Entretien avec le peintre Lê Phổ

Nói chuyện với họa sĩ Lê Phổ

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Entretien avec le peintre Lê Phổ

Le peintre Lê Phổ vivait à Paris, ce qui nous a donné bien des occasions de le voir ; nous n'avons pourtant réalisé le premier entretien qu'en 1993, pour la raison suivante. En 1990, le service vietnamien de RFI venait d'être créé. Peu avant Noël 1990, le peintre Lê Phổ eut un accident : à quatre-vingt-trois ans, marchant dans une rue de Paris, un peu dur d'oreille, il n'entendit pas approcher une moto. Renversé, il tomba sur la chaussée, se cassa des dents et se fit un œil au beurre noir. Conduit à l'hôpital, il fut examiné, et les médecins, ne voyant aucun signe alarmant, le laissèrent repartir.

Quelque temps plus tard, au cours d'une promenade, Mme Lê Phổ remarqua sur la jambe gauche de son mari des signes anormaux et le conduisit d'urgence à l'hôpital. Là, on constata des hématomes qui gênaient la circulation du sang ; peu à peu, le peintre fut paralysé des quatre membres, puis perdit connaissance. Le coma dura trois semaines. Il revint ensuite peu à peu à lui et reconnut ses proches. Il dut rester plus de six mois à l'hôpital et il fallut encore longtemps pour qu'il se rétablisse.

C'est pourquoi ce n'est qu'en 1993 que nous avons pu lui proposer un entretien général sur son parcours de peintre. Et c'est pourquoi, aussi, cet entretien contient des informations précieuses, que le peintre rendait publiques pour la première fois.

Lê Phổ y donne des détails importants sur le professeur Tardieu, sur sa propre vie et sur celle de ses amis au temps des vaches maigres. Il expose également sa conception de la peinture, et c'est la première fois que Lê Phổ annonce publiquement son intention de donner des tableaux au Musée de Hanoi.

L'entretien a été enregistré le 3 mars 1993, diffusé sur RFI le 7 mars 1993 et repris dans la revue Hợp Lưu, aux États-Unis, n° 10, avril 1993.

Quelques lignes de biographie du peintre Lê Phổ

Le peintre Lê Phổ est né le 2 août 1907 à Hà Đông, dans une famille de mandarins. Son père, Lê Hoan, était kinh lược sứ, délégué impérial du Tonkin. Il fut reçu dans la première promotion de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine, en 1925, et diplômé en 1930. Dès 1928, Lê Phổ exposait avec Vũ Cao Đàm et Mai Thứ à Hanoi. Élève brillant, il fut désigné par Victor Tardieu comme son assistant pour les expositions internationales de Paris, en 1931 et en 1937. En 1932, Lê Phổ obtint une bourse pour se perfectionner à l'École des beaux-arts de Paris et, de là, il voyagea en Europe, passa en Italie et exposa à Rome. C'est là qu'il découvrit la peinture de la Renaissance italienne. En 1934, Lê Phổ se rendit en Chine pour étudier la peinture des Song et des Ming. En 1937, après l'exposition internationale de Paris, il s'installa définitivement en France. En juin 1947, Lê Phổ épousa Paulette Vaux, correspondante en France des magazines Time et Life ; ils eurent deux fils : Lê Kim, photographe, et Lê Tân, dessinateur.

Thụy Khuê : Ceux qui sont issus des premières années de l'École supérieure des beaux-arts de Hanoi gardent en général un très bon souvenir du professeur Victor Tardieu. Quel homme était-il, selon vous ?

Lê Phổ : M. Tardieu était un maître admirable pour ses élèves : il nous aidait en tout. Il faut dire qu'à l'époque, certains Français nous jalousaient, y compris des Français qui enseignaient à l'École des beaux-arts de Hanoi. Nous travaillions beaucoup et, à chaque exposition, nous vendions près de la moitié de nos tableaux, plus que les Français lauréats du prix de peinture de l'Indochine, qui exposaient eux aussi à Hanoi. M. Tardieu avait eu le même maître que Rouault et Matisse. C'était un bon peintre, quoique moins célèbre que les peintres français en vue de son temps. Quand il décida de partir au loin, ses amis lui demandèrent : pourquoi partir si loin ? Pourquoi ne pas rester ici ? Tardieu aimait l'aventure, et c'est grâce à cela que nous avons l'École supérieure des beaux-arts de Hanoi. Quelle chance ! Sans quoi les arts plastiques vietnamiens seraient encore — jusqu'à aujourd'hui — tenus pour indistincts de l'art chinois.

TK : Comptez-vous faire quelque chose à la mémoire du professeur Tardieu ?

LP : J'ai le projet et l'espoir de monter une exposition collective, pour honorer la mémoire du maître Tardieu et pour dire aux Français d'ici : la France a eu de très bons Français. La construction de l'École des beaux-arts de Hanoi fut une belle chose. Je voudrais entrer en contact avec Jean Tardieu [le fils de Victor Tardieu]. Jean Tardieu a conservé des tableaux de son père. M. Tardieu connaissait beaucoup de figures marquantes de l'époque, du gouverneur général aux gens les plus ordinaires, et il a peint pour l'université de Hanoi de très grandes fresques, environ trente mètres sur vingt, avec tous les visages du temps. Si Jean acceptait de s'associer à cette exposition, ce serait passionnant. Jean Tardieu est un critique de talent, très abstrait ; ses textes eux-mêmes sont difficiles. À mon avis, Jean est l'un des grands poètes français. Si c'était possible, nous ferions une exposition commune des élèves et du maître : Lê Thị Lựu, Vũ Cao Đàm, Mai Thứ et moi, pour honorer sa mémoire.

TK : Et vos débuts en France, ont-ils été difficiles ?

