Ngô Thế Tân parle de Lê Thị Lựu et de ses amis peintres en France : Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ

Ngô Thế Tân nói về Lê Thị Lựu và các bạn họa sĩ ở Pháp: Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Ngô Thế Tân parle de Lê Thị Lựu et de ses amis peintres en France : Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ

À l'occasion du troisième anniversaire de la mort de la peintre Lê Thị Lựu, nous avons interrogé M. Ngô Thế Tân sur ses souvenirs d'autrefois auprès d'elle. De fil en aiguille, la conversation a mené à ses amis peintres, aux années difficiles qu'ils ont vécues en France… Tous ces détails contribuent à faire connaître la vie des peintres sous le ciel d'Occident.

L'émission a été diffusée sur RFI le 9 juin 1991. Le texte imprimé ci-dessous a été récrit par M. Ngô Thế Tân ; les termes en diffèrent un peu de la version diffusée, mais le contenu est le même. TK

Thụy Khuê : Monsieur, pouvez-vous nous dire dans quelles circonstances vous avez connu la peintre Lê Thị Lựu ?

Ngô Thế Tân : J'ai rencontré Lê Thị Lựu vers 1933, dans le milieu du scoutisme. Lựu dirigeait la meute de louveteaux Trứng Rồng (« Œufs de Dragon »), j'étais chef de la troupe Hùng Vương. Trâu Mơ Mộng (« Buffle Rêveur »), c'est-à-dire Trần Duy Hưng, qui devint plus tard président du Comité administratif de Hanoi, s'employa à nous marier.

TK : Elle fut l'une des premières femmes à faire des études de peinture : vous a-t-elle raconté les difficultés de ce temps-là ?

NTT : Lựu appartenait à la troisième promotion de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine. Diplômée en 1932. Je ne la connaissais pas encore, mais je l'ai souvent entendue raconter la vie de l'École et les épreuves d'une jeune fille qui étudiait les beaux-arts il y a soixante ans.

Le premier obstacle venait de l'éducation morale confucéenne. Son père, tout formé à la française qu'il fût, gardait les usages anciens : ses quatre filles devaient porter les cheveux longs, se laquer les dents en noir, mettre le pantalon de toile sombre (ce n'est qu'après son mariage que Lựu s'est fait blanchir les dents et a adopté la tenue moderne). Or, à l'atelier de l'École, il y avait le nu, avec tous les détails de la morphologie : Lựu devait se tenir devant un homme nu, en peindre chaque muscle, ombrer chaque veine sur la toile. Le modèle venait de la prison, car personne, à l'époque, n'acceptait de poser nu.

La deuxième épreuve tenait aux relations quotidiennes avec les camarades garçons. Dans l'ensemble ils étaient corrects, mais certains, jaloux, envieux, avaient des gestes détestables — surtout quand on était la première de la classe. Il arrivait qu'un tableau, laissé le soir à l'École, se retrouve au matin lacéré en croix au couteau par un camarade, ou entièrement barbouillé. Quelques jeunes filles, comme Mlle X, de la rue Hàng Bồ, n'ont suivi les cours que quelques jours : leur mère les a fait renoncer.

TK : Pourquoi avez-vous décidé de partir en France à la fin de 1939, au début de 1940, dans un moment si critique, la Seconde Guerre mondiale ayant éclaté ?

NTT : À l'époque, tout jeune homme rêvait plus ou moins d'aller en France, surtout parmi les étudiants, les lycéens et les intellectuels en général, et les peintres en particulier : apprendre la peinture occidentale sans pouvoir approcher l'École de Paris, c'était se sentir affreusement incomplet. Lựu espérait aller en France pour entrer en contact avec l'École de Paris. En outre, trois camarades de l'École étaient déjà à Paris : Vũ Cao Đàm, Lê Phổ et Mai Trung Thứ. Đàm avait une bourse pour se perfectionner en sculpture. Phổ avait été désigné par le professeur Tardieu comme représentant de l'Indochine à l'Exposition. Quant à Thứ, il avait quitté son poste de professeur à Huê pour passer en France. Pour partir, il fallait d'ordinaire obtenir une bourse. Et les bourses allaient d'ordinaire aux enfants de familles influentes. Sinon, il fallait être très fortuné pour payer soi-même. Lựu n'était dans aucun de ces cas. Lựu a suivi son mari en France. J'avais alors été détaché en France pour travailler dans les laboratoires de produits de remplacement (ersatz), afin de remplacer les spécialistes métropolitains partis au front. La guerre faisait rage, et quelques amis jugeaient que le moment était mal choisi pour partir. Mais sans la guerre, quand aurions-nous eu l'occasion de sortir du pays ? D'ailleurs, nous ne comptions partir que six mois, un an, et revenir.

Par malheur, nous sommes arrivés à Paris juste au moment où la France était envahie ; toute activité artistique s'est arrêtée, et Lựu s'est retrouvée enceinte. Nous avons vécu la guerre, en la partageant avec la population. Nous espérions retrouver nos anciens camarades, Đàm, Phổ, Thứ ; mais la guerre les avait dispersés, aucun n'était à Paris.

