Lữ était moine (Barrow II, p. 192). Barrow écrit : « Le marchand [Nguyễn Nhạc] se montrait fastueux en banquets, en fêtes et en feux d'artifice. Le général [Nguyễn Huệ] gagnait les troupes, et le moine [Nguyễn Lữ] avait la voix des sectaires » (p. 192). Le fait, s'il est exact, expliquerait pourquoi Nguyễn Lữ fuyait d'ordinaire le combat et n'eut pas d'enfant.

En somme, ce qu'il y a de plus précieux dans l'ouvrage de John Barrow, ce sont les choses qu'il a vues et entendues lui-même, ou qu'il tient de témoins ayant directement vécu à cette époque. Nous traduisons ci-après les passages qui nous servent dans l'étude du contexte social et historique du Viêt Nam.

Pourquoi l'escadre anglaise fit relâche à Đà Nẵng en 1793

Le premier passage digne d'attention est celui où l'auteur dit dans quelles circonstances l'escadre anglaise fit relâche à Đà Nẵng en 1793. Barrow écrit : « Comme il fallait alors attendre un vent favorable [pour repartir], et vu l'état de santé de nos malades, force nous fut de relâcher à terre.

Nous dûmes mouiller dans une baie, en face de l'archipel de Côn Lôn. Mais à la vue de nos grands navires, les habitants prirent peur et s'enfuirent dans la montagne, ne laissant devant la porte de leurs cases que le peu de vivres qu'ils avaient, avec quelques caractères chinois nous disant de prendre tout ce qu'ils possédaient, mais d'épargner leurs misérables toits.

Voyant l'état de cette île, nous levâmes l'ancre en hâte et fîmes route droit vers une autre partie de l'Asie, celle-là même qui devrait être mieux connue, et dont nous osons prédire que dans quelques années elle le sera de plusieurs nations d'Europe. »8

Il réfute ensuite l'opinion de Pinkerton, pour qui cette région (le Laos, le Cambodge, le Viêt Nam) n'aurait rien de remarquable ; au contraire, sa position stratégique, sa fertilité et la richesse de ses productions en font l'une des terres essentielles, qui mérite plus d'attention. Or, sur les cartes comme dans les descriptions géographiques, nous [les Anglais] avons négligé ce pays. Les remarques de Barrow, pour l'époque, sont assez clairvoyantes ; mais il faut savoir aussi que sa clairvoyance ne sert que l'empire britannique et la conquête coloniale anglaise. En chemin, les Anglais se heurtaient sans cesse aux autres nations d'Europe : jalousies, entraves, sabotages.

Cela une fois vu clairement, on comprend pourquoi le roi Gia Long, puis Minh Mạng, Thiệu Trị et Tự Đức refusèrent tous aux Européens d'établir des relations diplomatiques et d'ouvrir des comptoirs : car derrière la carte du comptoir, il y a l'espionnage et le chemin ouvert aux corps expéditionnaires — et l'ouvrage de Barrow est l'un des livres qui y président.

La côte du pays : le premier contact

Barrow écrit : « Les noms portés sur nos cartes [anglaises] ignorent tout à fait cette partie du continent [Tonquin, Cochinchine, Tsiompa, Cambodia, c'est-à-dire le Bắc Hà, le Nam Hà, le Champa, le Cambodge], hormis le mot Tung-quin [le Bắc Hà]. Les trois autres régions y sont remplacées par le nom d'An-Nam, et le pays entier partagé en trois parties :

La première, depuis la pointe méridionale qui touche au golfe de Siam, c'est-à-dire de la latitude 9 à la latitude 12, s'appelle Don-nai [Đồng Nai]. La deuxième, de la latitude 12 à la latitude 16, s'appelle Chang [le Centre ?], et la troisième, de la latitude 16 à la latitude 17, s'appelle Huê. Au-delà de la latitude 17 commence le territoire de Tung-quin [le Bắc Hà]. La côte de ces trois régions offre des baies et des ports sûrs et commodes. Le grand fleuve Đồng Nai (porté Cambodie sur la carte) est décrit comme permettant aux plus grandes escadres de pénétrer jusqu'à quarante milles marins [environ 74 kilomètres]9 dans les terres, où se trouve la ville de Sai-gong [Saigon], avec un port vaste et commode et un grand chantier de construction de bâtiments de guerre. Un Anglais qui allait de Chine aux Indes et avait remonté ce fleuve sur une frégate portugaise m'a dit que c'en était la portion la plus imposante. Ce fleuve se divise en plusieurs bras larges ; mais celui qu'il avait suivi n'excédait guère deux milles de large, et souvent un mille seulement. (…)

Dans la région de Chang [le Centre ?], vers 13 degrés 50 minutes de latitude nord, se trouvent la baie et le port de Chin-Cheu [Thị Nại ?]. Le port est très vaste et parfaitement abrité du vent ; mais les grands bâtiments doivent mouiller au large, car une barre de rochers barre la passe qui joint le port à la baie extérieure ; au fond du port est la ville de Quin-nong [Quy Nhơn].

La ville principale du territoire de Huê porte le même nom ; elle est sur la rive d'un fleuve où les bâtiments de guerre peuvent entrer, et possède un grand port ; mais une barre de sable en barre l'embouchure. La baie de Han-san [Cửa Hàn], au sud de ce fleuve, est ordinairement portée sur les cartes sous le nom de baie de Turon [Tourane, Đà Nẵng]. Dans tout l'Orient, il n'est guère de baie qui l'égale en sûreté et en commodité. Il n'en est assurément pas de meilleure.

C'est vers cette baie que nous fîmes route en quittant Côn Lôn. Nous arrivâmes à Đà Nẵng le 24 mai [1793]. N'ayant pas de carte à consulter, et voyant entre nous et la côte une multitude de barques de pêche, nous mîmes une chaloupe à la mer pour chercher un pilote côtier ; mais les pêcheurs, nous ayant aperçus, se hâtèrent de faire voile en arrière. Nous finîmes par saisir une barque sans voile, d'où nous tirâmes un misérable vieillard. Je n'ai jamais vu personne d'aussi misérable : le visage tout sillonné de rides ; les yeux hagards, enfoncés dans le crâne ; le teint couleur de vieux chêne ; quelques mèches grises sortant d'un linge sale enroulé autour de la tête ; pour tout vêtement une veste courte rapiécée de vingt morceaux de couleurs différentes, avec un pantalon en loques, fendu par bandes comme une jupe.

L'échantillon d'habitant que nous venions de voir ne nous donnait pas une impression favorable. Quand ce malheureux vieillard mit le pied sur le navire, il parut extrêmement agité, regardant de tous côtés sur le pont ; puis il vit les grosses pièces d'artillerie et s'étonna de tant de monde. Mais ce qui le frappa le plus, ce furent les hauts mâts. Il se débattait et pleurait. Il nous fallut le rassurer longuement, lui faire comprendre par signes ce que nous voulions et pourquoi nous l'avions fait monter à bord. Alors seulement le vieillard nous montra du doigt l'entrée de la baie, bien difficile à qui ne la connaît pas. La tempête nous retint, et ce n'est que le lendemain soir que nous pûmes y entrer.

La raison officielle qui nous poussa à entrer dans l'embouchure de Đà Nẵng, après la mésaventure de Côn Lôn, était le mauvais état où la fièvre et la dysenterie avaient réduit nos malades, dont elles avaient emporté plusieurs. Pendant notre séjour à Batavia [Jakarta], presque tous avaient été atteints. On comprendra mieux notre inquiétude et notre tristesse lorsque le capitaine du navire portugais mouillé dans la baie nous apprit qu'une rébellion avait éclaté en Cochinchine, que la famine régnait dans tout le pays, et qu'on n'y trouverait rien des vivres qui nous étaient si nécessaires. Il nous conseillait d'aller droit à Macao plutôt que de perdre notre temps ici en vain : on nous ferait peut-être de belles promesses, mais il savait de science certaine qu'on ne pourrait rien nous fournir. L'état misérable du vieux pêcheur, l'aspect général des lieux, et enfin tout ce que nous voyions confirmaient le triste rapport de M. Manuel Duomé. Fort peu d'indigènes approchaient de notre escadre. Ils paraissaient inquiets et défiants. Enfin, lorsque nous descendîmes à terre, ils nous évitèrent. Personne ne vint à bord nous offrir le moindre vivre, et c'est à grand-peine que nous pûmes acheter à terre quelques poules, un peu de fruits et quelques racines de manioc.

Le second jour pourtant, il y eut marché, mieux fourni, et quelques jours plus tard, sachant que nous payions le juste prix, en bonne monnaie, ils apportèrent quantité de vivres, de fruits et de légumes de toute sorte. Les autorités du lieu commencèrent à se montrer, à prêter quelque attention à nos demandes et à se conduire avec politesse et courtoisie. Elles finirent par venir nous visiter à bord et invitèrent tous les officiers à descendre à terre le soir même pour un dîner.

De ce jour, nos rapports avec cette nation devinrent francs et solides ; il y eut confiance mutuelle. Nous découvrîmes plus tard une chose peu glorieuse pour notre ami Manuel Duomé : c'est que ce négociant portugais, par concurrence commerciale, avait lui-même éveillé la défiance des Vietnamiens en les avertissant en secret que l'escadre anglaise venait sûrement avec des intentions belliqueuses ; et il paraît qu'il avait fort répandu cette idée, dans l'espoir que les Vietnamiens fermeraient le marché, ne nous vendraient rien et nous forceraient à lever l'ancre, pour rester seul à commercer sur cette côte. »10

Plus loin, Barrow revient sur la calomnie du capitaine portugais Duomé, accusant les navires anglais d'être venus s'emparer de Đà Nẵng : « … on ne s'étonnera pas qu'à l'arrivée de notre escadre, notre ami portugais Manuel Duomé ait habilement profité des circonstances pour semer l'inquiétude et la défiance, afin que nous ne pussions [rester à Đà Nẵng et] nuire au commerce exclusif et lucratif qu'il faisait avec les indigènes. Il semble qu'ils aient d'abord cru que nous servions le roi légitime [le roi Nguyễn] et que nous venions de Saigon dans le dessein de nous emparer de Đà Nẵng. Dans cette croyance, ils avaient rassemblé près de la ville un corps de troupes considérable, avec beaucoup d'éléphants de guerre. Cette situation tendue dura plusieurs jours, puis cessa. »11

Le fait montre qu'il y avait entre Européens une lutte d'intérêts acharnée, pour s'assurer d'abord le monopole du commerce, puis la colonie. Ils ne reculaient devant aucun moyen pour se « chasser » les uns les autres des régions qu'ils jugeaient « grasses ».

Le parcours de Pigneau de Béhaine, selon Barrow

Sur Pigneau de Béhaine, Barrow écrit au chapitre IX :

« Pendant le soulèvement des Tây Sơn en Cochinchine, les trois frères ayant tué le roi [c'est-à-dire le Định Vương Nguyễn Phước Thuần] et tous ceux qui furent pris, sa famille et sa suite, il y avait à la cour un missionnaire français nommé Adran [Pigneau de Béhaine], qui se disait légat du pape en Cochinchine dans plusieurs textes imprimés dans les « Lettres édifiantes et curieuses ».

Ce missionnaire était fort lié à la famille royale et en avait reçu beaucoup de faveurs ; il avait fondé là une chrétienté, et le roi [le Định Vương Nguyễn Phước Thuần], loin de la persécuter, la protégeait. Le roi avait une telle confiance en cet homme, quoiqu'il fût d'une autre religion, qu'il lui avait confié l'éducation de son fils unique, celui qui devait lui succéder [Barrow confond le Định Vương avec Nguyễn Ánh]. Adran, dès les premiers feux de la révolte, vit que s'il voulait survivre, lui et ses amis, il lui fallait fuir.

Le roi fut pris par l'ennemi, mais la reine, le prince, les enfants et une sœur furent sauvés par Adran*. À la faveur de la nuit, ils s'éloignèrent de la capitale* [Gia Định] et se cachèrent dans la forêt. Là, pendant plusieurs mois, le jeune roi de Cochinchine, comme un nouveau Charles12, se cacha avec sa famille, non sous d'épais chênes, mais sous des banians et des figuiers des pagodes, que [leur caractère sacré] met ici à l'abri de toute profanation. Un religieux catholique nommé Paul [Paul Nghị, c'est-à-dire Hồ Văn Nghị] leur portait chaque jour à manger au péril de sa vie, jusqu'à ce que [les troupes lancées à leur recherche] cessent de les chercher et reçoivent enfin l'ordre de se retirer.

L'ennemi retiré, les fugitifs revinrent à Saigon, et le peuple accourut sous les drapeaux du roi légitime, qu'il éleva au trône sous le nom de son père, le dernier roi, Caun-shung [?]. Vers le même temps se trouvait à Saigon une frégate française commandée par un nommé Manuel, avec sept navires marchands portugais et quantité de jonques et de bâtiments chinois. Sur le conseil et avec l'aide d'Adran, l'escadre portugaise entra en campagne [contre les Tây Sơn], armée en secret, et attaqua par surprise l'escadre ennemie mouillée à Quy Nhơn. La mousson était favorable. La flotte s'élança dans la baie où l'escadre ennemie était à l'ancre, immobile. Avertis, les ennemis montèrent à bord, se précipitèrent au combat, et la frégate française fut battue ; les Français n'ont pas assez de mots pour louer la bravoure [de Manuel]. Les commandants des navires portugais s'enfuirent jusqu'à Macao. Le jeune prince fit preuve de courage et de sang-froid, mais, faute de troupes, dut se retirer. »13

C'est l'un des premiers textes écrits sur cette période, et il contient des erreurs « typiques », qui seront recopiées bien des fois dans les textes postérieurs. Voici les principales :

1- La mort du Định Vương Nguyễn Phước Thuần est le fait de Nguyễn Huệ, et non des trois frères : lors de l'attaque de Gia Định en 1777, ni Nguyễn Nhạc ni Nguyễn Lữ n'y étaient.

2- Faute de bien comprendre les liens de famille chez les Nguyễn, Barrow confond les pères, les fils et les neveux : Nguyễn Ánh n'était pas le fils du Định Vương, mais son neveu, le Định Vương étant son oncle paternel.

3- C'est Nguyễn Ánh qui confia son fils, le prince Cảnh, à Pigneau de Béhaine, et non le Định Vương qui lui confia le sien à élever.

4- Nguyễn Ánh s'enfuit seul ; il n'avait alors ni femme ni enfant. Sa mère était au Quảng Trị, et ce n'est qu'en avril 1799 qu'on la fit venir à Gia Định.

5- Que Pigneau de Béhaine ait emmené Nguyễn Ánh et sa famille dans leur fuite est entièrement faux, nous le démontrerons plus loin. Que Hồ Văn Nghị ait ravitaillé Nguyễn Ánh, en revanche, est exact.