LP : Très difficiles. Au début, en France, il est très difficile de se faire connaître : se faire connaître de quelques-uns n'est pas difficile, mais devenir vraiment célèbre et réussir l'est beaucoup plus. Parce que nous voulions garder une tradition, avoir une façon de peindre différente de la peinture européenne de l'époque. M. Tardieu, quand il nous enseignait, ne voulait pas que nous imitions la peinture occidentale : il fallait tenir ferme à notre tradition et, à partir d'elle, créer autre chose. Nous quatre — Lựu, Đàm, Mai Thứ et moi — avons été les premiers peintres à nous aventurer en Europe, à quitter le milieu de Hanoi pour venir ici rencontrer d'autres peintres, travailler avec eux pour comprendre la peinture européenne, qui était tout autre chose que ce que nous avions appris, issue de l'École de Paris et des grands peintres de ce temps.

À notre arrivée, tous les trois — Mai Thứ, Vũ Cao Đàm et moi, Lựu n'étant pas encore venue —, nous avons eu la vie très dure : nous exposions mais vendions très peu. Un ou deux tableaux chaque fois. Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, en 1939, avec mes amis Mai Thứ, Phạm Duy Khiêm, Bửu Hội… je me suis engagé contre les Allemands (pendant un an environ). Puis les Allemands ont occupé la France. J'ai été démobilisé et je suis rentré à Nice à la fin de 1939. À Nice, j'ai exposé avec Mai Thứ et Vũ Cao Đàm, chez un marchand qui aimait l'art oriental. Un jour, un certain Romanet est venu nous voir. C'était le premier marchand à avoir ouvert une galerie avenue de Matignon, à Paris, et il était très connu. À ce moment-là, il était à Alger, qui n'était pas encore occupée par les Allemands, et il nous a proposé d'exposer là-bas, où il y avait beaucoup d'acheteurs. À cette époque, il était très difficile de sortir de France. Par chance, nous avons écrit à M. Chataigne, gouverneur français d'Alger (il avait été auparavant gouverneur général de l'Indochine), et Chataigne est aussitôt intervenu pour nous procurer, à Mai Thứ et à moi, les papiers nécessaires. C'était en 1941. Mai Thứ et moi avons organisé une grande exposition à Alger avec Romanet ; tous les tableaux se sont vendus. Nous sommes restés six mois à Alger, et j'y ai rencontré Foujita, Marquet, Mainssieux… et d'autres peintres qui travaillaient aussi avec Romanet.

TK : Parlez-nous de Foujita.

LP : C'est un type formidable. C'est le seul peintre japonais que j'aie rencontré et que j'aime. Foujita avait un trait admirable pour cerner le dessin et le portrait. Depuis mon arrivée en Europe, je n'ai vu personne peindre mieux que Foujita. Personne ne maîtrisait la ligne comme lui. Ensuite, Foujita a été rappelé au Japon. L'Allemagne l'ayant emporté et le Japon étant l'allié de l'Allemagne, Foujita est rentré au Japon puis a reçu la mission de venir au Viêt Nam diriger l'École des beaux-arts de Saigon.

TK : En quelle année, à peu près ?

LP : Je suis allé à Alger en 40 ou 41, quelque chose comme ça. Foujita est reparti pour Saigon vers 40-41 aussi.

TK : Dans quelles circonstances avez-vous connu Matisse ? Avez-vous rencontré Bonnard ?

LP : J'ai connu Matisse par un hasard qui n'avait rien à voir avec la peinture. Je venais d'être démobilisé, j'étais arrivé à Nice et je travaillais avec un marchand de tableaux de Matisse. Comme il m'avait aidé à mes tout premiers pas à Nice, je lui ai proposé un jour : voulez-vous que je vous aide en quelque chose ? Il m'a confié : je vous dis ça entre nous, le beurre est aujourd'hui très rare (toutes les denrées étaient contrôlées, rationnées ou interdites par les Allemands) ; pourriez-vous me trouver un morceau de beurre pour M. Matisse ? Il en a une envie folle. Si vous en dénichez, enveloppez-le dans du papier journal humide et portez-le-lui, ce serait parfait. J'ai répondu : bien volontiers. C'est ainsi que j'ai eu l'occasion de rencontrer Matisse. Quand j'ai eu le beurre, j'ai aussitôt téléphoné à Matisse. Il était ravi. Je suis allé chez lui, une villa qui s'appelait Villa des Rêves. La secrétaire a immédiatement rangé le beurre au réfrigérateur. Puis Matisse m'a montré ses tableaux et m'a expliqué comment il peignait. Il m'a raconté une chose dont la presse n'a jamais parlé : je peins, ensuite je demande à ma secrétaire d'effacer tout à l'essence, et le lendemain je repeins, le même tableau, le même sujet. C'est ainsi que j'ai connu la manière de faire de Matisse. C'était un homme prodigieux et pourtant vraiment modeste. J'ai dit à Matisse : j'aime beaucoup la peinture de M. Bonnard. Il m'a aussitôt proposé : je vais téléphoner à Bonnard. Bonnard habitait Le Cannet. Je n'étais alors qu'un jeune peintre à ses débuts en face du célèbre Bonnard : M. Bonnard était très grand ; il illustrait un livre de Montherlant et avait accroché au mur plus d'une centaine d'esquisses. Quand je suis parti, il m'a invité à revenir une autre fois. Mais je suis rentré à Paris ensuite et je n'ai plus eu l'occasion de le revoir. Matisse, je l'ai revu deux ou trois fois… Il faisait alors ses découpages.

TK : Vers quelles années ?