TK : Vous êtes arrivés à Paris juste au moment où la guerre éclatait, et tout s'est figé un certain temps. Dans quelles conditions est-elle revenue à la peinture ?

NTT : Comme je viens de le dire, nous sommes arrivés à Paris en 1940, et quelques jours plus tard, Paris était occupé par les Allemands. En 1941, nous avons voulu rentrer au pays : il n'y avait plus de bateau. En 1942, il nous a fallu partir pour l'Afrique, et nous ne sommes revenus en France qu'en 1945.

Entre l'enfant à élever et les difficultés de la vie quotidienne — le pays avait lancé sa campagne contre le colonialisme français —, ce n'est que vers 19601 que Lựu a repris le pinceau. Cette longue interruption tenait aussi à un manque de confiance dans son art et dans sa manière. Formée au classicisme, classique de facture, elle voyait l'École de Paris prendre un tournant qui dépassait l'imagination : abstraction, cubisme, surréalisme… Lựu en avait le vertige, elle perdait confiance en son propre talent.

Heureusement, elle a fini par trouver le nœud à défaire : peindre selon sa propre conception de la peinture. Rester fidèle à ses idées et à son instinct. Lựu n'arrivait pas à peindre une femme dont l'œil ressemble à un poisson posé sur le front, ou dont le nez ressemble à celui d'un lion, avec des traits d'autant plus vénérés qu'ils sont plus informes. La jeune fille de Lựu devait avoir de la beauté, de la grâce ; une mère devait avoir la bonté et la douceur sur le visage ; les enfants devaient être beaux et bien faits, exemplaires d'un idéal de perfection.

C'est vers 1960 qu'elle s'est remise à travailler régulièrement. Elle a commencé par trois tableaux sur soie, mis en vente au salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Dès le vernissage, deux d'entre eux ont été achetés par des Américains ; le comité lui a aussitôt décerné le premier prix et elle a été élue sociétaire. Ce résultat lui a rendu beaucoup de confiance et d'élan. Le troisième tableau fut acheté par le propriétaire d'une galerie de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Cette galerie est devenue depuis le lieu où elle exposait ce qu'elle peignait. Mais en vérité Lựu produisait très peu, et devait toujours des tableaux à ceux qui les avaient commandés.

TK : Monsieur, pouvez-vous nous dire quelle était alors la situation des trois peintres Vũ Cao Đàm, Lê Phổ et Mai Thứ ?

NTT : Lựu avait trois amis peintres, passés en France avant elle : Vũ Cao Đàm, Lê Phổ et Mai Trung Thứ. Arrivés en France, tous trois avaient loué un atelier rue Alphonse-Bertillon. Mais quand nous sommes arrivés à Paris en 1940, l'atelier était vide, aucun des trois n'était là. La guerre les avait dispersés. Ce n'est qu'en 1942 que nous avons retrouvé Đàm à Paris, Phổ et Thứ à Nice.

La France était alors en plein bouleversement. La peinture n'ayant pas repris, tous trois devaient exercer un métier d'appoint pour vivre. Đàm, adroit de ses mains, s'est fait pédicure et manucure (« pédicure chinoise »). Phổ et Thứ étaient engagés pour monter sur scène, en turban et en tunique… Cela dit, ce ne furent que des situations passagères, sur une courte période.

Tous trois ont ensuite produit régulièrement et organisé des expositions collectives en bien des lieux : Casablanca, Alger, Genève, Nice, Paris, Vichy… Ces dernières décennies, Đàm et Phổ ont signé des contrats d'exclusivité avec la galerie Findlay, l'une des plus importantes des États-Unis.

Je dirai un mot de la carrière de chacun.

Vũ Cao Đàm est sorti major en sculpture. Il a obtenu une bourse pour se perfectionner à l'École des beaux-arts de Paris. Il logeait à la Maison de l'Indochine, en même temps que Mlle Bình, la première femme pharmacienne, et que Hoàng Xuân Hãn. Thụy Khuê sait sans doute que Mlle Bình devint plus tard Mme Hoàng Xuân Hãn. Đàm a modelé un buste du roi Bảo Đại et sculpté une figure de Hồ Chí Minh. De cette dernière, un tirage en bronze se trouve encore chez Nguyễn Kim Hồng.

Par la suite, Đàm a presque entièrement abandonné la sculpture pour la peinture. Là, il n'a cessé de chercher : la facture, la matière picturale, les matériaux. Ses sujets sont très variés. En gros, ses soies ont la patine des mille ans passés, ses huiles ont des décors anciens mais des couleurs modernes.

Aujourd'hui [1991], Đàm et Lê Phổ sont l'un et l'autre âgés (quatre-vingt-quatre, quatre-vingt-cinq ans), mais ils peignent encore quelques heures par jour. La peinture de Phổ peut se dire décorative ; on peut dire qu'il est spécialiste des fleurs. Ses jeunes filles sont belles mais raides, moins souples, moins gracieuses. Le jaune et le vert y débordent, ce qui fait penser à Bonnard ou à Legueult.

