Hommage à Lựu

Kính tặng chị Lựu

Traduction française réalisée par intelligence artificielle, en cours de relecture. Une erreur, une tournure à reprendre ? Écrivez à thuykhue.website@proton.me.

Lê Thị Lựu, impression crépuscule

Écrire avec vérité sur quelqu'un qu'on ne connaît pas est déjà difficile ; écrire sur une peintre aimée et familière depuis plus de vingt-cinq ans l'est sans doute davantage. Pendant toutes ces années passées auprès de Lê Thị Lựu, il me semble que tenir un pinceau était pour elle aussi naturel que manger ou respirer : jamais elle ne m'a exposé de théorie ni de règle de peinture. Devant une toile près d'être finie, satisfaite ou non, elle disait seulement : « Tu trouves que ça va ? Ici, il faut encore que je reprenne… ». Il semblait aller de soi que telle lumière devait aller avec telle couleur. C'était naturel ainsi, comme s'il n'y avait pas de loi : le peintre réussit dans la communion de son regard et de son art.

Outre le lien de famille1, Lê Thị Lựu fut pour moi l'une des deux seules femmes qu'il m'ait été donné, en France, d'approcher et d'aimer. La première est Mme Nguyễn Hiến Lê, qui a sacrifié son bonheur personnel à l'œuvre littéraire de son mari ; la seconde, Lê Thị Lựu, femme alliant en tout point le talent et la beauté, au sens exact et vrai de la formule.

Je l'ai rencontrée pour la première fois quand on m'a présentée à la famille de mon mari, en 1964 ; et, comme par destin, j'étais auprès d'elle à ses derniers jours. Son portrait, je l'ai fixé dans un texte écrit sur un ami, en 2000 :

« Les adieux à la peintre Lê Thị Lựu furent tout simples : j'étais venue la saluer à l'hôpital d'Antibes, sur la Côte d'Azur, avant de repartir le lendemain pour Paris, heureuse de la savoir remise de son cœur et de la voir sortir "demain". Sans se douter du voyage qui l'attendait dans quelques heures, sans penser un instant que ce "demain" ne reviendrait jamais, elle a dépensé pour moi ses dernières heures largement, presque somptueusement. Elle souriait, d'un sourire beau comme sur les photographies d'autrefois : le sourire d'une belle de dix-huit ans sur des lèvres de quatre-vingts. Elle racontait encore ses confidences pleines de malice, comme si elle avait voulu puiser son passé jusqu'au fond. Le pays qu'avait traversé Lê Thị Lựu était une terre où poussaient beaucoup d'artistes ; à cette heure-là, ils s'étaient bien éclaircis, les rangs s'étaient rompus.

Elle prononçait les noms de Thẩm Oánh, de Tường Tam, de Tường Lân dans les couleurs de Mai Thứ, de Lê Phổ, et cela formait un accord de cristal. Sa voix crépitait au milieu de ses élèves espiègles, Mai Thảo, Thúc Linh, comme une suite musicale. Le monde d'autrefois revenait dans une symphonie de sons et de couleurs, et composait des impressions singulières, moitié rêve moitié réalité, moitié peinture moitié poésie.

Je lui reprochais toujours de n'avoir pas écrit ses mémoires. Car sa façon de donner forme par le son — en plus du pinceau — avait un pouvoir magique, qui vous entrait au cœur. Par une chance heureuse, j'ai été la seule à y avoir part. Seule, car personne n'écoutait ses histoires comme moi. Personne n'écoutait tout en goûtant la beauté des sons et des couleurs qui sortaient de cette voix, de ce rire. Et personne non plus n'a entendu, comme moi, ses sanglots.

M. Tân, son mari, racontait lui aussi volontiers les épisodes extraordinaires de leur jeunesse, les années trente et quarante, qui étaient pour moi comme un autre monde, comme un songe. Mais, chose étrange, quand il est parti, les souvenirs sont partis avec lui, il n'en est rien resté. Parce qu'il n'était pas artiste : il ne savait pas faire surgir un tableau vivant de Đồ Sơn, avec ses touches denses ou légères, ses changements de couleur. Tandis que ses Đồ Sơn, ses Sầm Sơn à elle étaient devenus un Đồ Sơn, un Sầm Sơn de Lê Thị Lựu, comme le Đoan Hùng de Thế Lữ, le Long Giáng de Khái Hưng. Seulement, les terres de Thế Lữ et de Khái Hưng ont reçu beaucoup de visiteurs. Mon coin de ciel solitaire, celui de Lê Thị Lựu, presque personne n'y a fait halte »2.

Le 30 mai 1988, nous sommes allés les voir à la villa An Trang, et nous avons pris avec elle une photographie souvenir — sans nous douter que ce serait la dernière. Le lendemain, elle entrait à l'hôpital pour un examen cardiaque. Le 4 juin 1988, nous sommes retournés à l'hôpital d'Antibes lui dire au revoir avant de remonter à Paris. Elle était très gaie, elle enchaînait les histoires ; les résultats étaient excellents, elle sortait le lendemain. Ce soir-là, sans qu'on s'y attende, elle fit une hémorragie cérébrale, tomba dans le coma, et mourut le 6 juin 1988. À la nouvelle, j'ai aussitôt pris la voiture pour descendre sur la Côte ; à nous deux, son mari et moi, nous l'avons habillée, parce qu'il ne voulait pas que d'autres s'en chargent. Elle était glacée, elle ne savait plus rien. De son vivant, nous avions souvent parlé de la mort ensemble : après la mort, on ne sait pas où l'on va, ni si l'on peut revenir. Je lui avais demandé : Quand vous partirez, n'oubliez pas de venir me dire comment c'est, de l'autre côté. Elle avait acquiescé : Oui, je trouverai un moyen. Mais depuis ce temps-là, elle n'est jamais revenue. Il n'y a sans doute pas de moyen.


Le talent de Lê Thị Lựu se signala dès ses années d'école. Le 15 novembre 1929, à l'ouverture de la première exposition organisée par le professeur Tardieu pour que ses élèves vendent des tableaux et financent leurs études, la critique d'art Yvonne Schultz, après avoir parcouru les œuvres des aînés des première et deuxième promotions, s'arrêta devant Lê Thị Lựu :

« Enfin, le panneau tout à fait remarquable de Mlle Lê Thị Lựu, de troisième année, représentant des enfants autour d'un bananier. C'est, je crois, le seul tableau où l'on voie un petit au ventre bien rempli de riz. Et qu'il est charmant que ce soit une jeune fille qui l'ait peint ! On sent dans cette toile une émotion très douce de l'enfance. Le second tableau est un portrait, L'Oncle, d'une facture hardie qui fait songer à Reynolds »3.

Les remarques d'Yvonne Schultz sur les deux premières œuvres exposées de Lê Thị Lựu sont d'une grande exactitude : elle a saisi les deux traits principaux de cette peinture, la douceur et la vigueur.

Répondant à Mộng Trung, Lê Thị Lựu a raconté dans quelles circonstances elle avait peint L'Oncle (Ông Bác) : à la rentrée, les élèves devaient remettre les travaux de l'été pour préparer l'exposition de fin d'année, et elle n'en avait qu'un ; il fallait peindre le second en toute hâte. « Il me restait à peine plus d'une heure avant de partir à la gare ; à court de tout, j'ai demandé à mon oncle de me servir de modèle. Quand je suis montée en voiture, la peinture était encore fraîche, et pourtant, le jour de l'exposition, dix minutes après l'accrochage, mes deux tableaux avaient trouvé acquéreur, pour quatre cents piastres. Ce fut un premier encouragement inespéré, dont je me souviens encore. Ce jour-là, ma joie était indicible : à l'époque, je ne payais que trois piastres par mois pour être logée et nourrie en pension, et mes deux tableaux se vendaient quatre cents piastres »4.

Dans les années 1930, tous les journaux du pays parlaient de la première femme peintre du Viêt Nam, sortie major de la troisième promotion de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine, en 1932. Sitôt diplômée, elle fut célèbre dans les trois ky — Tonkin, Annam, Cochinchine. Le journal Phong Hoá, né lui aussi en 1932, écrivait dans son numéro 18, à propos de l'École des beaux-arts :

« M. Lê Phổ, Mlle Lê Thị Lựu, M. Mai Trung Thứ et bien d'autres peintres ont tous du talent, chacun dans sa manière… Une chose mérite d'être notée : Mlle Lê Thị Lựu n'a pas craint, en pantalon et en yếm, de jouer des coudes parmi les peintres hommes, et son mérite, son habileté surpassent ceux des autres ; c'est un honneur pour les femmes de notre pays »5.

L'article n'est pas signé, mais on peut deviner qu'il est de Thạch Lam : c'est lui qui tenait régulièrement la chronique de critique d'art dans Phong Hoá et Ngày Nay, et c'est lui aussi qui suivait de près l'activité de celle qui était alors la première femme peintre du Viêt Nam. Thạch Lam plaçait Lê Thị Lựu au rang de ses deux aînés, Lê Phổ et Mai Trung Thứ (c'est-à-dire Mai Thứ), diplômés de la première promotion en 1930.

À l'exposition de 1935, Lê Thị Lựu, qui était mariée et se préparait à partir dans le Sud, avait dû interrompre un temps sa peinture ; Thạch Lam, sous le pseudonyme de Việt Sinh, dans Ngày Nay n° 3 du 20 février 1935, après avoir passé en revue les tableaux des autres peintres, ne manqua pas de le rappeler : « Nous regrettons seulement que le nom de la peintre Lê Thị Lựu manque au salon, ce qui sème la déception dans l'attente de nos amies modernes »6. Puis Ngày Nay n° 4, du 1ᵉʳ mars 1935, publia Soleil de printemps sur l'herbe, photographie prise par Lanvin de Lê Thị Lựu avec deux amies. En 1936, alors qu'elle enseignait déjà le dessin dans le Sud, Thạch Lam écrivit encore Autour de Mlle Lê Thị Lựu, pour prendre sa défense après qu'un élève lui eut manqué de respect7.

Ces faits amènent une question : est-ce l'art ou la beauté de Lê Thị Lựu qui avait conquis le jeune écrivain Thạch Lam ? Les deux, certainement. Et pas seulement Thạch Lam : pendant les huit années qu'elle passa au pays après son diplôme, Lê Thị Lựu enseigna le dessin dans des établissements du Nord et du Sud — trường Bưởi, Hàng Bài, les tuniques violettes… Parmi ses élèves, beaucoup d'écrivains et de poètes ; et lorsqu'elle quitta Hanoi pour le Sud, au début de 1940, afin d'y prendre le bateau pour la France, Hoài Điệp (Đinh Hùng) et Huyền Kiêu lui offrirent ce poème d'adieu :

Demain vous partez au loin

La longue route s'ouvre à mille parfums, mille couleurs

Nous qui restons, nous penserons à vous

Le cœur triste, empli de tout un automne

Vous, dans ces lointains bleus

Vous attendrez sans doute nos ombres, au loin

Au jour du retour, puissiez-vous voir

Que nos deux vies ont donné des fleurs

Vous n'avez pas manqué de jours de printemps

Nous n'avons pas grand-chose à vous offrir

Quelques lueurs de parfum rose, en souvenir

Les âmes de Hoài Điệp et de Huyền Kiêu.

(Tây Hồ, le 8 mars 1940)

Vivant en France depuis 1940, elle fut peu connue. En plus de trente années de création continue, Lê Thị Lựu a peu peint, et ses tableaux se sont dispersés, égarés ; à vouloir les compter, le chiffre de deux ou trois cents paraît le plus vraisemblable. Des soies pour la plupart, quelques rares huiles. Le sujet tient dans le mot thiếu : thiếu nữ, la jeune fille ; thiếu phụ, la jeune femme ; thiếu nhi, l'enfant…

Arrivée en France au moment même où éclatait la guerre mondiale, elle dut fuir avec son mari, chercher de quoi vivre, élever son fils : des années loin de la peinture. Elle n'était partie que pour six mois ou un an, mais la guerre l'a retenue, la route du retour était coupée. Il fallut quinze ans d'errance — le destin de Kiều — pour que Lê Thị Lựu retrouve l'art ; et elle choisit alors la soie pour support principal de sa peinture, comme Nguyễn Gia Trí avait choisi la laque.

Ce choix a quelque chose d'une prédestination, tant il tient à la nature de l'artiste : Lê Thị Lựu avait en elle quelque chose de fragile comme la soie, de clair comme la soie, de mince comme la soie, de délicat comme la soie, de soigné comme la soie — dans le trait, dans le mélange des couleurs, jusque dans sa beauté propre. C'est pourquoi elle a réussi dans la soie : elle s'y est fait une place à part, une véritable école Lê Thị Lựu, qui ne ressemble à aucune soie de ses prédécesseurs ni de ses successeurs.

À l'époque, trois élèves furent reçus à l'École des beaux-arts de l'Indochine en 1927, dans la troisième promotion : Lê Thị Lựu, Trần Quang Trân (tous deux sortis premier et deuxième) et Nguyễn Gia Trí8. Mais Nguyễn Gia Trí abandonna en troisième année (1929) ; plus tard, ayant vu à une foire les laques exposées par Trần Quang Trân et s'y étant intéressé, il revint terminer ses études9 et sortit vers 1936, quelques années après Lê Thị Lựu et Trần Quang Trân.

Il est très frappant que Nguyễn Gia Trí et Lê Thị Lựu se soient tous deux, par la suite, ouvert une voie singulière : Nguyễn Gia Trí devenu le maître de la laque, et Lê Thị Lựu au premier rang de la peinture sur soie avec Mai Thứ.

Trần Quang Trân est l'homme qui, dès 1932, a ouvert la voie d'une nouvelle manière de peindre à la laque vietnamienne, qu'on a ensuite appelée sơn mài, la laque poncée. Le journal Ngày Nay n° 11, paru en 1935, publiait un article intitulé Le métier de la laque chez le peintre NGYM :

« Pendant ses études à l'École des beaux-arts, le peintre NGYM (c'est-à-dire Trần Quang Trân) s'intéressa à quelques laques du musée Finot. À force de chercher, il obtint heureusement, et assez vite, des résultats. Depuis lors (c'était en mars 1932), l'École des beaux-arts a commencé à faire de la laque à la manière nouvelle. On broie de l'or en poudre fine comme du sable, on le mêle soigneusement à la laque vietnamienne, on en couvre les objets laqués, puis on ponce, puis on polit : la surface fait remonter le sable d'or et scintille comme de la poussière d'étoiles.

Autre invention : la manière de faire des laques souples. La tasse et l'assiette (ci-contre) se laissent presser comme du caoutchouc. Ce sont des laques sans âme de bois, faites uniquement de laque mêlée à de la pâte de papier de fabrication locale. Elles se conservent — on peut dire des milliers d'années — sans s'abîmer ni se piquer. On peut les exposer au soleil et y verser de l'eau bouillante.

Le peintre NGYM fabrique en ce moment, avec cette laque, des bols, des soupières à riz et des couvertures de livres précieux (…) »10

Cet article non signé11 établit que Trần Quang Trân est celui qui a découvert la laque nouvelle ; mais c'est Nguyễn Gia Trí qui en a fait un art singulier et qui en est devenu le maître.

Lê Phổ, en France, eut une autre approche de la laque. Dans l'entretien que nous avons eu avec lui en mars 1993, un passage concerne son apprentissage de la laque en France auprès de M. Hợp et de M. Mạc :

« M. Tardieu, à l'époque, me [Lê Phổ] considérait comme son fils. Je suis parti avec lui en France en 1931 pour l'Exposition coloniale, en qualité d'assistant de Tardieu. J'ai ainsi rencontré beaucoup de monde, dont Jean Dunand, un fabricant de laque alors célèbre en France et dans le monde. Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1919), les Français avaient fait venir des laqueurs pour fabriquer des hélices d'avion. Parce que ces hélices étaient en bois mince et que notre laque est excellente, très mince, très dure, dure comme le fer. Les Français ont donc fait venir chez eux nos meilleurs laqueurs. Les plus habiles de nos artisans de ce temps-là, M. Hợp, M. Mạc…, travaillaient tous pour Dunand et l'ont aidé à décorer de laque les salons du plus beau paquebot du monde, le Normandie.