LP : C'était en 40, 41, 43 ; et il faut dire qu'à l'époque je ne comprenais pas encore bien la peinture de Matisse. En revanche, j'aimais beaucoup la manière de Bonnard. Ce n'est que bien plus tard que j'ai vraiment compris et aimé Matisse. Depuis que je travaille avec la galerie Findlay [à partir de 1964], je vais chaque année aux États-Unis. J'expose le plus souvent en trois endroits : New York, Palm Beach et Chicago. J'ai eu ainsi l'occasion de visiter la demeure où Barnes — physicien, ingénieur-conseil, journaliste célèbre et directeur d'un laboratoire pharmaceutique, donc très riche — avait réuni les plus grands Matisse. J'ai vu La Danse de Matisse chez Barnes. Les Américains, quand ils sont riches, peuvent tout acheter : des marchands leur donnent les tuyaux pour obtenir des Bonnard, des Dufy… M. Barnes a légué à l'université de sa ville toute sa collection, surtout des impressionnistes : une cinquantaine de Renoir, une quarantaine de Cézanne… Vous imaginez ?

TK : Comptez-vous laisser de vos tableaux à un musée du Viêt Nam ?

LP : Oui. J'ai bien recommandé à ma femme : si je viens à disparaître, elle en réservera une vingtaine ou une trentaine pour le Musée de Hanoi.

TK : Vous avez demandé à votre femme de réserver vingt ou trente tableaux pour Hanoi ? De quelle façon ?

LP : C'est-à-dire en don, en cadeau au Musée de Hanoi, à condition que le travail se fasse correctement.

TK : Qu'entendez-vous par « correctement » ?

LP : Je vais vous raconter une chose : on m'a demandé une fois — c'était sous Diệm et Nhu, je crois — d'envoyer des tableaux pour une exposition à Saigon. J'en ai envoyé cinq, et ensuite tous les cinq ont disparu sans laisser de trace. Voilà pourquoi je veux que, si je fais un don à un gouvernement, il y ait de la correction et du sérieux. Ce sont des tableaux que j'ai moi-même choisis et mis à part pour contribuer à la culture de mon pays. Si je ne suis plus là, ma femme a pour consigne de faire selon ma volonté.

TK : Si Hanoi vous les demandait maintenant, les donneriez-vous ?

LP : S'ils me les demandaient maintenant, je n'en donnerais qu'une partie. Ce que j'exige, c'est que le travail soit fait correctement. Je ne choisis pas un gouvernement, mais il me faut des gens vraiment sérieux, qui sachent respecter la valeur de l'art.

TK : Revenons à votre peinture : pourquoi Vũ Cao Đàm et vous avez-vous abandonné la soie, tandis que Mai Thứ l'a gardée ?

LP : Đàm et moi, nous aimions beaucoup la peinture occidentale (c'est-à-dire européenne). Mai Thứ, c'est autre chose. Đàm et moi nous disions souvent : la peinture traditionnelle chinoise a fait son temps. Les peintres japonais et chinois eux-mêmes ont abandonné le papier et la soie pour peindre à l'huile. À ce moment-là, Suzuki peignait déjà de l'abstrait. Moi, j'ai choisi la peinture figurative. Il faut bien vivre, aussi ! Et puis l'idéal de ma vie est de regarder et de chercher le beau. J'aime beaucoup partager le beau avec les autres, avec des gens ordinaires comme avec des peintres de la stature de Picasso — que je connaissais assez bien, ma femme ayant fait des reportages sur lui pour Time et Life. Mais je n'aime pas la peinture abstraite, quoique j'aie beaucoup d'estime pour le courage des peintres abstraits, car à cette époque [1937-1940] c'était très difficile pour eux, comme pour ceux qui ont fondé le cubisme ou le surréalisme… Le surréalisme, pour ma part, je l'aime beaucoup. Les surréalistes peignent du figuratif : Chagall est très figuratif, il a sa manière propre de chercher des formes picturales nouvelles. Quant à moi, peut-être suis-je trop attaché à mon identité (je reste trop moi-même), mais cela me plaît ainsi ! Dieu a créé toutes choses. C'est une vérité admirable. Il ne faut pas dénaturer ce que Dieu a créé. Pour moi, une belle femme est une belle femme. La beauté, les fleurs, la couleur, le paysage, il faut les laisser tels quels. C'est mon maître, M. Tardieu, qui me l'a conseillé : garder le Beau. Employer comme outils la couleur et une bonne technique pour présenter le Beau en peinture. Et vous le savez bien, c'est très difficile, pas facile du tout.

Le tableau abstrait décompose la nature, n'est-ce pas ?

Moi, je ne décompose pas, je ne déforme pas les Formes, parce que Dieu a constitué des Formes idéales. Il faut les garder telles quelles. Je ne suis pas de ces misérabilistes, ces peintres qui peignent ce qu'il y a de sombre et qui assombrissent les choses. Je suis de ceux qui les embellissent (si c'est possible). Puisque Dieu a fait de belles choses, ne les gâchons pas. Je suis en cela conforme au catholicisme, ma religion. Le bouddhisme est très beau aussi, admirable et noble. Tout ce qui touche à la vie du Bouddha est magnifique, et j'ai peint quelques tableaux du Bouddha, je vous les montrerai. Mais à mes yeux, le bouddhisme n'est qu'une philosophie pessimiste.

TK : Vous avez quatre-vingt-six ans cette année ; comment allez-vous ?

