La vie de Lê Thị Lựu

Cuộc đời Lê Thị Lựu

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

La vie de Lê Thị Lựu1

Je crois que personne ne connaît Lê Thị Lựu mieux que moi, qui ai vécu à ses côtés plus d'un demi-siècle ; je voudrais donc consigner ici les différentes époques de sa vie.

Ngô Thế Tân

Lê Thị Lựu est née le 19 janvier 1911 (le 19 du douzième mois lunaire de l'année Canh Tuất). Elle fut de santé fragile dès l'enfance : à peine née, elle enchaînait fièvres et convulsions au point que la famille, découragée, songea à la confier à d'autres2. Par chance, un guérisseur de Quảng Yên la sauva par un traitement externe. Adulte, vers 1936-1938, elle tomba gravement malade3 ; les journaux publièrent des articles pleurant la jeune peintre au destin brisé. Puis, à partir de 1979, son cœur se mit à battre irrégulièrement (arythmie), avec des crises parfois extrêmement douloureuses. Quand sa vue baissa, il lui fallut des lunettes ; les portraits devinrent difficiles et elle ne put plus conduire. À partir de sa soixante-quinzième année (1986), Lê Thị Lựu ne voulut plus accepter ces affaiblissements, ces usures, ces changements trop rapides du corps ; son esprit, heureusement, restait clair. La main tremblait, mais elle peignait encore, elle a peint jusqu'aux derniers jours. Deux jours avant d'entrer à l'hôpital, elle esquissait encore un tableau. Elle n'y allait que pour faire réexaminer son cœur ; personne n'imaginait que, dans la nuit du 4 juin 1988, elle serait victime d'une hémorragie cérébrale. Le 6 juin 1988, elle quittait ce monde pour toujours. Son vœu était exaucé : elle avait souvent souhaité partir ainsi, sans souffrance et sans être un embarras ni une fatigue pour ceux qui auraient eu à la soigner avant sa mort. Mais elle est partie brusquement, laissant à ceux qui restent une douleur sans mesure.

Le village de Thổ Khối était à la fois son lieu de naissance et le pays de ses deux familles, paternelle et maternelle. Ses parents portaient le même nom personnel, Quế : M. Lê Văn Quế et Mme Nguyễn Thị Quế (branche des Nguyễn Đăng)4. Le père avait suivi l'enseignement à l'occidentale dès les premières années, dans la même génération que Nguyễn Văn Vĩnh, directeur du journal Trung Bắc Tân Văn, Phạm Huy Lục, président de la Chambre des représentants5, ou Ngô Văn Phú, directeur du journal Đông Pháp.

Enfant, Lê Thị Lựu suivit son père, fonctionnaire à la Résidence, et vécut à Bắc Ninh, Nam Định, Thái Bình, Hải Phòng et Hanoi.

En 1925, elle obtint à Hanoi le certificat d'études primaires élémentaires (Ngô Thế Tân écrit sơ học yếu lược, le certificat élémentaire, ce qui est inexact. Note de TK.) ; mais au lieu d'entrer à l'École normale de jeunes filles (rue Hàng Bài) comme ses deux sœurs, elle choisit en 1926 la classe préparatoire de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine, à Hanoi.

D'après ce qu'elle a écrit de sa main, deux événements décidèrent de ce choix :

Un jour, en rangeant les livres de son professeur, Lựu vit sur le bureau l'image d'une jeune Laotienne, de grand format et fort belle. Comparée à celle qui figurait dans un livre, elle était exactement la même — celle du livre, naturellement, était plus petite. Intriguée, elle obtint le lendemain l'explication du maître : il avait agrandi l'image du livre. Elle admira son habileté et se demanda, inquiète, comment elle pourrait apprendre cela. Le maître lui apprit encore qu'à Hanoi l'École des arts et métiers enseignait le dessin, et qu'il y avait là un certain M. Thục qui modelait très bien.

Le second épisode : rendant visite à une amie dont le père dirigeait un théâtre, elle vit sur la scène un homme debout sur une toile tendue, la tête penchée, traçant des traits informes. L'homme lui expliqua : c'est la technique par touches, pour les décors de théâtre ; de près on ne voit rien, il faut regarder de loin pour que ce soit beau. Lựu admira infiniment cet artiste.

Elle décida donc d'apprendre seule à dessiner et s'inscrivit en classe préparatoire pour se présenter au concours de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine.

Lê Thị Lựu s'inscrivit en préparatoire en 1926 ; reçue l'année suivante, elle devint élève à part entière de la troisième promotion. Pendant les cinq années d'études, dans quelque matière que ce fût, elle dépassa ses camarades. Elle sortit major de la troisième promotion. Voici le relevé officiel du classement de sortie de la troisième promotion (1927-1932)6 :

  1. Lê Thị Lựu

  2. Trần Quang Trân

  3. Phạm Hữu Khánh

  4. Nguyễn Hòa Thế

  5. Vũ Đăng Bốn

  6. Vũ Tiến Chức.

À cette occasion, le journal Phụ Nữ Tân Văn écrivit sous le portrait de Lê Thị Lựu :

L'élève sortie major de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine à Hanoi, voulant témoigner son affection au journal Phụ Nữ Tân Văn, qu'elle aime beaucoup, et n'étant pas poète, nous a dessiné une composition sur l'actualité. Elle est publiée ci-contre, signée Văn Đỏ, qui est son nom d'artiste. Notre journal adresse ses remerciements à cette femme peintre7.

Selon la règle d'alors, les premiers de la promotion étaient nommés professeurs : Lê Phổ au lycée Albert-Sarraut, Mai Trung Thứ à Huê, Hồ Văn Lái à Saigon, etc. De 1933 à 1935, Lê Thị Lựu enseigna au lycée du Protectorat (trường Bưởi), à l'École normale de jeunes filles (rue Hàng Bài) et à l'institution privée Hồng Bàng, à Hanoi. En 1935-1936, elle enseigna à l'école des Jeunes Filles aux tuniques violettes, à Saigon, et à l'école d'arts appliqués et décoratifs de Gia Định. De 1937 à 1939, elle revint enseigner au lycée du Protectorat et à l'école dentellière de Hanoi. En 1940, elle partit pour la France.

Le départ pour la France

Début avril 1940, le bateau accosta à Marseille. En juin, nous montâmes à Paris ; par malheur, c'était le jour même où les avions allemands lâchaient des bombes, mais nous parvînmes tout de même à trouver la rue Alphonse-Bertillon, domicile et atelier de trois amis peintres : Vũ Cao Đàm, Lê Phổ et Mai Trung Thứ. Sur place, portes closes et verrous tirés : nous étions au comble de la déception, car tous trois avaient été mobilisés. À peine arrivés, sans avoir encore mis les pieds dans un seul musée, il nous fallut, une semaine plus tard, partir pour Nantes, un port du nord-ouest de la France.

Au petit matin du 16 juin 1940, départ de Paris pour Nantes.

Paris vivait la guerre : toute la région alentour était menacée par les bombes. Une voûte de fumée noire tentait de cacher la ville et la mer des réfugiés. Les habitants se déversaient dans les rues : malades, vieillards, enfants traînaient péniblement leurs bagages, le visage inquiet et défait. Nous nous frayions un chemin dans la foule compacte et, du matin jusqu'à midi, nous n'avions toujours pas atteint la porte de la gare Montparnasse. Et une fois à la gare, comment escalader jusqu'au quai pour prendre le train, comment hisser les bagages dans le wagon ? Il fallut de l'audace et des ruses : se faire la courte échelle pour franchir les grilles, se glisser par les fenêtres. Dans le wagon, on était serrés comme des harengs. Force fut de rester debout toute la nuit, le ventre vide et la gorge sèche. Et Lựu était de nouveau enceinte.

Nous restâmes près de deux mois à Nantes.

Retour à Paris : la ville avait en partie retrouvé une vie normale, mais bien des choses avaient changé. Notre ancien logeur, à Nogent-sur-Marne, avait été arrêté par les soldats allemands ; il fallut chercher ailleurs. Par chance, mon lieu de travail, la Section technique d'agriculture tropicale, se trouvait lui aussi à Nogent-sur-Marne, et il y restait une chambre chauffée pour nous.

Au cœur de l'hiver, à cinq heures du matin le 1ᵉʳ janvier 1941, Lựu mit au monde son premier fils à l'hôpital Saint-Antoine, dans le XIIᵉ arrondissement de Paris. De la maison à l'hôpital, la route était longue, et il fallait traverser le bois de Vincennes, avec le couvre-feu nocturne. La voiture se perdit dans le bois, ce qui ajouta à l'angoisse et à la confusion. La moitié de la France était occupée par les Allemands. Les vivres étaient rares, distribués par tickets. La vie était très dure. Toute activité artistique était suspendue.