6- Manuel, ou Mạn Hoè, est mort au combat de Ngã Bảy (Biên Hoà) en 1782, et non à Quy Nhơn. Quant à la participation de sept navires portugais, on ne sait ce qu'il en est.

Barrow recopie le traité d'alliance signé par Pigneau de Béhaine avec de Montmorin à Versailles le 28 novembre 178714, mais son texte diffère un peu du texte officiel. Il est fort possible que Barrow ait eu une autre version sous les yeux. Selon lui, cette mission valut à Pigneau de Béhaine les avancements suivants : « Outre ces conditions [portées au traité], il en est quelques autres, moins importantes, mais toutes, comme on le voit, fort avantageuses à la France. Adran fut élevé par l'Église à la dignité d'évêque de Cochinchine et reçut la charge d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire [de Louis XVI] auprès de cette cour [c'est-à-dire la cour de Gia Long]. »15

Sur le conflit entre Conway et Pigneau de Béhaine à Pondichéry, Barrow rapporte une anecdote sans doute colportée dans les milieux diplomatiques anglais de Pondichéry : c'est parce que Pigneau de Béhaine aurait méprisé une belle personne, Mᵐᵉ de Vienne, femme d'un officier d'ordonnance du général Conway et maîtresse de celui-ci, que la crise serait survenue entre les deux hommes.

Sur le retour les mains vides de Pigneau de Béhaine à Saigon, Barrow raconte ceci : Pigneau de Béhaine revint à Saigon sur un petit navire marchand, avec des armes et des munitions, mais l'on prétend que le capitaine Richerie [Richery] en vendit la plus grande partie du chargement à Malacca et en empocha l'argent16.

Enfin, Barrow a pour Pigneau de Béhaine des mots d'un respect particulier : « Il faut, pour être juste envers la mémoire d'Adran, mort en 180017, reconnaître que le caractère de ce prince, son retour dans son pays, sa victoire, les progrès de son royaume pendant la paix, et tous les progrès rapides accomplis dans tous les domaines des sciences et des arts, les établissements, les manufactures, sont dus entièrement au savoir, au talent et au dévouement fidèle de ce missionnaire. Le roi l'aimait jusqu'à l'admiration. Il l'appelait souvent le maître illustre, titre qu'en Chine on réserve à Confucius. » En réalité, on appelait Pigneau de Béhaine Thầy (maître) ou Thượng sư (maître éminent) ; ces lignes-là, Barrow les a sans doute écrites tout entières d'après les documents de la mission. Il ajoute ensuite ce fait : Pigneau de Béhaine fut enterré selon le rite catholique, mais plus tard le roi fit exhumer et réinhumer le corps selon le rite vietnamien, ce qui indigna fort les pères. Il écrit : « La tâche de Pigneau de Béhaine, de son vivant, ne fut pas facile non plus : à la fois conseiller du roi et précepteur de son fils, il était naturellement jalousé des mandarins. » Toujours selon Barrow, le roi lui garda pourtant jusqu'à sa mort une amitié et une confiance entières18.

Sur les services rendus par les soldats français à Nguyễn Ánh, Barrow mentionne la bataille de Thị Nại de 1792 ; il écrit : « Au printemps de 1792, il [Nguyễn Ánh] s'embarqua pour attaquer Quy Nhơn, ayant à la tête de son escadre deux officiers français commandant deux bâtiments de guerre à l'européenne. On dit que l'un d'eux, M. Dayot, fit à l'escadre ennemie de grands dommages, brûlant, coulant ou enlevant tous les bâtiments qu'il rencontra. Emporté par l'ardeur de la victoire, il s'avança trop et son navire se perdit. On dit encore que le roi, quoique témoin d'un accident qui pouvait lui faire perdre la bataille, montra quelque satisfaction et dit : « Il a fait son devoir ; je n'attends pas de lui qu'il fasse aussi le mien. » Nguyễn Nhạc ne s'attendait pas à cette attaque : ce jour-là il chassait avec sa cour à trente milles [de Quy Nhơn]. »19 C'est le seul passage où Barrow parle des services rendus par les soldats français au roi Gia Long, et il l'écrit avec prudence : « on dit que ».

La cour de Cảnh Thịnh reçoit l'escadre anglaise

Le passage le plus digne d'attention du chapitre X, pour nous, est celui où l'auteur décrit la réception de la mission anglaise par la cour de Cảnh Thịnh. Barrow écrit :

« Comme je l'ai dit plus haut, une fois dissipées les alarmes que les calomnies mensongères de Manuel Duomé avaient répandues sur la relâche de notre escadre, le marché s'emplit de jour en jour de plus de vivres et les autorités nous traitèrent avec moins de rudesse. La confiance mutuelle était établie, et les communications ne cessaient plus entre les gens du port et tous ceux de l'escadre : les officiers et les membres de l'ambassade qui, pour affaire ou par curiosité, voulaient passer quelques jours à terre, étaient officiellement invités à dîner ; du côté vietnamien, quelques personnes venaient chaque jour visiter notre escadre, et on les invitait au repas ordinaire, encore que notre cuisine ne dût guère être de leur goût (…)

Comme il n'y avait dans la ville aucun local assez vaste pour recevoir une compagnie aussi nombreuse que la nôtre, le gouverneur fit dresser une grande salle de bambou — toujours commode dans les cas pressants, et faite en quelques heures : le toit et les quatre côtés couverts de nattes serrées et épaisses. Dans la salle était disposée une rangée de petites tables avec des sièges des deux côtés, où vingt à vingt-quatre personnes tenaient à l'aise.

Les Chinois ont l'habitude de couvrir entièrement la table de plats, ou de bowls (bols, jattes ?). Mais les Vietnamiens, plus polis encore que leurs voisins, ne se contentent pas de couvrir la table de mets : ils empilent les bowls sur deux ou trois rangs. Je crois qu'on n'en pouvait compter moins de deux cents, sans parler des bols de riz qu'ils tendent de la main aux convives, en guise de pain. Le riz, dans ce pays comme en Chine et dans presque tout l'Orient, est le fond de la nourriture. Ils n'usent ni de serviettes, ni de couteaux, ni de fourchettes ; il n'y a ni boisson ni verres ; mais on met devant chacun une cuiller de terre cuite et deux objets semblables à des tubes ou à des baguettes [des baguettes] de bambou, de bois de rose ou de santal, souvent garnis d'argent, pareilles à celles [des baguettes] des Chinois, que les Anglais appellent chop-sticks.

Les bowls (jattes, bols) contiennent des ragoûts, du bœuf, du porc, de la volaille, du poisson, coupés en petits morceaux, mijotés, cuits avec des légumes, en soupes et en jus, diversement assaisonnés, avec différentes épices. Il n'y a ni rôti ni plat sec ; ni vin ni liqueur d'aucune sorte ; pas d'eau de tout le repas ; mais après avoir mangé, on offre du seau-chou chinois [du thé chinois]20 dans des tasses de porcelaine.

Comme ni les uns ni les autres ne savaient la langue de l'autre, il n'y eut point de conversation, et nous ne fîmes pas durer le repas. Le gouverneur, ou général gouverneur, ne nous fit pas l'honneur de manger avec nous.

Mais d'ordinaire, en pareille occasion, il se tient au bout de la salle, appuyé sur un lit de repos carré garni d'une natte, fumant et mâchant du bétel, tandis que deux ou trois serviteurs agitent pour le rafraîchir un éventail de plumes de paon. D'ordinaire, après le repas, nous passions dans une salle de spectacle, elle aussi bâtie en bambou. Là, comme en Chine, des acteurs se tiennent prêts à jouer toute la journée, jouant toujours avec ardeur, sans spectateurs comme devant une salle pleine, car ils sont loués pour la journée entière : l'affluence ou le vide les laisse donc parfaitement indifférents, pourvu qu'on les paie à la fin.

Toute la partie de la Cochinchine où se trouve la baie de Đà Nẵng est sous le gouvernement du jeune roi Quang-tung [Quang Toản], fils du général usurpateur [Quang Trung] qui avait vaincu le gouverneur général du Guangdong (…)

La cour du roi est à Huê, à quarante milles de Đà Nẵng. Dès qu'il fut assuré de nos dispositions favorables à son égard, autrement dit de notre neutralité [dans les affaires de Cochinchine], il envoya un grand mandarin inviter l'Ambassadeur à se rendre à la cour. L'ambassadeur refusa, pour plusieurs raisons, dont la principale était que le temps ne permettait pas d'assister à cette cérémonie (…) Nous préférions profiter des quelques jours dont nous disposions pour visiter les villages d'alentour (…)

La lettre du jeune roi [Quang Toản n'avait que onze ans ; le thái sư Bùi Đắc Tuyên exerçait la régence] témoignait des sentiments les plus élevés du roi envers la nation anglaise ; et pour le prouver, il envoya des mandarins porter un petit présent (ce sont les mots du roi) aux gens de l'escadre. Le présent consistait en dix buffles, cinquante porcs, environ trois cents poules et canards, avec des fruits, des légumes et des oignons. Ces rafraîchissements furent apportés par des jonques, en cérémonie, précédés d'une longue barque à rames, peinte et ornée de drapeaux et de banderoles, avec les mandarins.

L'ambassadeur écrivit en réponse et offrit au roi un beau fusil de chasse tirant deux coups de suite, avec ses accessoires, une paire de pistolets de fonte à baïonnette, un sabre à poignée de cuivre, et plusieurs pièces d'étoffe et de grand drap écarlate. L'envoyé du roi, d'abord vêtu d'une longue robe de soie brodée de tigres et de dragons, à la chinoise, changea de costume en montant à bord du Lion et revêtit deux ou trois robes flottantes de soie blanche et légère.

Une curiosité, dont la faute nous revient, gêna un moment la bonne entente entre les deux parties : voulant lever une carte exacte de cette baie admirable et de son port, quelques-uns d'entre nous prirent un matin une embarcation, s'enfoncèrent le long de la rive orientale, mesurèrent une base et prirent les angles nécessaires pour fixer la position des points principaux. Nous avions choisi le petit matin et fait très vite, croyant échapper aux regards des habitants ; mais voilà qu'un mandarin arriva aussitôt, nous faisant savoir que le gouverneur était très mécontent de ce procédé et demandait qu'on cessât sur-le-champ tout arpentage.

Une autre maladresse acheva d'éveiller leurs soupçons et leur fit croire que nous avions des buts à cacher : un officier du Lion, allant sonder de nuit le fleuve [de Hàn] qui mène à Hội An, mit trop de zèle et pas assez de prudence : il fut pris avec tout son équipage et sa chaloupe, et enfermé dans un petit fort. Sans nouvelles, nous crûmes la chaloupe coulée et personne réchappé. Enfin des mandarins montèrent à bord du Lion pour nous en avertir et se plaindre amèrement de notre manque de franchise. L'ambassadeur dit qu'il ignorait la chose et demanda qu'on relâchât aussitôt l'officier et qu'on le renvoyât à bord, pour qu'il eût à répondre devant ses supérieurs. »

Finalement tout fut passé sous silence. Barrow poursuit : « Le roi, dans une seconde lettre, laissait entendre qu'il souhaitait ouvrir un commerce régulier avec nous. Il joignait à cette lettre des présents : de l'ivoire et dix paniers de poivre pour l'ambassadeur, et trois mille paniers de riz pour l'équipage, pesant environ cent quintaux.

L'ambassadeur ne connaissait pas encore la ville de Đà Nẵng ; les autorités du lieu, pour marquer un peu de bonne volonté, voulurent organiser une réception. L'ambassadeur choisit le 4 juin et devait descendre à terre célébrer avec les Vietnamiens l'anniversaire de notre roi. Mais la veille au soir, nous avions remarqué dans la ville un mouvement inaccoutumé, un grand nombre de soldats manœuvrant dans la ville et au-dehors, et enfin les éléphants de guerre. Impossible de savoir si c'était le hasard, un reste de méfiance, ou le désir de donner du lustre à la cérémonie ; mais, pour notre part, toujours sur nos gardes, nous envoyâmes aussitôt deux détachements au fleuve, en face de la ville, pour assurer la retraite si besoin était. Ce jour-là pourtant, tout se passa dans la meilleure harmonie… »21

Ce passage nous apprend quelques faits rares sur le règne de Cảnh Thịnh, comme cette réception offerte à une ambassade anglaise. Le gouvernement de Phú Xuân se montre hospitalier et empressé, parce qu'il veut commercer et traiter avec l'Angleterre, et n'écoute donc pas les calomnies portugaises22. Il n'en reste pas moins qu'on offre un banquet d'un côté et qu'on se tient en garde de l'autre.

Du côté anglais : pour refuser de se rendre à Huê, Barrow invoque le manque de temps, et il ajoute qu'il savait qu'en Chine les cérémonies seraient plus grandes et plus belles qu'à Huê. C'est exact. Mais il y avait sans doute d'autres raisons, que l'auteur tait :

1- L'ambassadeur anglais ne voulait pas de relations officielles avec les Tây Sơn, de crainte que Nguyễn Ánh ne s'en défiât et ne refusât de traiter, d'autant qu'à ce moment Quang Trung était mort et que Nguyễn Ánh avait le dessus.

2- Les navires anglais voulaient rester à Đà Nẵng pour lever des plans et reconnaître une région qu'ils jugeaient stratégique. Plus tard, toutes les missions anglaises venues à Huê demandèrent le Cù Lao Chàm pour y ouvrir un comptoir, ce qui prouve que ce que Barrow écrit ici avait certainement été rapporté au gouvernement anglais bien avant.

Enfin, la « confiance » mutuelle entre Anglais et Vietnamiens n'était qu'apparente. On peut dire qu'elle est le fond même du rapport des Européens aux peuples qu'ils convoitent.

La technique vietnamienne de construction des embarcations et des navires

Autre point surprenant : en un mois seulement, Barrow a fait sur notre industrie navale des découvertes profondes. Il écrit :

« Une industrie particulière dont les gens de ce pays peuvent aujourd'hui s'enorgueillir comme d'une parfaite réussite, c'est la construction des navires ; et il faut dire tout de suite qu'ils le doivent en partie à l'abondance des bois précieux et de grande dimension. Leurs bateaux de plaisance sont admirablement beaux : longs de cinquante à quatre-vingts pieds [de 15 m à 24,38 m]23. Parfois le bateau n'est fait que de cinq planches, chacune longue de toute la longueur du bâtiment, assemblées par tenons et chevilles de bois, puis serrées par des liens de bambou, sans qu'il faille ni membrure ni cordage. La proue et la poupe, fort élevées, sont ornées de figures sculptées, dragons et serpents fantastiques, peintes et dorées. Un grand nombre de mâts sont chargés de pavillons et de banderoles. Des touffes de crin de queue de bœuf teintes en rouge, des lanternes, des ombrelles, des parasols et divers autres ornements, fixés au sommet de piquets plantés des deux bords, indiquent le rang des mandarins qui sont à bord ; et comme ils se tiennent à l'avant, il serait malséant que les rameurs leur tournassent le dos (l'usage de ces peuples, comme celui des Chinois, est en cela tout autre que celui de la plupart des nations du monde) : les rameurs doivent donc faire face à l'avant et pousser l'aviron devant eux, au lieu de le tirer derrière eux comme en Occident. Les serviteurs et les bagages se tiennent à l'arrière.

