Le retour au pays des tableaux de Lê Thị Lựu
Hành trình đưa tranh Lê Thị Lựu về nước
Le retour au pays des tableaux de Lê Thị Lựu
Le projet de retracer le parcours de peintre de Lê Thị Lựu et de ramener ses tableaux au pays a commencé pour moi il y a trente ans, à la mort de l'artiste, en 1988.
Notre pays n'a pas encore la tradition d'étudier l'œuvre de ses écrivains et de ses artistes, même les plus grands, même ceux qui ont vécu tout près de nous — Nguyễn Gia Trí, par exemple, dont presque personne ne connaît bien la vie de travail. Hồ Xuân Hương, nous ne savons toujours pas qui elle est : l'auteur du Lưu Hương Ký que Hoàng Xuân Hãn a exhumé, ou celle des poèmes retors et libres que la tradition lui prête ? Une telle chose ne peut pas arriver à Lê Thị Lựu, la première et la seule femme peintre de talent qu'ait eue le Viêt Nam.
Lê Thị Lựu était grande pour une Vietnamienne. Elle était belle en tout : le visage, les cheveux, le corps. En 1964, quand je l'ai rencontrée pour la première fois, elle avait cinquante-trois ans et se trouvait dans une période de création intense ; une force d'émotion intense rayonnait de ses grands yeux noirs et lumineux, et de son sourire épanoui comme une fleur, où restait pourtant toujours un fond de tristesse.
Ils habitaient alors une petite maison à Gentilly, dans la banlieue de Paris. Il y avait toujours deux choses dans le salon : des fleurs et des tableaux. Fleurs et herbes coupées au jardin, mises en vase, disposées sur une assiette ou sur un morceau de bois vermoulu, s'accordaient aux couleurs et aux formes des toiles achevées ou en cours. Ce fut ma première leçon : elle m'a fait voir et comprendre ce qu'est l'art.
À sa mort, vingt-quatre ans plus tard, en 1988, j'ai écrit sur elle, et c'est alors que j'ai pensé pour la première fois à ramener ses tableaux au pays. Parce qu'un talent comme le sien doit être présent dans son pays natal, pour que ses compatriotes puissent en contempler l'œuvre. Parce qu'un talent comme le sien ne peut pas connaître le sort de Hồ Xuân Hương : que, plus tard, les Vietnamiens n'en gardent qu'une idée vague, sans même savoir si elle a existé, ni comment elle a vécu. En France, mais où ? Pourquoi son œuvre s'est-elle entièrement perdue ? Pourquoi, dans les musées, du Sud au Nord, n'y a-t-il pas un seul tableau de Lê Thị Lựu ?
En acceptant, en 1990, de prendre en charge l'émission Văn Học Nghệ Thuật de RFI, j'ai entrevu la possibilité de réaliser une part de cette aspiration.
Le peintre Vũ Cao Đàm fut le premier chez qui Mme Lựu nous conduisit, parce qu'il habitait Saint-Paul-de-Vence, tout près de Spéracèdes, où elle s'était installée en 1971 avec son mari, l'ingénieur Ngô Thế Tân, quand il prit sa retraite. La maison de Vũ Cao Đàm, au 43 de la rue Grande, était déjà une œuvre d'art : adossée au flanc de la colline, comme toutes les maisons de Saint-Paul-de-Vence. La petite maison comptait plusieurs niveaux ; l'escalier qu'on montait formait à lui seul un petit musée, où les peintures et les sculptures de Vũ Cao Đàm accueillaient le visiteur.