J'ai eu la chance de travailler, d'apprendre le métier avec les meilleurs laqueurs vietnamiens de l'époque, et cette chance m'a suivi toute ma vie. »12

Lê Thị Lựu, elle, ne pouvait pas faire de laque : elle y était allergique. Pendant ses années au pays, elle peignait à l'huile.

La peinture sur soie au Viêt Nam en 1936

Dans Ngày Nay n° 38 du 13 décembre 1936, sous le titre Le Salon de 1936, dans la sous-partie La peinture sur soie, Thạch Lam décrivait ainsi la situation :

« Le salon de 1936 peut s'appeler le salon de la soie, tant les soies y sont nombreuses (…)

Mais ici comme ailleurs, il faut déplorer que le nombre ne soit pas gage de qualité.

La plupart de ces fleurs sur soie se ressemblent vaguement ; le trait est flou, indécis, et les couleurs trahissent l'absence de choix. Le peintre Nguyễn Phan Chánh en est un exemple : ses dix tableaux ou presque se ressemblent tous, des formes jusqu'aux couleurs. Il semble que, depuis le succès de ses premières toiles, le peintre ne consente plus à chercher et s'en tienne aux procédés qui ont fait sa réputation.

S'arrêter dans un cadre, c'est perdre son art. L'art doit être un effort constant vers la perfection (…)

Mais l'espoir revient devant les soies de Nguyễn Tường Lân, au trait très vif et à la couleur très hardie dans Le chant du coq à l'aube et Le bain au bord du lac. Et l'on ne nous soupçonnera sans doute pas de partialité si nous parlons du talent singulier du peintre Nguyễn Gia Trí, qui dessine pour Ngày Nay : ses Deux jeunes filles et son Après-midi nous font aimer des lignes souples et nobles, des couleurs sobres et pourtant riches, une volonté de recherche très louable. »13

Ainsi, selon Thạch Lam, les deux figures dominantes de la soie au pays en 1936 sont Nguyễn Tường Lân et Nguyễn Gia Trí.

La recherche d'une technique nouvelle pour la soie chez les peintres de France

En arrivant en France, vers 1936 également, les peintres vietnamiens cherchèrent à peindre la soie autrement que par la technique chinoise. Selon M. Ngô Thế Tân, c'est Vũ Cao Đàm qui, le premier, chercha à transformer la peinture sur soie ; c'est lui qui trouva la technique du marouflage14, qui a délivré la peinture sur soie de la technique classique.

Mais il fallut attendre près de vingt ans, jusqu'en 1954, pour que Lê Thị Lựu trouve le moyen d'accorder l'art de la soie et la technique impressionniste, et fasse naître la manière qui lui est propre. Autrement dit, Lê Thị Lựu ne peint la soie ni comme Nguyễn Phan Chánh, ni comme Vũ Cao Đàm, Lê Phổ ou Mai Thứ : elle a cherché et fondé sa propre façon de peindre sur soie, techniquement autant qu'artistiquement.

Vũ Cao Đàm marouflait d'abord la soie sur papier, et peignait ensuite. Doublée de papier, la soie devient plus ferme et le peintre peut charger librement des gammes différentes et faire varier l'épaisseur à sa guise. La soie ne se peint pas à l'huile mais à l'eau : aussi Lê Thị Lựu n'a-t-elle laissé qu'une seule soie peinte à l'huile, Jeune Fille en blanc (Thiếu nữ áo trắng) (collection Ngô Thế Tân, don au Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville).

Jeune Fille en blanc (Thiếu nữ áo trắng)

Après la guerre, Vũ Cao Đàm et Lê Phổ abandonnèrent peu à peu la soie, qu'ils trouvaient trop contraignante, l'huile étant plus libre15. Finalement, seuls Mai Thứ et Lê Thị Lựu continuèrent la soie, mais par deux chemins entièrement différents.

La soie de Mai Thứ rassemble plusieurs manières : il conserve la technique de la figure et la répartition des couleurs à l'intérieur d'un cerne, à la chinoise, mais son tableau a de la profondeur, des ombres et des lumières, beaucoup de couleurs. Mai Thứ dessine à la façon des naïfs français. Il a inventé ces enfants vietnamiens au visage rond comme la pleine lune. La fragilité et la finesse de son trait, sa façon de semer la couleur doivent quelque chose à l'ancienne peinture persane des Mille et Une Nuits. Pour les Français, Mai Thứ avait créé une école neuve et étrange où ils se reconnaissaient : d'où son grand succès en France.

La soie de Lê Phổ suit la tradition chinoise : entièrement plane, sans profondeur, avec un trait de contour. Son dessin a la finesse des anciennes peintures européennes de la Renaissance, mais il y met une atmosphère orientale et raffinée. Lê Phổ a cessé la soie peu après la guerre pour passer tout à fait à l'huile. Ses huiles ont un caractère décoratif, une lumière généreuse, des tons éclatants.

La soie de Vũ Cao Đàm est la plus aiguë, la plus subtile de toutes : il accorde l'art de la peinture ancienne des Song et celui de la Renaissance italienne ; ses tableaux ont de la profondeur, des traits de profil, des courbes modelées, rondes — et là, Vũ Cao Đàm atteint une virtuosité extrême. Le portrait de La Femme du Nord (Người phụ nữ Bắc, collection Thụy Khuê–Lê Tất Luyện) est un chef-d'œuvre du genre, que peut-être aucun artiste vietnamien n'a égalé : on peut y voir la Joconde vietnamienne. Ses huiles gardent ces courbes enveloppantes, ces cercles, avec une ampleur infiniment séduisante et spectaculaire, et le bleu de la Méditerranée où il a vécu toute sa vie. Les sujets sont souvent tirés du Kiều, les valeurs se transposent dans le bleu : le ciel de la Méditerranée et le bleu des vases anciens des Ming. À cause de ce bleu, on croirait Vũ Cao Đàm influencé par Chagall ; mais en réalité, ils ont vécu un temps au même endroit16, dans les mêmes couleurs, le même climat, le même paysage. Chagall est immensément célèbre, si bien qu'on ne connaît que Chagall ; Vũ Cao Đàm, lui, était un peintre issu d'un petit pays dominé, et il a peu peint : presque personne ne le connaît.

À l'École, Lê Thị Lựu avait appris la soie dans la tradition chinoise, c'est-à-dire en tendant la soie et en peignant directement dessus ; le tableau fini, on le maroufle sur papier et on l'encadre. On dessine d'abord, puis on étale la couleur uniformément par plages, à l'intérieur du cerne du dessin. Le défaut de cette manière est que le tableau reste limité à une seule teinte, car la soie est très fine et la répartition des couleurs difficile : de là ces peintures chinoises, ou celles de Nguyễn Phan Chánh, faites de plages d'une même couleur (aplats) ou de quelques plages plus ou moins soutenues d'un même ton (camaïeu). Nguyễn Phan Chánh a gardé cette manière du début à la fin, ce qui faisait dire à Thạch Lam, dès 1936, qu'il ne changeait jamais : « ses dix tableaux ou presque se ressemblent tous, des formes jusqu'aux couleurs »17.

Lê Thị Lựu, à partir de 1954, abandonnera définitivement cette manière.

Le chemin de peintre de Lê Thị Lựu

La jeune fille d'autrefois avait appris seule à dessiner en « demandant au garçon de la maison de s'asseoir, le pantalon roulé jusqu'aux genoux et le torse nu, pour me servir de modèle »18. Ce garçon s'appelait Pheo, et Lê Thị Lựu l'a inscrit dans ses poèmes parmi les êtres les plus chers de sa vie : son père, sa mère, ses sœurs, le pont de Trầm et Pheo :

Je revois mon père guettant la voiture de ses filles

Errant sur le pont de Trầm, les yeux au loin

À la maison, ma mère pressait Pheo aux fourneaux

Vite, que mes filles à leur retour aient de bonnes choses.

Pourtant, une fois en France, Lê Thị Lựu dut cesser de peindre pendant quinze ans, quitter l'art pour un autre métier. Il fallut que son mari reparte travailler au pays pour qu'elle ait enfin la liberté de retrouver son propre chemin de peinture.

La peinture de Lê Thị Lựu a la lumière douce, la couleur légère, le trait souple, le sujet strictement délimité : les femmes et les enfants. Elle a fait passer dans son trait toute son âme, la nostalgie du pays, la tendresse, la douceur et la délicatesse, comme une carte d'identité, comme une signature. Est-ce l'expression d'un sexe ? Pas tout à fait, car dans ses croquis ou ses huiles elle a des traits nerveux, tout masculins — surtout dans les paysages à l'huile, un peu influencés par Cézanne —, mais elle y introduit la souplesse et la rêverie de la poésie vietnamienne. Lê Thị Lựu a commencé sa carrière par l'huile ; mais des tableaux antérieurs à 1940, il est difficile de retrouver la trace, hormis Jeune Fille du Tonkin (Thiếu nữ Bắc Kỳ), exercice d'école donné par le professeur Tardieu, vers 192619. Ce tableau fut acheté par le directeur de la manufacture de tapis de Hàng Kênh, à Hải Phòng, et, par une coïncidence, le jour même de la mort de la peintre, il téléphonait pour le rendre à sa propriétaire20. Reste aussi le Portrait de Mlle Vân, fille de M. Nguyễn Văn Vĩnh, peint au pastel en 1933, dont il ne subsiste qu'une photographie.

Jeune Fille du Tonkin (Thiếu nữ Bắc Kỳ), exercice d'école, huile, vers 1927

Les huiles

En France, Lê Thị Lựu a peint à l'huile dans deux cas : le paysage et le portrait. Les paysages, elle les peignait le plus souvent en vacances. Dans Le Port de Honfleur (Bến Honfleur), elle emploie des volumes empilés les uns sur les autres pour figurer des immeubles gris de plusieurs étages, serrés au bord de l'eau ; en dessous, de pauvres petits bateaux à l'ancre composent un port d'après-guerre, poétique et misérable, celui d'une France en paix mais pas encore industrialisée. Une gamme de gris clairs, douce et un peu triste, recouvre les immeubles pauvres, gagne les mâts, glisse jusqu'à l'eau et assombrit la mer : tout s'accorde dans une valeur de cendre, calme, pure et mélancolique.

Le Port de Honfleur (Bến Honfleur)

Montagnes et eaux (Sơn thủy) peint la campagne d'Auvergne, en France, mais avec des carrés qui font penser aux rizières de chez nous et des filets d'eau qui serpentent, évoquant le moyen pays du Nord. L'Auvergne, au cœur du Massif central, est d'ordinaire très verte l'été, le climat étant frais et la lumière abondante ; mais Lê Thị Lựu en fixe ici une vue couleur de cendre, comme si cette campagne s'était imprégnée de sa tristesse, avait pris ses confidences : elle s'est vietnamisée au cœur même de l'œuvre.

Montagnes et eaux (Sơn thủy)

Forêt d'automne (Rừng thu, collection Vũ Đình Thịnh) : une forêt de fin d'automne, les arbres presque nus, dans ce paysage où la forêt d'érables à l'automne a pris la couleur des cols et des monts ; une femme et une petite fille s'y affairent, sans doute une mère et sa fille : la mère semble ramasser du bois, l'enfant s'est baissée pour cueillir les dernières fleurs des herbes au bord d'un ruisseau. Un automne tardif de France où s'inscrivent des personnages vietnamiens, car le peintre ne peut pas séparer le présent du passé, ni le monde extérieur de sa vie intérieure.

Forêt d'automne (Rừng thu)

Les portraits

Toujours à l'huile, Lê Thị Lựu a peint beaucoup de portraits remarquables, chacun d'une manière et d'un caractère propres. On peut citer :

La Vieille Femme et Le Vieil Homme d'Auvergne (Bà Cụ, Ông Cụ vùng Auvergne), où Lê Thị Lựu saisit les traits particuliers de deux paysans du centre-sud de la France. La vieille femme, en noir, les cheveux tout blancs, fixe celui qui la regarde de ses yeux d'un bleu profond, comme pour affirmer l'autorité de cette femme d'origine italienne, venue de Méditerranée jusque dans les monts d'Auvergne, et qui toute sa vie a tenu la balance et nourri sa famille à force de travail. Le mur de pierre derrière elle reflète la solidité des constructions anciennes du centre-sud : du solide, du durable — qui est aussi le caractère rude, fruste et endurant des gens d'Auvergne. C'est par ce tableau que se forme véritablement la peinture expressionniste à la manière de Lê Thị Lựu : le ferme et le tendre accordés et opposés dans le trait. La gamme joue du contraste entre la blouse noire de la vieille femme et les clairs, roses et bleus, du visage et du fond. Deux extrêmes qui interfèrent et d'où sort le caractère de la femme d'Auvergne, imprégné de celui de Lê Thị Lựu.

La Vieille Femme d'Auvergne (Bà Cụ vùng Auvergne)

Le vieil homme, les deux mains appuyées sur sa canne, respire l'hésitation, la gêne et la tristesse d'un homme qui a vécu appuyé sur sa femme, résigné à son sort. Un rose brun règne sur ce portrait et y répand une chaleur de soleil ; le vieil homme s'adosse à une maison dont la fenêtre s'est ridée. Selon Freud, la maison figure toujours la femme, dans le rêve comme dans la vie. Le tableau donne le sentiment que ce vieil homme a passé toute sa vie appuyé contre cette maison. Aujourd'hui, tous deux ont pris la couleur du crépuscule. Lê Thị Lựu, venue là par hasard en vacances, a saisi leur portrait et, par le trait et la couleur, les a fait entrer dans l'éternité.

Le Vieil Homme d'Auvergne (Ông Cụ vùng Auvergne)

Colère (Phẫn nộ) représente un jeune Français roux, barbu, un ami de son fils Ngô Mạnh Đức. Un bleu-vert règne, dans la chemise et dans les fleurs d'iris du fond. L'œuvre exprime la révolte et les tourments intérieurs du jeune homme : deux prunelles bleues, creusées, profondes, dont le regard affolé se perd dans le vide. Ici, Lê Thị Lựu pousse loin l'expressionnisme, à la manière de Van Gogh, par des traits sauvages et âpres. À regarder ce tableau, on devinerait difficilement qu'il est d'une femme, encore moins de la main souple, douce et fragile qui a fait les soies.

Colère (Phẫn nộ)

Parmi les portraits les plus réussis de Lê Thị Lựu, il faut compter ceux de M. Quế, Mon père (Cha tôi) — trois versions différentes, où la peintre décrit chaque fois la mélancolie sans fin de son père : le regret inconsolable d'un vieil homme qui a quitté son pays, laissé trois filles au pays natal pour venir en France vivre auprès de l'aînée dans un milieu tout autre. Chaque jour, il n'avait qu'une seule tâche, faire cuire une marmite de riz ; et quand il oubliait, quand le riz était trop cuit ou brûlé, il recevait les reproches d'un gendre difficile, et ses yeux se mouillaient.

Lê Thị Lựu a vu ces larmes de son vieux père ; mais, marquée par l'éducation ancienne, elle n'osait ni prendre son parti ni contredire son mari : elle avalait ses larmes en silence, et les mettait dans ses poèmes, dans ses tableaux. Quelques vers pour pleurer son père, jetés en hâte sur un bout de papier glissé dans son carnet intime, que personne ne connaissait ; à les relire aujourd'hui, on y retrouve intact le sens des confidences qu'elle me faisait autrefois :

La mauvaise nouvelle est venue

Mon père est mort

Mon père s'en est allé là-bas

Et moi je reste ici

Jour et nuit je pense à lui

Quand donc la peine s'apaisera-t-elle.

Ô mon père

Là-bas, puissiez-vous être en paix

Mieux qu'en ce monde de douleur

De tout mon cœur je prie pour votre délivrance

Et pour qu'il me soit donné de revoir

Mon vieux père vénéré.