LP : En novembre 1990, j'étais sorti rue Cambronne, tout près d'ici. Un jeune Vietnamien nommé Lung, de seize ou dix-sept ans, roulait trop vite à moto ; il n'a pas pu freiner à temps et m'a renversé, bien que je fusse sur le passage clouté et que le feu fût rouge. J'ai perdu connaissance, on m'a transporté à l'hôpital, on a cherché mes papiers dans ma poche et on a téléphoné pour prévenir ma femme. On a examiné ma tête, on y a trouvé des caillots de sang, et l'on m'a opéré pour les retirer. On m'a fait huit scanners en tout. Je suis resté sept mois à l'hôpital. Il y a deux jours, je suis sorti seul, et quelqu'un m'a encore bousculé et fait tomber ; j'ai encore mal à la tête.

TK : Vous souvenez-vous de vos camarades de promotion ?

LP : Dans la même classe, il y avait Nam Sơn, mais il n'était pas élève comme nous, il connaissait Tardieu avant nous. Nguyễn Phan Chánh était le plus âgé de tous ; c'était un lettré confucéen, un homme bon, que j'estimais beaucoup. Chánh se faisait souvent taquiner par les plus jeunes. Lê Văn Đệ est mort il y a quelques années, et nous trois : Đàm, Thứ et moi.

TK : Đàm n'était-il pas d'une promotion après la vôtre ?

LP : C'est cela. Đàm était dans la même classe que Tô Ngọc Vân. Mai Thứ, lui, allait toujours avec moi.

TK : N'y avait-il pas dix élèves dans votre classe ?

LP : Ah oui, il y avait aussi Nguyễn Tường Tam [Nhất Linh]. Nguyễn Tường Tam était très bon camarade lui aussi. Tường Tam écrivait. En somme, il y avait dans la classe : Nam Sơn, Nguyễn Phan Chánh, Nguyễn Tường Tam, Lê Văn Đệ — que j'ai rencontré une fois en France —, Mai Thứ et moi. Les autres, je ne m'en souviens plus.

TK : Parmi vos camarades de classe, qui peignait le mieux ?

LP : Mai Thứ. Mai Thứ avait beaucoup de talent.

TK : Et Tô Ngọc Vân ?

LP : Tô Ngọc Vân était une classe après nous. Vân avait beaucoup de talent lui aussi. Très bon camarade avec Tường Tam et moi.

TK : Et Nguyễn Gia Trí ?

LP : Nguyễn Gia Trí peignait très bien. Trí faisait de très belles laques. J'ai fait de la laque, moi aussi. Trí était dans la même classe que Lựu. Lựu était très charmante et peignait très bien. Lựu faisait de très beaux dessins.

TK : Mme Lựu était très belle, à l'époque ?

LP : Lựu était très belle. Lựu avait beaucoup de qualités. Tân a eu de la chance de rencontrer Lựu. Tân était lui aussi un artiste de talent. Ce sont là des gens qui avaient tous leurs qualités et leurs défauts, plus ou moins de talent. Mais vous le savez : le talent est parfois moins important que la chance. Pour devenir un grand peintre comme Picasso, il faut de la chance. Et quand on a de la chance, on a le « feu sacré » pour réussir.

TK : Voudriez-vous dire quelques mots d'adieu aux lecteurs ?

LP : (En vietnamien :) Je vous demande pardon, car je suis ici depuis trop longtemps. Depuis 1936. Pourquoi ? Parce que M. Tardieu, à l'époque, me considérait comme son fils. (Lê Phổ poursuit en français :) Je suis parti avec lui en France en 1931 pour l'Exposition coloniale, en qualité d'assistant de Tardieu. J'ai ainsi rencontré beaucoup de monde, dont Jean Dunand, un fabricant de laque alors célèbre en France et dans le monde. Pendant la Première Guerre mondiale (14-19), les Français avaient fait venir des laqueurs pour fabriquer des hélices d'avion. Parce que ces hélices étaient en bois mince et que notre laque est excellente, très mince, très dure, dure comme le fer. Les Français ont donc fait venir chez eux nos meilleurs laqueurs. Les plus habiles de nos artisans de ce temps-là, M. Hợp, M. Mạc…, travaillaient tous pour Dunand et l'ont aidé à décorer de laque les salons du plus beau paquebot du monde, le Normandie.

J'ai eu la chance de travailler, d'apprendre le métier avec les meilleurs laqueurs vietnamiens de l'époque, et cette chance m'a suivi toute ma vie.

TK : Merci, monsieur Lê Phổ.

© 2018 Thụy Khuê

Nói chuyện với họa sĩ Lê Phổ

Hoạ sĩ Lê Phổ sống ở Paris, nên chúng tôi đã có nhiều dịp gần cận ông, tuy nhiên mãi đến năm 1993, mới thực hiện được buổi phỏng vấn đầu tiên, vì lý do sau đây: Năm 1990, chương trình Việt Ngữ RFI mới thành lập. Trước lễ Giáng sinh 1990, họa sĩ Lê Phổ bị tai nạn: ở tuổi 83, đang đi trên đường phố Paris, hơi nặng tai, không nghe tiếng xe máy đến gần. Bị xe đụng, họa sĩ ngã xuống đường gẫy răng và tím thâm một mắt. Chở vào nhà thương, bác sĩ khám nghiệm thấy không có triệu chứng nguy kịch lại cho về.

Ít lâu sau, trong một cuộc đi dạo, bà Lê Phổ thấy chân trái của chồng có những biến chứng bất thường, vội đưa vào bệnh viện. Ở đây, người ta khám nghiệm thấy những bọc máu (hématome) làm cản trở sự lưu thông mạch máu và dần dần họa sĩ bị tê liệt tứ chi rồi bất tỉnh. Tình trạng bất tỉnh kéo dài trong ba tuần. Sau đó ông dần dần tỉnh lại và nhận ra người nhà. Họa sĩ phải ở lại bênh viện điều trị hơn nửa năm, và phải nhiều thời gian sau mới bình phục.