Vũ Cao Đàm était grand et maigre, mais solide, le teint mat — sans doute pour avoir vécu depuis 1950 dans le Midi, en plein soleil. En nous voyant, ses yeux s'éclairaient comme devant quelque chose de très précieux ; et ce regard, je l'ai retrouvé bien des fois, chaque fois que nous « lui » amenions un Vietnamien : amateur de peinture ou peintre venu saluer le maître, il les regardait tous avec une tendresse sans fond. Les tableaux qu'il nous vendait, il les laissait dans leur cadre ancien et consentait encore trente pour cent de remise. Renée, sa femme, montrait son mécontentement ; il lui suffisait d'un regard sévère et c'était réglé. Son lien avec le pays subsistait à travers ces gestes minuscules, mais profonds, mais pénétrants. C'est aussi à cause de ces petites choses que, le revoyant toujours en présence de sa femme, je n'ai demandé qu'une seule fois des tableaux pour un musée vietnamien : il acceptait, elle s'y opposait, et je ne suis jamais revenue là-dessus.
Parti du pays en 1931, soixante ans sans se servir de sa langue maternelle, Vũ Cao Đàm en avait beaucoup oublié, mais il nous parlait vietnamien. Il a répondu à l'entretien en français ; je l'ai traduit en vietnamien et diffusé sur RFI le 24 mars 1991, et les auditeurs du pays l'ont « entendu » pour la première fois grâce à cette émission-là. Mme Lựu était morte depuis près de trois ans. En marge de l'entretien, le peintre a raconté encore sa vie en France, les hauts et les bas d'une existence d'artiste. Ce furent les premières informations que je recueillais sur l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine et sur la vie, en France, des peintres des premières promotions.
Pour le troisième anniversaire de la mort de Lê Thị Lựu, j'ai interrogé M. Ngô Thế Tân sur elle et sur les trois peintres qui lui étaient les plus proches : Mai Thứ, Lê Phổ, Vũ Cao Đàm. L'entretien fut diffusé sur RFI le 9 juin 1991. Peintre amateur, M. Tân avait suivi de très près le fonctionnement de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine et la vie des peintres en France. C'est au cours de cette conversation que je lui ai demandé pour la première fois s'il comptait réserver au Musée du Viêt Nam quelques tableaux de sa femme. Sa réponse était alors très hésitante : « Faire entrer les tableaux de Lựu dans un musée, je ne peux pas encore m'y résoudre. Le jour où notre pays se démocratisera et où un musée en fera la demande, on verra à ce moment-là. » Peut-être à cause du tableau Femmes moissonnant le riz (Phụ nữ gặt lúa), qu'elle avait peint et offert à l'Association des beaux-arts lors de son retour au pays, en 1975, et qui a disparu.
Trois ans plus tard, pourtant, le 5 août 1994, il nous a remis un ensemble de dix-huit tableaux et deux reproductions d'œuvres de Lê Thị Lựu qu'il destinait au Musée du Viêt Nam, avec cette consigne : « Tu ne les rapporteras que lorsque ce sera opportun, c'est-à-dire lorsqu'on aura la garantie certaine que les tableaux ne disparaîtront pas, ne seront ni copiés ni vendus à l'étranger. » Et j'ai attendu ce jour-là.
Le peintre Lê Phổ était un homme robuste, de carrure semblable à celle du musicien Phạm Duy. Il occupait un vaste appartement au 235 bis rue de Vaugirard, dans le XVᵉ arrondissement de Paris. Le salon abritait un petit tableau de Victor Tardieu, qu'il chérissait et respectait comme le maître lui-même. De Lê Phổ, presque aucun tableau, sinon une vieille soie peinte du temps où il vivait encore à Hanoi. Tous les meubles et les vases anciens de la pièce évoquaient l'atmosphère des Song et des Ming, une beauté orientale pure, à l'opposé de l'atelier voisin, où les tableaux de Lê Phổ éclataient de couleurs qui tenaient lieu de lumière.
Il aimait sincèrement les artistes des générations suivantes. Quand les peintres Võ Đình ou Trịnh Cung passaient par Paris et me demandaient de les conduire chez lui, il les invitait à dîner à La Coupole, à Montparnasse. Il avait la distinction d'un aristocrate : posé, peu bavard, mais d'une grande autorité. Mme Lê Phổ avait pour son mari une déférence extrême. Quand il vendait un tableau à un Vietnamien, elle passait toujours, avec tact, dans une autre pièce. On pouvait donc croire que tout ce qu'il déciderait de son vivant, elle l'exécuterait après sa mort.