Quant à Mai Thứ, de son vrai nom Mai Trung Thứ, on l'appelait Thày Thử, « maître Thử », ou Ông Đốc Thử, « M. le principal Thử », depuis sa nomination comme professeur à Huê — l'accent de Huê prononçant ainsi son nom. Au pays de la rivière des Parfums et du mont Ngự, Thứ était un jeune homme brillant, et bien des lycéennes, bien des demoiselles de sang royal, et quelques jeunes filles de Saigon aussi, ont gardé le regret d'un vœu inaccompli. Thày Thử peignait bien et jouait bien de la musique. Il avait une automobile sur terre et une barque de promenade sur la rivière des Parfums. Mon ami Mai Thứ est mort il y a une dizaine d'années, emportant au fond de lui je ne sais combien de pages d'histoires d'amour admirables et désespérées ; mais il est resté très fidèle à ses anciennes amours et aux devoirs d'autrefois.

Outre la peinture, il faisait aussi du cinéma. Il a réalisé plusieurs films sur la technique de la peinture sur soie. En 1946, c'est lui qui a monté le film retraçant les activités de Hồ Chí Minh pendant les négociations en France.

Il est connu de beaucoup de gens parce que certains de ses tableaux ont été édités et vendus partout par la maison Braun : des enfants naïfs assis en rond, écoutant la leçon du vieux maître, ou courant et jouant dans la cour de l'école… L'Unicef a même diffusé une carte, Enfant profondément endormi. Sur la facture, je disais en plaisantant que sa peinture est une synthèse où sa manière propre ne compte que pour moitié, un quart pour la Chine et le reste pour la Perse ou l'Inde. Ses personnages ont une expression enfantine, et beaucoup de critiques français l'ont rangé parmi les naïfs.

Sa dernière exposition, à la galerie Vendôme, comptait cinquante tableaux. Financièrement, le résultat fut très satisfaisant : presque tout s'est vendu. Le seul regret est que, pendant les jours et les nuits passés à préparer cette exposition, il n'a pas ménagé ses forces ; quelques mois plus tard, il entrait dans le néant, laissant le regret à ses quelques amis peintres du même âge. [Le peintre Mai Thứ est mort à Paris en octobre 1980.]

TK : Vous êtes peintre amateur et vous connaissez sa peinture mieux que quiconque ; pouvez-vous dresser une sorte de « bilan », en qualité comme en quantité, de son œuvre ? En tout, combien de tableaux a-t-elle peints dans sa vie ?

NTT : Lựu a peu peint, pour les raisons que j'ai dites, mais d'une main sûre, et elle avait un don singulier. Dès ses années d'étudiante, le directeur de l'École avait reconnu ce don et la désignait toujours comme répétitrice pour aider ses camarades de promotion. Dès l'esquisse, ses tableaux avaient des traits hardis, vivants, comme ceux des maîtres. Il est dommage qu'à la fin d'un tableau Lựu ait souvent ajouté trop de détails, ce qui l'affaiblissait un peu. Le directeur trouvait à plusieurs de ses œuvres une facture à la Cézanne. Dans sa jeunesse, certaines de ses soies avaient une allure à la Modigliani. À la fin, quelques tableaux avaient l'aspect d'un Renoir : des personnages pleins de tendresse au milieu des fleurs et des herbes, un paysage tremblant sous une lumière dorée.

Bien des tableaux vendus, elle les regrettait ensuite — comme on regretterait d'avoir vendu un enfant ; et elle cherchait à les racheter. Ainsi La Mère et ses deux enfants (Ba mẹ con), cousant au milieu des massifs de fleurs, vendu à M. M. pour l'anniversaire de sa femme ; ou La Jeune Fille à la cithare à seize cordes, vendu à la directrice adjointe du Printemps ; ou encore Jeune Fille en blanc prenant le vent au bord du lac… Et bien d'autres, vendus par la galerie, dont on ignore où ils sont passés.

En dehors des tableaux, Lựu a peint un certain nombre de portraits. De toutes sortes : pastel, soie, huile, mine de plomb, sanguine. Je me souviens à peu près de ceux-ci :

  • Portrait de Mlle Vân, fille de M. Nguyễn Văn Vĩnh, au pastel.

  • Portrait de M. Hai (un parent), à l'huile.

  • Portrait de Mme Robin, femme du gouverneur général, à l'huile.

  • Portrait du petit-fils de M. et Mme Sainteny, sur soie.

  • Portrait de Lê Tất Luyện, à l'huile.

  • Portrait de Thục Diễm, sur soie.

  • Portrait du sculpteur Anh Trần, sur soie.


Lựu faisait des portraits particulièrement ressemblants, mais plus jeunes et plus beaux que nature : on les recherchait beaucoup.

Thụy Khuê demande combien de tableaux elle a peints ; je ne peux pas répondre avec exactitude, car ils étaient vendus dès qu'ils étaient finis, et il n'y en a jamais eu assez en réserve pour monter une exposition personnelle. Elle devait toujours des tableaux commandés d'avance, parfois depuis des années. Il est dommage qu'on ne les ait pas photographiés, mais Lựu n'a jamais pensé qu'un livre paraîtrait un jour. Deux ou trois cents, à peu près, pas davantage.