Vì vậy đến năm 1993, chúng tôi mới có thể đề nghị với họa sĩ một buổi nói chuyện tổng quát về hành trình hội họa của ông. Cũng vì vậy mà buổi nói chuyện chứa đựng những thông tin quý giá, lần đầu tiên được họa sĩ công bố.

Trong cuộc phỏng vấn này, Lê Phổ đã cho biết những chi tiết quan trọng về giáo sư Tardieu, về cuộc sống của ông và các bạn thời hàn vi. Ông còn trình bày quan niệm hội họa của ông và cũng là lần đầu tiên Lê Phổ công báo dự định tặng tranh cho Viện Bảo Tàng Hà Nội.

Cuộc phỏng vấn được ghi âm ngày 3/3/1993, phát thanh trên đài RFI ngày 7/3/93 và in lại trên tạp chí Hợp Lưu Hoa Kỳ số 10, tháng 4/1993.

Đôi dòng tiểu sử hoạ sĩ Lê Phổ

Hoạ sĩ Lê Phổ sinh ngày 2/8/1907 tại Hà Đông, trong một gia đình quan lại. Cha là Lê Hoan, Kinh Lược Sứ Bắc Kỳ. Ông đỗ vào khoá đầu tiên trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương, năm 1925 và tốt nghiệp năm 1930. Ngay từ 1928, Lê Phổ đã triển lãm tranh chung với Vũ Cao Đàm và Mai Thứ tại Hà Nội. Học trò xuất sắc, ông được Victor Tardieu cử làm phụ tá đi dự các cuộc triển lãm quốc tế tại Paris năm 1931 và 1937. Năm 1932 Lê Phổ được học bổng sang Pháp tu nghiệp tại trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Paris và từ đó ông đi Âu Châu, sang Ý, triển lãm tranh tại Roma. Tại đây ông tiếp xúc với nền hội họa Phục Hưng Ý. Năm 1934, Lê Phổ đi Trung Quốc để tìm hiểu hội họa Tống Minh. Năm 1937, sau khi đi dự triển lãm quốc tế tại Paris, ông ở hẳn tại Pháp. Tháng 6 năm 1947, Lê Phổ kết hôn với Paulelle Vaux, phóng viên của báo Time và báo Life tại Pháp, sinh hai con trai: Lê Kim, nhiếp ảnh và Lê Tân, họa hình.

Thụy Khuê: Những người xuất thân trong giai đoạn đầu của trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Hà Nội thường giữ một ấn tượng rất tốt về giáo sư Victor Tardieu. Theo bác, ông Tardieu là một người như thế nào?

Lê Phổ: Ông Tardieu là một ông thầy tuyệt vời đối với học trò: ông giúp đỡ chúng tôi về mọi mặt. Phải nói rằng thời đó, ngay một số người Pháp cũng ganh tị với chúng tôi, kể cả những người Pháp dạy ở trường Mỹ Thuật Hà Nội. Chúng tôi làm việc nhiều, và mỗi cuộc triển lãm tranh chúng tôi bán được gần một nửa, hơn cả những người Pháp đã được giải thưởng hội họa Đông Dương và cũng triển lãm tranh ngay tại Hà Nội. Ông Tardieu học cùng thầy với các hoạ sĩ Rouault và Matisse. Ông là một họa sĩ giỏi tuy không nổi tiếng bằng những họa sĩ thời danh của Pháp. Khi ông quyết định đi xa, các bạn hỏi: tại sao lại đi xa thế? Sao không ở lại đây? Tardieu thích phiêu du và cũng nhờ thế mà chúng ta có trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Hà Nội. Đó là một điều may mắn! Nếu không thì nghệ thuật tạo hình Việt Nam - cho tới bây giờ - vẫn bị xem như trùng hợp với nghệ thuật Trung Quốc.

TK: Bác có dự tính làm một cái gì để tưởng niệm giáo sư Tardieu không?

LP: Tôi dự định và hy vọng làm được một cuộc triển lãm chung, để tưởng niệm thầy Tardieu và để nói với người Pháp ở đây rằng: Nước Pháp đã có những người Pháp rất tốt. Việc xây dựng trường Mỹ Thuật Hà Nội là một việc làm tốt đẹp. Tôi muốn liên lạc với Jean Tardieu [con của Victor Tardieu]. Jean Tardieu còn giữ được những bức tranh của cha. Ông Tardieu quen biết nhiều khuôn mặt điển hình thời đó, từ Toàn quyền đến những người tầm thường và Tardieu đã vẽ những bức bích họa rất lớn khoảng 30mX20m cho Viện Đại Học Hà Nội với tất cả những khuôn mặt thời đại. Nếu Jean bằng lòng cộng tác với cuộc triển lãm này thì thực là thích thú. Jean Tardieu là một nhà phê bình có tài và rất trừu tượng, ngay cả những bài viết của Jean cũng khó hiểu. Theo ý tôi, Jean là một trong những nhà thơ lớn của Pháp. Nếu được, chúng tôi sẽ làm một cuộc triển lãm chung học trò với thầy: Lê Thị Lựu, Vũ Cao Đàm, Mai Thứ và tôi, để tưởng niệm thầy.

TK: Về những bước đầu của bác tại Pháp, có khó khăn không, thưa bác?

LP: Rất khó khăn. Bước đầu ở Pháp, muốn nổi tiếng rất khó: làm cho một số người biết đến mình thì không khó, nhưng muốn thực sự nổi tiếng và thành công thì khó hơn nhiều. Bởi vì chúng tôi muốn giữ một truyền thống, có một lối vẽ khác với hội họa Âu châu lúc bấy giờ. Ông Tardieu khi dạy chúng tôi, không muốn chúng tôi mô phỏng hội họa Tây phương, mà phải giữ vững truyền thống của mình, rồi từ truyền thống ấy, tạo ra một cái gì khác. Bốn người chúng tôi: Lựu, Đàm, Mai Thứ và tôi là những họa sĩ đầu tiên phiêu lưu sang Âu châu, rời môi trường Hà Nội, sang đây để gặp những họa sĩ khác, làm việc với họ để hiểu hội họa Âu châu - là một điều hoàn toàn khác với những gì chúng tôi đã học- thoát thai từ trường phái Paris, với những họa sĩ lớn thời đó.