Le 3 mars 1993, j'ai interrogé le peintre Lê Phổ sur l'École des beaux-arts et sur son établissement en France. Il parlait français, je traduisais en vietnamien ; l'entretien fut diffusé sur RFI le 7 mars 1993 et repris dans la revue Hợp Lưu, n° 10, avril 1993. Il contient des informations importantes, et c'est là que, pour la première fois, j'ai posé cette question à Lê Phổ :
— Comptez-vous laisser de vos tableaux à un musée du Viêt Nam ?
— Oui. J'ai bien recommandé à ma femme : si je viens à disparaître, elle enverra au Musée de Hanoi une vingtaine ou une trentaine de tableaux.
— Vous avez demandé à votre femme de réserver vingt ou trente tableaux pour Hanoi ? De quelle façon ?
— C'est-à-dire en don, en cadeau au Musée de Hanoi, à condition que le travail se fasse correctement.
— Qu'entendez-vous par « correctement » ?
— Je vais vous raconter une chose : on m'a demandé une fois — c'était sous Diệm et Nhu, je crois — d'envoyer des tableaux pour une exposition à Saigon. J'en ai envoyé cinq, et ensuite tous les cinq ont disparu sans laisser de trace. Voilà pourquoi je dis : si je fais un don à un gouvernement, quel qu'il soit, il doit y avoir de la correction et du sérieux. Ce sont des tableaux que j'ai moi-même choisis et mis à part pour contribuer à la culture de mon pays. Si je ne suis plus là, ma femme a pour consigne de faire selon ma volonté.
— Si Hanoi vous les demandait maintenant, les donneriez-vous ?
— S'ils me les demandaient maintenant, je n'en donnerais qu'une partie. Ce que j'exige, c'est que le travail soit fait correctement. Je ne choisis pas un gouvernement, mais il me faut des gens vraiment sérieux, qui sachent respecter la valeur de l'art1.
Persévérant dans ce dessein — obtenir des peintres célèbres établis en France qu'ils réservent des œuvres au Musée du Viêt Nam —, nous avons diffusé sur RFI, le 12 juin 1994, deux entretiens : l'un avec M. et Mme Lê Phổ, l'autre avec M. Ngô Thế Tân. Tous trois y confirmaient une fois de plus leur intention de donner au Musée du Viêt Nam des œuvres de Lê Phổ et de Lê Thị Lựu. M. Ngô Thế Tân évoquait en outre son intention d'offrir à un musée du pays les tableaux de Vũ Cao Đàm qu'il possédait ; cet ensemble, il l'a confié à son fils Ngô Mạnh Đức. Mais aucun écho n'est venu du ministère vietnamien de la Culture.
De ce jour-là à aujourd'hui, vingt-quatre ans ont passé.
Après un voyage au Viêt Nam en novembre et décembre 2017, j'ai constaté que le pays avait changé à tous égards. La conservation des monuments historiques et des œuvres d'art a fait de grands progrès, même s'il se tient encore, dans la capitale, des expositions de faux. C'est un mal qu'il faut extirper : le musée est la façade culturelle d'un peuple, le premier lieu où les étrangers viennent regarder — on ne peut pas leur montrer des faux. Le pays avance pour rattraper le monde. Le Vrai, le Bien et le Beau doivent être les premiers à figurer au musée, là où s'exposent les réussites culturelles d'une nation. On ne peut pas y laisser entrer la contrefaçon.
Il nous a donc semblé que la condition posée — une conservation sérieuse des œuvres — pouvait désormais être tenue, et nous avons décidé de rapporter au pays les deux ensembles de tableaux de Lê Thị Lựu, celui de Ngô Thế Tân et celui de Thụy Khuê et Lê Tất Luyện, pour en faire don au Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville. Les œuvres seront remises en main propre à son directeur, à Paris, en juin 2018, pour marquer le trentième anniversaire de la mort de l'artiste (6 juin 1988).