Lựu a peint jusqu'aux derniers jours de sa vie. Ses deux derniers tableaux ont pour sujet La Jeune Fille au luth et Trois générations sous le même toit.

TK : Quelle était-elle dans la vie de famille ? Quelles images gardez-vous, les plus profondes, de votre femme disparue ?

NTT : Nous avons vécu ensemble de 1934 à 1988, c'est-à-dire plus d'un demi-siècle, dans le respect mutuel. Je peux dire que c'est moi qui ai encouragé Lê Thị Lựu dans les périodes où elle doutait de son art et de son talent. Lê Thị Lựu tenait la maison avec la compétence d'une Européenne aux connaissances avancées. Propre, trop propre. Méticuleuse. Ordonnée. Elle n'aimait pas faire la cuisine, mais elle a fini par la faire remarquablement. Les plats vietnamiens, chinois, français dont des amis lui donnaient la recette étaient notés, exécutés, ajustés au gramme près pour le dosage du sel et de la saumure. Aux heures libres, elle lisait, et notamment des romans de chevalerie chinois. Jamais de commérages, jamais de temps perdu, ni jeux, ni compagnies douteuses. Chose curieuse : elle préférait les manières masculines aux féminines, et avait donc plus d'amis hommes.

Voilà pour le côté matériel de la vie de famille. Pour ce qui est de la morale : elle était née dans une famille de l'ancien temps, où les filles portaient les cheveux longs, le turban, les dents laquées de noir, le pantalon de toile sombre. Ce n'est qu'en se mariant qu'elle s'est coupé les cheveux et fait blanchir les dents. Mais Lê Thị Lựu n'était pas pour autant une femme arriérée, égoïste ou démodée. Sa conception de ses rapports avec sa famille, ses parents, ses sœurs, son mari, son fils, ses amis était très juste et très moderne. Envers ses parents, une affection sincère, la piété filiale ; envers ses sœurs, de l'ouverture, de l'indulgence, de la générosité.

Dans notre petite famille, les joies et les peines, l'abondance et le manque, le bonheur, tout était partagé également. Toutes les tâches lourdes ou difficiles, partagées également. Nous tenions le couple pour une unité qu'on ne peut pas séparer.

TK : Elle est morte il y a trois ans ; pensez-vous à faire entrer un jour ses tableaux dans un musée du Viêt Nam ?

NTT : Faire entrer les tableaux de Lựu dans un musée, je ne peux pas encore m'y résoudre. Le jour où notre pays se démocratisera et où un musée en fera la demande, on verra à ce moment-là. Pour l'instant, le musée administré par l'Association des beaux-arts de Hanoi a déjà reçu de Lựu une petite soie en cadeau. Mais il semble que les tableaux des peintres vietnamiens de France, Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ, dont les sujets ne sont pas « ouvriers et paysans », ne soient pas acquis par l'Association des beaux-arts de Hanoi.

Il y a quelques dizaines d'années, quand les Vietnamiens de l'étranger militaient avec ardeur pour l'indépendance du pays, avant les troubles des dénonciations dans les campagnes et contre la bourgeoisie dans les villes, Vũ Cao Đàm avait songé à préparer un ensemble de tableaux — français et vietnamiens — à rapporter pour servir de noyau à un musée d'art moderne de Hanoi. On a jugé ensuite que le moment n'était pas venu. À ma façon de voir, la peinture comme la littérature, une fois créées, doivent tenir une place d'avant-garde, être la locomotive qui entraîne le public, et non pas, comme l'a dit Hồ Chí Minh, « des œuvres qui doivent plaire à tout le peuple ». Si le peuple n'est pas encore avancé en art savant, il a déjà l'estampe populaire pour se réjouir !

TK : Je vous remercie sincèrement.


© 2018 Thụy Khuê


  1. En réalité, 1960 est l'année où Lê Thị Lựu a achevé de construire son chemin de peinture. Elle avait commencé à chercher en 1954 avec Les Deux Kiều. En 1956, à l'occasion du départ de son mari pour le pays, elle a décidé de revenir à la peinture. Voir Mộng Trung interroge Lê Thị Lựu. ↩︎

Ngô Thế Tân nói về Lê Thị Lựu và các bạn họa sĩ ở Pháp: Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ

Nhân dịp kỷ niệm giỗ thứ ba họa sĩ Lê Thị Lựu, chúng tôi phỏng vấn ông Ngô Thế Tân, về những kỷ niệm xưa với bà Lê Thị Lựu. Câu chuyện miên man dẫn đến những người bạn họa sĩ của bà, đến thời hàn vi sống trên đất Pháp của họ... Tất cả những chi tiết này đều đóng góp vào việc tìm hiểu cuộc sống của các họa sĩ bên trời Tây.