En juin 1941, nous descendîmes à Marseille pour prendre un bateau et rentrer au pays. Malheureusement, il n'y en avait plus. La guerre s'était étendue à toutes les mers, les grands ports étaient bloqués. La ligne France-Extrême-Orient était paralysée, le canal de Suez fermé, et contourner par le Cap était très dangereux. Les navires de guerre et les sous-marins de l'Axe germano-italo-japonais avaient l'avantage.

Il fallut donc rester à Marseille, puis vivre une année entière à Nice. Nos deux amis Lê Phổ et Mai Trung Thứ, démobilisés, y étaient revenus eux aussi. Nous prîmes pension à la Pension des États-Unis, tenue par Cao Văn Bổn8, qui devint ensuite un ami.

Pendant notre séjour à Nice, profitant du beau temps, nous visitâmes quelques endroits. Il y eut notamment quelques jours au château de Jutreau, sur l'invitation de M. et Mme René Robin9. Lorsqu'elle enseignait à Saigon, Lê Thị Lựu avait fait le portrait de Mme Robin ; et je voulais, moi, savoir ce qui l'avait poussé à ordonner le bombardement du village de Cổ Am. Quand je le lui demandai, il ne répondit pas directement, mais s'expliqua : après une nuit blanche et de mûres réflexions, j'avais décidé d'employer le mal contre le mal. Voilà donc !

Le départ pour l'Afrique

Nous restâmes en zone libre10 jusqu'en juillet 1942, puis Lựu me suivit en Afrique. Je venais d'être nommé directeur du Jardin d'essai de Kindia, en Guinée11. Si j'ai accepté de partir pour l'Afrique, c'est qu'on ne savait pas quand il y aurait de nouveau un bateau pour le pays. La situation et le ravitaillement empiraient de jour en jour et il n'y avait aucun moyen de résoudre les privations quotidiennes. L'Afrique, après tout, était un pays agricole, producteur de denrées, sous les tropiques : toute l'année, pas besoin de chauffage.

Le Ville d'Oran, qui nous transportait, était un petit navire de charge, avec quelques cabines pour une cinquantaine de passagers, tous en classe unique. Il longeait la côte africaine et faisait escale à Alger, Casablanca, Dakar. Dans chacun de ces ports vivaient des compatriotes établis là, pour la plupart d'anciens marins. Nous débarquâmes à Conakry, à la fois port et capitale de la Guinée.

En août 1942, nous partîmes pour Kindia, une petite ville proche du centre de la Guinée. Le climat y était relativement bon ; il y avait un institut Pasteur, une grande caserne, de nombreux commerces tenus par des Libanais et des Syriens, un négoce florissant. Autour de la ville s'étendaient des plantations de plusieurs centaines d'hectares, consacrées à la banane d'exportation vers la France.

Kindia avait aussi une école de métiers. Le directeur invita plusieurs fois Lê Thị Lựu à y enseigner ; elle refusa chaque fois. Pendant ces années-là, elle peignit peu : occupée par un enfant en bas âge, manquant de matériel et de couleurs. Elle ne fit qu'une dizaine de tableaux, des jeunes filles vierges du pays, commandés par la Résidence pour décorer son salon. Des jeunes filles dans la tenue de fête qui clôt l'excision. Ce costume est saisissant, d'une extraordinaire richesse de couleurs : celles des foulards carrés noués dans les cheveux d'un noir brillant, enroulés en cercle et recourbés comme le cou d'un cygne au sommet de la tête. Les tableaux étaient très vivants ; il est seulement dommage que nous n'en ayons gardé aucun en souvenir.

Le retour en France

En 1945, la guerre finie, Lê Thị Lựu revint à Paris.

En 1946, alors que nous étions en villégiature à Chedde (Haute-Savoie), des nouvelles nous parvinrent du pays : le mouvement anticolonialiste pour l'indépendance était en pleine effervescence. Une délégation vietnamienne venait négocier à Paris12 ; Lê Thị Lựu monta y assister, prendre directement des nouvelles et retrouver des connaissances dans la délégation.

Dès lors, nous eûmes tous deux une attitude claire et sans réserve : participer ensemble au mouvement anticolonialiste. Le mari cessa d'être fonctionnaire au service des Français. Combattre les Français sur le sol français multipliait bien sûr les difficultés. La première était de faire vivre la famille.

Après avoir monté avec son mari une petite affaire de production pour subsister, Lê Thị Lựu participa activement au mouvement anticolonialiste et entretint des relations avec le représentant du gouvernement Trần Ngọc Danh comme avec les responsables de l'Union des Vietnamiens de France, Phạm Huy Thông et Nguyễn Khắc Viện. Elle fut trésorière de l'Union des intellectuels et prit part aux réunions du Mouvement mondial des partisans de la paix, en France comme à l'étranger. Il arrivait que Picasso y assistât aussi. La colombe et le bouquet de la paix de Picasso semblent avoir été dessinés à cette période.

Nous « eûmes droit » à l'inscription sur la liste noire des Français, si bien que la police, la DST, etc. (sept services, à vue de nez) nous interrogeaient sans cesse. Nos deux amis Vũ Cao Đàm et Mai Trung Thứ, eux, goûtèrent de la prison de la Santé.

Ce n'est que vers 1959-1960, en voyant le gouvernement du Nord se préparer à attaquer le Sud par les armes, que nous rompîmes avec les groupes de l'Union des Vietnamiens de France.

À notre retour d'Afrique (1945), Lê Thị Lựu logea provisoirement dans l'atelier de Mai Thứ, à Vanves, au 16 avenue du Parc. Quelques mois plus tard, séjour à Chedde (Haute-Savoie), à l'hôtel Pernot.

En 1947, nous nous installâmes au 41 rue Blomet, à Paris, dans le XVᵉ arrondissement, à la même adresse que Lê Phổ.

En 1953, nous déménageâmes au 10 impasse Joséphine, à Gentilly, dans la banlieue sud de Paris, derrière la Cité universitaire.

De 1971 jusqu'à sa mort, elle vécut sur la Méditerranée, dans la commune de Spéracèdes, à la villa An Trang.

Le retour à la peinture

Après les accords de Genève, le pays étant indépendant, Lê Thị Lựu abandonna tout à fait le commerce, résolue à se consacrer à l'art et à renouer avec la peinture.

Pour se replonger dans le milieu de la peinture, elle visita jour après jour les musées, les expositions collectives et personnelles, les galeries de Paris. Elle passa plusieurs semaines au musée de Florence, fréquenta l'atelier de la Chaumière pour croquer des modèles nus, hommes et femmes, Européens et même Vietnamiennes, au fusain sur papier. Elle s'inscrivit aussi à l'École du Louvre, mais au bout de quelques mois, trouvant le programme trop chargé en histoire de l'art et en administration des musées, et sans profit pour sa propre peinture, elle abandonna.

Malgré cette volonté d'apprendre, Lựu restait perplexe, hésitante devant les écoles et les tendances nouvelles : du réalisme à l'impressionnisme, du fauvisme à l'art naïf, au surréalisme, à l'abstraction, etc. Les écoles se multipliaient de jour en jour, mais elles la séduisaient peu : trop éloignées de la tradition classique qu'elle avait apprise à l'École, elles ne s'accordaient pas non plus avec sa conception de la peinture.

Lê Thị Lựu admirait le génie de Picasso, qui changeait sans cesse de manière. Mais, au fond d'elle-même, elle ne parvenait pas à se forger des convictions qui aillent dans le sens du peintre numéro un.

Hors de la peinture classique et de l'impressionnisme, elle n'aimait pas la peinture des autres écoles, en particulier certains tableaux abstraits.

Elle crut d'abord ses capacités artistiques amoindries ; puis, après y avoir bien réfléchi, elle comprit qu'elle devait être honnête avec elle-même, qu'elle ne pouvait ni ne devait suivre la mode ni remonter le courant de son époque. Elle devait créer selon la conception de la peinture qu'elle s'était donnée. De cette clarté, Lê Thị Lựu tira l'abandon de son sentiment d'infériorité et la reconquête de sa confiance.

Pour commencer, Lê Thị Lựu peignit quelques petites soies qu'elle porta à la galerie Le Chapelin, près de l'Élysée, au 71 rue du Faubourg-Saint-Honoré. La patronne les accepta aussitôt, avec chaleur.

Plus encourageant encore : trois peintures sur soie furent placées ensemble au centre du salon annuel de l'Union des femmes peintres, sculpteurs et graveurs. Dès le vernissage, deux Américains en achetèrent deux ; la troisième revint à la patronne de la galerie.