Lựu

(En pleurant mon père)21

Mon père (Cha tôi)

Ngô Thế Tân a choisi de garder pour le Musée du Viêt Nam dix-huit tableaux et deux reproductions, représentatifs de chaque période de la peinture de Lê Thị Lựu.

Portrait d'un Guinéen (Chân dung người Guinée, collection Ngô Thế Tân, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville), crayon sur papier kraft — du papier d'emballage —, dessiné en 1943, pendant le séjour en Guinée, dans une Afrique pauvre, sans papier, sans couleurs, quand son mari avait été nommé directeur du Jardin d'essai de Kindia, de 1942 à 1945. Le trait est hardi, nu ; deux couleurs seulement, le brun et le noir, et le papier kraft laissé apparent achève la rudesse. Le dessin est grave, appuyé, et fait remonter une souffrance entrée dans la chair de l'homme dominé. Avec ces lèvres épaisses et serrées, ce cou haut et noueux qui semble ravaler sa rancœur, ce regard presque désespéré, Lê Thị Lựu a rendu la misère silencieuse des Africains qui travaillaient dans les plantations françaises.

Portrait d'un Guinéen (Chân dung người Guinée)

La soie, période de mutation

Pendant quinze ans (1940-1955), Lê Thị Lựu a peint, mais très peu ; elle est véritablement revenue à la peinture, et à un travail régulier, à partir de 1956, quand M. Ngô Thế Tân est reparti travailler au pays.

Elle aurait pu, alors, continuer l'huile, qui était aussi son fort ; mais sans doute a-t-elle senti que l'huile ne rendait pas la fragilité et la délicatesse de la soie : elle a donc choisi d'accorder la technique de la soie et celle de l'aquarelle, accord qu'elle avait trouvé et commencé à mettre en œuvre dès 1954, avec Les Deux Kiều (Nhị Kiều).

À cette date, les peintres vietnamiens de France avaient, depuis 1936, mis au point une technique de la soie qui permettait d'y introduire beaucoup de couleurs ; mais ses deux aînés, Vũ Cao Đàm et Lê Phổ, avaient abandonné la soie pour passer tout à fait à l'huile après la guerre.

Lê Thị Lựu, elle, choisit la soie à partir de 1954, mais sans peindre comme Vũ Cao Đàm ni comme Lê Phổ : elle a changé de facture pour créer son propre art de la soie. Dans l'ensemble réservé au Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville, deux tableaux témoignent de ce changement : La Grande Sœur enseignant l'écriture chinoise (Chị dạy em viết chữ Nho), peint en 1946, et Les Deux Kiều, peint en 1954. Ce sont les traces, sous le pinceau, du passage de la soie à la manière chinoise à la soie de Lê Thị Lựu :

La Grande Sœur enseignant l'écriture chinoise (Chị dạy em viết chữ Nho), 1946

Dans La Grande Sœur enseignant l'écriture chinoise (collection Ngô Thế Tân, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville), peint en 1946, Lê Thị Lựu construit encore sa soie à la chinoise, mais elle s'écarte déjà de la soie ancienne : les plages d'une seule couleur restent séparées, la couleur est moins mate qu'en aplat, et bien que les limites d'une couleur à l'autre soient encore marquées, le tableau a plus de couleurs que la peinture ancienne ou celle de Nguyễn Phan Chánh.

Les Deux Kiều (Nhị Kiều), 1954

Avec Les Deux Kiều (collection Ngô Thế Tân, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville), peint en 1954, le changement de facture, de couleur et d'époque saute aux yeux : Thúy Kiều porte une tunique violette, Thúy Vân une tunique cendrée. Les deux sœurs ont une beauté sino-vietnamienne : des yeux en feuille de saule assez relevés, un visage ovale à la chinoise, mais un vêtement vietnamien, les cheveux relevés à nu qui découvrent un cou haut et racé, comme les reines de beauté de Hanoi dans les années trente et quarante. Cette Kiều « moderne » semble murmurer à l'oreille de Vân : Je m'en remets à toi, ma sœur : y consens-tu ?

Techniquement, le passage de la soie ancienne à la soie de Lê Thị Lựu est ici très net : le dessin n'est pas seulement plus libre, il est aussi plus juste ; la couleur n'est plus posée à plat, en une seule teinte, mais nuancée avec mesure, de la chevelure à l'étoffe, à la couleur des ongles, des boutons, du bracelet de jade… Si l'on regarde attentivement les cheveux : au lieu d'une plage de noir uni comme dans la peinture ancienne, ou chez Nguyễn Phan Chánh, ou même dans les soies de Mai Thứ, de Vũ Cao Đàm et de Lê Phổ, Lê Thị Lựu donne aux cheveux des deux Kiều un naturel « comme vrai », c'est-à-dire qu'on distingue les mèches sur le front de Thúy Vân, la naissance des cheveux sur celui de Thúy Kiều ; et l'on voit que la chevelure de Kiều est plus lisse et plus épaisse que celle de Vân, ce qui annonce un destin plus dur. Avec Les Deux Kiều, Lê Thị Lựu est passée à la technique impressionniste. Mais l'impressionnisme, à cette date, avait à peu près achevé sa mission, il allait tourner la page : c'est pourquoi j'appelle la peinture de Lê Thị Lựu un impressionnisme au crépuscule.

À l'origine de cet impressionnisme au crépuscule : arrivée en France, elle avait trouvé sa manière trop ancienne au regard de l'École de Paris, et les courants du moment — cubisme, fauvisme, art naïf, abstraction… — ne l'inspiraient pas ; Lê Thị Lựu, hésitante et déçue, alla dans les ateliers, à la Chaumière, à Montparnasse, pour retrouver son trait en croquant des modèles nus, puis se tourna définitivement vers la soie. Elle peignit d'abord à l'ancienne, puis changea peu à peu de direction et trouva sa voie propre. Sa soie, bien qu'impressionniste de manière, s'est délivrée des cadres occidentaux : elle s'est transformée selon une conception personnelle, sans rien imiter, et la peintre a donné à ses tableaux une atmosphère, une substance vietnamiennes.

Comme Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Lê Văn Đệ…, Lê Thị Lựu a subi, très brièvement, l'influence de Modigliani. La Veuve et ses deux enfants (Ba mẹ con góa phụ, collection Ngô Thế Tân, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville) garde la marque de cette période : la mère, en tunique blanche, la tête entourée d'un turban blanc, passe un bras sur l'épaule de sa petite fille, et sur ses genoux le petit garçon lève la main pour se frotter les yeux — il a dû pleurer. Dans l'angle gauche, le chemin qui mène à la maison. La veuve a le visage ovale, le cou haut, elle regarde ses deux orphelins ; on croirait la Vierge de miséricorde regardant d'en haut, du haut de son socle sacré, les êtres de ce monde.

La Veuve et ses deux enfants (Ba mẹ con góa phụ)

La soie, période d'accomplissement

Elle est revenue à la peinture dès 1956, mais il faut attendre 1960 pour qu'elle soit tout à fait maîtresse de son impressionnisme ; à partir de là, elle produit beaucoup et peint ses plus beaux tableaux.

La Mère et ses deux enfants sur l'herbe (Ba mẹ con trên cỏ)

La Mère et ses deux enfants sur l'herbe (Ba mẹ con trên cỏ), peint en 1960, marque cette réussite : la composition atteint la perfection, et tout, du trait au détail, rayonne de fragilité. Le caractère soie de Lựu commence à se montrer dans ce tableau : le voile au cou de la mère, le morceau de soie que la petite fille apprend à broder, le linge qui couvre la corbeille d'osier où sont rangés les ouvrages — tout est souple et fluide comme la silhouette d'une jeune femme de Hanoi. Elle porte une tunique bleue et un turban bleu, distinguée sans être précieuse : un modèle idéal, de ceux qu'on n'ose aimer qu'en secret, sans jamais se déclarer. Elle tient son petit garçon au bavoir fleuri ; la fillette, en blouse rose, brode assise près de sa mère. La corbeille d'osier laisse voir deux pelotes d'un brun clair. Tous trois sont assis sur un tapis d'herbe, au bord d'une eau qui paraît et disparaît, et au loin se devinent quelques toits. L'ensemble baigne dans un espace poudré, comme le fard sur la joue de la mère, comme la peau parfumée des deux enfants.

C'est un monde révolu, qui ne reviendra plus : le monde du Tự Lực Văn Đoàn, dont Lê Thị Lựu fut à la fois l'objet des rêves des écrivains et des poètes, et celle qui a repeint la vie rêveuse de ce temps-là dans les portraits de jeunes filles, de jeunes femmes et d'enfants qui remplissent toute son œuvre.

À mi-printemps (Nửa chừng xuân)

À mi-printemps (Nửa chừng xuân, collection de M. et Mme Phạm Huy Điển), peint vers 1960-1962, est une autre réussite. La mère hanoïenne, les cheveux relevés à nu, serre doucement, tendrement son enfant contre elle, et l'on ne peut pas ne pas penser à Mai et à la petite Ái de Khái Hưng, dans les collines boisées de Phú Thọ, dans Nửa chừng xuân. Dans les années soixante, Lê Thị Lựu habitait Gentilly, dans la banlieue de Paris, une petite maison avec un jardin ; son mari, ingénieur agronome, y plantait toutes sortes de fleurs. À mi-printemps, accroché au salon, répandait sa lumière et son art dans la petite maison : elle créait dans un espace resserré, très Monet, et cela dès cette époque. Puis en 1971, en s'installant à An Trang, elle eut une villa à elle, un domaine à elle, un immense jardin avec des fleurs, des fruits, le ciel et l'eau de la Méditerranée.

La couleur, chez Lê Thị Lựu, reflète deux espaces, deux pensées : la lumière de France, l'âme vietnamienne.

La Jeune Fille à la cithare à seize cordes (Thiếu nữ và cây đàn thập lục)

La soie de Lê Thị Lựu est singulière par ses mélanges. Comme les impressionnistes, elle emploie des couleurs fraîches pour faire jaillir la lumière, et prend la clarté du jour pour fond éclatant du tableau ; mais elle ne renonce pas à la technique classique : elle emploie le clair et l'obscur, et fait glisser les valeurs par degrés. La Jeune Fille à la cithare à seize cordes (Thiếu nữ và cây đàn thập lục), peinte en 1970 et vendue à la directrice adjointe du Printemps, est l'un de ses plus beaux tableaux, et l'un des plus profondément impressionnistes : l'ombre qui l'entoure de toutes parts nous fait imaginer la nuit, mais la jeune fille tout entière est vêtue de lumière, baignée d'un clair de lune qui déborde sur les roses chuchotantes, à côté d'elle — une lumière diffuse, irréelle, d'une nuit de lune digne du Liêu trai. Joue-t-elle sous la lune, dans la lune, sur la lune, ou bien la lune est-elle la jeune fille ? Impossible de le savoir. Ce tableau me fait penser à Mademoiselle Grimprel au ruban rose de Renoir, peint en 1880.

Le tableau le plus célèbre de Lê Thị Lựu, parce qu'il a été tiré en de nombreuses reproductions pour être vendu au profit d'une œuvre de bienfaisance, est La Mère portant son enfant (Mẹ địu con, collection Ngô Thế Tân, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville). Il était accroché au salon de la villa An Trang, et n'était pas à vendre. Après sa mort, M. Ngô Thế Tân l'a réservé au Musée du Viêt Nam. La jeune femme, très jeune, est vêtue d'une tunique blanche et coiffée d'un turban blanc. Son visage porte tout un ciel de douceur et de tendresse. Elle a son enfant dans le dos, dans une écharpe jaune ; elle marche dans une forêt claire, et un reflet doré annonce l'automne du Nord.

La Mère portant son enfant (Mẹ địu con)

Elle a peint ce tableau dans la décennie 1965-1975, au moment où s'achevait sa soie impressionniste ; la composition en est presque parfaite, en rien inférieure à celle des maîtres de l'impressionnisme comme Renoir ; mais comme elle peint sur soie, la facture est par endroits plus fragile, plus délicate que l'huile des maîtres. La beauté, dans les tableaux de Lê Thị Lựu, obéit à des mesures idéales, exactement conformes au canon classique : le visage ovale, équilibré selon le nombre d'or.

Sur le même sujet, elle a peint La Montagnarde portant son petit frère (Sơn nữ địu em, collection Thụy Khuê–Lê Tất Luyện, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville), vers 1970-1975, plus clair, plus lumineux : la jeune montagnarde en blouse blanche, turban blanc et jupe noire, sans doute une jeune fille thaï, porte son petit frère et se promène dans la forêt ; les couleurs s'envolent, le jaune règne sur toute la scène et rappelle le vers de Bích Khê : L'or tombe, l'or tombe, automne immense !

La Montagnarde portant son petit frère (Sơn nữ địu em)

La Montagnarde (Sơn nữ, collection Thụy Khuê–Lê Tất Luyện, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville) est une autre réussite. Lê Thị Lựu y déploie la couleur avec une liberté presque absolue. À la comparer aux soies antérieures, on mesure le chemin parcouru : la montagnarde porte dessous une tunique indigo, par-dessus une blouse blanche à manches courtes, un ruban de fleurs dans les cheveux, et ses yeux rêveurs sont tristes au milieu d'une forêt de fleurs — derrière elle, les abricotiers jaunes se pressent, et l'on ne sait si elle tient dans la main une brassée d'œillets blancs et roses ou si elle se tient dans un buisson d'œillets. La bouche sourit, mais les yeux sont tristes, très tristes. Lê Thị Lựu y a exprimé non seulement l'harmonie et la richesse des couleurs, mais aussi le contraste entre une forêt de fleurs qui rit et une jeune fille qui s'attriste, entre l'innombrable des couleurs et la solitude de la montagnarde. La fragilité et la délicatesse de sa facture créent d'elles-mêmes un milieu mince comme un fil de soie, flottant comme une brume, à demi réel, à demi rêvé, on ne sait dans quel songe. Plus on la regarde, plus l'âme du tableau exhale une étrangeté, et nous attire comme une beauté vierge que la poussière du monde n'a pas encore atteinte.

La Montagnarde (Sơn nữ)


Lê Thị Lựu pesait longuement avant de prendre le pinceau ; souvent elle effaçait ce qu'elle venait de finir ; certains tableaux ont été repris pendant des années, comme Anh Trần au bord du ruisseau (Anh Trần bên suối), La Rencontre de Kim et de Kiều (Kim Kiều gặp gỡ), Trois générations sous le même toit (Tam đại đồng đường)… ; d'autres se faisaient en une seule séance, et ce sont d'ordinaire les plus réussis, ou les plus représentatifs de sa manière, comme Le Port de Honfleur ou L'Orage…

Anh Trần au bord du ruisseau (Anh Trần bên suối)

Le sculpteur Anh Trần était réputé, à Paris, pour sa beauté et son talent. Lê Thị Lựu avait autrefois peint le portrait de Mlle An, sa mère, dans les années 1930 — une beauté, elle aussi, en son temps. Anh Trần au bord du ruisseau restera comme la résonance de trois beautés : celle d'une femme, celle d'un homme de talent et celle de l'art.

Le sujet des trois générations, Lê Thị Lựu l'a repris plusieurs fois. Son dernier tableau achevé, Trois générations sous le même toit, en relève également.

Trois générations sous le même toit (Tam đại đồng đường), dernier tableau de Lê Thị Lựu (1988)

Kiều au luth (Kiều gảy đàn tỳ bà), l'une des œuvres marquantes de ses dernières années, peinte à la fin des années 1980, prend encore la lumière pour fond de communion : à partir des bleus profonds, des roses de pêcher, des jaunes de mimosa posés sur les fleurs et les herbes, elle abaisse peu à peu les valeurs pour ne laisser qu'un blanc fragile sur la tunique de Kiều, avec ces yeux noirs de colombe, faiblement éclairés, qui évoquent un son de luth clair, aigu, froid et triste :

Claire comme le cri de la grue qui passe,

trouble comme l'eau d'une source à mi-chute.