Les navires de cabotage, les barques de pêche, celles qui vont à l'holothurie et au nid d'hirondelle dans l'archipel des Paracels, sont d'architectures très diverses. La plupart ressemblent aux sampans chinois, le plancher couvert d'une natte où toute la famille s'assied. D'autres, par la coque comme par l'agrès, ressemblent aux bâtiments malais.

Leurs navires marchands ressemblent aux jonques chinoises, de forme comme d'architecture ; jugés selon la construction navale [européenne] d'aujourd'hui, on ne saurait les tenir pour parfaits ; leur façon de construire n'a pas changé depuis des milliers d'années, mais cette architecture antique mérite le respect. D'ailleurs un navire marchand n'a pas besoin de la grande vitesse qu'il faut pour fuir ou pour poursuivre, et qui est la qualité maîtresse d'un bâtiment de guerre. L'armateur cherche la sûreté plus que la rapidité. En outre, le marchand est à la fois propriétaire et pilote, et la question du tonnage prime tout pour lui. Pour porter les marchandises de plusieurs chargeurs différents, le navire marchand est divisé en compartiments, un par chargeur. Ces cloisons sont des planches épaisses de deux tấc, disposées et calfatées de manière que l'eau ne puisse passer. Quelque objection qu'on fasse à ce partage de la cale en compartiments (car il gêne l'arrimage), on ne saurait nier que cette architecture apporte au bâtiment des avantages considérables : grâce à ces cloisons qui se croisent dans la cale, le navire gagne en solidité et peut toucher un rocher sans dommage. Ou bien, si la cale est percée dans un compartiment, les marchandises des autres ne sont pas mouillées ; et comme le tout est solidement lié, la coque supporte les chocs qui ne sont pas trop violents. Tout marin sait que lorsqu'un bâtiment reçoit [un choc ou un boulet], le premier signe qu'il se rompt est que le pont se disjoint. Mais quand le pont est fermement lié par des cloisons qui se croisent, il se disjoint difficilement. Aussi étudie-t-on à présent en Angleterre cette antique manière de construire des Chinois. On nous propose encore des moyens de voyager paisiblement, sur de grandes barques à rames, avec des roues de puits placées le long de la quille ou tenant lieu de quille, et d'autres « inventions » qui, sous quelque nom qu'on les mette, sont toutes en usage courant chez les Chinois depuis plus de deux mille ans.

Bien que le roi qui règne aujourd'hui sur ce pays [le roi Nguyễn] ait, dans une certaine mesure, ébranlé l'ancienne manière de construire les bâtiments de guerre, il n'a pourtant pas rompu tout à fait avec les usages populaires — dans ces pays d'Asie, la voix du peuple est la voix du ciel — devenus sacrés et difficiles à renverser. Il les respecte, et n'a donc changé que ce qui touche à la carène et à toute la partie immergée ; pour la partie émergée il a gardé l'architecture du pays : mâts, voiles et agrès [cordages, câbles, treuils, voiles, poulies…]. À vrai dire, comment de gros câbles [européens] pourraient-ils remplacer ces liens de bambou souples, résistants, durables et légers, dans la structure principale de la partie émergée ? Aussi ne peut-on qu'admirer le jugement parfait de ce roi, prudent et actif à la fois, qui a su prendre le moyen terme et obtenir un avantage réel sans qu'il y parût rien de changé.

Il y a quelques années, l'empereur du Japon donna une leçon mémorable de fidélité aux usages anciens. Les Hollandais venus de Batavia lui offrirent divers présents, dont un bâtiment de guerre. L'ambassadeur, voyant l'empereur examiner ce navire avec attention, se hasarda à lui proposer de faire venir des ouvriers hollandais pour enseigner aux Japonais les principes de la construction navale. L'empereur envoya demander à l'ambassadeur depuis combien de temps les Hollandais savaient construire ainsi. L'ambassadeur répondit : depuis trois cents ans environ. L'empereur dit alors : « Va lui dire [à l'ambassadeur] que depuis des milliers d'années mes sujets savent construire les bâtiments de guerre qu'il voit mouillés dans mes ports, et que je n'entends personne s'en plaindre. Je n'ai donc aucune raison de m'humilier moi-même et d'humilier mon peuple en abandonnant ce que l'expérience de tant de siècles a éprouvé, pour prendre une nouveauté réformée d'hier. Les flottes hollandaises peuvent être bonnes en Hollande, elles ne le sont pas au Japon. Tu ajouteras qu'il peut remporter son présent. »24

L'empereur du Japon donna là une leçon durable à ceux qui s'enorgueillissaient de la puissance de l'Occident. Pour nous, ces lignes prouvent que Barrow prêtait grande attention aux techniques, et singulièrement à la construction navale vietnamienne. Outre l'observation des navires et embarcations de Cảnh Thịnh mouillés à Đà Nẵng et à Hội An, il avait d'autres sources sur la construction navale du roi Nguyễn à Gia Định : il sait donc précisément comment le roi Nguyễn a modernisé cette industrie à l'européenne. Le point est de première importance : il réfute l'idée qu'en ce temps-là l'Occident aurait été « maître » en tout. Tout en parlant des « officiers » français et de Pigneau de Béhaine, Barrow respecte constamment les valeurs de l'Orient et n'affirme nulle part qu'avant la venue des Européens le pays n'avait ni bâtiments de guerre, ni citadelles « Vauban », ni fonte de canons, ni artillerie, ni organisation militaire — comme le font les plumes coloniales. Ajoutons que le cloisonnement de la cale des navires de charge chinois et vietnamiens est encore en usage aujourd'hui dans les cargos du monde entier.

Plus largement, sur le métier de fondeur : nous avons eu très tôt une industrie de la fonte des canons. Entre 1660 et 1682, un métis d'Inde et de Portugal — ou d'Espagne — nommé Joao Da Crus (Jean de la Croix) ouvrit une fonderie de canons pour le seigneur Hiền Nguyễn Phước Tần (1648-1687), établie dans le quartier des Fondeurs, à Huê25. La fonte des canons existait donc chez nous au moins depuis le XVIIᵉ siècle. Hanoï a aussi sa rue de la Fonderie. Quand Nguyễn Huệ prit Phú Xuân, il prit avec elle tout le quartier des Fondeurs. L'artillerie des Tây Sơn, lorsqu'ils attaquèrent les citadelles de Diên Khánh et de Quy Nhơn, n'était pas moins redoutable que celle de Nguyễn Ánh.

Les avantages du commerce avec le pays

Au chapitre XI, intitulé Les avantages du commerce avec le pays26, Barrow se montre homme politique et stratège de premier ordre : il est peut-être le premier étranger à avoir percé l'arrière-pensée de Pigneau de Béhaine lorsqu'il signa le traité d'alliance de Versailles, en 1787.

Sur ce traité, nous continuons de penser que Pigneau de Béhaine l'a rédigé et composé lui-même, sans jamais demander l'avis de Nguyễn Ánh. La « lettre royale » que M. Bá produisit en disant qu'elle avait été rédigée par la cour et remise à lui, on n'en trouve l'original nulle part. Le Đại Nam thực lục ne parle que de la remise du sceau royal, et non d'une « lettre royale ». Il faut donc reprendre l'examen de tous ces détails : il se peut que Pigneau de Béhaine ait rédigé lui-même cette « lettre royale », car aucun roi ne céderait d'un coup à la France les quatre positions les plus stratégiques de son pays — Đà Nẵng, le col des Nuages, le Cù Lao Chàm et Poulo Condor — contre quelques soldats et quelques bâtiments de guerre.

À lire les lignes suivantes de Barrow, on voit qu'il avait percé à jour les calculs de Pigneau de Béhaine et que, pour n'être resté qu'un mois à Đà Nẵng, il n'en connaissait pas moins à fond la géographie politique de notre pays. Il écrit :

« L'évêque Pigneau de Béhaine, en négociant le traité entre le roi Louis XVI et le roi de Cochinchine, a montré un certain attachement à ce dernier, mais il n'a pas non plus oublié les intérêts du roi de France. Les conditions du traité font voir qu'en demandant la cession de la presqu'île de Turon [Đà Nẵng] à la France, il avait fort bien considéré les points [stratégiques] de la côte de Cochinchine. Il savait parfaitement que si la France obtenait ce territoire, elle serait maîtresse d'un établissement solide en Cochinchine*. En effet,* la pointe de la presqu'île de Turon (ou Hansan) [Cửa Hàn] est à la Cochinchine ce que Gibraltar est à l'Espagne, et davantage encore : car outre une position inexpugnable, elle a de plus l'importance d'un port et d'un mouillage abrités du vent toute l'année, parfaitement propres à recevoir une grande escadre. C'est aussi un lieu où les escadres peuvent relâcher à tout moment pour se refaire et se réparer dans la baie, d'autant que les deux rives offrent quantité de vallées fertiles et de sources fraîches. Tout auprès est un îlot rattaché à la terre ferme par une langue de terre que la marée basse découvre [Hòn Sơn Trà ?], où le plus grand bâtiment de guerre pourrait s'échouer pour réparer sa coque. En face de la presqu'île est un terrain élevé, suffisant pour bâtir une petite ville avec un chantier de construction et des magasins de toute sorte, et qui pourrait devenir une place de défense si l'on y élevait des fortifications.

Un îlot nommé Callao [Cù Lao Chàm], à trente milles au sud de la baie de Đà Nẵng, fait aussi partie des terres à céder [à la France]. Cet îlot commande entièrement l'embouchure principale [Cửa Đại] du fleuve [Thu Bồn] qui passe à Fai-Fou [Hội An], ville où les étrangers venaient autrefois commercer. Cette île est absolument inabordable, sauf du côté qui fait face à l'embouchure [Cửa Đại], où se trouve une petite vallée bien pourvue d'eau, au bord même de la mer, et où toutes les escadres, grandes et petites, peuvent mouiller en sûreté.

Il est aisé de reconnaître les vues de la France sur cette portion de la côte de Cochinchine. Les articles du traité montrent clairement le dessein de créer et d'équiper une escadre assez considérable pour menacer nos possessions des Indes ; et il est certain que ce dessein sera repris. La France-Empire [c'est-à-dire l'époque de Napoléon] sait exécuter ce que la France-Royaume [c'est-à-dire l'époque de Louis XVI] n'avait fait qu'ébaucher. L'expulsion des Français des côtes de l'Inde rend la côte de Cochinchine bien plus attrayante encore ; surtout si l'on voit que cette position serait également dangereuse et incommode pour notre profitable commerce de Chine comme pour nos possessions des Indes. »27

Non seulement Barrow voit la position stratégique évidente de Đà Nẵng et du Cù Lao Chàm, mais il craint que la France, en s'emparant de ces places importantes, ne devienne un ennemi redoutable pour son empire britannique. Aussi déploie-t-il ensuite toute son éloquence pour convaincre le gouvernement anglais qu'il faut à tout prix commercer avec le Viêt Nam, en raison du profit immense qu'on en tirerait et qu'on ne saurait laisser ravir par la France, sur les plans de la navigation, de la politique et de la stratégie. Il conseille au gouvernement anglais de demander le Cù Lao Chàm pour y établir un comptoir. Il a même étudié en détail les productions et les ressources du Viêt Nam, afin de dresser un programme d'échanges commerciaux28.

Barrow poursuit : « Après tout, nous sommes engagés fort avant, trop avant peut-être, dans cette voie [coloniale] pour pouvoir reculer sans danger ; il nous faut maintenant la plus grande prudence pour aller jusqu'au but, pour conserver et affermir ce commerce, qui nous a donné les moyens de tenir tête à un ennemi aussi terrible que puissant [c'est-à-dire la France]. Le lion anglais doit étendre plus loin encore ses griffes pour assurer à la nation anglaise des conquêtes [nouvelles] à la suite des anciennes, par sa vaillance, son industrie et son audace.

Mais outre la sûreté que la possession de la florissante presqu'île de Đà Nẵng apporterait aux nombreuses escadres que nous employons au commerce de la Chine, il y aurait grand dommage à la laisser tomber aux mains d'un ennemi actif et résolu [c'est-à-dire la France]. Nous ne devons pas compter sur les petits profits du commerce des Indes ; [il nous faut] un port dans cette partie du monde, où nos escadres trouvent toujours de l'eau douce, où elles puissent se reposer et se réparer. À ne considérer que ce seul point de vue : combien il eût été précieux, au temps où nos bâtiments allant en Chine ne connaissaient pas encore bien leur route, où les moyens de conserver la santé des équipages étaient moindres qu'aujourd'hui, d'avoir un tel port pour s'y reposer, pour y attendre les navires retardés ou arrêtés par la tempête — cas fort ordinaires. Bien d'autres considérations encore prouveraient la nécessité de commercer avec la Cochinchine. Je ne donne ici que quelques remarques montrant que la Compagnie des Indes [anglaise] a intérêt à établir un comptoir dans la presqu'île de la baie de Đà Nẵng*. »*29

Barrow analyse ensuite l'échec de la mission Hastings de 1778, faute de préparation suffisante. Y compris la dernière tentative en date, il y a deux ans [c'est-à-dire la mission Roberts, 1803-1804], qui échoua elle aussi, parce que les seuls interprètes de la cour sont des missionnaires français : comment savoir ce qu'ils traduisent au roi de ce qu'ils veulent bien lui traduire ? Nous ne savons que trop ce qu'ils pensent des Anglais ! Et Barrow reste convaincu, pour finir, que le roi Gia Long est bien disposé envers l'Angleterre et souhaite traiter avec elle, mais que la France y met obstacle30.

Pour nous, ces lignes prouvent que le dessein colonial de la France comme de l'Angleterre existait déjà du temps de la guerre entre les Tây Sơn et Nguyễn Ánh, à travers l'action discrète et habile de Pigneau de Béhaine et à travers ce que Barrow écrit dans cet ouvrage. Que le roi Gia Long ait refusé de céder le Cù Lao Chàm à l'Angleterre pour y ouvrir un comptoir montre sa lucidité et sa vue large. Le roi Minh Mạng fut résolu à empêcher l'Angleterre et la France de mettre le pied au Viêt Nam, ne fût-ce que pour y « ouvrir un comptoir ». Ces faits nous font mieux comprendre la politique des rois Gia Long, Minh Mạng, Thiệu Trị et Tự Đức : ne pas laisser les Européens établir de comptoir, parce que ce n'est là que la façade de la conquête qui viendra ensuite.