Puis deux surprises encore : ces trois œuvres valurent à Lê Thị Lựu le premier prix et le titre de sociétaire de l'Union — ce qui signifiait que ses tableaux n'auraient plus jamais à passer devant le jury.

Dès lors, Lê Thị Lựu peignit régulièrement.

L'écrivain Thụy Khuê me demande combien de tableaux Lê Thị Lựu a peints. La réponse est difficile. De ses années d'école jusqu'à son départ en 1940, sans doute pas cent. En Afrique, une dizaine. Et depuis qu'elle s'est remise à peindre régulièrement, on peut dire qu'elle n'a pas dépassé quatre cents. Impossible de connaître le chiffre exact, car les tableaux peints n'étaient pas répertoriés et très peu ont été photographiés — pour la raison simple que Lê Thị Lựu était trop modeste et n'a jamais envisagé de publier un catalogue.

Entre 1926 et 1940, Lựu a peint quelques huiles, dans le cadre des exercices de l'École. Deux d'entre elles furent exposées ensemble en deuxième année, sous les titres Portrait de M. Hai (Chân dung Ông Hai) et Enfants dans la bananeraie (Em nhỏ trong vườn chuối). M. Hai fut acheté par le Gouvernement général, et Enfants dans la bananeraie par le directeur du journal L'Avenir du Tonkin13. Des portraits au pastel : Mlle Vân14 et Mlle An15. Puis un portrait en pied de Mme Robin, à l'huile. Ces œuvres de jeunesse, il nous est arrivé plus tard, par hasard, d'en retrouver quelques-unes16.

Combien d'expositions personnelles Lê Thị Lựu a-t-elle eues ? Réponse : pas une seule, pas même en France. Pourtant, plusieurs galeries d'Italie, de Suisse, de Syrie l'avaient invitée. Mais Lựu n'en éprouvait pas le besoin : tout ce qu'elle peignait trouvait acquéreur. Par la suite, il lui arriva même d'avoir plusieurs années de retard sur ses commandes, faute de santé. Pour monter une exposition personnelle, il faut en moyenne une quarantaine de toiles. Comme elle produisait peu, elle refusa même le contrat d'exclusivité que lui proposait la maison Findlay, aux États-Unis, faute de pouvoir en fournir la quantité.

Les sujets

L'écrivain Thụy Khuê l'a résumé d'une phrase : le sujet tient dans le mot thiếu — thiếu phụ, la jeune femme ; thiếu nữ, la jeune fille ; thiếu nhi, l'enfant.

La jeune femme a pour tâche de garder et de perpétuer la lignée, afin que la génération suivante reprenne la tradition et les progrès humains et sociaux de la précédente. La jeune femme administre la famille, matériellement comme spirituellement.

La jeune fille, elle, est une promesse de demain : elle prépare, elle dessine sa vie d'amour et de bonheur.

L'enfant, innocent, jeune pousse pleine de sève, a la charge la plus haute : perpétuer la lignée, nouer l'amour des époux et le devoir des parents, apporter la lumière et réchauffer la maison aux heures tardives et glacées.

Devant de telles valeurs, comment Lê Thị Lựu aurait-elle pu leur peindre des visages brutaux, chargés de fureur meurtrière ! Pour elle, le visage d'une jeune femme devait être doux, tendre, aimant ; celui d'une jeune fille, gracieux et rêveur. Même ses nus restent pudiques : elle aimait les œuvres classiques, mais elle n'aurait pas pu peindre des nus aussi découverts que les jeunes femmes d'Ingres. Lê Thị Lựu ne peignait presque jamais d'après modèle. Les visages, elle les imaginait. La beauté passait dans ses portraits.

En 1975, quand Lựu revint à Hanoi voir sa famille, l'Association des beaux-arts fit savoir qu'elle souhaitait un tableau. Lựu fut très embarrassée. Comment choisir un sujet qui s'accorde au réalisme socialiste ? Après avoir pris conseil auprès de la famille, elle choisit de peindre Femmes moissonnant le riz (Phụ nữ gặt lúa). Où se trouve aujourd'hui ce tableau ? Nul ne le sait.

Technique et écoles

De son entrée à l'École jusqu'en 1940, Lê Thị Lựu n'employa guère que l'huile. Elle peignit rarement sur soie. Le pastel ne servit qu'à quelques portraits. L'aquarelle était plus rare encore : elle n'y recourait que pour les croquis rapides. Lựu avait aussi appris la laque vietnamienne, mais la laque l'attaquait (irritations, allergie). Quand elle partait en vacances en France, elle n'emportait d'ordinaire que ses tubes d'huile : ses paysages sont donc tous peints à l'huile. Dans l'huile, M. Tardieu louait sa facture, qu'il disait proche de celle de Cézanne — alors qu'en réalité, à cette époque, Lê Thị Lựu n'avait encore jamais vu un tableau de Cézanne. Une touche très hardie, mûre ; des couleurs vives et accordées ; une composition solide et équilibrée. Chaque paysage a son atmosphère propre. Un hameau de fermes aux vieilles maisons, des vaches qui broutent, des poules qui grattent le sol à la recherche des vers sous des frondaisons vertes et silencieuses ; ou quelques rangées de pins attendant le vent pour vibrer à l'unisson avec la surface du lac et la forêt lointaine.

Quand elle revint à la peinture après ces années d'interruption, Lê Thị Lựu se consacra presque exclusivement à la soie. Même support, mais des factures entièrement différentes chez Lê Thị Lựu, Mai Thứ ou Nguyễn Phan Chánh. Mai Thứ emploie lui aussi des couleurs gaies, mais il procède par plages cernées d'un trait ; il se distingue de la peinture chinoise en ce qu'il y a du volume, c'est-à-dire des ombres et des lumières. Pour les ombres, Mai Thứ prend un pinceau usé chargé d'encre ou de couleur et frotte (frottis). En France, la peinture de Mai Thứ est rangée parmi les naïfs ; elle a comblé un vide dans la production française, et lui a valu une certaine place.

La peinture de Nguyễn Phan Chánh fut mise en avant à l'occasion de l'Exposition coloniale de 1931 à Paris. Cette année-là, le directeur de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine, Tardieu, envoya en France quelques soies de ses élèves, dont celles de Chánh, pour faire connaître l'École. Il avait pris contact au préalable avec la revue L'Illustration, afin qu'elle publie un article et diffuse un commentaire élogieux sur les œuvres de tous, et particulièrement sur celles de Chánh. L'arrière-pensée de la revue était de saluer une réussite de la politique coloniale française. La technique de Nguyễn Phan Chánh est celle qui suit le plus fidèlement la manière chinoise ancienne. Le plus souvent en camaïeu.

À l'atelier, Lê Thị Lựu ne peignait plus que sur soie. Ses soies tendent vers l'Occident : riches de couleurs, avec une matière épaisse. Elle ne travaillait pas à la chinoise, c'est-à-dire en tendant la soie sur un châssis pour la peindre à l'aquarelle, puis en la marouflant sur carton après coup. Le marouflage est un métier à lui seul. Mal fait, il déforme les figures et fait pâlir les couleurs. C'est pourquoi le peintre Vũ Cao Đàm avait imaginé de maroufler la soie avant de peindre. Lê Thị Lựu adopta cette méthode. Une soie ainsi marouflée se peint comme une toile de lin, c'est-à-dire qu'on peut y charger la couleur. La seule différence est que l'huile brûle la soie : on ne peut donc employer que l'aquarelle. C'est pourquoi les soies de Lê Thị Lựu ne ressemblent à celles de personne. Elles sont plus riches en couleurs, aussi variées que l'huile ; mais comme l'aquarelle ne brille pas, certains les prennent pour des pastels.

Au début, la facture et les sujets rappellent la peinture ancienne. Puis on sent un peu Modigliani. Pendant une longue période, l'influence de l'impressionnisme, Renoir, Bonnard, etc. Influence, dit-on ; mais en réalité, la composition, les sujets, les couleurs sont propres à Lê Thị Lựu. Et quel peintre, je le demande, n'a jamais traversé une période d'influence ? Picasso a subi celle de l'art nègre, Matisse celle du Maroc, Bonnard celle du Japon, etc. Lựu a peu peint de natures mortes. Toute sa peinture est consacrée aux membres de la famille. Peut-être parce que la famille est la cellule la plus importante de la société, qu'il fallait exalter à une époque où, dans notre pays, l'enfant dénonçait son père et la femme son mari.