Kiều au luth (Kiều gảy đàn tỳ bà)

La Rencontre de Kim et de Kiều est son plus grand tableau, et celui qu'elle a peint le plus longtemps : commencé en 1975, il n'était toujours pas fini dans les années quatre-vingt ; elle le reprenait de temps en temps, et pour finir elle n'en fut jamais tout à fait satisfaite. Le tableau met en jeu la perspective : sous le pont, un ruisseau serpente avec grâce jusqu'au pied de la forêt. Le sentier court le long de l'eau. L'ombre profonde et silencieuse du chemin et le murmure clapotant du ruisseau se parlent le long d'arabesques souples, qui suggèrent le son, qui suggèrent la forme, et se rejoignent dans l'infini. Tout donne l'impression d'une rencontre et d'une séparation : le chemin se tait et laisse le ruisseau dire pour l'homme les troubles et les attachements des premiers jours.

La Rencontre de Kim et de Kiều (Kim Kiều gặp gỡ)

Elle n'a fait qu'un seul nu, et un portrait (commandé par Mme Đ. pour sa chambre), tous deux fort décents. La Jeune Fille se baignant dans l'étang aux lotus (Thiếu nữ tắm hồ sen, collection Thụy Khuê–Lê Tất Luyện, don au Musée de Hô Chi Minh-Ville) date de 1970-1971 environ. Elle a beaucoup hésité en le peignant, car les critiques sévères de son mari, peintre amateur lui aussi, lui avaient ôté du courage. Elle a fini par placer la jeune fille sur un pont, au bord de l'étang de lotus, sur un fond de vert tendre et frais, avec un tapis d'herbes fleuries et quelques pétales de lotus à peine rosés flottant à la surface, moitié cachés, moitié visibles. La jeune fille est assise de trois quarts, les cheveux encore humides dénoués, la tête tournée, un mince voile de soie couvrant une partie du corps, à demi découverte, dans l'attente. Il semble que les herbes, les fleurs, les nuages et l'eau veuillent eux aussi se baigner avec elle, dans cet inépuisable vert tendre.

La Jeune Fille se baignant dans l'étang aux lotus (Thiếu nữ tắm hồ sen)

Le tableau d'une petite fille assise sous un ciel d'orage, elle l'aimait beaucoup ; elle ne l'a pas vendu et l'a accroché près de son lit. Les yeux de l'enfant sont tout un ciel d'inquiétude et de questions. La peintre ne lui avait pas donné de titre. La première fois que je l'ai vu, je l'ai appelé L'Orage (Dông tố). Elle a été d'accord. La petite s'est-elle perdue ? Attend-elle quelqu'un ? L'orage du dehors est-il aussi haut que celui qui monte en elle ?

L'Orage (Dông tố)

L'Orage (collection Ngô Thế Tân, don au Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville) est l'un des rares tableaux où son expressionnisme se déploie admirablement : non pas âpre à la manière de Van Gogh, mais douce et paisible comme un poème.

Selon Ngô Thế Tân, Lê Thị Lựu l'aurait peint un après-midi de nostalgie du pays. Mais en lisant attentivement les notes qu'elle a laissées, en les rapprochant des confidences qu'elle m'a faites pendant tant d'années de proximité, et en regardant de nouveau le mur contre lequel la petite fille est assise — c'est bien le mur de la villa An Trang —, j'ai compris que le tableau qu'elle aimait le plus, toujours accroché près de son lit, jamais vendu à personne, exprimait aussi ses propres confidences, celles de ces vers sans titre, épars :

Où aller, je ne sais, où demeurer

Où donc, pour en finir avec la honte et la peine

Nul ne me serre le cœur, et le cœur me point

Nul ne me hache les entrailles, et j'ai mal

Où aller, je ne sais, où vivre

Où donc, pour enterrer la rancune et la peine

Nul ne me frotte le cœur de sel, et pourtant il brûle

Nul ne me hache les entrailles, et pourtant elles se tordent

Le fleuve traversé, comment couper le pont derrière soi

Sans y penser, ou en y pensant — dites-moi pourquoi

Cinquante ans et plus de vie commune

Et voilà qu'on se résigne à se traiter si mal.

(Sans titre 3)

Cette femme de talent, dont on aurait cru, à la voir, la vie comblée, était au fond d'elle-même une femme « née dans le mauvais siècle », au destin plein de contrariétés. Façonnée dès l'enfance par la morale confucéenne de sa famille, elle gardait au plus profond une âme « rebelle ». Elle avait appris seule à dessiner quand ses sœurs entraient sagement à l'École normale. Elle avait épousé un homme de formation française, et le couple était très assorti ; mais plus d'une fois il lui fallut subir — de la part de ce peintre amateur qui se prenait pour son maître — des reproches déraisonnables et des jugements sévères sur sa peinture. Souvent elle tenait le pinceau les yeux pleins de larmes. Elle était partie pour prendre contact avec l'art moderne français et revenir ; la guerre l'en a empêchée, et elle a dû vivre toute sa vie en France. Cette peintre de talent était aussi poète, et les vers écrits en hâte sur un carnet ou sur de petits bouts de papier montrent une âme sans cesse tournée vers son pays, vers ses sœurs, vers ses parents, vers le jour du départ :

Je monte en voiture, l'âme égarée

Ciel bleu, montagnes d'argent

Quand donc reverrai-je mes sœurs

Je lève les yeux vers le Nord, si loin

Et ne vois que les nuages amoncelés et les hautes montagnes.

(Le souvenir de mes sœurs)

Vous souvenez-vous encore, mes sœurs, de ces jours

De ces jours de congé où l'on rentrait en hâte

Peu d'argent : nous étions serrées les unes contre les autres

Dans le camion de transport, si à l'étroit.

Je revois mon père guettant la voiture de ses filles

Errant sur le pont de Trầm, les yeux au loin

À la maison, ma mère pressait Pheo aux fourneaux

Vite, que mes filles à leur retour aient de bonnes choses.

(Le souvenir de mes parents)

Le pont de Trầm, au hameau de Thổ Khối, dans la province de Bắc Ninh ; la silhouette du père debout sur le pont, attendant le retour de Hanoi de ses quatre filles aux noms de plantes : Lựu (le grenadier), Cẩn (la calebasse), Chương (le camphrier) et Đào (le pêcher). Toutes ces images se dissimulent dans la peinture de Lê Thị Lựu comme une nostalgie inépuisable du pays.

En 1975, le pays réunifié, Lê Thị Lựu retourna à Hanoi voir sa terre et sa famille, dans l'attente d'un bonheur ; mais ce qu'elle vit la déçut infiniment. De retour à Paris, elle s'en ouvrit à son amie la plus proche, Mme C., avec qui elle avait milité tant d'années. Ses paroles, sans qu'elle s'y attende, furent colportées et amplifiées : elle devint une « réactionnaire » qui ne pouvait plus obtenir de visa pour rentrer. Le pont vers son pays était coupé pour toujours.

C'est pourquoi la peinture de Lê Thị Lựu a des couleurs gaies et des traits clairs, mais reste effleurée de tristesse, comme une blessure de la vie qui ne s'efface pas : l'enfant qui cueille des fleurs des champs pour sa mère, la jeune fille qui promène son petit frère sur son dos dans la forêt, la jeune femme qui tient son enfant, le regard doux et tendre… quelque chose de pacifié, d'apaisé, de calme comme un poème, et pourtant de triste. Une source aux pêchers où l'on enterrerait de mauvais rêves ? Entrons-y sans hésiter, laissons-nous couler dans ce ciel, dans cette lumière, dans ces sons et ces couleurs, dans cette tendresse, dans cette espérance… sans avoir besoin de nous demander si la facture traduit les frémissements convulsifs de la vie intérieure, ni si l'artiste s'est souciée des rancœurs rentrées des choses créées.

Cette artiste a vécu dans le ciel vietnamien du début du siècle et s'est éloignée de son pays dans les années quarante. Elle a pris l'atmosphère de son âme, ce crépuscule mélancolique si proche de Hồ Dzếnh, et l'a teinte des mélancolies d'une petite ville, Gentilly, et du jaune de l'automne français.

La peinture de Lê Thị Lựu s'attache au paradis vietnamien d'avant-guerre, rêveur et distingué, aujourd'hui si lointain — le temps du Sơn nữ ca, d'une nuit dans la forêt déserte —, et se charge encore de la gravité de ceux qui, longtemps éloignés, regardent leur vieille terre, avec ces battements de vie nostalgiques qui résonnent dans les heures et dans les cœurs, comme dit Hồ Dzếnh. Proche des pensées vespérales de Hồ Dzếnh, la peinture de Lê Thị Lựu fait lever sur le fond des années anciennes une ombre de crépuscule indistincte qui enveloppe les choses ; et celui qui vient à l'œuvre de Lê Thị Lựu entend chaque fois monter le vent nostalgique qui repasse à travers les feuilles.

Yên Cơ, juillet 1988, en adieu à la peintre

Paris, les jours où se préparait le retour de ses tableaux au pays, février 2018


© 2018 Thụy Khuê


  1. M. Ngô Thế Tân, le mari de Mme Lựu, était le frère cadet du grand-père maternel de mon mari, Ngô Thế Loan. ↩︎

  2. Thụy Khuê, Lê Đình Điểu, une vie à cacher son âme de poète, dans les Œuvres choisies de Lê Đình Điểu, VAALA, Californie, 2001. ↩︎

  3. Yvonne Schultz, dans l'article Une nouvelle école de peinture et de sculpture : « L'École annamite », paru dans L'Avenir du Tonkin, repris dans Nam Phong n° 145, supplément en français, Hanoi, décembre 1929. ↩︎

  4. Voir Mộng Trung interroge Lê Thị Lựu. ↩︎

  5. L'École des beaux-arts de l'Indochine, Phong Hoá n° 18 du 20 octobre 1932, page 5. ↩︎

  6. Việt Sinh, Le Salon de 1935, Ngày Nay n° 3 du 20 février 1935, pages 4-5. ↩︎

  7. Thạch Lam, Autour de Mlle Lê Thị Lựu, Phong Hoá n° 183 du 17 avril 1936, pages 8-9. ↩︎

  8. Paroles de Lê Phổ : Trí était dans la même classe que Lựu (voir Entretien avec Lê Phổ, enregistré le 3 mars 1993). Selon Ngô Thế Tân : Lê Thị Lựu sortit première, Trần Quang Trân deuxième de la troisième promotion (La vie de Lê Thị Lựu). ↩︎

  9. Nguyễn Gia Trí écrit : « Nous nous rappelons souvent une foire de Hanoi (vers 1935-1940) où nous eûmes la bonne fortune de voir une première œuvre en laque, réalisée à l'École des beaux-arts de Hanoi par un aîné, TRẦN QUANG TRÂN, et présentée là. C'est grâce à cet enthousiasme que votre humble serviteur, qui avait quitté l'École des beaux-arts par lassitude dès la troisième année*, sans qu'il fût besoin que le directeur, un professeur ou des camarades l'y appellent, y retourna pour reprendre ses études et choisit la laque »*. (Extrait d'une lettre de Nguyễn Gia Trí à Mai Thọ Truyền, secrétaire d'État chargé de la Culture de la République du Viêt Nam, Saigon, le 13 janvier 1970.) Puisque M. Trí a quitté l'École dès la troisième année, c'est-à-dire en 1929, et qu'il dit être revenu après avoir vu les laques exposées par Trần Quang Trân, on peut supposer que c'était en 1932 (d'après l'article Le métier de la laque chez le peintre NGYM) et non en 1935-1940, comme il le croit à tort ; il aurait alors étudié un peu plus de deux ans encore, c'est-à-dire qu'il serait sorti de l'École vers 1935-1936, sixième ou septième promotion. ↩︎

  10. Publié dans la rubrique La Maison d'or, Ngày Nay n° 11, paru vers mai 1935 (la couverture et l'intérieur du journal ne portent pas de date précise). ↩︎

  11. Sans doute encore de Thạch Lam, qui suivait de près l'activité artistique de l'époque, ou bien de Trần Quang Trân lui-même. ↩︎

  12. Extrait de l'Entretien avec le peintre Lê Phổ. ↩︎

  13. Extrait du Salon de 1936, de Thạch Lam, Ngày Nay n° 38 du 13 décembre 1936. ↩︎

  14. Voir La vie de Lê Thị Lựu, de Ngô Thế Tân. ↩︎

  15. Voir Entretien avec le peintre Vũ Cao Đàm. ↩︎

  16. Vence et Saint-Paul-de-Vence, dans le midi de la France. ↩︎

  17. Le Salon de 1936, de Thạch Lam, Ngày Nay n° 38 du 13 décembre 1936. ↩︎

  18. Voir Mộng Trung interroge Lê Thị Lựu. ↩︎

  19. L'article de Quang Phòng Les peintres de l'École supérieure des beaux-arts de l'Indochine, éditions Mỹ Thuật, Hanoi, p. 8, reproduit le tableau Jeune Fille du Tonkin, exercice donné par Tardieu. ↩︎

  20. Voir La vie de Lê Thị Lựu, de Ngô Thế Tân. ↩︎

  21. Les poèmes de Lê Thị Lựu n'ont en général pas de titre ; nous leur en donnons un provisoire pour les distinguer. ↩︎

Lê Thị Lựu, ấn tượng hoàng hôn

Viết được trung thực về một người không quen biết đã khó, nhưng viết về một họa sĩ thân thương quen thuộc trên 25 năm trời, hẳn là khó hơn: Bao năm gần gũi họa sĩ Lê Thị Lựu, nhưng áng chừng đối với bà, việc cầm bút là lẽ tự nhiên, như ta cần ăn, cần thở, bà không bao giờ giảng cho tôi nghe những lý thuyết hay qui luật hội họa. Bức nào vẽ gần xong, vừa ý hay chưa, bà chỉ vắn tắt: "Cháu trông có được không? Chỗ này còn phải sửa nữa, v.v...". Dường như: ánh sáng ấy thì phải đi với màu sắc này. Lẽ tự nhiên là thế, như không có định luật: họa sĩ đạt được thành công trong niềm giao cảm giữa nhãn quan và nghệ thuật.

Họa sĩ Lê Thị Lựu với tôi ngoài liên hệ gia đình1, còn là một trong hai người đàn bà hiếm hoi ở Pháp mà tôi được gần cận và quý mến: Người thứ nhất là bà Nguyễn Hiến Lê, một người đã hy sinh hạnh phúc cá nhân cho sự nghiệp văn học của chồng và người thứ nhì, Lê Thị Lựu, người đàn bà tài sắc vẹn toàn với tất cả ý nghĩa đúng đắn và trung thực.

Tôi gặp bà lần đầu khi được giới thiệu với gia đình chồng, năm 1964, và như một định mệnh, tôi đã có mặt bên cạnh bà những ngày cuối. Chân dung bà được tôi ghi lại trong một bài viết về một người bạn, năm 2000:

"Cuộc tạ từ họa sĩ Lê Thị Lựu thật đơn giản, tôi đến chào bà ở bệnh viện Antibes, vùng bờ biếc Côte d'Azur để mai lên đường về Paris, mừng bà bệnh tim đã đỡ, "ngày mai" sẽ ra viện. Không nghi ngờ gì đến chuyến đi sắp tới trong vài giờ nữa của bà, không mảy may nghĩ đến "ngày mai" không bao giờ lại, bà đã tiêu dùng những giờ khắc cuối một cách rộng rãi, gần như xa xỉ cho tôi. Bà cười, nụ cười đẹp như ảnh chụp thời xưa: nụ cười giai nhân mười tám trên đôi môi tám mươi. Bà vẫn kể những tâm sự dí dỏm như muốn múc cạn quá khứ của mình. Miền Lê Thị Lựu đã qua là mảnh đất trồng rất nhiều nghệ sĩ, bấy giờ đã thưa thớt, đã tan hàng nhiều lắm.

Bà nhắc tên những Thẩm Oánh, Tường Tam, Tường Lân bằng màu sắc của Mai Thứ, Lê Phổ, tạo thành một hợp âm thủy tinh. Tiếng bà nổ ran trong đám học trò tinh nghịch Mai Thảo, Thúc Linh như một tổ khúc. Thế giới xưa trở về trong giao hưởng âm thanh, mầu sắc, tạo nên những bức ấn tượng đặc biệt, nửa mơ nửa thực, nửa hội họa nửa thi ca.