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  1. Imprimé par l'Imprimerie de Jeunehomme, à Paris, 1806. ↩︎

  2. Imprimé par Arthus-Bertrand, à Paris, 1807. ↩︎

  3. Texte original de Barrow, dans la traduction française de Malte-Brun, repris ici mot pour mot : Il est bon de dire au lecteur, que j'ai tiré la plus grande partie des détails que je viens de donner, et de ceux qui vont suivre, d'un mémoire manuscrit de M. Barisy, officier français d'un grand mérite, qui commandait une frégate au service de Caung-shung. Il est certain que la première partie s'accorde parfaitement avec ce que nous avons appris dans la baie de Turon, d'un secrétaire du gouvernement de la Chine, résident en ce lieu, et dont les récits nous étaient transmis par notre interprète. Les différentes relations des missionnaires qui ont résidé dans ce pays, s'y accordent également: ainsi, je n'hésite pas à donner au reste la plus entière confiance. D'ailleurs, les faits principaux m'ont encore été confirmés par le témoignage de deux Anglais, qui ont été à Sai-gong dans les années 1799 à 1800 (Barrow II, p. 221). ↩︎

  4. Taboulet, La Geste française en Indochine, tome I, note 1, p. 270. ↩︎

  5. Maybon, Introduction, La relation de la Bissachère, p. 37, note 1. ↩︎

  6. Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam [Histoire de la guerre civile au Viêt Nam], p. 96. Tous les passages en gras de ce livre sont de nous. ↩︎

  7. Le chapitre IX traite des sujets suivants : le soulèvement des frères Tây Sơn, 1774 ; la guerre civile (p. 192-193) ; le roi Lê va demander du secours à la Chine ; Quang Trung bat les armées des Qing ; l'investiture et le tribut (p. 194-199) ; Pigneau de Béhaine aide Nguyễn Ánh ; la guerre entre Nguyễn Ánh et les Tây Sơn (p. 200-206) ; Pigneau de Béhaine emmène le prince Cảnh en France demander du secours, le traité de Versailles de 1787 (p. 207-211) ; les difficultés de Pigneau de Béhaine à Pondichéry avec Conway ; le retour de Pigneau de Béhaine à Saigon (p. 213-216). ↩︎

  8. Barrow, II, p. 183. ↩︎

  9. Un mille marin vaut 1 852 m. Quarante milles marins : 74,08 km. ↩︎

  10. Barrow, II, p. 185-191. ↩︎

  11. Barrow, II, p. 220. ↩︎

  12. L'auteur veut faire un éloge, en comparant Nguyễn Ánh à Charles Iᵉʳ (1625-1649), roi d'Angleterre et d'Irlande. ↩︎

  13. Barrow II, p. 200-202. ↩︎

  14. Barrow, II, p. 208-210. ↩︎

  15. Barrow, II, p. 211. ↩︎

  16. Barrow II, p. 213-216. ↩︎

  17. Pigneau de Béhaine est mort le 9 octobre 1799. ↩︎

  18. Barrow II, p. 243, 235, 236. ↩︎

  19. Barrow II, p. 117-118. ↩︎

  20. Le mot employé dans la traduction française de Malte-Brun est seau-chou chinois ; nous supposons qu'il s'agit du thé chinois. ↩︎

  21. Barrow, p. 241-251. ↩︎

  22. Sur l'accueil chaleureux fait par la cour de Cảnh Thịnh à l'ambassade Macartney, l'ouvrage de Van Imbert Le séjour en Indochine de l'ambassade de Lord Macartney (1793), imprimé en 1942, rapporte des choses qu'on ne trouve pas chez Barrow, par exemple : « Les Anglais, égarés dans la citadelle du Quảng Nam, n'y virent pas une seule pièce d'artillerie. » Ou encore : « À l'arrivée de Macartney, le gouverneur du Quảng Nam supplia les Anglais de lui vendre des armes et des munitions, leur laissant voir que les Tây Sơn avaient besoin d'être secourus à tout prix ! » (Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, p. 218, 220). Cette manière d'écrire, en 1942, relève encore de la politique de rabaissement des Vietnamiens par les plumes coloniales : elle sous-entend que les Tây Sơn n'avaient ni armes ni munitions et devaient « supplier » les Anglais de les aider, tandis que Nguyễn Ánh, aidé des Français, avait des « armes modernes ». ↩︎

  23. Un pied anglais = 0,3048 m. ↩︎

  24. Barrow II, p. 287-293. ↩︎

  25. Cadière, Le quartier des Arènes, Jean de la Croix et les premiers Jésuites, BAVH, 1924, IV, p. 307-332. ↩︎

  26. Barrow, II, p. 307-309. ↩︎

  27. Barrow II, p. 309. ↩︎

  28. Barrow II, p. 310-321. ↩︎

  29. Barrow II, p. 312-313. ↩︎

  30. Barrow II, p. 325-327. ↩︎

Khảo sát công trạng của những người Pháp giúp vua Gia Long

Tác phẩm của John Barrow (1764-1848)

Barrow và cuốn *A Voyage to Cochinchina*

Một trong những cuốn sách sớm nhất do người ngoại quốc viết về giai đoạn Gia Long dựng nghiệp là tác phẩm của John Barrow (1764-1848), in tại Luân Đôn, năm 1806, tựa đề -theo lối của thời ấy, tên sách rất dài- như sau: A Voyage to Cochinchina in the years 1792 and 1793: containing a general view of the valuable productions and the political importance of this flourishing Kingdom; and also of such European settlements as were visited on the voyage; with sketchs of the Manners, Character and Condition of their several inhabitants, to which in annexed an Account of a Journey made in the year1801 and 1802 to the Residence of the Chief of the Booshuana nation... (London, 1806).

Sách này được Malte-Brun dịch sang tiếng Pháp và chú giải, tựa đề: Voyage à la Cochinchine par les Iles de Madère, de Ténériffe et du Cap Verd, Le Brésil et l'Ile de Java, contenant des renseignements nouveaux et authentiques sur l'Etat naturel et civil de ces divers pays... (Paris, 1807). Dịch: Hành trình sang nước Nam qua các đảo Madère, Ténériffe, Mũi Verd, Brésil, đảo Java, với những thông tin mới và xác thực về tình trạng thiên nhiên và dân sự ở những xứ khác nhau này... Vắn tắt tên sách là: A voyage to Cochinchina hay Chuyến đi Nam Hà.

John Barrow (19/6/1764 - 23/11/1848) là nhà thám hiểm, quản trị và ngoại giao Anh. Khoảng 1792-1794, ông giữ chức thị vệ của George Macartney, sứ thần Anh đầu tiên ở Trung Quốc. Hạm đội chở phái đoàn sứ thần Anh đến Trung Hoa, dừng lại ở Đà Nẵng từ 14/5/1793 đến 16/6/1793, dưới triều vua Cảnh Thịnh. Tác phẩm viết trong khoảng 1797-1798, tức là 4 năm sau khi Barrow rời Đà Nẵng. Cuốn sách được nhiều người trích dẫn khi viết về Việt Nam.

Bản dịch Pháp văn gồm 2 tập: Tập I1 và Tập II2 đều viết về các xứ kể tên ở trên, dưới dạng hồi ký lịch sử, địa lý, kinh tế và chính trị. Sách in kèm với một tập hình gồm 18 bức khắc họa ghi lại chuyến đi, do Tardieu thực hiện, trong đó có một bức vẽ Hội An với những kiểu tầu, thuyền mà tác giả mô tả trong sách. Chúng tôi giới thiệu và trích dịch đoạn Barrow viết về Việt Nam, gồm các chương IX, X và XI (t.182-361), tập II, bản dịch tiếng Pháp của Malte-Brun. Sẽ dẫn là Barrow II*.*

Để soạn ba chương này, Barrow cho biết, ông đã dựa vào những nguồn tin sau đây: "Hầu hết những chi tiết mà tôi vừa đưa ra hoặc sẽ nói đến, thoát thai từ bản thảo hồi ký của Ô. Barisy, một sĩ quan Pháp giỏi giang, đã quản một chiếc tầu phục vụ vua Gia Long. Chắc chắn phần thứ nhất [tức là phần nói về Quang Trung] hoàn toàn ăn khớp với những gì tôi tiếp nhận được ở Đà Nẵng từ một người thư ký của chính phủ Trung Hoa sống tại đây, được người thông ngôn của chúng tôi dịch lại. Những ký sự của các vị thừa sai đã sống ở xứ này, cũng phù hợp [với những điều này]: vì vậy, tôi hoàn toàn tin tưởng. Ngoài ra, những sự kiện chính còn được hai người Anh sống ở Sài Gòn năm 1799-1800, xác nhận" 3.

Tóm lại, Barrow đã dựa vào:

1- Bản thảo hồi ký của Barisy, một trong những người lính Pháp giúp Nguyễn Ánh.

2- Lời viên thư ký làm việc cho chính phủ Trung Hoa, ở Đà Nẵng (1793) kể, được thông ngôn dịch lại.

3- Hai người Anh đã sống ở Sài Gòn năm 1799 và 1800.

4- Và tư liệu trong Les Nouvelles des Missions Orientales (Tin tức các hội thừa sai Đông phương) in năm 1785, 1787, 1789, 1794 và 1797.

Câu một người thư ký của chính phủ Trung Hoa này, Taboulet, khi trích dẫn Barrow, viết thành: Một người thư ký Tầu của chính phủ Việt Nam (Un secrétaire chinois du gouvernement vietnamien)4. Taboulet đã chép lại câu sai lầm của Maybon: Thay vì viết "người thư ký của chính phủ Tầu" Maybon lại đổi thành "người thư ký Tầu của chính phủ Việt Nam."5. Maybon vô tình hay cố ý, không thể biết được.

Nhưng tệ hại hơn cả là Tạ Chí Đại Trường. Ông Tạ chép Taboulet, nhưng lại viết ra thành: "John Barrow dựa trên các tài liệu của L. Barisy, của một viên thư ký Tầu của chính quyền Gia Định (Trịnh Hoài Đức?) và các giáo sĩ mà vẽ rõ một Nguyễn Ánh lúc đứng tuổi..."6. Không hiểu tại sao Tạ Chí Đại Trường lại thêm câu "chính quyền Gia Định" vào, để móc nối với Trịnh Hoài Đức? Barrow có đến Gia Định hồi nào đâu mà gặp Trịnh Hoài Đức? Để rồi sau đó, ông Tạ "nhận xét": sử quan nhà Nguyễn "không tiếc dịp đề cao hoàng đế của họ". Xin nhắc lại: những điều viết về Gia Long trong cuốn A voyage to Cochinchina là do chính Barrow viết ra, không phải do "sử quan nhà Nguyễn" hay Trịnh Hoài Đức viết.

Để vẽ chân dung Gia Long, Barrow kể là ông đã dựa vào hồi ký Barisy, vào lời kể của hai người Anh ở Sài Gòn năm 1799-1800 và những tư liệu của nhà dòng in trong Les Nouvelles des Missions Orientales, đó là những chứng nhân ngoại quốc gần nhất của thời kỳ này. Riêng Barisy, theo Nguyễn Vương trong nhiều năm, là người giúp nhà vua mua khí giới ở nước ngoài. Còn về thuật đóng tầu và tầu chiến của Việt Nam, Barrow quan sát tầu, thuyền ở vịnh Đà Nẵng và Hội An, năm 1793, dưới triều Cảnh Thịnh. Những điều Barrow viết về thuật đóng tầu ở Việt Nam nói riêng, ở Trung Hoa và phương Đông nói chung, đã gián tiếp phản bác tất cả những luận điệu cho rằng "các sĩ quan" Pháp và Bá Đa Lộc đã "dạy" Gia Long đóng tầu, đúc súng...

Có lẽ vì lý do đó, nên khi trích dẫn Barrow, Taboulet đã bỏ hẳn hai đoạn quan trọng nhất, là đoạn kỹ thuật làm tầu chiến ở Việt Nam và đoạn Gia Long trực tiếp trông coi và điều khiển tất cả những công xưởng đóng tầu và đúc súng ở Gia Định**.**

Maybon cũng loại trừ tác phẩm của Barrow bằng cách chỉ trích những đoạn viết sai về lịch sử, chủ yếu về vụ Conway không chịu thi hành hiệp ước Versailles 28/11/1787; nhưng ông giữ lại một sai lầm khác của Barrow để dùng, đó là việc Bá Đa Lộc "cứu sống" Nguyễn Ánh năm 1777, cần thiết cho sự xác định "vị trí hàng đầu" của Bá Đa Lộc bên cạnh Nguyễn Ánh.

Nội dung tác phẩm *A Voyage to Cochinchina*

Phần viết về Việt Nam có ba chương: IX, X và XI, in trong tập II.

Chương IX: Gồm hai phần:

1- Xác định vị trí nước Nam và viết về việc hạm đội Anh ghé Đà Nẵng (t. 182-191).

2- Lược khảo lịch sử nước Nam 7 và Chân dung vua Gia Long (t. 220- 240).

Barrow đặc biệt chú ý đến hai người anh hùng Nguyễn Huệ và Nguyễn Ánh. Về vua Quang Trung, ông đứng trên quan điểm chung lúc bấy giờ, đều gọi là ngụy, nhưng vẫn có sự khâm phục, kính nể thiên tài chính trị và quân sự. Về chân dung vua Gia Long, đây là một trong những bài viết rõ và có nhiều chi tiết nhất. Barrow đặc biệt kính trọng, coi Gia Long như một thiên tài, đã khôi phục lại nhà Nguyễn sau nhiều năm bị Nguyễn Huệ đánh đuổi, không còn mảnh giáp, phải sống lưu đầy, khốn khổ; lúc đầu chỉ có "một chiếc thuyền" mà hơn 10 năm sau đã có cả một "hạm đội 1200 chiến thuyền", không những giành lại miền Nam của tổ tiên các chúa Nguyễn mà còn đánh ra Bắc thống nhất đất nước. Phần viết về vua Gia Long, sẽ trích dịch, in trong chương 6: Chân dung vua Gia Long.