Lựu peignait selon le cheminement suivant. Elle commençait par choisir le format de la soie, puis rangeait ses pinceaux et ses couleurs, choisissait une cassette — car peindre exigeait un accompagnement sonore qui berce l'esprit. Elle feuilletait quelques livres de peinture pour se mettre à l'unisson des œuvres. Le sujet, arrêté d'avance, était esquissé au fusain. Elle corrigeait et recorrigeait jusqu'à se juger satisfaite, et alors seulement passait à la couleur. Elle posait d'abord toutes les couleurs sommairement, pour vérifier l'équilibre des masses. Puis, entrant dans le détail, elle peignait le visage en premier. Le visage fait, le tableau était presque achevé. Absorbée, elle en oubliait la faim, la soif, et jusqu'à la musique près d'elle.

Le temps de faire un tableau n'était jamais fixe. En général quelques jours, mais certains restaient à moitié peints et n'étaient repris que plusieurs années plus tard. Le record de rapidité revient sans doute à L'Enfant orphelin (Em bé mồ côi), achevé en une après-midi. Créer un tableau se compare à créer un poème. L'inspiration est tantôt pleine, tantôt basse. Pleine, les mots et les images viennent sans qu'on les cherche, coulants, subtils, sans contrainte ni maladresse. Quand il faut retailler et repolir, la fraîcheur se perd.

Lê Thị Lựu était attachée à son pays, à son village, aux paysages de sa terre : elle a toujours placé les personnages de ses tableaux dans des scènes de campagne, avec des couleurs de son invention, selon la composition et les besoins du tableau.

Certains ont demandé : comment peut-on, alors que le pays se déchire dans une guerre fratricide, rester tranquillement assise à peindre des scènes rêveuses, si loin de la réalité ? Tant d'indifférence ? En vérité, ce n'était là qu'une réaction de douleur devant les scènes de folie que traversait le pays. Il y eut un après-midi où, ne pouvant contenir sa tristesse, elle prit une soie et peignit une petite fille : c'est L'Enfant orphelin. Plus tard, Thụy Khuê l'a nommé L'Orage (Dông tố). Les deux titres conviennent.

Ngô Thế Tân

Peymeinade, été 1995


© 2018 Thụy Khuê


  1. Titre donné par nous (TK). Notes de NTT et de TK. ↩︎

  2. L'usage ancien voulait qu'un enfant longtemps malade se fût réincarné à la mauvaise porte ou à la mauvaise heure ; il fallait donc le confier quelque temps à d'autres. Comme, en général, aucun parent ne voulait assumer cette lourde charge, la famille le remettait aux catholiques, pour que les sœurs l'élèvent un moment. ↩︎

  3. Mme Lựu avait la tuberculose. ↩︎

  4. Le professeur Nguyễn Đăng Thục, l'écrivain Mai Thảo (Nguyễn Đăng Quý) et le critique Nguyễn Đăng Mạnh étaient tous cousins de la peintre Lê Thị Lựu. ↩︎

  5. M. Phạm Huy Lục, président de la Chambre des représentants, a sauvé l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine vers 1930. L'économie mondiale comme celle de l'Indochine traversaient alors une crise grave, et le gouvernement de l'Indochine avait décidé de fermer l'École. Il alla jusqu'au Parlement français, les pressa d'intervenir, et l'École put rouvrir. Pour l'en remercier, M. Tardieu lui offrit deux peintures sur soie. Ces deux tableaux, peints par l'élève Lưu Đình Khải, sont encore accrochés chez son fils, à Paris. (Note de NTT.) ↩︎

  6. Dans l'ouvrage L'École supérieure des beaux-arts de Hanoi, paru en 1990, page 49, Lê Thị Lựu est classée sixième à la sortie ! Il est fâcheux qu'un livre officiel, publié par l'École elle-même, contienne des erreurs aussi importantes. ↩︎

  7. Lê Thị Lựu signait Văn Đỏ ses croquis et ses dessins ; ses poèmes — très rares — sont signés du nom de plume Thạch Ẩn, que lui avait donné un bonze. ↩︎

  8. Cao Văn Bổn devint ensuite ministre de l'Économie du Front, sous le nom de guerre Tám Thời ; il est mort à la frontière khméro-vietnamienne. ↩︎

  9. René Robin, gouverneur général de l'Indochine de 1934 à 1936. En 1930, alors qu'il était résident supérieur du Tonkin, il ordonna le bombardement du village de Cổ Am (dans la province de Hải Dương), pays natal de Khái Hưng, où les cadres du Parti nationaliste vietnamien se réunissaient volontiers. Khái Hưng a écrit une nouvelle et un roman sur cet épisode. ↩︎

  10. C'est-à-dire les régions du sud de la France non occupées par les Allemands, restées autonomes. ↩︎

  11. La Guinée se trouve en Afrique de l'Ouest, sur l'Atlantique, à la frontière du Sénégal. ↩︎

  12. La conférence de Fontainebleau, de juillet à septembre 1946, avec Phạm Văn Đồng à la tête de la délégation. ↩︎

  13. L'acheteur de Enfants dans la bananeraie est, selon Ngô Thế Tân, Henri de Laborde de Monpezat (1868-1929), journaliste, homme politique, capitaliste, planteur… une figure de premier plan sous l'administration coloniale, collaborateur régulier de L'Avenir du Tonkin et directeur de La Volonté indochinoise. Arrivé en Indochine en 1893, il fut vingt-six ans durant délégué de l'Annam au Conseil supérieur des colonies ; parlementaire d'opposition, il critiquait les gouverneurs généraux et défendait les intérêts des colonisés. Mais, vérification faite de notre côté (TK), il ne peut s'agir de lui : L'Avenir du Tonkin du 29 juillet 1929 annonce sa mort, survenue à la suite d'une opération. Or l'exposition des élèves de l'École des beaux-arts a ouvert le 15 novembre 1929. L'acheteur ne peut donc être que l'un de ses deux fils, peut-être André. De fait, Henri de Laborde de Monpezat eut de sa première épouse deux fils, Jacques et André. André eut un fils prénommé Henri de Laborde de Monpezat, qui épousa plus tard la reine de Danemark et devint le prince Henrik de Danemark. En 1985, le prince de Monpezat vint à An Trang pour acheter un tableau, mais la peintre n'en avait aucun de disponible ; il repartit fort déçu, les mains vides. Trois ans plus tard, Lê Thị Lựu mourait. ↩︎

  14. Le portrait de Mlle Vân (fille de M. Nguyễn Văn Vĩnh), au pastel, daté du 26 novembre 1933. ↩︎

  15. Mlle An est la mère du sculpteur Anh Trần. ↩︎

  16. Vers 1987, le peintre Đinh Cường envoya à Lựu la photographie en couleurs d'un paysage, Le Chemin du village de Kim Liên. Son propriétaire voulait le vendre 2 500 dollars. Nous ne l'avons pas acheté, souhaitant qu'il reste au Viêt Nam. On dit qu'ensuite quelqu'un l'a acheté et emporté à Singapour. Étrange coïncidence : au moment même de sa mort, l'ancien directeur de la manufacture de tapis de Hàng Kênh lui renvoyait un tableau qu'elle avait peint du temps où elle était élève. ↩︎

Cuộc đời Lê Thị Lựu1

Thiết tưởng không ai biết Lê Thị Lựu rõ hơn tôi, người đã sống sát cánh cùng Lựu trên nửa thế kỷ, nên tôi xin ghi lại đây những quãng đời của Lựu.

Ngô Thế Tân

Lê Thị Lựu sinh ngày 19-1-1911 (19 tháng Chạp năm Canh Tuất). Lựu kém sức khỏe từ thuở nhỏ, lọt lòng đã sài lên sải xuống đến nỗi gia đình nản, định đem cho2. May sau gặp một ông lang ở Quảng Yên dùng ngoại khoa chữa khỏi. Đến tuổi trưởng thành, quãng 1936-1938 bị bệnh nặng3, báo đã đăng bài khóc người nữ họa sĩ xấu số. Rồi từ năm 1979, tim đập không đều (arythmie), thỉnh thoảng lên cơn đau đớn vô cùng. Đến khi mắt kém, phải đeo kính, vẽ chân dung khó khăn và không lái xe được nữa. Từ năm 75 tuổi (1986), Lê Thị Lựu không muốn chấp nhận những suy nhược hao mòn, thay đổi quá nhanh trên cơ thể, may trí óc vẫn tinh tường. Tay tuy run nhưng vẫn vẽ, vẽ đến những ngày cuối đời. Hai ngày trước khi vào bệnh viện còn phác thảo tranh. Vào đây cốt chỉ để bác sĩ xem kỹ lại bệnh tim, không ngờ đêm mùng 4/6/1988 bị xuất huyết não. Ngày mùng 6/6/1988 vĩnh viễn từ giã cõi đời. Toại ý nguyện. Lựu thường mong ước được ra đi như thế, thể xác khỏi đau đớn và không gây trở ngại, vất vả cho những người phải chăm nom mình trước khi nhắm mắt. Nhưng Lựu ra đi đột ngột, để cho người ở lại một mối đau thương vô hạn.