Tôi vẫn trách sao bà không viết hồi ký. Bởi cách tạo hình bằng âm thanh -ngoài bút vẽ- của bà có ma lực xoáy vào lòng người. Nhờ một cơ duyên may mắn, tôi là kẻ duy nhất được tham dự. Nói duy nhất bởi không ai lắng nghe chuyện bà như tôi. Không ai vừa nghe vừa thưởng thức cái đẹp trong âm thanh và màu sắc phát ra từ giọng nói ấy, tiếng cười ấy. Cũng không ai nghe được những tiếng nức nở của bà, như tôi.

Ông Tân, chồng bà, cũng hay kể những chuyện ly kỳ thời trẻ của hai người, thời 30-40, đối với tôi như một thế giới khác, một giấc mộng. Nhưng lạ là khi ông ra đi, kỷ niệm cũng trôi theo, không còn gì đọng lại. Bởi ông không phải là nghệ sĩ, ông không tạo được hoạt cảnh Ðồ Sơn với những nét chấm phá đậm nhạt, những đổi thay mầu sắc. Còn Ðồ Sơn, Sầm Sơn của bà, đã là một Ðồ Sơn, Sầm Sơn Lê Thị Lựu, như Ðoan Hùng Thế Lữ, như Long Giáng Khái Hưng. Nhưng vùng đất Thế Lữ, Khái Hưng đã nhiều người thăm viếng. Riêng mảnh trời Lê Thị Lựu đơn lạc của tôi, chưa mấy ai tạt vào"2

Ngày 30/5/1988, chúng tôi đến thăm ông bà ở biệt thự An Trang, chụp với bà tấm hình kỷ niệm -không ngờ là tấm hình cuối của bà- hôm sau bà vào bệnh viện để khảo sát tim mạch. Ngày 4/6/1988, chúng tôi lại bệnh viện Antibes thăm và chào bà để về Paris. Bà vui lắm, kể hết chuyện này đến chuyện khác, kết quả giảo nghiệm rất tốt, ngày mai bà được ra viện. Không ngờ tối hôm đó bà xuất huyết não, hôn mê và ngày 6/6/1988, qua đời. Hay tin, tôi lái xe xuống Côte ngay, hai ông cháu thay quần áo cho bà, vì ông không muốn người ngoài làm việc ấy. Bà lạnh giá, không biết gì nữa. Khi bà còn sống, hai bà cháu thường bàn với nhau về cái chết: sau khi chết chẳng biết mình đi đâu, có trở lại được không? Tôi dặn: Khi nào bà đi, nhớ về báo cho cháu biết tình hình bên ấy nhá. Bà gật: Ừ, bà sẽ tìm cách. Nhưng từ hồi ấy không thấy bà về lần nào. Chắc không có cách nào cả.


Lê Thị Lựu nổi trội tài năng từ khi còn học trong trường. Ngày 15/11/1929, khai mạc cuộc triển lãm đầu tiên do giáo sư Tardieu tổ chức để học trò bán tranh lấy tiền chi cho việc học, nhà bỉnh bút nghệ thuật, Yvonne Schultz, sau khi lướt qua tác phẩm của các bậc đàn anh khoá I, khoá II, dừng lại ở Lê Thị Lựu:

"Sau cùng, là bức hoành hoàn toàn đáng chú ý của cô Lê Thị Lựu, năm thứ ba, vẽ trẻ em chung quanh cây chuối. Tôi cho rằng đó bức tranh duy nhất cho ta thấy một đứa nhỏ bụng bự đầy cơm. Và đáng yêu thay người vẽ đứa bé lại là một thiếu nữ! Ta thấy trong bức tranh này một cảm xúc rất êm dịu của tuổi thơ. Bức họa thứ nhì vẽ chân dung Ông Bác, bút pháp ngang tàng làm liên tưởng tới Reynolds"3

Những nhận xét của Yvonne Schultz về hai tác phẩm triển lãm đầu tiên của Lê Thị Lựu, thật chính xác, bà đã lột tả được hai nét chính trong tranh của người nghệ sĩ này: dịu dàng và quyết liệt.

Trả lời phỏng vấn của Mộng Trung, Lê Thị Lựu kể lại hoàn cảnh vẽ bức tranh Ông Bác: Ngày tựu trường học trò phải nộp những tác phẩm vẽ trong dịp hè để sửa soạn cho cuộc triển lãm cuối năm, mà lúc đó, chỉ có một bức, phải vẽ gấp bức thứ nhì. "Chỉ còn hơn một tiếng đồng hồ nữa tôi phải ra ga, túng quá tôi đành nhờ ông bác tôi ngồi làm mẫu. Khi lên xe tranh hãy còn ướt, vậy mà hôm triển lãm, sau mươi phút trình bày, cả hai tấm tranh của tôi đều có người mua tới giá 400 đồng. Thật là một khuyến khích đầu tiên ngoài sức tưởng tượng mà tôi còn ghi nhớ mãi. Hôm ấy tôi mừng khôn tả, vì thời đó tiền ăn ở nhà trọ tôi chỉ giả có 3 đồng một tháng, mà hai bức tranh bán được đến 400 đồng"4.

Thập niên 1930, các báo trong nước đều nhắc tới người nữ họa sĩ đầu tiên của Việt Nam, tốt nghiệp thủ khoa khoá III, trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương năm 1932. Ra trường nổi tiếng ngay khắp ba kỳ. Đặc biệt báo Phong Hoá, cũng ra đời năm 1932, số 18, nhận định về trường Mỹ Thuật Đông Dương bằng những hàng:

"Ông Lê Phổ, cô Lê Thị Lựu, ông Mai Trung Thứ cùng nhiều họa sĩ khác đều là người có tài, mỗi người một vẻ riêng... Có một điều đáng ghi là cô Lê Thị Lựu không ngần ngại là quần vận, yếm mang, chen chân thích cánh với bọn hoạ sĩ đàn ông, mà cái hay cái khéo của cô lại hơn người, thật là vẻ vang cho phụ nữ nước nhà"5.

Bài viết không ký tên nhưng ta có thể đoán là của Thạch Lam, bởi Thạch Lam là người phụ trách thường xuyên mục phê bình mỹ thuật trên Phong Hoá và Ngày Nay và cũng là nhà văn theo sát sinh hoạt của người nữ họa sĩ đầu tiên của Việt Nam lúc bấy giờ. Thạch Lam đã đặt Lê Thị Lựu cùng hàng với hai họa sĩ đàn anh là Lê Phổ và Mai Trung Thứ (tức Mai Thứ), tốt nghiệp khoá I, năm 1930.

Trong cuộc triển lãm năm 1935, Lê Thị Lựu lúc đó đã lấy chồng và đang sửa soạn vào Nam, phải tạm nghỉ vẽ một thời gian, Thạch Lam dưới bút hiệu Việt Sinh, trên Ngày Nay số 3 ra ngày 20/2/1935, sau khi điểm hết tranh của các họa sĩ khác, không quên nhắc: "Chúng ta chỉ tiếc nhà nữ họa sĩ Lê Thị Lựu vắng tên trong phòng triển lãm, reo một sự thất vọng trong lòng mong ước của các bạn nữ lưu tân thời"6. Rồi Ngày Nay số 4, ra ngày 1/3/1935 in hình Nắng Xuân Trên Cỏ, do Lanvin chụp Lê Thị Lựu cùng hai người bạn. Đến năm 1936*,* Lê Thị Lựu đã vào Nam dạy vẽ rồi, Thạch Lam còn viết bài Chung Quanh Cô Lê Thị Lựu, bênh vực họa sĩ, khi cô Lựu bị một học trò vô lễ7.

Những sự kiện này đưa đến thắc mắc: nhà văn trẻ Thạch Lam đã bị nghệ thuật hay sắc đẹp của họa sĩ Lê Thị Lựu chinh phục? Chắc chắn cả hai. Mà không chỉ có Thạch Lam, trong tám năm sống trên đất nước, sau khi tốt nghiệp, Lê Thị Lựu đã làm giáo sư dạy vẽ ở các trường Nam Bắc: trường Bưởi, Hàng Bài, Áo Tím... Trong đám học trò, rất nhiều văn nhân thi sĩ; khi bà rời Hà Nội, vào Nam đáp tầu đi Pháp đầu năm 1940, Hoài Điệp (Đinh Hùng) và Huyền Kiêu có bài thơ tiễn:

Ngày mai chị đi viễn du

Đường xa lộng muôn hương sắc

Chúng em ở nhà nhớ chị

Lòng sầu đầy một mùa thu

Chị ở muôn trùng biếc ấy

Hẳn chờ bóng nhau phương xa

Ngày về mong sao chị thấy

Đời hai chúng em có hoa

Chị đã ngày xuân chẳng hiếm

Hai em dâng chị không nhiều

Mấy ánh hương hồng kỷ niệm

Linh hồn Hoài Điệp Huyền Kiêu.

(Tây Hồ, ngày 8/3/1940)

Sống tại Pháp từ năm 1940 nên ít người biết đến bà. Trong hơn ba mươi năm sáng tác liên tục, Lê Thị Lựu vẽ không nhiều, tranh bà đã tản mát, lưu lạc, nếu muốn ước lượng, con số hai, ba trăm xem chừng gần gũi nhất. Phần lớn là tranh lụa, một số rất ít sơn dầu. Đề tài nằm trong chữ thiếu: Thiếu nữ, Thiếu phụ, Thiếu nhi...

Đến Pháp gặp đúng lúc chiến tranh thế giới bùng nổ, bà cùng chồng phải đi lánh nạn, tìm cách sinh sống, nuôi con, nhiều năm xa hội họa. Mặc dầu khi ra đi, chỉ định ở lại Pháp sáu tháng hay một năm, nhưng bị chiến tranh giữ lại, đường về nước bị tắc nghẽn. Phải sau mười lăm năm lưu lạc như thân phận Kiều, Lê Thị Lựu mới tái hợp được với nghệ thuật, và bà đã chọn tranh lụa là nền chính cho hội họa của mình, như Nguyễn Gia Trí đã chọn sơn mài làm gốc.

Sự lựa chọn này như một tiền định gắn bó với bản chất của người nghệ sĩ: Lê Thị Lựu, tự thân, đã có gì mong manh như lụa, sáng như lụa, mỏng như lụa, tế nhị như lụa, và chải chuốt như lụa, từ nét vẽ, cách pha màu, đến sắc đẹp bản thân. Chính vì vậy, Lê Thị Lựu đã thành công trong tranh lụa, bà tạo được chỗ đứng riêng biệt của mình như một trường phái Lê Thị Lựu, không giống bất cứ tranh lụa nào của những người đi trước cũng như đi sau.

Thời ấy, có ba người đỗ vào trường Mỹ Thuật Đông Dương năm 1927, khoá III, là Lê Thị Lựu, Trần Quang Trân (cả hai tốt nghiệp theo thứ tự nhất, nhì) và Nguyễn Gia Trí8. Nhưng Nguyễn Gia Trí học đến năm thứ ba (1929) thì bỏ, sau ông xem sơn mài của Trần Quang Trân trưng bày tại hội chợ thấy thích, mới vào trường học tiếp9 và ông ra trường khoảng 1936, sau Lê Thị Lựu và Trần Quang Trân vài năm.

Rất lạ là sau này cả Nguyễn Gia Trí và Lê Thị Lựu đều lập con đường riêng, độc đáo của mình: Nguyễn Gia Trí trở thành người thầy của sơn mài và Lê Thị Lựu đứng hàng đầu trong nghệ thuật tranh lụa cùng Mai Thứ.

Trần Quang Trân là người khai sáng con đường vẽ sơn ta lối mới, từ năm 1932, sau gọi là sơn mài. Trên báo Ngày Nay số 11, ra năm 1935, có bài viết tựa đề Nghề Sơn của Họa Sĩ NGYM, như sau:

"Trong khi theo học ở trường Mỹ thuật, họa sĩ NGYM (tức Trần Quang Trân) có để ý đến mấy thứ đồ sơn ở viện bảo tàng Finot. Để ý tìm tòi, may không lâu lại có kết quả. Từ đấy (hồi tháng Mars 1932) trường Mỹ Thuật bắt đầu làm sơn lối mới. Vàng tán nhỏ ra như cát, trộn vào với sơn ta đánh kỹ, quét phủ lên các đồ sơn, rồi mài, rồi đánh bóng, mặt sơn nổi cát vàng lên trông lóng lánh như kim sa.

Một lối mới chế ra nữa là cách làm đồ sơn mềm. Cái chén và cái điã (hình bên) cầm bóp thấy mềm như cao-su. Đó là đồ sơn không có cốt gỗ, toàn sơn trộn với bột giấy ta chế ra. Để lâu, có thể nói đến hàng nghìn năm không hỏng, không mọt. Phơi ra nắng, đựng nước sôi được cả.

Hiện họa sĩ NGYM đương chế ra thứ bát, liễn cơm, bià sách quý bằng thứ sơn này (...)"10

Bài viết này không ký tên11 xác định Trần Quang Trân là người khám phá ra sơn mài mới, nhưng Nguyễn Gia Trí mới là người kiến tạo sơn mài thành một nghệ thuật độc đáo và trở thành người thầy của sơn mài.

Nhưng Lê Phổ, ở Pháp lại có một lối tiếp cận sơn mài khác. Trong bài chúng tôi phỏng vấn họa sĩ Lê Phổ, thực hiện tháng 3/1993, có một đoạn nói về việc ông học làm tranh sơn mài tại Pháp với cụ Hợp, cụ Mạc, như sau:

"Ông Tardieu hồi đó coi tôi [Lê Phổ] như con ông. Tôi đi cùng với ông ấy sang Pháp từ 1931 để dự hội chợ đấu xảo thuộc địa với tư cách phụ tá của Tardieu. Vì vậy mà tôi được gặp nhiều người, trong số đó có Jean Dunand, một nhà sản xuất sơn mài nổi tiếng của Pháp và của thế giới lúc bấy giờ. Trong thế chiến thứ I (1914-1919) Pháp mượn thợ sơn mài về làm cánh quạt (hélice) máy bay. Bởi vì những cánh quạt làm bằng gỗ mỏng và sơn dầu của ta rất tốt, rất mỏng, rất cứng, cứng như sắt. Pháp đem những thợ sơn mài giỏi của ta về nước. Những người thợ thủ công nghệ giỏi nhất hồi đó như cụ Hợp, cụ Mạc... đều làm việc cho Dunand, giúp Dunand trang hoàng những salon bằng sơn mài trên chiếc tàu đẹp nhất thế giới, đó là tàu Normandie.

Tôi có may mắn được làm việc, được học nghề với những người thợ thủ công nghệ Việt Nam về sơn mài giỏi nhất lúc bấy giờ và cái may mắn ấy đã theo tôi suốt đời."12

Lê Thị Lựu, không thể vẽ sơn mài, vì bà dị ứng với sơn ta. Thời gian ở trong nước bà vẽ tranh sơn dầu.

Tình hình tranh lụa ở Việt Nam năm 1936

Báo Ngày Nay số 38, ra ngày 13/12/1936, trong bài viết tựa đề Phòng Triển Lãm Năm 1936, tiểu đoạn Vẽ Trên Lụa, Thạch Lam nhận xét về tình hình tranh lụa lúc đó như sau:

"Phòng triển lãm 1936 có thể gọi là phòng triển lãm của tranh lụa, vì tranh lụa nhiều quá (...)

Nhưng ở đây cũng như ở chỗ khác, chúng ta phải phàn nàn vì số nhiều chưa phải hẳn là tốt cả.

Phần nhiều những bức hoa trên lụa đều phảng phất giống nhau, nét vẽ thì lờ mờ không rõ rệt, mà các màu tỏ ra cái tính cách không chọn lựa. Nhà họa sĩ Nguyễn Phan Chánh là một thí dụ: ngót mười bức tranh của ông ta đều giống nhau từ hình thể cho đến các màu sắc. Hình như từ độ được hoan nghênh về mấy bức họa đầu tiên, nhà họa sĩ không chịu tìm tòi hơn nữa, cứ theo những cách họa đã làm cho họa sĩ nổi tiếng từ trước.