Chương trình được phát thanh trên đài RFI ngày 9/6/1991. Bản in dưới đây do ông Ngô Thế Tân viết lại, lời lẽ có hơi khác so với bản đã phát thanh, tuy cùng một nội dung. TK

Thụy Khuê: Thưa ông, xin ông cho biết ông đã quen với hoạ sĩ Lê Thị Lựu trong hoàn cảnh nào?

Ngô Thế Tân: Tôi gặp Lê Thị Lựu vào quãng 1933 trong gia đình Hướng Đạo. Lựu làm trưởng bầy sói con Trứng Rồng, tôi làm Đoàn trưởng Hùng Vương. Trâu Mơ Mộng tức Trần Duy Hưng, sau này làm Chủ tịch Ủy ban Hành chính Hà Nội, cố tình chắp nối mối lương duyên chúng tôi.

TK: Là một trong những người phụ nữ đầu tiên học ngành hội hoạ, bà có kể cho ông nghe thời đó đi học có những khó khăn gì không?

NTT: Lựu học khóa thứ 3 Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương. Tốt nghiệp năm 1932. Hồi đó tôi chưa quen song thường được nghe Lựu kể lại cách sinh hoạt ở trường và những điêu đứng của một người con gái học mỹ thuật cách đây 60 năm về trước.

Trở lực đầu tiên là do giáo dục đạo đức Nho phong. Cụ ông dù theo Tây học nhưng vẫn giữ nếp cổ, bốn cô con gái bắt phải để tóc dài, nhuộm răng đen, vận quần thâm (mãi sau khi lấy chồng, Lựu mới cạo răng trắng và mang y phục tân thời). Nhưng khi vào thực tập ở trường có môn vẽ khoả thân, với mọi chi tiết về hình thái học, Lựu phải đứng trước một người đàn ông khỏa thân, vẽ từng thớ thịt, lồng bóng từ đường gân người đó trên bức họa. Người mẫu lấy ở trong khám vì thời đó không ai chịu làm mẫu khoả thân.

Thử thách thứ hai là về quan hệ hàng ngày cùng các bạn trai ở trường. Nói chung các bạn cũng tốt, nhưng cũng có những phần tử ghen ghét, đố kỵ, có những cử chỉ tồi tệ nhất là khi mình lại đứng đầu lớp. Có khi vẽ xong, tranh để ở trường, sáng sau thấy có người bạn đã lấy dao rạch tranh tréo nách, hoặc bôi xóa toàn phần. Có một vài cô như cô X ở phố Hàng Bồ, học được mấy ngày rồi bà mẹ bắt bỏ học.

TK: Lý do gì đã khiến ông bà quyết định sang Pháp, cuối năm 1939, đầu năm 1940, là thời điểm gay go, đại chiến thứ hai đã bùng nổ?

NTT: Hồi đó thanh niên nào cũng ít nhiều mang ước vọng được qua Pháp, nhất là trong giới sinh viên, học sinh, trí thức, nói chung và họa sĩ nói riêng, vì học hội họa Âu Tây mà không được tiếp cận với trường phái Paris thì cảm thấy khiếm khuyết vô cùng. Lựu mang hi vọng sang Pháp để được tiếp xúc với trường phái Paris. Ngoài ra, ở Paris đã có ba anh bạn cùng trường: Vũ Cao Đàm, Lê Phổ và Mai Trung Thứ. Anh Đàm được học bổng để đi tu nghiệp điêu khắc. Anh Phổ được giáo sư Tardieu cử làm đại diện Đông Dương trong cuộc đấu xảo. Còn anh Thứ bỏ chức giáo sư ở Huế để qua Pháp. Muốn đi, thường phải xin được học bổng. Mà học bổng thường dành cho con nhà quyến thế. Nếu không phải là nhà cự phú mới tự túc được. Lựu không ở trong những trường hợp ấy. Lựu theo chồng sang Pháp. Lúc đó tôi được bổ dụng sang Pháp, công tác ở các phòng thực nghiệm về thế phẩm (erzatz) để thay thế những chuyên gia bản xứ phải ra tiền tuyến. Khi ấy chiến tranh đang khốc liệt, một số bạn bè cho là ra đi không phải lúc. Nhưng nếu không có chiến tranh thì làm sao có dịp xuất ngoại? Vả lại chúng tôi chỉ tính đi có sáu tháng, một năm sẽ trở về.

Không may đến Paris vừa đúng lúc nước Pháp bị xâm chiếm, các hoạt động nghệ thuật đều đinh chỉ, rồi Lựu lại có thai. Chúng tôi sống trong chiến tranh, cùng chia sẻ với dân sở tại. Hy vọng gặp các bạn cũ cùng trường như Đàm, Phổ, Thứ, thì các bạn đó cũng đều bị chiến tranh phân tán, không ai có mặt ở Paris.

TK: Tới Paris gặp đúng lúc chiến tranh bùng nổ, mọi chuyện bị ngưng đọng trong một thời gian. Trong điều kiện nào bà đã trở lại với hội họa?

NTT: Như trên tôi vừa nói, năm 1940 tới Paris thì mấy ngày sau Paris bị Đức chiếm đóng. Năm 1941 định về nước thì không còn tầu về. Năm 1942 chúng tôi phải đi Phi Châu, đến năm 1945 mới quay trở lại Pháp.