Chương X: Lược khảo đại cương về phong tục, tính tình và hoàn cảnh sống của dân Đà Nẵng. Thuật lại việc triều đình Cảnh Thịnh tiếp đãi hạm đội Anh (t. 241-306), bao gồm những vấn đề sau đây:

Ngôn ngữ, tôn giáo, nhà cửa, y phục, đạo đức, vị trí người phụ nữ: khá tự do và làm mọi việc như đàn ông (t. 257-276). Nhà cửa, sản phẩm, hải sản ở Đà Nẵng, lâm sản, đồ ăn, hoa quả, sản xuất, việc thừa kế gia tài (t. 277-287). Kỹ thuật đóng tầu và tầu chiến của Việt Nam (t. 287-293). Bản đối chiếu một số từ tiếng Anh, Hán, Việt (t. 295-297). So sánh giữa người Tầu và người Việt. Người Việt theo đạo Phật, thờ thần, thờ Phật trên cây; mê tín, lập bàn thờ ở những chỗ có tai nạn (t. 299-304). Về hình luật, so sánh với Tầu, cùng chung luật, nhưng trong thời gian ông ở Đà Nẵng không thấy áp dụng các hình phạt, còn ở Tầu, đi đâu cũng thấy tội nhân bị đánh đập dã man, rên siết dưới gông cùm (t. 305-306).

Barrow giữ một giọng khách quan khi nói về người Việt và các tôn giáo, phong tục, tập quán của dân Việt. Những gì ông cho là dở thì phê bình, như chuyện người Việt mê tín hoặc hay ăn cắp vặt, nhưng cũng nói thêm là tôi ở không lâu, nên có thể phán đoán sai lầm.

Chương XI: Trình bầy những lợi ích trong việc buôn bán với nước Nam (t. 307- 345).

Như phần lớn các tác gia ngoại quốc khi viết về lịch sử Việt Nam, Barrow mắc những sai lầm không tránh được vì thiếu kiến thức về lịch sử, văn hoá nước ta. Đoạn viết về Quang Trung, có sự lầm lộn giữa hai nhân vật: Tôn Sĩ Nghị và Phúc Khang An (người mà Barrow gặp ở Bắc Kinh). Tuy vậy, có một thông tin đáng chú ý: Nguyễn Lữ là thầy tu (Barrow II, t. 192). Barrow viết: "Người lái buôn [Nguyễn Nhạc] xa xỉ trong tiệc tùng, lễ hội, đốt pháo bông. Ông tướng [Nguyễn Huệ] thu phục quân đội và ông thầy tu [Nguyễn Lữ] có tiếng nói của bọn giáo phái" (t. 192). Sự kiện này, nếu đúng, giải thích tại sao Nguyễn Lữ thường trốn việc đánh nhau và không có con.

Tóm lại, phần giá trị nhất trong tác phẩm của John Barrow là những điều ông viết do mắt thấy tai nghe hoặc từ những nhân chứng nhân trực tiếp sống ở thời đại này. Chúng tôi trích dịch sau đây, những đoạn có ích đối với chúng ta trong việc nghiên cứu bối cảnh xã hội và lịch sử Việt Nam.

Lý do hạm đội Anh ghé Đà Nẵng năm 1793

Phần đáng chú ý đầu tiên là đoạn tác giả nói hoàn cảnh nào đã khiến hạm đội Anh ghé Đà Nẵng năm 1793, Barrow viết: "Bởi vì lúc bấy giờ phải nhờ thuận gió [mới đi được] và tình trạng sức khỏe của những người bệnh bắt chúng tôi phải ghé lại đất liền.

Chúng tôi đành đỗ lại ở một vịnh, đối diện với quần đảo Côn Lôn. Nhưng khi nhìn thấy các tầu lớn của chúng tôi, người dân ở đây sợ quá, họ bỏ chạy lên núi, chỉ để lại cho chút lương thực của họ trước cửa lều, rồi viết mấy chữ Hán, bảo chúng tôi cứ việc lấy hết những gì họ có, nhưng tha cho những mái nhà khốn khổ của họ.

Thấy tình trạng đảo này, chúng tôi vội vã nhổ neo, trực chỉ một phần khác của Á Châu, phần này đáng lẽ phải được biết đến nhiều hơn, và chúng tôi dám tiên đoán rằng chỉ trong vài năm nữa, nó sẽ được một số nước Âu Châu biết đến"8.

Tiếp đó ông phản bác quan niệm của Pinkerton, cho rằng vùng này (Lào, Mên, Việt) chẳng có gì đáng chú ý cả; ngược lại vị trí chiến lược và sự phì nhiêu, giầu mạnh về thổ sản khiến vùng này là một trong những vùng đất thiết yếu cần được quan tâm hơn. Tuy nhiên trên bản đồ cũng như trong những mô tả địa lý, ta [Anh] đã bỏ qua vùng đất này. Những nhận xét của Barrow, vào lúc ấy, khá thức thời; nhưng cũng nên biết rằng sự thức thời của ông chỉ để phục vụ đế quốc Anh và sự chinh phục đất đai thuộc địa của người Anh. Trên đường đi, họ luôn luôn vấp phải trở lực từ các nước Âu Châu khác: sự ganh tỵ, chèn ép, hoặc phá hoại.

Khi đã thấy rõ điều đó, chúng ta có thể hiểu tại sao vua Gia Long, rồi Minh Mạng, Thiệu Trị, Tự Đức, đều không cho người Âu lập quan hệ ngoại giao và mở thương điếm, bởi vì đằng sau lá bài thương điếm, là sự do thám, dẫn đường cho quân đội viễn chinh, mà tác phẩm của Barrow, là một trong những cuốn sách chủ đạo.

Bờ biển nước Nam, sự tiếp xúc đầu tiên

Barrow viết: "Những địa danh được ghi trên các bản đồ của chúng ta [Anh] hoàn toàn không biết đến phần đất này [Tonquin, Cochinchine, Tsiompa, Cambodia, tức là Bắc Hà, Nam Hà, Chàm, Cao Miên] trừ chữ Tung-quin [Bắc Hà]. Ba miền kia được thay bằng tên An-Nam, và cả nước được chia thành ba vùng:

Vùng thứ nhất, từ mỏm cực nam giáp vịnh Xiêm La, tức là từ vĩ độ 9 đến vĩ độ 12, được gọi là Don-nai [Đồng Nai]. Vùng thứ nhì, từ vĩ độ 12 đến vĩ độ 16, được gọi là Chang [Trung?] và vùng thứ ba, từ vĩ độ 16 đến vĩ độ 17, gọi là Huế. Sau vĩ độ 17 là địa phận Tung-quin [Bắc Hà]. Bờ biển của ba miền này cống hiến những vịnh và những hải cảng an toàn và thuận tiện. Con sông lớn Đồng Nai (trên bản đồ đề Cambodie) được mô tả là các hạm đội lớn nhất đều có thể vào sâu trong đất liền đến 40 hải dặm [khoảng 7,5 cây số]9 nơi có thành phố Sai-gong [Sài Gòn] với một bến tầu rộng lớn và thuận tiện, và một xưởng đóng tầu chiến lớn. Một người Anh trên đường từ Trung Hoa đến Ấn Độ đã đi trên sông này trên một chiến hạm Bồ Đào Nha, nói với tôi rằng đó là khúc hùng tráng nhất. Con sông này chia làm nhiều nhánh rộng; nhưng nhánh mà anh ta đã đi qua, khúc rộng thường không quá 2 dặm, và nhiều khúc chỉ khoảng 1 dặm. (...).

Ở miền Chang [Trung?], khoảng vĩ độ 13 phút 50 giây, về phiá bắc, có vịnh và hải cảng Chin-Cheu [Thị Nại?]. Hải cảng rất rộng và hoàn toàn khuất gió; nhưng những chiến hạm lớn phải đậu ngoài khơi, vì có một ghềnh đá xuyên ngang cửa lạch nối liền hải cảng với vịnh ngoài, đầu hải cảng là thành phố Quin-nong [Quy Nhơn].

Thành phố chính trong địa phận Huế mang cùng tên; ở trên bờ một dòng sông mà các chiến hạm có thể vào được, có một hải cảng lớn; nhưng lại có một ghềnh cát xuyên ngang cửa biển. Vịnh Han-san [Cửa Hàn] phiá nam con sông này, trên bản đồ thường được ghi là vịnh Turon [Tourane, Đà Nẵng]. Toàn thể phương Đông, khó có một vịnh nào sánh được về tính an ninh và thuận tiện. Càng không có vịnh nào tốt hơn.

Chính vịnh này chúng tôi trực chỉ khi rời Côn Lôn. Chúng tôi đến Đà Nẵng ngày 24/5 [1793]. Không có bản đồ để tra cứu, thấy giữa chúng tôi và bờ biển là hàng hà sa số ghe chài lưới, chúng tôi bèn thả một cái xà-lúp (chaloupe) để đi tìm một người lái thạo bờ biển (pilote-côtier) nhưng những người đánh cá đã nhìn thấy [tầu chúng tôi] vội vàng giong buồm chạy lùi. Cuối cùng chúng tôi cũng bắt được một chiếc ghe không có buồm, lôi ra một ông già khốn khổ. Tôi chưa từng nhìn thấy ai khổ như thế bao giờ, mặt ông đầy rãnh nhăn; đôi mắt lơ láo, hõm sâu trong sọ, da mặt mầu gỗ sồi già, một vài lọn tóc xám lòi ra khỏi miếng khăn dơ quấn đầu; y phục vỏn vẹn một chiếc áo cộc vá hai chục mảnh khác màu nhau, với chiếc quần rách rưới, xẻ tung ra từng miếng như cái váy.

Mẫu người dân vừa thấy, không cho cho chúng tôi một cảm giác tốt đẹp. Khi ông già khốn khổ này đặt chân lên tầu, ông ta có vẻ cực kỳ dao động, dáo dác nhìn bốn xung quanh trên boong tầu; rồi nhìn những khẩu đại bác lớn, ngạc nhiên khi thấy nhiều người như thế. Nhưng điều làm cho ông già chú ý nhất, đó là những cột buồm cao. Ông ta vật vã khóc lóc. Chúng tôi phải hết sức dỗ dành cho ông ta yên tâm, ra dấu cho ông ta hiểu chúng tôi muốn gì và tại sao lại bắt ông ta lên tầu. Lúc đó, ông già mới chỉ tay cho biết lối vào vịnh, thật khó cho những ai không biết đường. Vì trời dông bão, phải đến tối hôm sau chúng tôi mới vào được vịnh.

Lý do chính thức thúc giục chúng tôi vào cửa sông Đà Nẵng, sau khi đã gặp bất trắc ở Côn Lôn, là tình trạng tồi tệ mà bệnh sốt rét và kiết lỵ đã cướp đi nhiều người bệnh. Trong thời gian ở Batavia [Jacarta], hầu hết chúng tôi đều bị mắc bệnh. Bạn càng hiểu mối lo âu và buồn bã của chúng tôi, khi được người thuyền trưởng tầu Bồ Đào Nha, đỗ ở trong vịnh cho biết, ở Nam Hà đang có giặc giã nổi dậy, cả nước đói, rằng ở đây chẳng có gì để cung cấp lương thực mà chúng tôi cần kíp cả. Ông ta khuyên chúng tôi nên đi thẳng tới Macao, hơn là mất thì giờ chờ đợi ở đây vô ích, có thể người ta sẽ hứa hão, nhưng ông ta biết chắc họ chẳng thể cung cấp gì nổi. Nhìn tình trạng khốn khổ của ông già đánh cá, tình trạng chung bề ngoài của nơi này, và sau cùng tất cả những gì chúng tôi nhìn thấy xác nhận lời tường thuật đáng buồn của ông Manuel Duomé. Rất ít người bản xứ đến gần hạm đội chúng tôi. Họ có vẻ lo ngại và ngờ vực. Sau cùng, khi chúng tôi lên bờ, họ có ý tránh. Không một ai đến tầu trao tặng chút thực phẩm nào cả, và chúng tôi cũng phải khó khăn lắm mới mua được ở trên bờ vài con gà, một chút hoa quả và vài củ khoai sắn.

Tuy nhiên, ngay ngày thứ nhì, có chợ, đầy đủ hơn, và vài ngày sau, biết chúng tôi trả đúng giá, bằng tiền tốt, họ đem đến rất nhiều đồ ăn, hoa quả, rau cỏ, đủ loại. Những vị chức sắc ở đây bắt đầu hiện diện, có chút ân cần đối với những thỉnh cầu của chúng tôi và tỏ ra lịch sự, lễ độ. Sau cùng, họ lên thăm chúng tôi trên tầu và mời tất cả sĩ quan tối hôm ấy lên bờ, dự tiệc.

Từ hôm đó, mối liên hệ của chúng tôi với dân tộc này, trở nên thẳng thắn và bền vững; có sự tin cẩn lẫn nhau; sau này chúng tôi mới khám phá ra một điều ít vẻ vang cho ông bạn Manuel Duomé: đó là, ông bạn, nhà buôn Bồ Đào Nha này, vì cạnh tranh thương mại, chính ông, đã gây sự nghi ngờ cho người Việt, bằng cách mật báo cho họ rằng: hạm đội Anh đến đây thế nào cũng có ý gây chiến; và dường như ông ta đã hết sức quảng bá ý tưởng này, hy vọng người Việt sẽ đóng cửa chợ không bán gì cho chúng tôi, bắt buộc chúng tôi phải nhổ neo, để một mình ông ta buôn bán ở miền bờ biển này"10.

Ở một đoạn sau, Barrow còn trở lại việc thuyền trưởng Bồ, Duomé, vu khống tầu Anh đến để chiếm Đà Nẵng, như sau: "...ta không ngạc nhiên, khi hạm đội của chúng tôi đến, người bạn Bồ Đào Nha, Manuel Duomé, đã khéo lợi dụng hoàn cảnh, để gieo mối lo ngại và ngờ vực, khiến chúng tôi không thể [ở lại Đà Nẵng để] làm hại việc buôn bán độc quyền và bèo bở, của y với dân bản xứ. Hình như, đầu tiên hết, họ tưởng chúng tôi phục vụ vua chính thức [Nguyễn Vương] từ Sài Gòn ra với ý định chiếm Đà Nẵng. Vì tin như vậy, nên họ đã tụ tập ở gần thành phố một binh đội đáng kể, với nhiều voi trận. Tình hình gay go này kéo dài trong nhiều ngày, sau mới thôi." 11

Sự kiện này chứng tỏ, có sự tranh chấp quyền lợi gay gắt giữa những người Âu để chiếm độc quyền buôn bán trước, rồi chiếm thuộc địa sau. Họ không từ chối một thủ đoạn nào để "đuổi" nhau ra khỏi những vùng mà họ cho là "mầu mỡ".