Sự dừng đứng trong một khuôn khổ sẽ làm cho tài nghệ mất đi. Nghệ thuật phải là một sự gắng sức luôn luôn đến chỗ toàn mỹ (...)

Nhưng người ta lại hy vọng trước những bức tranh lụa của Nguyễn Tường Lân, nét rất linh hoạt mà mầu rất táo bạo trong bức vẽ "Tiếng gà gáy sớm" và "Tắm bên hồ". Và chắc không ai cho chúng tôi là tư vị khi nói đến cái biệt tài của họa sĩ Nguyễn Gia Trí, người vẽ tranh cho Ngày Nay: bức vẽ "Hai thiếu nữ" và "Một buổi chiều" của họa sĩ cho ta yêu mến những đường nét uyển chuyển và cao quý, những màu thanh đạm mà phong phú, tỏ một ý chí tìm tòi rất đáng khen".13

Như vậy, theo Thạch Lam, hai khuôn mặt nổi trội về tranh lụa ở trong nước năm 1936, là Nguyễn Tường Lân và Nguyễn Gia Trí.

Sự tìm kiếm một kỹ thuật mới cho tranh lụa của các họa sĩ ở Pháp

Khi sang Pháp, cũng vào khoảng năm 1936, các họa sĩ Việt Nam đã tìm cách vẽ tranh lụa khác với kỹ thuật Trung quốc. Theo ông Ngô Thế Tân, hoạ sĩ Vũ Cao Đàm là người đầu tiên tìm cách biến hoá tranh lụa, chính họ Vũ đã tìm thấy kỹ thuật bồi lụa14 làm cho tranh lụa thoát khỏi kỹ thuật cổ điển.

Nhưng phải gần hai mươi năm sau, 1954, Lê Thị Lựu mới tìm ra cách giao hoà nghệ thuật vẽ lụa với kỹ thuật ấn tượng để tạo thành phong cách tranh lụa Lê Thị Lựu. Nói khác đi, Lê Thị Lựu không vẽ tranh lụa giống Nguyễn Phan Chánh, Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Mai Thứ, mà bà đã tìm tòi và thiết lập một cách vẽ tranh lụa của riêng mình, về kỹ thuật cũng như nghệ thuật.

Vũ Cao Đàm bồi lụa lên giấy trước, sau đó mới vẽ. Lụa có giấy làm nền, sẽ cứng cỏi hơn và họa sĩ có thể tự do đắp các gam mầu khác nhau và thay đổi độ dày mỏng theo ý muốn. Vẽ tranh lụa không thể dùng sơn dầu mà phải dùng sơn nước, cho nên Lê Thị Lựu chỉ để lại một bức vẽ lụa bằng sơn dầu, là bức Thiếu nữ áo trắng (Sưu tập Ngô Thế Tân tặng Viện Bảo Tàng Mỹ Thuật Thành Phố Hồ Chí Minh).

Thiếu nữ áo trắng

Sau thế chiến, các họa sĩ Vũ Cao Đàm và Lê Phổ đều bỏ dần tranh lụa, vì thấy tranh lụa ràng buộc quá, tranh sơn dầu tự do hơn15. Rút cục chỉ còn Mai Thứ và Lê Thị Lựu tiếp tục vẽ tranh lụa, nhưng hai người đi hai con đường hoàn toàn khác nhau.

Tranh lụa của Mai Thứ tập hợp nhiều phong cách: ông giữ lại kỹ thuật họa hình và phân bố mầu sắc theo đường viền dessin lối Tầu, nhưng tranh có chiều sâu, sáng tối, nhiều mầu. Mai Thứ vẽ dessin theo kiểu trường phái Hồn nhiên, Ngây ngô (Naïf) của Pháp. Ông sáng tạo những đứa trẻ Việt mặt tròn như trăng rầm. Sự mong manh tế nhị trên nét vẽ và lối gieo mầu ảnh hưởng nghệ thuật hội họa cổ Iran nghìn lẻ một đêm. Đối với người Pháp, Mai Thứ đã tạo được một họa phái mới lạ, mà họ thấy có họ trong đó, nên ông rất thành công ở Pháp.

Tranh lụa của Lê Phổ vẽ theo truyền thống Trung quốc, hoàn toàn hai chiều, không có độ sâu, có đường viền dessin. Đặc biệt nét vẽ của ông tinh vi như những bức tranh cổ Âu châu thời Phục Hưng, nhưng ông mang vào tranh không khí Đông phương đài các. Lê Phổ ngừng vẽ tranh lụa khoảng sau thế chiến và chuyển hẳn sang tranh sơn dầu. Tranh sơn dầu Lê Phổ có tính cách trang trí, quang độ chan hòa, sắc độ rực rỡ.

Tranh lụa của Vũ Cao Đàm sắc sảo tinh vi hơn cả: ông giao hoà nghệ thuật tranh cổ đời Tống và nghệ thuật tranh cổ Phục Hưng: tranh ông có chiều sâu, có những nét trắc họa, đường vờn cong, tròn, đặc biệt Vũ Cao Đàm, ở đây, cực kỳ cao diệu. Bức chân dung Người phụ nữ Bắc (sưu tập Thụy Khuê - Lê Tất Luyện) là một kiệt tác trong thể loại tranh lụa mà có lẽ chưa nghệ sĩ Việt Nam nào đạt được, có thể coi như La Joconde Việt Nam. Tranh sơn dầu Vũ Cao Đàm vẫn những nét vờn cong, những đường vòng, có độ tung hoành vô cùng quyến rũ, ngoạn mục, mang mầu biếc Địa Trung Hải, nơi ông sống suốt đời. Đề tài thường rút trong Kiều, sắc độ chuyển biến trong màu xanh: bầu trời Địa Trung Hải và màu lam bình cổ đời Minh. Vì mầu xanh biếc, khiến ta tưởng Vũ Cao Đàm ảnh hưởng Chagall, nhưng thực ra, có lúc hai người sống cùng một nơi16 cùng chung mầu sắc, khí hậu và phong cảnh. Chagall nổi tiếng lừng lẫy nên người ta chỉ biết có Chagall, còn Vũ Cao Đàm là họa sĩ xuất thân từ một nước nhược tiểu và ông không vẽ nhiều, nên không mấy ai biết đến ông.

Lê Thị Lựu, khi ở trường, được học vẽ tranh lụa theo phong cách cổ truyền Trung Quốc, tức là căng lụa và vẽ thẳng trên lụa; vẽ xong mới bồi tranh lên giấy và đóng khung. Vẽ dessin trước, rồi dàn màu đều lên từng mảng theo đường viền của dessin. Nhược điểm của lối này là tranh bị giới hạn trong sự đơn sắc, vì lụa rất mỏng, sự phân bố mầu sắc khó khăn, cho nên tranh Tầu hay tranh Nguyễn Phan Chánh thường từng mảng đồng mầu (aplat) hoặc vài mảng màu tô đậm nhạt khác nhau (camaieu). Nguyễn Phan Chánh giữ lối vẽ này, từ đầu đến cuối, khiến Thạch Lam, ngay từ năm 1936, đã phê bình Nguyễn Phan Chánh không hề thay đổi "ngót mươi bức tranh của ông ta đều giống nhau từ hình thể cho đến các màu sắc"17.

Lê Thị Lựu, từ 1954, sẽ bỏ hẳn lối vẽ như thế.

Con đường hội họa của Lê Thị Lựu

Người con gái ngày trước tự học vẽ bằng cách "nhờ anh người nhà ngồi vặn quần lên đầu gối, để ngực trần cho tôi lấy mẫu"18. Anh người nhà ấy tên Pheo, đã được Lê Thị Lựu ghi vào thơ như những phần tử thân yêu nhất của đời mình: cha, mẹ, các em, cầu Trầm và Pheo:

Nhớ hồi cha ngóng đón xe con

Thơ thẩn cầu Trầm mắt dõi trông

Mẹ nhà đốc thúc Pheo cơm nước

Mau các cô về có thức ngon.

Tuy vậy, khi sang Pháp, Lê Thị Lựu đã phải ngừng vẽ 15 năm, bỏ nghệ thuật để làm nghề khác. Phải đến khi người chồng về nước làm việc, lúc đó Lê Thị Lựu mới có đủ tự do để tìm lại con đường hội họa của riêng mình.

Tranh Lê Thị Lựu êm dịu ánh sáng, nhẹ nhàng màu sắc, mềm mại nét bút, chủ đề chuyên biệt: phụ nữ và thiếu nhi. Bà chuyển tất cả thần thái, tâm sự nhớ nhà, sự âu yếm, dịu dàng và tế nhị vào nét bút như một căn cước, một bản sắc. Thể hiện phái tính chăng? Chưa hẳn thế, vì trong các ký họa hay sơn dầu bà có những nét gân guốc như nam phái, đặc biệt tranh sơn dầu vẽ phong cảnh, có chút ảnh hưởng Cézanne, nhưng bà đem vào tranh những nét mềm mại, mộng mơ của thi ca Việt. Lê Thị Lựu bắt đầu sự nghiệp bằng tranh sơn dầu, nhưng những bức tranh vẽ trước năm 1940, khó tìm lại được dấu vết, trừ bức Thiếu nữ Bắc Kỳ là bài tập ở trường, giáo sư Tardieu ra cho học trò vẽ, vào khoảng năm 192619. Bức tranh này được ông giám đốc hãng dệt thảm Hàng Kênh ở Hải Phòng mua, và tình cờ đúng ngày bà mất, ông đã điện thoại trả lại chủ20, và bức Chân dung cô Vân, con gái ông Nguyễn Văn Vĩnh, vẽ năm 1933 bằng phấn màu (pastel), chỉ còn hình chụp.

Tranh Thiếu nữ Bắc kỳ, Bài tập, sơn dầu khoảng 1927

Tranh sơn dầu

Tại Pháp, Lê Thị Lựu vẽ sơn dầu trong hai trường hợp: phong cảnh và chân dung. Tranh phong cảnh bà thường vẽ khi đi nghỉ hè. Bức Bến Honfleur, bà dùng khối, tụ chồng lên nhau, biểu hiện những immeuble nhiều tầng xam xám, san sát bên bờ; dưới nước, những chiếc thuyền nhỏ nghèo nàn bỏ neo, tạo cảnh một bến cảng sau chiến tranh, thơ mộng và lầm than của nước Pháp hoà bình nhưng chưa kỹ nghệ hoá. Gam mầu xám nhạt êm dịu và buồn buồn bao trùm lên những căn hộ nghèo nàn rồi tràn sang những cột buồm lan dần xuống nước, khiến biển cũng tôi tối, tất cả hòa đồng trong sắc độ xám tro, tịnh, thanh và buồn bã.

Bến Honfleur

Bức Sơn thủy vẽ cảnh quê non nước miền Auvergne, Pháp, nhưng lại có những ô vuông như những thửa ruộng quê ta, với những dòng nước chảy quanh, gợi cảnh trung du đất Bắc. Miền Auvergne nằm trong lòng Quần Sơn Trung Nguyên (Massif Central) mùa hè thường xanh mướt, bởi khí hậu mát và có nhiều ánh sáng, nhưng Lê Thị Lựu ghi lại đây một cảnh mầu tro, như thể miền quê này đã thấm nỗi buồn của bà, đã nhuốm tâm sự của bà, nó đã được Việt hoá trong lòng tác phẩm.

Sơn Thủy

Bức Rừng thu (sưu tập Vũ Đình Thịnh): Vẽ rừng cuối thu, cây gần như trơ lá, giữa cảnh rừng phong thu đã nhuốm mầu quan san, một phụ nữ và một bé gái bận rộn trong rừng, chắc là hai mẹ con: người mẹ chừng đang kiếm củi, đứa bé sà xuống góp nhặt những đoá hoa cỏ cuối cùng còn sót lại bên lạch nước. Một cảnh thu muộn trên đất Pháp lồng vào những nhân vật Việt, bởi họa sĩ không thể tách rời thực tại với quá khứ, ngoại cảnh với nội tâm của mình.

Rừng thu

Chân dung

Vẫn trong tranh sơn dầu, Lê Thị Lựu vẽ nhiều chân dung độc đáo, mỗi bức một phong cách, một cá tính riêng. Có thể kể:

Hai bức: Bà Cụ và Ông Cụ miền Auvergne, Lê Thị Lựu đã lột được những nét đặc thù của hai người dân quê miền trung nam nước Pháp: Bà cụ mặc áo đen, tóc bạc trắng, hai mắt xanh đậm chiếu vào người đối diện như xác định uy quyền người phụ nữ gốc Ý miền Địa Trung Hải, lưu lạc lên vùng đồi núi Auvergne, cả đời cầm cân nảy mực, tần tảo nuôi gia đình. Bức tường đá sau lưng bà cụ phản ảnh lối xây cất vững chắc của miền trung nam nước Pháp ngày xưa: ăn chắc mặc bền, cũng là đặc tính mộc mạc, thô lậu, can trường của người miền Auvergne. Hội họa biểu hiện (expressionnisme), phong cách Lê Thị Lựu, thực sự hình thành qua bức tranh này: cương nhu hài hoà và đối lập qua nét bút. Gam màu gieo tương phản giữa chiếc áo cánh đen của bà cụ và mầu sáng hồng xanh trên nét mặt và nền tranh. Hai thái cực giao thoa, nẩy ra bản lĩnh của người phụ nữ miền Auvergne, đượm cả bản lĩnh Lê Thị Lựu.

Bà Cụ vùng Auvergne

Ông cụ hai tay tỳ trên chiếc gậy, toát ra vẻ lưỡng lự, lấn cấn, buồn bã, của một người đàn ông sống nương tựa vợ, an phận thủ thường: Mầu hồng nâu ngự trị trên bức chân dung toả nắng ấm; ông cụ dựa lưng vào căn nhà có cửa sổ đã nhăn nheo. Theo Freud, căn nhà bao giờ cũng biểu hiệu cho người phụ nữ, trong mơ hay trong đời. Tranh cho ta cái cảm tưởng ông cụ này cả đời dựa vào căn nhà. Nay cả hai đều đã nhuốm màu hoàng hôn. Lê Thị Lựu tình cờ nghỉ hè đến đây, bắt được chân dung họ, bằng nét bút và màu sắc, bà đưa họ vào vĩnh cửu.

Ông Cụ vùng Auvergne

Bức Phẫn nộ vẽ một thanh niên Pháp tóc hung, râu quai nón, chân dung một người bạn của Ngô Mạnh Đức, con bà. Màu lam lục ngự trị qua chiếc sơ-mi và những bông diên vỹ (iris) trên nền tranh. Tác phẩm lột tả sự nổi loạn và những quằn quại nội tâm của người thanh niên: hai tròng mắt xanh trũng, sâu thẳm trong tia nhìn hoảng loạn chiếu vào khoảng trống. Ở đây Lê Thị Lựu thể hiện sâu sắc hội họa biểu hiện, phong cách Van Gogh, qua những nét hoang dại khốc liệt. Xem tranh khó có thể đoán tác phẩm là của một nữ họa sĩ, lại càng không thể là bút pháp mềm mại, dịu dàng mong manh của Lê Thị Lựu trong những bức tranh lụa.

Phẫn nộ

Trong những bức chân dung thành công nhất của Lê Thị Lựu phải kể đến chân dung Cụ Quế, Cha tôi, ba bức khác nhau, bức nào họa sĩ cũng mô tả tâm trạng u sầu miên viễn của cha mình: một niềm nuối tiếc khôn nguôi của ông già bỏ xứ, bỏ ba cô con gái ở lại quê nhà để sang Pháp sống trong một môi trường khác hẳn với người con gái đầu lòng. Ngày ngày cụ chỉ có nhiệm vụ duy nhất là thổi một nồi cơm, nhưng có khi cụ quên, để cơm nát, hay cơm cháy, là nhận được lời chì chiết từ người con rể khó tính, cụ chỉ rơm rớm nước mắt.