Phần bận con, phần trong sinh hoạt gặp đầy khó khăn vì nước nhà mở chiến dịch chống thực dân Pháp nên mãi đến khoảng năm 19601 Lựu mới cầm bút vẽ lại, nghỉ lâu cũng chính là thiếu tin tưởng về nghệ thuật, bút pháp của mình. Học cổ điển, bút pháp cũng cổ điển nên khi thấy trường phái Paris đi vào bước ngoặc quá sức tưởng tượng, nào trừu tượng, nào lập thể, nào siêu thực... Lựu chóng mặt, mất lòng tin ở tài ba của mình.

May về sau tìm được mối gỡ nút tức là vẽ theo quan niệm hội họa của bản thân mình. Chân thật với khái niệm cùng bản năng của mình. Lựu không sao vẽ được một người phụ nữ mắt như con cá rô nằm trên đỉnh trán được, hay mũi như mũi sư tử, nét bút càng nguệch ngoạc càng được tôn sùng. Thiếu nữ của Lựu phải có sắc, phải duyên dáng; một bà mẹ phải hiền hậu, nhu mì lộ trên nét mặt; thiếu nhi khôi ngô, tuấn tú, điển hình cho lý tưởng hoàn mỹ.

Khoảng năm 1960 mới quay lại làm việc đều đều. Khởi đầu vẽ ba bức trên nền lụa, bầy bán ở cuộc triển lãm chung của Hội Liên hiệp Phụ nữ Hội họa và Điêu khắc (Union des Femmes Peintres et Sculpteurs). Ngay buổi khai mạc, hai bức đã có người Mỹ mua, ban Giám Đốc lại tặng ngay giải nhất (Premier Prix) và được bầu ngay là thành viên của hội (sociétaire). Kết quả này đã gây nhiều tin tưởng phấn khởi. Còn bức thứ ba được chủ hiệu tranh (galerie) ở phố Faubourg Saint Honoré mua. Hiệu tranh này, từ đây trở thành nơi bày các họa phẩm sáng tác ra. Nhưng thực ra Lựu sáng tác rất ít, lúc nào cũng nợ tranh người đặt trước.

TK: Thưa ông, ông có thể cho biết về tình cảnh của ba họa sĩ Vũ Cao Đàm, Lê Phổ và Mai Thứ, trong thời điểm đó ra sao không?

NTT: Lựu có ba người bạn họa sĩ, qua Pháp trước Lựu là Vũ Cao Đàm, Lê Phổ và Mai Trung Thứ. Sang Pháp, cả ba anh đề thuê xưởng vẽ ở phố Alphonse Bertillon. Nhưng khi chúng tôi đến Paris năm 1940, xưởng đều vắng bóng cả ba. Chiến tranh đã phân tán. Mãi đến năm 1942 mới gặp lại Đàm ở Paris, Phổ và Thứ ở Nice.

Tình thế nước Pháp lúc đó rất xáo trộn. Hội họa chưa khai thông, nên cả ba đều phải làm nghề phụ để mưu sống. Đàm khéo tay làm nghề gọt rũa móng chân, móng tay (pédicure chinoise). Phổ và Thứ được thuê lên sân khấu, khăn đóng áo dài... Kể ra như vậy, song đó chỉ là những trường hợp nhất thời trong một giai đoạn ngắn.

Cả ba sau này sáng tác đều, tổ chức triển lãm chung ở nhiều nơi. Casablanca, Alger, Genève, Nice, Paris, Vichy,... Mấy chục năm gần đây, Đàm và Phổ ký hợp đồng độc quyền bán tranh cho Galerie Findlay, một hiệu tranh lớn vào bậc nhất ở Hoa Kỳ.

Tôi nói qua về sự nghiệp của các anh ấy:

Vũ Cao Đàm tốt nghiệp thủ khoa điêu khắc. Được học bổng qua tu nghiệp ở trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Paris. Ở Ký Túc Xá Đông Dương, đồng thời với chị Bình, nữ dược sĩ đầu tiên và anh Hoàng Xuân Hãn. Chắc Thụy Khuê cũng biết chị Bình sau này là bà Hoàng Xuân Hãn. Đàm đã nặn tượng Vua Bảo Đại và tạc tượng Hồ Chí Minh. Tượng này có một bản đúc đồng hiện còn ở nhà anh Nguyễn Kim Hồng.

Sau này Đàm gần như bỏ hẳn điêu khắc để sáng tác hội họa. Về môn này Đàm luôn luôn tìm kiếm về bút pháp, họa chất, chất liệu. Đề tài rất phong phú. Nói chung tranh lụa của Đàm đượm vẻ cổ kính ngàn xưa, tranh sơn dầu bối cảnh xưa nhưng màu sắc tân kỳ.