Hành trình Bá Đa Lộc, theo Barrrow

Về Bá Đa Lộc, Barrow viết trong chương IX:

"Trong thời gian Tây Sơn nổi dậy ở Nam Hà, ba anh em giết vua [chỉ Định Vương Nguyễn Phước Thuần] và tất cả những người bị bắt, gia quyến và tuỳ tùng; ở trong triều có một giáo sĩ người Pháp, tên Adran [Bá Đa Lộc], tự nhận là khâm sứ của Giáo Hoàng ở Nam Hà, trong nhiều văn bản in trong tập "Lettres édifiantes et curieuses" [Thư hay và lạ].

Vị giáo sĩ này rất thân với hoàng gia và cũng nhận được nhiều ân huệ, ông đã lập ở đây một họ đạo và nhà vua [Định Vương Nguyễn Phước Thuần] thay vì đán áp, lại che chở. Nhà vua rất tin tưởng ở người này, dù khác đạo, đã giao cho việc dạy dỗ người con trai duy nhất của ông, người sẽ nối nghiệp [Barrow nhầm Định Vương với Nguyễn Ánh]. Adran, ngay từ những ngày lửa đạn đầu tiên của cuộc khởi loạn, đã thấy rằng nếu ông và bạn hữu muốn sống còn thì phải trốn tránh.

Nhà vua đã bị địch bắt, nhưng hoàng hậu, hoàng tử, các con và một người chị hay em, được Adran cứu thoát*. Nhờ đêm tối, họ rời xa kinh thành* [Gia Định] và trốn vào rừng. Ở đấy, trong nhiều tháng, vị vua trẻ của nước Nam cũng như một ông Charles mới 12 trốn cùng với gia đình, không dưới lùm cây sồi rậm rạp mà dưới lùm đa hay bồ đề vì [thiêng] ở đây không ai dám xâm phạm. Một nhà tu công giáo tên Paul [Paul Nghị, tức Hồ Văn Nghị] liều mình đem đồ ăn mỗi ngày, cho đến khi [quân đội đi lùng] không còn tìm kiếm nữa và sau cùng được lệnh rút về.

Sau khi quân thù rút lui, những người đi trốn, trở về Sài Gòn, dân chúng kéo nhau đến dưới cờ của vị vua chính thức, được họ tôn lên làm vua dưới tên của cha ông, vị vua cuối cùng, Caun-shung [?] Cùng thời điểm này có chiến hạm Pháp do một người tên là Manuel điều khiển, đậu ở Sài Gòn cùng với 7 tầu buôn Bồ Đào Nha và rất nhiều thuyền buồm và tầu Trung Hoa. Theo lời khuyên và sự giúp đỡ của Adran, hạm đội Bồ nhập trận [đánh Tây Sơn] với khí giới được trang bị bí mật, tấn công chớp nhoáng hạm đội địch đậu ở Qui Nhơn. Gió mùa thận tiện. Đoàn chiến hạm xông vào vịnh nơi hạm đội địch đang bỏ neo bất động. Được cấp báo, quân địch lên tầu, đổ xô ra đánh, chiến hạm Pháp thua, người Pháp không tiếc lời ca tụng lòng dũng cảm [của Manuel]. Bọn chỉ huy tầu Bồ bỏ chạy tuốt sang tận Macao. Ông hoàng trẻ tuổi tỏ ra cam đảm và điềm tĩnh nhưng vì ít quân đành phải rút lui" 13.

Là một trong những đoạn văn đầu tiên viết về giai đoạn này, có nhiều sai lầm "tiêu biểu", những sai lầm này, sẽ được chép lại nhiều lần trên các văn bản viết sau. Đây là những sai lầm chính:

1- Việc giết Định Vương Nguyễn Phước Thuần là do Nguyễn Huệ trách nhiệm, chứ không phải ba anh em, vì lần đánh Gia Định năm 1777, không có Nguyễn Nhạc và Nguyễn Lữ.

2- Vì không hiểu rõ liên hệ gia đình trong họ Nguyễn, nên Barrow lẫn lộn cha, con, cháu với nhau: Nguyễn Ánh không phải là con Định Vương mà là cháu gọi ĐịnhVương bằng chú ruột.

3- Nguyễn Ánh trao con là Hoàng tử Cảnh cho Bá Đa Lộc, chứ không phải Định Vương trao con cho Bá Đa Lộc dạy dỗ.

4- Nguyễn Ánh trốn một mình, lúc ấy chưa có vợ, con. Bà mẹ đang ở Quảng Trị, đến tháng 4/1799, mới đón về Gia Định.

5- Việc Bá Đa Lộc đưa Nguyễn Ánh và gia đình chạy trốn hoàn toàn sai, chúng tôi sẽ chứng minh sau. Còn việc Hồ Văn Nghị tiếp tế cho Nguyễn Ánh là có thực.

6- Manuel hay Mạn Hoè, chết ở mặt trận Ngã Bảy (Biên Hoà) năm 1782, chứ không phải ở Quy Nhơn. Việc 7 tầu Bồ Đào Nha tham chiến chưa biết hư thực thế nào.

Barrow chép lại bản hiệp ước cầu viện Bá Đa Lộc ký với de Montmorin ở Versaillles ngày 28/11/1787]14nhưng bản này hơi khác với bản chính thức. Rất có thể Barrow đã có một văn bản khác. Theo ông, qua nhiệm vụ này, Bá Đa Lộc được thăng thưởng như sau: "Ngoài những điều ước [ghi trong bản hiệp ước], còn có vài điều nữa, ít quan trọng hơn, nhưng tất cả, như chúng ta thấy, đều rất có lợi cho nước Pháp. Adran được giáo hội thăng chức Giám Mục Nam Hà và được nhậm chức Đặc sứ toàn quyền (Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire) [của Louis XVI] ở triều đình này [tức triều đình Gia Long]"15.

Về vấn đề xung đột giữa Conway và Bá Đa Lộc ở Pondichéry, Barrow đưa ra một giai thoại có lẽ được truyền miệng trong giới ngoại giao Anh ở Pondichéry lúc bấy giờ: vì Bá Đa Lộc khinh bỉ một người đẹp, bà de Vienne, là vợ một sĩ quan tuỳ viên của tướng Conway và cũng là nhân tình của tướng Conway, nên mới có sự khủng hoảng trong mối liên lạc giữa hai người.

Về việc Bá Đa Lộc trở về Sài Gòn tay không, Barrow kể như sau: Bá Đa Lộc về Sài Gòn trên một tầu buôn nhỏ, đem theo khí giới và đạn dược, nhưng người ta cho rằng thuyền trưởng Richerie [Richery] đã bán phần lớn trọng tải của tầu này ở Malaca, lấy tiền bỏ túi16.

Sau cùng, Barrow đã dành cho Bá Đa Lộc, những lời lẽ đặc biệt tôn kính: "Phải công bình với linh hồn Adran, người đã mất năm 180017 mà công nhận rằng, tính tình của vị đế vương, việc về nước của ông, chiến thắng của ông, những tiến triển ở nước ông, trong khoảng thời bình và tất cả những tiến bộ nhanh chóng trong mọi địa hạt khoa học và nghệ thuật, những cơ sở, những công xưởng, hoàn toàn nhờ vào sự hiểu biết, vào tài năng và vào sự gắn bó trung thành của giáo sĩ này. Nhà vua cũng yêu quý ông đến độ khâm phục. Vua thường gọi ông là danh sư (maître illustre) ở bên Tầu tiếng này chỉ dành riêng để chỉ Khổng Tử". Thực ra, Bá Đa Lộc được gọi là Thầy, hoặc Thượng sư, những dòng này có lẽ Barrow hoàn toàn viết theo tài liệu của nhà dòng. Sau đó Barrow kể thêm chuyện này: Bá Đa Lộc mất được chôn cất theo thánh lễ công giáo, nhưng sau, vua sai cải mộ và chôn lại theo nghi lễ Việt Nam, làm cho các cha cố hết sức phẫn nộ. Ông viết: "Nhiệm vụ của Bá Đa Lộc lúc sinh thời cũng không dễ dàng, vì vừa là cố vấn của vua lại là thày dạy con vua, dĩ nhiên ông bị các quan ganh tị". Tuy nhiên vẫn theo Barrow, nhà vua lúc nào cũng giữ trọn tình bạn và lòng tin đối với ông cho đến khi ông mất18.

Về công trạng của những người lính Pháp giúp Nguyễn Ánh, Barrow có nhắc đến trận Thị Nại 1792, ông viết: "Mùa xuân 1792, ông [Nguyễn Ánh] xuống thuyền đi đánh Qui Nhơn, để trên đầu hạm đội, 2 sĩ quan Pháp, quản hai tầu chiến Tây phương. Người ta đồn rằng, một trong hai người này, ông Dayot, đã làm cho hạm đội địch thiệt hại lớn, đốt cháy, đánh đắm, hoặc xâm chiếm tất cả những thuyền gặp trên đường. Hăng say chiến thắng, tiến sâu quá, thuyền ông bị nạn. Người ta cũng đồn rằng, nhà vua, tuy chứng kiến tai nạn có thể làm cho ông thua trận, vẫn tỏ chút mãn nguyện, nói: "Ông ấy đã làm nhiệm vụ của mình, tôi không mong ông ấy làm cả nhiệm vụ của tôi". Nguyễn Nhạc không ngờ trận tấn công này, ngày hôm ấy, ông cùng triều đình đi săn cách [Quy Nhơn] ba mươi dặm19. Đó là đoạn văn duy nhất Barrow viết về công trạng của những người lính Pháp giúp vua Gia Long, và viết với sự thận trọng "người ta đồn rằng".

Triều đình Cảnh Thịnh tiếp hạm đội Anh

Phần đáng chú ý nhất trong chương X đối với chúng ta, là đoạn mô tả triều đình Cảnh Thịnh tiếp phái đoàn Anh. Barrow viết:

"Như tôi đã nói ở trên, khi những lời vu khống man trá của Manuel Duomé loan truyền báo động về sự ghé bến của hạm đội chúng tôi được giải toả, chợ búa càng ngày càng có nhiều thực phẩm hơn và các quan chức đối đãi với chúng tôi bớt gay gắt hơn. Đã có sự tin cậy lẫn nhau, có những thông giao nối kết không ngừng giữa những người dân cảng với tất cả thành phần của hạm đội: các sĩ quan và quan chức ngoại giao đoàn, vì công việc, hay vì hiếu kỳ, muốn lên bộ vài ngày, đều được chính thức mời ăn tối; về phiá Việt, mỗi ngày có một vài người lên thăm hạm đội của chúng tôi, họ cũng được mời ăn bữa thường, mặc dầu món ăn của chúng tôi chắc không hợp vị họ lắm (...)

Vì trong thành phố không có nơi nào lớn để tiếp đãi một phái đoàn đông người như chúng tôi, nên quan trấn thủ cho dựng một phòng lớn, bằng tre, luôn luôn tiện dụng trong những lúc cần kíp, làm xong trong vài giờ: mái và bốn phía được phủ bằng chiếu đan siết và dày. Trong phòng bầy một dãy bàn nhỏ đặt ghế ngồi hai phiá, khoảng 20, 24 người ngồi thoải mái.

Người Trung Hoa có thói quen bầy đầy kín bàn ăn những điã, hay những bowls (bát, tộ?). Nhưng người Việt, còn lễ độ quá dân láng giềng, nên họ không chỉ bầy đầy bàn thức ăn, mà còn bầy bowls tô trên hai ba chồng. Tôi nghĩ, có thể đếm không dưới 200 bowls, chưa kể những chén cơm mà họ đưa tay cho thực khách, thay thế bánh mì. Cơm ở xứ này cũng như bên Tầu và hầu như tất cả phương Đông, là nền cho thức ăn. Họ không dùng khăn ăn, không dùng dao và niã, cũng không có đồ uống, không có cốc; nhưng họ để trước mặt mỗi người một thià bằng đất nung, hai cái gì giống như ống hay que [đũa] bằng tre, hay gỗ hồng, hay gỗ đàn hương (santal), nhiều khi bọc bạc, giống như [đũa] Tầu, mà người Anh gọi là chop-sticks.

Những bowls (tô, bát) đựng đồ ninh nấu (ragouts), thịt bò, thịt lợn, thịt gà, cá, cắt miếng nhỏ, hầm, nấu với rau, làm súp và nước cốt, nêm khác nhau, và để các thứ gia vị khác nhau. Không có thịt quay, cũng không có món khô; không có rượu vang, cũng không có rượu mạnh gì cả; cả bữa chẳng có nước uống; nhưng sau khi ăn, được mời seau-chou tầu [trà tầu]20 trong chén sứ.

Vì hai bên đều không biết tiếng của nhau nên không nói chuyện được, chúng tôi không kéo dài bữa ăn. Quan trấn thủ hay tướng trấn thủ không cho chúng tôi hân hạnh được ăn cùng.

Nhưng bình thường trong những dịp như thế này, ông ngồi ở đầu phòng ăn, dựa trên sập vuông, có trải chiếu, hút thuốc, ăn trầu, trong khi hai ba tên hầu phe phẩy kéo cái quạt lông công cho mát. Bình thường ăn xong chúng tôi sang phòng xem hát, cũng là một nhà rạp bằng tre. Ở đó, cũng giống như bên Tầu, có sẵn những diễn viên sẵn sàng đóng tuồng suốt ngày, lúc nào cũng diễn hăng say, dù không có người xem cũng như lúc đầy khán giả, bởi vì được thuê diễn cả ngày, cho nên họ hoàn toàn thản nhiên trước sự đông hay vắng khách, miễn là được trả tiền khi diễn xong.

Tất cả phân khu Nam Hà, nơi có vịnh Đà Nẵng, ở dưới quyền cai trị của vua trẻ Quang-tung [Quang Toản], con trai của ông tướng ngụy [Quang Trung] người đã chiến thắng Tổng đốc Quảng Đông (...)

Cung vua ở Huế, cách Đà Nẵng 40 dặm. Ngay khi biết chắc sự thông thuận của chúng tôi đối với ông, nói khác đi, sự trung lập của chúng tôi [đối với Nam Hà], ông gửi một quan đại thần đến mời ông Đại Sứ vào triều. Sứ thần trả lời từ chối, vì nhiều lý do, mà lý do chính là vì thời gian không cho phép dự buổi lễ này (...) Chúng tôi thích lợi dụng cơ hội có ít ngày để đi thăm các làng xóm xung quanh (...).

Lá thư của ông vua trẻ [Quang Toản mới 11 tuổi, thái sư Bùi Đắc Tuyên làm phụ chính] biểu dương đầy tình cảm cao đẹp của nhà vua đối với dân tộc Anh; và để chứng minh, ông gửi quan quân mang một món quà nhỏ (chữ vua bảo như vậy) cho những người trong hạm đội. Món quà gồm 10 con trâu, 50 lợn, khoảng 300 gà vịt, với hoa quả, rau và hành củ. Những thức bồi bổ này được chở đến bằng thuyền buồm, theo nghi lễ, đằng trước có một chiếc thuyền chèo dài, sơn và trang hoàng bằng cờ và biểu ngữ, với các quan.