Làng Thổ Khối vừa là nơi sinh, vừa là quê nội, ngoại. Hai cụ thân sinh đồng danh là Quế, cụ ông Lê Văn Quế, cụ bà Nguyễn Thị Quế (chi Nguyễn Đăng)4. Cụ ông theo Tây học vào thời đầu, cùng lớp với những ông Nguyễn Văn Vĩnh, chủ báo Trung Bắc Tân Văn, Phạm Huy Lục, nghị trưởng5, Ngô Văn Phú, chủ báo Đông Pháp.

Hồi nhỏ, Lê Thị Lựu theo cha, làm công chức tòa sứ, đã ở Bắc Ninh, Nam Định, Thái Bình, Hải Phòng và Hà Nội.

Năm 1925 đậu bằng Sơ đẳng tiểu học (Ngô Thế Tân ghi Sơ học yếu lược, là sai. Chú thích TK.) tại Hà Nội, song không vào trường Nữ Sư Phạm (Hàng Bài) như hai em mà lại chọn học dự bị Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương ở Hà Nội năm 1926.

Theo bút tích của Lựu, có hai sự việc quyết định sự chọn lựa này:

Một hôm, trong lúc xếp lại các sách cho thày giáo, Lựu thấy trên mặt bàn giấy có hình một cô gái Lào vừa to, vừa đẹp. Nếu đem đọ cùng hình trong một cuốn sách thì gống như hệt, nhưng ở sách tất nhiên nhỏ hơn. Thắc mắc hôm sau được thày giải thích: đây là thày phóng to hình trong sách ra. Vừa phục tài thày, vừa băn khoăn tự hỏi mình làm sao học được môn này. Thày lại cho biết ở Hà Nội có trường Bách Nghệ dạy vẽ và có ông Thục nặn giỏi lắm.

Việc thứ hai, khi Lựu đến thăm một người bạn, cha là chủ rạp hát, thấy trên sân khấu có một người, chân đứng trên một tấm vải căng thẳng đầu cúi xuống gạch những nét nguệch ngoạc. Người ấy cho biết: Đây là lối vẽ chấm phá làm phông cho rạp hát. Đứng gần không thấy gì nhưng nhìn xa mới thấy đẹp. Lựu phục người nghệ sĩ đó vô cùng.

Thế là Lựu quyết định tự học vẽ và ghi tên vào lớp dự bị để thi vào Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương.

Lê Thị Lựu ghi tên học lớp dự bị năm 1926, năm sau đỗ, thành sinh viên thực thụ khóa III. Trong 5 năm học, bất cứ môn nào, Lê Thị Lựu cũng trội hơn các bạn đồng khóa. Lựu đỗ thủ khoa khóa III. Đây là bản chính thức ghi thứ tự sinh viên tốt nghiệp khoá III (1927-1932)6:

  1. Lê Thị Lựu

  2. Trần Quang Trân

  3. Phạm Hữu Khánh

  4. Nguyễn Hòa Thế

  5. Vũ Đăng Bốn

  6. Vũ Tiến Chức.

Vào dịp đó, báo Phụ Nữ Tân Văn, dưới hình Lê Thị Lựu đã viết:

Nữ sinh tốt nghiệp thủ khoa Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương Hà Nội, muốn tỏ cảm tình với báo Phụ Nữ Tân Văn là một tờ báo cô rất mến yêu mà cô không phải là thi sĩ nên cô vẽ cho một bức họa về thời cuộc. Bức họa đã đăng ở bên đây, ký tên Văn Đỏ, tức là biệt hiệu của cô. Bổn báo xin có lời cảm ơn nữ họa sĩ7.

Theo quy chế thời đó, những người tốt nghiệp hàng đầu, đều được bổ làm giáo sư: Lê Phổ ở trường Albert Sarraut, Mai Trung Thứ ở Huế, Hồ Văn Lái ở Sài Gòn v.v... Từ năm 1933 đến 1935, Lê Thị Lựu làm giáo sư ở các trường Trung Học Bảo Hộ (Trường Bưởi), Trường Nữ Sư Phạm (Hàng Bài), Trường tư thục Hồng Bàng Hà Nội. Năm 1935-1936 dạy trường Nữ Sinh Áo Tím Sài Gòn, Mỹ Nghệ và Trang Trí Gia Định. Những năm 1937-39 trở về dạy ở Trường Trung Học Bảo Hộ và Đăng Ten Hà Nội. Năm 1940 xuất ngoại sang Pháp.

Sang Pháp

Đầu tháng 4-1940 tầu cặp bến Marseille. Tháng 6 chúng tôi lên tới Paris, chẳng may đúng ngày máy bay Đức thả bom, nhưng cũng cố lần tìm đến phố Alphonse Bertillon, nơi cư ngụ và cũng là xưởng vẽ của ba anh bạn họa sĩ: Vũ Cao Đàm, Lê Phổ và Mai Trung Thứ. Đến nơi, cửa đóng, then cài, chúng tôi hoàn toàn thất vọng, vì cả ba đều nhập ngũ rồi. Chân ướt, chân ráo, chưa được bước chân vào một viện bảo tàng nào cả thì một tuần sau, phải đổi đi Nantes, một cảng phía tây bắc nước Pháp.

Sáng sớm ngày 16-6-1940 khởi hành từ Paris đi Nantes.

Paris đang sống trong chiến tranh: cả vùng phụ cận bom đạn đe dọa trên đầu. Một vòm khói đen cố gắng che giấu thành phố và bể người di tản. Dân chúng trút ra đường: người ốm, người già, trẻ con cố lê chân kéo hành lý, gương mặt lo âu, thiểu não. Chúng tôi lách qua đám người dày đặc, từ sáng đến trưa mà vẫn chưa đến được cửa nhà ga Montparnasse. Rồi khi đến được nhà ga, làm sao trèo vào sân để đáp tầu, làm sao đem được hành lý lên toa? Phải liều lĩnh và thủ đoạn: công kênh nhau vượt qua rào sắt, trườn qua cửa sổ. Trong toa mọi người đã lèn chặt như nêm. Đành đứng suốt đêm, bụng đói, cổ khô. Và Lựu lại có thai.

Chúng tôi ở Nantes gần hai tháng.

Trở lại Paris: Paris đã phần nào tìm thấy đời sống bình thường nhưng cũng đã có nhiều đổi thay: chủ nhà chúng tôi trọ lúc trước ở Nogent Sur Marne đã bị lính Đức bắt, đành phải tìm chỗ khác. May nơi làm việc của tôi, thuộc Ban Kỹ Thuật Canh Nông Nhiệt Đới (Section Technique d'Agriculture Tropicale) cũng ở Nogent sur Marne, còn một phòng có sưởi cho chúng tôi.

Giữa mùa đông, 5 giờ sáng ngày 1/1/1941 Lựu sinh con trai đầu lòng ở bệnh viện Saint Antoine thuộc Paris, quận 12. Từ nhà đến bệnh viện đã xa mà lại phải xuyên rừng Vincennes, với lệnh giới nghiêm ban đêm. Xe bị lạc trong rừng, gây thêm nhiều lo âu và hoang mang. Nửa nước Pháp đã bị quân Đức chiếm đóng. Thực phẩm khan hiếm, được phân phối bằng phiếu. Đời sống rất khó khăn. Hoạt động nghệ thuật đình chỉ.

Tháng 6/1941 chúng tôi xuống Marseille để đáp tầu về nước. Không may, hết tầu. Chiến tranh lan tràn trên các mặt bể, các hải cảng lớn bị phong tỏa. Đường Pháp-Viễn Đông bị tê liệt, kênh Suez tắc, vòng qua đường Cap rất nguy hiểm. Tàu chiến, tầu ngầm, của trục Đức-Ý-Nhật đang thắng thế.

Đành phải ở lại Marseille, rồi sau về Nice sống một năm tròn. Hai bạn Lê Phổ và Mai Trung Thứ cũng đã giải ngũ cũng về đây. Đến trọ ở Pension des Etats Unis do Cao Văn Bổn8 quản lý, sau thành bạn.

Thời gian ở Nice, nhân thời tiết nắng ấm, chúng tôi đi thăm vài nơi. Trong chương trình này có mấy ngày ở Château de Jutreau, do ông bà René Robin9 mời. Khi làm giáo sư ở Sài Gòn, Lê Thị Lựu có vẽ chân dung cho bà Robin, và tôi cũng muốn biết lý do nào đã thúc đẩy ông hạ lệnh thả bom vào làng Cổ Am. Khi tôi hỏi, ông không trả lời thẳng mà trần tình: Sau một đêm "trắng" và nghĩ chín, tôi đã nhất định phải lấy ác trị ác (Après une nuit blanche et de mûres réflexions, j'avais décidé d'employer le mal contre le mal). Thì ra vậy!