Hiện nay [1991], Đàm và Lê Phổ đều cao tuổi cả rồi (84, 85 tuổi) nhưng vẫn sáng tác mỗi ngày vài giờ. Tranh của Phổ có thể sắc trang trí, có thể nói là Phổ chuyên vẽ hoa. Các thiếu nữ đẹp nhưng cứng, kém uyển chuyển, duyên dáng. Hai màu vàng và xanh lá cây tràn đầy khiến người ta liên tưởng tới Bonnard hay Legueult.

Còn Mai Thứ, tên thực là Mai Trung Thứ, tức Thày Thử, hay Ông Đốc Thử, khi được bổ nhiệm giáo sư ở Huế, giọng Huế gọi như vậy. Ở đất sông Hương núi Ngự, Thứ là một tài nhân trẻ, khiến nhiều nữ sinh, cả các mệ ở đó, và một số tiểu thư Sài Gòn nữa, ôm hận vì ước vọng không thành. Thày Thử vẽ giỏi lại đờn hay. Có xe hơi trên bộ và du thuyền trên Hương Giang. Anh bạn Mai Thứ của tôi mất quãng 10 năm nay rồi, mang theo trong lòng biết bao trang tình sử tuyệt vời và tuyệt vọng, nhưng anh rất chung thủy với tình xưa, nghĩa cũ.

Ngoài hội họa anh còn làm phim. Anh đã tác tạo mấy bộ phim về kỹ thuật tranh lụa. Năm 1946 chính anh đã dựng cuốn phim ghi các hoạt động của Hồ Chí Minh trong thời kỳ đàm phán ở Pháp.

Anh được nhiều người biết đến vì có một số tranh do nhà Braun in bán khắp nơi: Trẻ ngây thơ ngồi xung quanh nghe thày đồ giảng dạy, hay tung tăng chạy đùa trong sân trường... Unicef cũng phát hàng một thiếp "em nhỏ ngủ say". Về bút pháp, tôi thường nói đùa tranh anh là một tổng hợp chỉ có phần nửa bút pháp cá biệt của anh, một phần bốn Tàu và phần trót Ba Tư (Perse) hay Ấn Độ. Nhân vật trong tranh đượm vẻ ngây thơ nên nhiều nhà phê bình Pháp liệt anh vào loại tranh ngây ngô (naïf).

Cuộc triển lãm cuối cùng của anh ở Galerie Vendôme có tới 50 bức. Về mặt lý tài kết quả rất khả quan, tranh bán gần hết. Chỉ buồn tiếc là trong những ngày đêm bố trí cuộc triển lãm này, anh đã không quan tâm đến hơi sức anh, nên sau đó mấy tháng anh đã vào cõi hư vô để lại tíếc thương cho mấy người bạn họa sĩ cùng lớp tuổi. [Họa sĩ Mai Thứ từ trần tại Paris tháng 10/1980].

TK: Ông là họa sĩ nghiệp dư và ông biết rõ về hội họa của bà hơn ai hết, vậy ông có thể cho một "kết toán" về phẩm cũng như về lượng các tác phẩm của bà. Tựu trung cả đời bà vẽ khoảng bao nhiêu bức tranh?

NTT: Lựu tuy vẽ ít vì những lý do đã kể, nhưng đều tay và thể hiện một biệt tài. Ngay thời sinh viên đã được ông đốc trường nhận ra đặc tài đó nên luôn luôn ông cử làm trợ giáo giúp các bạn đồng khóa. Tranh ngay khi mới phác họa đã có những nét mạnh bạo, linh động như của các họa sư (maîtres). Tiếc là đến giai đoạn cuối của tranh, Lựu thường mang thêm nhiều chi tiết làm yếu đi đôi chút. Có nhiều tác phẩm ông đốc cho là có bút pháp Cézanne. Ở thời trẻ, có những bức tranh lụa mang phong cách như Modigliani. Thời cuối, một số tranh mang hình thái Renoir: nhân vật đầy trìu mến sinh hoạt trong cỏ hoa, phong cảnh lung linh dưới ánh nắng vàng.

Nhiều tranh bán đi rồi lại tiếc. Tiếc như đã bán một đứa con, rồi tìm cách mua lại. Chẳng hạn bức Ba mẹ con ngồi khâu giữa bồn hoa, đã bán cho ông M. để ông tặng vợ ngày sinh nhật; bức Thiếu nữ đánh đàn thập lục đã bán cho bà Phó giám đốc nhà Printemps, bức Thiếu nữ áo trắng hứng gió bờ hồ... Còn nhiều bức bán qua galerie nên không biết đã về đâu.

Ngoài các tranh Lựu còn vẽ một số chân dung. Đủ loại: phấn mầu, lụa, sơn dầu, chì đen, chì son (sanguine). Tôi nhớ đại khái:

  • Chân dung Cô Vân, con gái ông Nguyễn Văn Vĩnh, phấn màu.

  • Chân dung Cụ Hai (người trong họ) sơn dầu.

  • Chân dung bà toàn quyền Robin, sơn dầu.

  • Chân dung cháu trai ông bà Sainteny, lụa.

  • Chân dung Lê Tất Luyện, sơn dầu.

  • Chân dung Thục Diễm, lụa

  • Chân dung Anh Trần, điêu khắc gia, lụa.