Lê Thị Lựu đã nhìn thấy những giọt nước mắt của cha già, nhưng chịu ảnh hưởng nền giáo dục xưa, bà không dám bênh cha, cãi lại chồng và đã nuốt thầm giọt lệ rồi đưa vào thơ, vào tranh. Mấy dòng thơ khóc cha, bà thảo vội trên một mảnh giấy nhỏ, kẹp trong tập ghi chép riêng tư, không ai biết, nay đọc lại thấy nguyên vẹn ý nghiã những lời tâm sự của bà thủa trước mà tôi đã được nghe:

Hung tín đến

Cha mất rồi

Cha đi về bên đó

Con còn lại bên này

Ngày đêm con thương nhớ

Lòng sầu bao giờ nguôi.

Cha ơi

Chốn đó mong cha yên ổn

Hơn trần gian khổ đau

Chí tâm con cầu siêu

Cho con còn gặp lại

Đấng cha già kính yêu.

Lựu

(Khóc Cha)21

Cha tôi

Ngô Thế Tân chọn giữ lại trong sưu tập dành cho Viện Bảo Tàng Việt Nam 18 bức tranh, và 2 phiên bản, tiêu biểu cho mỗi thời kỳ hội họa của Lê Thị Lựu.

Bức Chân dung người Guinée, (Sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) bút chì trên giấy dầu (kraft, giấy gói hàng), bà vẽ năm 1943, trong thời gian ở Guinée, một Phi Châu nghèo khổ, thiếu giấy, thiếu sơn, khi chồng bà được bổ làm giám đốc Vườn Thử Nghiệm Thực Vật Kindia, từ 1942 đến 1945. Nét bút mạnh bạo, trần trụi, chỉ dùng hai mầu nâu, đen, để nền giấy dầu hoàn tất sự thô thiển. Dessin thâm trầm, sâu đậm, nổi cuộn sự đau khổ thấm trong da thịt người bị trị. Với đôi môi dày bậm lại, cổ cao gân guốc như đang nuốt hận, ánh mắt gần như tuyệt vọng, Lê Thị Lựu đã lột tả được nỗi lầm than đau khổ âm thầm của người Phi Châu làm việc trong đồn điền Pháp thuộc.

Chân dung người Guinée

Tranh lụa, thời kỳ chuyển hoán

Trong 15 năm (1940-1955), Lê Thị Lựu có vẽ nhưng rất ít, bà thực thụ trở lại với hội họa và vẽ đều từ năm 1956, khi ông Ngô Thế Tân về nước làm việc.

Lúc ấy, Lê Thị Lựu vẫn có thể tiếp tục vẽ tranh sơn dầu cũng là sở trường của bà, nhưng có lẽ bà thấy sơn dầu không diễn tả được những nét mong manh tế nhị, như trong tranh lụa, nên đã chọn cách giao hoà kỹ thuật tranh lụa với tranh màu nước, mà bà đã tìm ra được và bắt đầu thể hiện từ năm 1954, trên bức Nhị Kiều.

Lúc ấy, các họa sĩ Việt Nam ở Pháp đã hoàn tất kỹ thuật vẽ lụa có thể đem nhiều màu sắc vào tranh, từ năm 1936, nhưng hai đàn anh Vũ Cao Đàm và Lê Phổ đã bỏ tranh lụa để chuyển hẳn sang tranh sơn dầu, từ sau thế chiến.

Lê Thị Lựu lựa chọn tranh lụa, từ 1954, nhưng không vẽ như Vũ Cao Đàm và Lê Phổ, bà đã thay đổi bút pháp, để tạo ra nghệ thuật tranh lụa của riêng mình. Trong sưu tập dành cho Viện Bảo Tàng Mỹ Thuật Thành Phố Hồ Chí Minh có hai bức tiêu biểu, thể hiện sự thay đổi bút pháp này của Lê Thị Lựu: Bức Chị dạy em viết chữ nho vẽ năm 1946 và Nhị Kiều vẽ năm 1954. Đó là bút tích của sự chuyển hoán từ tranh lụa lối Tầu sang tranh lụa Lê Thị Lựu:

Chị dạy em viết chữ Nho (1946)

Ở bức Chị dạy em viết chữ Nho (Sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) vẽ năm 1946, Lê Thị Lựu vẫn còn xây dựng tranh lụa theo kỹ thuật Trung Quốc nhưng đã khác tranh lụa cổ: Các mảng một màu tách riêng, màu đã bớt lì (aplat), tuy vẫn phân chia ranh giới màu này với màu kia, nhưng tranh đã có nhiều mầu hơn tranh cổ hay tranh Nguyễn Phan Chánh.

Nhị Kiều (1954)

Đến bức Nhị Kiều (Sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) vẽ năm 1954, ta thấy ngay sự thay đổi bút pháp, màu sắc và thời đại: Thúy Kiều mặc áo dài tím, Thúy Vân áo màu tro. Hai chị em có nhan sắc người Hoa lai Việt: đôi mắt lá răm khá xếch, khuôn mặt trái soan kiểu Tầu nhưng y phục Việt, đầu quấn tóc trần để lộ cổ cao sang trọng như những hoa khôi Hà thành thập niên 30-40. Kiều "tân thời" dường như đang thì thầm vào tai Vân: Cậy em, em có chịu lời?

Về kỹ thuật hội họa, sự chuyển thể từ tranh lụa cổ sang tranh lụa Lê Thị Lựu rất rõ ràng ở đây: Dessin không những thanh thoát mà còn chính xác hơn, màu không tô phẳng lì, độc sắc nữa, mà có đậm nhạt điều hoà từ mái tóc đến màu áo, màu móng tay, màu khuy, màu vòng ngọc... Nếu ta nhìn kỹ mái tóc: thay vì vẽ một mảng mầu đen tuyền như trong các tranh cổ hay tranh Nguyễn Phan Chánh, kể cả tranh lụa của Mai Thứ, Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, thì Lê Thị Lựu trong Nhị Kiều, đã làm cho mái tóc của hai Kiều có những nét tự nhiên "như thật", nghĩa là ta có thể phân biệt những sợi tóc trên trán Thúy Vân, những chân tóc trên trán Thuý Kiều, ta lại thấy tóc Kiều mượt và dầy hơn tóc Vân, báo trước một định mệnh gian truân hơn. Với Nhị Kiều, Lê Thị Lựu đã bước sang kỹ thuật Ấn tượng. Tuy nhiên ấn tượng lúc đó hầu như đã hoàn tất sứ mệnh, đã sắp sang trang, cho nên tôi gọi tranh Lê Thị Lựu là Ấn tượng hoàng hôn.

Nguồn gốc của Ấn tượng hoàng hôn, là khi sang Pháp nhận thấy đường lối của mình quá xưa đối với trường phái Paris (École de Paris), và những trường phái đương thời lúc ấy như lập thể, dã thú, hồn nhiên, trừu tượng... không làm cho bà cảm tác, Lê Thị Lựu đã do dự và thất vọng, bà đi vào các phòng vẽ như Chaumière ở Montparnasse tìm lại nét bút, phác họa các người mẫu khỏa thân, rồi bà quay hẳn sang tranh lụa. Ban đầu còn vẽ theo lối cổ, rồi bà chuyển hướng dần dần và tìm ra đường lối riêng biệt của mình. Tranh lụa của bà, tuy có phong cách ấn tượng nhưng đã thoát ly khỏi lề lối Tây phương, biến đổi theo quan niệm của riêng mình, chứ không mô phỏng, bà đã sáng tạo cho tranh một không khí, một bản chất Việt.

Cũng như Vũ Cao Đàm, Lê Phổ, Lê Văn Đệ... trong một thời kỳ rất ngắn, Lê Thị Lựu bị ảnh hưởng của Modigliani. Bức tranh Ba mẹ con goá phụ (sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) lưu lại dấu ấn của thời kỳ này: Người mẹ mặc áo trắng, quấn khăn trắng, tay choàng lên vai đứa bé gái và trong lòng người mẹ, đứa con trai nhỏ, dơ tay dụi mắt, chắc nó khóc. Góc tranh bên trái là con đường về nhà. Góa phụ mặt trái xoan, cổ cao, nhìn xuống hai đứa con côi, thoáng trông như hình Đức Mẹ từ bi nhìn xuống chúng sinh trên cao tầng giá thánh.

Ba mẹ con góa phụ

Tranh lụa, thời kỳ toàn bích

Trở lại với hội hoạ từ năm 1956, nhưng phải đến 1960, Lê Thị Lựu mới hoàn toàn làm chủ hội họa ấn tượng của mình, từ đây trở đi bà sáng tác nhiều và vẽ những bức tranh đẹp nhất.

Ba mẹ con trên cỏ

Bức Ba mẹ con trên cỏ, vẽ năm 1960, xác định sự thành công của bà: Bố cục tranh đã đạt tới sự toàn bích, từ nét vẽ đến các chi tiết đều toả sự mong manh: cá tính luạ của Lựu cũng bắt đầu lộ ra từ bức tranh này: chiếc khăn voan trên cổ người mẹ, mảnh lụa bé gái đang tập thêu, chiếc khăn phủ rổ mây đựng đồ thêu, tất cả đều mềm mại uyển chuyển như dáng dấp người thiếu phụ Hà thành. Nàng mặc áo dài xanh, đầu vấn khăn xanh, cao sang mà không đài các, một mẫu người lý tưởng, ta chỉ dám yêu trộm nhớ thầm mà không dám ngỏ. Nàng bế đứa con trai đeo yếm hoa, bé gái mặc áo cánh hồng ngồi thêu cạnh mẹ. Chiếc rổ mây để lộ hai cuộn len mầu nâu nhạt. Ba mẹ con ngồi trên thảm cỏ, bên dòng nước ẩn hiện, xa xa thấp thoáng bóng mấy mái nhà. Toàn bộ chìm trong không gian phơn phớt, như màu phấn trên má nàng, như mầu da thơm hai đứa bé.

Đó là một thế giới đã qua, không bao giờ trở lại: thế giới Tự Lực Văn Đoàn mà Lê Thị Lựu vừa là đối tượng được các văn nhân thi sĩ mơ ước, lại là người vẽ lại cuộc sống thơ mộng thời ấy qua chân dung những thiếu nữ, thiếu phụ, thiếu nhi trên toàn bộ tranh bà.

Nửa chừng xuân

Bức Nửa Chừng Xuân (sưu tập ông bà Phạm Huy Điển), vẽ khoảng 1960-62, là một trong những thành công khác của họa sĩ. Người mẹ Hà thành đầu vấn tóc trần, dịu dàng âu yếm ôm con vào lòng, khiến ta không khỏi liên tưởng tới Mai và bé Ái của Khái Hưng trên rừng đồi Phú Thọ trong Nửa Chừng Xuân. Thập niên 60, Lê Thị Lựu ở thị xã Gentilly, ngoại ô Paris, trong căn nhà nhỏ có vườn, ông Tân chồng bà là kỹ sư canh nông nên trồng đủ loại hoa quanh nhà. Bức Nửa chừng xuân treo trong phòng khách tỏa ánh sáng và nghệ thuật cho căn nhà nhỏ, bà đã sáng tác trong không gian thu hẹp, rất Monet, từ hồi ấy. Rồi đến năm 1971, khi dọn nhà xuống An Trang, bà có hẳn một biệt thự, một cõi riêng trong khu vườn rộng mênh mông với hoa, trái, trời, nước Địa Trung Hải.

Mầu sắc trong tranh Lê Thị Lựu phản ảnh hai không gian, hai tâm tưởng: ánh sáng Pháp, hồn dạ Việt.

Thiếu nữ và cây đàn thập lục

Tranh lụa Lê Thị Lựu đặc biệt trong cách pha màu. Cũng như phái ấn tượng, bà dùng màu tươi mát làm bật ánh sáng, lấy nhật quang làm nền rực rỡ cho tranh, nhưng bà không chối bỏ kỹ thuật cổ điển, bà dùng cả sáng lẫn tối, rồi chuyển sắc độ dần dần: Thiếu Nữ Và Cây Đàn Thập Lục vẽ năm 1970, bán cho bà phó giám đốc nhà Printemps là một trong những bức tranh tuyệt đẹp của bà, phản ảnh sâu sắc nghệ thuật ấn tượng: Bóng tối tứ phía bên nàng làm ta mường tượng đây là ban đêm, nhưng toàn thân thiếu nữ khoác ánh sáng, nguyệt quang chan hòa, tràn sang những đóa hồng thì thầm bên cạnh, một thứ ánh sáng bàng bạc, huyền ảo của một đêm trăng liêu trai. Nàng gẩy đàn dưới trăng, trong trăng, trên trăng, hay trăng là nàng? Không sao biết được. Bức này làm tôi liên tưởng tới bức Cô Grimpel thắt nơ hồng (Mademoiselle Grimpel au ruban rose) của Renoir, vẽ năm 1880.

Bức tranh nổi tiếng nhất của Lê Thị Lựu, vì được in thành nhiều phiên bản (reproduction) cho cơ quan từ thiện bán lấy tiền, là bức Mẹ địu con (Sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh). Tác phẩm này treo trong phòng khách biệt thự An Trang, không bán. Sau khi bà mất, ông Ngô Thế Tân để dành riêng cho Bảo Tàng Viện ở Việt Nam. Người thiếu phụ rất trẻ mặc áo dài trắng, đội khăn trắng. Nét mặt mang cả một trời dịu dàng âu yếm. Vai địu con, vải địu mầu vàng, nàng đi trong rừng thưa, ánh vàng dội lên báo hiệu mùa thu đất Bắc.

Mẹ địu con

Bức tranh này bà đã vẽ trong thập niên 1965-75, thời gian kiện toàn tranh lụa ấn tượng Lê Thị Lựu, có bố cục hầu như toàn bích, không khác gì những bậc thầy của ấn tượng như Renoir, nhưng bà vẽ trên lụa, nên đôi chỗ bút pháp còn mong manh, tế nhị hơn tranh sơn dầu của những bậc thầy. Người đẹp trong tranh Lê Thị Lựu có những mẫu mực lý tưởng, đúng như khuôn mẫu cổ điển: mặt trái xoan, cân đối theo tỉ lệ vàng.

Cũng đề tài này, bà vẽ bức Sơn nữ địu em (sưu tập Thụy Khuê-Lê Tất Luyện tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) khoảng 1970-75, tươi sáng hơn, người thiếu nữ miền núi mặc áo trắng, khăn trắng, váy đen, chừng là một cô gái Thái, địu em đi chơi trong rừng, mầu sắc tung bay, gam vàng ngự trị trên toàn cảnh, gợi nhớ thơ Bích Khê Vàng rơi vàng rơi thu mênh mông!

Sơn nữ địu em

Đặc biệt bức Sơn Nữ (sưu tập Thụy Khuê- Lê Tất Luyện tặng Bảo Tàng Viện TP Hồ Chí Minh) là một thành công khác của bà. Trong tác phẩm này Lê Thị Lựu tung hoành mầu sắc, tự do gần như tuyệt đối. So sánh với những bức tranh lụa thời trước, mới thấy tranh lụa Lê Thị Lựu bấy giờ, đi xa đến ngần nào: người sơn nữ trong mặc áo chàm, ngoài thêm chiếc áo cánh trắng cộc tay, tóc thắt băng hoa, đôi mắt mộng sầu giữa rừng hoa: sau nàng mai vàng chen chúc, chẳng biết tay nàng cầm bó cẩm chướng trắng hồng, hay nàng ở trong bụi cẩm chướng. Miệng mỉm cười nhưng mắt buồn, buồn lắm. Ở đây, Lê Thị Lựu đã thể hiện không những sự hài hoà và giầu sang mầu sắc, mà còn cả nét tương phản giữa rừng hoa cười và thiếu nữ buồn, giữa cơ man màu sắc và người sơn nữ đơn côi. Những mong manh, tế nhị trong bút pháp của Lê Thị Lựu đã tự chúng tạo nên một môi trường mỏng như tơ, vương như sương khói, hư hư thực thực, không biết trong cõi mộng nào. Càng ngắm thần thái bức tranh càng toát ra vẻ lạ, thu hút ta như cái đẹp trinh nguyên chưa ngấm bụi trần.