Đi Phi Châu

Ở vùng tự do10 đến tháng 7-1942 thì Lựu theo tôi đi Phi Châu. Tôi được bổ nhiệm làm giám đốc Vườn Thử Nghiệm Thực Vật Kindia (Jardin d'Essai de Kindia), xứ Guinée11. Sở dĩ tôi nhận đi Phi Châu vì xem ra chưa biết bao giờ mới có tầu về nước. Tình thế, lương thực càng ngày càng khó khăn, không sao giải quyết được mọi thiếu thốn hàng ngày. Phi Châu dầu sao cũng là xứ nông nghiệp, sản xuất thực phẩm, lại ở miền nhiệt đới, quanh năm không cần sưởi.

Chiếc tầu Ville d'Oran chở chúng tôi thuộc loại nhỏ, chuyên chở hàng hóa nhưng cũng dành ít phòng cho hành khách, độ 50 người, đồng hạng. Chạy ven bờ Phi Châu, ghé các bến Alger, Casablanca, Dakar. Ở các hải cảng này đều có đồng bào ta sinh cơ lập nghiệp, phần đông là cựu thủy thủ. Chúng tôi lên bờ ở Conakry, vừa là hải cảng, vừa là thủ đô xứ Guinée.

Tháng 8/1942, chúng tôi đi Kindia, một thị trấn gần trung tâm xứ Guinée. Tương đối khí hậu tốt, có viện Pasteur, trại lính to, nhiều cửa hàng của kiều dân xứ Liban, Syrie, buôn bán phồn thịnh. Chung quanh thị trấn có nhiều đồn điền, diện tích hàng mấy trăm mẫu, chuyên giồng chuối đế xuất cảng sang Pháp.

Kindia cũng có trường thủ công nghệ. Ông giám đốc trường mời Lê Thị Lựu làm giáo viên nhiều lần nhưng Lựu đều từ chối. Trong những năm ở đây, Lựu không vẽ gì nhiều, phần bận con nhỏ, phần thiếu họa cụ, thuốc vẽ. Chỉ sáng tác chừng mươi bức, tranh mấy cô gái đồng trinh bản xứ, do tòa sứ đặt để trang trí phòng khách. Thiếu nữ với y phục ngày lễ kết thúc cuộc cắt dâm hạch (excision). Lễ phục thật độc đáo, giàu màu sắc. Màu sắc của những chiếc khăn vuông được kết búi với tóc đen nhánh quấn vòng tròn cong như như con thiên nga uốn cổ trên đỉnh đầu. Tranh rất linh động, chỉ tiếc không giữ lại bức nào làm kỷ niệm.

Trở lại Pháp

Năm 1945, chiến tranh kết thúc, Lê Thị Lựu trở lại Paris.

Năm 1946 trong khi nghỉ ở Chedde (Haute Savoie) chúng tôi được tin từ trong nước ra: phong trào chống thực dân giành độc lập đang sôi động. Phái đoàn Việt Nam qua Paris điều đình12, Lê Thị Lựu lên Paris tham dự, trực tiếp lấy tin và gặp người quen trong phái đoàn.

Từ đấy hai vợ chồng có thái độ rõ ràng và dứt khoát: cùng tham gia phong trào chống thực dân. Chồng thôi làm công chức cho Pháp. Chống Pháp ngay trên đất Pháp tất nhiên gặp nhiều khó khăn bội phần. Cái khó khăn đầu tiên là mưu sinh cho gia đình.

Sau khi cùng chồng gây một cơ sở sản xuất nhỏ để sinh sống, Lê Thị Lựu tích cực tham gia phong trào chống thực dân, liên lạc cùng đại diện chính quyền Trần Ngọc Danh hay đại diện Hội người Việt Nam tại Pháp (Liên Hiệp Việt Kiều) như Phạm Huy Thông, Nguyễn Khắc Viện. Lê Thị Lựu giữ chức thủ quỹ cho hội Liên Hiệp Trí Thức, tham dự các buổi họp của Phong Trào Hòa Bình Thế Giới tổ chức ở Pháp cũng như ở nước ngoài. Đôi khi có cả họa sĩ Picasso cùng tham dự. "Chim bồ câu và bó hoa hòa bình" của Picasso hình như được vẽ vào thời điểm này.

Chúng tôi "được" Pháp ghi tên vào sổ đen, nên bị cảnh sát, mật vụ DST, v.v... (Phỏng tính có đến 7 nơi) luôn luôn truy vấn. Hai bạn Vũ Cao Đàm và Mai Trung Thứ được nếm mùi đề lao La Santé.

Mãi đến quãng 1959-60, khi thấy chính phủ miền Bắc chuẩn bị đánh miền Nam bằng võ lực, chúng tôi mới đoạn giao cùng các nhóm của Hội Người Việt Nam Tại Pháp.

Khi mới ở Phi Châu về (1945), Lê Thị Lựu ở tạm cùng xưởng vẽ với Mai Thứ, ở Vanves, số 16 avenue du Parc. Vài tháng sau, đi nghỉ ở Chedde (Haute Savoie), trọ ở khách sạn Pernot.

Năm 1947 chúng tôi dọn về số 41 rue Blomet, Paris quận 15, cùng chỗ ở với Lê Phổ.

Năm 1953 dọn về số 10 ngõ Joséphine, thị xã Gentilly, ngoại ô phía Nam Paris, sau Cư xá Đại học.

Từ năm 1971 đến khi mất, ở vùng Địa Trung Hải, thị xã Spéracèdes, biệt thự An Trang.

Trở lại với sáng tác hội họa

Sau hiệp định Genève, nước nhà đã độc lập, Lê Thị Lựu bỏ hẳn dịch vụ buôn bán, quyết tâm làm công tác nghệ thuật, nối lại nghề hội họa.

Để tâm trí hòa nhập vào môi trường hội họa, ngày ngày Lựu đi thăm các viện bảo tàng, các phòng triển lãm cộng đồng, cá nhân, các hiệu bán tranh ở Paris. Thăm viện bảo tàng Firenze (Ý) nhiều tuần lễ, tới lui phòng vẽ La Chaumière ký họa những người mẫu khỏa thân, nam, nữ, người Âu và cả phụ nữ Việt bằng chì than trên giấy. Lựu cũng vào học ở Ecole du Louvre, nhưng sau mấy tháng thấy chương trình nặng nề về lịch sử mỹ thuật và quản lý bảo tàng, không giúp gì cho hội họa của mình, nên bỏ dở.

Tuy quyết tâm học hỏi nhưng Lựu vẫn còn phân vân, do dự trước các trường phái và các khuynh hướng mới: từ Tả Thực, Ấn Tượng, Dã Thú đến Hồn Nhiên, Siêu Thực, Trừu Tượng vv... Các họa phái ngày một nảy nở thêm nhưng đối với Lựu ít quyến rũ vì nó đã xa vời truyền thống cổ điển mà Lựu đã học tập ở trường, lại không phù hợp với quan niệm hội họa của mình.

Lê Thị Lựu thán phục thiên tài Picasso, luôn luôn thay đổi bút thuật. Nhưng trong thâm tâm, Lựu không sao tạo được những ý thức hệ đi song song với con đường của họa sĩ số một ấy.

Ngoài tranh của phái Cổ Điển và Ấn Tượng ra, Lê Thị Lựu không thích tranh của các phái khác nhất là một số tranh Trừu Tượng.

Tưởng khả năng nghệ thuật của mình bị sút kém, nhưng sau khi nghĩ kỹ, thấy mình phải thành thật với chính mình, không thể mà cũng không nên a-dua hoặc đi ngược dòng thời đại. Phải sáng tạo theo quan niệm hội họa do chính mình đặt ra. Từ xác định rõ ràng đó, Lê Thị Lựu đã từ bỏ phần tự ti, lấy lại tự tín.

Khởi đầu, Lê Thị Lựu vẽ một số tranh lụa nhỏ đem đến Galerie Le Chapelin ở cạnh Điện Elysée, phố Faubourg Saint Honoré, số 71. Bà chủ niềm nở nhận ngay.

Phấn khởi hơn nữa khi thấy ba bức tranh lụa cùng được trưng ở trung tâm phòng triển lãm hàng năm của Hội Liên Hiệp Phụ Nữ Hội Họa, Điêu Khắc và Khắc Ấn Bản (Union des Femmes Peintres, Sculpteurs et Graveurs). Ngay buổi khai mạc đã có hai người Mỹ mua hai bức, còn bức thứ ba, bà chủ Galerie nhận phần.