Lựu vẽ chân dung đặc biệt giống mà còn trẻ đẹp hơn thật nên thường được chuộng.

Thụy Khuê hỏi số tranh sáng tác, tôi không sao trả lời chính xác được vì vẽ xong là bán ngay, không bao giờ có một số lượng đủ để làm triển lãm riêng cả. Lúc nào cũng nợ tranh người ta đặt trước, có khi hàng mấy năm. Tiếc không chụp hình để lại vì Lựu không bao giờ nghĩ đến việc sẽ in sách. Nhưng phỏng độ 200, 300 bức thôi.

Lựu đã sáng tác đến những ngày cuối cuộc đời. Hai bức cuối mang đề tài Thiếu nữ gảy đàn tỳ bà và Tam đại đồng đường.

TK: Trong gia đình bà là người như thế nào? Những hình ảnh nào sâu xa nhất, ông còn giữ được về người vợ quá cố?

NTT: Chúng tôi đã chung sống từ năm 1934 đến 1988 tức hơn nửa thế kỷ, trong sự tôn trọng lẫn nhau. Có thể nói tôi là người đã khuyến khích Lê Thị Lựu trong những thời gian kém tin tưởng về nghệ thuật, tài năng của mình. Lê Thị Lựu quán xuyến công việc nội trợ với trình độ một người Âu có kiến thức tiền tiến. Sạch, quá sạch. Kỹ tính. Ngăn nắp. Không ưa nấu ăn nhưng rồi làm bếp vào bậc khéo. Món ăn ta, tầu, Tây, do các bạn cho công thức đều được ghi chép, thực hành, điều chỉnh với cân lạng chính xác trong liều lượng mắm muối. Rảnh rang thì đọc sách, xem kiếm hiệp. Không bao giờ ngồi lê đôi mách, lãng phí thì giờ hay đàn đúm cờ bạc, bê tha. Điểm lạ là ưa tác phong nam hơn nữ nên có nhiều bạn trai hơn.

Đó là nói qua về mặt vật chất trong gia đình, còn về mặt đạo đức, sinh ra trong một gia đình cổ: con gái để tóc dài, vấn khăn, nhuộm răng đen, mặc quần vải thâm. Mãi đến khi xuất giá mới cắt tóc ngắn, cạo răng trắng. Nhưng không phải vì thế mà Lê Thị Lựu là một phụ nữ lạc hậu, ích kỷ, lỗi thời. Quan niệm về quan hệ giữa mình với gia đình, bố mẹ, các em, hay chồng con, bạn bè rất đúng mức và tiến bộ. Với bố mẹ có tình cảm chân thành, hiếu đễ, với các em cởi mở, khoan dung và rộng rãi.

Trong tiểu gia đình chúng tôi, vui buồn, thừa thiếu, hạnh phúc chia sẻ đồng đều. Chia đều mọi công việc nặng nhọc hay khó khăn. Coi vợ chồng là một đơn vị không tách rời ra được.

TK: Bà mất đến nay đã ba năm, ông có nghĩ đến việc một lúc nào đó, sẽ đưa tranh của bà về viện bảo tàng ở Việt Nam không?

NTT: Việc đưa tranh của Lựu vào viện bảo tàng, tôi chưa chủ trương được. Một ngày nào đó, nước ta dân chủ hóa và bảo tàng có ý yêu cầu thì ngày đó sẽ tính sau. Hiện giờ bảo tàng do Hội Mỹ Thuật Hà Nội quản lý đã được Lựu biếu một bức tranh lụa nhỏ rồi. Nhưng xem ra những tranh của các họa sĩ Việt Nam tại Pháp như Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ, với những đề tài không "công nông" không được Hội Mỹ Thuật Hà Nội trưng mua.

Cách đây mấy chục năm, khi người Việt tha hương đang hăng say tranh đấu cho độc lập ở quê nhà, chưa có xáo trộn tố khổ ở thôn quê và tố tư sản ở thành thị, anh Vũ Cao Đàm có ý chuẩn bị một số tranh -Pháp có, Việt có- để đưa về làm hạt nhân khai sinh cho bảo tàng Mỹ Thuật tân thời Hà Nội. Sau xem ra chưa đúng lúc. Theo tư duy của tôi, hội họa hay văn chương, sáng tác ra phải có một vị trí tiên phong, làm đầu tầu dìu dắt quần chúng, chứ không phải như Hồ Chí Minh đã nói "tác phẩm phải được toàn dân ưa thích". Nhân dân chưa tiến về nghệ thuật cao đẳng thì đã có tranh dân gian để thưởng thức rồi!

TK: Xin thành thực cảm ơn ông.


© 2018 Thụy Khuê


  1. Thực ra, năm 1960 là năm Lê Thị Lựu xây dựng xong đường lối hội hoạ của mình. Bà bắt đầu tìm kiếm từ năm 1954 với bức Nhị Kiều. Đến năm 1956, nhân dịp ông về nước làm việc, bà đã quyết định trở lại với hội họa. Xem bài Mộng Trung phỏng vấn Lê Thị Lựu. ↩︎