C'est un premier envoi ; il y en aura d'autres, avec des œuvres d'autres peintres célèbres de notre collection.
Le retour de la peinture de Lê Thị Lựu à son peuple sera marqué par l'ouvrage Lê Thị Lựu, ấn tượng hoàng hôn (« Lê Thị Lựu, impression crépuscule »), publié par le Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville. Il s'appuie sur les documents fournis par Lê Thị Lựu et Ngô Thế Tân eux-mêmes.
Depuis le 8 mai 1994, jour où M. Ngô Thế Tân nous a confié l'ensemble des tableaux de Lê Thị Lựu, nous avons préparé en silence le jour où ses œuvres reviendraient au pays selon ses exigences. Le sachant très affaibli et très âgé, nous l'avons pressé d'écrire la vie de sa femme : hors lui, personne ne pouvait en savoir davantage. Il a travaillé avec soin et, l'été suivant, en 1995, il a achevé le texte que nous avons intitulé La Vie de Lê Thị Lựu. Il nous a aussi remis toutes les enveloppes où étaient conservés les lettres, les carnets, les feuilles volantes et les notes de sa femme — et que, sans doute, il n'avait jamais ouvertes. Il est mort deux ans plus tard, en 1997, à Peymeinade.
Outre son sujet principal, la peintre Lê Thị Lựu, le livre Lê Thị Lựu, ấn tượng hoàng hôn contient des pages singulières sur l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine et sur les peintres pionniers installés en France, à travers les entretiens avec Vũ Cao Đàm, Lê Phổ et Ngô Thế Tân. Le peintre Mai Thứ étant mort en avril 1980, nous n'avons pas pu l'atteindre. Pour éviter toute déformation de l'information, nous reproduisons tous ces entretiens avec les propos mêmes des peintres : le lecteur aura ainsi des informations exactes sur les premières années de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine et sur la vie de ces artistes en terre étrangère, mais il comprendra aussi ce que ces peintres portaient au cœur pour leur pays natal.
Enfin, pour en revenir à la promesse de Lê Phổ de donner vingt à trente tableaux au Musée de Hanoi, nous pensons qu'elle garde sa valeur. Mme Lê Phổ a aujourd'hui l'esprit égaré. Peut-être le peintre a-t-il chargé ses fils d'exécuter sa volonté. Il faudrait un effort du côté des autorités ; peut-être en sortirait-il un beau résultat pour le patrimoine culturel. Car le vœu de doter le pays d'un musée des beaux-arts, Lê Phổ le portait déjà sous Bảo Đại, et Vũ Cao Đàm avait lui aussi envisagé de demander pour le Viêt Nam des œuvres de Fernand Léger, de Pignon et de Picasso.
Paris, le 16 mars 2018
© 2018 Thụy Khuê
Extrait de l'Entretien avec le peintre Lê Phổ, diffusé sur RFI le 7 mars 1993. ↩︎
Hành trình đưa tranh Lê Thị Lựu về nước
Dự định viết lại hành trình hội họa của Lê Thi Lựu và đưa tranh bà về nước, đối với tôi, đã bắt đầu cách đây ba mươi năm, khi họa sĩ từ trần, năm 1988.
Nước ta chưa có truyền thống tìm hiểu sự nghiệp văn nghệ sĩ, cả đến những nghệ sĩ lớn, sống gần chúng ta như Nguyễn Gia Trí, nhưng cuộc đời hoạt động của ông, hầu như không mấy ai biết rõ. Hồ Xuân Hương, ta vẫn chưa xác định được là ai, là tác giả tập Lưu Hương Ký mà Hoàng Xuân Hãn đã khám phá ra hay là người viết những bài thơ oái oăm, phóng túng được truyền tụng? Một tình trạng như vậy không thể xẩy ra với Lê Thị Lựu, nữ họa sĩ tài hoa đầu tiên và duy nhất của Việt Nam.