Lúc chúng tôi mới đến, cả ba (Mai Thứ, Vũ Cao Đàm và tôi, Lựu chưa sang) đều rất vất vả: Trưng bày tranh nhưng bán được rất ít. Mỗi lần một hai bức mà thôi. Đại chiến thứ II bùng nổ, 1939, tôi và các bạn Mai Thứ, Phạm Duy Khiêm, Bửu Hội... đầu quân đánh Đức (trong vòng trên dưới một năm). Rồi Đức chiếm Pháp. Tôi giải ngũ về Nice cuối năm 39. Ở Nice triển lãm tranh cùng Mai Thứ và Vũ Cao Đàm, với một người bán tranh thích nghệ thuật Đông phương. Một hôm có người tên là Romanet đến thăm chúng tôi. Ông ta là người bán tranh đầu tiên mở cửa hàng ở Avenue de Matignon (Paris) và rất nổi tiếng. Khi ấy, ông ta đang ở Alger, lúc đó Alger chưa bị Đức chiếm, ông ta đề nghị với chúng tôi: nên triển lãm tranh ở Alger vì Alger có nhiều khách mua tranh. Thời điểm ấy, rất khó ra khỏi nước Pháp. Rất may, chúng tôi viết thư cho ông Chataigne là toàn quyền Pháp ở Alger (ngày trước ông này đã là toàn quyền Pháp ở Đông Dương) và Chataigne can thiệp giúp ngay giấy tờ để tôi và Mai Thứ đi Alger. Lúc ấy là năm 1941. Tôi và Mai Thứ tổ chức một cuộc triển lãm lớn ở Alger với Romanet, bao nhiêu tranh bán được hết. Chúng tôi ở lại Alger sáu tháng và ở đó tôi gặp Foujita, Marquet, Mainsieux... và những họa sĩ khác cùng làm việc với Romanet.

TK: Xin bác nói về Foujita.

LP: Tay ấy phi thường (C'est un type formidable). Đó là họa sĩ Nhật Bản duy nhất mà tôi gặp và thích. Foujita có những nét kỳ diệu để viền dessin và portrait. Từ lúc tôi đến Âu châu, chưa thấy người nào vẽ hay hơn Foujita. Chưa thấy ai nắm vững đường nét như Foujita. Sau đó Foujita được gọi về Nhật. Vì Đức thắng trận và Nhật theo Đức nên Foujita về Nhật lĩnh nhiệm vụ sang Việt Nam điều khiển trường Mỹ Thuật Sài Gòn.

TK: Đó là khoảng năm nào, thưa bác?

LP: Tôi sang Alger năm 40 hay 41 gì đó. Foujita cũng về Sài Gòn khoảng 40-41.

TK: Bác biết Matisse trong trường hợp nào? Bác có gặp Bonnard không?

LP: Tôi biết Matisse vì một chuyện tình cờ không liên can gì đến hội họa. Lúc đó tôi vừa giải ngũ, đến Nice, làm việc với một người bán tranh Matisse. Vì ông ta đã giúp tôi lúc mới chân ướt chân ráo tới Nice cho nên một hôm tôi đề nghị với ông ta: Ông có muốn tôi giúp gì không? Ông tâm sự: Tôi nói riêng với anh điều này: bây giờ bơ rất hiếm, (vì tất cả thực phẩm đều bị Đức kiểm soát, hạn chế hoặc cấm) anh có thể giúp tôi tìm được một miếng bơ cho ông Matisse được không, ông ấy thèm lắm. Nếu xoay được thì anh gói vào giấy báo ẩm rồi mang đến cho Matisse thì tốt quá. Tôi trả lời: sẵn lòng. Như vậy tôi có dịp gặp Matisse. Có bơ, tôi điện thoại ngay cho Matisse. Ông ấy thích quá. Tôi đến nhà ông ấy, biệt thự tên là Villa des Rêves (Biệt Thự Mộng Du). Cô thư ký bỏ ngay bơ vào tủ lạnh. Rồi Matisse cho tôi xem tranh và giải thích ông vẽ ra sao. Ông kể cho tôi một điều mà báo chí chưa bao giờ nói đến: Tôi vẽ, sau đó bảo cô thư ký xóa hết bằng ét-xăng và ngày hôm sau tôi vẽ lại, cũng bức tranh đó, cũng đề tài đó. Vì thế mà tôi được biết những thủ pháp của Matisse. Ông là một bậc kỳ tài nhưng thực là khiêm nhượng. Tôi nói với Matisse: Tôi rất thích hội họa của ông Bonnard. Ông ấy đề nghị ngay: để tôi điện thoại cho Bonnard. Bonnard ở Cannet. Lúc đó tôi chỉ là một họa sĩ trẻ tuổi mới bước vào nghề đối diện với nhà hội họa lừng danh Bonnard: ông Bonnard rất cao lớn, đang vẽ tranh cho cuốn sách của Montherlant, ông ấy treo trên tường khoảng hơn trăm bản phác họa. Khi tôi về, ông ấy hẹn lần khác đến chơi. Nhưng rồi sau đó tôi về Paris và không có dịp gặp lại ông nữa. Matisse tôi còn gặp lại hai, ba lần... Lúc đó Matisse đang cắt dán các mô hình.