Rồi hai bất ngờ nữa xảy ra: ba tác phẩm đó đã mang lại cho Lê Thị Lựu giải nhất (Premier Prix) và được phong là Thành viên thực thụ (Sociétaire) của Hội, tức là tranh không bao giờ phải qua ban giám sát.

Từ đây, Lê Thị Lựu sáng tác đều đều.

Nhà văn Thụy Khuê hỏi tôi Lê Thị Lựu sáng tác được bao nhiêu bức? Thật khó trả lời. Từ khi còn là sinh viên ở trường đến năm 1940 xuất ngoại, chắc chưa đến trăm bức. Hồi ở Phi Châu chừng mươi bức. Còn từ khi quay lại vẽ đều có thể nói là không quá 400 bức. Không thể biết đúng số tranh Lựu vẽ, vì tranh vẽ ra không ghi lại, mà cũng rất ít bức được chụp ảnh, lẽ dễ hiểu là Lê Thị Lựu quá khiêm tốn, không bao giờ tính đến chuyện sau này cho in vựng tập.

Quãng 1926-1940, Lựu có vẽ một số tranh sơn dầu, nằm trong diện thực tập ở trường. Có hai bức đã triển lãm chung trong niên học thứ hai, với chủ đề: Chân dung ông Hai, và Em nhỏ trong vườn chuối. Tranh Ông Hai thì Phủ Toàn quyền mua, còn tranh Em nhỏ trong vườn chuối thì ông chủ báo L'Avenir du Tonkin13mua. Chân dung bằng màu phấn: Cô Vân14 và Cô An15. Sau có vẽ chân dung bà Robin toàn thân bằng sơn dầu. Những sáng tác thời kỳ đó, sau này tình cờ thỉnh thoảng chúng tôi có dịp gặp lại16.

Lê Thị Lựu đã bao lần triển lãm riêng? Xin thưa là chưa lần nào, ngay cả ở nước Pháp. Tuy cũng đã có nhiều hiệu tranh ở Ý, Thụy Sĩ, Syrie, ... mời. Nhưng Lựu không thấy có nhu cầu, vẽ bao nhiêu có người mua bấy nhiêu. Về sau, có khi Lựu nợ tranh hàng mấy năm, khách đặt mua trước, nhưng kém sức khỏe, nên không vẽ kịp. Muốn làm triển lãm riêng, trung bình phải có chừng 40 bức tranh. Sáng tác ít, nên khi nhà Findlay ở Mỹ đề nghị ký hợp đồng độc quyền, Lựu cũng khước từ vì không có đủ điều kiện về số lượng.

Đề tài

Nhà văn Thụy Khuê đã viết gọn trong một câu: đề tài nằm trong chữ thiếu: Thiếu Phụ, Thiếu Nữ, Thiếu Nhi.

Thiếu phụ có nhiệm vụ gìn giữ, tạo tác giống nòi, để thế hệ sau nối tiếp truyền thống và các tiến bộ về nhân bản, nhân sinh của thế hệ đi trước. Thiếu phụ quản lý gia đình về vật chất cũng như về tinh thần.

Thiếu nữ, một triển vọng ngày mai, dự bị thiết kế cuộc đời bằng yêu thương và hạnh phúc.

Thiếu nhi thơ ngây, mầm non đầy nhựa sống, có nhiệm vụ tối trọng: nối dõi tông đường, có nhiệp vụ ràng buộc tình chồng vợ, nghĩa mẹ cha, mang lại ánh sáng và sưởi ấm gia đình những lúc tàn canh và lạnh giá.

Trước những giá trị đó làm sao Lê Thị Lựu có thể vẽ gương mặt họ thô bạo đầy sát khí được! Đối với Lê Thị Lựu, gương mặt người thiếu phụ phải hiền hòa, trìu mến yêu đương. Thiếu nữ diễm kiều, thơ mộng. Ngay những bức khỏa thân Lựu vẽ cũng kín đáo, tuy mến các tác phẩm cổ điển nhưng Lựu không thể vẽ khỏa thân lộ liễu như những thiếu nữ trong tranh Ingres, vv... Hầu như Lê Thị Lựu không vẽ tranh qua người mẫu. Những bộ mặt do họa sĩ tưởng tượng ra. Cái đẹp được truyền vào những bức chân dung.

Năm 1975 khi Lựu về Hà Nội thăm gia đình, Hội Mỹ Thuật tỏ ý muốn có một bức tranh. Lựu rất lúng túng. Làm sao chọn được chủ đề ăn khớp với hiện thực xã hội chủ nghĩa? Sau khi hội ý cùng gia đình, Lê Thị Lựu đã chọn vẽ bức Phụ nữ gặt lúa. Bức tranh này hiện nay không biết ở đâu?

Kỹ thuật, trường phái

Từ khi vào trường đến năm 1940, Lê Thị Lựu thường chỉ áp dụng sơn dầu trong mọi sáng tác. Họa hoằn mới vẽ trên nền lụa. Màu phấn chỉ dùng trong mấy bức chân dung. Thuốc nước lại hiếm nữa, chỉ khi nào ký họa nhanh mới dùng đến. Lựu có học cả nghệ thuật sơn ta nhưng bị sơn ăn (lở sơn, dị ứng). Khi đi nghỉ hè ở Pháp thường chỉ mang theo các ống sơn dầu, nên phong cảnh đều dùng sơn này cả. Trong sơn dầu, bút pháp của Lê Thị Lựu đã được ông Tardieu khen là giống Cézanne, tuy trong thực tế, lúc đó Lê Thị Lựu chưa được coi tranh Cézanne bao giờ. Nét bút rất bạo, già, màu sắc linh động, hoà hài, bố cục vững vàng, cân đối. Mỗi cảnh một bầu không khí riêng biệt. Tỷ dụ một xóm nông gia với lớp nhà cũ kỹ, đàn bò gậm cỏ, đàn gà bới sâu dưới những vòm cây xanh tươi tĩnh lặng hay mấy hàng thông chờ gió để cùng rung điệu với nước mặt hồ, với khu rừng xa xa.

Khi trở lại với hội hoạ sau nhiều năm đứt đoạn, Lê Thị Lựu hầu như chuyên về tranh Luạ. Cùng nền lụa, nhưng bút thuật Lê Thị Lựu, Mai Thứ hay Nguyễn Phan Chánh khác hẳn nhau. Mai Thứ cũng dùng nhiều màu sắc tươi vui, nhưng diễn đạt bằng mảng có viền, khác tranh Tầu ở chỗ có khối, tức có sáng tối. Chỗ tối, Mai Thứ lấy bút cùn thấm mực hay màu, chà lên (frottis). Tranh Mai Thứ ở Pháp liệt vào loại ngây ngô (Naïf), đã lấp được khoảng trống trong nền họa phẩm ở Pháp, nên đã có một địa vị nào đó.

Tranh Nguyễn Phan Chánh được đề cao vào dịp Đấu Xảo Thuộc Địa 1931 ở Paris. Ông Đốc Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương, Tardieu, năm ấy gửi mấy bức tranh lụa của sinh viên, trong đó có tranh của Chánh, sang Pháp để cổ động cho trường. Ông đã liên lạc với tạp chí L'Illustration trước, để họ viết bài và tuyên truyền bản bình luận khen ngợi tranh của mọi người và đặc biệt của Chánh. Thâm tâm của tạp chí là khen ngợi một thành công của chính sách thuộc địa Pháp. Kỹ thuật vẽ lụa của Nguyễn Phan Chánh theo sát kỹ thuật Tầu cổ hơn cả. Thường đơn sắc (camaïeu).

Lê Thị Lựu khi vẽ ở xưởng dùng toàn nền lụa. Tranh lụa của Lựu có xu hướng Tây phương, giầu màu sắc, đắp dầy. Lựu không vẽ theo kỹ thuật Tầu, nghiã là căng lụa lên khung rồi vẽ bằng màu nước. Vẽ xong mới mang bồi lên bìa cứng. Bồi tranh là cả một kỹ thuật riêng. Bồi không khéo hình có thể lệch lạc và thuốc có thể phai mờ. Cũng vì vậy họa sĩ Vũ Cao Đàm đã nghĩ tới cách bồi lụa trước khi vẽ. Lê Thị Lựu cũng dùng cách bồi lụa trước này. Lụa bồi theo cách này có thể vẽ như trên nền vải bố "lin", nghĩa là có thể đắp đầy màu. Chỉ khác là sơn dầu làm cháy lụa nên chỉ dùng màu nước được thôi. Cũng vì vậy tranh lụa của Lê Thị Lựu không giống tranh lụa của mọi người. Nó giầu màu sắc hơn, đa dạng như sơn dầu, nhưng vì màu nước không bóng láng nên có người nhầm là màu phấn (pastel).