Lê Thị Lựu là một người cao lớn đối với dáng vóc một phụ nữ Việt. Bà đẹp toàn diện từ nét mặt, làn tóc, đến thân hình. Năm 1964, khi tôi gặp bà lần đầu, ở tuổi 53, bà đang trong thời kỳ sáng tác sung mãn, sức truyền cảm mãnh liệt chiếu ra từ đôi mắt to đen sáng và nụ cười như hoa nở nhưng luôn luôn có chút buồn bã đọng lại.
Lúc đó ông bà đang ở một căn nhà nhỏ tại Gentilly, ngoại ô Paris. Phòng khách lúc nào cũng có hai thứ: hoa và tranh. Hoa, cỏ, cắt trong vườn, cắm bình, bày điã hay trên mảnh gỗ mục, hoà hợp với mầu sắc và hình thái trên những bức tranh bà đã vẽ xong hay còn dang dở. Đó là bài học đầu tiên, bà cho tôi biết và hiểu thế nào là nghệ thuật.
Khi bà mất, hai mươi bốn năm sau, 1988, tôi đã viết về bà, và cũng là lần đầu tiên tôi nghĩ đến việc đưa tranh bà về nước. Bởi một tài năng như Lê Thị Lựu phải có mặt trên quê hương, để đồng bào chiêm ngưỡng tác phẩm. Bởi một tài năng như Lê Thị Lựu, không thể như Hồ Xuân Hương, rồi đây người Việt sẽ chỉ mơ hồ, chẳng biết bà có thật hay không, bà đã sống như thế nào? Ở Pháp, nhưng ở đâu? Tại sao tác phẩm lại hoàn toàn bị thất lạc? Tại sao trong viện bảo tàng từ Nam chí Bắc, không có lấy một bức tranh của Lê Thị Lựu?
Khi chấp nhận phụ trách chương trình Văn Học Nghệ Thuật đài RFI, năm 1990, tôi đã hé thấy khả năng có thể thực hiện được phần nào hoài bão.
Họa sĩ Vũ Cao Đàm là người chúng tôi được bà Lựu dẫn đến chơi nhà trước tiên, vì ông ở Saint-Paul de Vence, gần Spéracèdes, nơi bà và chồng, kỹ sư Ngô Thế Tân về hưu, cư ngụ từ 1971. Nhà Vũ Cao Đàm ở số 43 Rue Grande đã là một tác phẩm nghệ thuật: dựa lưng vào triền núi, như tất cả các nhà ở Saint-Paul de Vence. Căn nhà nhỏ có nhiều tầng, cầu thang leo lên là một bảo tàng nhỏ, nơi các tác phẩm hội họa và điêu khắc của Vũ Cao Đàm đón khách.
Vũ Cao Đàm người cao gầy nhưng rắn rỏi, nước da bánh mật, có lẽ vì ông sống ở miền Nam nước Pháp, nhiều nắng, từ năm 1950. Nhìn thấy chúng tôi, mắt ông sáng lên như bắt gặp một cái gì quý lắm, và ánh mắt ấy, tôi còn gặp lại nhiều lần, mỗi khi chúng tôi dẫn đến "cho ông" một người Việt, dù là kẻ xem tranh hay họa sĩ muốn thăm bậc thầy, ông đều nhìn họ với đôi mắt trìu mến vô hạn. Tranh bán cho chúng tôi ông để nguyên khung cổ, còn trừ 30%. Bà Renée, vợ ông, có ý không bằng lòng, ông chỉ quắc mắt là xong. Mối liên lạc của ông với đất nước tồn tại qua những cử chỉ rất nhỏ, mà sâu, mà thấm, ấy. Cũng vì những chuyện nhỏ như thế, nên những khi gặp lại ông, luôn luôn có mặt bà, chỉ một lần tôi ngỏ lời xin tranh cho viện bảo tàng Việt Nam, ông đồng ý nhưng bà chống, nên tôi không trở lại vấn đề này lần nào nữa.