TK: Vào khoảng năm nào?

LP: Đó là những năm 40, 41, 43, và phải nói rằng lúc đó tôi chưa hiểu rõ hội họa Matisse. Nhưng tôi rất thích lối vẽ của Bonnard. Mãi sau này tôi mới thực hiểu và yêu Matisse. Từ khi tôi làm việc với Galerie Findlay [từ 1964], tôi đi Mỹ mỗi năm. Tôi thường trưng bày ở ba nơi: New York, Palm Beach và Chicago. Và tôi có dịp thăm lâu đài mà Barnes - nhà vật lý học, kỹ sư cố vấn, ký giả lừng danh và giám đốc một hãng dược phẩm, vì thế rất giàu - đã mua những bức tranh lớn nhất của Matisse. Tôi được xem bức La Danse của Matisse ở lâu đài Barnes. Người Mỹ khi giàu họ có khả năng mua tất cả, nhờ những người bán tranh chỉ cho họ những tuy-ô để có thể mua được tranh của Bonnard, Dufy... Ông Barnes đã để lại cho trường Đại Học nơi ông ở tất cả sưu tập tranh của ông, phần lớn là ấn tượng với khoảng 50 bức Renoir, 40 bức Cézanne... Có thể tưởng tượng được không?

TK: Bác có dự định cho Bảo Tàng Viện Việt Nam tranh của bác không?

LP: Có. Tôi đã dặn kỹ nhà tôi: nếu tôi mất đi, nhà tôi sẽ giữ cho Viện Bảo Tàng Hà Nội, khoảng 20-30 bức.

TK: Bác dặn bác gái giữ khoảng 20-30 tranh cho Hà Nội? Giữ như thế nào?

LP: Tức là biếu, là tặng Bảo Tàng Viện Hà Nội với điều kiện là phải làm việc đứng đắn.

TK: Thế nào là đứng đắn, thưa bác?

LP: Tôi kể cho cô nghe chuyện này: Một lần người ta đã hỏi tôi - lúc đó dưới thời Diệm, Nhu thì phải - gửi tranh về để triển lãm ở Sài Gòn. Tôi gửi 5 bức và sau đó biệt tích cả 5 không có dấu vết gì. Vì thế mà tôi muốn rằng: nếu tôi biếu một chính phủ nào, thì phải có sự đứng đắn, nghiêm chỉnh. Đây là những bức tranh do chính tôi lựa chọn và để riêng để đóng góp vào văn hóa nước nhà. Nếu tôi không còn nữa thì nhà tôi đã được dặn là sẽ phải làm theo ý tôi.

TK: Ví dụ Hà Nội xin ngay bây giờ, bác có cho không?

LP: Nếu họ xin ngay bây giờ thì tôi sẽ biếu một phần thôi. Điều mà tôi đòi hỏi là phải làm việc đứng đắn. Tôi không lựa chọn chính phủ, nhưng cần những người thật sự nghiêm chỉnh, biết tôn trọng giá trị nghệ thuật.

TK: Trở lại với hội họa của bác: tại sao bác và bác Đàm lại bỏ tranh lụa và Mai Thứ vẫn giữ tranh lụa?

LP: Đàm và tôi, chúng tôi rất thích hội họa Tây phương (tức hội họa Âu châu). Mai Thứ khác. Đàm và tôi thường nói với nhau: Hội họa cổ truyền Trung Quốc đã lỗi thời rồi. Những họa sĩ Nhật và Tàu cũng đã bỏ tranh trên giấy bản và tranh lụa để vẽ tranh sơn dầu. Lúc đó Suzuki đã vẽ trừu tượng. Tôi, tôi chọn hội họa hữu hình (figuratif). Cũng phải sống nữa chứ! Hơn nữa, lý tưởng trong đời tôi là nhìn và tìm những cái đẹp. Tôi rất thích chia sẻ cái đẹp với người khác, cho dù đối với những người bình thường hay đối với những họa sĩ có tầm cỡ như Picasso - tôi biết khá rõ vì nhà tôi từng làm những phóng sự về Picasso trên các báo Time và Life - nhưng tôi không thích lối vẽ trừu tượng, mặc dù tôi rất quí mến lòng cam đảm của các nghệ sĩ vẽ trừu tượng, vì ở thời điểm ấy [1937-1940] rất khó đối với họ, kể cả những người đã sáng lập ra trường phái lập thể, siêu thực... Riêng về siêu thực, tôi rất thích. Họa sĩ siêu thực vẽ tranh hữu hình: Chagall rất hữu hình, ông có phong cách riêng để tìm những hình thức hội họa mới. Phần tôi, có thể tôi cố giữ cái bản sắc của tôi (je reste trop moi-même), nhưng tôi thích như thế! Thượng Đế đã tạo ra muôn vật. Đó là một sự thực diệu kỳ. Đừng biến chất (dénaturer) những cái Thượng đế đã sáng tạo ra. Đối với tôi, một người đàn bà đẹp là một người đàn bà đẹp. Cái đẹp, hoa, màu, phong cảnh, phải giữ nguyên như vậy. Chính thầy tôi, ông Tardieu, đã khuyên tôi: phải giữ lấy Cái đẹp. Dùng những dụng cụ là màu sắc và một kỹ thuật tốt để trình bày Cái đẹp trong Hội họa. Như cô biết đấy, rất khó chứ không phải dễ.

Bức tranh trừu tượng phân hóa sự vật (décomposer la nature), có phải thế không?