Sứ thần viết thư trả lời và tặng lại vua 1 khẩu súng trường đẹp, bắn được hai phát liền, kèm phụ tùng và một cặp súng lục bằng gang có lưỡi lê, một thanh gươm cán đồng, nhiều tấm vải và nỉ lớn mầu đỏ thắm. Sứ giả của vua, lúc đầu mặc áo dài lụa, thêu hình hổ và rồng, giống như bên Tầu, nhưng khi lên tầu Lion, ông đổi y phục và mặc hai ba chiếc áo lồng bằng tơ trắng mỏng.

Một sự tò mò, do lỗi chúng tôi, đã gây khó khăn cho sự cảm thông giữa đôi bên trong chốc lát: Vì muốn vẽ một bản đồ đúng của vùng vịnh tuyệt diệu này cùng với hải cảng, một buổi sáng, mấy người trong bọn tôi lấy thuyền, đi sâu vào bờ đông, đo một căn cứ và lấy các góc độ cần thiết để xác định vị trí những điểm chính. Chúng tôi chọn giờ sáng sớm và làm thực nhanh, tưởng thoát khỏi con mắt của người dân ở đây; nào ngờ một ông quan đến ngay, bảo cho biết là quan trấn thủ rất bất bình vì lối hành sự này và yêu cầu ngừng ngay mọi việc đo đạc.

Một sự vụng về nữa, càng làm tăng mối nghi ngờ, khiến họ cho rằng chúng tôi có những mục tiêu muốn giấu: Một viên sĩ quan tầu Lion, ban đêm, đi dò dòng sông [Hàn] dẫn ra Hội An, anh ta quá sốt sắng nhưng lại bất cẩn, bị bắt với cả ê-kíp và chiếc xà lúp, bị giam trong một đồn nhỏ. Không thấy tin tức gì, chúng tôi tưởng xà-lúp đã bị chìm, không ai thoát nạn. Sau cùng, quan quân lên tầu Lion, báo cho chúng tôi biết, và cay đắng than phiền chúng tôi hành sự không thẳng thắn. Sứ thần nói ông không biết việc này và xin thả ngay viên sĩ quan, gửi về tàu, để anh ta sẽ phải trả lời trước cấp trên."

Rút cục rồi mọi việc cũng được bỏ qua*.* Barrow viết tiếp: "Nhà vua, trong lá thư thứ nhì, có ý muốn mở cửa buôn bán hợp pháp với chúng tôi. Ông gửi kèm với thư này, quà cáp gồm ngà voi và 10 giỏ hạt tiêu, biếu sứ thần và tặng thủy thủ đoàn 3000 giỏ gạo, nặng khoảng 100 tạ.

Ông Đại sứ chưa biết thành phố Đà Nẵng; nên những vị chức sắc ở đây, tỏ chút lòng thành, muốn tổ chức một buổi lễ tiếp đón. Ông Đại sứ chọn ngày 4/6, sẽ lên bờ dự lễ sinh nhật đức vua cùng với người Việt. Nhưng tối hôm trước, chúng tôi đã thấy một chuyển động bất thường trong thành phố, một số binh sĩ lớn lao hành quân trong và ngoài thành, và sau cùng là đàn voi trận. Không thể biết đó là ngẫu nhiên, hay do những nghi ngờ trước, hay để biểu dương sự rạng rỡ cho buổi lễ; nhưng về phía mình, chúng tôi luôn luôn đề phòng, gửi ngay hai đơn vị quân đội đến con sông đối diện với thành phố để bảo đảm sự triệt thoái nếu cần. Tuy nhiên ngày hôm đó mọi việc diễn ra trong không khí hết sức hoà hợp..."21

Đoạn văn này cho ta biết một số thông tin hiếm hoi về triều Cảnh Thịnh, như sự thết tiệc một phái đoàn Anh. Chính quyền Phú Xuân, tỏ sự hiếu khách và vồn vã, vì muốn buôn bán giao thiệp với Anh, nên không nghe những lời vu cáo của Bồ22. Tuy nhiên, mặt ngoài đãi tiệc, mặt trong vẫn phải phòng bị.

Về phía Anh: từ chối không đến Huế, Barrow lấy lý do là không có thì giờ, và ông có viết thêm: vì biết sang Tầu sẽ có lễ to hơn, đẹp hơn ở Huế. Cũng đúng. Nhưng có lẽ còn những lý do khác mà tác giả không muốn nói ra:

1- Sứ thần Anh không muốn có liên lạc chính thức với Tây Sơn vì sợ Nguyễn Ánh nghi kỵ, không giao thiệp, nhất là lúc đó Quang Trung đã mất, Nguyễn Ánh ở thế thượng phong.

2- Tầu Anh muốn ở lại Đà Nẵng để đo đạc, dò thám vùng đất mà họ cho là có giá trị chiến lược. Sau này, các sứ bộ Anh đến Huế đều xin Cù Lao Chàm làm đất mở thương điếm, chứng tỏ những gì Barrow viết ở đây, chắc chắn đã được báo cáo với chính phủ Anh trước rồi.

Sau cùng, sự "tin cậy" lẫn nhau giữa đôi bên Anh-Việt chỉ là bề ngoài. Có thể nói đó chính là bản chất mối liên hệ của người Âu đối với các dân tộc mà họ nhòm ngó.

Kỹ thuật đóng thuyền, tầu của người Việt

Một điểm đáng ngạc nhiên nữa là chỉ trong một tháng, mà Barrow đã có những khám phá sâu sắc về kỹ nghệ đóng tàu, thuyền của ta, ông viết:

"Một ngành đặc biệt mà hiện nay người nước Nam có thể tự hào rất hoàn hảo là đóng tầu; và phải nói ngay, họ được như vậy một phần là nhờ có nhiều gỗ quý và gỗ lớn. Những du thuyền của họ đẹp tuyệt vời: dài từ 50 đến 80 pieds [từ 15m đến 24,38m]23. Đôi khi tầu chỉ đóng bằng 5 mảnh ván, mỗi mảnh dài suốt chiều dọc tầu, ghép lại với nhau bằng mộng và chốt gỗ, rồi siết chặt bằng sợi tre, không cần nẹp mà cũng chẳng cần dây. Đầu và đuôi tầu rất cao được trang trí bằng những hình hài trạm trổ rồng, rắn kỳ dị, sơn mầu và dát vàng. Một số lớn cột buồm treo đầy cờ hiệu hay băng-rôn. Những bó lông đuôi bò nhuộm đỏ, đèn, ô, dù, và nhiều loại trang trí khác, buộc trên đầu cọc cắm hai bên mạn tầu, cho biết cấp bậc các vị quan trên tầu; và vì họ đứng đằng trước, nên nếu người chèo quay lưng lại họ là bất nhã (tục lệ của những dân tộc này cũng như người Tầu khác hẳn phần đông những nước khác trên thế giới), cho nên, người chèo phải quay mặt về phiá đầu tầu, và đẩy chèo đằng trước họ, thay vì kéo chèo sau lưng, như Tây phương. Kẻ hầu người hạ và hành lý để phía sau tầu.

Tầu buôn gần bờ biển, tầu đánh cá, đánh hải sâm và tìm tổ yến ở quần đảo Hoàng Sa, có nhiều loại kiến trúc khác nhau. Phần lớn giống như những thuyền tam bản của Tầu, sàn trải chiếu cho cả gia đình ngồi. Một số khác, cả thân tầu lẫn thuyền cụ, giống tầu Mã Lai.

Tầu buôn của họ giống như ghe buồm của người Tầu, cả hình dáng lẫn kiến trúc, nếu nhìn theo lối đóng tầu [Tây phương] hiện nay, thì chẳng thể coi là hoàn hảo; cách đóng tầu của họ không hề thay đổi từ nhiều nghìn năm nay, song lối kiến trúc thượng cổ đó, đáng được kính trọng. Vả lại tầu buôn không cần phải chạy thật nhanh khi lẩn trốn hoặc rượt bắt, là phẩm chất chính của tầu chiến. Chủ tầu buôn cần an ninh hơn thần tốc. Ngoài ra, nhà buôn vừa là chủ vừa là người lái tầu, vấn đề trọng tải đối với họ là quan trọng hơn cả. Để chở được nhiều hàng hóa của các thân chủ khác nhau, tầu buôn được chia ngăn dành cho mỗi thân chủ. Vách ngăn ấy là những tấm ván dầy 2 tấc được sắp đặt và trám kín các lỗ hở, khiến nước không thể thấm qua. Dù có chống việc chia hầm tầu thành ngăn đến thế nào (bởi nó gây khó khăn cho việc chất hàng) cũng không ai chối cãi được, là lối kiến trúc này đem lại những lợi ích quan trọng cho hải hạm: Nhờ những bức vách giao nhau dưới hầm, tầu vững chắc thêm, có thể chạm vào đá mà không suy suyển gì. Hoặc nếu hầm tầu bị thủng ở một ngăn nào đó, thì hàng hoá ở những ngăn khác không bị thấm nước lây; và vì tất cả đều được liên kết bền chặt với nhau nên thân tầu chịu được những sốc không quá mạnh. Thuỷ thủ nào cũng biết khi một hải hạm bị trúng [sốc hay đạn] nếu nó gẫy thì dấu hiệu đầu tiên là sàn tầu rời ra từng mảnh. Nhưng khi sàn tầu được nối kết chặt chẽ bằng những vách ván giao nhau thì nó khó bung ra. Cho nên, ở Anh bây giờ người ta cũng đang nghiên cứu lối làm tầu thượng cổ này của người Tầu. Người ta còn đề nghị cho chúng tôi những phương tiện du lịch bình yên, trên những thuyền chèo lớn, có bánh xe nước (roues de puits) đặt cạnh sống tầu (quille) hoặc thay thế sống tầu, và còn có những "phát minh" khác, dù người ta cho nó những tên gì đi nữa, thì tất cả, đều đã được người Tầu sử dụng thông thường từ hơn hai ngàn năm nay.

Mặc dù vị vua trị vì xứ này [Nguyễn Vương] hiện nay, trong chừng mức nào đó, đã chao đảo lối làm tầu chiến cũ, tuy nhiên ông cũng không bỏ hẳn những lề thói bình dân -ở những xứ Á Châu này, ý dân là ý trời- đã trở thành thiêng liêng, khó đạp đổ. Ông vẫn kính trọng những lề thói ấy, nên ông chỉ thay đổi những gì ở trong bụng tầu (carène) và tất cả phần chìm dưới nước, còn phần nổi ông vẫn giữ nguyên lối kiến trúc của nước Nam, như cột buồm, buồm và thuyền cụ [dây, cáp, trục, buồm, ròng rọc ...] Thực ra, thì những dây cáp dầy [của Tây phương] làm sao có thể thay thế được những sợi tre mềm, dai, bền và nhẹ trong cấu trúc chính phần nổi của tầu; vì thế, ta không thể nào không thán phục sự phán đoán hoàn mỹ của nhà vua, vừa thận trọng vừa năng động, đã chọn giải pháp trung dung, đạt được lợi ích thực thụ mà không cần một sự thay đổi trông thấy.

Vài năm trước đây, Nhật Hoàng đã cho một bài học đáng nhớ về sự kiên trì giữ cổ lệ. Khi người Hoà Lan đến Batavia, đem biếu Nhật Hoàng một số quà trong đó có một chiếc tầu chiến. Sứ thần thấy hoàng đế xem xét kỹ tầu này, liều tâu sẽ đem thợ Hoà Lan sang chỉ cho người Nhật nguyên tắc đóng tầu. Nhật Hoàng sai người đến hỏi Sứ thần rằng người Hoà Lan biết đóng tầu như thế này từ bao lâu rồi. Sứ thần cho biết độ 300 năm. Nhật Hoàng bảo: "Ngươi về nói với ông ấy [sứ thần] rằng hàng ngàn năm nay thần dân của ta biết đóng những chiến thuyền mà ông ấy thấy đậu trong các hải cảng của ta, và ta thấy chẳng ai than phiền gì về công dụng của chúng cả. Vậy ta không việc gì phải tự lăng nhục mình và dân tộc mình, bằng cách bỏ những gì đã được trải nghiệm qua bao nhiêu thế kỷ, để lấy một cái mới cải cách hôm qua. Những hạm đội Hoà Lan có thể tốt ở Hoà Lan, nhưng không tốt ở nước Nhật. Ngươi nhớ nói thêm rằng ông ấy có thể đem cái quà này về"24.

Nhật Hoàng đã cho những kẻ tự cao tự đại về sự sức mạnh Tây phương một bài học để đời. Đối với chúng ta, những dòng trên đây chứng tỏ Barow rất chú ý đến kỹ thuật và đặc biệt kỹ thuật đóng thuyền, tầu của người Việt. Ngoài việc quan sát tàu, thuyền của vua Cảnh Thịnh đậu ở Đà Nẵng và Hội An, ông còn có thêm những nguồn tin khác về kỹ thuật đóng tầu của Nguyễn Vương ở Gia Định, cho nên ông biết rõ Nguyễn Vương đã hiện đại hoá kỹ nghệ đóng tầu theo lối Tây phương như thế nào. Điểm này rất quan trọng, nó bác bỏ quan niệm cho rằng, thời ấy, cái gì Tây phương cũng "làm chủ" cả. Dù có nói đến "các sĩ quan" Pháp và Bá Đa Lộc, Barrow luôn luôn tôn trọng các giá trị phương Đông và ông không hề xác nhận: trước khi người Âu đến, nước Nam không có tầu chiến, không có thành "Vauban", không biết đúc súng, không có đại bác, không có tổ chức quân đội... như những ngòi bút thuộc địa. Cũng nên nói thêm: việc chia ngăn trong hầm tầu chở hàng của người Hoa và người Việt hiện nay vẫn còn áp dụng trong những tầu chở hàng trên thế giới.

Nói rộng thêm, về nghề thợ đúc, chúng ta có kỹ nghệ đúc súng khá sớm, trong khoảng hai mươi năm từ 1660 đến 1682, một người Ấn Độ lai Bồ Đào Nha hay Y Pha Nho, tên là Joao Da Crus (Jean de la Croix) đã mở lò đúc súng đại bác cho chúa Hiền Nguyễn Phước Tần (1648-1687) dựng trên khu Thợ Đúc tại Huế25. Nghề đúc súng, như vậy đã có ở ta, ít nhất, từ thế kỷ XVII. Hà Nội cũng có phố Lò Đúc. Khi Nguyễn Huệ chiếm Phú Xuân, ông chiếm được cả khu Thợ Đúc ở Huế. Súng đại bác của Tây Sơn, khi công kích các thành Diên Khánh và Quy Nhơn lợi hại chẳng kém gì súng của Nguyễn Ánh.