Rời nước từ năm 1931, qua 60 năm không dùng tiếng mẹ đẻ, Vũ Cao Đàm đã quên nhiều, nhưng ông vẫn nói tiếng Việt với chúng tôi. Ông trả lời phỏng vấn bằng tiếng Pháp, tôi dịch sang tiếng Việt và truyền thanh trên đài RFI ngày 24/3/1991, và thính giả trong nước đã "nghe" ông lần đầu qua chương trình ngày ấy. Lúc đó bà Lựu mất đã gần ba năm. Bên lề cuộc phỏng vấn, hoạ sĩ còn cho biết thêm về cuộc sống của ông ở bên Pháp, những chìm nổi của đời họa sĩ. Đó là những thông tin đầu tiên về trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương và đời sống của những họa sĩ lớp đầu của trường sang Pháp sinh sống, mà tôi tiếp nhận được.
Để kỷ niệm ngày giỗ thứ ba họa sĩ Lê Thị Lựu, tôi phỏng vấn ông Ngô Thế Tân, về bà và về ba họa sĩ thân nhất của bà: Mai Thứ, Lê Phổ, Vũ Cao Đàm. Buổi phỏng vấn được phát thanh trên đài RFI ngày 9/6/1991. Là một họa sĩ nghiệp dư, ông Tân theo dõi rất sát quá trình hoạt động của trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương và cuộc sống của các hoạ sĩ tại Pháp. Cũng trong buổi nói chuyện này, lần đầu tiên tôi hỏi ông Ngô Thế Tân: ông có ý định dành cho Bảo Tàng Viện Việt Nam một số tranh của bà không? Sự trả lời của ông lúc đó còn rất lưỡng lự: "Việc đưa tranh của Lựu vào viện bảo tàng, tôi chưa chủ trương được. Một ngày nào đó, nước ta dân chủ hóa và bảo tàng có ý yêu cầu thì ngày đó sẽ tính sau". Có thể vì việc bức tranh Phụ nữ gặt lúa bà vẽ tặng Hội Mỹ Thuật, năm 1975, khi về nước, đã bị mất tích.
Tuy nhiên, ba năm sau, ngày 5/8/1994, ông trao cho chúng tôi sưu tập 18 bức tranh và 2 phiên bản tác phẩm của Lê Thị Lựu mà ông dành riêng tặng Bảo Tàng Viện Việt Nam, với lời dặn: "Cháu chỉ đưa về, khi nào thuận tiện, nghĩa là có sự bảo đảm chắc chắn tranh không biến mất, hoặc bị sao chép hoặc bán ra nước ngoài". Và tôi đã chờ đợi một ngày như thế.
Họa sĩ Lê Phổ là một người vững chãi, hình thái giống nhạc sĩ Phạm Duy. Ông ở một căn hộ rộng lớn, số 235 bis phố Vaugirard, khu XV Paris. Phòng khách có bức tranh nhỏ của Victor Tardieu, ông quý mến trân trọng như chính người thầy. Hầu như không có tranh Lê Phổ, trừ một bức lụa cổ, vẽ từ khi còn ở Hà Nội. Tất cả đồ đạc và bình cổ trong phòng gợi lên không khí Tống Minh và cái đẹp Đông phương thuần khiết, khác hẳn với phòng vẽ bên cạnh: những bức tranh Lê Phổ rực rỡ màu sắc thay cho ánh sáng.
Ông thực sự yêu mến những nghệ sĩ lớp sau. Khi các họa sĩ Võ Đình, Trịnh Cung sang Paris nhờ tôi dẫn đến thăm ông, ông đều mời ăn tối ở tiệm nổi tiếng La Coupole - Montparnase. Ông có cốt cách sang trọng của một quý tộc, điềm đạm, ít nói, nhưng rất có uy. Bà Lê Phổ hết sức nể chồng. Khi ông bán tranh cho người Việt, bà luôn luôn tế nhị tránh sang phòng khác. Vì vậy, ta có thể tin rằng mọi sự ông quyết định khi còn sống, bà sẽ thực hiện khi ông mất.