Tôi, tôi không phân hóa, biến dạng các Thể (Forme) bởi vì Thượng đế đã cấu tạo những Thể lý tưởng. Phải giữ nguyên như thế. Tôi không phải là loại bi quan tăm tối (misérabiste) đó là những họa sĩ vẽ những gì đen tối, làm cho đen tối sự vật. Tôi thuộc loại làm đẹp sự vật (nếu có thể được). Vì Thượng đế đã cấu tạo những cái đẹp, đừng bỏ uổng. Tôi cũng giống như đạo Thiên Chúa, là đạo tôi đang theo. Đạo Phật cũng rất hay, tuyệt vời và cao thượng. Tất cả những gì về đời đức Phật thật là tuyệt đẹp và tôi cũng đã vẽ một vài bức tranh Phật, tôi sẽ cho cô xem. Nhưng theo tôi, đạo Phật chỉ là một triết lý bi quan.

TK: Năm nay bác 86 tuổi, sức khỏe bác ra sao?

LP: Tháng 11/1990, tôi ra phố Cambronne gần đây. Một thanh niên Việt tên Lung, độ 16, 17 tuổi, đi moto nhanh quá, không thắng kịp đã đụng tôi, mặc dù tôi đi trong đường đinh lúc đèn đỏ. Tôi bị bất tỉnh, họ chở tôi vào nhà thương, lục soát giấy tờ trong túi, và gọi điện thoại báo tin cho nhà tôi biết. Người ta khám đầu thấy có những vết máu đọng và họ đã mổ đầu để lấy những vết máu đó ra. Họ làm tất cả 8 scanner. Tôi phải ở nhà thương 7 tháng. Cách đây hai ngày, tôi ra đường một mình, lại bị một người khác xô ngã, hãy còn vết đau ở đầu.

TK: Bác còn nhớ những bạn học cùng lớp cũ không?

LP: Cùng lớp hồi đó có Nam Sơn, nhưng anh ấy không phải là học trò như chúng tôi, anh ấy quen Tardieu trước chúng tôi. Nguyễn Phan Chánh lớn tuổi nhất bọn, anh ấy nhà Nho, tốt bụng, tôi quí mến lắm. Anh Chánh thường bị mấy tay trẻ chòng ghẹo. Lê Văn Đệ mới mất cách đây mấy năm, và ba chúng tôi: Đàm, Thứ và tôi.

TK: Bác Đàm học sau bác một năm chứ?

LP: Phải đấy. Đàm học cùng lớp với Tô Ngọc Vân. Mai Thứ luôn luôn đi với tôi.

TK: Lúc ấy hình như lớp bác có mười người cơ mà?

LP: À, còn Nguyễn Tường Tam [Nhất Linh]. Nguyễn Tường Tam cũng bồ lắm. Tường Tam viết văn. Tóm lại, trong lớp có: Nam Sơn, Nguyễn Phan Chánh, Nguyễn Tường Tam, Lê Văn Đệ - tôi có gặp Lê văn Đệ một lần ở Pháp - Mai Thứ và tôi. Còn những người khác tôi không nhớ nữa.

TK: Trong những người học trò cùng lớp với bác, ai vẽ hay nhất?

LP: Mai Thứ. Mai Thứ tài lắm.

TK: Thế còn Tô Ngọc Vân?

TK: Tô Ngọc Vân học sau một lớp. Vân cũng tài lắm. Rất bồ với tôi và Tường Tam.

TK: Còn Nguyễn Gia Trí?

LP: Nguyễn Gia Trí vẽ giỏi lắm. Trí vẽ tranh sơn mài rất đẹp. Tôi cũng có vẽ sơn mài - Trí học cùng lớp với Lựu. Lựu rất dễ thương, vẽ rất giỏi. Lựu vẽ những dessin thật đẹp.

TK: Hồi đó bà Lựu đẹp lắm?

LP: Lựu rất đẹp. Lựu có nhiều đức tính. Tân may mắn gặp Lựu. Tân cũng là một nghệ sĩ có tài. Đó là tất cả những người có cả ưu điểm lẫn nhược điểm, nhiều tài hoặc ít tài. Nhưng cô cũng biết: tài năng đôi khi không quan trọng bằng may mắn. Để thành một họa sĩ lớn như Picasso, phải có may mắn. Và khi có may mắn là có "lửa thiêng" (feu sacré) để thành công.

TK: Xin bác nói một vài lời từ giả độc giả.

LP: (Nói bằng tiếng Việt): Tôi xin lỗi bởi vì tôi ở bên này lâu quá rồi. Từ 1936. Tại sao? Bởi vì ông Tardieu hồi đó coi tôi như con ông. (Lê Phổ tiếp tục nói tiếng Pháp): Tôi đi cùng với ông ấy sang Pháp từ 1931 để dự hội chợ đấu xảo thuộc địa với tư cách phụ tá của Tardieu. Vì vậy mà tôi được gặp nhiều người, trong số đó có Jean Dunand, một nhà sản xuất sơn mài nổi tiếng của Pháp và của thế giới lúc bấy giờ. Trong thế chiến thứ I (14-19) Pháp mượn thợ sơn mài về làm cánh quạt (hélice) máy bay. Bởi vì những cánh quạt làm bằng gỗ mỏng và sơn dầu của ta rất tốt, rất mỏng, rất cứng, cứng như sắt. Pháp đem những thợ sơn mài giỏi của ta về nước. Những người thợ thủ công nghệ giỏi nhất hồi đó như cụ Hợp, cụ Mạc... đều làm việc cho Dunand, giúp Dunand trang hoàng những salon bằng sơn mài trên chiếc tàu đẹp nhất thế giới, đó là tàu Normandie.

Tôi có may mắn được làm việc, được học nghề với những người thợ thủ công nghệ Việt Nam về sơn mài giỏi nhất lúc bấy giờ và cái may mắn ấy đã theo tôi suốt đời.

TK: Xin cảm ơn bác Lê Phổ.

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