Những lợi ích buôn bán với nước Nam

Trong chương XI, tựa đề Những lợi ích buôn bán với nước Nam26, Barrow tỏ ra là một nhà chính trị và chiến lược tầm cỡ: Có lẽ ông là người ngoại quốc đầu tiên đã nhìn ra thâm ý của Bá Đa Lộc, khi ký thoả ước cầu viện ở Versailles, 1787.

Về thỏa ước này chúng tôi vẫn tin rằng Bá Đa Lộc đã tự biên tự soạn, không hề hỏi ý Nguyễn Ánh. Bản "quốc thư" mà ông Bá đưa ra và nói rằng do triều đình soạn và trao cho ông, không tìm thấy bản gốc ở đâu. Đại Nam Thực Lục chỉ nói đến việc vua trao ấn cho ông, mà không nói đến "quốc thư". Vậy ta cần phải nghiên cứu lại tất cả những chi tiết này, có thể chính Bá Đa Lộc đã tự soạn bản "quốc thư", bởi vì không một ông vua nào lại trao một lúc bốn vị trí chiến lược quan trọng vào bậc nhất của nước mình là Đà Nẵng, Hải Vân, Cù Lao Chàm và Côn Lôn, cho Pháp để đổi lấy một số lính và vài tầu chiến.

Khi đọc những dòng sau đây của Barrow, chúng ta mới thấy ông đã hiểu thấu những toan tính của Bá Đa Lộc và dù chỉ ở Đà Nẵng có một tháng mà đã thông suốt điạ lý chính trị của nước ta. Ông viết:

"Giám mục Bá Đa Lộc, khi thương lượng bản hòa ước giữa vua Louis XVI và vua nước Nam, đã cho thấy rõ mối ràng buộc nào đó của ông đối với vị vua này, nhưng ông ta cũng không quên quyền lợi của vua Pháp. Những điều kiện trong bản hiệp ước tỏ cho biết khi đòi nhượng bán đảo Turon [Đà Nẵng] cho nước Pháp, ông đã rất chú ý đến những điểm [chiến lược] trên bờ bể nước Nam. Ông ta biết rất rõ nếu nước Pháp có được mảnh đất này, thì nó sẽ làm chủ một cơ sở vững chắc ở nước Việt*. Thực vậy,* mỏm bán đảo Turon (hay Hansan) [Cửa Hàn] đối với nước Nam cũng như Gibraltar đối với nước Y Pha Nho, mà còn hơn thế, bởi ngoài vị trí kiên cố không thể đánh chiếm được, nó còn quan trọng hơn nữa vì có một hải cảng và một bến tầu quanh năm khuất gió, hoàn toàn thích hợp với một hạm đội lớn. Đó cũng là nơi các hạm đội có thể dừng lại bất cứ lúc nào để chấn chỉnh, sửa chữa trong vịnh, nhất là hai bên bờ có nhiều thung lũng phì nhiêu, nhiều suối trong mát. Ngay cạnh đó có một đảo nhỏ nối với đất liền bằng một giải đất khi thủy triều xuống mới nổi lên [Hòn Sơn Trà?], chiến hạm lớn thế nào cũng có thể phơi mình trên ấy để sửa chữa thân tầu. Trực diện với bán đảo là một vùng đất cao đủ để xây một thành phố nhỏ với một xưởng đóng tầu và đủ loại cửa hàng, có thể trở thành địa điểm phòng thủ nếu xây thêm các thành lũy kiên cố.

Một đảo nhỏ tên Callao [Cù Lao Chàm], cách vịnh Đà Nẵng 30 dặm về phía nam cũng thuộc vào vùng đất sẽ nhượng [cho Pháp]. Đảo này chế ngự hoàn toàn cửa chính [Cửa Đại] của con sông [Thu Bồn] chảy qua Fai-Fou [Hội An], thành phố mà ngày trước người ngoại quốc đến buôn bán. Đảo này hoàn toàn không thể vào được, trừ phía đối diện với cửa sông [Cửa Đại] nơi đó có một thung lũng nhỏ có nhiều nước, ngay bên bờ biển, và ở đó tất cả các hạm đội lớn nhỏ đều có thể vào đậu một cách an toàn.

Rất dễ nhận ra quan điểm của Pháp đối với bộ phận này của bờ biển Việt. Những điều khoản trong bản hiệp ước cho thấy rõ chủ đích kiến tạo và trang bị một hạm đội khá quan trọng để đe dọa những đất đai sở hữu của chúng ta ở Ấn Độ; và chắc chắn là ý định này sẽ còn được lập lại. Nước Pháp-Đế quốc [La France-Empire, chỉ thời Napoléon] biết thi hành những điều mà nước Pháp-Vương quốc [La France-Royaume, chỉ thời Louis XVI] chỉ mới dạm ra. Việc Pháp bị đuổi khỏi bờ biển Ấn Độ càng làm cho bờ biển nước Nam trở nên hấp dẫn hơn nhiều; nhất là nếu ta nhìn thấy vị trí này cũng sẽ nguy hiểm và không thuận tiện cho nền thương mại béo bở (profitable) của chúng ta tại Trung Hoa, cũng như những sở hữu của chúng ta ở Ấn Độ"27.

Không những Barrow nhìn thấy vị trí chiến lược hiển nhiên của Đà Nẵng và Cù Lao Chàm, Ông còn lo ngại nếu Pháp chiếm được những nơi quan trọng này thì sẽ trở thành kẻ thù đáng ngại cho đế quốc Anh của ông. Vì thế, tiếp theo đó, Barrow dùng tài hùng biện để thuyết phục chính phủ Anh, phải bằng mọi giá, thông thương với Việt Nam, vì mối lợi khổng lồ, không thể để cho Pháp cuỗm mất, về các mặt giao thông, chính trị và chiến lược. Ông khuyên chính phủ Anh nên xin Cù Lao Chàm làm nơi để lập thương điếm. Ông cũng đã nghiên cứu cặn kẽ những thổ sản và tài nguyên, của Việt Nam để có thể lên một chương trình đổi chác buôn bán28.

Barrow viết tiếp: "Xét cho cùng, chúng ta đã tiến sâu, có lẽ quá sâu vào con đường [thực dân] này để có thể lùi mà không nguy hiểm; bây giờ chúng ta phải hết sức thận trọng để tiến tới đích, để bảo toàn và giữ vững nền thương mại này, chính nó đã giúp ta phương tiện để đọ sức với một kẻ thù vừa ghê gớm vừa hùng mạnh [chỉ Pháp]. Con sư tử Anh cần phải toả rộng nanh vuốt hơn nữa để bảo đảm cho dân tộc Anh những cuộc chinh phục [mới] nối tiếp với những cuộc chinh phục cũ, bằng vũ dũng, kỹ nghệ, và sự táo bạo của mình.

Nhưng ngoài vấn đề an ninh mà sự sở hữu bán đảo phồn vinh Đà Nẵng mang lại cho hàng bao hạm đội mà chúng ta đang sử dụng để buôn bán với nước Tầu, còn có sự tai hại, nếu để nó rơi vào tay một kẻ thù chủ động và kiên quyết [chỉ Pháp]. Ta chẳng nên trông mong vào những nhỏ nhoi mà nền thương mại ở Ấn Độ đem lại; [ta cần] một hải cảng ở vùng này của thế giới, nơi các hạm đội của chúng ta luôn luôn có được nước ngọt, có thể nghỉ ngơi, sửa chữa. Chỉ nhìn dưới góc độ này không thôi: khi các chiến hạm ta đến nước Tầu còn chưa rõ hướng đi, khi những phương tiện giữ gìn sức khoẻ cho thuỷ thủ đoàn còn kém hơn hiện tại, mà chúng ta có được một cửa bể như thế này, để nghỉ ngơi, chờ tầu đi chậm hoặc bị bão chận lại, là những trường hợp dễ xẩy ra, thì tốt biết mấy. Sẽ còn nhiều khảo sát nữa để chứng minh việc cần phải buôn bán với nước Nam. Ở đây tôi chỉ đưa ra vài nhận xét cho thấy công ty Ấn Độ [Anh] có lợi khi lập một thương điếm trong vùng bán đảo vịnh Đà Nẵng*"* 29.

Sau đó, Barrow phân tích sự thất bại của phái đoàn Hastings năm 1778, vì không chuẩn bị kỹ. Kể cả chủ ý sau cùng cách đây 2 năm [tức là sứ bộ Roberts, 1803-1804], cũng hỏng, vì trong triều chỉ còn thông ngôn là thừa sai Pháp, làm sao biết được họ dịch cho vua những gì mà họ muốn, chúng ta thừa biết họ đối với Anh như thế nào! Và cuối cùng, Barrow vẫn nhất quyết rằng vua Gia Long có cảm tình với nước Anh, muốn giao dịch với nước Anh mà bị Pháp cản trở30.

Đối với chúng ta, những dòng trên đây chứng tỏ ý định thực dân của Pháp và của Anh, đã có từ thời chiến tranh Tây Sơn-Nguyễn Ánh, qua hành động kín đáo và khôn khéo của Bá Đa Lộc và qua những điều Barrow viết trong tác phẩm này. Vua Gia Long không chấp nhận nhượng Cù Lao Chàm cho Anh để mở thương điếm, là sáng suốt và nhìn rộng. Vua Minh Mạng nhất quyết ngăn ngừa Anh và Pháp đặt chân đến Việt Nam dù chỉ là "mở thương điếm". Những sự kiện này giúp ta hiểu hơn chính sách của các vua Gia Long, Minh Mạng, Thiệu Trị, Tự Đức: không cho người Âu lập cơ sở thương mại, bởi đó chỉ là mặt tiền của hành động xâm chiếm sẽ đến sau.


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  1. Do Imprimerie de Jeunehomme, in ở Paris, 1806. ↩︎

  2. Do Arthus- Bertrand in ở Paris, 1807. ↩︎

  3. Nguyên văn tiếng Pháp: Il est bon de dire au lecteur, que j'ai tiré la plus grande partie des détails que je viens de donner, et de ceux qui vont suivre, d'un mémoire manuscrit de M. Barisy, officier français d'un grand mérite, qui commandait une frégate au service de Caung-shung. Il est certain que la première partie s'accorde parfaitement avec ce que nous avons appris dans la baie de Turon, d'un secrétaire du gouvernement de la Chine, résident en ce lieu, et dont les récits nous étaient transmis par notre interprète. Les différentes relations des missionnaires qui ont résidé dans ce pays, s'y accordent également: ainsi, je n'hésite pas à donner au reste la plus entière confiance. D'ailleurs, les faits principaux m'ont encore été confirmés par le témoignage de deux Anglais, qui ont été à Sai-gong dans les années 1799 à 1800 (Barrow II, t. 221). ↩︎

  4. Taboulet, La Geste française en Indochine, Tome I, note 1, t. 270. ↩︎

  5. Maybon, Introduction, La relation de la Bissachère, t. 37, note 1. ↩︎

  6. TCĐT, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 96. Tất cả những chỗ in đậm trong sách này là do chúng tôi. ↩︎

  7. Chương IX, viết về những chủ đề: Anh em Tây Sơn khởi binh, 1774. Cuộc nội chiến (t. 192-193). Vua Lê sang Tầu cầu cứu. Quang Trung thắng quân Thanh. Việc sắc phong và triều cống (t. 194-199). Bá Đa Lộc giúp Nguyễn Ánh. Chiến tranh Nguyễn Ánh-Tây Sơn (t. 200-206). Bá Đa Lộc đưa Hoàng tử Cảnh sang Pháp cầu viện, hiệp ước Versailles 1787 (t. 207-211). Bá Đa Lộc gặp khó khăn ở Pondichéry với Conway. Bá Đa Lộc về Sài Gòn (t. 213-216). ↩︎

  8. Barrow, II, t. 183. ↩︎

  9. Mỗi hải dặm là 1.852m. 40 hải dặm: 7,408km. ↩︎

  10. Barrow, II, t. 185-191. ↩︎

  11. Barrow, II, t. 220. ↩︎

  12. Có ý khen, so sánh Nguyễn Ánh với Charles I (1625-1649) vua Anh và Ái Nhĩ Lan. ↩︎

  13. Barrow II, t. 200-202. ↩︎

  14. Barrow, II, t. 208-210. ↩︎

  15. Barrow, II, t. 211. ↩︎

  16. Barrow II, t. 213-216. ↩︎

  17. Bá Đa Lộc mất ngày 9/10/1799. ↩︎

  18. Barrow II, t. 243, 235, 236. ↩︎

  19. Barrow II, t. 117-118. ↩︎

  20. Nguyên chữ trong bản tiếng Pháp của Malte-Brun là seau-chou chinois, chúng tôi đoán là trà tầu. ↩︎

  21. Barrow, t. 241- 251. ↩︎

  22. Về việc triều đình Cảnh Thịnh tiếp đón nồng hậu phái đoàn Macartney, cuốn Le séjour en Indochine de l'ambassade de Lord Macartney (1793) (Những ngày lưu lại Đông Dương của đức ông Đại sứ Anh Macartney), in năm 1942, của Van Imbert, ghi những điều không thấy trong tác phẩm của Barrow, ví dụ: "Người Anh đi lạc trong thành Quảng Nam không thấy có một khẩu đại bác nào". Hoặc: "Khi Macartney tới, viên trấn thủ Quảng Nam nài nỉ người Anh bán khí giới và đạn dược, lộ cho họ thấy rằng Tây Sơn cần được giúp với bất cứ giá nào!" (Tạ Chí Đại Trường, Lịch sử nội chiến ở Việt Nam, t. 218, 220). Lối viết này, năm 1942 vẫn nằm trong đường lối hạ bệ người Việt của các ngòi bút thực dân: ý nói Tây Sơn không có súng ống gì cả, phải "van lậy" người Anh giúp, còn Nguyễn Ánh vì được người Pháp giúp nên "có khí giới tối tân". ↩︎

  23. 1 pied Anh=0m3048. ↩︎

  24. Barrow II, t. 287-293. ↩︎

  25. Cadière, Le quartier des Arènes, Jean de la Croix et les premiers Jésuites, (BAVH, 1924, IV, t. 307-332). ↩︎

  26. Barrow, II, t. 307-309. ↩︎

  27. Barrow II, t. 309. ↩︎

  28. Barrow II, t. 310-321. ↩︎

  29. Barrow II, t. 312-313. ↩︎

  30. Barrow II, t. 325-327. ↩︎