Ngày 3/3/1993, tôi phỏng vấn họa sĩ Lê Phổ, về trường Cao Đẳng Mỹ thuật và về sự lập thân của ông trên đất Pháp. Họa sĩ nói tiếng Pháp, tôi dịch sang tiếng Việt, phát thanh trên đài RFI ngày 7/3/1993 và in lại trên tạp chí Hợp Lưu số 10, tháng 4 năm 1993. Bài phỏng vấn này có những thông tin quan trọng, đặc biệt lần đầu tiên tôi hỏi họa sĩ Lê Phổ:
- Bác có dự định cho Bảo Tàng Viện ở Việt Nam tranh của bác không?
- Có. Tôi đã dặn kỹ nhà tôi: nếu tôi mất đi, nhà tôi sẽ gửi cho Viện Bảo Tàng Hà Nội, khoảng 20-30 bức.
- Bác dặn bác gái giữ khoảng 20-30 tranh cho Hà Nội? Giữ như thế nào?
Tức là biếu, là tặng Bảo Tàng Viện Hà Nội với điều kiện là phải làm việc đứng đắn
Thế nào là đứng đắn, thưa bác?
Tôi kể cho cô nghe chuyện này: Một lần người ta đã hỏi tôi -lúc đó dưới thời Diệm, Nhu thì phải- gửi tranh về để triển lãm ở Sài Gòn. Tôi gửi 5 bức và sau đó biệt tích cả năm không còn dấu vết gì. Vì thế mà tôi muốn nói rằng: nếu tôi biếu một chính phủ nào, thì phải có sự đứng đắn nghiêm chỉnh. Đây là những bức tranh do chính tôi lựa chọn và để riêng để đóng góp vào văn hoá nước nhà. Nếu tôi không còn nữa thì nhà tôi được dặn là sẽ phải làm theo ý tôi.
- Ví dụ Hà Nội xin ngay bây giờ, bác có cho không?
- Nếu họ xin ngay bây giờ thì tôi sẽ biếu một phần thôi. Điều mà tôi đòi hỏi là phải làm việc đứng đắn. Tôi không lựa chọn chính phủ, nhưng cần những người thật sự nghiêm chỉnh, biết tôn trọng giá trị nghệ thuật"1.
Kiên trì với chủ đích xin các họa sĩ nổi danh ở Pháp dành tác phẩm cho Bảo Tàng Viện Việt Nam, ngày 12/6/1994, chúng tôi phát thanh trên đài RFI, hai buổi phỏng vấn, một với ông bà Lê Phổ, một với ông Ngô Thế Tân, trong đó, cả ba xác nhận lại một lần nữa, ý định tặng Viện Bảo Tàng Việt Nam những tác phẩm của Lê Phổ và Lê Thị Lựu. Ông Ngô Thế Tân còn nói ý định biếu Viện Bảo Tàng trong nước những tranh Vũ Cao Đàm mà ông sở hữu; sưu tập này ông trao cho con trai ông là Ngô Mạnh Đức lưu giữ. Nhưng không có tiếng vọng nào đến từ phiá Bộ Văn Hoá Việt Nam.
Từ ngày ấy đến bây giờ, đã 24 năm qua.
Sau chuyến về Việt Nam tháng 11 và 12 năm 2017, thấy tình hình đất nước đã thay đổi về mọi mặt. Vấn đề bảo quản di tích lịch sử và mỹ thuật đã có những bước tiến lớn, tuy vẫn còn tình trạng triển lãm tranh giả ở thủ đô Hà Nội, đây là một bệnh chứng cần loại trừ, bởi Bảo Tàng Viện là mặt tiền văn hoá dân tộc, là nơi người ngoại quốc đến chiêm ngưỡng đầu tiên, chúng ta không thể phô tranh giả cho người ngoại quốc xem. Đất nước đang tiến để theo kịp đà thế giới. Chân Thiện Mỹ phải có mặt đầu tiên trong Viện Bảo Tàng, nơi trưng bày các thành tựu văn hoá của dân tộc. Không thể để đồ giả lẫn vào.