Sơn nữ


Lê Thị Lựu thường đắn đo khi cầm bút, nhiều khi vẽ xong lại xóa đi, có bức vẽ đi vẽ lại trong mấy năm trời như Anh Trần Bên Suối, Kim Kiều Gặp Gỡ, Tam Đại Đồng Đường..., có bức chỉ một buổi là xong, mà thông thường là những bức thành công, hoặc tiêu biểu cho đường lối hội họa của bà như Bến Honfleur, Dông Tố...

Anh Trần bên suối

Nhà điêu khắc Anh Trần nổi tiếng là người đẹp và có tài, ở Paris. Lê Thị Lựu đã từng vẽ chân dung Cô An, thân mẫu của Anh Trần thập niên 1930, cũng là một giai nhân thủa trước. Tác phẩm Trần Anh bên suối, sẽ được lưu lại như sự cộng hưởng của ba cái đẹp: giai nhân, tài tử và nghệ thuật.

Đề tài ba thế hệ được Lê Thị Lựu vẽ nhiều lần. Bức tranh hoàn tất cuối cùng Tam đại đồng đường của bà cũng trong đề tài ấy.

Tam đại đồng đường, bức tranh cuối cùng của Lê Thị Lựu (1988)

Kiều Gẩy Đàn Tì Bà một trong những tác phẩm nổi trội những năm cuối đời, bà vẽ cuối thập niên 1980, vẫn dùng ánh sáng làm nền giao cảm, từ những màu xanh đậm, hồng đào, vàng mimosa, trên hoa cỏ, bà hạ dần sắc độ để lưu lại màu trắng mong manh trên áo nàng Kiều, với đôi mắt bồ câu đen, hiu hắt sáng, gợi tiếng đàn trong, buốt, lạnh và buồn:

Trong như tiếng hạc bay qua

Đục như nước suối mới sa nửa vời.

Kiều gảy đàn tỳ bà

Tranh Kim Kiều Gặp Gỡ là bức tranh lớn nhất và bà vẽ lâu nhất, bắt đầu từ năm 1975, cho đến thập niên tám mươi vẫn chưa xong, thỉnh thoảng bà vẫn chữa lại và cuối cùng bà vẫn chưa vừa ý lắm. Bức tranh thể hiện lối viễn họa (perspective): Dưới cầu, dòng suối thướt tha uốn khúc tới tận chân rừng. Con đường mòn chạy dọc theo dòng nước. Bóng sâu hút lặng thinh của con đường và âm thanh thầm thì, róc rách của dòng suối trò chuyện với nhau trên những đường cong (arabesque) mềm mại, gợi thanh, gợi hình, giao hòa nơi vô tận. Tất cả gieo ấn tượng gặp gỡ và chia ly: Đường im nghe suối nói hộ người những xao xuyến, luyến lưu thuở ban đầu.

Kim Kiều gặp gỡ

Tranh khỏa thân bà chỉ thực hiện có một bức và một chân dung (bà Đ. đặt treo trong phòng ngủ) mà cũng đoan trang lắm. Bức Thiếu Nữ Tắm Hồ Sen (sưu tập Thụy Khuê - Lê Tất Luyện tặng Viện Bảo Tàng TP Hồ Chí Minh), khoảng 1970-1971. Bà băn khoăn lắm khi vẽ bức tranh này, vì những lời phê bình gắt gao của chồng cũng là họa sĩ nghiệp dư, làm bà nhụt chí. Cuối cùng bà quyết định đặt nàng trên cầu, bên bờ ao sen, dùng nền xanh non tươi mát, lót thảm cỏ hoa, vài cánh sen phớt hồng trôi trên mặt nước, như ẩn như hiện. Người con gái ngồi nghiêng, tóc ươn ướt xõa, quay đầu lại, khăn lụa mỏng che một phần thân hình, úp mở, đợi chờ. Dường như cỏ hoa, mây, nước cũng muốn tắm chung với nàng, trong màu xanh non bất tuyệt ấy.

Thiếu nữ tắm hồ sen

Bức họa một bé gái ngồi dưới trời dông. Bà yêu quý lắm, không bán và treo cạnh giường bà. Đôi mắt bé là cả một trời lo âu, thắc mắc. Họa sĩ không đặt tên cho bức tranh. Lần đầu tiên nhìn thấy, tôi gọi là Dông Tố. Bà đồng ý. Bé đi lạc chăng? Bé đợi ai đây? Dông tố bên ngoài có cao bằng dông tố đang lên trong lòng bé?

Dông tố

Dông Tố (sưu tập Ngô Thế Tân tặng Bảo Tàng Viện Mỹ Thuật TP Hồ Chí Minh) là một trong những bức tranh hiếm hoi diễn tả tuyệt vời hội họa biểu hiện của bà, không khốc liệt kiểu Van Gogh mà dịu dàng êm ái như thơ.

Theo Ngô Thế Tân, Lê Thị Lựu đã sáng tác trong một chiều nhớ quê hương. Nhưng khi đọc kỹ những ghi chép bà để lại, hợp cùng những lời tâm sự bà ngỏ trong nhiều năm gần cận, và nhìn lại bức tường bé gái ngồi, đúng là tường biệt thự An Trang, tôi mới hiểu rằng, bức tranh mà bà yêu quý nhất, luôn luôn treo cạnh giường, không bán cho ai, còn thể hiện tâm sự của chính bà qua những dòng thơ vô đề tan tác:

Nào biết về đâu biết ở đâu

Ở đâu cho hết tủi hờn đau

Tim không ai thắt mà nghe nhói

Ruột chẳng ai bằm vẫn thấy đau

Nào biết về đâu biết sống đâu

Sống đâu chôn hết hận hờn đau

Tim không muối xát mà sao xót

Ruột chẳng ai bằm cũng quặn đau

Qua sông sao nỡ chặt băng cầu

Vô tình hữu ý hỏi vì đâu

Năm mươi năm lẻ cùng chung sống

Nay nỡ cam lòng bạc đãi nhau.

(Vô đề 3)

Người phụ nữ tài hoa ấy, bề ngoài tưởng có đời sống tràn đầy hạnh phúc, nhưng trong thâm tâm lại là người đàn bà "sinh nhầm thế kỷ", định mệnh nhiều ngang trái. Từ nhỏ bị rèn luyện trong giáo lý Khổng Mạnh của gia đình nhưng trong thâm sâu vẫn là một tâm hồn "nổi loạn". Tự học vẽ trong khi các em ngoan ngoãn vào trường Sư Phạm. Lập gia đình với một người chồng Tây học, rất đẹp đôi, nhưng hơn một lần bà phải chịu đựng -từ người họa sĩ nghiệp dư tự coi là thầy- những bắt bẻ vô lý, những phê phán gay gắt hội họa của bà. Nhiều khi bà cầm bút mà mắt đẫm lệ. Ra đi, tưởng chỉ tiếp xúc với nghệ thuật hiện đại của Pháp rồi về, nhưng chiến tranh ngăn chặn, đã phải sống cả đời bên Pháp. Người họa sĩ tài hoa đó còn là nhà thơ và những câu thơ viết vội ghi vào sổ hay trên những mảnh giấy nhỏ, cho thấy một tâm hồn luôn luôn hướng về quê cũ, nhớ các em, nhớ mẹ cha, nhớ ngày rời nước:

Bước lên xe, dạ ngẩn ngơ

Giời xanh núi bạc

Biết bao giờ gặp lại các em

Ngửng về phương Bắc xa xa quá

Chỉ thấy mây đùn với núi cao.

(Nhớ các em)

Còn nhớ không em, nhớ những ngày

Những ngày được nghỉ, gấp về ngay

Tiền ít, chị em ngồi chen chúc

Trên chuyến xe hàng chật chội thay.

Nhớ hồi cha đón ngóng xe con

Thơ thẩn cầu Trầm mắt dõi trông

Mẹ nhà thúc giục Pheo cơm nước

Mau các cô về có thức ngon.

(Nhớ cha mẹ)

Chiếc cầu Trầm thôn Thổ Khối, Bắc Ninh; hình dáng người cha đứng trên cầu đợi bốn cô con gái có tên thảo mộc: cô Lựu, cô Cẩn (cây bầu) cô Chương (cây chương não) cô Đào, đi học ở Hà Nội về. Tất cả những hình ảnh ấy đều lẩn khuất trong tranh Lê Thị Lựu như một niềm thương nhớ quê hương bất tận.

Năm 1975, đất nước thống nhất, Lê Thị Lựu trở về Hà Nội thăm quê hương gia đình, đợi chờ một niềm hạnh phúc, nhưng tình cảnh bày ra trước mắt khiến bà vô cùng thất vọng. Trở lại Paris bà tâm sự với người bạn thân thiết nhất, bà C. đồng chí cùng hoạt động bao nhiêu năm trời. Không ngờ những lời ấy được đồn đại và thổi phòng, bà trở thành một kẻ "phản động" không thể có visa trở về lần nữa: chiếc cầu nối với đất nước đã vĩnh viễn bị cắt đứt.

Vì vậy, tranh Lê Thị Lựu có màu vui, nét sáng mà vẫn thoảng buồn, như một vết thương đời không thể xoá: em bé hái hoa đồng biếu mẹ, thiếu nữ cõng em rong chơi trong rừng, thiếu phụ bồng con, ánh mắt hiền hòa âu yếm... có gì hòa bình, an lạc, êm ả như thơ, mà vẫn buồn buồn: Một chốn đào nguyên chôn mộng dữ chăng? Ta cứ việc đi vào, chìm đắm trong bầu trời, trong ánh sáng, trong thanh sắc, trong yêu thương, trong hy vọng... không cần thắc mắc hỏi xem: bút thuật có thể hiện những rung động quằn quại nội tâm, cũng không cần biết nghệ sĩ có màng tới những ấm ức bên trong của tạo vật.

Người nghệ sĩ ấy đã sống trong khoảng trời Việt Nam đầu thế kỷ và đã khuất ly đất nước vào những năm 40. Bà đem khí quyển tâm hồn, đem cái hoàng hôn buồn bã rất Hồ Dzếnh ấy nhuộm với những nét u hoài của tỉnh nhỏ Gentilly, với màu vàng thu đất Pháp.

Tranh Lê Thị Lựu dan díu với thiên đường Việt Nam thơ mộng đài các tiền chiến xa biệt, thời sơn nữ ca, một đêm trong rừng vắng, ẩm thêm sắc thái nghiêm đài nhìn về đất cũ của những người cách nước lâu ngày, có những nhịp đời thương nhớ âm vọng trong thời khắc và lòng người như lời Hồ Dzếnh. Gần gụi với tâm tư chiều Hồ Dzếnh, tranh Lê Thị Lựu dấy lên trên nền năm tháng cũ một bóng hoàng hôn mơ hồ ôm trùm lên sự vật; khiến cho ai đó, mỗi lần tìm đến tác phẩm Lê Thị Lựu, lại thấy vang lên những bâng khuâng gió nhớ về qua lá đầy.

Yên Cơ, tháng 7-1988, tiễn họa sĩ ra đi

Paris, những ngày sửa soạn đưa tranh hoạ sĩ về nước, tháng 2/2018


© 2018 Thụy Khuê


  1. Ông Ngô Thế Tân, chồng bà Lựu là em ruột ông ngoại (Ngô Thế Loan) của chồng tôi. ↩︎

  2. Thụy Khuê, Lê Đình Điểu, Một Đời Cất Giấu Hồn Thơ, Tuyển tập Lê Đình Điểu, VAALA, Cali 2001. ↩︎

  3. Yvonne Schultz, trong bài Một trường phái hội họa và điêu khắc mới, trường phái Annam (Une nouvelle école de peinture et de sculture: "L'École annamite") in trên báo L'Avenir du Tonkin, in lại trong Nam Phong số 145, phụ trương tiếng Pháp, Hà Nội tháng 12/1929. ↩︎

  4. Xem bài Mộng Trung phỏng vấn Lê Thị Lựu. ↩︎

  5. Trường Mỹ Thuật Đông Pháp, Phong Hoá số 18 ra ngày 20/10/1932, trang 5. ↩︎

  6. Việt Sinh, Phòng Triển Lãm 1935, Ngày Nay số 3, ra ngày 20/2/1935, trang 4-5. ↩︎

  7. Thạch Lam, Chung Quanh Cô Lê Thị Lựu, Phong Hoá số 183 ra ngày 17/4/36, trang 8-9. ↩︎

  8. Lời Lê Phổ: Trí học cùng lớp với Lựu (Xem bài Nói chuyện với Lê Phổ, ghi âm ngày 3/3/1993). Theo Ngô Thế Tân: Lệ Thị Lựu đỗ đầu, Trần Quang Trân đỗ thứ nhì khoá III (Cuộc đời Lê Thị Lựu). ↩︎

  9. Nguyễn Gia Trí viết: "Chúng tôi thường hồi tưởng đến một kỳ Hội Chợ Hà Nội (khoảng 1935-1940), được duyên may mắn nhìn thấy một tác phẩm sơn mài đầu tiên, do một họa sĩ đàn anh, TRẦN-QUANG-TRÂN, thực hiện tại Trường Mỹ Thuật Hà Nội và đem trưng bày. Nhờ được sự hứng khởi đó mà kẻ hèn này, đã chán bỏ Trường Mỹ Thuật từ năm thứ ba*, chẳng cần phải để Ông Hiệu Trưởng, Giáo sư hay bạn bè kêu gọi, lại quay trở về tiếp tục học và đã chọn môn làm sơn mài*". (Trích thư Nguyễn Gia Trí gửi Mai Thọ Truyền, Quốc Vụ Khanh Đặc Trách Văn Hóa Việt Nam Cộng Hòa, Saigon ngày 13/1/1970). Vì ông Trí đã bỏ trường từ năm thứ ba, tức là năm 1929, và ông cho biết nhờ xem tranh của Trần Quang Trân trưng bày, mới vào học lại, thì ta có thể đoán là năm 1932 (theo bài viết Nghề sơn của họa sĩ NGYM) chứ không phải năm 1935-40 như ông Trí nhớ lầm, và ông học thêm hơn 2 năm nữa, tức là ông ra trường khoảng 1935-1936, khoá VI hay khoá VII. ↩︎

  10. In trong mục Nhà Vàng, Ngày Nay số 11 ra khoảng tháng 5/ 1935 (vì bìa và trong báo không đề rõ ngày). ↩︎

  11. Chắc vẫn của Thạch Lam, vì ông theo sát sinh hoạt mỹ thuật thời đó, hoặc của chính Trần Quang Trân. ↩︎

  12. Trích bài Nói chuyện với họa sĩ Lê Phổ. ↩︎

  13. Trích bài Phòng Triển Lãm Năm 1936 của Thạch Lam, Ngày Nay số 38, ra ngày 13/12/1936. ↩︎

  14. Xem Cuộc Đời Lê Thị Lựu của Ngô Thế Tân. ↩︎

  15. Xem bài Nói chuyện với hoạ sĩ Vũ Cao Đàm. ↩︎

  16. Vence và Saint-Paul de Vence, miền Nam nước Pháp. ↩︎

  17. Phòng Triển Lãm Năm 1936 của Thạch Lam, Ngày Nay số 38, ra ngày 13/12/1936. ↩︎

  18. Xem bài Mộng Trung phỏng vấn Lê Thị Lựu. ↩︎

  19. Bài của Quang Phòng Các họa sĩ trường Cao Đẳng Mỹ Thuật Đông Dương, nxb Mỹ Thuật Hà Nội, t. 8, có in tranh Thiếu nữ Bắc Kỳ của Tardieu. ↩︎

  20. Xem Cuộc Đời Lê Thị Lựu của Ngô Thế Tân. ↩︎

  21. Thơ của bà thường không có tên, chúng tôi tạm đặt tên để phân biệt. ↩︎