Thời kỳ khởi đầu, bút pháp và đề tài giống tranh cổ xưa. Sau hơi có ảnh hưởng Modigliani. Một thời kỳ dài chịu ảnh hưởng phái Ấn Tượng như Renoir, Bonnard v.v... Nói là ảnh hưởng nhưng trên thực tế từ bố cục, đề tài, màu sắc đều riêng biệt của Lê Thị Lựu. Mà thử hỏi có họa sĩ nào lại không có thời kỳ bị ảnh huởng. Picasso chịu ảnh hưởng của nghệ thuật Phi Châu (art nègre), Matisse của Maroc, Bonnard Nhật Bản v.v... Lựu ít vẽ tĩnh vật. Toàn thể tranh Lựu dành vẽ các phần tử trong gia đình. Có lẽ vì gia đình là một đơn vị tối trọng của xã hội cần phải đề cao, trong hoàn cảnh đất nước thời ấy, con tố cha, vợ tố chồng.

Lựu vẽ trong hành trình sau đây: Bắt đầu chọn khổ lụa rồi sắp bút, sắp thuốc, chọn băng nhạc vì vẽ phải có kèm thanh âm du trí tuệ. Giở mấy trang sách hội họa để hòa mình với các họa phẩm. Đề tài định trước được phác họa bằng than fusain. Sửa đi sửa lại đến khi cho là được mới vào màu. Phác đều các màu để xem cân đối của các mảng. Khi vào chi tiết thì vẽ mặt trước nhất. Tạo xong cái mặt là bức tranh gần như hoàn tất. Khi vẽ mải mê quên đói, quên khát, quên cả ca nhạc bên tai.

Thời gian sáng tạo một bức tranh không nhất định. Thường ra là vài ngày nhưng cũng có bức vẽ lưng chừng để đấy, mấy năm sau mới lại vẽ nốt. Phá kỷ lục nhanh có lẽ là bức Em bé mồ côi hoàn thành trong một buổi chiều. Sáng tác tranh có thể ví như sáng tác văn thơ. Nguồn cảm hứng khi đầy, khi vơi. Khi đầy, lời thơ, ý thơ không tìm mà ra, lưu loát, ý nhị, không gò bó, sống sượng. Khi phải gọt đi, dũa lại, mất phong độ hồn nhiên.

Lê Thị Lựu quyến luyến đất nước, làng xóm, cảnh vật quê hương nên bao giờ cũng đặt người trong tranh vào những cảnh đồng quê với màu sắc Lựu tự tạo ra, tùy theo bố cục và đòi hỏi của tranh.

Có người hỏi: sao trong khi nước nhà nồi da sáo thịt, mà lại thản nhiên ngồi vẽ những cảnh mơ mộng, quá xa với thực tế như vậy. Vô tình đến thế sao? Thực ra đây cũng chỉ là phản ứng đau lòng trước những cảnh điên rồ của đất nước. Có một chiều không nén được nỗi buồn, lấy lụa vẽ xong một em nhỏ, đó là bức Em bé mồ côi. Sau này Thụy Khuê đặt tên Dông tố. Cả hai đều hợp.

Ngô Thế Tân

Peimeynade, hè 1995


© 2018 Thụy Khuê


  1. Tựa do chúng tôi đặt (TK). Chú thích của NTT và TK. ↩︎

  2. Tục lệ xưa cho rằng đứa trẻ ốm đau trường kỳ vì nó đầu thai chưa đúng cửa hay chưa đúng giờ, nên phải cho người khác nuôi giúp một thời gian. Thường thì chẳng thân nhân nào muốn lãnh trách nhiệm nặng nhọc đó, gia đình phải mang cho bên Đạo (đạo Gia Tô) để các bà sơ nuôi hộ ít lâu. ↩︎

  3. Bà Lựu bị lao. ↩︎

  4. Giáo sư Nguyễn Đăng Thục, nhà văn Mai Thảo (Nguyễn Đăng Quý) và nhà phê bình Nguyễn Đăng Mạnh đều là em họ họa sĩ Lê Thị Lựu. ↩︎

  5. Cụ Phạm Huy Lục, nghị trưởng, đã cứu sống Trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương vào quãng năm 1930. Lúc đó, kinh tế thế giới và Đông Dương đều bị khủng hoảng trầm trọng, chính phủ Đông Dương quyết định đóng cửa trường. Cụ đã huy động đến tận nghị viện Pháp, nài ép họ can thiệp, trường mới lại được tiếp tục mở cửa. Để cám ơn, ông Tardieu đã biếu cụ hai bức tranh lụa. Hai bức tranh này do sinh viên Lưu Đình Khải vẽ, hiện còn treo ở nhà con cụ tại Paris. (Chú thích NTT). ↩︎

  6. Trong cuốn Trường Đại Học Mỹ Thuật Hà Nội xuất bản năm 1990, trang 49, lại xếp Lê Thị Lựu tốt nghiệp thứ 6! Rất tiếc, sách chính thức do nhà trường xuất bản mà lại có những sai lầm quan trọng như vậy. ↩︎

  7. Lê Thị Lựu ký tên Văn Đỏ vào các ký họa hay hình họa; các bài thơ -rất ít- ký bút hiệu Thạch Ẩn, tên do một nhà sư đặt cho. ↩︎

  8. Cao Văn Bổn sau trở thành Bộ trưởng Kinh tế của Mặt Trận với tên cách mạng Tám Thời, từ trần ở biên giới Việt Miên. ↩︎

  9. René Robin, Toàn quyền Pháp ở Đông Dương từ 1934 đến 1936. Năm 1930, khi làm Thống Sứ Bắc Kỳ, đã hạ lệnh ném bom làng Cổ Am (thuộc Hải Dương), quê Khái Hưng, nơi các yếu nhân Việt Nam Quốc Dân Đảng hay tụ họp. Khái Hưng có viết truyện ngắn và tiểu thuyết về sự kiện này. ↩︎

  10. Tức là những vùng thuộc miền Nam nước Pháp không bị Đức chiếm, còn tự trị. ↩︎

  11. Nước Guinée ở miền tây Phi Châu, trên bờ Đại Tây Dương, giáp giới nước Sénégal. ↩︎

  12. Hội nghị Fontainebleau, tháng 7-9/1946 do Phạm Văn Đồng làm trưởng phái đoàn. ↩︎

  13. Người mua tranh Em nhỏ trong vườn chuối, theo Ngô Thế Tân là Henri de Laborde de Monpezat (1868-1929), nhà báo, chính trị gia, nhà tư bản, chủ đồn điền... một khuôn mặt lừng danh dưới thời chính quyền thuộc điạ, cộng tác thường xuyên với báo L'Avenir du Tonkin, là chủ báo Volonté indochinoise. Ông đến Đông Dương năm 1893; là Đại biểu của Annam trong 26 năm trước Hội đồng Tối cao Thuộc điạ (Conseil Supérieur des Colonies); là nghị sĩ đối lập, ông phê phán các Toàn quyền, bênh vực quyền lợi của người dân bị trị. Nhưng chúng tôi (TK) kiểm chứng lại, người này không thể là Henri de Laborde de Monpezat, vì báo L'Avenir du Tonkin ngày 29/7/1929 loan tin ông vừa mất sau khi bị mổ. Và cuộc triển lãm tranh của các sinh viên trường Mỹ thuật khai trương ngày 15/11/1929. Vậy người mua tranh chỉ có thể là một trong hai người con trai ông, có thể là André. Thực vậy, Henri de Laborde de Monpezat có hai con trai với người vợ đầu là Jacques và André. André có con trai tên Henri de Laborde de Monpezat sau này lấy bà hoàng Đan Mạch, trở thành Prince Henrik de Danemark. Năm 1985, ông Hoàng Đan Mạch de Monpezat đến An Trang hỏi mua tranh nhưng hoạ sĩ không có sẵn, ông rất buồn phải trở về tay không. Ba năm sau, Lê Thị Lựu qua đời. ↩︎

  14. Chân dung Cô Vân (con ông Nguyễn Văn Vĩnh) vẽ bằng phấn mầu (pastel) ngày 26/11/1933. ↩︎

  15. Cô An là mẹ nhà điêu khắc Anh Trần. ↩︎

  16. Quãng năm 1987, họa sĩ Đinh Cường có gửi cho Lựu một tấm hình màu, chụp bức tranh sơn thủy Đường làng Kim Liên. Chủ bức tranh muốn bán với giá 2500US$. Chúng tôi không mua vì muốn để nó ở Việt Nam. Nghe nói sau có người mua mang đi Singapour. Thật kỳ dị: giữa lúc qua đời, ông cựu giám đốc xưởng dệt Hàng Kênh gửi trả lại cho Lựu một tranh vẽ từ khi còn là học sinh ở trường. ↩︎