Mặc nhiên, chúng tôi thấy điều kiện đòi hỏi về sự bảo quản đứng đắn những tác phẩm nghệ thuật có thể thực hiện được, nên đã quyết định đưa hai bộ sưu tập tranh Lê Thị Lựu của Ngô Thế Tân và của Thụy Khuê - Lê Tất Luyện, về nước, trao tặng Bảo Tàng Viện Mỹ Thuật Thành Phố Hồ Chí Minh. Các tác phẩm sẽ trao tận tay cho ông Giám Đốc Viện Bảo Tàng, tại Paris, vào tháng 6/2018, để kỷ niệm ba mươi năm ngày họa sĩ qua đời (6/6/1988).
Đây là đợt đầu, sẽ có những đợt sau, với tác phẩm của các họa sĩ nổi danh khác trong sưu tập riêng của chúng tôi.
Sự kiện đưa hội họa Lê Thị Lựu về với dân tộc sẽ được đánh dấu bằng tác phẩm Lê Thị Lựu Ấn Tượng Hoàng Hôn do Viện Bảo Tàng Mỹ Thuật Thành Phố Hồ Chí Minh ấn hành. Tác phẩm dựa trên những tài liệu do chính Lê Thị Lựu và Ngô Thế Tân cung cấp.
Kể từ ngày 8/5/1994, khi được ông Ngô Thế Tân giao phó sưu tập tranh Lê Thị Lựu, chúng tôi âm thầm sửa soạn một ngày sẽ đưa tác phẩm của bà về nước theo đúng đòi hỏi của ông. Biết ông rất yếu và tuổi đã cao, chúng tôi đã đốc thúc ông viết về cuộc đời bà, vì ngoài ông ra không ai có thể biết hơn được. Ông đã cẩn trọng làm việc và hè năm sau, 1995, ông hoàn tất văn bản mà chúng tôi đặt tên là Cuộc Đời Lê Thị Lựu. Ông cũng đã trao lại cho chúng tôi tất cả những phong bì lưu trữ thư từ, sổ tay, giấy rời, ghi chép của bà, mà có lẽ ông không mở ra đọc bao giờ. Hai năm sau ông mất, năm 1997, tại Peymeinade.
Tác phẩm Lê Thị Lựu Ấn Tượng Hoàng Hôn, ngoài chủ đề chính về họa sĩ Lê Thị Lựu, còn có những nét đặc thù về Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương và các họa sĩ tiên phong sống ở Pháp, qua những bài phỏng vấn các họa sĩ Vũ Cao Đàm, Lê Phổ và ông Ngô Thế Tân. Họa sĩ Mai Thứ đã từ trần từ tháng 4/1980, nên chúng tôi không thể tiếp cận được. Để tránh tình trạng sai lệch thông tin, chúng tôi in lại tất cả những bài phỏng vấn với lời phát biểu của chính các họa sĩ, để không những, chúng ta có thông tin chính xác về trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương những năm đầu và cuộc sống trên đất khách của các họa sĩ, mà còn hiểu được tấm lòng của các họa sĩ đối với quê hương đất nước.
Sau cùng, trở lại việc Lê Phổ hứa sẽ tặng Viện Bảo Tàng Hà Nội 20-30 bức tranh, chúng tôi nghĩ lời hứa của họa sĩ vẫn còn giá trị. Bà Lê Phổ hiện đã lẫn. Biết đâu họa sĩ chẳng dặn con ông thực thi ý nguyện của mình. Cần có một cố gắng về phía chính quyền, may ra đưa đến kết quả tốt cho di sản văn hoá. Bởi nguyện vọng lập một viện bảo tàng mỹ thuật cho nước nhà, Lê Phổ nung nấu từ thời Bảo Đại, và Vũ Cao Đàm cũng đã từng dự định xin tranh Fernand Léger, Pignon, Picasso cho Việt Nam.
Paris ngày 16/3/2018
© 2018 Thụy Khuê
Trích bài Nói chuyện với họa sĩ Lê Phổ, phát thanh trên RFI ngày 7/3/1993. ↩︎